Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang/Lettre S


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S


S. Dans les abréviations, signifiait chez les Romains Sextus ; Sp., Spurius ; S. C., senatus consultum, décret du sénat ; S. P. Q. R., senatus populusque romanus, le sénat et le peuple romain. — S., St ou Ste s’emploient souvent pour Saint, Sainte, et quelquefois, dans les abréviations de prénoms, pour Sébastien, Simon, Sylvestre, Sophie, etc.

SAA de miranda, poëte portugais, né à Coïmbre en 1495, d’une famille noble et riche, m. en 1558, étudia d’abord le droit, puis se livra exclusivement à son goût pour les lettres, visita l’Espagne et l’Italie, fut à son retour accueilli à la cour du roi de Portugal Jean III, et excita par ses talents l’admiration de ses compatriotes. Il a laissé des Sonnets, des Pastorales, des Épîtres fort estimées, des chansons populaires, ainsi que deux comédies imitées des anciens, les Étrangers, et les Villalpandios. Ses Œuvres ont été réunies à Lisbonne, 1595. Cet écrivain a joué en Portugal le même rôle que Garcilaso de la Vega et Boscan en Espagne : chef de l’école classique, il perfectionna la langue et le rhythme, et donna à la poésie un caractère d’élévation inconnu jusqu’à lui. - Son neveu, Franc. Saa de Ménézès, m. en 1664, a composé à la gloire d’Albuquerque un poème intitulé : la Conquête de Malacca, que quelques-uns placent près de celui de Camoëns.

SAAD-EDDYN-MOHAMMED, dit Khodjah-Effendi, historien turc du XVIe s., mort en 1600, est auteur du Tadj-al-Tawarikh (Couronne des histoires), qui comprend le règne des 12 premiers sultans turcs. V. Battuti l’a traduit en italien sous le titre de Chronique de l’origine et des progrès des Ottomans, 1re partie, Vienne, 1646 ; 2e patrie, Madrid, 1652.

SAADI, le plus grand des poètes persans, né à Chyraz vers 1184 ou selon d’autres en 1193, mort centenaire, reçut le nom de Saadi parce que son père avait été attaché au prince Saad, père de l’Atabek Aboubekr. Il passa un tiers de sa vie dans les études, un tiers en voyages et dans les armées, et le dernier tiers dans la retraite. Il avait fait 14 fois le pèlerinage de La Mecque, avait combattu les sectateurs de Brahma dans l’Inde et les Chrétiens dans l’Asie-Mineure, et avait été pris en Syrie par les Francs, qui le forcèrent à travailler aux fortifications de Tripoli. Il fut racheté par un marchand d’Alep, qui lui donna sa fille en mariage. A la fin de sa vie, il se retira dans un monastère près de Chyraz. il avait embrassé la doctrine des Sofis. Saadi fut comblé de gloire dès son vivant. On a de lui : le Gulistan (Jardin des roses), recueil en prose et en vers de préceptes moraux et politiques, d’apologues, d’anecdotes, d’épigrammes, etc. ; le Bostan (Jardin des fruits), tout en vers, comprenant dix livres ou chants ; c’est un recueil du même genre que le précédent, mais plus sévère quant aux principes religieux : l’auteur s’y livre à son penchant pour le mysticisme ; le Pend-Nameh ou Livre des Conseils, poème moral ; les Conseils aux rois, ouvrage en prose. Le style de Saadi est clair, plein de grâce et d’éclat. Le Gulistan a été traduit en latin par Gentius, et en français par Duryer, 1634, par Gaudin, 1791, par Semelet, 1834, et par De Frémery, 1859 ; le Bostan l’a été en allemand, Hambourg, 1696 (M. de Frémery en prépare une traduction française) ; le Pend-Namehen anglais, 1788, et en français par Garcin de Tassy, 1822.

SAALE, nom commun à plusieurs riv. d’Allemagne : 1° La Saale saxonne ou Thuringienne, sort du Fichtelberg en Bavière (Haut-Mein), traverse les principautés ou duchés de Reuss, Saxe-Altenbourg, Saxe-Weimar, Anhalt-Bernbourg, Saxe-Meiningen, Schwartzbourg-Rudolstadt, et la Saxe prussienne (régence de Mersebourg), baigne les villes de Hof, Saalfeld, Iéna, Naumbourg, Mersebourg, Halle, Bernbourg, reçoit l’Elster, l’Onstrutt, l’Ilm, la Wipper, l’Orla, la Roda, et tombe dans l’Elbe à 11 kil. S. O. de Zerbst, après 380 kil. de cours. Elle donne son nom à un cercle de la régence prussienne de Mersebourg qui a pour ch.-l. Wettin. ; sous le 1er empire français, elle donna son nom à un dép. de la Westphalie, qui avait pour ch.-l. Halberstadt. — 2° La Saale franconienne naît envière (Bas-Mein), et se jette dans le Mein près de Gemünden, après 110 kil. de cours. — 3° La Saale autrichienne se jette dans la Salza à Salzburghausen, après un cours de 100 kil. — On a aussi donné le nom de Saale à l’Yssel.

SAALES, ch.-l. de c. (Vosges), à 13 kil. N. E.de St-Dié ; 1245 hab.

SAALFELD, v. murée du duché de Saxe-Meiningen-Hildburghausen, sur la Saale saxonne, à 9 kil. S. E. de Rudolstadt ; 5000 hab. École d’arts et métiers. Drap et autres étoffes, tabac, produits chimiques, etc. Fer exploité aux environs. Le prince Louis-Ferdinand de Prusse y fut battu par les Français en oct. 1806, et y périt. — Cette ville fut jusqu’en 1749 le ch.-l. d’une principauté indépendante ; elle fut ensuite réunie au duché de Saxe-Cobourg ; elle passa en 1826 à la maison de Saxe-Meiningen.

SAANE ou SARINE (la), riv. de Suisse, sort du glacier de Sanetsch dans le canton de Berne, arrose en partie ceux de Vaud et de Fribourg, baigne Gessenal, Gruyère, Fribourg, reçoit la Sanse, la Glane, et se jette dans l'Aar par la r. g. après un cours de 150 kil.

SAAR... V. SARRE...

SAARDAM, en hollandais Zaandam, v. du roy. de Hollande (Holl. sept.), sur le Zaan, à 13 kil. N. E. de Harlem; 12 000 hab. Aspect pittoresque, maisons de bois peintes en vert. Commerce de bois, navigation et pêche actives. Chantiers, fabriques de voiles, goudron. Près de 700 moulins à vent (il y en avait jadis 2800). — En 1697 Pierre le Grand vint apprendre dans les chantiers de cette ville la construction des vaisseaux sous le déguisement d'ouvrier charpentier et sous le nom de Pierre MikhaÏlov; on y montre encore sa demeure, dite Vostenborg.

SAARLOUIS, etc. V. SARRELOUIS, etc.

SAATZ, v. de Bohême, ch.-l. de cercle, sur l'Eger, à 75 kil. O. N. O. de Prague; 4500 hab. Trib. criminel, gymnase de Prémontrés. Houblon, vins. Fondée au VIIe s. — Le cercle, entre ceux d'Ellnbogen à l'O., de Leitmeritz au S., de Rakonitz à l'E., et le roy. de Saxe au N., a 2354 k. carrés et 150 000 hab.

SAATZIG, cercle des États prussiens (Poméranie), dans la régence de Stettin, a pour ch.-l. Stargard.

SAAVEDRA-FAXARDO (Diego de), écrivain et homme d'État espagnol, né en 1584 au bourg d'Algézarès (Murcie), m. en 1648, était prêtre. Il fut chargé de plus. missions (à Rome, en Suisse, en Allemagne), figura à Münster comme plénipotentiaire de l'Espagne et devint membre du grand conseil des Indes. Il a composé plusieurs écrits remarquables : le Prince politique chrétien, Münster, 1640 (trad. en latin par l'auteur et en français par Rou, 1668); la République des lettres, critique spirituelle d'écrivains anciens et modernes, surtout espagnols (trad. en fr., 1770); la Couronne gothique ou Histoire du royaume Goth en Espagne, ouvrage incomplet et peu estimé. Saavedra est un des bons écrivains de l'Espagne ; mais ses compatriotes ont beaucoup exagéré son mérite en le surnommant le Tacite espagnol. Ses Œuvres complètes ont été imprimées à Anvers, 1677-78, 1 vol. in-fol., et à Madrid, 1789-90, 10 vol. in-8.

SAAVEDRA (CERVANTÈS). V. CERVANTÈS.

SABA, dite aussi Mara, Mariaba, auj. Mareb ou Sabbiah, anc. v. d'Arabie, entre Mascate et l'Arabie Heureuse ou Yémen, près de la côte O., était habitée par les Sabéens, et était le ch.-l. d'un État dont la reine alla en Judée pour voir Salomon. C'était encore du temps des Ptolémées et de l'empire romain une place de commerce importante comme intermédiaire entre l’Éthiopie et la Syrie. Les Sabéens étaient le peuple le plus riche de l'Arabie : le commerce de la myrrhe, de l'encens, de la cinnamome, du baume, du vin de palmier, avait accumulé chez eux une prodigieuse quantité d'or et d'argent; Diodore et Strabon en donnent une description qui peut paraître fabuleuse. M. Jos. Arnaud a exploré en 1844 les ruines de Saba (Mareb). — Il existe en Arabie, sur la côte E., une autre ville du nom de Saba ou mieux Chébak où l'on place aussi la résidence de la reine de Saba. Quelques-uns enfin la font régner sur une ville de Saba, qui est en Éthiopie, sur la mer Rouge, par 18° env. de lat. N., à l'embouchure du Mareb.

SABACO, prince éthiopien, conquit l’Égypte vers 737 av. J.-C, fonda la 25e dynastie (qui n'a donné que 3 rois à l’Égypte, 737-698), et mourut en 726.

SABAOTH, c.-à-d. en hébreu des armées, mot que l'on trouve quelquefois ajouté au nom de Dieu ans les livres saints, pour dire : Dieu des armées.

SABARA (VILLA-REAL-DO-), v. du Brésil (Minas-Géraès), ch.-l. de la comarque de Rio-das-Velhas, au confluent du Sabara et du Rio-das-Velhas, à 90 k. N. de Villa-Rica; 9000 h. Lavage d'or.

SABAS (S.), fondateur de plusieurs monastères en Palestine, né en 439, m. vers 532, est fêté le 5 déc.

SABATHAI-SÉVI, faux Messie des Juifs, né à Smyrne en 1625, m. en 1676, était fils d'un courtier de commerce. Après avoir voyagé en Turquie et en Europe, il vint en 1665 à Jérusalem, s'y lia avec un Juif nommé Nathan, qui le reconnut publiquement pour le Messie, se donnant lui-même pour le Précurseur, séduisit un grand nombre de ses coreligionnaires, et fut sur le point d'opérer une révolution en Orient; mais il fut arrêté au milieu de ses triomphes et jeté en prison par ordre de Kiuperli, ministre de Mahomet IV. Amené devant le sultan, il avoua la fraude, embrassa l'Islamisme pour échapper au supplice, et devint un objet de risée.

SABATIER (Raphaël), chirurgien, né à Paris en 1732, m. en 1811, fut professeur et démonstrateur aux écoles de chirurgie et au Collége de France, chirurgien-major des Invalides, chirurgien-consultant de Napoléon et membre de l'Académie des sciences (1773). On a de lui : Traité complet d’anatomie, 1791; De la Médecine expectative, 1796 ; De la Médecine opératoire, 1796, traité complet de chirurgie, refondu en 1810. Son Éloge fut prononcé en 1812 par Percy.

SABATIER (l'abbé Ant.), dit de Castres, compilateur, né à Castres en 1742, m. en 1817, était clerc tonsuré. Il écrivit tour à tour pour et contre les philosophes, émigra, trafiqua de sa plume en Angleterre et en Allemagne, tenta en vain de se faire pensionner par Napoléon, obtint en 1814 des Bourbons une pension de 3500 fr., et n'en dénigra pas moins ses protecteurs. On a de lui : les Trois siècles de la littérature française, 1779; Dictionnaire des passions, des vertus et des vices, 1769; Dictionn. de littérature, 1770; les Siècles païens ou Dictionn. mythologique, héraldique, politique, littéraire et géographique de l'antiquité païenne, 1784, 9 vol., in-12. Il ne manque ni d'esprit, ni d'instruction, mais ses jugements sont entachés d'une grande partialité. — V. SABBATHIER.

SABAUDIA, nom latin de la Savoie au moyen âge.

SABBAT, de l'hébreu sabbath, repos. C'était, chez les Juifs, le 7e jour de la semaine, jour pendant lequel ils gardaient un repos absolu en mémoire du repos de Dieu après la création. Ils le plaçaient le samedi. Les Juifs modernes observent encore le sabbat avec rigueur. — On nommait Année sabbatique toute 7e année. Cette année-là, les terres restaient sans culture et les esclaves redevenaient libres.

SABBATHIER (Franç.), compilateur, né à Condom en 1732, m. en 1807, professa pendant 16 ans la 3e à Châlons-sur-Marne (1762-78) et fut en même temps secrétaire perpétuel de l'Académie de cette ville. Il fut en 1763 couronné par l'Académie de Berlin pour un mémoire sur la Puissance temporelle des papes. On lui doit un Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques grecs et latins, en 36 vol. in-8, 1766-90, espèce d'encyclopédie de l'antiquité; malheureusement cet important ouvrage s'arrête à la lettre S. Sérieys a publié en 1815, d'après les matériaux laissés par l'auteur, un 37e vol. qui achève ce dictionnaire, mais qui est fort incomplet. M. Bouillet a donné un abrégé de tout l'ouvrage dans son Dictionnaire classique de l'Antiquité sacrée et profane, 2 vol. in-8, 1824. — V. SABATIER.

SABÉENS, anc. peuple de l'Arabie Heureuse, était divisé en Sabéens proprement dits, Homérites, Adramites et Panchéens. V. SABA ou SABÉISME.

SABÉISME, culte rendu aux corps célestes, au soleil, à la lune et aux étoiles, était ainsi nommé des Sabéens, peuple chez lequel il a pris naissance. Cette religion était répandue longtemps avant le Christianisme, non-seulement en Arabie et en Égypte, mais dans toute l'Asie antérieure, et surtout chez les Chaldéens et les Perses. Confondu aujourd'hui avec un grand nombre d'autres religions, le Sabéisme n'existe plus sans mélange que chez quelques tribus isolées.

SABELLIANISME. V. SABELLIUS.

SABELLICUS (M. Ant.), historien, né à Rome en 1436, m. en 1508, enseigna l'éloquence à Udine, puis à Venise, rédigea une histoire de Venise, en latin, 1487, in-fol., commenta Tite-Live, Florus, Justin, Pline, etc., et composa un poëme De rerum inventeribus, Ven., 1502. SABELLIENS, Sabelli, nom générique par lequel on trouve quelquefois désignée cette famille de peuples montagnards qui dominaient en Italie sur tout l'Apennin central et méridional. Outre les Sabins, souche commune de la nation, on y comprenait les Picenins, les Vestins, les Marrucins, les Marses, les Hirpins, les Picentins, les Lucaniens.

SABELLIUS, hérésiarque du IIIe s., de Ptolémaïde, disciple de Noet, ne voyait dans la Trinité que trois actions diverses d'un même principe, lequel crée, sauve et donne la grâce. Le Sabellianisme compta beaucoup de partisans en Italie et jusqu'en Mésopotamie et fut anathématisé en 261 par le concile d'Alexandrie.

SABIANS, peuple et secte de la Turquie, les mêmes que les anciens Nabathéens. V. CHRÉTIENS DE ST-JEAN.

SABINE (la), partie des prov. de Rieti et de l’Abruzze Ult. 2e; contrée de l'Italie anc., vers le centre, entre l'Apennin, l'Anio, le Tibre et l'Étrurie, avait pour ch.-l. Cures et pour autres villes Réate, Crustumérie, Collatie, Spolète, Phalacrine. — Ce nom est resté à une anc. prov. des États de l'Église, entre l'Ombrie au N., le Patrimoine de St-Pierre à l'O., la Campagne de Rome au S. et le roy.de Naples à l'E.; ch.-l., Rieti. Elle comprenait la plus grande partie de l'ancienne Sabine, et a formé les délégations de Spolète et de Rieti et la comarque de Rome. Elle donne encore auj. son nom à un évêché romain.

SABINE (Ste), dame de l'Ombrie, fut convertie par sa servante et subit le martyre à Rome en 125. On l'hon. le 9 août.

SABINES (Enlèvement des). V. ROMULUS.

SABINIEN, pape de 604 à 606, succéda à Grégoire le Grand. C'est lui, dit-on, qui ordonna qu'on appelât le peuple à l'église par le son des cloches.

SABINIENS, école de jurisconsultes. V. SABINUS.

SABINS, anc. peuple de l'Italie, voisin de Rome, habitait le pays qui prit de lui le nom de Sabine (V. ce mot). Ils passaient pour autochthones et étaient la souche de toutes les populations sabelliennes. Les Sabins eurent des guerres fréquentes avec Rome. La 1re éclata après l'enlèvement des Sabines par les Romains, l'an 4 de R. (749 av. J.-C.) : après la réconciliation des deux peuples, les Sabins habitèrent la ville conjointement avec les Romains, mais en gardant leur roi Tatius et leur sénat particulier. La dernière eut lieu peu après la prise de Rome par les Gaulois : vaincus, les Sabins furent définitivement incorporés aux Romains. Ils se soulevèrent pendant les guerres des Samnites, mais furent bientôt soumis (290 av. J.-C.). Les Sabins, habitants des Apennins, avaient les mœurs agrestes, simples et sévères des peuples montagnards. Leurs dieux différaient de ceux de Rome; le principal était Medius Fidius ou Sancus, fils de Mars, qu'ils adoraient sous la forme d'une lance (quir) plantée en terre.

SABINUS (Aulus), poëte latin, contemporain et émule d'Ovide. On n'a de lui auj. que 3 Épîtres : on les trouve dans l'Ovide des Classiq. lat. de Lemaire.

SABINUS (Masurius), jurisconsulte du temps de Tibère, disciple d'Ateius Capito, donna le premier des consultations écrites et fut le chef de l'école des Sabiniens, rivale des Proculéiens. Les fragments de Sabinus ont été publiés à Venise, 1568, in-8.

SABINUS (Julius), Gaulois du pays des Lingones (pays de Langres), s'unit à Civilis contre les Romains au commencement du règne de Vespasien, prit le titre de césar et marcha contre les Séquanais, qui refusaient de prendre part à l'insurrection; mais il fut vaincu. Pour se dérober à la poursuite du vainqueur, il se retira dans un souterrain d'une maison de campagne et répandit le bruit de sa mort. Éponine, sa femme, qui n'avait pas été mise dans le secret, fut inconsolable, jusqu'à ce que son mari, instruit de son désespoir, lui fit connaître le lieu où il était caché; elle alla l'y trouver et mit au monde dans cette retraite 2 fils jumeaux. Sabinus échappa à toutes les poursuites pendant 9 ans; mais enfin les fréquentes visites de sa femme firent découvrir sa retraite. Il fut saisi et conduit à Rome, avec sa femme et ses deux enfants. En vain Éponine tenta d'attendrir Vespasien en se jetant à ses pieds et lui présentant ses jeunes enfants : l'empereur eut la cruauté de les faire mourir avec Sabinus (78 de J.-C.).

SABIONCELLO, presqu'île de la Dalmatie, sur l'Adriatique, vis-à-vis des îles de Meleda et de Curzola : 80 kil. sur 12; ch.-l., Stagno. Sur la côte S. O. est un village de Sabioncello, à 90 kil. N. O. de Raguse.

SABIONETTA, v. de Lombardie, entre Crémone et Mantoue; 6500 h. Citadelle; anc. principauté. Patrie de Gérard dit de Crémone.

SABIRES, Sabiri, peuple de la Sarmatie mérid., habitait, dans les Ve et VIe s., entre le Kouban et le Caucase, et vint, vers le milieu du VIe s., s'établir sur la Desna et aux environs du Dnieper, dans le pays qui prit d'eux le nom de Sébérie ou Sévérie.

SABLÉ, ch.-l. de cant. (Sarthe), au confluent de la Sarthe et de l'Erve, à 28 kil. N. O. de La Flèche; 5675 h. Beau pont de marbre noir; château qui domine la ville, belles promenades, chem. de fer pour le Mans. Fabrique de gants; grand commerce avec le Mans, Mayenne, Angers. Aux env., houille, marbre. Patrie d'Urbain Grandier. — Ville jadis très-forte : prise par les Normands en 869. Elle se rendit à Henri IV en 1589 et fut érigée en marquisat en 1602. On nomme paix de Sablé un traité conclu en 1488 entre Charles VIII et François II, duc de Bretagne.

SABLÉ (Madeleine de SOUVRE, marquise de), une des femmes les plus spirituelles du XVIIe s., fille du maréchal de Souvré, née en 1598, m. en 1678, était l'amie de Mme de Longueville. Son salon était le rendez-vous des beaux-esprits du temps : c'est là que furent élaborées les Maximes de La Rochefoucauld. On a d'elle des Maximes, 1678. M. V. Cousin a publié un livre intéressant sur Mme de Sablé, 1855.

SABLES D'OLONNE (LES), ch.-l. d'arr. (Vendée), à 5 kil. O. d'Olonne, à 37 kil. S. O. de Napoléon-Vendée, sur une presqu'île qui s'avance dans l'Océan ; 6996 h. Petit port de mer, chemin de fer. Trib., collége, école d'hydrographie. Bains de mer, pêche de sardines et expéditions pour Terre-Neuve. — Cette ville, bâtie sur un sol sablonneux (d'où son nom), fut fondée vers le Xe s. par des pêcheurs espagnols. Philippe de Comines, comte d'Olonne, fit accorder plusieurs privilèges à son port. Elle fut prise par les Réformés en 1570 et 1578, ruinée et démantelée par une flotte anglo-hollandaise en 1696, mais relevée depuis et fortifiée. Les Vendéens tentèrent vainement de la prendre en 1793.

SABLONVILLE, village du dép. de la Seine, contigu à l'enceinte de Paris, à l'O., en face du bois de Boulogne ; 1000 h. Il occupe l'emplacement de l'ancien parc des Sablons.

SABOUREUX DE LA BONNETERIE (Ch. Fr.), avocat, né à Paris en 1725, m. en 1781, est connu par une Traduction des anciens ouvrages latins relatifs à l'agriculture et à la médecine vétérinaire, Paris, 1771-75, 6 vol. in-8.

SABRAO (île), une des îles de la Sonde, à l'E. de celle de Flores, par 121° 5' long. E., 8° 15' lat. S. : 50 kil. sur 20; ch.-l., Adenara. Les missionnaires portugais ont converti presque toute la population.

SABRÈS, ch.-l. de cant. (Landes), à 33 kil. N. O. de Mont-de-Marsan ; 2525 hab. Fabriq. d'essences.

SACCHI (André), peintre, né à Rome en 1598, m. en 1661, fut le dernier élève de l'Albane. Il était bon coloriste et excellait dans le genre grave et grandiose : on admire de lui S. Romuald (à Rome), S. Grégoire, la Sagesse divine, l’Ivresse de Noé.

SACCHI (Juvénal), barnabite, né à Milan en 1726, m. en 1789, est auteur des Vies de Farinelli et de Marcello, et de plusieurs ouvrages estimés sur l'histoire et la théorie de la musique des anciens.

SACCHINI (Marie Gasp.), compositeur, élève, de Durante, né à Naples en 1735, mort en 1786, commença sa réputation à Rome, parcourut l’Allemagne, la Hollande, l’Angleterre, avec un succès croissant, et y mit le comble en France, où il arriva en 1782. Grâce à la protection de la cour, à laquelle l’avait recommandé l’empereur Joseph II, il put, malgré l’opposition de l’Académie royale de musique, faire jouer plusieurs opéras dont les meilleurs sont : Renaud, Chimène, Dardanus, Œdipe à Colone ; toutefois, l’attention publique, absorbée par la dispute des Gluckistes et des Piccinistes, n’apprécia pas ces chefs-d’œuvre à leur juste valeur. Sacchini sut, dans l’instrumentation, produire de beaux effets par des moyens fort simples ; il fut peut-être le plus grand maître de son époque ; il réunissait les mérites de Gluck et de Piccini. Il brille surtout par le charme : on l’a surnommé le Racine de la musique.

SACES, Sacæ, peuple de la Scythie asiatique, au N. de la Sogdiane, et à l’O. de l’Inde, dans le pays actuel des Kirghiz. Ils firent des invasions dans la Bactriane, et jusqu’en Asie-Mineure et en Arménie, où une province fut appelée de leur nom la Sacasène. Cyrus remporta sur eux une victoire en mémoire de laquelle il institua des fêtes appelées Sacæa. Ils furent subjugués par Darius Ier. — On appelle dans l’Inde Ère des Saces, une ère qui commence l’an 78 de J.-C. et qui est la même que l’ère de Salivahna.

SACHEVERELL (H.), recteur ou curé anglican d’une paroisse de Southwark (faubourg de Londres), né vers 1672, m. en 1724, acquit une grande célébrité en 1709 par des sermons politiques où il ridiculisait le parti whig, qui était alors au pouvoir, et s’élevait contre la tolérance accordée aux non-conformistes. Traduit devant la Chambre haute (1710), il fut suspendu pour trois ans ; mais la reine Anne, qui avait suivi le procès secrètement, trouvant ses doctrines de son goût, lui donna de l’avancement.

SACHS (Hans), poëte allemand. V. HANS SACHSE.

SACILE, v. murée de Vénétie, près de la Livenza, à 65 kil. S. O. d’Udine ; 4000 hab. Eug. Beauhamais y fut repoussé par l’archiduc Jean en 1809.

SACKEN (le baron OSTEN), général russe, né en 1750, m. en 1837, combattit d’abord les Turcs et les Polonais, fut envoyé, avec le titre de général, contre Masséna en Suisse, fut défait et pris à la bataille de Zurich. Rendu à la liberté, il fut constamment employé dans les guerres contre la Turquie et contre la France. Nommé en 1814 gouverneur de Paris, il se fit estimer par sa modération et sa justice.

SACKVILLE (Thomas et Édouard). V. DORSET.

SACRAMENTAIRES, secte de Réformés qui, s’éloignant de l’opinion de Luther sur le sacrement de l’Eucharistie, rejetèrent la présence réelle de J.-C. : tels furent Zwingle, Carlostadt, Œcolampade, Muncer, Storck, Martin Bucer. Cette différence d’opinion donna lieu à une séparation qui éclata dès le 22 août 1524 entre Luther et plusieurs de ses principaux adhérents, et qu’on nomma Guerre des Sacramentaires.

SACRAMENTO (Rio-), riv. de la Hte-Califomie, prend sa source au pic de Shaste, vers 40° lat. N., coule du N. au S. entre la Sierra-Nevada et la Cordillère de la côte, passe à Sacramento, et se joint au San-Joaquim dans la baie de San-Francisco. Il roule du sable aurifère. — Sur sa r. dr., au confluent du fleuve avec le Feather, s’élève la ville de Sacramento, la 2e ville en importance de la Californie ; 40 000 hab. Grand entrepôt commercial.

SACRAMENTO (COLONIA DEL). V. ST-SACREMENT.

SACRÉ (Cap), Sacrum promontorium, nom commun dans l’antiquité à divers caps, entre autres au cap St-Vincent et au cap Corse.

SACRÉ (Mont-), auj. Castel-san-Silvestri, à 5 kil. N. O. de Rome, près de la voie Nomentane, est célèbre par la retraite des plébéiens en 493 av. J.-C., retraite qui amena l’institution des tribuns du peuple. En 449, une partie de l’armée et du peuple se retira aussi sur le Mont-Sacré, après l’attentat commis par le décemvir Appius Claudius sur Virginie.

SACRÉ-CŒUR, nom de deux fêtes dans l’Église catholique : 1o celle du Sacré-Cœur de Jésus, instituée vers 1698, à la suite des révélations de Marie Alacoque (V. ce nom et GALLIFET) : célébrée d’abord le 3e dimanche après la Pentecôte, elle a été transférée en 1822 au 2e dimanche de juillet ; 2o celle du Sacré-Cœur de Marie, connue dès 1661, approuvée par Clément X en 1676, et qui se célèbre le 8 février.

SACRÉE (Voie), Via sacra, rue de Rome qui, se dirigeant du N. E. à l’O., allait du mont Palatin au mont Capitolin et conduisait au Capitale. C’est par là que les triomphateurs se rendaient au temple.

SACRÉES (Guerres), nom donné dans l’histoire de la Grèce à trois guerres qui eurent pour but de défendre le temple de Delphes. La 1re eut lieu de 600 à 595 av. J.-C. contre les Crisséens, qui pillaient les fidèles qui se rendaient à Delphes. Crissa et Cirrha, leurs villes principales, furent prises d’assaut et leur territoire ravagé, 595. — La 2e, vers 448, eut pour cause le pillage de Delphes par les Phocidiens ; mais ceux-ci n’y jouèrent qu’un rôle secondaire : la lutte s’engagea entre Sparte et Athènes, déjà rivales. Les Athéniens furent vaincus à Chéronée (447). — La 3e eut lieu de 354 à 348 avant J.-C. Ce furent également les Phocidiens qui l’excitèrent en faisant une irruption sur le territoire de Delphes et ravissant les trésors du temple. Cette guerre ouvrit à Philippe, roi de Macédoine, qui se porta défenseur du territoire sacré, un accès dans les affaires de la Grèce, et fut terminée par la dévastation de la Phocide. Les Phocidiens eurent pour généraux dans cette guerre trois frères, Philomèle, Onomarque et Phayllus, qui tous trois succombèrent dans la lutte.

SACREMENT (Fête du St-). V. FÊTE-DIEU.

SACRIFICATEUR (GRAND). V. GRAND PRÊTRE.

SACRIPORTUS, lieu du Latium, chez les Volsques, près de Signia, célèbre par une victoire que Sylla remporta sur le parti de Marius, 82 av. J.-C.

SACROBOSCO (J. d'HOLYWOOD, dit de), astronome du XIIIe s., né dans le comté d’York, acheva ses études à Oxford, vint habiter Paris et y mourut en 1256. Il a laissé : De Sphæra mundi, abrégé de Ptolémée longtemps classique, Ferrare, 1472 ; De anni ratione seu de computo ecclesiastico, Wittemb., 1588.

SACROVIR (JULIUS), Éduen, d’une illustre naissance, souleva la partie occid. et mérid. de la Gaule contre l’emp. Tibère pendant que J. Florus soulevait le nord, fut battu par C. Silius près Autun, en 21, et se tua. Rosny a publié Julius Sacrovir ou le Dernier des Éduens, poëme en prose, 1803,

SACY (L. Isaac LEMAISTRE, dit de), né à Paris en 1612, était frère du célèbre avocat Antoine Lemaistre, et parent par sa mère du grand Arnauld. Il embrassa l’état ecclésiastique, partagea les doctrines jansénistes d’Arnauld et de St-Cyran, eut la direction des religieuses de Port-Royal, et s’établit dans ce monastère, auquel il donna tout son bien. Lors des persécutions dirigées contre les Jansénistes (1661), il se vit obligé de se cacher ; découvert en 1666, il fut enfermé à la Bastille et y resta trois ans : c’est dans cette prison qu’il entreprit la traduction de la Bible. Il retourna en 1675 à Port-Royal, mais fut de nouveau forcé d’en sortir, et se retira auprès du marquis de Pomponne, son cousin, chez lequel il mourut en 1684. On a de lui l’Hist. de l’Anc. et du Nouveau Testament, des traductions de l’Anc. Testament, lat.-fr., avec des explications (Paris, 1672, 30 vol. in-8, souvent réimpr.) ; du Nouveau Testament, Mons, 1667, 2 v. in-8. (cette traduction, connue sous le nom de Nouveau Testament de Mons, fut condamnée par le pape en 1668) ; de l’Imitation de J.-C., 1662. Il a aussi trad. le Poëme de S. Prosper contre les Ingrats (en vers et en prose), les Fables de Phèdre, et quelques comédies de Térence (l’Andrienne, les Adelphes, le Phormion), etc. Le nom de Sacy ou plutôt Saci, qu’il portait, n’était que l’anagramme d’Isaac, un de ses prénoms.

SACY (Louis de), avocat au parlement de Paris, né à Paris en 1654, m. en 1727, cultiva les lettres tout en suivant le barreau, et fut reçu en 1701 à l' Académie française. On a de lui une traduction de Pline le Jeune, plus élégante qu'exacte (Lettres, 1699-1701; Panégyrique de Trajan, 1709); un Traité de l'Amitié, 1703, dédié à Mme Lambert; un Traité de la Gloire, 1714; des Mémoires et Factums, 1724.

SACY (Silvestre de), savant orientaliste, né à Paris en 1758, m. en 1838, était fils d'un notaire. Il apprit les langues orientales presque sans maître, tout en étudiant le droit; fut pourvu dès 1781 d'une charge de conseiller à la cour des monnaies, et devint en 1791 un des commissaires généraux des monnaies. Élu en 1785 associé libre de l'Académie des Inscriptions, il en devint en 1792 membre ordinaire, et en 1833 secrétaire perpétuel. Il fut appelé en 1795 à la chaire d'arabe de l'école des langues orientales, qu'on venait de créer, et y joignit en 1806 celle de persan au Collége de France. A la Restauration, il fut nommé censeur royal, puis membre du conseil de l'Université (1814) ; mais il quitta ce haut poste au bout de peu d'années, ne pouvant approuver les tendances anti-libérales de ses collègues. Il devint en 1822 administrateur du Collége de France et de l'École des langues orientales; fonda, la même année, la Société asiatique dont il eut la présidence, fut nommé en 1832 conservateur des manuscrits de la Bibliothèque royale et élevé à la pairie. M. de Sacy savait plus de 20 langues, principalement l'arabe, le persan, le turc, l'hébreu, le syriaque. Il joignait à la science une grande piété, mais il était attaché aux doctrines jansénistes. Ses principaux ouvrages sont : Principes de Grammaire universelle (1799), un des meilleurs manuels de grammaire philosophique qu'on possède; Grammaire arabe (1810 et 1831), devenue classique ; Chrestomathie arabe; Relation de l’Égypte, traduite de l'arabe d'Abdallatif ; des trad. de Calila et Dimna (original des fables de Bidpay), du Pend-Nameh ou Livre des conseils de Férid-eddyn-Attar, de l’Hist. des Arabes d'Aboul-Féda, de l’Hist. des Sassanides de Mirkbond, et l’Exposé de la religion des Druses, publié l'année même de sa mort (1838). Des Mélanges de la littérature orientale, tirés de ses écrits et précédés de son Éloge par M. le duc de Broglie, ont été publiés en 1861. — Son fils, M. Ustazade de Sacy, né en 1801, s'est voué à la critique littéraire et a été élu en 1854 membre de l'Académie française.

SADDUCÉENS. V. SADUCÉENS.

SADE (Hugues de), dit le Vieux, d'une famille noble de Provence, qui exerça pendant plusieurs siècles de père en fils les premières charges municipales dans Avignon, vivait au XIVe s. et était le mari de la célèbre Laure de Noves, qui fut aimée de Pétrarque. Il répara à ses frais en 1355 le célèbre pont d'Avignon. Après lui, la maison de Sade forma 3 branches, celles de Mazan, d'Eyguières et de Tarascon, issues toutes les trois de son 3e fils.

SADE (l'abbé Jacq. de), de la même famille que le précédent, né en 1705, m. en 1778, vicaire général des archevêques de Toulouse et de Narbonne, a donné : Remarques sur les premiers poëtes français et sur les troubadours; Œuvres choisies de Pétrarque, trad. de l'italien, avec des Mémoires sur ce poëte, 1764, ouvrage estimé.

SADE (Alph. Franç., marquis de), homme fameux par ses vices, neveu du prec., né à Paris en 1740, servit quelques années, se retira en 1766 avec le grade de capitaine de cavalerie, et épousa Mlle de Montreuil, femme distinguée par ses vertus. Il ne tarda pas néanmoins à se livrer au libertinage le plus effréné, qu'il accompagnait d'atroces violences, fut arrêté à Paris en 1768, et condamné à mort à Marseille en 1772 pour un crime commis dans une scène de débauche, fut par commutation de peine enfermé à Vincennes, puis à la Bastille, enfin à Charenton, et ne recouvra sa liberté qu'à la Révolution (1790). Il se jeta dans le parti des démocrates, et se mit en même temps à publier des livres horribles, où il justifiait tous les vices et tous les crimes. Bonaparte, devenu consul, le fit reconduire à Charenton (1803) et saisit ses papiers, qui furent détruits pour la plupart. Il mourut à Charenton en 1814, dans sa 75e année. Outre des romans infâmes qui doivent être ensevelis dans l'oubli, il a laissé quelques pièces de théâtre, restées manuscrites.

SADELER (Hans), graveur au burin, né à Bruxelles en 1550, m. à Venise en 1610, fut le chef d'une famille de graveurs très-distinguée. Le plus célèbre, Gilles Sadeler, son neveu, né en 1570 à Anvers, m. en 1629, traitait avec un égal talent le portrait et le paysage : on l'a surnommé le Phénix de la gravure.

SADI, poëte persan. V. SAADI.

SADOC, Juif célèbre qui vivait au IIIe s. av. J.-C., est le chef des Saducéens. V. ce mot.

SADOLET (Jacq.), cardinal et érudit italien, né en 1477 à Modène, m. en 1547; fut avec Bembo secrétaire de Léon X et de Clément VII, et fut créé cardinal par Paul III (1536). Il tenta vainement d'empêcher Clément VII d'accéder à la ligue contre Charles-Quint, eut une grande part à la trêve conclue à Nice en 1538 entre ce prince et François I, fut député en 1542 vers François pour l'engager à la paix, et refusa les offres de ce prince, qui voulait le retenir en France. Sadolet avait pris Cicéron pour modèle et excellait, ainsi que Bembo, son ami, à écrire le latin avec une remarquable pureté. D'un caractère conciliant, il sut se faire aimer des Réformés eux-mêmes. On a de lui : Philosophiæ consolationes, 1502; De liberis recte instituendis, 1533 (trad. en franç. par P. Charpenne, 1855); Phædrus sive de laudibus philosophiæ, 1538 (trad. par Charpenne, 1864) ; des poésies latines estimées; des Lettres latines pleines d'intérêt. Ses œuvres ont été recueillies à Vérone, 1737, 4 vol. in-4. M. A. Joly a publié une Étude sur Sadolet, Caen, 1857.

SADOWA, v. de Bohême, près Kœnigin-grætz (V. ce nom). Le 3 juillet 1866, les Prussiens y ont remporté sur les Autrichiens une victoire décisive.

SADUCÉENS, secte juive, ainsi nommée de Sadoc, son fondateur, se forma vers 248 av. J.-C. Les Saducéens s'en tenaient au texte de la loi, sans admettre les explications, repoussaient les traditions, la croyance aux bons et aux mauvais anges, et niaient l'immortalité de l'âme ainsi que la résurrection des morts; ils n'en croyaient pas moins au libre arbitre et à la providence, mais ils ne servaient Dieu qu'en vue de récompenses terrestres. Ils étaient peu nombreux, mais comptaient dans leurs rangs beaucoup d'importants personnages. Au IIe s. av. J.-C., ils formèrent un parti politique, opposé à celui des Pharisiens ; les règnes d'Hyrcan I et d'Aristobule I furent l'apogée de leur puissance.

SADYATTE, roi de Lydie (621-610 av. J.-C.), père d'Alyatte et grand-père de Crésus, fit aux Milésiens une guerre qui fut terminée sous son fils.

SÆTABIS, auj. Xativa ou Jativa, v. d'Hispanie (Bétique), à 40 kil. S. O. de Sucro, était renommée par son lin et ses toiles.

SAFFI, Rusupis, v. murée et port de Maroc, sur l'Océan Atlantique, à 150 kil. N. de Mogador; 12 000 hab. Rade bonne en été. Commerce florissant avant que les marchands européens eussent été forcés de résider à Mogador. Prise par les Portugais en 1508, abandonnée en 1641.

SAGAN, v. murée des États prussiens (Silésie), ch. de cercle, sur la Bober, à 75 kil. N. O. de Liegnitz : 5000 h. Anc. principauté, qui appartint à la famille de Biren; beau château. Les Russes y battirent les Prussiens en 1759.

SAGAS, récits poétiques composés par les Scaldes ou Bardes scandinaves, du XIe au XVIe siècle, et où sont consignées les traditions mythologiques et historiques du Danemark, de la Suède, de la Norvége et de l'Islande. Les plus remarquables des Sagas, recueillies pour la plupart par Sœmund-Sigfusson, sont celles de Lodbrok, de Hervara, de Vilkina, de Volsunga, de Blomsturvalla, d’Ynglinga, d’Olaf Tryggva Sonar, de Jomsvikingia, de Knytlinga (qui renferment l’histoire de la Norvége et du Danemark), celles de Sturlunga, Eryrbiggia (relatives à l’Islande) ; enfin l’Heimskringla et la Nouvelle Edda, dues à Snorro Sturleson. On en a publié divers recueils, soit dans la langue originale, à Copenhague, de 1825 à 1829, soit en latin, sous le titre de Scripta historica Islandorum de gestis veterum Borealium, Copenhague, 1828-33.

SAGE (George), savant français, né à Paris en 1740, m. en 1824, suivit les cours de Nollet et de Rouelle, devint membre de l’Académie des sciences en 1770, professeur de minéralogie expérimentale en 1778 à la Monnaie, et directeur de l’École des mines en 1783. Il eut le tort de se prononcer contre les découvertes de Lavoisier et de Haüy. Ses principaux ouvrages sont : Examen chimique des différentes substances minérales, 1769 ; Éléments de chimie docimastique, 1772, Exposé des principales découvertes faites dans l’espace de 50 années, 1813 ; Découvertes minérales faites dans l’espace de 60 ans, 1819.

SAGES (les Sept) de la Grèce, nom donné à sept Grecs illustres du VIe s. av. J.-C., savoir : Thales, Solon, Bias, Chilon, Cléobule, Pittacus, Périandre. Quelquefois à Périandre on substituait Myson de Chen ou Anacharsis, bien que ce dernier fût Scythe. Ils s’occupaient surtout de morale et de politique. Chacun d’eux avait adopté une sentence qui était comme sa devise. V. leurs noms.

SAGESSE (le livre de la), un des livres de la Bible, se compose de deux parties : l’une est un éloge de la sagesse, l’autre renferme des réflexions sur les effets de cette sagesse dans le monde et sur l’idolâtrie. L’auteur en est inconnu ; quelques-uns l’ont attribué à Salomon ; mais il paraît être beaucoup plus récent. Ce livre n’existe plus qu’en grec.

SAGHALA, sandjakat de la Turquie d’Asie, entre ceux de Saroukhan au N. E., d’Aïdin au S. E., et la Méditerranée : 130 kil. sur 110 ; ch.-l., Smyrne.

SAGHALIEN, grand fleuve d’Asie. V. AMOUR.

SAGITTAIRE (le), une des constellations du zodiaque, est, selon la Fable, le centaure Chiron divinisé.

SAGONTE, Saguntus ou Saguntum, v. d’Hispanie (Tarraconaise), chez les Edetani, sur la côte E., près de l’emplacement actuel de Murviedro, passait pour avoir été fondée par des Zacynthiens unis à des Rutules d’Ardée. Rome fit alliance avec cette ville entre les deux premières guerres puniques. Annibal l’assiégea en pleine paix, et la prit en 219 av. J. C., malgré l’héroïque résistance des habitants, qui se brûlèrent plutôt que de se rendre ; les Romains la reprirent en 210. Suchet gagna près de là en 1811 une bataille qui fut nommée la bat. de Sagonte.

SAGRA, petite riv. du Brutium, entre le pays des Locriens et celui des Crotoniates, se jette dans la mer Ionienne. Sur ses bords, 15 000 Locriens défirent 130 000 Crotoniates.

SAGRES, v. forte de Portugal (Algarve), sur l’Océan, à 35 kil. S. O. de Lagos. Fondée en 1416 par l’infant don Alphonse Henri, qui y établit une école de navigation : c’est de là que partirent les expéditions qui allaient chercher le passage aux Indes par le Sud de l’Afrique septentrionale.

SAHARA, région de l’Afrique qui s’étend entre le Tell et le vrai désert, au S. du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. On lui donne 5000 kil. de l’O. à l’E., et 2000 du N. au S. C’est comme un vaste archipel d’oasis, peuplées d’Arabes, de Maures, de Touaregs, de Touats et de Tibbous. Les endroits principaux sont : sur la côte de l’Atlantique, Arguin, Portendik, St-Cyprien, Rio-de-Ouro ; dans l’intérieur, Agably, Ghat, Aghadès, Bilma, Gonda, etc. On ne traverse le Sahara qu’en caravanes. De hardis Européens, Lyon, Oudney, Denham, Clapperton, Laing, Caillié, s’y sont aventurés et nous ont donné quelques connaissances sur ce pays. L’eau y est très-rare et la chaleur insupportable. Des vents brûlants (notamment le Simoun) y soufflent et ensevelissent des caravanes entières sous les nuées de sable qu’elles soulèvent ; le phénomène du mirage y est fréquent. Le sel y abonde ; la végétation est pauvre, sauf dans les oasis. On y rencontre le lion, la panthère, l’autruche, les singes, d’énormes serpents boas. — On croit que le Sahara n’est que le bassin desséché d’une mer qu’une grande convulsion de la nature aura fait disparaître. — On doit à M. le général Daumas de savantes études sur le Sahara algérien.

SAHEL, c.-à-d. côte, rivage, mot arabe appliqué depuis la conquête de l’Algérie à des collines qui s’étendent à l’O. et à l’E. d’Alger, sur le bord de la mer et au N. de la plaine de la Mitidja.

SAÏD, nom arabe de la Hte-Égypte. V. ÉGYPTE.

SAÏD-PACHA, vice-roi d’Égypte, fils de Méhémet-Ali, né en 1822, d’une mère circassienne, m. en 1863, fut élevé à l’européenne. Appelé au trône en 1854, il fit d’utiles réformes, seconda de tout son pouvoir l’entreprise du canal de Suez et fit ouvrir sur la Méditerranée, à l’extrémité N. du canal projeté, un port qui reçut en son honneur le nom de Port-Saïd.

SAÏDE ou SAÏDA, l’anc. Sidon, v. et port de Syrie (Acre), sur la Méditerranée, à 32 k. S. O. de Beyrouth ; env. 12 000 hab. Consulat français. Ville grande, mais sale et mal bâtie ; jadis commerçante et fort riche (V. SIDON). L’émir Fakhr-ed-Dyn fit combler son port vers 1630. La ville actuelle a été souvent ravagée par des tremblements de terre et par la peste. On y trouve beaucoup de ruines et des sépultures des anciens rois de Syrie.

SAIGNES, ch.-l. de c. (Cantal), sur une roche basaltique, à 17 kil. N. E. de Mauriac : 525 hab. Eau ferrugineuse. Ruines d’un château fort.

SAÏGON, v. et port de la Basse-Cochinchine, sur le fleuve Saïgon, par 104° 22’ long. E., 10° 50’ lat. N. ; env. 10 000 hab. (jadis beaucoup plus peuplée). Rues régulières, pagodes nombreuses, palais du vice-roi, forte citadelle, construite en 1790 par le colonel français Olivier ; beaux et vastes magasins à riz, casernes, chantiers de marine, arsenal ; canal qui joint le fleuve Saïgon au Meï-kong et communique avec la ville de Cambodje. Port libre. Grand commerce. — Cette ville fut prise le 17 fév. 1859 par la flotte franco-espagnole et devint dès lors le chef-lieu de nos possessions en Cochinchine. Il y fut signé en 1862 un traité qui nous assurait la possession de la plus grande partie de la Cochinchine (prov. de Gia-dinh, Bienhoa, Mytho, Poulo-Condor).

SAII, peuple de la Gaule (Lyonnaise 2e), entre les Carnutes à l’E. et les Viducasses à l’O., avait pour ch.-l. Saii, auj. Séez (Orne).

SAILLAGOUSE, ch.-l. de c. (Pyr. orient.), sur la Sègre, à 35 kil. S. O. de Prades, près de la frontière d’Espagne ; 549 hab.

SAILLANS, ch.-l. de c. (Drôme), sur la Drôme, à 25 kil. S. O. de Dié ; 1745 hab. Filatures de coton et de soie, briqueteries, fours à chaux.

SAINS, ch.-l. de c. (Aisne), à 13 kil. O. de Vervins ; 2445 hab. Batiste, linon ; forges. — Autre ch.-l. de c. (Somme), à 9 kil. S. d’Amiens ; 779 hab.

SAINT-ACHEUL, anc. abbaye de moines Augustins, en Picardie (Somme), aux portes d’Amiens, fondée au IVe s. par S. Firmin, 1er évêque d’Amiens. Sous la Restauration, les Jésuites, appelés alors Pères de la Foi, y tinrent un collége florissant.

SAINT-AFFRIQUE, ch.-l. d’arr. (Aveyron), sur la Sorgue, à 44 kil. S. E. de Rhodez ; 6807 hab. Trib. de 1re inst. et de commerce, collége, dirigé depuis 1851 par les Jésuites ; église calviniste. Draps communs, molletons, fromages. Cette ville joua un rôle dans les guerres de la Réforme : c’était une des principales places des Calvinistes. Elle fut assiégée et prise par Louis XIII en 1629.

SAINT-AGNANT, ch.-l. de c. (Charente-Inf.), à 15 kil. de Marennes ; 1205 hab.

SAINT-AGRÈVE, ch.-l. de C (Ardèche), à 40 kil. O. de Tournon ; 3133 hab. Vins, fruits, châtaignes ; grains, bestiaux. Ruines d’un château fort. SAINT-AIGNAN, ch.-l. de c. (Loir-et-Cher) ; sur le Cher, à 38 kil. S. de Blois ; 3600 hab. Bois, vins, cuirs, draps blancs ; pierres à fusil, jadis titre de duché.

SAINT-AIGNAN-SUR-ROÉ, ch.-l. de c. (Mayenne), à 35 kil. N. de Châteaugontier ; 883 hab.

SAINT-AIGNAN (le duc de). V. BEAUVILLIERS.

SAINT-ALBAN, v. d’Angleterre (Hertford), à 19 kil. O. d’Hertford, à 30 kil. N. O. de Londres, sur la route de Londres à Birmingham ; 6000 hab. Monastère fameux, bâti par Offa en 792, détruit en 1539, et auquel la ville moderne doit son origine. Tombeau de Fr. Bacon, qui avait été créé par Jacques I vicomte de St-Alban. — César défit en ce lieu Cassiveliaunus, chef des Bretons ; la reine Boadicée y fit massacrer 70 000 Romains. Il s’y livra en 1455 une bataille dans laquelle le duc d’York, Richard, battit le roi Henri VI et s’empara de sa personne ; en 1461 Marguerite y battit Warwick et reprit Henri.

SAINT-ALBIN (Alex. ROUSSELIN de), publiciste, né en 1773, m. en 1847. Il embrassa avec ardeur les doctrines de la Révolution, s’attacha à Danton et à Camille Desmoulins, fut en l’an II (1794) commissaire national à Troyes, puis commissaire aux armées, remplit plusieurs missions avec zèle et avec intégrité, devint en 1799 secrétaire général de la guerre sous Bernadotte, et fut pendant les Cent-Jours secrétaire de l’intérieur sous Carnot. Il fut en 1815 un des fondateurs de l’Indépendant, qui peu après se fit appeler le Constitutionnel, et resta jusqu’en 1838 un des principaux rédacteurs de cette feuille. On lui doit une Vie de Hoche, une Vie de Championnet et quelques autres biographies militaires ; il a laissé sur la Révolution et sur l’Empire des ouvrages qui pour la plupart sont restés manuscrits (Vie de Danton, Vie de Dugommier, Mémoires de Barras, Conjuration de Malet, etc.).

SAINT-ALLAIS (VITON de), généalogiste, né à Langres en 1773, d’une famille bourgeoise, m. en 1842, recueillit de précieux renseignements sur l’origine d’un grand nombre de familles, et fonda un cabinet de généalogiste qui attira bientôt une nombreuse clientèle, grâce à la facilité avec laquelle il admettait certaines généalogies. Ses principaux ouvrages sont : Histoire générale des ordres de chevalerie, 1811 ; Tablettes chronologiques de l’Europe, 1812 ; Hist. généalogique des maisons souveraines de l’Europe, 1812 ; Nobiliaire universel de France, 1814-1820 ; Dictionnaire de la noblesse, 1819 ; Armorial de France, 1817. Il commença en 1819 une nouvelle édition de l’Art de vérifier les dates, qui fut continuée par Fortia d’Urban.

SAINT-ALVÈRE, ch.-l. de cant. (Dordogne), à 31 kil. N. E. de Bergerac ; 1766 h. Château en ruine.

SAINT-AMAND, ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), à 14 kil. S. de Vendôme ; 673 h.

SAINT-AMAND-DE-BOIXE, ch.-l. de cant. (Charente), à 16 kil. N. O. d’Angoulême ; 1689 hab.

SAINT-AMAND-EN-PUISAYE, ch.-l. de cant. (Nièvre), à 29 kil. N. E. de Cosne ; 2331 hab. Poteries.

SAINT-AMAND-LES-EAUX, Oppidum S. Amandi, ch.-l. de cant. (Nord), sur la r. g. de la Scarpe, à 13 kil. N. O. de Valenciennes ; 10 210 h. Collége. Ville industrielle et commerçante : chanvre, lin de fil, batiste. À 4 kil. de là, eaux minérales et boues sulfureuses, célèbres surtout depuis Louis XIV. Anc. monastère fondé par S. Amand ; antiquités.

SAINT-AMAND-MONTROND, ch.-l. d’arr. (Cher), à 44 k. S. E. de Bourges : 8607 h. Trib. de 1re inst. ; collége. Ruines du château de Mont-Rond, qui domine la ville. Commerce actif (laines, merrain, fer, vin).

SAINT-AMANS, ch.-l. de cant. (Lozère), à 32 k. N. de Mende ; 358 hab. Serges.

SAINT-AMANS-DES-COPTS, ch.-l. de cant. (Aveyron), à 40 kil. N. O. d’Espalion ; 1321 hab.

SAINT-AMANS-LA-BASTIDE ou SOULT, ch.-l. de cant. (Tarn), à 27 kil. S. E. de Castres ; 2374 hab.

SAINT-AMANT, dit Roche-Savine, ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), à 13 kil. O. d’Ambert ; 1956 h.

ST-AMANT-TALLENDE, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme) à 21 kil. S. de Clermont ; 1531 h. Chevaux, abeilles.

SAINT-AMANT (Marc Ant. GÉRARD de), poëte, né à Rouen en 1594, m. en 1661, s’attacha au comte d’Harcourt qu’il suivit dans ses campagnes, parcourut l’Europe comme soldat et comme voyageur, apprit plusieurs langues vivantes, et fut un des premiers membres de l’Académie française, qui le chargea de rédiger dans son Dictionnaire les mots du langage burlesque. On a de lui un poème épique (Moïse sauvé) et des Œuvres diverses, satires, odes, sonnets, où il y a beaucoup de verve et même de grandeur, mais où souvent il viole les règles du goût. Son poëme de Moïse lui attira les sarcasmes de Boileau. Ch. Livet a publ. ses Œuvres, (2v. in-16, 1856.

SAINT-AMARIN, v. d’Alsace-Lorraine, à 43 kil. N. de Béfort, près de la Thur, dans une belle vallée ; 2296 hab. Toiles de coton ; usines à fer.

SAINT-AMBROIX, ch.-l. de cant. (Gard), sur la Cèse, à 19 kil. N. E. d’Alais ; 4060 h. Église calviniste. Filoselle, houille.

SAINT-AMOUR, ch.-l. de cant. (Jura), à 33 kil. S. O. de Lons-le-Saulnier : 2343 h. Collége, Tanneries, marbreries ; mines de fer, forges. Patrie de Guillaume de St-Amour.

SAINT-AMOUR (Guillaume de), docteur de Sorbonne et chanoine de Beauvais, né vers 1200 à St-Amour, m. en 1272, combattit l’institution des Frères mendiants, et publia en 1256 les Périls des derniers temps, livre hardi qui fut condamné par le pape.

SAINT-ANDRÉ, ch.-l. de cant. (B.-Alpes), sur le Verdon, à 16 kil. N. de Castellane ; 894 h. Fruits.

SAINT-ANDRÉ, v. de Hongrie, dans le comitat de Pesth, sur le Danube, à 15 k. N. de Bude ; 8000 h. Excellents vins, dits vins de Bude.

SAINT-ANDRÉ, v. d’Écosse. V. SAINT-ANDREWS.

SAINT-ANDRÉ-D’APCHON, bg de la Loire, à 11 kil. O. de Roanne ; 1810 hab. Eaux minérales.

SAINT-ANDRÉ-DE-CUBZAC, ch.-l. de cant. (Gironde), sur la Dordogne, à 21 kil. N. E. de Bordeaux, au N. de Cubzac ; 3690 hab. Vins.

SAINT-ANDRÉ-DE-VALBORGNE, ch.-l. de cant. (Gard), à 30 kil. N. E. du Vigan ; 1812 hab. Filatures.

SAINT-ANDRÉ-LA-MARCHE, ch.-l. de c. (Eure), à 17 kil. S. E. d’Évreux ; 1492 hab. Toiles, coton.

SAINT-ANDRÉ (Jacques d’ALBON de), vaillant capitaine, servit sous Henri II et ses successeurs, se fit remarquer par son courage dans les guerres contre les Calvinistes, fut fait maréchal en 1547, fut pris par les Espagnols à la bat. de St-Quentin, 1557, et pressa, pour obtenir sa liberté, la conclusion du traité de Cateau-Cambrésis (1559) ; forma en 1561, avec le connétable de Montmorency et le duc de Guise, la fameuse ligue connue sous le nom de Triumvirat, combattit avec eux contre les Calvinistes à Dreux, et fut tué dans la bataille (1562).

SAINT-ANDRÉ (J. Bon), né en 1749 à Montauban, de parents calvinistes, m. en 1813, fut député du Lot à la Convention, vota la mort de Louis XVI, fit entrer Robespierre au Comité de salut public, créa en peu de temps une armée navale assez forte, assista au combat naval livré aux Anglais devant Brest le 1er juin 1794 et y fit preuve de courage ; devint consul général à Smyrne sous le Directoire, organisa en 1801 les nouveaux départements des rives du Rhin, et fut nommé préfet du Mont-Tonnerre. On a de lui des Discours, des Rapports, et un Journal de la croisière de la flotte commandée par l’amiral Villaret : c’est la relation du combat du 1er juin. Cet homme, qui avait été un des plus violents montagnards, ne mérita dans la suite que des éloges comme administrateur. Michel Nicolas a publié en 1848 : Jean Bon de St-André, sa vie et ses écrits.

SAINT-ANDREWS, v. et port d’Écosse (Fife), à 59 kil. N. d’Édimbourg ; 4000 hab. Archevêché, université, fondée en 1411, et longtemps florissante ; collége dit de Madras, fondé par A. Bell, inventeur de l’enseignement mutuel, natif de St-Andrews. SAINT-ANGE (le CHÂTEAU-), célèbre forteresse de Rome, sur la r. dr. du Tibre, au bout du pont St-Ange, a souvent servi d'asile aux papes : c'est auj. une prison. C'était autrefois le mausolée d'Adrien. Il reçut son nom actuel d'une petite église du voisinage qui était dédiée à l'archange St-Michel.

SAINT-ANGE (Cap), l'ancien cap. Malée, prom. de Morée, au S. E., par 36° 25' lat. N.; 20° 52' long. E.

SAINT-ANGE (Ange FARIAU, dit de), poëte, né à Blois en 1747, m. en 1810, fut protégé par Turgot, qui lui donna un emploi dans les finances, et fut nommé, lors de la réorganisation de l'instruction publique, professeur de grammaire et de belles-lettres dans une des écoles centrales de Paris. Il venait d'être reçu membre de l'Académie Française lorsqu'il mourut. On lui doit, outre des poésies diverses, une traduction presque complète d'Ovide en vers (Métamorphoses, Fastes, Art d'aimer, Remède d'amour, quelques Élégies et Héroïdes). Il avait un talent réel pour la versification, mais ses traductions sont peu fidèles; d'ailleurs l'auteur se nuisait par une vanité excessive. Ses Œuvres complètes ont paru en 1823, 9 vol. in-12.

SAINT-ANTHÈME, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), sur l'Ance, à 25 kil. E. d'Ambert; 3206 hab.

SAINT-ANTOINE, bg du dép. de l'Isère, sur le Furant, à 15 kil. N. O. de St-Marcellin; 2035 hab. Célèbre abbaye de St-Antoine, qui était chef d'ordre.

SAINT-ANTOINE (Religieux de). V. ANTOINE (S.).

SAINT-ANTONIN, ch.-l. de c. (Tarn-et-Garonne), à 54 k. N. E. de Montauban; 5152 h. Station. Tanneries, étoffes de laine. Anc. couvent.

SAINT-ARNAUD (Achille LEROY de), maréchal de France, né à Paris en 1798, m. en 1854, était fils d'un avocat au parlement, qui devint membre du Tribunat et préfet de l'Aude. Il entra en 1815 aux gardes du corps, alla en 1822 combattre pour la cause des Hellènes, et ne rentra au service qu'en 1831 ; fut attaché en qualité d’officier d'ordonnance au général Bugeaud, dont il se concilia promptement l'affection, fut chargé d'accompagner la duchesse de Berry à Palerme (1832), passa en 1837 en Afrique, prit une part active à l'assaut de Constantine (1837), à la prise de Djigelli (1839), à l'attaque du col de Mouzaïa, où il reçut une blessure grave (1840), à la prise de Tekedempt et de Mascara (1841) ; fut investi en 1842 du commandement de Milianah, et en 1844 de celui d'Orléansville; comprima l'insurrection du Dahra (1845-47), suscitée par Bou-Maza ; fut élevé en 1850 au commandement supérieur de la province de Constantine, et fit l'année suivante, contre les tribus insoumises de la Kabylie, une expédition hardie, qui fut couronnée d'un plein succès ; fut bientôt après appelé au commandement d'une division de l'armée de Paris, puis au ministère de la guerre (oct. 1851). Il s'attacha surtout à réorganiser l'armée et à y rétablir la discipline; fut chargé, au 2 décembre, des mesures militaires qui devaient assurer le succès du coup d’État; reçut, en 1852, le bâton de maréchal; fut, en 1854, mis à la tête de l'armée dirigée contre la Russie, opéra le 14 septembre, de concert avec l'armée anglaise, une heureuse descente en Crimée, et remporta le 20 sur les bords de l'Alma une victoire éclatante. Il marchait sur Sébastopol lorsque, vaincu par une maladie qui le minait depuis longtemps, il se vit forcé de résigner son commandement : il succomba en mer trois jours après. Aux qualités du guerrier, St-Arnaud unissait les agréments de la personne, un esprit vif et tout français. Il a été publié en 1855 un recueil de ses Lettres, où il se peint tout entier : ces lettres, écrites dans l'intimité, sont adressées pour la plupart à ses frères, MM. Ad. de St-Arnaud et Ad. de Forcade. Son nom a été donné à une rue de Paris; son buste a été placé dans la cour d'honneur du lycée Napoléon, où il avait été élevé.

SAINT-ASAPH, v. du Pays de Galles (Flint), à 20 kil. N. O. de Flint; 3500 hab. Évêché. — Fondée en 560 par Kentigern (S. Mungo), évêque de Glasgow, qui y bâtit le célèbre monastère Llan-Elvy. La ville doit son nom à S. Asaph, 2e abbé du monastère.

SAINT-ASTIER, ch.-l. de cant. (Dordogne), sur l'Isle, à 17 k. S. O. de Périgueux; 2879 h. Station.

SAINT-AUBAN, ch.-l. de cant. (Alpes-Maritimes), à 40 kil. N. O. de Grasse; 615 hab.

SAINT-AUBIN-D'AUBIGNÉ, ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), à 18 kil. N. E. de Rennes; 1448 h.

SAINT-AUBIN-DU-CORMIER, ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), à 20 kil. S. O. de Fougères; 2098 h. Tour très-élevée, reste d'anciennes fortifications. La ville fut fondée 1222 par Pierre de Dreux. Il y fut signé en 1231 un traité entre la reine Blanche et les nobles révoltés. Victoire de La Trémoille sur les Bretons et le duc d'Orléans (depuis, Louis XII), alors révolté, 1488. — V. AUBIN.

SAINT-AUBIN (LEGENDRE, marq. de). V. LEGENDRE.

SAINT-AUGUSTIN, v. et port des États-Unis, dans la Floride, à l'entrée de cette péninsule, sur l'Océan Atlantique, à 240 k. S. E. de Tallahassée; 3000 hab. Jadis plus peuplée. Beau pont en pierre. — Fondée par les Espagnols, elle fut la capit. de la Floride occid. sous leur domination. Elle fut brûlée par Drake en 1586, par Davis en 1785. Le traité de la cession de la Floride aux États-Unis y fut signé en 1821.

SAINT-AUGUSTIN (Cap), le cap le plus orient, de l'Amérique, au Brésil (Pernambouc), par 8° 20' lat. S.

SAINT-AULAYE, ch.-l. de cant. (Dordogne), sur la Dronne. à 33 kil. S. O. de Riberac; 1524 hab.

SAINT-AVOLD, v. d'Alsace-Lorraine, à 32 kil. O. de Sarreguemines et S. 47 kil. E. de Metz ; 3286 h. Station, foire très-fréquentée. La ville doit son origine à un monastère de S. Nabor.

SAINT-BARTHÉLEMY, une des Antilles (à la Suède), par 65° 12' long. O., 17° 58' lat. N. : 25 kil. de tour, 10 000 hab.; ch.-l., Gustavia. Abord périlleux, mais bon port. Peu d'eau; arbres à bois précieux. — Aux. Français depuis 1648, elle fut cédée à la Suède en 1784.

SAINT-BARTHÉLEMY-DE-GROUIN, bourg du dép. de l'Isère, à 22 kil. S. O. de Grenoble. Fontaine dont l'eau bout constamment et s'enflamme facilement.

SAINT-BARTHÉLEMY (la). V. BARTHÉLEMY.

SAINT-BÉAT, ch.-l. de cant. (Hte-Garonne), à 32 kil. de St-Gaudens, au confluent de la Garonne et de la Pique; 1403 h. Beau marbre blanc, ardoises.

SAINT-BEAUZELY, ch.-l. de cant. (Aveyron), sur la Muse, à 16 kil. N. O. de Milhau; 949 h.

SAINT-BENIN-D'AZY, ch.-l. de cant. (Nièvre), à 19 kil. E. de Nevers ; 1859 hab. Forges.

SAINT-BENOÎT, v. et port de l'île de la Réunion, dans l'arr. du Vent, à 40 kil. S. E. de St-Denis et à l'embouch. de la riv. des Marsouins ; 12 000 hab., dont les deux tiers noirs ou mulâtres. Sucreries.

SAINT-BENOÎT-DU-SAULT, ch.-l. de cant. (Indre), à 33 kil. S. E. du Blanc; 1072 hab. Forges.

SAINT-BENOÎT (ordre de). V. BÉNÉDICTINS.

SAINT-BERNARD (GRAND-), Penninus mons, Mons Jovis, Mont-Jou, haute mont. et col des Alpes Pennines, entre le Valais et la vallée d'Aoste, par 5° 5' long. E., 45° 51' lat. N., a 3470m de hauteur. Un peu au-dessous du sommet est un hospice célèbre, fondé en 962 par Bernard de Menthon et desservi par des religieux augustins qui se dévouent au soulagement des malheureux surpris par le froid ou égarés dans les neiges : ils se font aider dans leurs recherches par des chiens d'une intelligence singulière. Cet hospice est le lieu habité le plus élevé de l'Europe. Dans l'église du couvent est un monument en l'honneur du général Desaix. Le passage au mont St-Bernard offre de grandes difficultés; cependant il fut effectué par les armées romaines au temps d'Auguste, par les Lombards en 547, par Charlemagne en 773, enfin par les Français en 1798, 1799 et 1800 : ce dernier passage, exécuté par Bonaparte, est surtout remarquable en ce que ce général menait avec lui de la cavalerie et de l'artillerie. Le chemin qui traverse le Grand-Saint-Bernard est pratiqué dans un vallon étroit et bordé de rochers. — L'hospice a été dépouillé en 1850 de ses biens immeubles par le gouvernement du Valais.

SAINT-BERNARD (PETIT-), Graius mons, mont. de France, dans les Alpes Grecques (Graiæ), entre la Savoie et la vallée d'Aoste, au S. O. du Grand-St-Bernard, sur le chemin qui mène de la vallée de l'Isère à celle de la Doire. C'est le passage le plus commode de toute la chaîne des Alpes. A 2200m de hauteur est un hospice semblable à celui du Grand-St-Bernard et qui a le même fondateur.

SAINT-BERTRAND DE COMMINGES, Lugdunum Convenarum, ch.-l. de cant. (Hte-Garonne), à 21 k. S. O. de St-Gaudens; 745 hab. Musée pyrénéen. Aux env., cristal de roche, beau marbre dit balvacaire, mines de cuivre, vaste grotte de Gorgas. — Jadis ch.-l. des Convenæ et plus tard du comté de Comminges. Dernier asile de Gundovald, qui y périt; détruite par Gontran en 585; rebâtie en 1100 par S. Bertrand, évêque de Comminges (dont la ville prit le nom). Ce fut un évêché jusqu'en 1790.

SAINT-BLIN, ch.-l. de c. (Hte-Marne), à 31 k. N. E. de Chaumont; 597 h. Anc. prieuré de Bénédictins.

SAINT-BONNET, ch.-l. de cant. (Htes-Alpes), sur le Drac, à 14 kil. N. de Gap; 1700 hab. Patrie du connétable de Lesdiguières. Eau sulfureuse.

SAINT-BONNET-DE-JOUX, ch.-l. de c (Saône-et-Loire), à 15 k. N. E. de Charolles; 1632 h. Pierre de taille.

SAINT-BONNET-LE-CHÂTEAU, ch.-l. de c. (Loire), à 20 k. S. de Montbrison, sur l'emplacement de la forteresse romaine de Castrum Vari : 2230 h. Église gothique. Dentelles.

SAINT-BONNET (Jean TOIRAS de). V. TOIRAS.

SAINT-BRICE-EN-COGLES, ch.-l. de c. (Ille-et-Vilaine), à 15 kil. N. O. de Fougères; 1859 hab.

SAINT-BRIEUC, Briocum, ch.-l. des Côtes-du-Nord, sur le Gouet, à 3 kil. de la mer, à 446 kil. O. de Paris ; 15 341 h. Bon port (au Légué), entouré de quais ; chemin de fer. Évêché, trib. de 1re inst. et de commerce; lycée, école d'hydrographie. Cathédrale du XIIIe s., pont en granit, plusieurs places, belles promenades, statue de Du Guesclin; bibliothèque, société d'agriculture. Toiles, étoffes de laine. Grand commerce maritime, armements pour la pêche de la baleine et de la morue; importation de fers et de bois du Nord. — La ville eut pour origine un monastère fondé par S. Brieuc à la fin du Ve s., et érigé en évêché en 844. Elle faisait jadis partie de la Hte-Bretagne.

SAINT-CALAIS, Anilla, Anisola, puis Carilesi oppidum, ch.-l. d'arr. (Sarthe), à 44 kil. S. E. du Mans, sur la riv. d'Anille; 3739 hab. Trib. de 1re inst. Jolie place; restes d'un château féodal. Lainages, grains. Anc. abbaye de Bénédictins fondée au VIIe s. par S. Carilef, dit par corruption S. Calais.

SAINT-CAST, vge des Côtes-du-Nord, sur la côte, à 32 kil. de Dinan; 1000 hab. Les Anglais, y ayant tenté une descente en 1758, furent défaits par le duc d'Aiguillon et le comte d'Aubigny : une colonne, érigée en 1858, consacre le souvenir de cette défaite.

SAINT-CÉRÉ, ch.-l. de c. (Lot), à 23 k. N. O. de Figeac; 4302 hab. Commerce de fil et de chanvre. Aux env., beau marbre. Ruines d'un château fort.

SAINT-CERNIN, ch.-l. de c. (Cantal), sur la Doire, à 23 kil. N. E. d'Aurillac; 2795 hab. Bestiaux.

SAINT-CHAMAS, v. et port du dép. des Bouches-du-Rhône, sur la côte N. de l'étang de Berre, et sur le chemin de fer d'Avignon à Marseille, à 46 kil. O. d'Aix; 2692 hab. Port sur l'étang; poudrière, olives, huiles. Restes d'un pont romain appelé le pont Flavien, sur la Touloubre, et de 2 arcs de triomphe.

SAINT-CHAMOND, ch.-l. de c. (Loire), sur le Gier, à 10 kil. N. E. de St-Étienne; 11 626 hab. Chemin de fer. Fonderies, quincaillerie; velours, rubans , lacets. Aux env., houille.

SAINT-CHAPTES, ch.-l. de c. (Gard), à 13 kil. S. E. d'Uzès; 868 h. Église consistoriale calviniste.

SAINT-CHARLES, v. des États-Unis (Missouri),sur la r. g. de Missouri, à 30 kil. N. O. de St-Louis; 4000 h. École méthodiste. Grand commerce de pelleteries. — Fondée par les Français en 1780. Elle fut jusqu'en 1826 le ch.-l. du Missouri.

SAINT-CHELY-D'APCHER, ch.-l. de c. (Lozère), à 34 kil. N. de Marvejols; 1872 hab. Draps fins.

SAINT-CHÉLY-D'AUBRAC, ch.-l. de c. (Aveyron), à 24 kil. d'Espalion; 1697 hab. Pâturages.

SAINT-CHINIAN, ch.-l. de c. (Hérault), à 23 kil. S. E. de St-Pons; 4339 h. Drap, bonneterie.

SAINT-CHRISTOPHE, une des Antilles anglaises, au N. O. de la Guadeloupe et au S. E. de St-Eustache; 26 kil. sur 7; 25 000 hab.; ch.-l., la Basse-Terre. Au centre, mont Misery (volcan éteint), haut de 1128m. Sol très-fertile : canne à sucre, café, oranges, coton, etc. — Découverte en 1493 par Christophe Colomb (d'où son nom), elle fut colonisée par les Anglais en 1623; possédée en commun par les Anglais et par les Français de 1627 à 1713, elle fut cédée en entier à l'Angleterre par le traité d'Utrecht. Elle forme, avec Antigoa, Montserrat et les Vierges, un gouvt de l'Amérique anglaise.

SAINT-CHRISTOPHE, ch.-l. de c. (Indre), à 34 kil. N. O. d'Issoudun; 694 hab.

SAINT-CIERS-LA-LANDE, ch.-l. de c. (Gironde), à 21 kil. N. de Blaye; 2889 hab. Vins.

SAINT-CLAIR, ch.-l. de c. (Manche), à 11 kil. N. E. de Saint-Lô; 638 hab.

SAINT-CLAIR-SUR-EPTE, bourg de Seine-et-Oise, à 9 k. N. O. de Magny; 600 hab. Ermitage qu'habita S. Clair, martyrisé en 881. Par un traité signé à St-Clair-sur-Epte en 911, Charles le Simple céda la Neustrie au chef normand Rollon.

SAINT-CLAIR DE LOMASNE, ch.-l. de c. (Gers), à 15 kil. S. E. de Lectoure; 1695 hab. Rubans de fil.

SAINT-CLAIR (lac), lac de l'Amérique du Nord, dans la région des grands lacs, à 80 kil. S. du lac Huron, à 20 k. du lac Érié ; il a 150 kil. de tour, et communique avec le lac Huron par la rivière St-Clair, avec le lac Érié par le Detroit-River. — La riv. St-Clair sépare le territ. de Michigan du Ht-Canada, et a env. 80 kil. de cours du N. au S., et 400m de large, ce qui la rend navigable pour de gros bâtiments.

SAINT-CLAUD, ch.-l. de c. (Charente), à 22 kil. S. O. de Confolens; 1881 hab. Bestiaux.

SAINT-CLAUDE, le Condate des anciens, ch.-l. d'arr. (Jura), au fond d'une vallée, au confluent de la Bienne et du Tacon, à 54 kil. S. E. de Lons-le-Saunier; 6316 hab. Évêché, trib., collége. Industrie et commerce considérables : horlogerie, tabletterie et ouvrages au tour. Célèbre abbaye, fondée vers 430 par S. Romain, réformée au VIIe s. par S. Claude; elle s'enrichit de donations immenses pendant le moyen âge et fut un des premiers chapitres nobles de France : l'abbé pouvait anoblir et faire grâce aux criminels. Il avait aussi droit de main-morte : quiconque habitait un an sur ses terres devenait son serf. Cet us féodal fut aboli en partie à la voix de Voltaire, mais ne disparut complètement qu'à la Révolution. L'abbaye avait été sécularisée dès 1742.

SAINT-CLOST (PERROS DE) ou PIERRE DE ST-CLOUD, écrivain du commencement du XIIIe s., est le 1e auteur du Roman du Renard, célèbre poëme allégorique et satirique de 2000 vers. Ce poëme a été continué par Jacquemart Gielée, et depuis traduit dans les langues principales de l'Europe et augmenté d'un grand nombre d'épisodes ou branches. La dernière traduction (en français vulgaire) a été publiée à Bruxelles (1739); elle a été réimprimée à Paris en 1786 sous le titre d’Intrigues du cabinet des rats, et en 1825 par Méon.

SAINT-CLOUD, bourg de Seine-et-Oise, à 14 kil. O. de Paris et 9 kil. E. de Versailles, sur la r. g. de la Seine, où il s'élève en amphithéâtre, et sur le chemin de fer de Paris à Versailles; 5616 hab. Château incendié par les Allemands (13 oct. 1870); parc, jets d'eau, cascade; haras, casernes; nombreuses maisons de campagne. Foire célèbre, du 7 au 22 sept. Ce bourg se nommait d'abord Nogent; il reçut son nouveau nom d'un fils de Clodomir, Clodoald ou Cloud, qui s'y retira en 538 après le meurtre de ses frères. Ce prince y bâtit un monastère et donna ce domaine à l'église de Paris, qui l'a conservé jusqu'au dernier siècle. Le château fut bâti au XVIe s. par Pierre de Gondi, archevêque de Paris. Acquis en 1658 par Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, il fut rebâti pour ce prince par Mansart et Lepautre. Henri III fut assassiné au château de St-Cloud en 1589 par Jacq. Clément. C'est dans l'orangerie de St-Cloud que siégeaient les Cinq-Cents lors du coup d'État du 18 brumaire. Ce bourg fut en partie brûlé par les Prussiens à la suite du combat de Buzenval. V. ce nom.

SAINT-CYPRIEN, ch.-l. de c. (Dordogne), à 17 kil. O. de Sarlat; 2415 hab. Briqueteries, chapellerie, quincaillerie, objets en buis faits au tour.

SAINT-CYR, bourg de Seine-et-Oise, à 22 kil. O. de Paris, et à 4 kil. O. de Versailles; 2000 hab. A la sollicitation de Mme de Maintenon, Louis XIV y fonda, en 1680, sous le nom d’Institut de S. Louis, une maison pour l'éducation gratuite de 250 demoiselles nobles et pauvres : l'éducation, d'abord confiée à une communauté de dames de la maison, fut à partir de 1692 remise à des religieuses Augustines. Depuis la Révolution, on a établi dans les mêmes bâtiments d'abord le Prytanée, puis l’École spéciale militaire, qui l'occupe encore aujourd'hui. Lavallée a écrit l’Hist. de la maison royale de St-Cyr, 1853.

SAINT-CYR (GOUVION de). V. GOUVION.

SAINT-CYRAN, abbaye du Berry, dans la Brenne, eut pour abbé Jean Duvergier de Hauranne, dit l'Abbé de St-Cyran. V. DUVERGIER.

SAINT-DAVID'S, Menevia, Fanum Davidis, v. d'Angleterre, dans la principauté de Galles (Pembroke), à 26 kil. N. O. de Pembroke, sur l'Allan, à 3 k. de son embouch. dans la mer d'Irlande; 2500 hab. Évêché; cathédrale, qui contient un monument de S. David, et dont le clocher a 102m. — Ville déchue. Ce fut d'abord un couvent, fondé par S. Patrick, auquel succéda S. David : ce couvent était au moyen âge un but de pèlerinage célèbre. Auj. l'évêque anglican de St-David's réside à Abergwelly.

SAINT-DENIS ou SAINT-DENYS, Dionysiopolis, S. Dionysii fanum, v. du dép. de la Seine, ch.-l. d'arr., près de la Seine, sur le Crould et le Rouillon, et sur le chemin de fer du Nord dont c'est la 1re station, à 8 kil. N. de Paris; 22 052 hab. Jolie ville, bien percée, bien bâtie; canal qui joint la Seine au canal de l'Ourcq ; belle église gothique, dont les caveaux ont servi de sépulture aux rois de France depuis Dagobert I. Maison impériale d'éducation pour les filles des membres de la Légion-d'Honneur (dans les bâtiments de l'ancienne abbaye), fondée en 1809. Fortifications, casernes, dépôt de mendicité. Industrie active : toiles peintes, soude, minoterie, féculeries, acides minéraux, blanchisseries, manufactures de plomb laminé, etc. Foires nombreuses et fréquentées ; les plus célèbres sont la foire aux moutons, dite du Landy, qui s'ouvre le 1er lundi après le 11 juin, et celle du 9 oct. — C'était jadis une abbaye de Bénédictins, fondée en 630 par Dagobert, où l'on transporta en 636 les restes de S. Denis; l'église, une des plus belles basiliques de France, fut reconstruite sous Louis VII par Suger. L'abbé était un des principaux seigneurs du royaume : Hugues Capet fut abbé de St-Denis; l’oriflamme, qui après l'avénement des Capétiens devint l'étendard de France, était l'étendard particulier de l'abbaye de St-Denis; Montjoie et St-Denys était jadis le cri de guerre des Français. St-Denis fut pris et repris dans les guerres civiles sous Charles VI et sous les derniers Valois. Il s'y livra en 1567 entre les Catholiques et les Calvinistes une bataille où les Catholiques vainqueurs perdirent le connétable de Montmorency. Bombardée par les Allemands (janv. 1871). Les tombeaux de St-Denis furent ouverts en 1793 et profanés : Napoléon entreprit en 1806 de les restaurer, ainsi que l'église : les travaux de réparation de l'église se sont poursuivis pendant 30 ans. Avant 1846, la tour du nord était surmontée d'une flèche en pierre qui s'élevait à 100m; mais on a dû la démolir, la tour qui la supportait menaçant ruine. .'L'hist. de l'abbaye de St-Denis a été écrite par Mme F. d'Ayzac, 1861.

SAINT-DENIS (Chapitre impérial de), chapitre de chanoines résidant à St-Denis et ayant pour chef, au lieu d'un évêque, le grand aumônier de France, fut établi par Napoléon Ier après le rétablissement du culte, pour remplacer les Bénédictins préposés jadis à la garde des tombes royales. Les chanoines devaient être choisis parmi les évêques âgés de plus de 60 ans et hors d'état de continuer leurs fonctions; leur nombre était fixé à 10. Sous la Restauration, ce nombre fut augmenté, et un 2e ordre de chanoines, composé de simples prêtres, fut introduit ; le chef du chapitre reçut le titre de Primicier. Le chapitre de St-Denis n'est pas soumis à la juridiction de l'archevêque de Paris : cette exception, qui avait donné lieu à quelques conflits, a été régularisée en 1846 par une bulle du pape.

SAINT-DENIS (les Chroniques de), les Grandes chroniques de France, chroniques rédigées, dès les temps les plus anciens de la monarchie, par les religieux de St-Denis, et conservées dans le trésor de l'abbaye. Un religieux de St-Denis, suivait la cour afin de consigner les faits à mesure qu'ils se passaient; à la mort d'un roi, on rédigeait, d'après ces notes, une histoire du règne, qui, après avoir été soumise au chapitre, était incorporée aux Grandes chroniques. Suger, abbé de St-Denis au XIIe s., avait recueilli toutes les chroniques depuis l'origine de la monarchie, et avait lui-même rédigé celle de son temps. Après la découverte de l'imprimerie, les Grandes chroniques, mises en ordre par don Jean Chartier, furent publiées en 1476 sous ce titre : Chroniques de France depuis les Troïens jusqu'à la mort de Charles VII, 3 v. in-fol. : c'est le 1er livre français connu qui ait été imprimé à Paris. Elles ont été réimprimées en 1514, avec une continuation jusqu'en 1513, et ont reparu de 1836 à 1841 par les soins de M. Paulin Paris, 6 vol. in-8. — Il ne faut pas confondre les Chroniques de St-Denys avec la Chronique du Religieux de St-Denys, qui faisait sans doute partie des matériaux d'après lesquels devaient être rédigées plus tard les Grandes chroniques. Cette chronique, qui n'est que l'histoire du règne de Charles VI (1380-1422), a été publiée par MM. Bellaguet et Magin, dans les Documents inédits sur l'histoire de France, 1839-49, 6 v. in-4.

SAINT-DENYS, capitale de l'île de la Réunion, ch.-l. de l'arr. du Vent, sur la côte N.; 20 000 hab. Résidence du gouverneur, cour impériale, trib. de 1re inst.; lycée, séminaire diocésain, bibliothèque ; beau jardin botanique; banque, chambre de commerce. Ville assez bien bâtie; elle n'a pas de port, mais une rade foraine. Commerce assez actif.

SAINT-DENYS-LE-GÂT, bg de la Manche, à 17 k. E. de Coutances; 2000 h. Patrie de St-Évremond.

ST-DENIS-DU-SIG, bg de l'Algérie (Oran), sur la r. dr. du Sig et sur la route d'Oran à Mascara, à 52 k. d'Oran; 3963 h. Créé en 1845. Chemin de fer pour Oran ; pépinière, céréales, coton, tabac, mûriers, cochenille.

SAINT-DIDIER-LA-SÉAUVE, ch.-l. de c. (Hte-Loire), à 28 kil. N. E. d'Yssingeaux; 5220 hab. Rubans, filature de soie, papeterie.

SAINT-DIÉ, S. Deodatum, ch.-l. d'arr. (Vosges), sur la Meurthe, à 45 kil. N. E. d'Épinal; 9554 hab. Évêché, église calviniste, trib., collége. Calicot, mouchoirs, potasse, papeteries, quincaillerie. Commerce en grains, bétail, fer, lin, etc. La ville doit son nom a S. Déodat ou S. Dié, évêque de Nevers au VIIe s., qui y fonda un monastère vers 666 (on le fête le 8 juillet).

SAINT-DIER, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), à 38 k. S. E. de Clermont; 1586 hab.

SAINT-DIZIER, S. Desiderium, ch.-l. de c. (Hte-Marne), à 16 kil. de Vassy, sur la r. dr. de la Marne ; 8077 hab. Chemin de fer. Trib. de 1re inst., collége, petit séminaire, hospice d'aliénés. Boissellerie, construction de bateaux, commerce de toile de coton, de bois, de fer et d'objets de fonte. Aux env., forges, hauts fourneaux, fonderies de fer. — La ville doit son nom à un évêque de Langres, martyrisé au IIIe s. Jadis ville forte, elle fut prise en 1544 par Charles-Quint après un siége mémorable, mais rendue par la paix de Crespy. Napoléon battit les Alliés aux environs les 27 janv. et 26 mars 1814.

SAINT-DOMINGUE. V. HAÏTI et SANTO-DOMINGO.

SAINT-DONAT, ch.-l. de c. (Drôme), à 26 kil. N. de Valence; 2512 h. Filature et organsinage de soie.

SAINTE-...., Pour les mots commençant ainsi, V. après la série des mots commençant par SAINT.

SAINT-ELME (Ida), la Contemporaine, aventurière qui, après avoir mené une vie désordonnée et avoir plusieurs fois changé de nom, publia en 1827, sous le titre de Mémoires d'une Contemporaine, un tissu de contes scandaleux sur la Révolution et l'Empire. Ces Mémoires, arrangés par quelques hommes de lettres, eurent une vogue prodigieuse et firent la fortune de l'éditeur (Ladvocat). Quant à la Contemporaine, elle mourut dans la misère, à l'hospice des Ursulines de Bruxelles, en 1845, à 67 ans.

SAINT-ÉMILION, bg du dép. de la Gironde, près du confluent de l'Isle et de la Dordogne, à 9 k. E. de Libourne; 3014 hab. Excellents vins rouges. Patrie de Guadet. — Ce bourg se forma vers le VIIIe s. autour d'un ermitage, et fut fortifié au XIe : on voit encore les ruines de ses fortifications. Il occupe à peu près l'emplacement de l'ancien Lucaniacum, villa d'Ausone. On y remarque l'église paroissiale, l'ermitage de St-Émilion, la rotonde et un temple monolithe qu'on suppose avoir été dédié au dieu Teutatès.

SAINT-ESPRIT (le), la 3e personne de la sainte Trinité, est fêté le jour de la Pentecôte. V. SAINT-ESPRIT dans notre Dict. univ. des Sciences.

SAINT-ESPRIT, anc. ch.-l. de c. du dép. des Landes, en face de la ville de Bayonne, à laquelle il est réuni depuis 1858, et dont il forme un faubourg. Consistoire israélite, synagogue. — V. QUIROS et ESPIRITO-SANTO.

SAINT-ESPRIT (Ordre du), ordre de chevalerie institué le 31 déc. 1578 par le roi de France Henri III, en mémoire de ce qu'il avait été élu roi de Pologne et était parvenu à la couronne de France le jour de la Pentecôte, jour où le St-Esprit descendit sur les apôtres. Le nombre des chevaliers fut limité à cent, dont neuf ecclésiastiques ; ils portaient une croix d'or à 4 branches, ornée d'une image du St-Esprit et suspendue à un large cordon bleu. Pour être admis dans cet ordre, il fallait être catholique et avoir déjà reçu l'ordre de St-Michel, qui exigeait la noblesse. Supprimé en 1789, cet ordre fut rétabli à la Restauration : il a été de nouveau supprimé en 1830.

SAINT-ESTÈPHE, bg du dép. de la Gironde, dans l'anc. Médoc, sur la Gironde, à 16 k. S. E. de Lesparre ; 2455 hab. Vins excellents.

SAINT-ÉTIENNE, ch.-l. du dép. de la Loire, sur le Furens, à 465 kil. S. E. de Paris par la route et 469 par le chemin de fer; 92 250 h. Trib. de 1re inst. et de commerce, lycée, école de mineurs, église calviniste, chambre consultative des manufactures, banque; société d'agriculture, bibliothèque, musée. Immense industrie métallurgique : manufacture impér. d'armes, serrurerie, quincaillerie, coutellerie, outils, enclumes, grosses pièces de forges, etc.; rubans de soie, padou, velours, lacets, tulles, galons. Aux env., forges, aciéries, martinets, etc. Les eaux du Furens sont excellentes pour la trempe du fer et de l'acier. Le commerce de St-Étienne est immense; il est alimenté par les riches houillères des environs, et favorisé par plusieurs canaux ainsi que par un chemin de fer. — St-Étienne ne fut d'abord qu'un château, bâti au Xe s. par les comtes du Forez; elle prit de l'importance au XVe s. ; mais elle eut à souffrir de la peste en 1585 et 1628. Elle s'est fort agrandie depuis 30 ans par suite de l'application de la vapeur à l'industrie. Patrie de Jean et Nic. Bouillet, habiles armuriers, de J. Fauriel, Jules Janin, etc. La préfecture du dép., qui était précédemment à Montbrison, a été transférée à St-Étienne en 1856.

ST-ÉTIENNE, ch.-l. de c. (Alpes marit.), arrond. de Puget-Théniers; 2106 h. Anc. ville forte.

SAINT-ÉTIENNE-DE-BAIGORRY, ch.-l. de c. (B.-Pyrénées), dans la vallée de Baigorry, à 40 k. O. de Mauléon; 2600 hab. Forges, fer, cuivre, plomb, marbre.

SAINT-ÉTIENNE-DE-LUGDARÈS, ch.-l. de c. (Ardèche), à 32 kil. N. O. de l'Argentière; 1522 hab.

SAINT-ÉTIENNE-DE-MONTLUC, ch.-l. de c. (Loire-Inf.), à 16 kil. S. E. de Savenay; 4783 hab. Porcelaine.

SAINT-ÉTIENNE-DE-ST-GEOIRE, ch.-l. de c. (Isère), à 28 kil. N. de St-Marcellin ; 1857 hab.

SAINT-ÉTIENNE-EN-DEVOLUY, ch.-l. de c. (Htes-Alpes), à 40 k. N. O. de Gap; 790 h. Caverne.

SAINT-ÉTIENNE-LES-ORGUES, ch.-l. de c. (B.-Alpes), à 15k. N. de Forcalquier; 1115 h. Draperie,essences.

SAINT-EUSTACHE, une des Antilles hollandaises, à 12 kil. N. O. de St-Christophe, par 65° 20' long. O., 17° 30'lat. N.; 14 000 hab., dont env. 10 000 noirs; ch.-l., St-Eustache (petit port sur la côte O.). L'île est fertile et bien cultivée ; volcan éteint. — Les Hollandais occupèrent cette île en 1635. Plusieurs fois prise par les Anglais et les Français, elle fut restituée aux Hollandais en 1814.

SAINT-ÉVREMOND (Ch. MARGUETEL DE ST-DENYS, seigneur de), écrivain du XVIIe s., né en 1613 à St-Denys-le-Guast, près de Coutances, m. en 1703, servit sous le duc d'Enghien (prince de Condé), se distingua à Rocroy, à Nordlingue, mais se brouilla avec le prince pour quelques railleries. Pendant la Fronde, il défendit la cause royale de son épée et de sa plume; il obtint quelque temps par là les bonnes grâces de Mazarin et fut fait maréchal de camp ; mais, ayant plaisanté sur la paix des Pyrénées dans une lettre qui tomba entre les mains du roi, il se vit obligé, pour éviter la Bastille, de sortir de France (1661) : il se retira en Angleterre. Louis XIV refusa pendant 28 ans de le laisser rentrer dans sa patrie ; il ne lui accorda cette permission qu'en 1689, lorsque St-Évremond, accablé par l'âge (il avait 76 ans), ne pouvais plus en profiter. Avant son exil, il avait été lié avec les hommes les plus distingués en France, entre autres avec le maréchal de Créqui; en Angleterre, il vécut à la cour de Charles II et de Guillaume III, qui lui firent une pension. St-Évremond était un homme d'esprit et un philosophe épicurien. Il a beaucoup écrit, mais n'a rien publié lui-même. Cependant on imprima furtivement de son vivant plusieurs de ses écrits; ils furent avidement recherches. La 1re édition de ses Œuvres parut en 1705 à Londres, 3 vol. in-4, par les soins de Desmaizeaux et Silvestre. On n'y trouve guère que des morceaux détachés, parmi lesquels on distingue : les Observations sur Salluste et Tacite, les Réflexions sur la tragédie et la comédie, les Discours sur les belles-lettres, les Réflexions sur l'usage de la vie, Sur le génie du peuple romain, le Parallèle de Turenne et de Condé, et ses Lettres, qui sont de petits chefs-d'œuvre de finesse et d'aimable causerie. On trouve dans ses écrits de l'élégance, de l'originalité, des vues profondes et une grande liberté de pensée. Deleyre a donné l’Esprit de St-Évremond (1761); M. Hippeau (1852), M. Giraud (1866), et Gidel (1867), des Choix de ses Œuvres ; M. Gilbert et M. Gidel ont donné chacun un Disc. sur St-Évremond, couronné par l'Acad. franç. (1866).

SAINT-ÉVROUL, Uticense monasterium, monastère de Normandie, dans l'ancien pays d'Ouche (Orne), près d'Argentan, fondé par S. Évroul (VIe s.).

SAINT-FARGEAU, ch.-l. de c. (Yonne), sur le Loing, à 50kil. S. O. de Joigny ;2587 hab. Beau château du Xe s., parc superbe. Tanneries, commerce de bois. Domaine des Lepelletier de St-Fargeau.

SAINT-FÉLICIEN, ch.-l. de c. (Ardèche), à 33 kil. O. de Tournon; 2109 hab.

SAINT-FIRMIN, ch.-l. de c. (Htes-Alpes), à 33 k. N. de Gap; 1276 hab. Ruines d'un vieux château. Source minérale froide.

SAINT-FLORENT, ch.-l. de c. (Corse), à 13 kil. S. O. de Bastia, sur la mer; 728 hab. Bon port.

SAINT-FLORENT-LE-VIEIL, ch.-l. de c. (Maine-et-Loire), sur la r. g. de la Loire, à 17 kil. N. de Beaupréau ; 2368 hab. Anc. monastère fondé par Charlemagne. C'est là que commencèrent les troubles de la Vendée : le tombeau de Bonchamp est dans l'église.

SAINT-FLORENTIN, autrefois Châteaudun, et pendant la Révolution Mont-Armance, ch.-l. de c. (Yonne), à 30 kil. N. B. d'Auxerre, sur le canal de Bourgogne, au confluent de l'Armance et de l'Armançon; 2589 hab. Belle église, beau pont, station de chemin de fer. Tannerie, blé, chanvre, bois à brûler. — En 888, le duc de Bourgogne Richard le Justicier y défit 80 000 Normands ; les Impériaux assiégèrent vainement cette ville en 1633.

SAINT-FLORENTIN (L. PHÉLYPEAUX, comte de), ministre, né en 1705, m. en 1777, était fils du ministre Phélypeaux de La Vrillière, et occupa lui-même pendant 52 ans divers ministères, notamment celui de la maison du roi et celui de l'intérieur (1744); Louis XV le créa duc en 1770. On l'accuse de s'être montré prodigue, d'avoir été trop complaisant pour le monarque et d'avoir abusé des lettres de cachet. Il a laissé son nom à une rue de Paris, où il avait un superbe hôtel. Il était membre honoraire de l'Académie des sciences et de celle des inscriptions.

SAINT-FLOUR, Floriopolis, S. Flori fanum, et plus anciennement Indiacum ou Indiciacum, ch.-l. d'arr. (Cantal), sur une roche basaltique, près du Dauzon, à 77 kil. E. d'Aurillac; 5288 hab. Évêché, trib., cour d'assises, collége, bibliothèque, cabinet de physique. Cathédrale, antique église de la Recluse. — Fabriques de colle forte, tanneries, chaudronnerie; grand commerce de mulets. Patrie du poëte De Belloy. Aux env., riche mine d'émeri; on y trouve aussi des pyrites, de petites topazes et même, dit-on, quelques émeraudes.

SAINT-FOIX (Germ. Franc. POULLAIN de), né à Rennes en 1699, m. en 1776, fut mousquetaire et lieutenant de cavalerie, puis alla en Turquie et y apprit l'arabe. De retour à Paris, il se fit homme de lettres, ce qui ne l'empêcha pas d'être le plus fameux bretteur de son temps. St-Foix est un écrivain facile, fécond et spirituel. Ses Œuvres complètes (6 vol. in-8, 1778) comprennent : Lettres de Nedim Koggia ou Lettres turques, 1732; Hist. de l'ordre du St-Esprit, 1767,(il était historiographe de cet ordre) : Essais sur Paris, 1754, qu'on lit encore ; des comédies, parmi lesquelles on remarque l’Oracle, 1740.

SAINT-FULGENT, ch.-l. de c. (Vendée), à 33 kil. N. E. de Napoléon-Vendée; 1948 hab.

SAINT-GALL, v. de Suisse, ch.-l. du canton de St-Gall, sur la Steinach, affluent du lac de Constance, à 65 kil. E. de Zurich; 11 000 hab. Évêché, érigé en 1846. Rues régulières, beaux bâtiments de l'anc. abbaye de St-Gall (où réside auj. le gouvernement) ; belle église ; arsenal ; bibliothèque riche en manuscrits. Fabriques de mousselines, bonneterie. — L'abbaye de St-Gall fut fondée vers 700. Dès le Xe s. elle se trouva entourée d'une ville. Les habitants entrèrent en lutte avec les abbés pour conquérir leur indépendance; elle ne fut toutefois solidement établie qu'au XVIIe s. L'abbaye fut évacuée en 1805.

SAINT-GALL, canton suisse, borné au N. par celui de Thurgovie et le lac de Constance, à l'E. par le Rhin, au S. par les cant. des Grisons et de Glaris, à l'O. par ceux de Schwitz et de Zurich. Son territoire, qui environne de tous côtés celui d'Appenzell, a 65 kil. de long sur 45; 170 000 hab. (dont les deux tiers catholiques); ch.-l., St-Gall. Le pays de St-Gall s'allia en 1454 avec les cantons suisses et fut dès lors reçu dans la ligue. Le canton actuel fut formé en 1798 du pays de St-Gall, auquel on joignit le Tockembourg, le Rheinthal et le pays de Sargans.

SAINT-GALL (le Moine de), auteur anonyme des Gestes de Charlemagne, était moine de l'abbaye de Saint-Gall. Il écrivit son livre vers 884 et le dédia à l'empereur Charles le Gros. Son histoire, remplie de fables et d'inexactitudes, jouit de peu d'autorité. Néanmoins, elle a été trad. dans la collection des Mémoires sur l'Histoire de France de M. Guizot.

SAINT-GALMIER, ch.-l. de c. (Loire), à 21 kil. E. de Montbrison, sur le chemin de fer de Roanne à St-Étienne; 2954 h. Belle église du XVIe s. Tanneries, chamoiseries, dentelles. Aux env., source minérale de Fontforte, dont l'eau contient de l'acide carbonique et a un goût analogue à celui de l'eau de Seltz. On en exporte de grandes quantités.

SAINT-GAUDENS, ch.-l. d'arr. (Hte-Garonne) sur la Garonne, à 88 kil. S. O. de Toulouse; 5183 hab. Chemin de fer pour Toulouse. Trib. de 1re inst. et de commerce; collége. Rubans de fil, tissus de laine. draps communs. Grains, huile, bonneterie, papeterie. Anc. capitale du Nébouzan. Patrie de Raymond, fondateur de l'ordre de Calatrava.

SAINT-GAULTIER, ch.-l. de c. (Indre), sur la Creuse, à 28 kil. E. du Blanc; 1912 h. Abeilles.

SAINT-GELAIS (Octavien de), poëte, né vers 1466 à Cognac, m. en 1502, entra dans l'état ecclésiastique, ce qui ne l'empêcha pas de se livrer au plaisir et aux lettres. Cependant, ayant été nommé en 1494 évêque d’Angoulême, il renonça au monde. On a de lui des traductions en vers de l’Énéïde et des Épîtres d'Ovide (1509), et divers poëmes : la Chasse d'amours, le Séjour d'honneur, le Trésor de la noblesse, etc. — Son frère, Jean de St-Gelais, est auteur d'une Histoire de France estimée en son temps (1622).

SAINT-GELAIS (MELLIN de), poëte, neveu ou fils d'Octavien, né a Angoulême en 1491, m. en 1558, fut pourvu par François I de l'abbaye de Reclus (diocèse de Troyes), devint ensuite aumônier du dauphin et bibliothécaire du roi à Fontainebleau. Poëte et musicien, il fut l'âme des fêtes qui se donnaient à la cour, et vécut dans l'intimité de Clément Marot. On a de lui des contes pleins de grâce et de naïveté, des épigrammes, des sonnets, des madrigaux et des poésies latines. On lui attribue l'introduction en France du sonnet et du madrigal, empruntés aux Italiens. On l'a surnommé, sans motif suffisant, l’Ovide français. Ses Œuvres ont été réunies à Lyon, 1674, et à Paris, 1719.

SAINT-GELAIS (DUBOIS de), 1670-1737, a publié : Histoire journalière de Paris, 1717; Tableaux du Palais-Royal, avec la vie des peintres auxquels sont dus ces tableaux, 1727, et a traduit de l'italien la Phillis de la Rovère.

SAINT-GENEST-MALIFAUX, ch.-l. de c. (Loire), à 15 kil. S. de St-Étienne; 3517 hab.

ST-GENGOUX-LE-ROYAL, ch.-l. de c. (Saône-et-Loire), à 36 kil. N. O. de Mâcon; 1766 h. Fabrique de chapeaux, tanneries; grand commercer de vins estimés. Fontaine célèbre, qu'on a nommée la fontaine de Jouvence, par allusion à la nymphe de la Fable que Jupiter métamorphosa en une fontaine qui avait la vertu de rajeunir ceux qui s'y baignaient.

SAINT-GENIEZ-DE-RIVE-D'OLT, ch.-l. de cant. (Aveyron), à 21 kil. E. d'Espalion; 3893 hab. Cadis, chapeaux, meubles, tonnellerie. Patrie de Raynal.

SAINT-GENIS, ch.-l. de cant. (Charente-Inf.), à 12 kil. N. O. de Jonzac: 1210 hab.

SAINT-GENIS-LAVAL, ch.-l. de cant. (Rhône), à 7 k. S. de Lyon; 2724 h. Papiers peints, boutons, tapis.

SAINT-GENIX, ch.-l. de c. (Savoie), arr. de Chambéry. 1812 h. Antiquités romaines.

SAINT-GEOIRE, ch.-l. de cant. (Isère), à. 26 kil. de la Tour-du-Pin; 3384 h. Forges. — V. ST-JEOIRE.

SAINT-GEORGE, une des Açores, à l'O. de Terceire, par 38° 31' lat. N. et 30° 11' long. O. : 40 kil. sur 9; 15 000 hab.

SAINT-GEORGE, une des Bermudes, au N. E. de Bermuda; ch.-l., St-George (3000 hab.). Les Anglais s'y sont établis dès 1612.

SAINT-GEORGE (Cercle de), cercle régimentaire de la Croatie militaire, entre la Croatie civile et la Hongrie, l'Esclavonie et le district de Kreutz : 80 kil. sur 35; 70 000 hab.; ch.-l., Belovar.

SAINT-GEORGE ou GEORGETOWN, ch.-l. de l'île de la Grenade (Petites-Antilles), sur la côte O.; 10 000 h. Port excellent. Cette ville fut fondée par les Français, et cédée aux Anglais avec l'île de la Grenade par la paix de 1763. Elle fut brûlée en 1771 et 1775. — Capit. de la Guyane anglaise. V. GEORGETOWN.

SAINT-GEORGE-DEL-MINA, port de Guinée, dans le pays des Achantis, par 4° 50' long. O., 5° 10' lat. N., est le ch.-l. des établissements hollandais en Guinée: 15 000 h. Primitivement aux Portugais; à la Hollande depuis 1638.

SAINT-GEORGE-DU-VIÈVRE, ch.-l. de cant. (Eure), à 16 kil. S. E. de Pont-Audemer; 1162 h.

SAINT-GEORGE-EN-COUZAN, ch.-l. de cant. (Loire), sur le Lignon, à 27 N. O. de Montbrison; 1151 hab.

SAINT-GEORGE-LES-BAILLARGEAUX, ch.-l. de cant. (Vienne), à 11 kil. N. E. de Poitiers; 1318 h.

SAINT-GEORGE-SUR-LOIRE, ch.-l. de c. (Maine-et-Loire), à 17 kil. S. O. d'Angers; 2757 h. Chapeaux.

SAINT-GEORGE (Canal), bras de mer qui unit vers le S. la mer d'Irlande à l'Atlantique et sépare l'Angleterre de l'Irlande, a env. 140 kil. de long sur une largeur qui varie de 60 à 80 k. Navigation dangereuse.

SAINT-GEORGE (le Chevalier de), mulâtre, né en 1745 à la Guadeloupe, du commerce d'un riche colon avec une négresse, m. en 1801. Son père, devenu fermier général, l'amena jeune en France et le fit entrer dans les mousquetaires; il devint ensuite capitaine des gardes du duc de Chartres (duc d'Orléans). Il se montra favorable à la Révolution et servit avec distinction sous Dumouriez; il n'en fut pas moins arrêté comme suspect en 1794; le 9 thermidor lui rendit la liberté. Le chevalier de St-George, d'une taille et d'une figure avantageuses, d'une force peu commune, brillait en outre par la vivacité de son esprit et excellait dans tous les arts d'agrément : bon musicien, gracieux danseur, il s'était surtout fait de la réputation par son talent pour l'escrime.

SAINT-GEORGE (J. Édouard, chevalier de). V. STUART.

SAINT-GEORGE (Ordre de). V. GEORGE.

SAINT-GÉRAN (le comte de). V. LA GUICHE.

SAINT-GERMAIN ou SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, S. Germani fanum in Ledia, v. du dép. de Seine-et-Oise, à 21 kil. N. O. de Paris, à 12 kil. N. de Versailles, sur une colline élevée et sur la lisière E. de la forêt de son nom, près de la r. g. de la Seine; ch.-l. de cant. et résidence d'un conservateur des forêts; 15 108 hab. Jolie ville, célèbre pour la salubrité de l'air; ancien château royal, bâti en briques, récemment restauré, qui depuis la Révolution a servi successivement de caserne, de prison, de pénitencier militaire et est auj. un musée d'antiquités nationales; beau parc, longue terrasse (de 3 kil.), d'où l'on a une vue magnifique; chemin de fer pour Paris, jolie église moderne; plusieurs beaux hôtels; casernes de cavalerie, halle au blé. Bonneterie, tanneries, cuirs vernis, étoffes de crin; commerce en grains, etc. — La ville doit son nom à un monastère que le roi Robert fit bâtir vers l'an 1000 dans la forêt de Laye, en l'honneur de S. Germain, évêque de Paris. Elle fut prise par les Anglais sous le règne de Charles VI. Le château, fondé en 1370 par Charles V, fut continué et agrandi par François I, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. Henri II, Charles IX, Marguerite, reine de Navarre, Louis XIV y sont nés; Jacques II, renversé du trône d'Angleterre, y séjourna : on y voit son tombeau. Il y fut signé en 1562 un édit qui défendait aux Calvinistes de lever des troupes et de prêcher contre la religion catholique, mais qui autorisait leur culte dans les campagnes. Une paix y fut signée en 1570 entre les catholiques et les protestants : cette paix, qui ne fut ni sincère, ni durable, fut appelée la paix boiteuse et mal assise (V. J. de MESMES). — La forêt, une des mieux entretenues de la France, a env. 1800 hectares et est close de murs. On y trouve les Loges, succursale de la maison impériale de Saint-Denis ; il se tient aux Loges une foire très-fréquentée. V. LOGES.

SAINT-GERMAIN-DE-BEL-AIR, ch.-l. de c. (Lot), sur le Céon, à 18 kil. S. E. de Gourdon: 1133 hab.

SAINT-GERMAIN-DE-CALBERTE, ch.-l. de c. (Lozère), à 27 k. S. E. de Florac; 1637 h. Église calviniste.

SAINT-GERMAIN-DE-LEMBRON, ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), à 13 kil. S. d'Issoire; 2217 hab.

SAINT-GERMAIN-DU-BOIS, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), à 18 kil. N. de Louhans; 2515 hab.

SAINT-GERMAIN-DU-PLAIN, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), à 12 kil. S. E. de Châlon; 1573 hab.

SAINT-GERMAIN-LAVAL, ch.-l. de cant. (Loire), à 36 kil. S. de Roanne; 1989 hab.

SAINT-GERMAIN-L'HERM, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), à 20 k. S. O. d'Ambert: 2105 h. Dentelles.

SAINT-GERMAIN-LES-BELLES-FILLES, ch.-l. de cant. (H.-Vienne), à 30 kil. N. E. de St-Yrieix; 2128 hab.

SAINT-GERMAIN-LES-FOSSÉS, bourg de l'Allier, à 18 k. S. O. de La Palisse ; 1200 h. Station de chemin de fer, tête de ligne du Grand-Central.

SAINT-GERMAIN DES PRÉS (Abbaye de), célèbre monastère de Paris, qui occupait jadis une partie du faubourg St-Germain actuel, fut fondée vers 543 par le roi Childebert, et eut pour 1er abbé S. Germain, évêque de Paris. L'église St-Germain des Prés, qui en dépendait, fut bâtie, comme le cloître, au VIe s. et porta d'abord le nom de St-Vincent-et-Ste-Croix ; brûlée par les Normands au IXe s., elle fut rebâtie au XIIe ; elle contenait les tombeaux de Childebert, Chilpéric I, Childéric II; on y déposa plus tard les restes de Descartes, de Boileau; de Montfaucon, de Mabillon, et autres savants Bénédictins. — De fréquentes réformes furent introduites dans l'abbaye; en 1513, on lui imposa la règle de St-Benoît; en 1631, les Bénédictins de St-Germain des Prés s'aggrégèrent à la congrégation de St-Maur. En 1585, le cardinal de Bourbon, alors abbé de St-Germain des Prés, fit construire un palais abbatial, que le cardinal de Furstenberg fit réparer au XVIIIe s. et qui existe encore auj. En 1635, on bâtit la prison de l'Abbaye (V. ce mot), adossée au monastère et auj. démolie. — L'abbaye possédait une bibliothèque célèbre, riche surtout en manuscrits; elle fut en partie détruite en 1794 par l'explosion d'une poudrière; mais les manuscrits furent sauvés; ils sont auj. à la Bibliothèque impériale. L’Hist. de l'abbaye de St-Germain a été écrite par dom Bouillart, 1774.

SAINT-GERMAIN (Claude Louis, comte de), ministre de la guerre, né en 1707 près de Lons-le-Saunier, m. en 1778, servit d'abord en France dans un régiment dont son père était colonel, puis alla prendre du service à l'étranger (en Autriche, en Prusse et en Danemark), revint en France avec le grade de feld-maréchal, se distingua dans les guerres de Flandres et de Prusse (1748-60), rallia l'armée française après la défaite de Rosbach, protégea la retraite à Minden et eut une grande part à la victoire de Corbach. Il fut appelé en 1775 au ministère de la guerre par Louis XVI, fit d'utiles réformes, mais déplut à l'armée pour avoir voulu introduire les corrections corporelles et se retira dès 1777. Il a laissé des Mémoires, Amst., 1779, et une Correspondance avec Pâris-Duverney, publiée à Londres, 1789.

SAINT-GERMAIN (le comte de), aventurier dont on ne connaît ni le vrai nom, ni la famille : selon les uns, il avait pour père un Juif portugais; selon d'autres, il était fils naturel du roi de Portugal. Il fut rencontré en Allemagne par le maréchal de Belle-Isle, qui l'amena en France vers 1740, et le présenta à la cour; il plut à Mme de Pompadour et à Louis XV, qui l'admirent dans leur intimité. Il jouissait d'une grande fortune et vivait avec splendeur. Après un long séjour en France, il visita l'Angleterre, l'Italie, et se retira à Hambourg, puis auprès du prince de Hesse-Cassel, et mourut en 1784 à Slesvig. Cet homme mystérieux prétendait avoir vécu plusieurs centaines d'années : il parlait de Charles-Quint, de François I, et même de Jésus-Christ, comme ayant vécu de leur temps et dans leur familiarité; il disait aussi posséder toutes sortes de secrets. On croit que le comte de St-Germain fut employé comme espion par différents ministres, ce qui expliquerait et sa richesse et les ténèbres dont il s'enveloppait.

SAINT-GERVAIS, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), à 35 k. de Riom; 2471 h. Eaux thermales. — Bg de l'Isère, à 40 k. E. de Grenoble, à 13 k. N. E. de St-Marcellin : 700 h. Fonderie de canons, pont suspendu. — Ch.-l. de c. (Hte-Savoie), à 37 kil. E. de Bonneville, à l'entrée de la vallée de Chamouni; 1850 hab. Eau minérale, marbre rouge. — ST-GERVAIS-LA-VILLE, ch.-l. de c. (Hérault), à 40 k. N. N. O. de Béziers; 2156 hab. Houille, marbre, granit.

SAINT-GÉRY, ch.-l. de c. (Lot), sur le Lot, à 13 kil. N. E. de Cahors; 908 hab.

SAINT-GILDAS-DE-RUYS, Vge du dép. du Morbihan, à 18 kil. S. O. de Vannes; 1200 h. Anc. abbaye de Bénédictins, fondée dans le VIe s. par S. Gildas et dont Abélard fut abbé. Monuments druidiques.

SAINT-GILDAS-DES-BOIS, ch.-l. de c. (Loire-Inf.), à 19 kil. N. O. de Savenay; 1888 hab.

SAINT-GILLES-LES-BOUCHERIES, Fanum S. Ægidii ou Palatium Gothorum, ch.-l. de c. (Gard), à 20 kil. S. de Nîmes, sur le canal de Beaucaire à Aigues-Mortes; 6365 hab. Eau-de-vie, vins rouges, etc. Patrie du pape Clément IV. — Cette ville doit son nom à S. Ægidius ou Gilles, qui y vivait au VIe s. ; les rois visigoths y eurent un palais.

SAINT-GILLES-SUR-VIE, ch.-l. de c. (Vendée), à 30 kil. N. O. des Sables d'Olonne; 1140 hab. Port, construction de bateaux, pêche de la sardine. Commerce de grains et de sel.

SAINT-GIRONS, ch.-l. d'arr. (Ariége), sur le Salat, à 48 kil. O. de Foix ; 4576 hab. Trib. de 1re inst., collége. Gros draps, papiers. Aux env., beaucoup de métiers de tissage de fil et de laine. Grand commerce avec l'Espagne.

SAINT-GOBAIN, bourg du dép. de l'Aisne, à 25 kil. O. de Laon; 2261 hab. Grande manufacture de glaces (la 1re de l'Europe), établie en 1691, dans un ancien château des sires de Coucy. Chemin de fer pour Chauny.

SAINT-GOTHARD, Adula, mont. de Suisse, sur les confins des cantons du Tessin et d'Uri, forme comme le centre de tous les rameaux des Alpes. Ses sommets les plus élevés ont 3226m et sont couverts de neiges perpétuelles. Le col du St-Gothard, placé à une hauteur de 2075m, est le passage le plus fréquenté de Suisse en Italie : belle route; achevée en 1830, entre le lac de Lucerne et le lac Majeur. Le St-G. donne naissance à la Reuss au N., au Tessin au S. On y place aussi vulgairement les sources du Rhône et du Rhin, qui en effet en sont voisines.

SAINT-GOTHARD, bourg de Hongrie (comitat d'Eisenbourg), à 40 k. S. O. de Stein-am-Anger; 900 h. Montecuculli, soutenu par 6000 Français, y remporta en 1664 une grande victoire sur les Turcs.

SAINT-HAON-LE-CHATEL, ch.-l. de c. (Loire), à 17 kil. N. O. de Roanne; 704 hab.

SAINT-HEAND, S. Eugendi vicus, ch.-l. de c. (Loire), à 11 k. N. de St-Étienne; 5612 h. Fabriques de platines de fusil.

SAINT-HÉLIER, capit. de l'île de Jersey, sur la côte S. ; 75 000 h. Siège du gouverneur et d'une cour de justice. Port commerçant, belle église, forts, arsenal.

SAINT-HILAIRE, ch.-l. de c. (Aude), à 15 k. N. E. de Limoux; 934 h. — Autre ch.-l. de c. (Ch.-Inf.), à 10 kil. S. de St-Jean d'Angély; 1321 hab.

SAINT-HILAIRE-DES-LOGES, ch.-l. de c. (Vendée), à 11 kil. de Fontenay; 2728 hab.

SAINT-HILAIRE-DU-HARCOUET, ch.-l. de c. (Manche), à 14 k. S. O. de Mortain; 4080 h. Collége. Fabriques de draps et de toiles. Bestiaux, cire, miel.

SAINT-HILAIRE (GEOFFROY). V. GEOFFROY.

SAINT-HIPPOLYTE, ch.-l. de c. (Gard), à 28 k, E. du Vigan, près des sources de la Vidourle; 4764 hab. Trib. de commerce, église calviniste. Tanneries, mégisseries, fabriques de gants et de bas de soie. Fortifiée en 1687 et pourvue d'une garnison pour contenir les Protestants.

SAINT-HIPPOLYTE, ch.-l. de c. du dép. du Doubs, au confluent du Doubs et de la Dessoubre, à 30 kil. S. de Montbéliard; 1126 hab. Fabriques d'outils, de toiles de coton, tanneries; fromages. Jadis, abbaye d'Ursulines et chapitre de chanoines.

SAINT-HIPPOLYTE, bourg du Ht-Rhin, à 18 kil. N. de Colmar; 2241 hab. Château fort. Bonneterie, pierres de taille, tuileries; mines de houille aux environs. Anc. abbaye, fondée par Fulrad vers 760.

SAINT-HUBERT, primitivement Andain, v. du Luxembourg belge, ch.-l. de c, à 60 kil. d'Arlon, dans la forêt des Ardennes; 2400 hab. Belle église, restaurée de 1840 à 1850 et ornée de la statue de S. Hubert par G. Geefs; anc. abbaye, fondée en 698, où l'on conservait le corps de S. Hubert. On y va en pèlerinage pour être préservé de la rage.

SAINT-HUBERTI (Cécile CLAVEL, dite), célèbre cantatrice française, née à Toul vers 1756, m. en 1812, débuta à l'Opéra en 1777, et fit le succès de plusieurs des opéras de Gluck, de Piccini et de Sacchini. On lui doit en outre la réforme des costumes de l'Opéra, qu'elle rendit conformes à la vérité historique.

SAINT-HYACINTHE (Hyacinthe CORDONNIER , dit THÉMISEUIL de), littérateur, né à Orléans en 1684, m. en 1746, servit comme officier de cavalerie, fut pris à Hochstædt (1704) et, conduit en Hollande, passa la plus grande partie de sa vie dans ce pays, y fonda le Journal littéraire (La Haye; 1713 et années suivantes, 24 vol.). Il y coopéra à l'Europe savante (1718-20). De ses opuscules assez nombreux, le plus fameux est le Chef-d'œuvre d'un inconnu, poëme heureusement découvert et mis au jour par le docteur Mathanasius, La Haye, 1714, et Paris, 1807, satire du pédantisme des commentateurs.

SAINT-ILDEFONSE, v. d'Espagne (Ségovie),à 6 k. S. E. de Ségovie et 84 kil. N. O. de Madrid, sur le versant nord de la Sierra de Guadarrama; 5000 hab. Verrerie royale et manuf. de glaces ; fabrique d'acier. Près de St-Ildefonse est le superbe palais d'été de la Granja (V. ce nom). — A St-Ildefonse fut signé en 1778 un traité entre l'Espagne et le Portugal, et en 1800 un traité qui cédait la Louisiane à la France.

SAINTINE (Joseph Xavier BONIFACE, dit), littérateur français, né à Paris en 1798, m. en 1865 ; se fit connaître dès 1823 par des Poëmes, odes et épîtres, travailla pour le théâtre, et donna en collaboration avec M. Scribe plusieurs vaudevilles, parmi lesquels l’Ours et le Pacha (1823); a donné plusieurs romans agréablement écrits, et s est surtout fait un nom par Picciola (1836, souvent réimprimé).

SAINT-JACQUES, hameau de Suisse, à la porte de Bâle, où 1600 Suisses résistèrent, en 1444, à 22 000 Français, commandés parle dauphin de France (depuis Louis XI) : ils se firent tous tuer, à l'exception de 10. On appelle encore Sang des Suisses le vin récolté sur les coteaux où se livra la bataille.

SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE. V. SANTIAGO.

SAINT-JACQUES (Ordre de). V. JACQUES.

SAINT-JACQUES-DE-LA-BOUCHERIE (Tour de), tour de 54m de hauteur qui s'élève au milieu de Paris, à la rencontre du boulevard de Sébastopol et de la rue de Rivoli, fut bâtie de 1508 à 1522 pour orner le portail d'une église de St-Jacques, auj. démolie. Pascal fit du haut de cette tour ses premières expériences sur la pesanteur de l'air. Après la Révolution, elle servit longtemps de fabrique de plomb de chasse. Rachetée en 1836 par la ville de Paris, elle a été complètement restaurée : elle est surmontée d'une statue colossale de S. Jacques et offre au rez-de-chaussée une statue de Pascal.

SAINT-JAMES, ch.-l. de cant. (Manche), a 18 k. S. d'Avranches; 3270 hab. Jadis vicomté. SAINT-JEAN, v. et port de l'Amérique sept.(Nouv.-Brunswick), à l'embouch. d'une riv. de même nom; 15 000 h. Port franc ; commerce actif.

SAINT-JEAN, ch.-l. de l'île d'Antigoa (Petites-Antilles anglaises), sur la côte N. O. ; de 10 à 15 000 h. Bon port; 3 forts. Commerce considérable.

SAINT-JEAN, ch.-l. de l'île de Terre-Neuve, sur la côte au S. E. ; 12 000 h. Bon port. Brûlée en 1846.

SAINT-JEAN, une des îles Vierges (Antilles danoises), à 4 k. E. de St-Thomas, par 67° 0' long. O. ; 12k. sur 5 ; 6000 hab. Port vaste. Établissement de frères Moraves. Occupée en 1671 par les Danois, l'île a été ouverte en 1834 au commerce de toutes les nations.

SAINT-JEAN-D'ACRE, v. de Syrie. V. ACRE.

SAINT-JEAN-D'ANGÉLY, ch.-l. d'arr. (Charente-Inf.), sur la Boutonne, à 60 k. S. E. de La Rochelle ; 6392 h. Trib. de 1re instance et de commerce, collége, société d'agriculture. Fabrique de poudre et de gros souliers dits de Niort, dépôt d'étalons, grand commerce d'eau-de-vie dite de Cognac, et de bois de construction. Cette ville envoya en 1789 aux États généraux Regnauld, dit de Saint-Jean-d'Angély, à qui elle a érigé une statue en 1863. — La ville se forma autour d'un monastère fondé par Pépin, roi d'Aquitaine. Elle obtint une charte de commune en 1204. Charles V étendit ses franchises, pour récompenser sa fidélité pendant les guerres avec les Anglais. Elle adopta le Protestantisme au XVIe s., fut prise en 1569 par le duc d'Anjou (Henri III), et en 1621 par Louis XIII, qui rasa ses fortifications.

SAINT-JEAN-DE-BOURNAY, ch.-l. de cant. (Isère), sur la Véronne, à 18 kil. E. de Vienne ; 3501 h. Toile à voiles, draps croisés; grains, bestiaux, volailles.

SAINT-JEAN-DE-BRÉVELAY, ch.-l. de cant. (Morbihan), à 28 kil. S. O. de Ploërmel; 2509 h.

SAINT-JEAN-DE-DAYE, ch.-l. de cant. (Manche), près de la Vire, à 15 kil. N. de St-Lô; 283 h.

SAINT-JEAN-DE-LOSNE, ch.-l. de cant. (Côte-d'Or), sur la r. dr. de la Saône, à sa jonction avec le canal de Bourgogne, et près de l'embouch. du canal de Monsieur, à 43 kil. N. E. de Beaune; 1860 h. Trib. de commerce. Grand commerce des produits du pays : vins, fers, bois, charbon, briques. Patrie de dom Martène. Cette ville a soutenu deux siéges célèbres, l'un en 1273, l'autre en 1636 : dans ce dernier, 4000 citoyens et 50 soldats tinrent contre 50 000 Espagnols et Allemands, et les forcèrent de se retirer : d'où le surnom de Belle-Défense donné à la ville.

SAINT-JEAN-DE-LUZ, ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées), à 18 kil. S. O. de Bayonne, au fond du golfe de Gascogne; 2793 hab. Port vaste, mais qui s'ensable; fort, batteries. École de navigation. Pêche de la sardine et du thon. — C'est dans cette ville que fut célébré le mariage de Louis XIV, en 1660. Il y eut près de là plusieurs engagements entre les Français et les Espagnols en 1793 et 1813.

SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE, ch.-l. d'arr. (Savoie), à 50 kil. S. de Chambéry, sur l'Arc; 3254 h. Évêché. Station de chemin de fer, jardin botanique. Fabriques de fromages; commerce de transit. Cette ville, anc. capit. du comté de Maurienne, fut prise par les Français au commencement de la Révolution et devint ch.-l. d'arr. dans le dép. du Mont-Blanc.

SAINT-JEAN-DE-MONTS, ch.-l. de c. (Vendée), près de l'Océan, à 54 k. N. O. des Sables d'Olonne ; 4021 h.

SAINT-JEAN-DE-SOLEYMIEUX, ch.-l. de c. (Loire), à 12 kil. S. de Montbrison; 1325 hab.

SAINT-JEAN-DU-GARD, ch.-l. de cant. (Gard), dans les Cévennes, à 22 kil. O. d'Alais; 4240 hab. Église calviniste. Filatures de soie, bonneterie de soie. Aux env., mines de houille (à Sénéchas et Portes).

SAINT-JEAN-EN-ROYANS, ch.-l. de cant. (Drôme), sur la Lionne, à 35 kil. E. de Valence; 2563 h.

SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT, Imus Pyrenæus, ch.-l. de cant. (B.-Pyrénées), au pied des Pyrénées, sur la Nive, à 41 kil. O. de Mauléon; 1999 hab. Place forte, citadelle (bâtie en 1680). Commerce de laines et d'agaric. — Fondée en 716, cette ville appartint longtemps à l'Espagne et fut la capitale de la Basse-Navarre, dont elle suivit le sort; elle a été cédée à la France par le traité des Pyrénées (1659).

SAINT-JEAN-DE-NICARAGUA. V. NICARAGUA.

SAINT-JEAN-D'ULLOA. V. VERA-CRUZ.

SAINT-JEAN, noble famille anglaise, d'où sortit le fameux Bolingbroke, a pour chef Olivier St-Jean, de Bletsho, dans le comté d'Oxford, qui fut fait baron par Élisabeth. V. BOLINGBROKE.

SAINT-JEAN (CHRÉTIENS de). V. CHRÉTIENS.

SAINT-JEAN-DE-JÉRUSALEM (Ordre de). V. HOSPITALIERS et MALTE.

SAINT-JEOIRE, ch.-l. de c. (Hte-Savoie), dans l'anc. Faucigny, à 8 k. N. E, de Bonneville; 1765 h. Clouteries, marché de mulets et bestiaux.

SAINT-JOUAN, ch.-l. de c. (Côtes-du-Nord), à 22 kil. S. O. de Dinan ; 722 hab.

SAINT-JULIEN, ch.-l. de c. (Jura), à 34 kil. S. de Lons-le-Saulnier; 773 h. Élève de mulets.

SAINT-JULIEN, bg de la Gironde, à 4 k. S. de Pauillac, sur la r. g. de la Gironde; 1400 h. Vins renommés. Maisons de campagne élégantes. Château de Beychevelle (corruption de Baisse-voile), qui percevait jadis un péage sur tout navire remontant à Bordeaux.

SAINT-JULIEN, ch.-l. d'arr. (Hte-Savoie), à 30 k. N. d'Annecy; 1482 h. Anc. ch.-l. de l'intendance sarde de Carouge. Il y fut signé plusieurs traités entre le duc de Savoie et la république de Genève.

SAINT-JULIEN-DE-CHAPTEUIL, ch.-l. de c. (Hte-Loire), à 13 kil. E. du Puy; 2678 h. Vieux château.

SAINT-JULIEN-DE-VOUVANTES, ch.-l. de c. (Loire-Inf.), à 14 kil. S. E. de Chateaubriand; 2007 h. Étang.

SAINT-JULIEN-DU-SAULT, ch.-l. de c. (Yonne), à 11 k. N. O. de Joigny; 2331 hab. Acier poli, draps communs, tanneries, moulins à tan.

SAINT-JULIEN-EN-JARREST, bg du dép. de la Loire, sur le Gier, à 15 kil. N. E. de St-Étienne; 4058 hab. Forges, armurerie.

SAINT-JULIEN-L'ARS, ch.-l. de c. (Vienne), à 14 kil. E. de Poitiers; 1106 hab. Tuileries, briqueteries.

SAINT-JUNIEN, ch.-l. de c. (Hte-Vienne), à 11 kil. N. E. de Rochechouart, sur la Vienne et la Glane; 6795 h. Collége. Belle église, renfermant le tombeau du saint et une chapelle de la Vierge, que Louis XI vint visiter en pèlerinage en 1464 et 1465. Gants, chapeaux, couvertures de laine et coton, porcelaine, poterie. Mulets, chevaux.

SAINT-JUST ou YUSTE, monastère d'Hiéronymites, en Espagne (Estramadure), à 40 kil. env. de Placencia. C'est là que se retira Charles-Quint après son abdication (1556).

SAINT-JUST-EN-CHAUSSÉE, ch.-l. de c. (Oise), sur le chemin de fer du Nord, à 16 kil. N. de Clermont-en-Beauvaisis ; 1745 hab. Il tire son nom d'une de ces anciennes chaussées dites de Brunehaut.

SAINT-JUST-EN-CHEVALET, ch.-l. de c. (Loire), à 27 kil. S. O. de Roanne; 2536h. Aux env., plomb, beau marbre. — On trouve dans le même département deux autres villes de même nom : St-Just-la-Pendue (3082 h.), et St-Just-sur-Loire (2237 h.).

SAINT-JUST (Antoine), fameux conventionnel, né en 1768 ou 1769, à Decize, était fils d'un ancien officier. A peine sorti du collége et plein des souvenirs des républiques anciennes, il adopta avec enthousiasme les principes de la Révolution, fut député en 1792 à la Convention par le dép. de l'Aisne, s'y fit remarquer par l'exaltation de ses opinions, surtout dans le procès de Louis XVI, contribua puissamment à la mort de ce prince, à l'établissement de la république et à la concentration de tous les pouvoirs dans la Convention ; se lia étroitement avec Robespierre, eut part au mouvement du 31 mai contre les Girondins, entra au Comité de Salut Public, et fut un de ceux qui organisèrent le régime de la Terreur; alla en mission avec Lebas à l'armée du Rhin, où il ordonna une foule d'exécutions, mais où en même temps il exalta les courages; devint président de la Convention au 19 février 1794, se chargea des rapports contre ses collègues Danton, Hérault de Séchelles et Camille Desmoulins, qui furent envoyés à la mort, défendit presque seul Robespierre au 9 thermidor, fut enveloppé dans sa condamnation et périt avec lui sur l’échafaud. St-Just cultivait la poésie ; il avait publié dès 1789 un poëme en 20 chants, Organt. On a de lui : Esprit de la Révolution, 1791, nombre de Rapports et d’Opinions, des Lettres et autres écrits (dans le Recueil des papiers saisis chez Robespierre). Ses Œuvres politiques ont été réunies en 1834. E. Fleury a donné sa Vie, 1851.

SAINT-JUST (GODARD D’AUCOURT, dit de), littérateur, né en 1770 à Paris, m. en 1826, fils d’un fermier général qui lui-même cultivait les lettres, a composé le poëme de plusieurs opéras comiques qui ont eu beaucoup de succès : le Calife de Bagdad, Jean de Paris, etc. Le recueil de ses Œuvres a été donné par lui-même, Paris, 1826, 2 vol. in-8.

SAINT-KILDA, la plus occid. des îles Hébrides, par 10° 40′ long. O. 57° 50′ lat. N., au S. O. de l’île Lewis. Stérile et presque inhabitée. Ruines antiques.

SAINT-LAMBERT (Ch. François, marquis de), poëte, né en 1717 à Vézelise en Lorraine, m. en 1803, servit d’abord dans les gardes lorraines, s’attacha au roi Stanislas retiré en Lorraine, connut à Nancy Mme Du Châtelet, à laquelle il inspira une vive passion, fit la campagne de Hanovre en 1756, renonça l’année suivante à l’état militaire pour se vouer aux lettres, vint à Paris, où il se lia bientôt avec les philosophes, travailla à l’Encyclopédie, fit en même temps des vers qui eurent du succès, publia en 1765 le poëme des Saisons, fut reçu à l’Académie en 1770, se retira pendant les troubles de la Révolution à Eaubonne, près de Montmorency, et y passa ses dernières années dans la société de Mme d’Houdetot, son amie. Le poëme des Saisons, beaucoup loué lorsqu’il parut, renferme en effet de grandes beautés et se place parmi nos meilleurs poëmes descriptifs ; mais ce n’en est pas moins un ouvrage froid et monotone. On a en outre de St-Lambert des Poésies fugitives, un petit poëme, le Matin et le Soir, des Contes en prose, des Fables orientales, des Mémoires sur Bolingbroke (1796), enfin le Catéchisme universel ou Principes des mœurs chez toutes les nations (1798-1801), ouvrage philosophique trop vanté : imbu des doctrines d’Helvétius, St-Lambert y prêche une morale toute égoïste, fondée uniquement sur l’intérêt bien entendu.

SAINT-LAURENT (le), grand fleuve de l’Amérique sept., sort de l’extrémité N. E. du lac Ontario, sépare le Ht-Canada de l’État de New-York, traverse le Bas-Canada, et se jette dans le golfe St-Laurent à l’O. de l’île Anticosti, entre le cap du Chat et celui des monts Pelés, après un cours d’env. 1000 kil. Son lit, extrêmement large, varie de 800 à 3000m, et forme comme un lac en quelques endroits ; le volume d’eau qu’il porte à la mer est immense : car il réunit les eaux des cinq grands lacs (Supérieur, Huron, Michigan, Érié, Ontario), dont il n’est réellement que la continuation. Ses affluents principaux sont : à droite, le Richelieu, le St-François et la Chaudière, à gauche, le Rideau, l’Ottawa, le Seguanay, le St-Maurice. Johnstown, Ottawa, Montréal et Québec sont les seules villes importantes qu’il arrose. Il est traversé à Québec par un pont gigantesque, le pont Victoria, œuvre de Robert Stephenson. Jacques Cartier remonta le premier ce fleuve jusqu’à Montréal (1535), et lui donna le nom qu’il porte encore auj.

SAINT-LAURENT (Golfe), golfe formé par l’Océan Atlantique, sur la côte E. de la Nouv.-Bretagne, entre le Canada à l’O., le Nouv-Brunswick au S., l’île de Terre-Neuve à l’E. et le Labrador au N. O., doit son nom au fleuve St-Laurent, qui s’y jette par un large estuaire. Il renferme les îles d’Anticosti, de St-Jean et de la Madeleine.

SAINT-LAURENT-DE-CERDANS, bg des Pyrénées-Or., à 29 k. S. O. de Céret, à la source du Tech ; 2173 h. Clouteries, forges. Exportation de velours d’Amiens, de rouenneries. Abeilles, bestiaux.

SAINT-LAURENT-DE-CHAMOUSSET, ch.-l. de c. (Rhône), à 23 k. O. de Lyon ; 1799 h. Filatures.

SAINT-LAURENT-SUR-GORRE, ch.-l. de c. (Hte-Vienne), sur la Gorre, à 11 k. S. E. de Rochechouart ; 2580 h.

SAINT-LAURENT-DE-MÉDOC, ch.-l. de cant. (Gironde), à 16 k. S. E. de Lesparre ; 3159 h. Bon vin ; poix, goudron.

SAINT-LAURENT-DU-PONT, ch.-l. de cant. (Isère), à 5 kil. N. E. de Voiron, sur le Guier-Mort, dans une contrée sauvage, à 33 k. N. de Grenoble, 1761 hab. Près de là, au S. E., est la Grande-Chartreuse.

SAINT-LAURENT-EN-GRAND-VAUX, ch.-l. de c. (Jura), à 24 k. N. E. de St-Claude ; 1258 h. Tourbières. Horlogerie, quincaillerie ; miel et fromages renommés.

SAINT-LAZARE, Lazzaro-degli-Armeni, petite île de l’Adriatique, dans les lagunes de Venise, à 4 k. S. E. de cette ville. Jusqu’en 1594, cette île eut un hôpital pour les lépreux : d’où son nom. Cédée en 1717 à la Congrégation des Mekhitaristes, elle est devenue un centre de propagation apostolique pour l’Asie et d’instruction pour la nation arménienne. Imprimerie active, d’où sortent un grand nombre d’ouvrages destinés à répandre en Orient la civilisation moderne et la foi catholique ; magnifique bibliothèque, où se trouvent plus de 1500 manuscrits arméniens, la plupart inédits et du plus haut intérêt pour l’histoire.

SAINT-LAZARE (Ordre de). V. LAZARE (S.).

SAINT-LÉGER (MERCIER de). V. MERCIER.

SAINT-LÉGER-SOUS-BEUVRAY, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), à 13 k. O. d’Autun ; 1366 h. Bois.

SAINT-LÉONARD-LE-NOBLAC, ch.-l. de c. (Hte-Vienne, à 23 kil. E. de Limoges ; 6196 hab. Cadis, couvertures de laine, martinets à cuivre, chaudronnerie, porcelaine. Cette ville tire son nom de S. Léonard, qui y fonda un monastère au VIe s. Patrie de Gay-Lussac. — Prise par les Calvinistes en 1575, mais bientôt reprise par ses habitants.

SAINT-LEU, ST-LEU-TAVERNY ou NAPOLÉON-ST-LEU, vge de Seine-et-Oise, à 6 kil. N. O. de Montmorency ; 1800 h. On y voyait avant 1830 un beau château, avec parc magnifique, qui appartint à la maison d’Orléans, puis au roi Louis Bonaparte, lequel après son abdication prit le nom de Comte de St-Leu, enfin au prince de Condé (depuis duc de Bourbon), qui le légua à Mme de Feuchères. Vendu par lots en 1842. L’église contient les restes de Louis Bonaparte, roi de Hollande, et ceux de Charles Bonaparte, chef de la famille.

SAINT-LEU-D’ESSERENT, vge du dép. de l’Oise, à 12 k. O. de Senlis ; 1200 h. Antique église, marquant la transition du style roman au gothique. Pierre à bâtir.

SAINT-LIZIER, ch.-l. de cant. (Ariége), sur le Salat, à 2 kil. N. O. de St-Girons ; 1165 h. Dépôt de mendicité. — Cette ville, appelée jadis Austria, fut la capit. des Consorrani. Elle eut longtemps des évêques, qui jusqu’au XIIe s. portèrent le nom d’évêques d’Austria : le plus célèbre fut S. Lizier (m. en 752).

SAINT-LÔ, Briodurum ou Briovera, puis S. Laudi fanum, ch.-l. d’arr. (Manche), sur la Vire, à 287 k. O. de Paris ; 9810 hab. Trib. de 1re inst. et de commerce, collége, école normale primaire, biblioth., musée. Chemin de fer, beau pont, belles places, église ogivale de Ne.-Dame, du XVe s., église romane de Ste-Croix, du XIe. Haras ; draps, serges, basins, coutils. Patrie du card. Duperron, de l’astronome Le Verrier. Cette ville porta d’abord le nom de Bourg-l’Abbé. Elle reçut son nom actuel en souvenir de S. Lô, évêque de Coutances au IVe s., qui y avait une église. Fortifiée par Charlemagne, elle fut rasée par Rollon, rétablie en 1096 par Henri, fils de Guillaume le Conquérant, prise par Philippe-Auguste en 1203, par les Anglais en 1346, et reprise par le connétable de Richemont en 1449. Elle eut encore beaucoup à souffrir pendant les guerres de Religion.

SAINT-LOUIS, village du dép. de la Moselle, cant. de Bitche, à 30 k. E. S. E. de Sarreguemines ; 800 h. Importante cristallerie, qui date de 1767 ; immenses ateliers et usines à vapeur. SAINT-LOUIS, Andar chez les indigènes, v. de Sénégambie, ch.-l. des établissements français au Sénégal et de l'arrond. de St-Louis, dans une île de même nom formée par le Sénégal, à 15 kil. de l'embouchure du fleuve ; 9862 hab. Résidence du gouverneur général, d'un préfet apostolique ; cour impériale, trib. civil et criminel. Entrepôt du commerce de la colonie : le commerce y consiste surtout en gommes et en arachides. Climat malsain.

SAINT-LOUIS, v. des États-Unis (Missouri), sur le Mississipi, à l'embouchure de l'Ohio, à 190 kil. O. de Jefferson, dans une situation admirable pour le commerce : 100 000 h., la plupart Français d'origine. Évêché catholique, cour suprême, université, dirigée par les Jésuites; école de médecine; musée et bibliothèque. Commerce considérable, chantiers de construction pour la marine à vapeur. Cette ville, fondée en 1764 par des Français, grandit chaque jour.

SAINT-LOUIS, riv. des États-Unis, se forme dans le territoire du Nord-Ouest, non loin des sources du Mississipi, coule au S., puis à l'E., et se jette dans le lac Supérieur, par la baie la plus occid., après un cours d'environ 220 k. C'est le commencement de cet immense cours d'eau qui, traversant les lacs Supérieur, Huron, Érié, Ontario, forme enfin le fleuve St-Laurent.

SAINT-LOUIS (le P. Pierre de), poëte, né en 1626 au Valréas (Vaucluse), m. en 1684, quitta le monde après avoir vu enlever par la petite-vérole une demoiselle qu'il aimait et qu'il allait épouser, entra dans un couvent de Carmes près de Marseille et composa en l'honneur de Ste Madeleine, patronne de la femme qu'il avait aimée, un poëme en 12 livres : la Magdaléïde ou Madeleine au désert de la Ste-Baume (en Provence), qui parut à Lyon en 1668. Il entreprit plus tard un autre poëme du même genre, l’Éliade, dont le héros était le prophète Élie, fondateur présumé de l'ordre des Carmes; ce second ouvrage n'a pas été imprimé. Ces deux poëmes sont des chefs-d'œuvre de ridicule; on y trouve les métaphores les plus burlesques, le style le plus ampoulé. Le P. de St-Louis était aussi un grand faiseur d'anagrammes.

SAINT-LOUIS (Ordre de). V. LOUIS (Ordre de ST-).

SAINT-LOUIS (Institut de). V. SAINT-CYR.

SAINT-LOUP, ch.-l. de cant. (Deux-Sèvres), à 17 kil. N. E. de Parthenay; 1547 h. Vins, laines, moutons. Ville bien située, au confluent du Thoué et du Cébron. Jadis on y voyait un superbe château, construit sous Louis XIII par le cardinal de Sourdis.

SAINT-LOUP-SUR-SÉMOUSE, ch.-l. de c. (Hte-Saône), sur la Sémouse, au pied des Vosges, à 29 kil. N. O. de Lure; 2533 h. Kirsch, chapeaux de paille.

SAINT-LUC (Franç. D'ESPINAY de), gentilhomme normand, avait été un des mignons de Henri III, qui le nomma gouverneur de la Saintonge. Tombé en disgrâce pour avoir révélé une intrigue amoureuse du roi, il suivit le duc d'Anjou dans les Pays-Bas. Rentré en France, il défendit Brouage en Saintonge contre les Calvinistes et fut pris à Coutras. Il servit depuis Henri IV, qui le fit grand maître de l'artillerie; il fut tué en 1597, devant Amiens. — Timoléon de St-Luc, son fils (1580-1644), hérita du gouvt de Brouage, suivit Sully dans son ambassade en Angleterre, se signala contre les Rochellois, fut vice-amiral, lieutenant général de Guyenne et maréchal de France.

SAINT-LUC (Académie de), école de peinture fondée à Rome au XVIe s. par le Muziano, et ainsi nommée en l'honneur de S. Luc, auquel on attribuait le talent de la peinture, fut réunie en 1676 à l'école de peinture fondée par Louis XIV.

SAINT-LYS, ch.-l. de c. (Hte-Garonne), à 16 kil. N. O. de Muret; 1533 h. Chanvre, lin, toile.

SAINT-MACAIRE, ch.-l. de cant. (Gironde), sur la r. dr. de la Garonne, à 16 k. O. de la Réole; 1381 h. Station. Vin rouge. Anc. villa gallo-romaine du nom de Ligena, puis abbaye de Bénédictins. La ville fut saccagée par les Calvinistes en 1562.

SAINT-MAIXENT, ch.-l. de cant. (Deux-Sèvres), à 23 kil. N. E. de Niort; 3927 hab. Ville murée; on y remarque 2 églises superposées. Serges, feutres vernis, etc. Commerce de blé, mulets; anc. dépôt d'étalons (supprimé en 1863). — Cette ville se forma autour d'une abbaye que S. Maixent gouvernait au Ve s. ; elle obtint une charte de commune en 1440. Au XVIe s., elle embrassa la Réforme avec ardeur.

SAINT-MALO, Alleco, puis Macloviopolis, ch.-l. d'arr. (Ille-et-Vilaine), à 70 kil. N. O. de Rennes; 10 886 hab. Trib. de 1re inst. et de commerce; collége, école de navigation. Cette ville est sur un rocher, dans la presqu'île d'Aron, qui est liée au continent par une digue superbe de 200m, dite le Sillon. Port grand, sûr, mais de difficile accès; le flux y atteint une des plus fortes hauteurs connues (15m au-dessus de la basse mer). Marine marchande très-développée; pêche de la morue, expéditions pour Terre-Neuve. Chantiers de construction, arsenal ; bains de mer. Entrepôt de denrées coloniales et de sel. Murailles; tours Qui-qu'en-grogne et Solidor; belles promenades, environs délicieux. Patrie de Jacques Cartier, de Duguay-Trouin, qui y a une statue, de La Bourdonnais, Maupertuis, Lamettrie, Surcouf, Châteaubriand, dont on voit le tombeau sur le rocher du Grand-Bé, Broussais, La Mennais. — Fondée au VIIIe s. par les habitants de Guich-Alet (Aletum), dont les ruines se voient encore au S. de St-Malo, cette ville fut ainsi nommée de son 1er évêque (Maclou). Elle fut bombardée par les Anglais en 1693, 1695 et 1758-1759. C'est à St-Malo que se forma la Compagnie française des Indes : cette ville était si prospère que les habitants offrirent en 1711 à Louis XIV 30 millions pour soutenir la guerre. On connaît la singulière patrouille que les Malouins faisaient faire autrefois autour de la ville par un certain nombre de dogues qu'on lâchait à l'entrée de chaque nuit.

SAINT-MALO-DE-LA-LANDE, ch.-l. de c. (Manche), à 10 kil. N. O. de Coutances: 459 hab.

SAINT-MAMERT, ch.-l. de c. (Gard), à 16 kil. N. de Nîmes; 624 hab. Eau-de-vie, serges.

SAINT-MAMET, ch.-l. de c. (Cantal), à 13 kil. S. O. d'Aurillac; 1975 hab. Beau château.

SAINT-MANDÉ, joli village du dép. de la Seine, (Seine), à 3 kil. E. S. E. de Paris, à l'entrée du bois de Vincennes; 2883 hab. Hôpital. Jardins maraîchers, fabr. de carton-pâte, couleurs, cuirs vernis, papiers peints, émaux. Nombreuses maisons de campagne.

SAINT-MARC (Ch. Hugues, LEFEBVRE de), littérateur, né à Paris en 1698, m. en 1769, servit d'abord comme sous-lieutenant, embrassa ensuite l'état ecclésiastique, et finit par se charger de quelques éducations particulières. On lui doit des éditions estimées, avec notes, des Mémoires de Feuquières, 1736; de la Médecine des pauvres, de Hecquet, 1745; de l’Hist. d'Angleterre, de Rapin-Thoyras, 1745-1749; des Œuvres de Boileau, 1747; de Pavillon, 1750; de Chaulieu, 1750; de Malherbe, 1757; des Poésies de Lalanne, Montplaisir, St-Pavin et Charleval, 1759, et un Abrégé chronologique de l'histoire d'Italie depuis la chute de l'empire d'Occident, 1761-70, 6 vol. in-8.

SAINT-MARC (le Lion de), lion ailé, symbole de la république de Venise, laquelle a S. Marc pour patron (on sait que ce saint est ordinairement représenté avec un lion). L'effigie de ce lion est placée sur une colonne au milieu de la place principale de Venise.

SAINT-MARCELLIN, ch.-l. d'arr. (Isère), à 50 kil. O. de Grenoble, sur l'Isère; 3295 hab. Trib., collége. Halle, belle place, fontaines d'eau vive, cours planté d'arbres, dehors charmants; 4 portes. Toile; commerce de vins et de soie écrue.

SAINT-MARIN (République de), petit État d'Italie. entre les prov. de Forli et d'Urbin-et-Pesaro, a 62 k. carrés de superficie et 8000 hab. ; ch.-l., St-Marin (à 225 kil. N. de Rome et à 85 k. E. N. E. de Florence, sur une mont. aride; 5000 hab.). La république est gouvernée par un sénat de 60 membres que président deux gonfaloniers, élus pour trois mois. — St-Marin doit son origine à un tailleur de pierre dalmate, nommé Marin, qui, au VIe s., se retira dans cet endroit pour se consacrer à la prière et y construisit un ermitage; un grand nombre de personnes, attirées par sa réputation de sainteté, vinrent s'établir aux environs, et leur nombre s'accrut bientôt au point de former une ville. L'indépendance des habitants fut respectée de tous, si ce n'est de César Borgia qui leur imposa un gouverneur, et d'Alberoni qui envahit leur territoire (1739); mais leur soumission ne fut jamais que passagère. Bonaparte, en 1797, leur proposa un agrandissement de territoire : ils le refusèrent. Sous l'Empire français, St-Marin resta nominalement indépendante; cependant elle fut enclavée dans le dép. du Métaure (appartenant au roy. d'Italie).

SAINT-MARS, gardien du Masque de fer. V. ce mot.

SAINT-MARS-LA-JAILLE, ch.-l. de c. (Loire-Inf.), à 18 kil. d'Ancenis; 1755 hab.

SAINT-MARTIN, une des petites Antilles, au N. O. de la Guadeloupe, a env. 80 kil. de tour et 6000 h. Depuis 1648 elle appartient en commun à la France et à la Hollande. La partie française, au N., comprend les deux tiers de l'île ; elle compte 2279 h. et a pour ch.-l., le Marigot. La partie hollandaise, au S., a env. 3680 hab.; ch.-l. Philisbourg. Le commerce consiste surtout en tabac, sucre, rhum et sel.

SAINT-MARTIN-D'AUXIGNY, ch.-l. de c. (Cher), à 16 k. N. de Bourges; 2717 h. Commerce de fruits.

SAINT-MARTIN-DE-LANTOSQUE, ch.-l. de c. (Alpes marit.), à 28 k. N. de Nice; 2084 h.

SAINT-MARTIN-DE-LONDRES, ch.-l. de c. (Hérault), à 23 kil. N. O. de Montpellier; 1047 h. Bas de soie.

SAINT-MARTIN-DE-RÉ, ch.-l. de c. (Charente-Inf.), dans l'île de Ré, à 20 k. N. O. de la Rochelle; 2160 h. Bon port, bonne citadelle. Commerce d'eau-de-vie; armements pour la pêche de la morue. La ville se forma autour d'un monastère fondé en 735 par Eudes d'Aquitaine. Vainement assiégée par les Anglais en 1628; fortifiée par Vauban en 1681.

SAINT-MARTIN-DE-SEIGNAUX, ch.-l. de c. (Landes), à 38 kil. S. O. de Dax; 2627 hab. Houille.

SAINT-MARTIN-D'URIAGE. V. URIAGE.

SAINT-MARTIN-DE-VALAMAS, ch.-l. de c. (Ardèche), à 45 k. S. O. de Tournon; 2047 hab. Houille.

SAINT-MARTIN-EN-BRESSE, ch.-l. de c. (Saône-et-Loire), à 17 k. E. de Châlon; 1691 h. Magnanerie.

SAINT-MARTIN-LE-BEAU, vge d'Indre-et-Loire, sur le Cher, à 9 kil. S. O. d'Amboise; 1350 hab. Acier. Charles-Martel y battit les Sarrasins.

SAINT-MARTIN (L. Claude de), dit le Philosophe inconnu, théosophe, né en 1743 à Amboise, d'une famille noble, m. en 1803, embrassa d'abord la profession des armes, se lia avec quelques mystiques pendant qu'il était en garnison à Bordeaux, quitta le service pour se livrer tout entier à ses nouvelles idées, s'attacha aux doctrines de Martinez Pasqualis et de Swedenborg, puis se créa un système à lui, qu'il appelait le Spiritualisme pur. Il se fixa à Paris, s'y vit recherché par les plus grands personnages et partagea son temps entre la propagation de ses doctrines et l'exercice de la bienfaisance. Ses principaux écrits, qui tous parurent sous le voile de l'anonyme, sont : Des erreurs et de la vérité (1775), Rapports entre Dieu, l'homme et l'univers (1782), l'Homme de désir (1780), le Nouvel homme (1796), la Ministère de l'Homme-Esprit (1802), des Nombres, ouvrage posthume, 1861. Il a en outre traduit plusieurs écrits de Bœhme. On a publié en 1807 ses Œuvres posthumes, et en 1862 sa Correspondance inédite. Le but constant de St-Martin est d'élever l'âme de la contemplation de l'homme et de la nature à leur principe commun, Dieu; malheureusement, la plupart de ses ouvrages sont écrits dans un style énigmatique qui les rend inintelligibles pour le vulgaire. On doit à M. Caro un Essai sur la Vie et la doctrine de St-Martin, 1852, et à M. Matter : St-Martin, sa Vie et ses écrits, 1862.

SAINT-MARTIN (J. Ant.), orientaliste, né à Paris en 1791, m. en 1832, publia dès 1818 des Mémoires sur l'Arménie, qui le firent admettre à l'Académie des inscriptions en 1820, et fut nommé bibliothécaire de l'Arsenal et inspecteur de la typographie orientale à l'imprimerie royale. En 1822, il fut chargé de la rédaction du journal mensuel de la Société asiatique, société qu'il avait contribué à fonder. Ardent royaliste, il se mit en 1827 à la tête d'un journal quotidien, l’Universel, rédigé dans un sens absolutiste. La révolution de 1830 lui fit perdre ses places et ses pensions. Outre ses Mémoires sur l'Arménie, on a de lui des Recherches sur l'époque de la mort d'Alexandre et la Chronologie des Ptolémées, l’Histoire des Arsacides, un Choix des Fables de Vartan, une Hist. de Palmyre; de nombreuses notes sur les 12 premiers volumes d'une nouvelle édition de l’Histoire du Bas-Empire de Lebeau, et beaucoup de savants articles dans la Biographie universelle de Michaud. Lajard a publié ses Œuvr. posthumes, 1847.

SAINT-MARTORY, ch.-l. de cant. (Haute-Garonne), à 17 kil. N. E. de St-Gaudens, sur la Garonne; 1166 h. Draps communs.

SAINT-MATTHIEU, ch.-l. de cant. (Hte-Vienne), à 12 kil. S. O. de Rochechouart; 2280 hab. Forges.

SAINT-MATTHIEU, île de l'Océan Atlantique, par 6° 10' long. O., 1° 25' lat. N., à 800 kil. du cap des Palmes en Afrique. Anc. établissement portugais.

SAINT-MAUR ou SAINT-MAUR-LES-FOSSÉS, village du dép. de la Seine, sur la r. dr. de la Marne, à 8 k. E. de Paris ; 3944 h. Pont de pierre. La partie voisine du pont forme depuis 1792 une commune à part, nommée d'abord la Branche-du-Pont, puis Joinville-le-Pont. Beau canal, en partie souterrain, qui abrége la navigation de la Marne. Culture de la betterave et du mûrier; grands moulins a vapeur; clouterie, fonderie, scierie mécanique. — Ce lieu était à la fin du IIIe s. un camp retranché des Bagaudes, d'où son nom de Fossés. Une abbaye de Bénédictins y fut fondée en 638 sous le nom de St-Pierre; elle prit celui de St-Maur au XIIe s. quand on y eut transféré les reliques de ce saint. C'est là qu'eurent lieu en 1465 les conférences qui complétèrent le traité de Conflans, signé entre Louis XI et les princes ligués dans la guerre du Bien public. Charles IX y rendit en 1569 un édit qui défendait l'exercice du culte réformé. Le château de St-Maur, ancien domaine de Catherine de Médicis, était la résidence de M. le Duc, petit-fils du grand Condé.

SAINT-MAURICE, Agaunum, v. de Suisse (Valais), sur le Rhône, à 26 k. O. de Sion ; 1200 hab. Beau pont d'une seule arche de 22m. Tout près, défilé très-étroit qui ferme le Valais.

SAINT-MAURICE (Seine), vge voisin de Charenton, où se trouve la maison d'aliénés dite de Charenton.

SAINT-MAXIMIN, ch.-l. de cant. (Var), à 16 kil. N. O. de Brignoles, près de la source de l'Argens; 3562 h. Église gothique, bâtie par Charles II, comte de Provence; reliques de Ste Madeleine. Anc. couvent de Dominicains.

SAINT-MÉEN, ch.-l.de cant. (Ille-et-Vilaine), à 20 kil. O. N. O. de Montfort; 2057 h. Anc. abbaye. Duguesclin battit en ce lieu un parti d'Anglais.

SAINT-MICHEL, San-Miguel en portugais, la plus grande des îles Açores, par 27° 42' long. O., 37° 48' lat. N., a 70 kil. sur 20 et 80 000 hab.; ch.-l., Ponta-Delgada. Sol volcanique, très-fertile, mais peu cultivé (grains, vin, fruits, etc.). Velho de Cabral prit cette île en 1444, au nom du Portugal.

SAINT-MICHEL, gouvt de la Russie d'Europe (Finlande), entre ceux de Kuopio et de Wasa au N., de Tawastehus et de Nyland à l'O., de Nyland au S. et de Viborg à l'E.; 135 000 hab.; ch.-l. Heinola. Il est arrosé par la Kymmène, d'où il tirait son ancien nom de Kymmenegaard.

SAINT-MICHEL, ch.-l. de c. (Savoie), sur la route de St-Jean de Maurienne, à 9 k. E. S. E. de cette ville; 1831 h. Grosse tour. Taillanderie.

SAINT-MICHEL (MONT-). V. MONT-SAINT-MICHEL.

SAINT-MICHEL-EN-L'HERM, petit port du dép. de la Vendée, dans le golfe d'Aiguillon, à 40 kil. O. de Fontenay; 3139 h. Grains. SAINT-MICHEL-EN-THIÉRACHE, bg de l'Aisne, du dép. à l'entrée d'une forêt de même nom, à 20 kil. N. E. de Vervins ; 3277 h. Brasseries, briqueteries, filatures de laine et de coton, laminoir pour fer.

SAINT-MICHEL (Ordre de). V. MICHEL (s.).

SAINT-MIHIEL, S. Michaelis fanum, ch.-l. de c. (Meuse), à 15 kil. N. de Commercy, sur la r. dr. de la Meuse ; 5467 hab. Trib. de 1re inst. et siége de la cour d'assises ; collége, bibliothèque. Dans l'église St-Étienne, beau groupe du St Sépulcre ou du Christ au tombeau, d'un seul bloc, chef-d'œuvre de Ligier Richier. Draps, cotonnades, dentelles ; huiles, truites. — Cette ville se forma autour d'une anc. abbaye de St-Michel. Jadis forte, prise en 1635 sur le duc de Lorraine par Louis XIII, qui faillit y être tué et qui la démantela. Près de là, anc. camp de César.

SAINT-MIKLOS, bg de Hongrie, ch.-l. du comitat de Liptau, sur la r. dr. de la Waag ; 4000 h.

SAINT-NAZAIRE, ch.-l. de c. (Loire-Inf.), à l'entrée de la Loire dans l'Océan, à 21 kil. S. O. de Savenay ; 10 845 h. Port qui a pris récemment de l'importance. Beaux bassins, creusés de 1845 à 1857.

SAINT-NECTAIRE, vulgairement Senneterre ou Senecterre, v. du Puy-de-Dôme, à 25 k. N. O. d'Issoire ; 1400 hab. Source incrustante, bains thermaux ; bons fromages. Ce lieu a donné son nom à une illustre maison, qui s'unit en 1522 à celle de la Ferté-Nabert.

SAINT-NECTAIRE (H., duc de). V. LA FERTÉ.

SAINT-NICOLAS, une des îles du Cap Vert, par 26° 50' long. O., 16° 38' lat. N., a 65 kil. sur 20 et 6000 hab. ; ch.-l., St-Nicolas. Baies et anses peu sûres ; sol fertile : vin, sucre, maïs, bananes, dattes.

SAINT-NICOLAS, v. de Belgique (Flandre orient.), ch.-l. d'arr., à 35 kil. E. N. E. de Gand ; 22 000 hab. Lainages, tissus de coton, brasseries, vinaigreries, fabriques de carton, de cartes, etc. Marché considérable de grains, chanvre, fil et bestiaux.

SAINT-NICOLAS-DE-LA-GRAVE, ch.-l. de c. (Tarn-et-Garonne), à 8 kil. N. O. de Castel-Sarrasin; 2984 hab. Briqueteries, quincailleries ; melons estimés.

SAINT-NICOLAS-DE-REDON, ch.-l. de c. (Loire-Inf.), à 32 kil. N. de Savenay ; 1919 hab.

SAINT-NICOLAS-DU-PELEM, ch.-I. de c. (Côtes-du-Nord), à 38 kil. S. de Guingamp ; 2748 hab.

SAINT-NICOLAS-DU-PORT, ch.-l. de c. (Meurthe-et-Moselle, sur la Meurthe, à 13 k. S. E. de Nancy ; 3904 h. Église gothique. Filatures ce coton, broderies.

SAINT-NON (J. Claude Richard, abbé de), célèbre amateur, né à Paris en 1727, m. en 1791, était conseiller-clerc au parlement de Paris. Disgracié avec ses collègues à propos de la bulle Unigenitus, il donna sa démission, et alla voyager en Italie avec Robert et Fragonard. Il dessina et grava les principales Vues de Rome et les publia en 60 planches. Encouragé par le succès, il fit un nouveau voyage, et publia à son retour son beau Voyage pittoresque de Naples et de Sicile, 1781, 5 vol. in-fol., avec 417 pl., dont une 2e édition augmentée a été donnée en 1828 par Charrin.

SAINT-OFFICE. V. INQUISITION.

SAINT-OMER, Audomari fanum, ch.-l. d'arr.(Pas-de-Calais), partie sur l'Aa, partie sur le Mont-Sithiu et sur le chemin de fer d'Hazebrouk à Calais, à 64 k. N. N. O. d'Arras, à 241 k. N. E. de Paris par la route, à 330 par le chemin de fer ; 22 011 hab. Place de guerre de 2e classe et fortifications importantes ; siége d'une direction d'artillerie ; cour d'assises ; trib. de 1re inst. et de commerce, lycée, bibliothèque, musée. Archevêché. Belle cathédrale gothique du XIVe s., contenant un remarquable buffet d'orgues, le tombeau de S. Orner par Girardon, et une statue colossale, dite le grand Dieu de Thérouanne ; nombreux canaux. Fabr. de lainages, papier, cuirs, broderies, chapeaux ; brasseries, distilleries, huileries, raffineries de sel, amidonneries, sucre indigène ; grande manuf. de pipes en terre. Commerce de grains, vins, huiles, eaux-de-vie, houille, etc. Patrie de l'abbé Suger. — St-Omer doit son origine au couvent de Sithiu (appelé depuis abbaye de St-Bertin, du nom de son 2e abbé). Fondée vers 648 par S. Omer, la ville ne prit d'importance qu'au Xe s., époque de laquelle date son nom moderne. Elle reçut une charte de commune en 1127. Elle a été souvent assiégée et prise (par Louis XI en 1477, par les Impériaux en 1489, par Louis XIV en 1687). Un évêché y fut érigé en 1650. Cette ville possédait jadis un célèbre collége de Jésuites anglais, où les familles catholiques de la Grande-Bretagne envoyaient leurs enfants.

SAINT-OUEN, S. Audoeni fanum, vge du dép. de la Seine, sur la r. dr. de la Seine, entre Paris et St-Denis, ainsi nommé du saint qui y mourut ; 3294 h. Anc. château royal, où Louis XVIII donna, le 2 mai 1814, la Déclaration dite de Saint-Ouen, qui posa les bases de la Charte. Ce château fut peu après démoli et remplacé par un pavillon d'un goût moderne, bâti par Louis XVIII pour Mme Du Cayla; après la mort de cette dame, ce domaine échut à la ville de Paris. Glacière ; fabrique de châles, d'encre, de caoutchouc, de savon ; teinturerie, impression sur tissus, construction de machines ; bergeries. Commerce de légumes, porcs et bestiaux. — A l'O. est la gare St-Ouen, vaste bassin alimenté par des puits artésiens, et qui communique avec la Seine ; on y voit aussi une machine à vapeur, de la force de 40 chevaux, qui conduit l'eau de la Seine à Montmartre.

SAINT-OUEN-L'AUMÔNE, vge de Seine-et-Oise, sur la r. g. de l'Oise, à 4 kil. S. de Pontoise ; 2022 hab. Beau château. Tannerie, corroierie, hongroirie ; fabrique de sucre indigène.

Pour l'église St-Ouen, V. ROUEN.

SAINT-PALAIS, Fanum S. Palatii, ch.-l. de c. (B.-Pyrénées), sur la Bidouze, à 24 k. N. O. de Mauléon ; 1445 hab. Tannerie, quincaillerie.

SAINT-PAPOUL, Fanum S. Papuli, vge du dép. de l'Aude, à 7 kil. E. de Castelnaudary ; 1579 hab. Commerce de blé. Anc. abbaye, fondée au IXe s., anc. évêché, suffragant de Toulouse.

SAINT-PARDOUX, ch.-l. de cant. (Dordogne), sur la Dronne, à 8 kil. S. E. de Nontron ; 1650 hab.

SAINT-PATER, ch.-l. de cant. (Sarthe), à 24 kil. N. O. de Mamers ; 578 hab.

SAINT-PAUL, v. du Brésil, ch.-l. de la prov. de St-Paul, à 312 kil. O. de Rio-Janeiro, sur un plateau fort élevé au-dessus de la mer; 22 000 h. Évêché, université, école de droit. Trois ports, cathédrale, palais épiscopal, palais du gouvernement, cirque pour les combats de taureaux. La ville fut fondée en 1552 par une colonie d'Indiens dirigée par des Jésuites portugais. — La prov. de St-P., entre celles de Goyaz et de Mato-Grosso au N., de Minas Géraès et de Rio-Janeiro au N. E., la mer à l'E. et la prov. de Rio-Grande au S., a 1100 kil. sur 700 et 500 000 hab. Climat salubre, sol fertile : culture du thé, de la canne à sucre, du café, du riz, du manioc, du tabac ; élève de chevaux, bœufs et porcs ; mines de diamant, rubis, or, argent et fer.

SAINT-PAUL, v. de l'île de la Réunion, ch.-l. de l'arr. Sous-le-Vent, sur la côte O., à 28 kil. S. O. de St-Denis; 17 000 hab. Belle rade. Patrie de Parny.

SAINT-PAUL, ch.-l. de cant. (B.-Alpes), près de l'Ubaye, à 18 k. N. E. de Barcelonette ; 1512 h. Marbre.

SAINT-PAUL-CAP-DE-JOUX, ch.-l. de c. (Tarn), sur l'Agout, à 13 kil. S. E. de Lavaur ; 1195 h. Patrie du médecin philanthrope Pinel.

SAINT-PAUL-DE-FENOUILHET, ch.-l. de c. (Pyrénées-Or.), à 40 kil. N. O. de Perpignan ; 2186 hab. Eau minérale ; fabrication d'objets en buis; eau-de-vie.

SAINT-PAUL-EN-JARREST, bg du dép. de la Loire, sur le Couzon, à 7 k. N. E. de Saint-Chamond; 3111 h. Grains, vins, houille ; moulins à soie.

SAINT-PAUL-TROIS-CHÂTEAUX, v. du dép. de la Drôme, à 7 k. de Pierrelatte, sur une colline ; 2516 h. Anc. évêché. Ville fort ancienne. Restes de 3 châteaux, qui lui ont valu son nom. — On y place Augusta Tricastinorum, que d'autres voient dans Aoust.

SAINT-PAUL-DE-LOANDA. V. SAN-PAOLO.

SAINT-PAULIEN, Revessio, ch.-l. de c. (H.-Loire) à 11 kil. N. O. du Puy ; 2932 h. Anc. évêché. La ville, qui était jadis le ch.-l. des Vellavi, tire son nom actuel de son 6e évêque. Antiquités romaines.

SAINT-PAVIN (Denis sanguin de), poëte aimable, né à Paris vers 1600, m. en 1670, était fils d’un président au parlement. Entré dans l’état ecclésiastique sans avoir aucune vocation, il obtint l’abbaye de Livry et s’y retira pour s’y livrer sans contrainte à son goût pour le plaisir et pour les lettres. Après avoir affiché une incrédulité scandaleuse, il finit par se convertir. On a de lui des poésies, licencieuses pour la plupart (sonnets, épigrammes, épîtres et rondeaux). Elles ont été imprimées dans le Recueil des plus belles pièces des poëtes français, de Barbin, 1692, rééditées par St-Marc en 1759, avec celles de Charleval, et de nos jours par M. Paulin Paris. Boileau raille souvent St-Pavin sur son incrédulité : il le désigne dans une de ses épigrammes sous le nom d’Alidor.

SAINT-PÉ, ch.-l. de c. (Htes-Pyrénées), sur le gave de Pau, à 22 kil. N. O. d’Argelès ; 2765 hab. Petit séminaire. Mouchoirs, outils aratoires, clous, peignes, etc. Un monastère bénédictin, dédié à S. Pierre, y ayant été fondé en 1020 par un duc de Gascogne, la ville, appelée jusqu’alors St-Hilaire de Lassun, prit le nom de St-Pierre, et, par syncope, St-Pé.

SAINT-PÉRAY, ch.-l. de cant. (Ardèche), au pied des Cévennes, à 20 kil. S. de Tournon ; 2680 hab. Très-bon vin blanc mousseux. Aux env., ruines du château de Beauregard, anc. prison d’État, et du château de Crussol, berceau des ducs d’Uzès.

SAINT-PÈRE-EN-RETZ, ch.-l. de c. (Loire-Inf.), à 10 kil. S. de Paimbœuf ; 3086 h.

SAINT-PÉTERSBOURG, Petropolis en latin moderne, capitale de l’empire russe, sur la Neva, près de son embouch. dans le golfe de Finlande, par 59° 56’ lat. N. et 27° 58’ long. E., à 3000 kil. N. E. de Paris (par Bruxelles et Berlin) ; env. 545 000 hab. Résidence habituelle de l’empereur, du Sénat et de toutes les administrations centrales : archevêché grec. Port vaste, mais peu profond ; quelques fortifications ; plusieurs chemins de fer, dont le principal relie St-Pétersbourg à Moscou. La ville est remarquable par la largeur et la régularité de ses rues, la beauté de ses édifices, la longueur et la magnificence de ses quais, le nombre de ses canaux ; la Néva la partage en 5 parties (île de St-Pétersbourg, île de Vasili-Ostrov, quartiers de l’Amirauté, de la Fonderie, de Viborg). On y compte environ 130 ponts, 500 rues, un grand nombre de belles places (celles du Palais d’hiver, de l’Amirauté, ornée de la colonne d’Alexandre, d’Isaac, de Pierre le Grand, ornée d’une statue équestre de ce prince, du Sénat, du Théâtre, du Premier corps des Cadets, la Nouvelle place, le Champ de Mars ou Pré de la Czarine). On remarque : parmi les églises la cathédrale ou Notre-Dame de Kazan (imitation de St-Pierre de Rome et du Panthéon de Paris), la basilique de St-Isaac (terminée en 1841), les églises de St-Pierre-et-St-Paul, sépulture des souverains depuis Pierre I, de St-Nicolas, de St-Siméon, de la Transfiguration, de St-Alexandre Nevski (aux portes de la ville); parmi les autres édifices, le Palais d’hiver, l’Ermitage (qu’une galerie lie au précédent), les palais d’Anitchkov, de la Tauride, du grand-duc Michel; l’Académie des beaux-arts (le plus beau monument de St-Pétersbourg), l’Académie des sciences, l’Amirauté, la Bourse, la Banque des assignats, l’Hôtel de Ville, l’État-major, la bibliothèque impériale, le monument d’Alexandre, le Gostinoï-Dvor (grand bazar à deux étages), les manèges, les casernes, le nouvel Arsenal, le corps des mines, le couvent Smolnoï, l’institut de Ste-Catherine, l’hôpital des Pauvres Malades, la maison des Enfants-Trouvés, les Orphelins-Militaires. St-Pétersbourg possède quatre Académies (beaux-arts, sciences, médecine, et chirurgie, Académie russe), et plusieurs autres sociétés savantes ; une université (depuis 1819), et un grand nombre d’établissements spéciaux : institut pédagogique central, école de l’Académie de médecine et chirurgie, haute école d’état-major, écoles pour les Cadets de terre, pour les Cadets de la marine, écoles d’artillerie, des mines, des beaux-arts, académie ecclésiastique, institut des ingénieurs, institut technologique, école d’agriculture, école vétérinaire, école de marine marchands, établissement oriental ; plusieurs grandes bibliothèques, observatoire, cabinet d’histoire naturelle de l’Académie des sciences, galerie impériale de tableaux (l’Ermitage), musée de sculpture et d’architecture de l’Académie des beaux-arts, musée asiatique de l’Académie des sciences, médailler de l’Ermitage, collection minéralogique, collection de modèles, machines et ornements (à l’Amirauté), collection d’armes anciennes et modernes (à l’ancien arsenal), jardin botanique, avec des serres superbes. Plusieurs théâtres : le Grand-Théâtre, pour l’opéra italien et les ballets ; le théâtre Alexandra (théâtre national), où sont représentés des ouvrages russes ; le théâtre Michel, consacré à la représentation des pièces françaises ; le théâtre du Cirque, pour l’opéra russe et la comédie allemande. Il y a trois promenades publiques : à l’extrémité O. de la ville, au bord de la Néva, le Jardin d’été, et à l’extrémité N. O., deux îles appelées Kammennoï et Yelaguine. L’industrie, longtemps négligée, commence à se développer : on remarque les fabriques d’instruments de chirurgie, de tapis, de porcelaine, la verrerie impériale, la fonderie de canons, des manuf. de cotons, soieries, toile à voiles, cuirs, lainages, papier, tabac, savons, bijoux, horlogerie, instruments de précision. Le commerce a une grande importance : il consiste surtout, pour l’importation en denrées coloniales, meubles, objets de toilette et luxe, métaux travaillés, vins et liqueurs, huiles ; pour l’exportation, en cuivre, fer, suif, grains, potasse, chanvre, lin, goudron, peaux, crins, bois de construction. Le climat de St-Pétersbourg est très-froid : la moyenne de la température en hiver est de 10° au-dessous de 0 : Catherine put y faire élever un palais de glace qui dura jusqu’au mois de mai ; l’été arrive subitement : la moyenne de la température est alors de 16° au-dessus de 0. La ville est très-sujette aux inondations (celles de 1726, 1777 et surtout de 1824 furent terribles). — St-Pétersbourg fut fondée en 1703, sur l’emplacement d’Ivangorod, par Pierre le Grand, qui lui donna le nom de son patron : elle fut dès lors déclarée capitale de l’empire à la place de Moscou. Le choix de cette capitale a contribué pour beaucoup à faire de la Russie un empire maritime et européen.

saint-pétersbourg (Gouvt de), gouvt de la Russie d’Europe, formé de l’anc. Ingrie, est situé sur la Baltique et a pour bornes au S. O. le gouvt de Revel, au N. O. le grand-duché de Finlande, au S. le gouvt de Pskov, à l’E. celui de Novogorod. Il a 410 kil. sur 296 et plus d’un million d’habitants.

SAINT-PHILBERT-DE-GRANDLIEU, ch.-l. de c. (Loire-Inf.), à 22 kil. S. O. de Nantes, près du lac Grand-Lieu ; 3672 hab.

SAINT-PHILIPPE. V. fogo et san-felipe.

SAINT-PIERRE, v. et port de la Martinique, ch.-l. de l’arrond. de son nom, sur la côte O., à 30 k. N. O. du Fort de France ; 30 000 h. Résidence de l’évêque de la Martinique, trib. de 1re Inst., cour d’assises, collége, jardin botanique. Baie demi-circulaire qui forme une rade. Peu d’industrie, mais beaucoup de commerce. Cette ville a été fondée en 1635.

SAINT-PIERRE, v. de l’île de la Réunion, sur la côte S. O., à 45 k. S. E. de St-Paul ; 15 000 h. Port artificiel, formé par 2 jetées construites en 1862-63. Trib. de 1re instance. Commerce de blé.

SAINT-PIERRE, petite île de l’Océan Atlantique, à l’entrée du golfe St-Laurent, au S. et près de Terre-Neuve, forme, avec les deux petites îles de Miquelon, une colonie française soumise à un seul commandant. Elle a 26 k. de tour et 1570 hab. permanents (4000 pendant la saison de la pêche). Elle renferme une ville de St-Pierre ; 800 hab. Peu fertile, mais précieuse comme station pour la pêche de la morue. — Cette île est à la France depuis 1763 ; mais les Anglais l'ont occupée à diverses reprises (de 1778 à 1783, de 1793 à 1801, et de 1804 à 1816).

SAINT-PIERRE-D'ALBIGNY, ch.-l. de c. (Savoie), à 20 k. E. S. E. de Chambéry; 3142 h. Station. Chaux hydraulique, briques; tulle de coton.

SAINT-PIERRE-DE-CHIGNAC, ch.-l. de c. (Dordogne), à 12 kil. S. E. de Périgueux; 896 hab.

SAINT-PIERRE-D'OLÉRON, ch.-l. de c. (Charente-Inf.) au centre de l'île d'Oléron, à 23 kil. N. O. de Marennes; 4981 h. Vins, eau-de-vie, sel.

SAINT-PIERRE-ÉGLISE, ch.-l. de c. (Manche), à 16 kil. N. E. de Cherbourg; 2265 hab. Toiles, fil, lin, tanneries, mégisseries.

SAINT-PIERRE-LE-MOUTIER, ch.-l. de c. (Nièvre), près d'un grand étang, à 25 kil. N. de Nevers; 2989 hab. Aux env., sable excellent pour fabriquer la faïence. Anc. monastère de Bénédictins, d'où, par corruption, le nom de Moutier; belle église du XIIe s. Jeanne d'Arc enleva cette ville aux Anglais en 1430.

SAINT-PIERRE-LE-PORT, ch.-l. de l'île Guernesey, sur la côte S. E; 13 900 hab. Deux châteaux forts.

SAINT-PIERRE-LES-CALAIS, bourg du Pas-de-Calais, attenant à Calais, dont il n'est séparé que par les fortifications, sur le canal de Calais; 15 008 h. Filatures de lin, tulles, dentelles, faïence, sucre de betteraves, chapeaux; raffineries de sel, brasseries, distilleries, tuileries.

SAINT-PIERRE-SUR-DIVES, ch.-l. de c. (Calvados), à 25 kil. S. O. de Lisieux; 1950 h. Dentelle, bonneterie.

SAINT-PIERRE (Eustache de), bourgeois de Calais, fut, au rapport du chroniqueur Froissait, un de ceux qui se dévouèrent pour le salut de leurs compatriotes, lorsque Calais fut pris par le roi d'Angleterre Édouard III (1347), et que ce prince, irrité d'une longue résistance, exigea que six notables de la ville vinssent, pieds nus et la corde au cou, se mettre à sa discrétion. Ils ne durent leur salut qu'aux prières de la reine Philippine de Hainaut. Ces faits, contestés par quelques historiens modernes, notamment par Bréquigny, ont été mis hors de doute par M. Aug. Lebeau dans sa Dissertation sur le siége de Calais. Il paraît du reste qu'Eustache fut bien accueilli, qu'il devint sujet fidèle des Anglais et fut comblé de faveurs par Édouard. Il mourut en 1371.

SAINT-PIERRE (Ch. CASTEL de), dit l’abbé de St-Pierre, publiciste et philanthrope, né en 1658 au château de St-Pierre près de Barfleur, m. en 1743, était fils du gouverneur de Valogne et parent de Villars. Il devint en 1702 aumônier de la duchesse d'Orléans, suivit le cardinal de Polignac au congrès d'Utrecht (1712), où il s'initia à la politique, puis se mit à écrire sur des objets d'utilité publique. Il avait été reçu à l'Académie française dès 1695, mais il en fut exclu en 1718 pour avoir jugé avec trop de liberté le gouvernement de Louis XIV. Il passa toute sa vie à faire des projets de réforme, et essaya en vain de les faire adopter par les ministres : le cardinal Dubois appelait ces projets les rêves d'un honnête homme. Du reste il pratiqua constamment la bienfaisance; c'est même à lui qu'on doit le mot. Ses principaux ouvrages sont : le Projet de paix perpétuelle, Utrecht, 1713 (il voulait former un tribunal suprême des nations) ; Discours sur la polysynodie (c.-à-d. sur la pluralité des conseils qui devaient être attachés à chaque ministère), 1718 ; des Mémoires sur l’Académie française, sur les Duels, sur les Pauvres mendiants, sur un projet de tailles tarifées, sur le perfectionnement de l'éducation, et même sur la réforme de l’orthographe; un Traité du célibat des prêtres; des Annales politiques. Le recueil en a paru sous le titre d’Ouvrages de politique et de morale, 18 v. in-12, 1738-41. J. J. Rousseau en a donné des extraits. On doit à M. Goumy et à M. Molinari d'intéressantes Études sur l'abbé de St-Pierre.

SAINT-PIERRE (Bernardin de), célèbre écrivain, né au Havre en 1737, m. en 1814, d'une famille qui prétendait descendre d'Eustache de St-Pierre. Il eut une enfance fort romanesque, voulut se faire marin, puis missionnaire; entra en 1757 à l'école des ponts et chaussées, obtint en 1760 un brevet d'officier ingénieur, fit quelques campagnes, perdit son grade pour insubordination, vint à Paris où il vécut dans la gêne, donnant des leçons de mathématiques, puis passa en Hollande et de là en Russie, où il fut employé dans le génie, et où il tenta vainement de faire exécuter ses projets philanthropiques; quitta la Russie pour aller en Pologne défendre la cause de l'indépendance et inspira une vive passion à une princesse polonaise; revint en France en 1766, fut envoyé comme ingénieur à l'Ile de France, où il séjourna trois ans, et, après son retour, se consacra aux lettres. Il vécut dans la retraite et se lia étroitement avec J. J. Rousseau (1772), dont il adopta les doctrines, et qu'il tâcha d'imiter dans ses écrits. Il publia d'abord (1773) un Voyage à l'Ile de France, qui eut quelque succès ; les Études de la nature, où il montrait l'action de la Providence sur toute la nature, et qui parurent en 1784, lui firent prendre rang parmi nos grands écrivains; il mit le sceau à sa réputation en donnant Paul et Virginie (1788), conception neuve, des plus pures et des plus touchantes. Il fit paraître ensuite, les Vœux d'un solitaire (1789), où il saluait l'aurore de la Révolution et proposait ses vues, la Chaumière indienne (1791), charmant conte moral, enfin les Harmonies de la nature (1796), qui complètent les Études, mais où l'on regrette que le savant ne soit pas à la hauteur du moraliste. Louis XVI l'avait nommé en 1792 intendant du Jardin des Plantes; il fut chargé en 1794 de faire le cours de morale aux Écoles normales, mais il y eut peu de succès. Il entra en 1795 à l'Institut, et fut richement pensionné sous l'Empire. B. de St-Pierre est peut-être l’écrivain qui a le mieux peint la nature ; il a su aussi dans ses écrits faire aimer la vertu; cependant son caractère personnel et sa conduite étaient loin d'être irréprochables. Son style tient à la fois de celui de Fénelon et de celui de J. J. Rousseau, quoiqu'il n'ait la perfection ni de l'un ni de l'autre. Aimé Martin, qui avait épousé sa veuve et adopté sa fille Virginie, a donné une édition de ses Œuvres complètes, 12 vol. in-8o, 1818-1820, avec notice sur sa vie; on y trouve, outre les ouvrages déjà cités, l’Arcadie, espèce d utopie politique et morale, qu'il n'a pas achevée; des Récits de voyages, et un intéressant Essai sur J.J. Rousseau. Sa Correspondance a paru en 1826, 4 vol. in-8. On doit à M. Patin et à M. Prévost-Paradol d'éloquents Éloges de Bernardin de St-Pierre.

SAINT-PIERREVILLE, ch.-l. de c. (Ardèche), à 23 kil. N. O. de Privas ; 1851 h. Moulins à soie.

SAINT-POELTEN (pour St-Hippolyte), v. d'Autriche (Basse-Autriche), sur la Traisen, à 55 kil. O. de Vienne; 5000 hab. Évêché. Cotonnades, imprimerie sur toiles, poterie de grés, glaces; papiers.

SAINT-POIS, ch.-l. de c. (Manche), à 14k. N. O. de Mortain; 840 hab. Fabriques de soufflets.

SAINT-POL ou ST-POL-EN-TERNOIS, ch.-l. d'arr. (Pas-de-Calais), sur la Ternoise, près de sa source, à 33 k. N. O. d'Arras; 3440 h. Trib., collége. Eaux minérales. Bains, laine, huile, tabac. Patrie de Bâcler d'Albe. — St-Pol fut érigé dès 918 en un comté qui appartint successivement aux comtes de Boulogne, aux comtes de Ponthieu, à une branche de la maison de Luxembourg (1360), et aux Bourbon-Vendôme (1487). Cette place fut prise en 1537 par les Français, puis par les Impériaux, et cédée à la France en 1659, par le traité des Pyrénées.

SAINT-POL-DE-LÉON, Civitas Osismiensis, Leonensis pagus au moyen âge? ch.-l. de c. (Finistère), à 24 kil. N. O. de Morlaix, près de l'Océan; 6804 hab. Petit port, beau clocher. Chanvre, lin, fil, toile; bestiaux, etc. Anc. baronnie, anc. évêché, créé au VIe s., supprimé en 1790. La ville doit son nom à S. Paul ou Pol, son 1er évêque, m. en 570. SAINT-POL (Waleran de LUXEMBOURG-LIGNY, comte de), d’une branche cadette de la maison de Luxembourg, né en 1355, entra d’abord au service du roi de France Charles V, fut fait prisonnier par les Anglais, se fit aimer pendant sa captivité d’une sœur du roi Richard II, Mathilde de Courtenay, et l’épousa. Charles VI le nomma ambassadeur en Angleterre, où il négocia la paix de 1396, puis gouverneur de Gênes (1397). Pendant la démence du roi, il prit parti pour le duc de Bourgogne, devint gouverneur de Paris (1410), et fut fait connétable en 1412. Il établit à Paris l’horrible milice dite des Écorcheurs, et remporta quelques avantages sur les Armagnacs, mais il se vit contraint de s’éloigner en 1413, avec les Bourguignons, et mourut en 1415. — Son neveu, Jean, comte de Luxembourg-Ligny, se montra également très-attaché aux ducs de Bourgogne et aux Anglais, gouverna Paris au nom du roi anglais Henri V de 1418 à 1420, fit Jeanne d’Arc prisonnière à Compiègne, 1430, et la livra aux Anglais moyennant 10 000 livres. Il refusa de signer le traité d’Arras (1435), qui, en réconciliant le duc de Bourgogne avec le roi, mettait fin à la guerre civile. Il allait être attaqué par Charles VII quand il mourut, 1440.

SAINT-POL (Louis de LUXEMBOURG, comte de), neveu du préc., né en 1418, s’attacha d’abord au Dauphin (depuis Louis XI), puis passa du côté du duc de Bourgogne, entra dans la Ligue du bien public, et fit la guerre à Louis XI, devenu roi. Ce prince, pour le ramener, le nomma connétable (1465), et lui fit épouser Louise de Savoie, sœur de la reine ; malgré cette faveur, St-Pol entretint à la fois des intelligences avec le duc de Bourgogne et avec les Anglais. Le roi, ayant eu connaissance de sa correspondance, se le fit livrer par le duc de Bourgogne, à la cour duquel ce traître s’était réfugié, et le fit juger. Il fut condamné à mort par le parlement, et eut la tête tranchée en 1475.

SAINT-PONS-DE-TOMMIÈRES, ch.-l. d’arr. (Hérault), sur le Jaur, à 126 kil. S. O. de Montpellier ; 6497 h. Trib., collége, petit séminaire. Église en marbre. Draps pour le Levant ; filature de laine. Anc. abbaye de l’ordre de St-Benoît fondée en 936 ; anc. évêché, depuis 1318 jusqu’en 1611.

SAINT-PORCHAIRE, ch.-l. de c. (Charente-Inf.), à 16 kil. N. O. de Saintes ; 1240 hab. Beau château gothique. Curieuses grottes aux environs.

SAINT-POURÇAIN, ch.-l. de c. (Allier), sur la Sioule, à 32 kil. N. de Gannat ; 5006 h. Anc. monastère. L’église renferme un remarquable groupe de l’Ecce-Homo. Vins estimés. Patrie de Durand de St-Pourçain, et berceau de la famille Séguier.

SAINT-PREST (J. YVES de), directeur des archives aux Affaires étrangères, m. en 1720, fut un des fondateurs de l’académie politique créée dans ce ministère en 1710. Il a laissé une Hist. des traités faits entre les diverses puissances de l’Europe depuis le règne de Henri IV jusqu’à la paix de Nimègue, 1726.

SAINT-PRIEST (Franç. Emmanuel GUIGNARD, comte de), ministre de Louis XVI, né à Grenoble en 1735, m. en 1821, servit en Allemagne et en Espagne, fut ambassadeur à Lisbonne, puis à Constantinople (1768-83), où il conçut le plan d’une expédition en Égypte, devint ministre de l’intérieur en 1789, après la prise de la Bastille, donna au roi, les 5 et 6 octobre, le conseil de repousser la force par la force, émigra en 1790, sollicita dans toutes les cours un appui pour les Bourbons, revint avec eux en 1814, et fut nommé pair en 1815. Sa Correspondance avec Louis XVIII a paru en 1845. — Un de ses fils, G. Emmanuel de St-Priest, né à Constantinople en 1776, prit du service en Russie, fit contre la France les campagnes de 1806 et années suivantes, entra en France avec l’armée ennemie, emporta Reims de vive force, mais fut tué peu après sous les murs de cette ville (1814).

SAINT-PRIEST (Alexis, comte de), né en 1805 à St-Pétersbourg, m. en l851, était petit-fils du ministre de Louis XVI, et fils d’Armand de St-Priest, qui avait épousé en Russie une princesse Galitzin et était devenu gouverneur de Kherson et de la Podolie. Sous Louis-Philippe, il se montra partisan zélé du gouvernement constitutionnel et des idées libérales ; il remplit pendant dix ans (1832-1842) diverses missions au Brésil, en Portugal, en Danemark, et fut à son retour nommé pair de France. On a de lui : Histoire de la Royauté (1842) ; Hist. de la suppression des Jésuites (1844) ; Hist. de la conquête de Naples par Charles d’Anjou (4 vol. in-8, 1847), ouvrage qui lui ouvrit en 1849 les portes de l’Acad. française.

SAINT-PRIVAT, vge près de Metz, où fut livrée une des plus sanglantes batailles du siége (18 août 1870).

SAINT-QUENTIN, l’Augusta Veromanduorum des anciens ? Quintinopolis ou Quintinianum en latin mod., ch.-l. d’arr. (Aisne), à 139 kil. N. de Paris par la route, à 171 par le chemin de fer, et à 51 k. N. O. de Laon, sur la r. dr. de la Somme ; 30 790 hab. (dont beaucoup de Protestants). Église calviniste, trib. de 1re inst. et de commerce, lycée, écoles de commerce et de dessin, chambre des arts et métiers, conseil de prud’hommes ; société des sciences et belles-lettres. Hôtel de ville d’architecture gothique, belle église. Rues larges et bien bâties, grande place publique carrée, vaste bassin qui sert de port, canal souterrain qui fait communiquer la Somme et l’Escaut, belles promenades. Nombreuses filatures de lin et de coton, calicot, linge de table, batiste, linon, basin, tulle, gaze, etc. ; huileries, fabriques de sucre indigène. Commerce de blés et de vins. Patrie de dom Luc d’Achéry, Omer Talon, Ramus, Charlevoix, Babeuf, du peintre Latour, qui y a une statue, du naturaliste Poiret, etc. — St-Q. remplace probablement Augusta Veromanduorum, capitale des Veromandui, que d’autres placent à Vermand, à 8 kil. O. de St-Quentin. La foi y fut prêchée dès le IIIe siècle par S. Quentin, dont elle reçut nom au IXe s. (V. QUENTIN). Évêché jusqu’au VIe s., elle devint au IXe la capitale du comté de Vermandois. Elle fut réunie à la couronne en 1215, et fortifiée. Cédée au duc de Bourgogne parmi les villes de la Somme par le traité d’Arras (1435), elle revint à la couronne en 1477. Elle fut prise par les Impériaux en 1557, après la bataille de Saint-Quentin ; rendue à la France par le traité de Cateau-Cam-brésis (1559). La culture du lin et des fabriques de linon y furent introduites en 1579 par Crommelin. Fortifications rasées en 1820. M. Gomart a donné l’Histoire de St-Quentin, 1357. Bataille du général Faidherbe contre les Allemands (19 janv. 1871).

SAINT-QUENTIN (Canal de), canal qui unit l’Oise à l’Escaut, et fait communiquer Paris avec le N. de la France et la Belgique, commence à Chauny (Aisne), reçoit le canal de la Somme, traverse, puis longe la Somme, baigne les murs de St-Quentin (qui lui donne son nom), arrose Lesdins, Riqueval, et se termine à Cambray. Longueur, près de 100 kil. — La partie entre l’Oise et St-Quentin est connue sous le nom de Canal de Crozat. Cette partie était achevée dès 1738 ; le reste fut exécuté de 1768 à 1810.

SAINT-QUIRIN, bourg du dép. de la Meurthe, à 17 kil. S. de Sarrebourg ; 2000 hab. Célèbre manufacture de glaces et de verres à vitres et à table.

SAINT-RAMBERT, ch.-l. de c. (Ain), sur l’Albarine, à 32 kil. N. O. de Belley ; 2597 h. Station. Toile commune dite de St-Rambert, filatures de laine et de soie, velours. Grotte curieuse aux environs.

SAINT-RAMBERT-D’ALBON, bg du dép. de la Drôme, à 40 k. N. de Valence. Station du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée et point de départ de l’embranchement de Grenoble.

SAINT-RAMBERT-SUR-LOIRE, ch.-l. de c. (Loire), à 12 kil. S. E. de Montbrison ; 2545 h. Construction de bateaux. Station de chemin de fer. Aux env., forges.

SAINT-RAPHAËL, bourg du dép. du Var, à 33 kil. S. E. de Draguignan ; 1500 hab. Petit port de pêche. Bonaparte y débarqua à son retour d’Égypte (1799), et s’y embarqua pour l'île d’Elbe en 1814.

SAINT-RÉAL (César VICHARD, abbé de), historien, né en 1639 à Chambéry, m. en 1692, suivit la belle duchesse de Mazarin à Londres, puis se fit prêtre, fut nommé historiographe de Savoie, conduisit quelques négociations pour le duc, soutint plusieurs controverses théologiques, notamment contre Arnauld, et fut accusé de Socinianisme. Il a écrit l’Histoire de la conjuration des Espagnols contre Venise : cet ouvrage, qui lui fit un nom comme écrivain, n'est guère qu'un roman historique. On a encore de lui : la Conjuration des Gracques, une traduction des Lettres de Cicéron à Atticus, des Traités de la critique et de l’Usage de l'histoire. Ses Œuvres complètes ont été réunies à Paris, 1757, 8 vol. in-12; ses Œuvres choisies en 1819, 1 vol. in-8.

SAINT-REMI, ch.-l. de c. (Bouches-du-Rhône), à 15 kil. N. E. d'Arles, 6348 h. Maison d'aliénés. Ouvrages en marbre ; filatures de soie. Restes d'un arc de triomphe de Marius et superbe mausolée romain. St-Remi est la patrie de Nostradamus et d'Expilly. — Bâtie sur l'emplacement de l'anc. Glanum, cette ville prit le nom de St-Remi, parce que Clovis en fit présent au célèbre archevêque de ce nom.

SAINT-REMI, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), à 5 k. N. E. de Thiers; 5070 h. – SAINT-REMI-EN-BOUZEMONT, ch.-l. de c. (Marne), à 12 kil. S. de Vitry; 767 hab.

SAINT-REMY (Jean LEFÈVRE, sieur de), chroniqueur et héraut d'armes, né près d'Abbeville vers 1394, m. à Bruges en 1468, était au service des ducs de Bourgogne et porta successivement dans l'exercice de ses fonctions les noms de Héraut Charolais et de Toison d'or. Il remplit plusieurs missions de confiance, accompagna comme juge d'armes et historiographe le chevalier Jacq. de Lalain, et rédigea, sous le titre de Chronique de Lalain, le récit de ses actions. Il laissa des Mémoires, qui vont de 1407 à 1436, et qui ont été publiés par J. Le Laboureur (1668) et par Buchon (1826 et 1838, dans le Panthéon littéraire).

SAINT-RENAN, ch.-l. de c. (Finistère), à 12 k. N. O. de Brest; 1233 h. Chevaux, bestiaux.

SAINT-RIQUIER, bg du dép. de la Somme, à 10 kil.N. E. d'Abbeville; 1513 h. Belle église du XVe s., dont le maître-autel est orné d'un christ de Girardon. — S. Riquier y fonda, en 640, une abbaye de Bénédictins, ce qui fit donner son nom à la ville, qui s'appelait d'abord Centula.

SAINT-ROMAIN-DE-COLBOSC, ch.-l. de c. (Seine-Inf.), à 18 kil. E. du Havre; 1762 h. Station. Toiles.

SAINT-ROME, ch.-l. de c. (Aveyron), à 10 k. N. de St-Affrique, près du Tarn; 1567 hab. Patrie de Mgr Affre, à qui une statue a été élevée en ce lieu.

SAINT-SACREMENT (Fête du). V. FÊTE-DIEU.

SAINT-SACREMENT (Colonie du), Colonia del Sacramento, v. forte de l'Uruguay, ch.-l. de dép., sur le Rio-de-la-Plata, vis-à-vis de Buénos-Ayres, à 150 kil. N. O. de Montevideo; env. 2000 h. Port ouvert. — Fondée par les Portugais en 1678, cédée à l'Espagne en 1750, avec le reste de l'Uruguay, en échange du Paraguay; enlevée en 1845 par les flottes française et anglaise aux troupes de Rosas, président de la Plata, qui s'en était emparé.

SAINT-SAENS, ch.-l. de cant. (Seine-Inf.), sur l'Arques, à 15 kil. S. O. de Neufchâtel; 2568 hab. Filatures, toiles, tanneries. Anc. seigneurie, anc. prieuré de Bénédictins.

SAINT-SAULGE, ch.-l. de cant. (Nièvre), à 40 kil. N. E. de Nevers; 2252 h. Patrie de Ravisius Textor et de Marchangy. Cette ville doit son nom à S. Salvius, évêque d'Albi, dont elle garde les reliques.

SAINT-SAUVEUR, bg des H.-Pyrénées, sur la r. g. du gave de Gavarnie, à 2 kil. S. E. de Luz-en-Baréges. Magnifique pont d'une seule arche. Eaux sulfureuses recommandées contre les maladies de nerfs.

SAINT-SAUVEUR, ch.-l. de c. (Alpes-Marit.), sur la r. g. de la Tinée, dans l'arr. de Puget-Théniers; 618 h.

SAINT-SAUVEUR-EN-PUISAYE, ch.-l. de cant. (Yonne), près du Loing, à 40 kil. S. O. d'Auxerre ; 1846 h. Anc. seigneurie. Tour en ruines.

SAINT-SAUVEUR-LENDELIN, ch.-l. de cant. (Manche), près de la Taute, à 10 kil. N. de Coutances; 1791 h. Patrie du consul Lebrun.

SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE, ch.-l. de c. (Manche), sur la Douve, à 16 kil. S. O. de Valogne; 2722 hab. Anc. abbaye de Bénédictins, fondée en 1048, et servant auj. d'hôpital; restes d'un château fort.

SAINT-SAUVEUR, écrivain. V. GRASSET.

SAINT-SAVIN, ch.-l. de cant. (Gironde), à 20 k. E. de Blaye; 2034 hab. — Ch.-l. de cant. (Vienne), à 16 kil. N. de Montmorillon; 1495 hab. Église du VIIe siècle, ornée de remarquables fresques, dont la description a été publiée aux frais de l'État (1850).

SAINT-SAVINIEN, ch.-l. de cant. (Charente-Inf.), sur la Charente, à 16 kil. S. O. de St-Jean-d'Angély; 3306 hab. Petit port. Ruines d'un couvent d'Augustins. Grains, vin, eau-de-vie.

SAINT-SÉBASTIEN, v. forte d'Espagne, ch.-l. de l'intendance de St-Sébastien et de la capitainerie générale du Guipuscoa, sur un îlot du golfe de Gascogne qui communique au continent par un pont de bois, à 62 kil. N. O de Pampelune; 10 000 hab. Port petit, assez sûr, mais d'entrée difficile ; fortifications importantes; deux faubourgs (Ste-Catherine et St-Martin). Tanneries, fabriques de toiles et de liqueurs estimées. Commerce considérable, mais déchu depuis la révolution qui a séparé l'Amérique espagnole de sa métropole. Importation de denrées coloniales, d'objets de manufacture anglaise et française; exportation des fers du Guipuscoa. — Avant le IXe s., cette ville portait le nom d’Izurun. Elle souffrit beaucoup dans les guerres entre l'Espagne et la France : les Français la prirent en 1719 et 1808; ils y soutinrent, en 1813, un siége célèbre contre les Anglo-Espagnols.

SAINT-SÉBASTIEN, ch.-l. de l'île Gomera, une des Canaries, sur la côte E.; 2000 hab.

SAINT-SEINE-L'ABBAYE, ch.-l. de cant. (Côte-d'Or), à 27 kil. N. O. de Dijon, près de la source de la Seine; 734 hab. Restes d'une antique abbaye de Bénédictins, dans les bâtiments de laquelle a été formé depuis un établissement hydrothérapique.

SAINT-SERNIN, ch.-l. de c. (Aveyron), à 28 kil. de St-Affrique; 1827 hab.

SAINT-SERVAN, ch.-l. de c. (Ille-et-Vilaine), à l'embouch. de la Rance, à 2 kil. S. de St-Malo; 12 709 hab. Deux ports, l'un militaire, l'autre marchand; collége. Biscuits de mer, corderies, brasseries, chantiers de construction; armements pour la pêche de la morue, construction de navires.

SAINT-SEVER, ch.-l. de cant. (Calvados), à 18 k. O. de Vire; 1507 hab. Auges en granit pour pressoirs. Il doit son nom à une abbaye de Bénédictins fondée en 560 par S. Sever, évêque d'Avranches.

SAINT-SEVER, ch.-l. d'arr. (Landes), sur l'Adour, r. g., à 18 kil. S. de Mont-de-Marsan ; 4818 hab. Trib., collége. Grains, vins, eau-de-vie, jambons, oies grasses; marbre; grandes tanneries. — St-Sever doit son origine à une abbaye de Bénédictins, fondée à la fin du Xe s. Ce fut jadis le ch.-l. du pays de Chalosse et du comté de Gascogne propre, d'où le nom de Cap de Gascogne qui lui est donné souvent. Patrie du général Lamarque, à qui une colonne y a été élevée.

SAINT-SEVER, faubourg de Rouen. V. ROUEN.

SAINT-SIMON, ch.-l. de c. (Aisne), sur la Somme, à l'emb. du canal Crozat, à 16 k. S. O. de St-Quentin; 600 h. Tourbe. Ce bourg, qui faisait partie du Vermandois, avait titre de duché, et a donné son nom à l'antique maison des St-Simon, issue des comtes de Vermandois, qui faisaient remonter leur origine à Charlemagne. On donne pour chef à cette maison Jean de Vermandois, seigneur de St-Simon, né en 1144, qui vers 1215 céda ses prétentions sur le Vermandois et le Valois au roi Philippe-Auguste.

SAINT-SIMON (L. de ROUVROY, duc de), né en 1675 d'une famille noble et ancienne (V. ci-dessus), m. en 1755, était un des seigneurs de la cour les plus accomplis. Il se distingua d'abord dans les armes aux batailles de Fleurus et de Nerwinde, quitta le service avec le grade de maître de camp, succéda à son père dans le gouvernement de Blaye et dans ses titres de duc et pair, et se voua à la diplomatie. Il entra à la cour à la fin du règne de Louis XIV, s'attacha au duc d'Orléans, qui l'appela au conseil de régence, devint l'âme du parti de la cour contre les parlements, et fut envoyé en Espagne (1721) pour y négocier le mariage de Louis XV avec l'infante, et d'une fille du régent avec un prince espagnol. Il perdit son crédit après la mort du régent, et se retira dans ses terres, où il s'occupa de mettre la dernière main à des Mémoires, dont il avait depuis longtemps commencé la rédaction. Ces Mémoires renferment les renseignements les plus intéressants et les plus détaillés sur la cour de Louis XIV, la régence et le règne de Louis XV; ils sont rédigés avec une aisance et une originalité qui placent l'auteur au premier rang des écrivains de ce genre; mais les jugements qui y sont portés ne doivent être acceptés qu'avec défiance : outre que le duc a des préférences et des antipathies marquées, il est infatué de préjugés nobiliaires qui souvent faussent son jugement. On n'a eu longtemps que des éditions tronquées de ces Mémoires : le marquis de St-Simon, petit-fils de l'auteur, en a donné la 1re édition authentique, Paris, 1829-31, 21 v. in-8; elle a été reproduite et complétée d'après le texte original, par M. Chéruel, 1856-58, 20 v. in-8. MM. Poitou et Lefebre de Pontalis ont écrit l’Éloge de St-Simon, 1854.

SAINT-SIMON (Henri, comte de), économiste et chef de secte, issu de la même famille que le précédent, né à Paris en 1760, m. en 1825, servit en Amérique dans la guerre de l'indépendance (1779), fut à son retour nommé colonel à 23 ans; quitta le service dès 1785 pour se livrer à des projets d'utilité publique, applaudit à la Révolution, dans laquelle il voyait une œuvre de régénération; fit, de 1790 à 1797, avec le comte de Redern, des spéculations sur la vente des biens nationaux, mais, frustré de ses bénéfices par son associé, il abandonna de bonne heure les opérations financières. Il conçut alors le projet de reconstituer l'ordre social et de réorganiser la science et l'industrie, se lia dans ce but avec les savants les plus distingués, voyagea en Angleterre, en Allemagne, en Italie, publia divers ouvrages qui furent peu remarqués lors de leur apparition, et fit mille expériences bizarres et coûteuses. Bientôt ruiné, il tomba dans une telle misère qu'il prit le parti de se suicider (1823) : le coup qu'il se porta n'ayant pas été mortel, il renonça à ses sinistres projets et reprit ses travaux. Il avait réussi à s'attacher quelques disciples distingués (Augustin Thierry, Auguste Comte, Olinde Rodrigues, Bazard, Enfantin, etc.) : il mourut entre leurs bras. St-Simon est le fondateur de l'école industrialiste : il voulait améliorer, au moyen de la science et de l'industrie, le sort de l'humanité, surtout des classes les plus nombreuses et les plus pauvres; il considérait les savants, les industriels, les artistes, les producteurs de toute espèce comme la seule aristocratie légitime, leur confiait la direction de la société nouvelle, proscrivait les oisifs, prêchait l'association et l'organisation des travailleurs, et voulait que tous les efforts fussent dirigés d'après une doctrine générale et vers un but commun; en outre, il constituait sur de nouvelles bases la propriété, la religion, et même la famille. Ses disciples, connus sous le nom de Saint-Simoniens, formèrent une secte qui développa avec talent ses doctrines sur l'économie sociale et qui obtint un succès momentané; mais ils perdirent tout crédit lorsque, passant de la théorie à la pratique, ils voulurent créer une hiérarchie nouvelle, établir l'égalité absolue de l'homme et de la femme, modifier le mariage, abolir l'hérédité, substituer à la filiation naturelle une filiation toute conventionnelle, enfin instituer un culte nouveau. Couverts de ridicule, les St-Simoniens furent en outre accusés devant les tribunaux d'attentat à la morale publique, et leur association fut dissoute en 1833 par sentence judiciaire. Les principaux écrits de St-Simon sont : l’Introduction aux travaux scientifiques du XIXe siècle (1808), De la réorganisation de la société européenne (1814), avec Augustin Thierry; l’Industrie (1817); l’Organisateur, journal social (1820); le Système industriel (1821) ; le Catéchisme des Industriels (1824); Opinions littéraires, philosophiques et industrielles (1825), le Nouveau christianisme (1825). Une édition complète de ses Œuvres, commencée par Olinde Rodrigues en 1832, a été reprise an 1866, en exécution des dernières volontés d'Enfantin. V. Saint-Simon, sa vie et ses travaux, par Hullard.

SAINT-SIMONISME. V. ST-SIMON (Henri de).

SAINT-SORLIN (DESMARETS de). V. DESMARETS.

SAINT-SULPICE, église. V. SULPICE (S.).

SAINT-SULPICE-LES-CHAMPS, ch.-l. de cant.(Creuse), à 13 kil. N. O. d'Aubusson; 1158 hab.

SAINT-SULPICE-LES-FEUILLES, ch.-l. de cant. (Hte-Vienne), à 36 kil. N. E. de Bellac; 1793 h.

SAINT-SYLVESTRE (Ordre de). V. ÉPERON D'OR.

SAINT-SYMPHORIEN, ch.-l. de cant. (Gironde), à 21 kil. O. de Bazas; 1890 h.

SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY, ch.-l. de cant. (Loire), à 17 kil. S. E. de Roanne; 4652 b. Toiles de coton, mousselines, broderies, teintureries.

SAINT-SYMPHORIEN-D'OZON, ch.-l. de c. (Isère), à 36 k. N. O. de Vienne; 1768 h. Couvertures de laine et de chamois, blanchisseries. Patrie de Berchoux.

SAINT-SYMPHORIEN-SUR-COLSE, ou ST-S.-LE-CHÂTEAU, ch.-l. de c. (Rhône), à 30 kil. S. O. de Lyon; 1920 h. Anc. château. Mousseline, draps, souliers.

SAINT-THÉGONNEC, ch.-l. de cant. (Finistère), à 12 kil. S. O. de Morlaix; 3957 hab. Toiles,

SAINT-THOMAS, une des îles Vierges (Antilles), 13000 hab. Hautes montagnes, sucre, coton et rhum. Commerce actif. Aux États-Unis. — V. SAN-THOMÉ.

SAINT-THOMAS (Chrétiens de). V. CHRÉTIENS.

SAINT-TRIVIER-DES-COURTES, ch.-l. de cant. (Ain), à 30 kil. N. O. de Bourg; 1473 hab.

SAINT-TRIVIER-EN-DOMBES ou SUR-MOIGNANS, ch.-l. de cant. (Ain), à 20 kil. N. E. de Trévoux, au milieu de marais ; 1702 hab.

SAINT-TROND, Fanum S. Trudonis', v. de Belgique (Limbourg), à 15 k. S. O. d'Hasselt; 10 000 h. Chemin de fer. Anc. abbaye, fondée en 657 par S. Trudon. Armes à feu, dentelles, tanneries, commerce de grains. — Cette anc. capitale de la Hesbaye fut acquise par les évêques de Liége en 1227, prise par Charles le Téméraire en 1467, et par les Français en 1794. C'est à St-Trond que siégea l'assemblée qui déclara l'indépendance des Pays-Bas (1566).

SAINT-TROPEZ, Heraclea Caccabaria, puis Fanum S. Torpetis, ch.-l. de cant. (Var), sur le golfe de Grimaud, à 50 kil. S. E. de Draguignan; 3358 h. Trib. de commerce, école d'hydrographie. Citadelle, petit port, chantier de construction navale; bouchons de liège. Commerce (vins de 1re qualité, huile, oranges, miel, liège, etc.); pêche de thon et de corail, grand et petit cabotage; bains de mer. Patrie du général Allard. — Ruinée aux VIIIe, IXe et XIVe s., elle fut repeuplée en 1470 par une colonie génoise; en 1592, elle résista à une attaque du duc de Savoie.

SAINT-VALERY-EN-CAUX (Seine-Inf.), sur la Manche, ch.-l. de c., à 30 kil. d'Yvetot; 4710 hab. Trib. de commerce. Petit port, armements pour la pêche de la morue, hareng saur. Bains de mer.

SAINT-VALERY-SUR-SOMME, ch.-l. de c. (Somme), sur la r. g. de la Somme, près de son embouch. dans la Manche, à 25 kil. N. O. d'Abbeville; 456 h. Port de mer. station. Trib. de commerce, consulats de Suède, de Prusse, de Danemark et d'Angleterre, sous-commissariat de marine, école de navigation, chantiers, entrepôts, pêche; grand commerce. Tour d'Harold, où ce prince fut enfermé au XIe s. C'est de ce port, selon Aug. Thierry, que Guillaume le Conquérant fit voile pour l'Angleterre. Anc. capit. du Vimeux.

SAINT-VALLIER, ch.-l. de c. (Alpes marit.), à 10 k. de Grasse, 588 h. Essence de lavande. — Ch.-l. de c. (Drôme), sur le Rhône, à 33 kil. N. de Valence, 3145 hab. Beau château gothique. Savon rose, préparation de cochenille, produits chimiques. Vers à soie.

SAINT-VANDRILLE, Fanum Vandrigesilli, antique abbaye de Bénédictins de la congrégation de St-Maur, était en Normandie, à 4 kil. S. de Caudebec, près de la Seine. — Fondée en 648 par S. Vandrille, elle porta d'abord le nom de Fontenelle. Détruite par les Normands vers 850, elle fut rétablie en 1035 et en partie reconstruite par les Bénédictins au XVe s. C'était un des plus beaux édifices religieux de France; il n'en reste que des ruines. — Autour de l'abbaye s'est formé un village qui compte 900 hab.

SAINT-VANNE (Congrégation de), réforme de l'ordre de St-Benoît, établie en 1600 par Dom Didier de Lacour, à l'abbaye de St-Vanne de Verdun. V. VANNE (S.), LACOUR et BÉNÉDICTINS.

SAINT-VARENT, ch.-l. de c. (Deux-Sèvres), à 24 k. E. de Bressuire; 1717 h. Vins rouges et blancs.

SAINT-VAULRY, ch.-l. de c. (Creuse), à 10 kil. N. O. de Guéret; 2523 h. Draperie, vins en gros. Aux env., mines d'étain.

SAINT-VEIT, nom de plusieurs bourgs des États autrichiens ; le principal est dans le gouvt de Laybach, à 18 kil. N. de Klagenfurt; 1500 hab. Ville jadis grande, capit. de la Carinthie jusqu'en 1518.

SAINT-VENANT, v. du dép. du Pas-de-Calais, sur la Lys, à 14 kil. N. O. de Béthune; 2756 hab. Place de guerre de 4e classe. Prise par François I en 1537, mais reprise la même année par les Impériaux; prise de nouveau par les Français en 1645; occupée par les Espagnols en 1659, par les Autrichiens en 1710, mais restituée à la France en 1713.

SAINT-VICTOR (Congrégation de). V. VICTOR (S.).

SAINT-VICTOR (J. B. BINS, comte de), littérateur, né en 1772 au Cap-Français (St-Domingue), m. en 1858, vint de bonne heure à Paris, se fit remarquer par deux poëmes descriptifs, l’Espérance (1804), le Voyage du poëte (1806), traduisit Anacréon en vers (1811), et publia, de 1808 à 1812, un Tableau historique et pittoresque de Paris, qui eut du succès et obtint une 2e éd. (1822-27). Ses Œuvres poétiques ont été réimprimées dans la collection des Poëtes du XIXe s. (1822). — M. Paul de St-Victor, un de nos critiques les plus distingués, est son fils.

SAINT-VINCENT (île), une des Antilles anglaises, par 65° 30' long. O., 13° 17' lat. N., à 40 kil. S. E. de Ste-Lucie : 100 kil. de tour; 30 000 hab. ; ch.-l., Kingston. Sol très-fertile (sucre, indigo, café, etc.), mais dont 12 ou 13 000 hectares seulement sont en culture; le reste est couvert de forêts (camphre, gommes, arbre à suif, etc.) — Découverte par Christ. Colomb le jour de la fête de S. Vincent (d'où son nom), elle était habitée par des Caraïbes, qui l'occupèrent jusqu'au milieu du XVIIe s. A la suite du naufrage d'un bâtiment négrier, des nègres s'y établirent et refoulèrent les indigènes dans le N. O. de l'île ; ceux-ci implorèrent l'appui des Français, qui vinrent à leur secours, mais sans pouvoir expulser les nègres; en 1763, la France céda à l'Angleterre ses prétentions sur St-Vincent. En prenant possession de l'île, l'Angleterre a laissé leurs propriétés aux nègres, qui avaient pris le nom de Caraïbes noirs.

SAINT-VINCENT (cap), Sacrum promont., cap formant la pointe S. O. du Portugal et de l'Europe entière,dans la province de l'Algarve. Tourville y battit en 1693 la flotte anglo-hollandaise; Suffren y captura en 1780 un convoi de 64 navires anglais. L'amiral anglais Jervis y remporta en 1797 sur les Espagnols une vict. qui lui valut le titre de lord St-Vincent.

SAINT-VINCENT-DE-TYROSSE, ch.-l. de c. (Landes), à 21 kil. S. O. de Dax; 1071 h. Station de chemin de fer. Goudron, brai, essences.

SAINT-VINCENT (Grégoire de), géomètre, né en 1584 à Bruges, m. en 1667, entra chez les Jésuites à Rome, remplaça dans cette ville Clavius, son maître, comme professeur de mathématiques, fut appelé par Ferdinand II à Prague, fut blessé pendant le siège de cette ville par les Suédois, puis alla en Espagne à la demande de Philippe II, et y donna des leçons de mathématiques à don Juan d'Autriche. Il mourut à Gand, bibliothécaire de la ville. On a de lui: De Cometis, 1619; Theoremata mathematica scientiæ staticæ, 1624; Opus geometricum quadrature circuli et sectionum coni, 1647; Opus geometricum ad mesolabum per rationum, proportionalitatumque novas proprietates, 1668. On lui doit plusieurs découvertes importantes en géométrie.

SAINT-VINCENT (J. JERVIS, lord), amiral anglais, né en 1734, m. en 1823, se distingua au combat d'Ouessant (1778), devint en 1787 amiral, entra au parlement en 1790 et figura dans l'opposition, s'empara de la Martinique en 1793, remporta en 1797 sur les Espagnols une grande victoire au cap St-Vincent (en mémoire de quoi il reçut le titre de lord St-Vincent), puis fut nommé premier lord de l'amirauté, 1805, et devint en 1821 amiral de la flotte.

SAINT-VIVIEN, ch.-l. de cant. (Gironde), à 20 k. N. O. de Lesparre; 1228 hab. Marais salants.

SAINT-YBARS, bg du dép. de l'Ariége, à 16 k. O. de Saverdun ; 2309 h. Vieille tour. Aux env. houille.

SAINT-YON, anc. abbaye voisine de Rouen et attenant au faubourg St-Sever, où Lasalle établit en 1705 le ch.-l. des Frères qu'il avait institués à Reims dès 1680; d'où le nom de Frères Saint-Yon, souvent donné à ces religieux.

SAINT-YRIEIX-LA-PERCHE, ch.-l. d'arr. (Hte-Vienne), à 41 k. S. de Limoges; 7613 h. Trib. de 1re inst.; collége, conservation d'hypothèques. Église gothique du XIIe s. Porcelaines, toiles et étoffes de laine, tanneries, usines à fer, coutellerie, exploitation d'antimoine. — S-Yrieix fonda en ce lieu, à la fin du VIe s., le monastère d’Atane, autour duquel se forma la ville actuelle. On y découvrit en 1770 de riches mines de Kaolin, qui ont depuis alimenté presque toutes les manufactures de porcelaine en France.

SAINTE-AFFRIQUE. V. SAINT-AFFRIQUE.

SAINTE-ALDÉGONDE (Philippe de MARNIX, seigneur de), l'un des auteurs de la révolution hollandaise, né à Bruxelles en 1538, m. en 1598, encouragea la révolte des Pays-Bas dès 1565, et fut l'un des premiers rédacteurs du compromis de Bréda, qui garantissait à ses concitoyens la liberté de conscience, mais qui fut rejeté par Marguerite de Parme; se retira en Allemagne après l'arrivée du duc d'Albe, 1567, mais reparut en 1572 et seconda de tout son pouvoir Guillaume d'Orange, qui l'envoya aux États de Dordrecht, et le chargea de négociations avec Paris, Londres et la diète d'Augsbourg. Il contribua beaucoup à l'érection de l'Université de Leyde et à la pacification de Gand, 1576. Bourgmestre d'Anvers en 1584, il défendit la ville pendant 13 mois contre le prince de Parme, mais à la fin il dut se rendre. Il passa ses dernières années à Leyde, où il traduisit la Bible en hollandais. Ph. de Ste-Aldégonde a laissé un grand nombre d'ouvrages de genres divers, politiques, historiques, théologiques et poétiques, qui ont été traduits et publiés à Paris en 1860 et ann. suiv. Ses poésies, toutes nationales, l'ont fait surnommer le Tyrtée hollandais.

SAINTE-ALLIANCE. V. ALLIANCE.

SAINTE-ANNE D'AURAY. V. AURAY.

SAINTE-AULAIRE (Fr. JOS. DE BEAUPOIL, marquis de), né dans le Limousin en 1643, m. en 1742 à 99 ans, servit quelque temps et quitta le service avec le grade de lieutenant général. On a de lui quelques poésies dans le genre anacréontique. Elles sont éparses dans les recueils du temps, et n'ont jamais été rassemblées. Ses vers, qui parurent sous le voile de l'anonyme, furent d'abord attribués au marquis de La Fare : il avait plus de 60 ans quand il composa les premiers. Ste-Aulaire fut admis à l'Académie française en 1706. Il était lié avec la marquise de Lambert, et était assidu auprès de la duchesse du Maine à Sceaux.

SAINTE-AULAIRE (L. BEAUPOIL, comte de), diplomate, né en 1778, m. en 1854, fut élevé en France quoique sa famille eût émigré; lut reçu en 1794 élève de l’École des ponts et chaussées, plut, par ses qualités d’homme du monde, à Napoléon, qui le nomma chambellan en 1811 et lui confia en 1812 la préfecture de la Meuse ; fut sous Louis XVIII, en I814, préfet de la Hte-Garonne, fut élu député en 1815, se rangea parmi les amis de la monarchie constitutionnelle, devint, après la révolution de Juillet 1830, un des plus habiles appuis du gouvernement de Juillet, occupa successivement les postes d’ambassadeur à Rome, à Vienne et à Londres, et fut élevé à la pairie. On a de lui une Histoire de la Fronde (1827), qui lui valut un fauteuil à l’Académie française. Il a laissé des Mémoires sur ses ambassades, qui sont encore inédits. Il était beau-père de M. Decazes.

SAINTE-BARBE, collége célèbre, fondé à Paris sur la montagne Ste-Geneviève (rue de Reims), en 1460, par Geoffroy Lenormant, professeur au collége de Navarre (et non, comme on l’avait cru, par Jean Hubert), était dirigé par une communauté religieuse. Ce collége, fermé à la Révolution, fut rouvert en 1798 par Victor de Lanneau, sous l’administration duquel il devint plus florissant que jamais. Après sa mort, l’établissement a été soutenu et agrandi par une association de ses anciens élèves et placé sous l’habile direction d’Alexandre Labrouste. M. J. Quicherat a écrit l’Hist. de Ste-Barbe, 1860, 2 vol. in-8.

SAINTE-BAUME (la), du provençal baoumo, grotte, caverne ; montagne du dép. du Var, à 24 k. S. O. de Brignoles, a 1728m. Au sommet est une grotte profonde, où, suivant la tradition, Ste Madeleine passa ses 30 dernières années.

SAINTE-BEUVE (J. de), professeur de théologie à la Sorbonne, né en 1613 à Paris, m. en 1677, fut privé de sa chaire pour avoir refusé de souscrire à la condamnation d’Arnauld. Ayant dans la suite consenti à signer le formulaire d’Alexandre VIII, il fut nommé théologien du clergé de France. Il jouissait comme casuiste d’une grande autorité. Ses Décisions ont paru de 1689 à 1704, en 3 vol. in-8.

SAINTE-CATHERINE, île de l’Océan, sur la côte du Brésil, par 51° long. O., 27° 32′ lat. N. Climat délicieux. — Elle a donné son nom à une prov. du Brésil située entre celles de St-Paul, Rio-Grande-do-Sul et l’Océan, qui a 400 k. sur 150 et env. 110 000 h. ; ch.-l., Nossa-Senhora-de-Desterro, v. de 6000 âmes, sur la côte O. L’île est fertile en café, canne à sucre, tabac, etc. ; elle est couverte de riches colonies.

SAINTE-CROIX, une des Antilles danoises, par 66° 55′ long. O., 17° 45 lat. N. : 40 kil. sur 16 ; env. 24 000 hab. ; ch.-l., Christianstad. Climat sain ; sol fertile : ce qui a fait surnommer cette île le Jardin des Antilles. Coton, sucre ; un peu de café et d’indigo ; rhum. — Découverte par Colomb dans son 2e voyage, elle appartint aux Anglais et aux Hollandais conjointement, puis aux Anglais seuls, aux Espagnols, à la France, à l’ordre de Malte, à la Compagnie française des Indes occid., et, depuis 1733, au Danemark. L’Angleterre la posséda de 1807 à 1814.

SAINTE-CROIX-AUX-MINES, bg du dép. du Ht-Rhin, à 23 kil. N. de Colmar ; 3651 h. Mines de cuivre et de plomb. Filatures, cotonnades.

SAINTE-CROIX-DE-VOLVESTRE, ch.-l. de c. (Ariége), à 14 kil. N. de St-Girons ; 1702 h. Grotte.

SAINTE-CROIX, v. d’Espagne, etc. V. SANTA-CRUZ.

SAINTE-CROIX, v. du Maroc V. AGADIR.

SAINTE-CROIX (Guilhem de CLERMONT-LODÈVE, baron de), érudit, né en 1746 à Mormoiron près de Carpentras, d’une famille illustre, m. en 1809, servit quelque temps comme capitaine de grenadiers, mais quitta de bonne heure la carrière militaire afin de se livrer à son goût pour l’étude, et se retira dans son pays natal. Il remporta plusieurs prix dans les concours ouverts par l’Académie des inscriptions, devint en 1777 associé de cette compagnie, se fixa à Paris après la Révolution, et fut élu en 1802 membre de l’Institut. On lui doit : Examen critique des anciens historiens d’Alexandre le Grand, 1775 et 1804 (mémoire couronné en 1772, et précieux pour l’exactitude des recherches) ; l’Ezour-Védam, ancien commentaire du Védam, 1778 ; De l’état et du sort des colonies des anciens peuples, 1779 ; Hist. des progrès de la puissance navale de l’Angleterre, 1803 ; Mémoires pour servir à l’histoire de la religion secrète des anciens peuples ou Recherches sur les mystères du paganisme, 1784 et 1817 ; Des anciens gouvernements fédératifs et de la législation de Crète, 1798 ; Réfutation d’un paradoxe de Wolf sur les poésies d’Homère, 1798, et un assez grand nombre de Mémoires dans le recueil de l’Académie des inscriptions.

SAINTE-ÉNIMIE, ch.-l. de c. (Lozère), sur la r. dr. du Tarn, à 16 kil. N. O. de Florac ; 1151 h. Il doit son nom à une abbaye de Bénédictins fondée, dit-on, par une fille de Clotaire II du nom d’Énimie,

SAINTE-EUPHÉMIE, Lametia, v. d’Italie, dans l’anc. roy. de Naples (Calabre-Ultérieure), sur un golfe qui prend de là le nom de golfe de Ste-Euphémie (l’anc. Sinus Hipponiates ou Lameticus). — On connaît aussi sous ce nom un bourg voisin d’Athènes (l’anc. bourg de Colones), où se trouve une belle église de Ste-Euphémie.

SAINTE-FOIX (POULLAIN de). V. SAINT-FOIX.

SAINTE-FOY, bg du dép. du Rhône, à 4 kil. de Lyon, sur la r. dr. du Rhône ; 4462 h. Vins estimés.

SAINTE-FOY-LA-GRANDE, ch.-l. de c. (Gironde), à 40 kil. E. de Libourne ; 3856 hab. Église et école calvinistes. Bons vins blancs et eau-de-vie. Cette ville était au XVIe s. une des places fortes des Protestants.

SAINTE-GENEVIÈVE, ch.-l. de c. (Aveyron), à 46 kil. d’Espalion ; 1543 hab. Bestiaux.

SAINTE-HÉLÈNE, île de l’Océan Atlantique, par 6° 9′ long. O., 15° 65′ lat.S., à 1550 k. O. de la côte d’Afrique et 3300 E. de celle du Brésil ; 17 k. de long sur 10 de large ; 45 kil. de tour ; population, 5000 h., dont env. la moitié se compose de noirs ; ch.-l., James-town, sur la côte N. Rochers escarpés et inabordables, sauf en un seul point, qui est bien fortifié ; montagnes, dont la plus haute, le pic de Diane, a 855m, sites pittoresques et agréables, peu de plaines (la principale est celle de Longwood, dans la partie orientale, où se trouvait la résidence de Napoléon). — Découverte par le Portugais Jean de Noya en 1501, le 18 août, jour de la Ste-Hélène (d’où son nom) ; elle appartint aux Hollandais de 1610 à 1650, et est aux Anglais depuis ce temps. Napoléon y fut retenu prisonnier par le gouvernement anglais depuis le mois de nov. 1815 jusqu’à sa mort, en 1821 ; ses restes en ont été rapportés en France en 1840 et déposés à l’Hôtel des Invalides. Son habitation (Long wood) fut achetée en 1858 par l’emp. Napoléon III.

SAINTE-HERMANDAD. V. HERMANDAD.

SAINTE-HERMINE, ch.-l. de c. (Vendée), à 22 kil. N. O. de Fontenay ; 2069 hab. Huilerie, tannerie.

SAINTE-LIVRADE, ch.-l. de c. (Lot-et-Garonne), à 10 kil. O. de Villeneuve d’Agen ; 3018 hab, Prunes confites dites prunes d’Agen.

SAINTE-LUCIE, une des Antilles anglaises, au N. de celle de St-Vincent, par 63° 22′ long. O., 14° 7′ lat. N. : 45 kil. sur 16 ; 24 000 hab. ; ch.-l., Port-Castries ou le Carénage. Volcan éteint, dit la Soufrière. L’île est divisée en deux parties, la Basse-Terre et la Cabesterre. Elle appartint tour à tour à la France et à l’Angleterre, à qui les traités de 1814 l’ont laissée.

SAINTE-MARGUERITE (île), la plus grande des îles de Lérins. V. LÉRINS.

SAINTE-MARIE (île) ou NOSSI-IBRAHIM, île de la mer des Indes, sur la côte E. de Madagascar, dont elle n’est séparée que par un canal de 5 à 8 kil. ; 45 k. sur 10 ; 6000 hab. ; ch.-l., St-Louis. Occupée par la France dès 1750. C’est auj. notre seul établissement sur la côte E. de Madagascar. Après avoir dépendu de l’île de la Réunion, cette île forme depuis 1851 un gouvt particulier avec Mayotte et Nossi-Bé.

SAINTE-MARIE-AUX-MINES, ville d’Alsace-Lorraine, dans une belle vallée, sur la Liepvrette, à 35 kil. N. O. de Colmar : 12 332 hab. Église calviniste. Mines de plomb et de cuivre dans les montagnes voisines. Teintureries en rouge, fabriques de toiles peintes, d'indiennes et de mousselines ; commerce de kirsch et autres articles. — Cette ville, toute récente, doit son rapide développement à Reber, de Mulhouse, qui y importa, en 1758, le tissage de coton.

SAINTE-MARIE-D'OLORON, commune des B.-Pyrénées, anc. ch.-l. de c., est jointe par un pont à Oloron, et est depuis 1858 réunie à cette ville.

SAINTE-MARIE-D'OIGNIES, bg de Belgique (Hainaut), sur le canal de Charleroi, à 2 kil. S. E. de Philippeville. Grande manufacture de glaces, qui rivalise avec celles de France.

SAINTE-MARIE (Honoré de). V. HONORÉ.

SAINTE-MARTHE, en Colombie. V. SANTA-MARTA.

SAINTE-MARTHE, famille du Poitou qui a fourni à la France un grand nombre d'hommes distingués dans les lettres et dans les emplois publics aux XVIe et XVIIe s. — Scévole de Ste-M., dont le véritable nom était Gaucher qu'il échangea contre celui de Scévole, Scævola, qui en est la traduction latine, né en 1536 à Loudun, m. en 1623, fut contrôleur général des finances en Poitou, puis président des trésoriers de France. Dévoué à Henri III et Henri IV, il résista aux Ligueurs et assista aux États de Blois ainsi qu'à l'Assemblée des Notables de 1597. Maire de Loudun, il y fut surnommé le Père de la patrie. On a de lui Gallorum doctrina illustrium elogia (1598), quelques poésies françaises et des poésies latines estimées, parmi lesquelles la Pædotrophia, poëme sur la manière d'élever les enfants. — Scévole II et Louis, frères jumeaux, fils du préc., nés à Loudun en 1571, morts, le 1er en 1650, le 2e en 1656, s'appliquèrent tous deux à l'histoire par les conseils du président de Thou, furent créés en 1620 conseillers et historiographes du roi, rédigèrent l’Histoire généalogique de la maison de France, Paris, 1619 et 1647, 2 v. in-f., et entreprirent le Gallia christiana (1656), 4 vol. in-fol. Scévole s'associa dans ce dernier travail ses trois fils : Pierre Scévole, Nicolas Charles et Abel Louis. — Ce dernier (1621-97) entra chez les Oratoriens et devint général de l'ordre. Il fut censuré par l'archevêque de Paris Harlay comme suspect de jansénisme et se vit forcé de se démettre. Il recueillit de riches matériaux pour le Gallia christiana et pour un recueil plus vaste encore, l’Orbis christianus. — Denis, 1650-1725, entra chez les Bénédictins de St-Maur et en fut élu général en 1720. Il refondit, avec le secours de ses confrères, le Gallia christiana, auquel ses ancêtres avaient attaché leur nom, et publia sous le même titre un ouvrage entièrement neuf 1715-28, continué de nos jours par M. Hauréau. On lui doit aussi une Vie de Cassiodore (1694) et une Hist. de Grégoire le Grand (1697).

SAINTE-MAURE, ch.-l. de c. (Indre-et-Loire), à 80 kil. E. S. E. de Chinon; 2595 h. Toiles peintes, mouchoirs. Vieux château, belle église du XIIe s. Cette ville a donné son nom à une maison qui a fourni plusieurs branches, dont les principales sont celles des marquis de Nesle, des comtes de Joigny, et des seigneurs, puis ducs de Montausier.

SAINTE-MAURE, Leucade, une des îles Ioniennes, sur la côte de l'Albanie, au N. de Céphalonie; 80 k. de tour; 21 500 h.; ch.-l., Amaxichi. Climat très-chaud, tremblements de terre fréquents.

SAINTE-MENEHOULD, ch.-l. d'arr. (Marne), à 40 kil. N. E. de Châlons, sur l'Aisne, entre deux rochers, près de l'Argonne; 4300 hab. Trib. de 1re inst., collége. Fabr. de serges, tourneries, faïenceries, verreries, tanneries; asperges, andouilles et pieds de cochon renommés. — Cette ville, anc. capit. de l'Argonne, eut des seigneurs particuliers dès le XIIe s. Située sur la frontière de la Lorraine, elle subit un grand nombre de siéges. Le prince de Condé s'en empara en 1652; Louis XIV la reprit l'année suivante. Elle fut presque détruite par un incendie en 1719. Concini y signa en 1614 un traité avec les nobles révoltés. Louis XVI, dans sa fuite, y fut reconnu par Drouet, qui le fit arrêter à Varennes (21 juin 1791).

SAINTE-MÈRE-ÉGLISE, ch.-l. de c. (Manche), à 17 k. S. E. de Valognes; 1575 hab. Beurre, bestiaux.

SAINTE-PALAYE (J. B. de LA CURNE de), érudit, né à Auxerre en 1697, m. en 1781, fut élu membre de l'Académie des inscriptions en 1724 et de l'Académie française en 1758. Il travailla surtout sur nos vieux romanciers, et recueillit 4000 notices de manuscrits français. Il a publié des Mémoires sur l'ancienne chevalerie, 1759-81, a inséré un grand nombre de dissertations dans le recueil de l'Académie des inscriptions, et a laissé 100 vol. in-fol. de manuscrits, conservés à la Bibliothèque impériale et. à la Bibl. de l'Arsenal : on y trouve un Dictionnaire des antiquités françaises, mis à profit par M. Chéruel dans son Dict. des Institutions delà France, 1855.

SAINTE-REINE, v. de France. V. ALISE et REINE (Ste).

SAINTES, Santones, Mediolanum Santonum, ch.-l. d'arr. (Char.-Inf.), sur la r. g. de la Charente, à 69 k. S. E. de la Rochelle ; 10 962 h. Plusieurs chemins de fer. Siége d'une cour d'assises, trib. de 1re inst. et de commerce, bourse; église calviniste, collége, bibliothèque, musée, pépinière; dépôt d'étalons. Anc. évêché. Église St-Pierre (qui est l'anc. cathédrale), avec un beau portail, St-Eutrope, Ste-Marie; restes d'antiquités (naumachie, arc de triomphe, aqueduc, etc.). Vins, eau-de-vie dite de Cognac. — Cette ville, anc. capitale des Santones, puis de la Saintonge, fut détruite en 850 par les Normands. S. Louis battit les Anglais à Saintes en 1242. Aux XVIe et XVIIe s., la ville souffrit beaucoup des guerres de religion ; il s'y tint plusieurs synodes. Saintes fut de 1790 à 1810 le ch.-l. de la Charente-Inférieure.

SAINTES (les), groupe de l'archipel des Antilles, à 12 kil. S. de la Guadeloupe dont il dépend; deux îlots principaux, la Terre d'en haut ou du Vent et la Terre d'en bas ou de dessous le Vent; 1304 h. Bons mouillages ; sol aride, qui cependant produit un café renommé. — Découvertes en 1493, à la Toussaint, par Colomb, qui, pour ce motif, les nomma los Santos, elles furent occupées par les Français en 1648, et pourvues par eux de fortifications formidables, qui les firent nommer le Gibraltar des Indes Occidentales. Prises en 1794 par les Anglais, elles furent rendues à la France en 1814; mais les fortifications avaient été détruites. Le comte de Grasse fut battu par Rodney à la hauteur des Saintes en 1782.

SAINTE-SABE (Duché de). V. HERZÉGOVINE.

SAINTE-SEVÈRE, ch.-l. de cant. (Indre), près de l'Indre, à 12 kil. S. E. de la Châtre 1006 h.

SAINTES-MARIES (les), ch.-l. de cant. (Bouches-du-Rhône), à 27 kil. S. O. d'Arles et tout près de la mer; 1000 hab. Remparts en partie démolis.

SAINTE-SUZANNE, ch.-l. de c. (Mayenne), sur l'Erve, à 37 k. E. de Laval; 1793 h. Vieux remparts (dont une partie fut, à ce qu'on croit, vitrifiée par la foudre).

SAINTONGE, Santones, Santoniensis tractus, anc. prov. de France faisant partie du grand gouvt de Saintonge-et-Angoumois, entre l'Océan et l'Aunis, l'Angoumois, la Guyenne, le Poitou, se divisait en Haute et Basse-Saintonge : la 1re au S., la 2e au N. ; chefs-lieux, Saintes, pour la Hte-Saintonge et pour la Saintonge tout entière, St-Jean-d'Angély pour la Basse. C'est auj. la partie S. du dép. de la Charente-Inférieure. — Ce pays, occupé primitivement par les Santones, fut d'abord compris dans la Gaule Celtique, puis dans la 2e Aquitaine. Les Visigoths s'en emparèrent en 419 et les Francs l'occupèrent en 507, sous Clovis; il forma au IXe s. un comté dépendant du duché d'Aquitaine ou Guyenne, et passa aux Anglais par le mariage d'Éléonore de Guyenne avec Henri II. Du Gueslin reconquit la Saintonge en 1371 et Charles V la réunit à la couronne en 1375.

SAINTONGE-ET-ANGOUMOIS (grand gouvt de), anc. division de la France, bornée à l'O. par l'Océan, à l'E. par le Berry, au N. par le Poitou et au S. par la Guyenne, avait pour ch.-l. général, Saintes. Division : Saintonge, Angoumois, Aunis.

SAINTRAILLES. V. XAINTRAILLES. SAINTRÉ (Jehan ou Jean de), chambellan de Charles VI, se distingua par de nombreux faits d'armes, surtout en Hongrie contre les Turcs. Il est le héros de l’Histoire du petit Jehan de Saintré et de la dame des Belles-Cousines, roman chevaleresque attribué à Ant. La Sale.

SAINTS (les) DU DERNIER JOUR. V. MORMONS.

SAÏS, v. de l’Égypte ancienne, dans le Delta, au N., près du lac de Butus, était le ch.-l. du nome Saïte et de toute la Basse-Égypte. Elle possédait un temple célèbre de Neith-Isis, décoré d'obélisques et de sphinx, et dans lequel on lisait cette inscription : « Je suis ce qui a été, ce qui est, ce qui sera, et nul n'a encore soulevé le voile qui me couvre. » On célébrait à Saïs la grande Fête des lampes. On croit retrouver les ruines de cette ville près du village de Sah-el-Haggar. — On appelait Branche saïtique du Nil un canal qui allait de la branche Agathodæmon au lac de Butus en passant par Saïs.

SAISSAC, ch.-l. de cant. (Aude), à 25 kil. N. O. de Carcassonne ; 1590 h. Fabriques de drap, forges.

SAISSET (Émile), philosophe français, né à Montpellier en 1814, m. en 1863 ; fut élève de l'École normale, professa avec un grand succès dans les colléges royaux, à l'École normale, au Collége de France et à la Faculté des lettres de Paris, et devint en 1862 membre de l'Acad. des sciences morales et politiques. On a de lui des Mélanges d'histoire, de morale et de critique (1859, in-8o); Précurseurs et disciples de Descartes, (1861, in-8o); Spinoza et le spinozisme (1862, in-8o), Le scepticisme : Ænésidème, Pascal, Kant (1863, in-8o).

SAKARIA, Sangarius, riv. de la Turquie d'Asie (Anatolie), naît dans le sandjakat d'Angora, traverse celui de Sultan-Euni, sépare ceux de Boli et de Kodjah-ili, et tombe dans la mer Noire, par 28° 18' long, E., 41° 9' N., après un cours d'env. 50 kil.

SAKATOU, v. de Nigritie centrale ou Soudan, dans le roy. d'Haoussa, par 13° 6' lat. N., 3° 52' long. E., à 225 kil. O. de Kachena, près d'un affluent du Niger ; env. 30 000 h. Anc. résidence du souverain des Fellatahs. Ville assez régulière, avec murailles; deux grandes mosquées, marché spacieux; le palais du sultan forme comme une petite ville. Grand commerce avec l'intérieur de l'Afrique. — Sakatou fut bâtie en 1805 par le cheik fellatah Othman Danfodio, pour être la capitale de l'empire qu'il venait de fonder; son nom signifie halte. Clapperton visita cette ville en 1823 et 1826 et y mourut en 1827.

SAKKARAH, v. de la Basse-Égypte (Djizeh), à 13 kil. S. de Djizeh, sur l'emplacement de l'anc. Memphis. On y voit de nombreuses antiquités : des caveaux renfermant des momies, 11 pyramides, antérieures à celles de Djizeh, et un fameux sphinx, dont la tête est, dit-on, celle du roi Thoutmosis XVIII.

SAKTI ou PARASAKTI, divinité indienne, épouse de Brahma, est la même que Maya. V. MAYA.

SALA, nom ancien de l’Yssel, qui, à ce qu'on croit, a donné son nom aux Francs Saliens.

SALA (Ange), médecin de Vicence, m. en 1640, quitta sa patrie pour cause de religion, et pratiqua son art à Zurich, La Haye, Hambourg, etc. Ses écrits ont été recueillis sous le titre d’Opera medico-chymica, Francfort, 1647, et Rouen, 1650.

SALA (Nicolas), compositeur italien, né en 1701 près de Bénévent, m. en 1800, est auteur d'un Traité du contrepoint pratique, publié à Naples en 1794, et fort estimé.

SALADIN (Salah-Eddyn, vulgt), 1er sultan ayoubite d’Égypte, né en 1137 à Takrit en Mésopotamie. était fils du kourde Ayoub. Il se signala dès sa jeunesse par ses exploits contre les Chrétiens, servit en Égypte pour le compte de l'atabek Noureddin (1164-69), devint vizir du dernier calife fatimite Adhed-Ledinillah, mit fin au califat d’Égypte (1171), puis profita de la mort de Noureddin (1173) et de la minorité de Saleh-Ismaïl, fils de ce prince, pour s'emparer de la régence, de l'atabékiat de Syrie (1175), se rendit indépendant en Égypte, et joignit à ces provinces la plus grande partie de la Mésopotamie. Attaqué par les Chrétiens, il fut vaincu à Ramla (1178), mais il vainquit à Panéade, battit Guy de Lusignan en plusieurs rencontres, notamment à Tibériade où il le fit prisonnier (1187), et la même année mit fin au royaume de Jérusalem par la prise de sa capitale. La chute de Jérusalem détermina la 3e croisade : Saladin éprouva d'abord quelques revers : il se vit enlever St-Jean-d'Acre, Césarée, Jaffa; néanmoins, et malgré la bravoure des Chrétiens, surtout de Richard Cœur de Lion, il put maintenir sa conquête. Il mourut en 1193, laissant un frère, Malek-Adel, et 17 fils, qui se partagèrent son empire. Actif, politique et généreux autant que brave, Saladin était apprécié même par les Chrétiens.

SALADIN II, sultan ayoubite d'Alep (1227-29), arrière-petit-fils du préc., tenta en vain de reconquérir l’Égypte ; il fut assassiné par des officiers tartares.

SALADO (RIO-), riv. de l'Amérique du S., dans la Plata, naît dans la partie N. O. du gouvt de Buénos-Ayres, coule au S. E., et tombe dans le Rio-de-la-Plata par la baie de Samborombou après un cours de 550 k. — Autre riv. de la Plata, formée, dans la prov. de Salta, de la réunion du Guachipas et de l'Arias, coule au S. E., sépare les prov. de Tucuman et de Santiago, entre dans celle de Santa-Fé, et tombe dans le Parana sous le nom de San-Thomé, par 63° 18' long. O., 32° 38' lat. S. après un cours de 1200 k.

SALADO (RIO-), riv. d'Andalousie qui coule près de Tarifa. En 1340 1es Maures furent battus sur ses bords près de Tarifa par les rois de Castille et de Portugal.

SALAGNAC (GRAND-BOURG DE). V. GRAND-BOURG.

SALAMANDRE. V. notre Dict. univ. des sciences.

SALAMANQUE, Salmantica chez les anciens, v. d'Espagne dans l'anc. roy. de Léon, ch.-l. de l'intendance de son nom, sur le Tormès, à 144 kil. O. N. O. de Madrid; 15 000 hab. Évêché, université célèbre, fondée en 1239, et longtemps très-florissante, mais auj. fort déchue. Cette ville renferme de nombreux édifices de tous les âges, ce qui l'a fait nommer la petite Rome : cathédrale antique, 2 autres églises superbes, beaux couvents (celui des Carmes rappelle l'Escurial); beau pont de 27 arches. — Ville très-ancienne. Importante sous les Carthaginois, les Romains et les Goths, elle fut ruinée pendant la domination arabe, mais fut relevée au XIIe s. Les Anglo-Espagnols, commandés par Wellington, gagnèrent sur Marmont à Salamanque, le 21 juil. 1812, une bataille qu'on nomme aussi bataille des Arapiles. — L'intendance de S., entre celles de Zamora au N., de Valladolid au N. E., d'Avila à l'E., de Tolède au S. E., l'Estramadure au S. et le Portugal à l'O, a 216 kil. (de l'E. à l'O.) sur 150, et 290 000 hab.

SALAMINE, Salamis, auj. Coulouri, île de la mer Égée, dans le golfe Saronique, à 4 k. E. des côtes de l'Attique, avait 2 villes principales, Salamis vetus (sur la côte O.), Salamis nova (sur la côte E.). Elle forma anciennement un État particulier, dont Télamon et Ajax sont les rois les plus célèbres. Patrie de Solon et d'Euripide. — Salamine fut longtemps un sujet de guerre entre Mégare et Athènes : cette dernière finit par en rester maîtresse, grâce au dévouement de Solon. En 480 av. J.-C., Thémistocle détruisit près de Salamine la flotte perse. Cette île a suivi toutes les vicissitudes d'Athènes ; soumise aux Turcs en 1456, elle fait auj. partie du roy. de Grèce et est comprise dans le nome d'Attique-et-Béotie.

SALAMINE, auj. Porto-Costansa ou Haï-Sergui, v. de l'île de Cypre, sur la côte orient., fondée par Teucer, fils de Télamon, fut pendant un temps le ch.-l. d'un petit État qui resta indépendant, même sous la domination des Perses et dont les deux Évagoras et Nicoclès sont les rois les plus connus, Après avoir passé sous la domination des rois d’Égypte, elle fut réunie au territoire romain sur la proposition du tribun Clodius. Détruite par un tremblement de terre sous Constantin, elle fut rebâtie, un peu plus au S., par ce prince, qui l'appela Constantia. Ruinée par les Arabes sous le règne d’Héraclius, elle n'a pas été relevée depuis.

SALAMINIENNE (Galère), un des deux vaisseaux sacrés des Athéniens (l'autre était la Paralienne). La Salaminienne était chargée de transporter à leur destination les officiers de la république. Cette galère, sans cesse réparée, dura depuis Thésée jusqu'à Ptolémée Philadelphe. Elle tirait son nom, à ce qu'on croit, de la bat. de Salamine, où elle avait figuré.

SALANGA, île de l'Océan indien. V. DJONKSEYLON.

SALANKEMEN, Acimincum, Salancena, bourg d'Esclavonie (Confins militaires), près du confluent de la Theiss et du Danube, à 28 kil. S. E. de Carlowitz. Le prince Louis de Bade y défit complètement les Turcs en 1691.

SALAPIE, Salapia, auj. Torre delle Saline, v. d'Apulie, près de l'embouch. de l'Aufide, servait de port à la ville d'Arpi. Marais salants, auxquels la ville devait son nom. Annibal la prit et y résida longtemps après la bataille de Cannes; Marcellus la reprit.

SALARIA (Voie), grande voie romaine qui partait de la porte Colline, à Rome, traversait le Latium, la Sabine, et s'étendait au N. E. jusqu'à Adria. C'est par cette voie que les Sabins apportaient à Rome le sel qu'ils tiraient de l'Adriatique.

SALAS DE LOS INFANTES, bg d'Espagne (Vieille Castille), sur l'Artanza, à 44 kil. S. E. de Burgos; 1600 hab. C'est là qu'habitait, dit-on, Gonzalès Gustios, le père des sept infants de Lara.

SALASSES, peuple de la Gaule Cisalpine, à l'angle N. O., dans le pays qui forme auj. l'intendance d’Ivrée et le Val d'Aoste, exploitait des mines d'or entre la Sesia et la Doire. Ils furent soumis en 143 av. J.-C. par les Romains, qui fondèrent sur leur territoire la colonie d’Eporedia (Ivrée). En 25 av. J.-C., ils tentèrent une révolte, qui fut bientôt comprimée par Terentius Varro; on en vendit un grand nombre comme esclaves, et l'on fonda dans leur pays la colonie de Prætoria Augusta (Aoste).

SALAT, riv. de la France, sort des Pyrénées, dans le dép. de l'Ariége, coule au N. O., entre dans le dép. de la Hte-Garonne, baigne Oust, St-Girons et St-Lizier, et tombe dans la Garonne par la r. dr., entre Martres et St-Martory, après un cours de 90 k.

SALBRIS, ch.-l. de c. (Loir-et-Cher), sur la Sauldre, à 26 kil. N. E. de Romorantin; 1703 h. Station du chemin de fer de Paris à Bordeaux.

SALCES, Salsulæ, bg des Pyrénées-Orient., à 15 kil. N. de Perpignan; 1200 h. Source saline froide. Vin blanc excellent, dit de Macabec et de Grenache. Jadis ville forte, prise par les Français sur les Espagnols en 1639 et 1642. Restes du château fort.

SALDÆ, v. de Mauritanie, auj. Bougie.

SALDANA, Eldana, bg d'Espagne (Vieille-Castille), à 60 k. N. N. O. de Palencia, sur le Carrion. Pont de 23 arches, église San-Miguel, dont la cloche a plus de 1000 ans d'ancienneté. Titre de comté.

SALÉ ou VIEUX-SALÉ, Sala, v. et port du Maroc (Fez), à l'emb. du Bouregreb dans l'Atlantique, à 165 kil. O. de Fez; env. 24 000 hab. Son port, jadis important, auj. presque ensablé, était naguère un repaire de pirates. — NOUVEAU-SALÉ. V. RABAT.

SALÉ (lac), lac de l'Amérique du Nord (Utah), au N. du lac Utah, avec lequel il communique. Les Mormons se sont établis sur ses bords et y ont construit une grande ville, Salt-Lake-City.

SALEM, ancien nom de Jérusalem.

SALEM ou TCHELAM, v. de l'Inde anglaise (Madras), ch.-l. de district, à 185 k. S. O. de Pondichéry; 15 000 hab. Coton, salpêtre. — Prise par les Anglais dès 1768, elle ne leur appartient que depuis 1792.

SALEM, v. et port des États-Unis (Massachussets), sur l'Atlantique, à 23 kil. N. E. de Boston; 24 000 h. Muséum, athénée; chantiers de construction ; nombreuses manufactures, produits chimiques. Fondée en 1626. — Ville de la Caroline du Nord, à 150 k. N. O. de Raleigh, est peuplée de Frères Moraves; 2000 h.

SALEMBRIA, nom moderne de PÉNÉE.

SALENCY, village du dép. de l'Oise, sur l'Oise, à 5 kil. E. de Noyon et à 35 k. N. O. de Compiègne; 900 hab. La fête de la Rosière, dans laquelle on couronne chaque année la fille la plus vertueuse du pays, y fut instituée en 535 par l'évêque de Noyon, S. Médard ; elle se célèbre le 8 juin.

SALENGORE, v. de l'Inde Transgangétique, à l'embouch. du Salengore, à 170 k. N. O. de Malacca, est la capit. d'un petit État de même nom, situé entre ceux de Pérak au N., de Malacca au S., de Pahang à l'E. et la mer à l'O. On en retire de la poudre d'or, de l'étain, de l'ivoire, du camphre, du sang-dragon.

SALENTE, nom donné à la capit. supposée des Salentins, qui aurait été fondée par Idoménée. On la place sur la côte de la Calabre. V. SOLETO.

SALENTINS, peuple de l'Italie mérid., dans l'Iapygie, sur les côtes, avaient Hydronte et Brundusium pour places principales. Ils prirent part aux guerres des Samnites contre les Romains et furent complètement soumis en 267 av. J.-C.

SALERNE, Salernum en latin, Salerno en italien, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples, ch.-l. de la Principauté Citérieure, sur le golfe de Salerne, à 55 kil. S. E. de Naples; 12 000 hab. Archevêché, cour criminelle et trib. civil, lycée. Port sur la mer Tyrrhénienne, jadis florissant, auj. ensablé;, château fort; cathédrale gothique, qui renferme le tombeau de Grégoire VII et qui est orné d'un grand nombre de colonnes, tirées des ruines de Pæstum. Salerne possédait jadis une université, fondée par Robert Guiscard à la fin du XIe s., ou même antérieure à ce prince, et célèbre surtout par son école de médecine. On connaît sous le titre Médecine de l'école de Salerne (Medicina Salertina seu Regimen sanitatis) un recueil d'aphorismes de médecine, en vers latins, composé, à ce qu'on croit, vers l'an 1100 par Jean de Milan, pour Robert, duc de Normandie ; ce poëme, dont il ne restait guère que le tiers, a été publié avec notes par René Moreau, Paris, 1625; puis travesti en vers burlesques par L. Martin, 1653, et paraphrasé en vers français par Bruzen de la Martinière, 1743, et par le Dr Levacher de la Feuverie, 1782. M. Ch. Meaux-St-Marc en a donné une édition plus complète (3520 vers), avec traduction en vers français, 1861. — Salerne, fondée par les Grecs ou par les Tyrrhéniens, reçut une colonie romaine en 195 av. J.-C. et devint importante sous l'Empire. Prise par les Goths, puis par les Lombards, elle fut quelque temps la résidence des ducs lombards de Bénévent. En 840, ces ducs en furent chassés et Salerne s'érigea en principauté indépendante. En 1016, des chevaliers normands, revenant de la Terre-Sainte, gagnèrent près de Salerne une victoire sur les Sarrasins. En 1075, le Normand Robert Guiscard s'empara de cette principauté et la réunit au duché de Pouille. La ville fut prise et presque détruite en 1096 par l'emp. Henri IV. Dans la suite, elle échut à la couronne de Naples, et, depuis, les premiers-nés des rois de ce pays portèrent le titre de princes de Salerne jusqu'à Robert (1309). Le titre de prince de Salerne fut depuis donné par le roi Ferdinand I à la maison de San-Severino (1463). Salerne est la patrie de Jean de Procida.

SALERNES, ch.-l. de cant. (Var), sur la Bresque, à 24 kil. O. de Draguignan; 3006 hab. Moulins à huile; vins, figues, etc.

SALERS, ch.-l. de c. (Cantal), près de la Marone, à 17 kil. S. E. de Mauriac; 985 h. Salers donne son nom à une race de bœufs estimés.

SALES, anc. château de la Hte-Savoie, dans le Chablais, près d'Annecy, a donné son nom à une famille noble qui a produit S. François de Sales et plusieurs autres personnages illustres. Louis, comte de Sales, frère de François (1577-1654), suivit en Italie le jurisconsulte Ant. Favre, chargé d'une mission près du St-Siége. Louis de Sales garantit la Savoie des attaques des Espagnols stationnés en Franche-Comté, négocia le traité de Dôle, et défendit Annecy contre Louis XIII. — Charles de S., chevalier de Malte, fils de Louis, 1625-66, se signala contre les Turcs, eut part à la défense de Candie (1650) ; fut gouverneur pour son ordre de la partie française de l'île de St-Christophe, qu'il gouverna ensuite pour Louis XIV avec le titre de vice-roi, et périt en repoussant les Anglais qui assiégeaient St-Christophe.

SALES (DELISLE DE). V. DELISLE DE SALES.

SALFI (François), littérateur, né en 1759 à Cosenza, m. en 1832, se montra grand partisan de la Révolution française et devint secrétaire général du gouvernement établi par les Français à Naples ; professa à Milan l'histoire et la philosophie, puis la diplomatie et le droit public, et vécut en France depuis 1815. On a de lui, en italien des tragédies (Conradin, Médée, Saül), et des Discours sur l'histoire des Grecs, 1817 ; et en français : Continuation de l'histoire littéraire de Ginguené, 1823 et ann. suiv., Résumé de l'histoire de la littérature italienne, 1826, et de nombreux articles dans la Biographie universelle.

SALGAR (Modhaffer-Eddyn), chef turcoman, enleva aux Seldjoucides le Farsistan vers 1148, prit le titre d'atabek et mourut en 1161. Il fonda la dynastie des Salgarides ou Salgouriens, à laquelle l'invasion d'Houlagou mit fin en 1264.

SALGHIR, riv. de Crimée, prend sa source près du Tchatyr-Dagh, traverse Simféropol, fait sa jonction avec le grand Kara-sou et tombe dans la mer Putride, après avoir arrosé des contrées fertiles.

SALHIEH, v. de la Basse-Égypte, à 56 kil. N. E. de Belbeys; 6000 h. Elle est la clef de l’Égypte du côté de la Syrie. — Salhieh fut bâtie par Saladin. Bonaparte défit aux environs Ibrahim-bey en 1798; Kléber s'en empara en 1800.

SALIBABO (îles), groupe de la Malaisie, entre les Philippines et les Moluques, au N. O. de l'île Gilolo. Salibabo, la principale, a 27 k. sur 10 et env. 3000 h.

SALICE, ch.-l. de cant. (Corse), à 25 kil. N. E. d'Ajaccio; 397 hab. Abeilles, tabac.

SALICETI (Guill.), en latin De Saliceto et Placentinus, médecin italien, né à Plaisance vers 1200, unit la pratique de son art aux fonctions sacerdotales, exerça à Bologne et à Vérone, et laissa des ouvrages qui jouirent d'une grande autorité, entre autres une Somme de médecine, Summa consevationis, Plais., 1475, et un traité de Chirurgie (1476), encore plus estimé, trad. par N. Prévôt, Lyon, 1472. Il fut un des premiers parmi les modernes à employer le fer et le feu pour guérir les plaies qu'on ne guérissait auparavant qu'avec des topiques.

SALICETI (Christophe), né en 1757 à Bastia, d'une famille originaire de Plaisance, m. en 1809, était avocat en Corse au moment de la Révolution. Député à l'Assemblée Constituante, il y fit décréter l'admission des Corses au titre de citoyens français. Il fut aussi membre de la Convention et du Conseil des Cinq-Cents. Un moment écarté par Bonaparte, après le 18 brumaire, pour s'être opposé à ce coup d État, il rentra bientôt en faveur et fut chargé de plusieurs missions en Italie. Ministre de la police et de la guerre à Naples sous Joseph et Murat, il montra dans son administration beaucoup d'énergie et d'habileté, mais il se fit beaucoup d'ennemis : des conjurés tentèrent de le tuer en faisant sauter son hôtel et il n'échappa que par hasard à la mort.

SALIENS, prêtres de Mars chez les Romains, chargés de garder les anciles, étaient au nombre de 12 et étaient ainsi nommés parce que, lorsqu'ils parcouraient la ville en portant les boucliers sacrés, ils exécutaient des danses guerrières en sautant d'un mouvement vif et prompt (saliendo). On nommait Chants saliens les hymnes qu'ils chantaient : c'étaient de vieux poëmes qu'eux-mêmes n'entendaient plus.

SALIENS (FRANCS), peuple franc qui occupa a diverses époques les bords de l'Yssel (Isola ou Sala), et ceux de la Saale. Ils avaient un code particulier connu sous le nom de Loi salique. V. ce mot.

SALIERI (Antoine), compositeur, né à Legnano en 1750, m. à Vienne en 1825, a donné, soit à Paris, soit à Vienne, un grand nombre d'opéras, dont le plus connus sont : les Danaïdes (1784), Tarare (1787), dont le poëme fut écrit par Beaumarchais, et Assur, roi d'Ormus (en italien), 1788.

SALIES, ch.-l. de c. (Hte-Garonne), sur le Salat, à 26 kil. S. E. de St-Gaudens ; 789 hab. Sources salées. — Ch.-l. de c. (B.-Pyrénées), à 16 k. O. d'Orthez; 5298 hab. Sel estimé, jambons excellents, dits de Bayonne. Eaux alcalines et bromo-iodurées.

SALIGNAC, ch.-l. de c. (Dordogne), à 16 kil. N. de Sarlat; 1462 hab. Berceau de la famille de Fénelon. Mines de houille et de lignite, truffes.

SALINAS, nom de plusieurs lieux de l'Espagne, ainsi appelés des salines qui s'y trouvent. Le plus connu est un bourg du Guipuscoa, sur la Deba et sur la route qui conduit d'Espagne en France, et à 15 k. N. E. de Vittoria, près duquel se trouve un défilé où les Espagnols massacrèrent un convoi de Français malades dans la guerre de 1810.

SALINATOR (LIVIUS). V. LIVIUS.

SALINS, Salinæ, ch.-l. de c. (Jura), au pied du mont Poupet, sur la Furieuse (affluent de la Loue), à 24 kil. N. E. de Poligny; 7361 hab. Place de guerre, chemin de fer. Trib. de commerce, collége, bibliothèque, théâtre. Forges, hauts fourneaux, martinets, tanneries; commerce en bois, vins (très-estimés), eaux-de-vie. Sources salées, qui constituent la principale richesse de la ville et lui ont valu son nom : ce sont des eaux bromo-iodurées. Patrie de l'abbé d'Olivet. — Cette ville s'est formée au VIe s., autour d'une abbaye de St-Maurice, à laquelle le roi des Burgundes Sigismond avait donné la propriété des salines des environs. Elle était autrefois divisée en 2 bourgs, Bourg-le-Sire et Bourg-le-Comte, qui ont été réunis en 1497. Elle appartint longtemps aux rois, puis aux ducs de Bourgogne. Souvent assiégée par les Français, prise en 1668 et 1674, elle fut enfin cédée à la France par le traité de Nimègue (1678) ; elle fit partie jusqu'en 1790 de la Franche-Comté. En 1825, un incendie terrible dévora la plus grande partie de la ville; elle a été rebâtie sur un plan plus régulier.

SALIQUE (Loi), code des Francs Saliens, rédigé, suivant les uns, avant Clovis (dès 420), selon d'autres, sous ce prince, mais remanié à diverses reprises, notamment sous Dagobert I. Nous n'en possédons que des textes latins, et l'on ignore s'il a jamais existé en une autre langue. La loi salique fut lue aux Saliens dans trois champs de mai consécutifs, et sanctionnée de leur approbation. Sous sa dernière forme elle contient 400 articles; presque tout y roule sur des délits, tels que vols, violences, blessures et meurtres, sur les peines applicables à ces délits et sur la quotité des amendes ou indemnités (wehrgeld) qui constituent la plus grande partie de ces peines. L'article le plus fameux de la loi salique est le 6e du titre 62, selon lequel les mâles seuls pourront succéder à la terre salique ou lod, fief donné au guerrier en vue du service militaire. En 1317, après la mort de Louis le Hutin, et sur la proposition de Philippe le Long, cet article, qui n'avait été appliqué jusque-là qu'aux propriétés particulières, fut pour la 1re fois appliqué à la succession à la couronne; il a depuis été reçu en ce sens comme une des lois fondamentales de la monarchie. Le nom de Loi salique dérive du nom même des Francs Saliens. La Loi salique a été publiée et commentée en 1843 par M. Pardessus, qui en a recueilli 5 textes différents.

SALIS (Ulysse, baron de), d'une anc. famille du pays des Grisons, 1594-1674, se mit au service de la France, fut employé sous le duc de Rohan dans la guerre de la Valteline, et devint maréchal de camp, puis gouverneur de Coni. — Charles Ulysse de S., 1728-1800, remplit d'importants emplois dans la république des Grisons. Il fit arrêter en 1792 Sémonville, ambassadeur de France, et le livra aux Autrichiens. Quand la France fut maîtresse de la Suisse, il prit la fuite et fut condamné à mort par contumace. Il se retira à Vienne. On a de lui, entre autres ouvrages : Fragments de l'histoire politique de la Valteline, 1792; Archives historico-statistiques pour les Grisons, 1799. — J. Gaudenz de S., 1762-1834, anc. capit. de la garde suisse au service de la France, s'est distingué comme poëte élégiaque et lyrique.

SALISBURY ou NEW-SARUM, Sarisberia, v. d'Angleterre, ch.-l. du comté de Wilts, sur l'Avon et le canal de Salisbury à Southampton, à 140 kil. S. O. de Londres; 12 000 hab. Évêché; magnifique cathédrale gothique, datant de 1283; collége ou école de sages-femmes. Coutellerie, lainages, dentelles. A 12 k. de là, fameux monument druidique, dit Stone-Henge. — L'importance de Salisbury ne date que du moment où l'évêché d'Old-Sarum y fut transféré (1217).

SALISBURY. V. JEAN DE SALISBURY ET CECIL.

SALIVAHNA, roi de Pratisthana, dans le Décan, régnait au 1er s. de J.-C. Il vainquit et tua Vicramaditya, qui avait envahi ses États. Son nom a été donné à une ère, dite aussi Ère des Saces, qui commence en 78.

SALLANCHES, v. de France (Hte-Savoie), dans l'anc. Faucigny, à 48 kil. N. O. d'Annecy; 1943 hab. Belle vue. Brûlée en 1519, 1768 et 1840.

SALLENGRE (A. Henri de), littérateur, né à Lahaye en 1694, d'une famille de réfugiés français, m. en 1733, fut avocat de la cour de Hollande, conseiller du prince d'Orange, commissaire de finances des États, généraux. Il a laissé, entre autres ouvrages, un Éloge de l'ivresse (1715), spirituel badinage, des Mémoires de littérature, 1715 (continués par Desmolets); Novus thesaurus antiquitatum romanarum, 1716 (faisant suite à celui de Grævius); Essai sur l'histoire des Provinces-Unies, 1728, et a eu part au Journal de La Haye, 1713-22, et au Chef-d'Œuvre d'un inconnu de St-Hyacinthe.

SALLES, ch.-l. de c. (Aude), à 22 kil. O. de Castelnaudary; 1216 hab. Cascades, grotte.

SALLES-CURAN, ch.-l. de c. (Aveyron), à 34 kil. N. O. de Milhau; 2495 hab.

SALLIER (l'abbé Claude), né en 1685 à Saulieu en Bourgogne, m. en 1761, étudia la théologie à Dijon, puis vint à Paris, où il fit l'éducation du fils de la comtesse de Rupelmonde, fut admis à l'Académie des inscriptions en 1715, et à l'Académie française en 1739, fut nommé professeur d'hébreu au Collége de France (1719), et garde des manuscrits de la Bibliothèque du roi (1721). Il a donné à l'Académie des inscriptions un grand nombre de savants Mémoires sur des objets d'antiquité, de philologie et de littérature, notamment des Remarques et corrections sur Eschyle, Sophocle, Euripide, Platon, Longin, Cicéron, a traduit plusieurs écrits de Cicéron, et a rédigé avec Boudot le catalogue des livres imprimés de la Bibliothèque du roi.

SALLO ou SALO (Denis de), conseiller au parlement de Paris, né en 1626, m. en 1669, fonda en 1665 le Journal des Savants. La liberté avec laquelle il jugeait les auteurs lui fit bientôt des ennemis, et au bout de quelques mois le privilège du journal lui fut retiré; cependant Colbert lui donna en dédommagement un emploi dans les finances. On cite de Sallo des traits de bienfaisance qui honorent sa mémoire.

SALLUSTE, C. Sallustius Crispus, célèbre historien latin, né en 86 av. J.-C., d'une bonne famille plébéienne d'Amiterne, passa sa première jeunesse à Rome dans la licence. Surpris par Milon en adultère avec Fausta, femme de celui-ci, il entra de dépit dans le parti démocratique, que Milon combattait. Il obtint la questure, puis le tribunat, seconda les fureurs de Clodius, eut grande part aux troubles dont Rome fut le théâtre à la mort de ce factieux, et fut exclu du sénat par le censeur pour immoralité. Il se fit alors l'agent secret de César à Rome, alla le trouver dans son camp en 50, devint de nouveau, par son appui, questeur (48), puis fut fait préteur (46), et, en cette qualité, eut part à la guerre d'Afrique. Nommé proconsul de Numidie (45), il pilla sa province, et revint à Rome chargé de richesses (44) : accusé de concussion par ses anciens administrés, il réussit, par l'influence de César, à se faire acquitter, mais il quitta dès lors la carrière politique. Il éleva sur le mont Quirinal un palais magnifique, avec des jardins délicieux et consacra ses loisirs à écrire l'histoire romaine. Il mourut vers l'an 36 av. J.-C. L'ouvrage capital de Salluste était la Grande Histoire, en 5 livres, comprenant tous les événements depuis la mort de Sylla jusqu'à la conspiration de Catilina : il n'en reste que des fragments : cette perte est irréparable. Nous avons de lui la Guerre de Catilina et la Guerre de Jugurtha, ainsi que deux Lettres à César, écrites la 1re avant l'entrée de ce général à Rome, la 2e après la bataille de Pharsale, et qu'il faut regarder comme des brochures politiques suggérées par César lui-même. Les ouvrages de Salluste sont remarquables par la vigueur et la précision du style, la perspicacité, la science pratique qui décèle l'homme d’État; les discours dont il les parsème sont des modèles d'éloquence serrée et concise; mais on y trouve de la partialité, des lacunes ou des omissions calculées, des digressions, et une certaine affectation d'expressions et de tournures vieillies. Les principales éditions de Salluste sont celles de Rome, 1470; d'Elzevir, Amst., 1634, in-12; Variorum, Amst., 1674 et 1690, in-8; d'Havercamp, Amst. 1742; de Burnouf (dans la collection de Lemaire), Paris, 1821, in-8; de F. D. Gerlach, Bâle, 1823-31, 3 v. in-4. Traduit dans toutes les langues de l'Europe, cet auteur l'a été en français par Dotteville, Beauzée, Mollevaut, Billecocq;, Dureau De la Malle, Durozoir (dans la collection Panckoucke), Gomont, Moncourt, 1855, Dévelay, 1862, etc. Le président Brosses a écrit la Vie de Salluste.

SALLUSTE, Secundus Sallustius Promotus, philosophe et homme d'État du IVe s., né dans les Gaules, fut préfet des Gaules sous Constance et chargé par ce prince de surveiller la conduite de Julien, alors relégué à Lutèce. Il obtint l'amitié du jeune prince, qui, lorsqu'il fut empereur, lui confia les emplois les plus importants, le nomma préfet de l'Orient, et l'éleva au consulat (363). Il suivit Julien dans son expédition contre les Perses et mourut vers 370. On lui attribue un traité grec De Diis et Mundo, opuscule aussi remarquable par le style que par les pensées, publié à Rome par Naudée, 1638, à Zurich par Orelli, 1821, et trad. en français par Formey, Berlin, 1748. — Un autre Salluste, d'Émèse, qui vivait au Ve s., suivit les leçons de Proclus, et partagea d'abord les doctrines des Néoplatoniciens, mais il les abandonna pour celles des Cyniques. On lui attribue aussi, mais avec moins de raison, le traité de Diis.

SALLUVII. V. SALYES.

SALM, nom de deux petits comtés jadis indépendants : l'un, le Ht-Salm (Ober-Salm), était dans les Vosges, sur les frontières de l'Alsace et de la Lorraine, et avait pour ch.-l. Sénones; l'autre, le Bas-Salm (Nieder-Salm), était dans les Pays-Bas, sur les frontières des prov. de Liége et du Luxembourg, et avait pour ch.-l. Salm, qui se trouve auj. dans la prov. du Luxembourg, à 40 k. S. E. de Liége, sur une petite riv. de Salm, affluent de l'Amblève.

SALM (maison de), maison princière d'Allemagne qui possédait les comtés de Salm ainsi que plusieurs autres domaines sur la r. g. du Rhin, remonte au IXe s. A la mort de Théodoric, comte de Salm, en 1040, ses États furent partagés entre ses deux fils, Jean-Henri et Charles, qui formèrent deux lignes. La ligne aînée, dite de Ht-Salm, se divisa elle-même en plusieurs branches, dont la branche directe s'éteignit au XVIIe s., et dont une branche collatérale forma les maisons de Salm-Salm, Salm-Kyrbourg et Salm-Horstmar (depuis 1816). Dans la ligne cadette, dite de Bas-Salm, la branche directe s'éteignit dès 1413, mais la branche collatérale de Reifferscheid forma, à partir de 1629, les maisons de Salm-Reifferscheid, Salm-Krautheim, Salm-Hainspach, Salm-Raitz, et Salm-Dyck. Tous les princes de Salm ont été médiatisés en 1802 et en 1810 : ceux de SalmSalm, Salm-Kyrbourg et Salm-Horstmar dépendent de la Prusse; ceux de Salm-Reifferscheid, Salm-Krautheim et Salm-Dyck relèvent du Wurtemberg et du grand-duché de Bade. Les personnages connus de cette maison sont :

Ch. Théod. Othon, prince de Salm-Kyrbourg, général au service de l'Allemagne. L'empereur Léopold lui confia l'éducation de son fils Joseph et l'éleva au poste de premier ministre. Il rendit de grands services a l'Empire par la sagesse de ses conseils, mais il se retira de bonne heure pour ne plus s'occuper que de son salut. Il mourut en 1710. — Frédéric de Salm-Kyrbourg, né à Limbourg en 1746. Il se fixa à Paris, y fit bâtir le bel hôtel qui est auj. le palais de la Légion d'honneur, prit part en 1787 au soulèvement de la Hollande, et se présenta dans ce pays comme un agent de la France ; mais il y mena une conduite équivoque et laissa prendre Utrecht par le roi de Prusse. Pendant la Révolution, il embrassa la cause populaire, ce qui ne l'empêcha pas de périr sur l'échafaud en 1794. — Joseph, prince de Salm-Dyck, né en 1773 au château de Dyck, près de Neuss, se vit enlever en 1802, par le traité de Lunéville, ses États héréditaires, qui furent réunis à la France, puis à la Prusse (1814). Ami des sciences, il fonda à Dyck un jardin botanique. Il épousa en 1803 Constance de Théis.

SALM (Constance de THÉIS, princesse de), né à Nantes en 1767, m. à Paris en 1845, était fille d'un maître des eaux et forêts. Elle composa dès l'âge de 18 ans de charmantes poésies, entre autres la chanson de Bouton de Rose, qui fut chantée par toute la France, donna en 1794 Sapho, tragédie lyrique qui obtint un brillant succès, mais vit échouer au Théâtre-Français son drame de Camille, 1796. Depuis, elle se voua de préférence à la poésie didactique et lyrique : ses cantates, ses dithyrambes, ses discours en vers, ses épîtres, lui firent une grande réputation sous l'Empire. Poëte penseur, elle se distingue par la justesse des idées : aussi l'avait-on surnommée la Muse de la raison, le Boileau des femmes. Elle a écrit en prose des Pensées, des Éloges, et un roman, Vingt-quatre heures d'une femme sensible (1824), qui eut une foule de lecteurs. Ses Œuvres complètes forment 4 vol. in-8, 1837 et l842. Mariée fort jeune à Pipelet de Leury, médecin du roi, elle n'avait pas trouvé le bonheur dans cette union; elle contracta en 1803 un second mariage avec le comte (depuis prince) de Salm-Dyck, qu'avaient charmé son esprit et sa beauté.

SALMACIS, naïade de Carie, éprise d'Hermaphrodite, obtint des dieux de ne faire qu'un seul corps avec lui. V. HERMAPHRODITE.

SALMANASAR, roi de Ninive de 724 à 712 av. J.-C., prit Samarie et envoya nombre d'Israélites captifs sur les bords du Tigre, tandis que des colonies assyriennes venaient habiter la Judée; il porta ensuite ses armes en Syrie et soumit la Phénicie, mais sans pouvoir s'emparer de Tyr.

SALMERON (Alph.), un des fondateurs de la Société de Jésus, né à Tolède en 1515, m. en 1585, étudia dans les universités d'Alcala et de Paris, se lia avec Ignace de Loyola, qui le choisit pour un de ses coopérateurs, parcourut l'Italie, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la France, combattant partout les novateurs, fut nonce du pape en Irlande et l'un des orateurs du St-Siége au concile de Trente, et devint supérieur de son ordre. Il a laissé des Commentaires estimés sur le Nouveau-Testament, Madrid, 1547-1602, 8 vol. in-fol.

SALMONÉE, fils d’Éole, régna en Thessalie, puis dans le Péloponèse, en Élide, où il bâtit une ville de son nom. Fier de sa puissance il voulut rivaliser avec Jupiter : dans le but d'imiter le tonnerre et les éclairs, il faisait rouler avec fracas, sur un pont d'airain, un char, du haut duquel il lançait des torches, images de la foudre. Jupiter, pour punir sa témérité, le précipita dans le Tartare.

SALMYDESSE, auj. Midiah, v. de Thrace, à l'E., sur le Pont-Euxin, avait un beau port.

SALO, fl. d'Hispanie, est auj. le Xalon.

SALO, v. de Lombardie, sur la rive occid. du lac de Garda, à 25 kil. N. E, de Brescia; 5000 h. Société d'agriculture, qui remonte au XVe s. ; tanneries, verrerie; grand commerce de fruits. Vestiges d'antiquités. — Prise par les Français en 1796.

SALODURUM, v. des Hélvétiens, est auj. Soleure.

SALOMÉ, fille d'Hérode-Antipater et sœur d'Hérode le Grand, eut trois maris, dont elle fit le malheur : son oncle Joseph, Costobare et Alexas. Elle accusa le 1er de liaisons criminelles avec Mariamne, femme d'Hérode et fit livrer au supplice les prétendus coupables (29 av. J.-C.); elle répudia Costobare, et le fit condamner comme traître (26) ; elle déshonora Alexas par ses liaisons scandaleuses avec l'Arabe Sillée. En outre, elle mit la division dans la maison du roi son frère, et l'excita même à mettre à mort ses deux fils, Alexandre et Aristobule (9 av. J.-C.).

SALOMÉ, la Danseuse, fille d'Hérode-Philippe et d'Hérodiade, était nièce d'Hérode-Antipas et petite-nièce de la 1re Salomé, et épousa le fils d'un autre Hérode, roi de Chalcis. Ayant exécuté avec grâce quelques pas devant son oncle Hérode-Antipas, elle demanda en récompense la tête de S. Jean-Baptiste, qui lui fut aussitôt livrée (32) : c'est à l'instigation de sa mère Hérodiade qu'elle fit cette demande barbare.

SALOMÉ (Marie), femme de Zébédée, et mère de S. Jacques le Majeur et de S. Jean l'Évangéliste, accompagna Jésus au Calvaire, et fut du nombre des saintes femmes qui achetèrent des parfums pour l'embaumer, mais qui trouvèrent le sépulcre vide.

SALOMON, 3e roi des Juifs, fils et successeur de David, avait pour mère Bethsabée. A la mort de son père (en l'an 1001 av. J.-C. ou, selon une autre chronologie, 1016), il eut à lutter contre les prétentions d'Adonias, son frère, qu'il fit mourir, ainsi que Joab et Séméï, partisans de ce prince. En paix avec ses voisins, il fit bâtir le magnifique temple de Jérusalem, dont la construction dura sept ans, entoura sa capitale de fortes murailles, fonda diverses villes, entre autres Tadmor (Palmyre), éleva des palais, acheva de soumettre les nations voisines, étendit sa domination jusqu'à l'Euphrate et à l’Égypte, fit fleurir la justice et l'ordre, protégea le commerce, équipa des flottes puissantes, acquit le port d'Asiongaber sur la mer Rouge, et dirigea vers les contrées les plus lointaines des expéditions qui lui rapportaient des bois précieux. des parfums, de l'ivoire et l'or d'Ophir. Il était partout renommé pour sa magnificence, sa justice, et surtout pour sa science et sa sagesse : on connaît le moyen ingénieux qu'il employa pour reconnaître la véritable mère d'un enfant que deux femmes se disputaient. La reine de Saba, en Arabie, attirée par sa réputation, quitta son pays, afin devenir le voir et l'entendre. Enivré par la prospérité, Salomon ternit la fin de sa vie par d'inexcusables faiblesses : il eut, dit-on, jusqu'à 1000 femmes; pour plaire à ces femmes, il toléra souvent le culte des idoles. Pour le punir, Dieu divisa son royaume après lui (V. ROBOAM). Il mourut en 962 ou 976, après un règne de 40 ans. Suivant les Orientaux, Salomon avait écrit sur toutes les sciences. La Bible contient trois de ses écrits, les Proverbes, le Cantique des cantiques, l’Ecclésiaste. Quelques auteurs lui attribuent le livre de la Sagesse et les psaumes LXXII et CXXVII.

SALOMON, roi de Hongrie, fils d'André I, né en 1045, fut couronné en 1050, mais ne put se faire reconnaître à la mort de son père (1061). Il monta sur le trône en 1063 à la mort de son oncle Béla, qui avait usurpé; mais il fut renversé en 1074. Il m. en 1087.

SALOMON I, duc de Bretagne qu'on fait régner après Conan, son aïeul, vers 421, périt dans une émeute (434). — II, 4e fils et successeur de Hoël III (612-32), laissa le trône ducal à Judicaël, son frère aîné. — III, fut quelque temps écarté du trône par un usurpateur, parvint à s'y établir en 851, s'unit à Charles le Chauve contre les Normands et leur reprit Angers (872), ce qui lui valut le titre de roi. Il fut assassiné en 874. SALOMON (Iles), archipel du Grand Océan équinoxial, à l'E. de la Nouv.-Guinée, par 4°-12° lat. S. et 152°-161° long. E. — Découvertes en 1568 par Mendana, qui les appela îles de Salomon à cause des richesses qu'il leur attribuait; explorées en 1769 par Surville, qui, à cause de la férocité des habitants, les nomma îles des Arsacides, mot qu'il croyait synonyme d’Assassins, et en 1782 par Shortland, qui leur donna le nom de Nouv.-Géorgie. Dumont d'Urville compléta en 1838 la reconnaissance de cet archipel.

SALON, Salo, ch.-l. de c. (Bouches-du-Rhône), sur le canal de Crapone, à l'entrée de la vallée de Pélissane, à 33 kil. N. O. d'Aix; 6533 hab. Église St-Michel, bâtie par les Templiers. Filatures de soie, chapeaux, savon, cire, chandelle, tanneries, moulins à huile. Ville très-ancienne, qui appartint longtemps aux archevêques d'Arles. Patrie d'Adam de Crapone, habile ingénieur; résidence de Nostradamus.

SALONE, Salona, capitale de la Dalmatie ancienne, sur le Jader, au N., chez les Autariates, est fameuse comme patrie et lieu de retraite de Dioclétien ; on y voyait encore au XVIe s. des restes du palais de l'empereur. On en trouve les ruines aux env. de Spalatro.

SALONE, Amphissa, v. de Grèce. V. AMPHISSA.

SALONINE, P. Licinia Julia Cornelia Salonina, impératrice, femme de Gallien, qui l'épousa vers 243, se rendit célèbre par ses vertus et ses talents, et favorisa les savants, notamment Plotin. Elle accompagnait son mari dans ses expéditions; elle fut mise à mort avec lui sous les murs de Milan (268).

SALONIQUE, Therma, puis Thessalonice chez les anciens, v. et port de la Turquie d'Europe (Roumélie), ch.-l. de sandjakat, sur le golfe de Salonique (Thermaïcus sinus), à 560 kil. O. de Constantinople; env. 35 000 hab. Résidence d'un archevêque grec, d'un grand mollah, d'un grand hakem israélite. Salonique est bâtie en amphithéâtre au pied du mont Kurtiath; son port contient 300 vaisseaux; elle a d'épaisses murailles flanquées de tours, mais point de fortifications proprement dites. On y remarque de belles églises (Ste-Sophie, St-Démétrius, la Rotonda, imitée du Panthéon de Rome, etc.), plusieurs mosquées (qui pour la plupart étaient jadis des églises), de riches palais, le château fort des Sept-Tours, imité de celui de Constantinople; les Propylées de l'ancien Hippodrome; des arcs de triomphe d'Auguste et de Constantin, etc. C'est la ville la plus commerçante de la Turquie d'Europe après Constantinople ; il y réside des consuls de toutes les nations. La population y est excessivement mêlée : outre les Turcs on y compte un grand nombre de Grecs, de Juifs et d'Européens. — Cette ville fut connue sous le nom de Therma jusqu'au règne de Cassandre, qui lui donna le nom de sa femme Thessalonique, sœur d'Alexandre le Grand (V. THESSALONIQUE). AU moyen âge, elle fut enlevée aux Grecs par Guillaume, roi de Sicile; elle revint en 1313 au pouvoir d'Andronic II Paléologue, et fut ensuite cédée aux Vénitiens ; mais ceux-ci en furent chassés par les Turcs sous Amurat II.

SALOP, comté d'Angleterre. V. SHROP.

SALOUEN, THSAN-LOUEN ou THALEAYN, fleuve de l'Inde Transgangétique, naît dans les mont. du Thibet, traverse la prov. chinoise d'Yunnan sous le nom de Loukiang, prend en sortant de Chine celui de Thsan-Louen, coule du N. au S. entre l'empire birman et le roy. de Siam, traverse le roy. de Martaban, arrose Martaban et Moulmein, et se jette dans l'Océan indien par la baie de Martaban, après un cours d'env. 1600 kil.

SALPÊTRIÈRE (LA), immense hospice de Paris (près de la gare d'Orléans), contenant près de 5000 malades (femmes âgées, infirmes ou folles).

SALSETTE, Djhalta en hindou, île de l'Inde anglaise (Bombay), sur la côte O., près de l'île de Bombay, à laquelle elle est jointe par une chaussée : 35 k. sur 25 ; 60 000 h.; ch.-l., Tannah. Sol fertile, mais inculte; saline; immenses excavations.

SALT (H.), voyageur anglais, né à Lichfield (Stafford), vers 1780, m. en 1827, fut chargé en 1809 par le gouvernement anglais de porter des présents à l'empereur d'Abyssinie, s'acquitta de cette mission avec succès, et fut nommé consul en Égypte. Il a publié un Voyage en Abyssnie (1814), et un Essai sur les hiéroglyphes (1825).

SALT-LAKE CITY, capitale des Mormons. Voy. UTAH.

SALTA ou SAN-FELIPE-DE-TUCUMAN, v. de la Plata, ch.-l. de l’État de Salta, à 1200 kil. N. N. O. de Buénos-Ayres, par 66° 55' long. O., 24° 20' lat. S. ; 9000 h. C'est la résidence de l'évêque de Tucuman. — L'État de Salta, entre ceux de Jujuy au N., de Rioja à l'O., de Tucuman au S. et des déserts inhabités à l'E., a 700 k. sur 450 et ne compte guère que 60 000 hab. Climat très-varié; superbes pâturages. Or, cuivre, argent, fer, etc.; commerce actif avec la Bolivie.

SALUCES, Saluzzo en italien, v. d'Italie, dans les anc. États sardes (Coni), ch.-l. de la prov. de Saluces, entre le Pô et la Vraita, à 24 k. N. O. de Coni ; 12 000 h. Évêché, collége. Belle cathédrale, anc. palais des marquis de Saluces. Chapeaux, étoffes de soie, cuirs, coutellerie. Patrie de Bodoni. Aux environs se trouvait l'anc. Augusta Vagiennorum, que quelques-uns prennent pour Saluées même. — La ville moderne fut de bonne heure ch.-l. d'un marquisat, d'abord vassal de l'empire, puis des ducs de Savoie, qui comprenait les villes de Carmagnole, Revello, Centallo, le mont Viso, etc. Les marquis de Saluces, sortis de la maison de Montferrat, régnèrent sur cette ville du XIIe s. au XVIe ; ils eurent plusieurs démêlés avec les ducs de Savoie et de Milan, implorèrent l'appui de la France, et servirent avec distinction dans les années de Charles VIII, Louis XII et François I. Ce dernier s'empara du marquisat en 1529, après avoir enlevé le dernier héritier, Gabriel de Saluces; Henri IV le remit en 1601, par le traité de Lyon, au duc de Savoie en échange de la Bresse, du Bugey, de Gex, etc.

SALUCES (GRISELDA, marquise de). V. GRISELDA.

SALUCES DE MENUSIGLIO (Jos. Ange, comte de), savant piémontais, issu des marquis de Saluces, né à Saluces en 1734, m. en 1810, était écuyer du prince héréditaire de Savoie, et servit avec distinction comme général d'artillerie dans les guerres de la Révolution. Il employait tous ses loisirs à la culture des sciences : il contribua lui-même à l'avancement de la physique et de la chimie : on lui doit plusieurs découvertes sur les propriétés des gaz et sur la teinture, ainsi que l'invention d'une machine à filer la soie. Il fut un des fondateurs de l'Académie de Turin.

SALVAGNAC, ch.-l. de c. (Tarn), sur une éminence, à 20 kil. O. de Gaillac; 1890 hab.

SALVANDY (Narcisse, comte de), homme de lettres et homme d'État, d'origine irlandaise, né en 1795 à Condom, m. en 1857, s'enrôla sous l'Empire dans les gardes d'honneur, se signala dans les campagnes de Saxe et de France, quitta le service après l'abdication de Napoléon avec le grade de capitaine; publia en 1816 la Coalition et la France, brochure hardie, où il protestait contre l'occupation ; fut, en 1819, nommé par le duc de Richelieu maître des requêtes, résigna cet emploi lors de la réaction de 1821, consacra ses loisirs aux lettres et fit paraître en 1823 Don Alonzo, roman de mœurs espagnoles; s'attacha vers la même époque à Chateaubriand, et soutint, de concert avec lui, dans le Journal des Débats, une polémique vigoureuse contre la politique de Villèle; fut conseiller d'État sous le ministère réparateur de Martignac (1827) ; se retira à l'avènement du prince de Polignac et fit dans la presse de vains efforts pour prévenir une catastrophe; fut élu député de l'Eure en 1832, reçut en 1837 le portefeuille de l'instruction publique dans le ministère conciliateur de M. Mole, fut nommé en sortant du pouvoir ambassadeur à Madrid, puis à Turin, et fut appelé de nouveau en 1845 au ministère de l'instruction publique, où il resta jusqu'à la Révolution de 1848. Rentré depuis dans la vie privée, il n'en fut pas moins un des plus actifs promoteurs du projet de fusion entre les deux branches de la maison de Bourbon. D'un caractère loyal, généreux, chevaleresque, Salvandy eut beaucoup d'amis et sut se faire estimer de ses adversaires mêmes. Comme ministre, il a laissé les meilleurs souvenirs dans l'Université. Comme écrivain, il a publié, outre Alonzo, une Histoire de la Pologne avant et sous J. Sobieski (1829). Il fut reçu à l'Académie française en 1835.

SALVATOR ROSA. V. ROSA (SALVATOR).

SALVERTE (Eusèbe BACONIÈRE de), littérateur et homme public, né à Paris en 1771, m. en 1839, fut successivement avocat au Châtelet, attaché au ministère des relations extérieures, employé du cadastre, présida en vendémiaire an III une des sections révoltées contre la Convention, fut pour ce fait condamné à mort par contumace, se fit acquitter l'année suivante, fut élu en 1828 député de Paris, fut depuis presque constamment réélu, et se fit remarquer par ses sentiments libéraux et patriotiques : il siégeait dans les rangs extrêmes de l'opposition. En 1830, il fut nommé membre libre de l'Académie des inscriptions. Salverte a laissé quelques poésies (1798) et un grand nombre d'écrits politiques et littéraires. Nous citerons parmi ces derniers : Éloge de Diderot, 1801; Rapports de la médecine avec la politique, 1806; Tableau littéraire de la France au XVIIIe s., 1819; Essai historique sur les noms d'hommes, de peuples et de lieux, 1824; Des sciences occultes, 1829 et 1856 (avec introduction de Littré).

SALVIAC, ch.-l. de cant. (Lot), sur la Granges, à 14 kil. S. O. de Gourdon; 2222 h. Vins.

SALVIATI (Jean), évêque de Ferrare et cardinal, 1490-1553, était petit-fils de Laurent le Magnifique et neveu de Léon X; il remplit diverses missions diplomatiques pour le St-Siége et négocia près de Charles-Quint la délivrance de François I. Il protégea les lettres et les arts. — Son frère, Bernard S., fut général des galères de l'ordre de Malte, suivit en France Catherine de Médicis, sa parente, dont il fut le premier aumônier, devint évêque de Clermont et parut comme député du clergé aux États généraux de 1557. Il mourut en 1558. — Léonard S., de la famille des préc., né en 1540 à Florence, m. en 1589, un des principaux membres de l'Académie de la Crusca, fut un des grands adversaires du Tasse, censura son chef-d'œuvre avec aigreur et ne se montra pas plus indulgent pour Boccace. Il a beaucoup écrit; ses Discours ont été imprimés à Florence, 1575.

SALVIATI (Cecco ROSSI DE'), peintre, né à Florence en 1510, mort en 1563, fut protégé par le cardinal Jean Salviati, dont il prit le nom par reconnaissance, travailla pour les palais de Florence, de Rome, de Venise, et vint en France, où le cardinal de Lorraine le chargea de décorer son château de Dampierre. Il brille par la richesse de la composition et la hardiesse du dessin, mais son coloris laisse à désirer. Le Louvre a de lui l’Incrédulité de S. Thomas.

SALVIATI, le Jeune, peintre. V. PORTA.

SALVIEN, Salvianus, prêtre de Marseille, né vers 390 à Cologne ou à Trêves, d'une famille distinguée des Gaules, m. en 484, était marié et avait même un enfant, lorsque, de concert avec sa femme, il se décida à renoncer au monde; il distribua ses biens aux pauvres, embrassa la vie religieuse, se retira au monastère de Lérins (420), puis à Marseille, où il fut ordonné prêtre en 430. Salvien se fit remarquer par son éloquence : il dépeignit avec une telle énergie les vices et les malheurs de son temps qu'il mérita d'être appelé le Nouveau Jérémie. Des nombreux ouvrages qu'il avait écrits, on n'a plus qu'un traité de la Providence (De Gubernatione Dei), où il avance que les Barbares ont été chargés par Dieu de châtier le monde romain; un livre de l’Avarice (Adversus avaritiam), ainsi que des Lettres. Ses œuvres ont été publiées par Baluze, Paris, 1684, et réimprimées ans la collection Migne. Elles ont été trad. par le P. Bonnet, 1700, par le P. Mareuil, 1734, par MM. Grégoire et Collombet, 1834.

SALVINO, inventeur des lunettes. V. SPINA.

SALVIUS TRYPHON, chef d'esclaves. V. TRYPHON.

SALVIUS JULIANUS, jurisconsulte romain, bisaïeul de l'emp. Didius Jutianus, fut préteur, préfet de Rome, deux fois consul; mais il est surtout connu pour avoir, sur l'ordre de l'emp. Adrien, mis en ordre la collection des édits des préteurs, travail qui fut sanctionné par un sénatus-consulte de l'an 131 et qui acquit force de loi sous le nom d’Édit perpétuel.

SALYES ou SALLUVII, peuple ligure de la Gaule Narbonaise, habitait au N. de Marseille, entre le Rhône, la Durance, les Alpes et le Var. Ils englobaient dans leur territoire les Albiœci, les Memini, les Vulgientes, et avaient pour villes principales: Tarasco (Tarascon), Glanum (St-Remy), Arelate (Arles), Aquæ Sextiæ (Aix). Ce peuple fut puissant jusqu'au IIe s. av. J.-C. Ses démêlés avec Marseille donnèrent lieu aux Romains, alliés de cette ville, d'intervenir en Gaule. Les Romains donnèrent une partie des terres des Salyes aux Marseillais.

SALZA, Juvavus, Salsa, riv. des États autrichiens (Autriche), naît dans les montagnes qui séparent l'Autriche du Tyrol, coule à l'E., puis au N., arrose Salzbourg, reçoit ensuite la Saale autrichienne, sépare l'Autriche de la Bavière, et tombe dans l'Inn par la r. dr., un peu au-dessus de Braunau, après un cours de 200 kil. Eaux salées.

SALZBACH. V. SASBACH.

SALZBOURG, Juvavum, et au moyen âge Salisburgium, v. de la Hte-Autriche, ch.-l. de cercle, sur la Salza, à 280 kil. O. S. O. de Vienne; 18 000 h. Très-forte place; plusieurs chemins de fer. Archevêché, lycée, gymnase. Belle cathédrale, dans le style de St-Pierre de Rome, château Neubau, hôtel de ville, muséum, galerie de Mœnchberg, théâtre, deux bibliothèques publiques, etc. Industrie active (fil de fer, poterie, cuirs, tresses); grand commerce de transit. Patrie de Mozart. — Salzbourg occupe l'emplacement de Juvavum, ville de l'anc. Norique, détruite par Attila en 448 ; elle fut bâtie par les ducs Agilolfinges de Bavière, à la prière de S. Rupert, qui en devint évêque (716). En 803, il s'y tint des conférences entre Charlemagne et les ambassadeurs de Nicéphore I. Dès 798, l'évêché était devenu un archevêché, qui embrassait la Bavière, la Bohême, la Moravie et l'Autriche actuelle, et dont le titulaire était Primat de Germanie et prince d'Empire (depuis 1278). Pendant la guerre des investitures, les archevêques de Salzbourg furent légats du pape en Allemagne. — Comme État souverain, l'archevêché de Salzbourg était borné à l'E. par l'Autriche et la Styrie, au S. par la Carinthie et le Tyrol, à l'O. par la Haute-Bavière ; il avait 185 k. (de l'E. à l'O.) sur 110, et faisait partie du cercle de Bavière. L'archevêché de Salzbourg devint indépendant au XIIe s.; il fut sécularisé en 1803; cet État passa en 1809 à la Bavière et en 1814 à l'Autriche.

SALZMANN (Chrétien Gotthilf), ministre protestant (1744-1811), né aux environs d'Erfurt. professa au Philanthropinum de Dessau, fonda la célèbre maison d'éducation de Schneepfenthal, et y appliqua plusieurs des idées de J. J. Rousseau et de Basedow. On a de lui: Carl de Carlsberg, roman moral, 1781, et divers ouvrages d'éducation.

SAMAH (Ben-Mélik-Al-Khaulany AL-), émir arabe d'Espagne depuis 718, envahit le midi de la Gaule, subjugua le pays depuis Carcassonne jusqu'à Toulouse, assiégea cette dernière ville, mais fut défait et tué sous ses murs par Eudes, duc d'Aquitaine, en 721. Il protégeait les lettres et les arts.

SAMALHOUT, l'anc. Co, bourg de la Moy.-Égypte, sur la r. g. du Nil, à 95 kil. S. de Benysoueif. Desaix y battit les Arabes en 1799.

SAMANA, île de l'archipel des Antilles (Grandes-Antilles), près de la côte N. E. d'Haïti, dont elle n'est séparée que par un étroit canal et dont elle dépend; 50 kil. sur 12; ch.-l. Samana, port sur la côte S.

SAMANAKODOM (c.-à-d. le dieu Samanéen), le grand dieu de l'Indo-Chine et surtout des Siamois, n'est autre que Bouddha lui-même, l'une des incarnations de Vichnou.

SAMANÉENS, Samansæi. C'étaient, suivant les Grecs, des philosophes hindous, distincts des brahmanes ou gymnosophistes, mais qui, comme ceux-ci, se faisaient remarquer par une vie austère ; ils vivaient solitaires et inspiraient la vénération la plus vive par leur réputation de sainteté. Ces Samanéens ne sont autres sans doute que les solitaires ou prêtres bouddhistes. — On nomme aussi Samanéens tous les adorateurs du Dalaï-Lama. V. CHAMANISME.

SAMANHOUD, Heraclæopolis ou Sebennytus ? v. de la Basse-Égypte, sur le bras orient, du Nil, r. g., à 4 k. E. de Mehallet-el-Kebir; 4500 hab.

SAMANI (Ismaïl-al), chef persan, né en 847, sortit vers 892 de la Transoxiane, dont il était gouverneur, conquit le Taberistan, le Khoraçan et une portion de la Perse occid. (902), et mourut en 907, laissant une grande réputation de justice et de sagesse. Il fonda la dynastie des Samanides. Cette dynastie fut dès 932 obligée de céder le Fars et l'Irak-Adjémi aux Bouides et ne se maintint dans le reste de ses possessions que jusqu'en 999. De Frémery a publié l’Hist. des Samanides de Mirkhond, 1845.

SAMARA, nom latin de la Somme.

SAMARA, riv. de la Russie d'Europe, dite Sviataïa-Reka (c.-à-d. la rivière sainte), parcourt le gouvt d'Iékaterinoslav et se jette dans le Dnieper vis-à-vis de la v. d'Iékaterinoslav après un cours de 250 k. — Autre riv. de Russie, traverse les gouvts d'Orenbourg et de Simbirsk et tombe dans le Volga à Samara, après un cours de 500 k. — La v. de Samara, au confluent de la Samara et du Volga, est le ch.-l. d'un gouvt de même nom, formé sur la r. g. du Volga en 1856, entre ce fleuve et la Samara, et précédemment compris dans les gouvts de Simbirsk et d'Orenbourg. La ville compte env. 10 000 hab. et le gouvt 130 000.

SAMARANG, v. forte et port de l'île de Java (aux Hollandais), ch.-l. de la prov. de Saramang, à l'embouch. de la riv. de même nom, à 420 kil. E. de Batavia ; 40 000 hab. C'est un des principaux centres du commerce hollandais. — La province de Samarang compte env. 550 000 hab. Climat salubre, sol fertile.

SAMARCAND, Maracanda, v. de la Tartarie indépendante, la 2e du khanat de Bouhkara, sur le mont Kohak, près des rives du Sogd ou Zer-Afchan, à 200 k. E. de Boukhara, compte env. 12 000 h. Ville vaste et assez belle, mais qui ne renferme plus guère que des ruines : quelques mosquées et colléges, anc. palais et tombeau de Tamerlan ; on y voyait jadis l'observatoire d'Oulougbeg. Papier de soie, soieries, tissus de coton. Commerce assez actif. — On croit que Maracanda fut fondée, non loin de l'anc. Sogd, par un chef arabe, vers 465 av. J.-C.; elle devint bientôt la capitale de la Sogdiane. Alexandre la prit ; elle fut depuis comprise dans l'empire grec de la Bactriane, puis dans celui des califes. Gengis-Khan s'en empara en 1220. Elle acquit la plus haute splendeur sous Tamerlan, qui la choisit pour capit. de son vaste empire et voulut en faire la première ville du monde ; sa population atteignait alors 150 000 âmes ; elle possédait 300 mosquées; mais dès le XVIe s., elle déclina.

SAMARIE, Samaria, puis Sébaste, v. de Palestine, dans la demi-tribu occid. de Manassé, sur la limite de celle d'Éphraïm, fut, après Sichem, la capit. du roy. d'Israël, et plus tard le ch.-l. de la Samaritide. — Cette ville, fondée par Amri vers 912 av. J.-C., fut prise en 718 par Salmanazar, qui en transporta les habitants au delà de l'Euphrate, et les remplaça par des Kuthéens, peuple assyrien. Repeuplée par Assar-Haddon en 672, Samarie fut encore prise par Antiochus le Grand en 203, puis détruite par Jean Hyrcan (129). Gabinius la releva ; Hérode lui rendit son ancienne splendeur, et, pour flatter Auguste, lui donna le nom de Sébaste (traduction grecque d’Augusta). Elle fut prise une dernière fois et détruite définitivement lors de la révolte des Juifs sous Vespasien. — Les Samaritains étaient, depuis l'invasion des Assyriens, mélangés d'étrangers et d'idolâtres. Ils furent presque toujours en guerre avec la roy. de Juda ; les deux peuples avaient l'un pour l'autre l'aversion la plus prononcée, et fuyaient tout commerce entre eux. Pour n'avoir point à venir à Jérusalem à l'époque des cérémonies religieuses, les Samaritains s'étaient construit un sanctuaire à part sur le mont Garizim. Les Samaritains n'admettent que le Pentateuque ; leurs livres sacrés sont rédigés dans l'ancienne langue hébraïque pure et écrits en caractères particuliers, que l'on appelle Caractères samaritains et qui sont de la plus haute antiquité. On trouve encore auj. quelques Samaritains à Naplouse et à Jaffa ; mais leur nombre va toujours diminuant et ils ne tarderont pas à disparaître. Ils se distinguent par des turbans blancs et ne contractent d'alliance qu'entre eux.

SAMARIE (la) ou SAMARITIDE. On nomma ainsi pendant les deux premiers siècles de l'empire une des 4 parties de la Palestine, entre la Galilée au N. et la Judée au S., le Jourdain à l'E. et la mer à l'O. Elle correspondait aux territoires de la tribu d'Éphraïm et de la demi-tribu occid. de Manassé.

SAMARITAINS. V. SAMARIE.

SAMAROBRIVA (c.-à-d. pont sur la Samara), v. de Gaule, nommée plus tard Ambiani, est auj. Amiens.

SAMATAN, ch.-l. de c. (Gers), sur la Save, à 2 k. N. E. de Lombes ; 2135 h. La ville se forma au XIIe s. autour d'un château des comtes de Comminges.

SAMBA (île), dans l'archipel de la Sonde, à 80 k. S. de l'île Flores, par 117° 13'-11° long. E., 9° 35'-10° 15' lat. S., a 125 kil. sur 50. On en tire en quantité du bois de sandal. L'île est partagée entre plusieurs chefs vassaux des Hollandais.

SAMBAS, v. de l'île de Bornéo, capit. du roy. de Sambas, sur une rivière du même nom, à 40 k. de son embouchure, par 107° long. E., 1° 22' lat. N. Brûlée par les Anglais vers 1815. — La ville et le roy. de Sambas sont vassaux des Hollandais, qui en tirent des diamants, de l'or, de l'antimoine, du bézoar, du camphre, de l'ébène.

SAMBLANÇAY, bg du dép. d'Indre-et-Loire, à 14 kil. N. O. de Tours ; 1200 hab. Anc. baronnie. Château bâti par Foulques Nerra et reconstruit par le surintendant de Samblançay.

SAMBLANÇAY (Jacques de BEAUNE, baron de), né à Tours en 1445, était fils d'un argentier du roi et fut surintendant des finances sous Charles VIII, Louis XII et François I. Il montra un grand esprit d'ordre ; néanmoins la reine mère, Louise de Savoie, qui s'était approprié l'argent destiné à solder les troupes de Lautrec dans le Milanais, l'accusa auprès de son fils de malversation (1523). Il se disculpa ; mais, bientôt après, il perdit ses fonctions pour avoir refusé, en 1525, d'avancer à François I l'argent nécessaire à une nouvelle expédition dans le Milanais. Pendant la captivité du roi, la vindicative Louise le fit traduire devant une commission comme coupable de péculat ; des témoins furent subornés, et Samblançay fut condamné et pendu au gibet de Montfaucon (1527). Son innocence fut bientôt reconnue, et son fils fut rétabli dans tous ses biens.

SAMBOANGAN, v. de l'île de Mindanao, à l'extrémité S. O. ; 1200 hab. Principal établissement des Espagnols à Mindanao.

SAMBOR, v. de Galicie, ch.-l. de cercle, sur le Dniester, à 70 k. S. O. de Lemberg ; 12 000 h. Sel. — Le cercle de S. compte env. 320 000 h.

SAMBRE (la), Sabis, riv. de France et de Belgique, naît à 4 kil. N. E. de Nouvion (Aisne), coule au N. et au N. E., baigne Landrecies, Maubeuge, Marchiennes, puis entre en Belgique où elle arrose Charleroy, et se jette dans la Meuse par la r. g. à Namur, après un cours d'env. 200 kil. Elle reçoit, en France, les deux Helpe ; en Belgique, l'Heure, le Piéton et l'Orneau. Un canal l'unit au canal de St-Quentin.

SAMBRE-ET-MEUSE (dép. de), ancien dép. français sous la République et l'Empire, fut formé en 1795 du comté de Namur et du N. O. du grand-duché de Luxembourg; il avait pour ch.-l. Namur. Il fut donné en 1814 au roy. des Pays-Bas.

SAMBUCUS (J.), savant hongrois, né en 1531 à Tyrnau, m. en 1584, était historiographe de Maximilien II. Il a rendu d'éminents services aux lettres par ses éditions, notes, commentaires, traductions, et par le grand nombre de manuscrits qu'il a découverts, de médailles, portraits et autres monuments antiques qu'il a recueillis pendant 22 ans de voyages. Il découvrit les Dionysiaques de Nonnus, les Vies d'Eunape, un fragment important de Pétrone, etc. Outre des traductions latines de divers ouvrages de Platon, Xénophon, Thucydide, Hésiode, on a de lui des Vies des empereurs romains et une Histoire de Hongrie depuis Mathias Corvin jusqu'à Maximilien II.

SAMÉ, anc. nom de l'île de Céphalénie et de la principale de ses villes, qui était située sur la côte E., en face d'Ithaque. Cette ville fut prise et détruite par les Romains en 189 av. J.-C.

SAMER, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 15 kil. S. E. de Boulogne; 1979 hab. Anc. abbaye, fondée en 668 par S. Walmer.

SAMISAT, l'anc. Samosate. V. SAMOSATE.

SAMNITES, habitants du Samnium. V. SAMNIUM.

SAMNIUM, auj. le Sannio, la Principauté Ultérieure et partie de l’Abruzze; région de l'Italie ancienne, au N. de la Campanie, à l'E. du Latium, au S. des Frentans, était hérissée de montagnes appartenant à la chaîne des Apennins, et n'avait qu'un petit nombre de villes : Aufidena, Treventum, Æsernia, Bovianum, Equus Tuticus, Maleventum (depuis Bénévent), Caudium, etc. — Les Samnites se divisaient en Caraceni (ch.-l., Aufidena), au N., Hirpini (ch.-l., Bovianum), au S. Ils étaient de race sabine, leurs mœurs étaient simples et grossières ; ils se livraient surtout à la vie pastorale et à la guerre. On connaît leurs mariages : les filles les plus belles, les plus vertueuses et les plus riches étaient le prix des services rendus à la patrie. Leur gouvernement était démocratique; leurs petites peuplades formaient ensemble une espèce de fédération, mais sans lien solide et sans ville centrale. Aux Ve et VIe s. av. J.-C., les Samnites fournissaient nombre de mercenaires aux villes grecques de la Grande-Grèce et de la Sicile. De 424 à 421, ils conquirent Capoue et Cumes; la Lucanie tomba aussi en leur pouvoir. Rome eut à soutenir avec les Samnites, soit seuls, soit unis à divers autres peuples, une lutte longue et acharnée : c'est l'époque héroïque de la république. Les Samnites avaient pour auxiliaires : 1° tous les peuples d'origine sabine : Sabins, Pélignes, Marses, Marrucins, Vestins, Frentans, Prétutiens, Sassinates, Picéniens; 2° la confédération étrusque, les Ombriens, les Sénonais; 3° les divers États de la Grande-Grèce (Apulie, Salentins, Tarente, Messapie, Picentins, Lucaniens, Brutiens, etc.). Tous furent successivement soumis par les Romains de 343 à 290 av. J.-C. Les guerres de Rome avec les Samnites proprement dits sont au nombre de cinq. La 1re eut lieu de 343 à 341 et fut compliquée de la grande insurrection du Latium (342-340). Ce qui y donna naissance, ce furent les attaques des Samnites contre les habitants de Teanum Sidicinum et de Capoue, qui s'étaient mis sous la protection de Rome. Elle fut terminée par la victoire du consul Valerius Corvus au pied du mont Gaurus. — La 2e (qui éclata après 14 ans de paix plus ou moins sincère) dura de 327 à 324 : on y remarque la querelle du dictateur Papirius Cursor et de son maître de la cavalerie Fabius Rullianus. — La 3e qui commença en 324 même, par une rupture subite, et à laquelle participa l'Apulie, fut suspendue en 318 par une trêve de deux ans après laquelle la guerre continua contre l'Apulie seule (c'est dans cette guerre que les Romains passèrent sous les Fourches Caudines, 321 av. J.-C.). Elle fut terminée par la victoire que Papirius Cursor et Publilius Philo remportèrent à Lucérie, 319. — La 4e, de 316 à 304, fut de toutes la plus sérieuse; vinrent y prendre part en 311 les Étruriens et les Ombriens; les Marses et Pélignes en 308, les Salentins en 307, les Herniques en 306. Elle fut signalée par les victoires de Fabius Rullianus sur les Étrusques à Sutrium et dans la forêt Ciminienne, sur les Ombriens à Pérouse, par celles de Papirius Cursor sur les Étrusques près du lac Vadimon, et de Bubulcus sur les Samnites à Longula. — La 5e commença en 299 par une levée de boucliers générale en Étrurie, dans le Samnium et dans les contrées voisines; elle finit en 290 : les Samnites et leurs principaux alliés furent complètement soumis. Leur soumission entraîna bientôt celle de toute l'Italie méridionale. Pendant ces guerres on remarque du côté des Romains les Fabius, les Papirius, les Decius, les Curius Dentatus, les Fabricius ; du côté des Samnites on cite surtout Pontius Herennius. le vainqueur de Caudium.

SAMOËNS, ch.-l. de cant. (Hte-Savoie), à 29 k. E. de Bonneville, à l'entrée de la vallée de Clévieu; 3008 h. Source ferrugineuse.

SAMOGITIE, anc. prov. de la Lithuanie, entre la Baltique et la Courlande au N., la Prusse à l'O., la Lithuanie propre au S. et à l'E., avait pour capit., Rossiena. Elle est auj. comprise dans le gouvt de Vilna. — La Samogitie avait longtemps été libre, quand les Lithuaniens l'assujettirent. Elle garda néanmoins son duc et sa diète. En 1404, elle fut cédée à l'Ordre Teutonique ; mais en 1411 elle revint à la Pologne, de laquelle dépendait alors la Lithuanie. Le Christianisme n'y fut établi qu'en 1431. La Samogitie donne encore auj. son nom à un évêché, dont le siège est à Rossiena.

SAMON, Samo, roi des Esclavons, était un marchand franc, natif de Sens. Se trouvant vers 630 chez les Esclavons pour son commerce, il combattit avec eux les Avares, contribua à la victoire et fut élu roi. Il gouverna avec gloire pendant 35 ans.

SAMONICUS. On connaît sous ce nom deux médecins latins, père et fils, qui vivaient à la fin du IIe s. de J.-C. et au commencement du IIIe. Le père, Q. Serenus Samonicus, avait formé une bibliothèque de 62 000 volumes; il fut tué dans un festin par ordre de Caracalla pour avoir défendu Géta. — Le fils jouit de la faveur d'Alexandre Sévère et des Gordiens. Il légua la bibliothèque de son père à Gordien III. On a sous le nom de Samonicus un poëme De Medicina; mais on ne sait s'il est du père ou du fils. C'est une compilation de préceptes curatifs pour toutes les maladies, dans laquelle on trouve, avec de sages conseils, des fables absurdes. La meilleure édit. est celle du Dr Ackermann., Leipsick, 1786.

SAMOS, en turc Sousam-Adassi, île turque de la mer Égée, l'une des Sporades, près de la côte O. de l'Asie-Mineure, au S. E. de Chios et en face du mont Mycale, a 46 kil. sur 20, et env. 50 000 hab. Kora ou Chora, au S., en est le ch.-l., mais Vathi, au N., est la ville principale.. Elle fait auj. partie du pachalik des Iles. Montagnes, dont la principale, le Kerki (l'anc. Cercetius), a 1480m. Mines d'or et d'argent, beau marbre blanc (à Castro). Sol fertile : fruits, forêts; gibier. Culture d'oliviers, de grenadiers; excellents vins muscats, dits de Malvoisie. — Samos a été plus célèbre chez les anciens que de nos jours. Sa capitale se nommait aussi Samos ; on en voit les ruines aux environs de Kora. C'était la patrie de Pythagore, de Prodicus, du peintre Timanthe, du poëte Chœrile, de l'historien Duris, etc. Junon y recevait un culte particulier et y avait un temple célèbre, l’Heræon. L'île de Samos, après avoir été habitée par les Pélasges, fut colonisée par des Lélèges et des Cariens, puis reçut une colonie venue de l'Attique et fit partie de la ligue ionienne, dont elle fut un des principaux États. Royaume d'abord, puis république, elle eut quelquefois des tyrans, notamment le célèbre Polycrate (au VIe s. av. J.-C.), et finit par tomber sous la domination des Perses. Elle prit part à la révolte de l'Ionie et fut déclarée libre à la paix de Citium, 449. Périclès la soumit à Athènes en 441. Elle resta fidèle aux Athéniens pendant la guerre du Péloponèse, fut prise par Lysandre en 403 et livrée aux Perses par le traité d'Antalcidas, 387 ; mais elle fut rendue aux athéniens par Timothée. Plus tard, elle fit partie du roy. de Pergame et passa avec ce royaume entre les mains des Romains, 129. Depuis Auguste jusqu'à Vespasien, elle redevint indépendante. Vespasien l'annexa à la prov. des Îles. Elle fit partie de l'empire grec et fut le ch.-l. du 16e thème de l'Orient; elle appartint ensuite aux Arabes, aux Vénitiens, aux Génois, et tomba enfin au pouvoir des Turcs, 1550. En 1821 et 1824, les Samiens prirent une part active à la guerre de l'Indépendance, mais, trop voisins de la Turquie d'Asie, ils ne purent se soustraire complètement au joug ottoman; cependant l'île a obtenu une demi-liberté : elle a une constitution, un sénat, une chambre des députés, une administration propre; son gouverneur est nommé par la Porte, mais choisi parmi les Grecs. On doit à M. V. Guérin la Description de l'île de Samos, 1856.

SAMOSATE, auj. Samisat, anc. capitale de la Comagène, sur l'Euphrate, au N. E. d'Antioche, est célèbre pour avoir donné le jour à Lucien.

SAMOTHRACE, auj. Semendraki, île de la mer Égée, sur les côtes de Thrace, au N. O. d'Imbros et en face de l'embouch. de l'Hèbre, a 20 kil. de long, de l'O. à l'E., sur 12 de large. Elle n'avait point de bons ports; sa seule ville, nommée aussi Samothrace, était sur la côte N. O. Elle eut successivement pour habitants des Pélasges, des Phéniciens, enfin des Hellènes venus de Samos, ce qui lui valut son nom. Elle est célèbre surtout par le culte mystérieux des Cabires, qui semble avoir été un reste des religions primitives des Pélasges. Lors de la célébration des mystères cabiriques, l'île était comme le rendez-vous de tout ce qui prétendait à une origine pélasgique en Grèce, en Italie et en Asie. Indépendants jusqu'aux guerres médiques, les Samothraciens furent assujettis par Darius en 508 av. J.-C. Ils devinrent ensuite sujets des Athéniens. Philippe, père d'Alexandre, enleva l'île à ces derniers, et elle resta à la Macédoine jusqu'à la défaite de Persée, 168. Les Romains la laissèrent se gouverner elle-même jusqu'à Vespasien, qui la réunit à la province des Îles, 70 de J.-C. Elle fit partie de l'Empire grec jusqu'en 1204, puis passa aux Vénitiens, et aux princes génois de Lesbos, sur lesquels Mahomet II la conquit en 1462. Elle prit part à la guerre de l'Indépendance et fut impitoyablement dévastée par les Turcs, qui l'ont gardée : on y compte à peine auj. 1500 hab.

SAMOYÈDES, peuple septentrional de la Russie, de race tchoude ou finnoise, est surtout répandu dans les gouvts d'Arckhangel et de Vologda, en Europe, et dans ceux de Tobolsk et de Tomsk, en Asie. Ils sont petits et très-laids, habitent sous des tentes dites yourtes, et payent le tribut en peaux d'isatis et autres fourrures; ils sont idolâtres. Leur nombre ne s'élève guère qu'à 1000 familles. Les Russes les confondent avec les Lapons.

SAMPIETRO D'ORNANO, célèbre chef corse, né en 1501 à Bastelica, m. en 1567, servit en France sous François I et Henri II avec la plus grande bravoure, et alla avec le maréchal de Thermes arracher la Corse aux Génois (1552). Après la paix de 1559, qui rendit l'île à ces derniers, il se réfugia en Turquie, y recruta quelques soldats déterminés et vint débarquer en Corse avec 25 hommes; il voyait déjà grossir sa troupe quand un traître, gagné par les Génois, le poignarda, en 1567. Il venait lui-même de tuer sa femme, Vanina d'Ornano, parce qu'elle avait demandé sa grâce au sénat de Gênes.

SAMPIGNY, village du dép. de la Meuse, à 9 kil. N. O. de Commeroy; 1000 hab. Érigé en comté en 1730 en faveur du financier Paris de Montmartel.

SAMSCRIT. V. SANSCRIT.

SAMSOEE, île du Danemark, dans le Cattégat, entre le Jutland et l'île de Seeland; 26 kil. sur 10; 5000 h.; ch.-l., Norbye. Agriculture, pêche.

SAMSON, 12e juge d'Israël, naquit pendant la 6e servitude des Hébreux, fut consacré à Dieu par sa mère, s'abstint de vin et de toute liqueur fermentée pendant sa jeunesse, et acquit néanmoins une force prodigieuse. Il terrassa un lion, étant encore fort jeune; puis il fit contre les Philistins diverses expéditions, dont il revint sans cesse victorieux. Il fut élu juge en 1172 av. J.-C. Pendant vingt ans que dura son pouvoir, il combattit toujours avec succès les ennemis de sa patrie : enfin pourtant les Philistins, aidés par la trahison de sa maîtresse Dalila, réussirent à s'emparer de sa personne; il le conduisirent à Gaza et lui crevèrent les yeux. Dans cet état, ils se servaient de lui comme de bouffon; un jour, dans une de leurs fêtes, Samson ébranla une des colonnes qui soutenaient le temple de Dagon où étaient rassemblés les principaux de la nation, et en fit ainsi périr un grand nombre ; mais il périt lui-même, écrasé sous les ruines. La force de Samson tenait à ses cheveux : Dalila, gagnée par les Philistins, les lui avait rasés pendant son sommeil; mais ils avaient repoussé lorsqu'il ébranla la colonne. L’Écriture rapporte de Samson plusieurs faits fort merveilleux; il assomma 1000 Philistins avec une mâchoire d'âne et fit ensuite sortir d'une des dents de cette mâchoire une eau abondante qui étancha sa soif. Enfermé un jour dans Gaza par les Philistins, qui voulaient le tuer, il leur échappa en emportant sur son dos les portes de la ville. — V. SANSON.

SAMSOUN, Amisus, v. murée et port de la Turquie d'Asie (Sivas), sur la mer Noire, à 65 kil. N. E. d'Amasieh; env. 2000 hab. Prise par Mahomet II.

SAMUEL, 14e et dernier juge d'Israël, né à Ramatha (tribu d'Éphraïm) vers 1132 av. J.-C., était de la tribu de Lévi et se fit de bonne heure remarquer par ses vertus et par le don de prophétie, fut proclamé juge en 1092, délivra les Israélites du joug des Philistins, et fit pendant plusieurs années le bonheur de la nation; mais, ayant dans la suite laissé à ses fils le soin de l'administration, ceux-ci mécontentèrent le peuple, qui alors demanda un roi. Samuel, après avoir vainement tenté de détourner les Israélites de ce projet, sacra Saül (1080), tout en conservant pour lui-même les fonctions sacerdotales. Saül ayant en plusieurs circonstances désobéi à Dieu et voulu empiéter sur les droits du grand prêtre, Samuel sacra David à sa place; toutefois, cette nouvelle nomination resta secrète, et Samuel mourut 3 ans avant la chute de Saül, l'an 1043. La veille de la bataille de Gelboé, l'ombre de Samuel, évoquée par la pythonisse d'Endor, apparut à Saül et lui annonça son funeste sort. On attribue à Samuel le livre des Juges, celui de Ruth, et les 24 premiers chapitres du 1er livre des Rois.

SANA, v. forte de l'Arabie (Yémen), capit. de l'imamat de Sana et de tout l'Yémen, par 41° 39' long. E., 15° 21' lat. N., à 245 kil. N. E. de Moka; env. 40 000 hab. (dont 2000 Juifs). C'est une des plus belles villes de l'Orient. Citadelle, murs en briques; nombreuses mosquées, bains publics, caravansérails. Aux env., fruits délicieux (surtout les raisins). — Sana joua un grand rôle avant Mahomet; elle avait un temple rival de la Kaaba; l'année même où naquit Mahomet, les habitants de Sana marchèrent sur la Mecque pour la détruire. Cette ville devint sujette des Turcs sous Soliman II.

SANADON (le P. Noël Étienne), jésuite, né à Rouen en 1676, m. à Paris en 1733, professa la rhétorique dans différents colléges, fit l'éducation du prince de Conti, et devint en 1728 bibliothécaire du collége Louis-le-Grand. On a de lui une traduction d’Horace, 1728 (2 vol. in 4, ou 8 vol. in-12), qui a été longtemps estimée ; les pièces du poëte latin y sont disposées dans l'ordre chronologique; il y a joint des notes aussi ingénieuses que savantes. En outre, Sanadon a composé lui-même quatre livres de poésies latines (1715), remarquables par leur élégance et leur pureté.

SAN-AGOSTINO DE LAS CUEVAS. V. TLALPAN.

SAN-ANTONIO-DE-BEJAR, v. du Texas, anc. capitale de cet État, sur la Rio-San-Antonio, par 29° 35' lat. N., et 101° 20' long. O.; 3000 hab.

SAN-CARLOS, v. du Vénézuela, à 200 kil. S. O. de Caracas, par 9° 20' lat. N. ; 8000 hab. Évêché. Aux env., indigo, café, oranges exquises. Commerce de bétail. — Fondée par les premiers missionnaires du Vénézuela; jadis très-prospère, auj. en décadence.

SAN-CARLOS-DE-MONTEREY, anc. ch.-l. de la Nouv. Californie, par 36° 36' lat. N., 124° 21' long. O., sur la baie de Monterey ; 1000 hab. Fondée en 1770, sous Charles III, par le vice-roi Monterey.

SANCERGUES, ch.-l. de c. (Cher), à 22 kil. S. de Sancerre ; 1131 hab. Aux environs, exploitation et lavage de minerai de fer.

SANCERRE, Sacrum Cæsaris, Gordonicum castrum, ch.-l. d'arr. (Cher), à 48 kil. N. E. de Bourges, sur un plateau élevé, à 2 kil. et sur la r. g. de la Loire ; 3758 hab. Trib. de 1re inst., collége, société d'agriculture. Chanvre, grains, noix, vins, laines, bestiaux. La ville est irrégulièrement bâtie, mais entourée de campagnes magnifiques. Patrie du maréchal Macdonald. — Fondée vers le IXe s., elle fut en 1152 érigée en comté dépendant de la Champagne ; Louis IX en acheta la suzeraineté de Thibaut de Champagne en 1226. Ses habitants embrassèrent la Réforme et Sancerre devint une des places fortes des Calvinistes. Assiégée par les Catholiques en 1573, elle ne put être prise qu'après 9 mois de blocus et après avoir subi une affreuse famine. En 1621, ses fortifications furent rasées ; il reste une tour du château.

SANCERRE (Louis, comte de), connétable de France, né vers 1342, m. en 1402, perdit son père à Crécy en 1346, fut élevé avec les enfants de Philippe de Valois et fut le frère d'armes de Duguesclin et de Clisson, devint maréchal en 1369, reconquit sur les Anglais le Poitou, la Saintonge et partie de la Guyenne et fut fait connétable en 1397.

SANCERRE (J. DE BUEIL, comte de). V. BUEIL.

SANCHE, dit Sancion, comte de Navarre (837-57), succéda à Aznar, dont on a dit à tort qu'il était le frère, et fut père de Garsimine.

SANCHE I, ou SANCHE-GARCIE, roi de Navarre, 2e fils de Garsimine, fut d'abord comte de Gascogne (872). Il devint roi de Navarre en 905 et céda la Gascogne à un de ses fils, Garcie-Sanche le Courbé, qui prit le titre de duc et fut la tige des maisons d'Armagnac de Fezensac et d'Astarac. Sanche battit les Arabes devant Pampelune en 907, signala chaque année de son règne par une expédition contre les Infidèles et se retira en 919, mais sans abdiquer, au couvent de Leyre ; il en sortit, malgré son grand âge, après la défaite des Chrétiens à la Junquera (921), battit les troupes d'Abdérame III lorsqu'elles revinrent de France, et mourut en 926 plus que nonagénaire. — Garcie-Sanche, son fils aîné, lui succéda en Navarre sous le nom de Garcie II, et fut la tige de la maison de Navarre, qu'on fait à tort descendre d'Aznar. — II, roi de Navarre de 970 à 994, fils et successeur de Garcie II, battit plusieurs fois les Arabes. Il épousa Urraque, héritière d'Aragon, dont il eut Garcie III. — III, dit le Grand, roi de Navarre de 1001 à 1035, fils et successeur de Garcie III, conquit en 1028 le comté de Castille, maria son 2e fils Ferdinand à Sancie, héritière de Léon, et prépara ainsi l'instant où le royaume de Léon passerait à sa maison, ce qui eut lieu en 1037, deux ans après sa mort. Les États de Sanche furent à sa mort divisés en 4 royaumes : Aragon, Ribagorce, Navarre, Castille. — IV, roi de Navarre de 1054 à 1076, fils de Garcie IV, périt assassiné, et ne laissa qu'un frère. Sanche Ramirez d'Aragon envahit ses États et y régna sous le nom de Sanche V, de 1076 à 1094. — V, roi de Navarre en 1076, d'abord roi d'Aragon. V. ci-dessous — VI et VII, derniers rois de Navarre de la maison mérovingienne, régnèrent l'un de 1150 à 1194, l'autre de 1194 à 1234 (ce dernier se distingua à la bataille de Tolosa, 1212). Blanche, sœur de Sanche VII, porta la couronne de Navarre à Thibaut, comte de Champagne.

SANCHE, le Gros, roi de Léon et des Asturies de 955 à 967, frère et successeur d'Ordogno III, roi de Léon, et fils de Ramire II, s'empara de la couronne au détriment de son neveu, le fils d'Ordogno III, mais fut chassé par Ordogno IV, fils d'Alphonse IV (956). Il se retira en Navarre, puis chez Abdérame III, calife de Cordoue, qui le rétablit sur le trône en 960.

SANCHE I, roi de Castille, le même que Sanche III, roi de Navarre. V. ci-dessus SANCHE III. — II, le Fort, roi de Castille de 1065 à 1073, était un des trois fils de Ferdinand I (roi de Léon, Galice et Castille). A la mort de son père (1065), il eut pour lot la Castille ; mais il dépouilla ses deux frères. Voulant aussi ravir à ses sœurs leur apanage, il prit à l'une la ville de Toro, puis il alla assiéger Zamora, qui appartenait à la 2e, mais il fut pendant le siége tué par un traître (1072) : on soupçonna du meurtre sa sœur et son frère Alphonse (VI), qui régna après lui. C'est au service de ce prince que le Cid accomplit ses premiers exploits. — III, un des fils d'Alphonse VIII, roi de Léon et de Castille, n'eut en partage que la Castille (1157). Au bout d'un an il la laissa à son fils Alphonse IX. — IV, roi de Castille et de Léon, 2e fils d'Alphonse X, se révolta contre son père et lui enleva le trône. Il régna de 1284 à 1295 et fut continuellement en guerre, soit avec les factieux, soit avec les Maures. Il enleva à ceux-ci l'importante place de Tarifa.

SANCHE-RAMIREZ, roi d'Aragon, fils de Ramirez I, régna sur l'Aragon dès 1063, conquit Barbastro (1064), usurpa en 1076 la couronne de Navarre et régna sur ce pays sous le nom de Sanche V. Il mourut en 1094 au siége de Huesca.

SANCHEZ (François), en latin, Sanctius, grammairien, né en 1523, à Las Brozas (Estramadure), m. en 1601, obtint en 1554 la chaire de grec à l'université de Salamanque, y joignit ensuite celle de rhétorique, les remplit toutes deux avec la plus grande distinction, et fut un des restaurateurs des lettres en Espagne. On lui doit plusieurs ouvrages classiques qui jouissent d'une juste réputation, entre autres : Grammaticæ latinæ institutiones, Lyon, 1562 ; Grammatica græca, Anvers, 1581 ; Minerva seu de causis linguæ latinæ, Salamanque, 1587, souvent réimprimé (notamment par Bauer, Leips., 1801): c'est le plus important de ses ouvrages ; il a servi de guide aux auteurs de la Grammaire de Port-Royal.

SANCHEZ (Thomas), jésuite, né à Cordoue en 1550, m. en 1610, était chargé de la direction du noviciat de Grenade. Il s'est fait une réputation comme casuiste, et a laissé un traité De matrimonio, Genève, 1602, dans lequel il traite les matières les plus scabreuses, et entre dans des détails qui souvent blessent la pudeur : aussi fut-il condamné à Rome.

SANCHEZ (François), savant Portugais, né à Tuy vers 1562, m. à Toulouse en 1632, fut élevé en France et enseigna la philosophie, puis la médecine à Toulouse. Il a laissé des ouvrages de philosophie et de médecine qui ont été réunis par R. Delassus, son disciple, Toulouse, 1636 ; on y remarque un traité célèbre, De multum nobili et prima universali scientia : Quod nil scitur ; il y professe un scepticisme dont le but principal est de renverser l'aristotélisme. Il fut réfuté par Ulric Wildius dans son traité : Quod aliquid scitur, Leips., 1661, et par Dan. Hartnach, qui réimprima son livre sous ce titre : Sanches aliquid sciens, Stettin, 1665.

sanchez de arevalo. V. rodriguez.

SANCHONIATHON, anc. historien de la Phénicie, natif de Tyr ou de Béryte, était hiérophante dans sa patrie. Les uns le font contemporain de Sémiramis (xxe s. av. J.-C.), les autres, de Moïse (au xviie s.), d'autres le placent 1200 av. J.-C. ou même sous les Séleucides, vers le ive s. av. J.-C. Il avait écrit une Histoire ou Théologie phénicienne, une Théologie égyptienne, et un traité de la Physique d'Hermès, qui sont perdus. Le Ier de ces ouvrages avait été traduit en grec au iie s. de notre ère par Herénnius Philon de Byblos ; il ne reste de cette traduction que quelques fragments conservés par Eusèbe dans sa Préparation évangélique et publiés à Leipsick, en 1826, par Orelli. Court de Gibelin en a donné une traduction française avec commentaires, en 1773. En 1835, un philologue de Hanovre, Wagenfeld, prétendit avoir découvert le texte grec de Sanchoniathon, mais la fraude fut bientôt découverte.

SANCOINS, ch.-l. de c. (Cher), sur le canal du Berry, à 29 kil. N. E. de St-Amand ; 3188 hab.

SANCROFT (Guillaume), prélat anglais, né en 1616, m. en 1693, fut nommé en 1677 archevêque de Cantorbéry, et perdit cette place en 1688 pour avoir refusé de prêter serment à Guillaume III. On a de lui : Politique moderne d’après Machiavel, Borgia, etc., 1652 ; Traités divers sur l’histoire et les antiquités d’Angleterre et d’Irlande, 1781.

SANCTIUS. V. SANCHEZ.

SANCTORIUS, médecin italien, né en 1561 à Capo-d’Istria, m. en 1626, fut professeur de médecine à l’université de Padoue. Il prétendait trouver la cause de la santé et des maladies dans la manière dont se fait la transpiration, et se pesait chaque jour afin de calculer les déperditions que subit le corps humain. On a de lui : Medicina statica, Venise, 1614 (trad. par Lebreton, 1722). Ses ouv. ont été réunis à Venise, 1660, en 4 vol. in-4. Le collége de médecine de Venise fait tous les ans prononcer l’éloge de Sanctorius, en reconnaissance d’un riche legs. Ce savant est un de ceux auxquels on attribue le thermomètre.

SANCUS ou SEMO, puissant dieu sabin, père de Sabus, présidait au serment. Il a été assimilé par les Romains à leur dius fidius.

SANCY (le Puy de), un des pics les plus élevés du Mont Dore. V. DORE MONT.

SANCY (Nic. HARLAY de), ministre de France sous Henri III et Henri IV, né en 1546, m. en 1629, fut successivement conseiller au parlement, maître des requêtes, capitaine des Cent-Suisses, ambassadeur en Angleterre et en Allemagne, surintendant des finances, et se distingua partout. Il était possesseur d’un des plus beaux diamants que l’on connût (ce diamant, qu’on appelle de son nom le Sancy, fut depuis acheté par le duc d’Orléans, régent, et fait auj. partie des diamants de la couronne). D’une condamnable légèreté en fait de religion, Nic. de Sancy changea plusieurs fois de culte selon ses intérêts ; ce qui donna lieu à la sanglante satire que composa d’Aubigné sous le titre de Confession catholique de Sancy.

SANCY (Achille DE HARLAY, baron de), 2e fils du préc., 1581-1646, fut évêque de Lavaur à 20 ans, quitta l’Église pour les armes et la diplomatie, fut ambassadeur à Constantinople (1610-19) et y défendit les Jésuites accusés de complot contre le sultan. À son retour, il rentra dans l’Église et se fit oratorien. Il suivit la reine Henriette en Angleterre comme son confesseur (1625), revint en 1626 sur le continent, devint évêque de St-Malo (1631), fut chargé par Richelieu de procéder contre les évêques de Languedoc qui avaient trempé dans la conspiration de Montmorency et remplit plusieurs autres missions délicates. Il avait formé une riche collection de manuscrits qu’il légua à la Bibliothèque de l’Oratoire-St-Honoré à Paris.

SAND (Christophe), socinien, né à Kœnigsberg en 1644, m. en 1680 en Hollande, à 36 ans, fut exilé après s’être séparé avec éclat du culte reçu et se fit correcteur d’imprimerie. Il a laissé, entre’autres ouvrages, Nucleus historiæ ecclesiasticæ, Cosmopolis (Amster.), 1668, et un traité De origine animæ, 1671.

SAND (Ch. L.), fanatique, fils d’un conseiller de justice prussien, né en 1795 à Wunsiedel près de Bayreuth, étudia dans les universités de Tubingue et d’Erlangen, adopta les principes les plus exagérés du Tugendbund, et, soit de lui-même, soit qu’il eût été désigné par le sort pour cette atroce mission, résolut de poignarder Kotzebue, qu’il regardait comme vendu à l’étranger et aux fauteurs du despotisme. Il vint tout exprès d’Iéna à Manheim, y accomplit le meurtre (1819), puis se frappa lui-même avec l’arme encore fumante, mais il ne put se tuer ; il fut pris et subit le dernier supplice avec fermeté (1820).

SANDJAK (mot turc qui signifie étendard). On nomme ainsi en Turquie des fonctionnaires chargés d’administrer de petites divisions territoriales dites sandjakats, que l’on connaît aussi sous le nom de livahs. Ils ne peuvent faire porter devant eux comme marque d’honneur qu’une seule queue de cheval, tandis que les pachas en portent plusieurs.

SANDJAR, le dernier sultan sedjoucide de Perse, fils de Mélik-Chah, né en 1086 à Sandjar. Il régna dès 1095 sur le Koraçan, puis sur toute la Perse (1115-57), livra 19 batailles et n’en perdit que 2 ; pris dans la 2e, il fut délivré par un de ses émirs. Sa valeur le fit surnommer le second Alexandre.

SANDOMIR, v. murée de la Pologne russe, au confluent de la Vistule et de la San, à 220 kil. S. E. de Varsovie ; 6000 h. Évêché. - Cette ville donnait son nom à une des huit voivodies du roy. de Pologne, qui était située entre la Galicie (dont la Vistule la séparait), et les voivodies de Cracovie, Kalicz, Mazova, Siedlec, Lublin, et qui avait pour ch.-l. Radom.

SANDOVAL, bg d’Espagne, à 35 kil. N. O. de Burgos ; 500 hab. Il donnait son nom à la maison de Sandoval, à laquelle appartient le duc de Lerme.

SANDOVAL (Prudence de), historien espagnol ; évêque de Pampelune, né en 1560 à Valladolid, m. en 1621, a laissé, entre autres ouvrages, une Hist. de Charles-Quint, Valladolid, 1604, et une Hist. des rois de Castille et de Léon, qui va de 1037 à 1134 (continuation de la Chronique de Moralès), 1634.

SANDRART (Joachim), peintre et biographe, né en 1606 à Francfort-sur-le-Mein, m. en 1688, a laissé divers ouvrages estimés sur les arts : Académie allemande, Nuremberg, 1675-79, recueil de biographies, d’appréciations et de portraits, qui donnent une idée concise des peintres allemands, flamands et hollandais des xve, xvie et xviie siècles ; Iconologia Deorum, 1680 ; Admiranda sculpturæ veteris, 1680 ; Romæ antiquæ et novæ theatrum, 1684, etc. Le tout a été réédité par Volkman, Nuremberg, 1769-73, 8 parties, in-fol.

SANDRAS. V. COURTILZ DE SANDRAS.

SANDROCOTTUS, Indien, de naissance obscure, qui, après la mort d’Alexandre, souleva les provinces indiennes échues à Séleucus, et se fit couronner à Palibothra. Il étendit sa puissance sur les deux rives du Gange et sur presque tout le Pendjab actuel et fit reconnaître ses droits par Séleucus dans un traité célèbre qu’il conclut à Palibothra avec les ambassadeurs du monarque macédonien, 305 av. J.-C.

SANDWICH, peut-être Rutupiæ, v. et port d’Angleterre (Kent), l’un des Cinq-Ports, à 17 kil. E. de Cantorbéry, sur la Stour, à 3 k. de la mer ; 3500 h. Chemin de fer, construction de navires, lainages ; grains, houblon, drèche. Titre d’un comté créé en 1660 par Charles II pour Édouard Montague, et possédé depuis par ses descendants. Sandwich était jadis plus importante qu’aujourd’hui.

SANDWICH (Archipel), dit aussi Archipel d’Hawaï ou d’Owhyhee, l’un des principaux archipels de l’Océanie, par 157°-161° long. O., et 17°-23° lat. N., se compose de 11 îles, dont les principales sont Havaiï, Ouoahou, Moouï, Atoui, Morotoï, Onihou, Ranaï. Elles comptent env. 400 000 h. selon les uns, ou 100 000 seulement selon d’autres, et ont pour capit. Honolulu. Ces îles offrent le climat des Antilles avec moins d’ouragans ; on y trouve de hautes montagnes, dont plusieurs volcaniques. Sol très-fertile : bananier, cocotier, arbre à pain, canne à sucre, patate, igname, taro, mûrier ; sandal et autres bois d’ébénisterie. Les indigènes sont de race polynésienne ; bien qu’étant encore à l’état sauvage, ils avaient déjà quelque industrie quand les Européens les connurent. — Vues dès 1542, ces îles furent retrouvées en 1778 par Cook, qui leur donna le nom de lord Sandwich, 1er lord de l’amirauté. Des missionnaires protestants et catholiques y ont opéré, surtout depuis 1820, de nombreuses conversions. La civilisation européenne y a fait des progrès marqués : on y trouve même des imprimeries. Tout l'archipel obéit à un même prince; le roi réside à Honolulu, dans l'île d'Ouoahou. Kamehameha I, qui régna de 1784 à 1819, soumit toutes les îles voisines et favorisa la civilisation. En 1820, Kamehameha II fut converti par les Méthodistes, prohiba l'idolâtrie et le tabou; mais il fut bientôt expulsé par son peuple, et alla mourir à Londres, 1824. L'île principale fut occupée en 1843 par un officier de la marine anglaise, mais il fut désavoué. Les îles Sandwich jouissent auj. du gouvernement représentatif. Les États-Unis, la France et l'Angleterre y ont des consuls.

SANDWICH (Édouard MONTAGUE, 1er comte de). V. MONTAGUE (Édouard). — Lord John Montague, comte de S., homme d'État, 1718-1792, voyagea en Italie, en Turquie, en Égypte, recueillit de précieuses antiquités, publia à son retour un Voyage intéressant, assista comme ministre plénipotentiaire aux congrès de Bréda (1746) et d'Aix-la-Chapelle (1748), et fut plusieurs fois nommé premier lord de l'amirauté. Il favorisa les voyages de découverte : c'est en son honneur que Cook donna le nom d'îles Sandwich à un groupe d'îles qu'il venait de découvrir.

SANÉ (le baron), constructeur de vaisseaux, né à Brest en 1740, m. en 1832, se lia avec Borda, travailla de concert avec lui à perfectionner la construction navale et mérita d'être surnommé le Vauban de la marine. Après avoir exercé longtemps comme ingénieur, il fut nommé directeur du port de Brest, puis inspecteur général du génie maritime (1800), et fut élu, sur la proposition de Napoléon, membre de l'Institut (section de mécanique). Parmi les navires construits par lui, on admire surtout le vaisseau la Ville de Paris et l'Océan, qui était le meilleur voilier de l'Europe. Une frégate à vapeur a reçu son nom.

SAN-FELIPE ou JATIVA, Sætabis chez les anciens, v. d'Espagne (Valence), à 55 kil. S. O. de Valence : 15 000 hah. Grand faubourg, château fort et autres fortifications en ruines; 22 fontaines publiques ; papeteries; belle toile de lin, célèbre dès l'antiquité, fil de soie. Aux env., beaux marbres. — S'étant opposée à la cause de Philippe V, cette ville, nommée alors Jativa, fut prise et rasée par ses troupes en 1707, puis rebâtie sous le nom de San-Felipe. Patrie des papes Calixte III et Alexandre VI et du peintre Ribeira.

SAN-FELIPE-DE-AUSTIN (Texas). V. AUSTIN.

SAN-FELIPE-DE-BENGUELA. V. BENGUELA.

SAN-FELIPE-DE-TUCUMAN. V. SALTA.

SAN-FELIPE-EL-REAL, v. du Chili, ch.-l. de la prov. d'Aconcagua, sur l'Aconcagua, à 155 kil. N. de Santiago ; 8000 hab. Rues plantées d'arbres et entrecoupées de petits canaux d'irrigation. Fondée en 1754.

SAN-FERNANDO, v. d'Espagne (Cadix), au S. E. et près de cette ville, dans l'île de Léon; env. 10 000 h. Fortifications remarquables, aqueduc, observatoire, école de marine. Cette ville se nommait d'abord Isla de Léon : elle reçut de Ferdinand VII le nom de San-Fernando pour avoir résisté à l'invasion française.

SAN-FERNANDO, v. d'Espagne, à 15 kil. de Madrid. Résidence royale : le château, élevé par Ferdinand VI, a été donné, en 1829, pour servir à l'établissement d'une manufacture de toiles et tissus imprimés, auj. très-florissante. Un pavillon attenant aux jardins a seul été réservé pour l'habitation royale.

SAN-FERNANDO, v. du Chili, ch.-l. de la prov. de Colchagua, sur le Tinguaririca, à 120 kil. S. de Santiago; 1500 familles. Fondée en 1741.

SAN-FERNANDO-DE-CATAMARCA, v. de la Plata, capit. de l'État de Catamarca, sur une riv. de même nom, entre Rioja et Tucuman. Excellent coton.

SAN-FRANCISCO, v. de Californie, à l'embouch. du Sacramento et du San-Joaquim dans le grand Océan, par 37° 48' 30" lat. N., et 124° 48' 26" long. O. Cette ville, qui n'avait guère que 1500 h. en 1845, en compte auj. plus de 60 000. Elle a un archevêché, 20 églises ou temples, plusieurs théâtres, des imprimeries, divers journaux, des compagnies de bateaux à vapeur pour le transport à l'étranger et pour la navigation intérieure, plusieurs chemins de fer, 20 maisons de banque, des chantiers de construction, des usines, des fonderies, un magnifique hôpital, 25 consulats. C'est à la découverte et à l'exploitation des mines d'or de la Californie qu'elle a dû son prodigieux accroissement, en attirant de toutes les parties du monde d'innombrables chercheurs d'or. V. CALIFORNIE.

SAN-FRANCISCO, grand fleuve du Brésil, naît dans le S. de la prov. de Minas-Geraës, où il sort de la Sierra-de-Canastra, traverse la prov. de Minas-Geraës, où il arrose la comarque de Rio-San-Francisco, puis coulant de l'O. à l'E., sépare les prov, de Bahia et de Pernambouc et celles de Sergipe et d'Alagoas, et se perd dans l'Océan Atlantique, après avoir recule Rio-Verde à droite et le Rio-Grande à gauche. — Autre riv. du Brésil, traverse la prov. de Ste-Catherine et se jette dans l'Océan vis-à-vis d'une île dite aussi San-Francisco, qui elle-même a pour ch.-l. une ville de San-Francisco, sur la côte O. Bon port.

SANG (Conseil de). V. CONSEIL et PAYS-BAS.

SAN-GALLO (Julien GIAMBERTI, dit De), architecte, né à Florence en 1443, m. en 1517, exécuta beaucoup d'édifices, dont quelques-uns sont des chefs-d'œuvre (palais Poggio à Cajano, fortifications d'Ostie, dôme de Notre-Dame de Lorette à Rome ; couvent de San-Gallo, d'où le surnom donné à l'artiste). — Son frère Antonio fut aussi un habile architecte : c'est lui qui fit du mausolée d'Adrien à Rome le château St-Ange. — Le fils de celui-ci, nommé aussi Antonio, né vers 1482 à Mugello en Toscane, m. en 1546, seconda Bramante dans ses travaux, et fut adjoint à Raphaël pour la basilique de St-Pierre, où il se montra très-habile constructeur. Il éleva à Rome les palais Sacchetti et Farnèse, restaura l'église de Notre-Dame de Lorette, bâtit les fortifications de Civita-Vecchia, de Pérouse, d'Ascoli, la citadelle d'Ancône, et construisit le puits colossal d'Orviéto.

SANGARIUS (le), auj. Sakaria, fleuve de l'Asie-Mineure, sortait de la Galatie, traversait la Bithynie et tombait dans le Pont-Euxin, après avoir reçu le Thymbris, le Bathys et le Gallus.

SAN-GERMANO, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Terre-de-Labour), au pied du Mont-Cassin, à 52 kil. N. N. O. de Capoue; 5000 h. Fort. Aux env., ruines de Casinum et d’'Aquinum. — Le pape Grégoire IX et l'emp. Frédéric II y signèrent la paix en 1230. Les Espagnols la prirent en 1730; Murat y fut défait par les Autrichiens en 1815.

SAN-GIORGIO, bg de Vénétie, à 30 kil. N. E. de Mantoue, sur la droite de l'Adige. Wurmser y fut battu en 1796 et 1797 par les Français.

SAN-GIORGIO-MAGGIORE, île de l'Adriatique, à 4 kil. S. E. de Venise, habitée par des Bénédictins dont le monastère est un des plus riches de l'Italie.

SAN-GIOVANNI (J. MANOZZI di), peintre, né en 1590 près de Florence, m. en 1638, produisit plusieurs chefs-d'œuvre, surtout de belles fresques, entre autres, les Sciences et les Arts chassés de Grèce et recueillis par Laurent de Médicis (au palais Pitti à Florence).

SANGLIER (le), des Ardennes. V. MARK (G. de la).

SANGUIN, v. de la Guinée Sup., sur la côte des Graines, à 200 kil. N. O. du cap des Palmes. Les Anglais et les Hollandais y ont eu des établissements.

SANGUIR, île de la Malaisie, près des Célèbes, au N. E., par 3° 43' 20" lat. N. et 123° 6' long. E. Volcan, affreux tremblement de terre en 1856.

SANHÉDRIN (mot corrompu du grec synedrion), conseil suprême des Juifs, était composé des 70 principaux de la nation, et présidé par 3 dignitaires, le prince, le vice-gérant, le sage. Ses séances se tenaient dans une salle sphérique, moitié comprise dans le temple, moitié en dehors de cet édifice. On y jugeait les grandes causes, on y interprétait la loi, on y délibérait sur les affaires religieuses ou politiques. Le nom de Sanhédrin a aussi été donné à l'assemblée de notables Juifs convoquée par Napoléon en 1806 pour délibérer sur les intérêts de leurs coreligionnaires. Les Rabbins attribuent à Moïse l'institution du Sanhédrin ; mais il ne paraît pas remonter au delà du temps des Macchabées.

SAN-JACINTO, riv. du Texas, se jette dans la baie de Galveston. Les Texiens battirent sur ses bords les Mexicains en 1836, ce qui assura leur indépendance.

SAN-JOAQUIM, fleuve de la Californie, coule du S. au N. et s'unit au Sacramento dans la baie de San-Francisco. Sables aurifères.

SAN-JOSÉ, v. du Guatemala, capit. de l’État de Costa-Rica, dans une belle vallée; 30 000 h. Évêché. Renversée en 1831 par un tremblement de terre.

SAN-JOSÉ DE CUCUTA. V. ROSARIO.

SAN-JUAN, une des îles Mariannes. V. GUAM.

SAN-JUAN, une des Prov.-Unies de la Plata, entre celles de Catamarca au N. et de San-Luis au S., 490 kil. sur 400 ; ch.-l. San-Juan-de-la-Frontera. Cette ville, située sur le Limari, à 1000 k. O. N. O. de Buenos-Ayres, non loin des frontières du Chili, compte 16 000 h. Évêché. Mines d'or et d'argent.

SAN-JUAN-DE-LOS-LLANOS, c.-à-d. de St-Jean-des-Plaines, v. de la Nouv.-Grenade, ch.-l. de la prov. de son nom, à 110 kil. S. E. de Santa-Fé-de-Bogota, sur la Cunimia (affluent du Guaviare). Aux env., mines d'or qu'on n'exploite plus. — La prov. est une immense plaine de 650 kil. de long sur 350 de large comprise dans la partie E. de la Nouv.-Grenade.

SAN-JUAN-DE-NICARAGUA, dite aussi San-Juan-del-Norte et Greytown, v. et port de l'Amérique centrale (Nicaragua), dans le golfe de Mexique, à l'embouch. d'un fleuve de San-Juan. Placée sur l'isthme de Panama, au lieu où l'on a projeté d'ouvrir un canal de jonction des deux océans, cette ville a été longtemps convoitée par l'Angleterre qui l'occupa en 1847 et par les États-Unis qui la bombardèrent en 1854.

SAN-JUAN-DE-PORTO-RICO, capit. de l'île Porto-Rico (Antilles espagnoles), sur la côte N., dans une presqu'île qui communique à la terre ferme par un long isthme; 30 000 hab.environ. Résidence du capitaine général et de l'évêque. Port sûr et spacieux; fortifications considérables. — Fondée en 1514; pillée par l'amiral Drake en 1594 et par le comte de Cumberland en 1597.

SANKHYA (c.-à-d. raison, raisonnement), nom donné chez les Hindous à deux systèmes de philosophie: le Sankhya de Kapila, qui n'admet que deux principes, la nature-matière et l'âme, et qui accorde au premier l'activité et l'unité, excluant toute action de la divinité ; le S. de Patandjali, qui reconnaît une intelligence suprême, créatrice et conservatrice, et admet une sorte de magie.

SANLECQUE (Louis de), poëte, né à Paris en 1652, m. en 1714, était fils et petit-fils d'habiles typographes, célèbres surtout comme graveurs en caractères. Il fut chanoine de Ste-Geneviève à Paris, enseigna quelque temps dans les colléges de cet ordre, puis devint prieur de Garnay près de Dreux. Il a composé des poésies latines, parmi lesquelles on remarque la pièce In obitum Lallemanni, et des poésies françaises, satires, épîtres, sonnets, madrigaux, etc. Ses satires ont quelque mérite; elles sont surtout dirigées contre les ridicules des gens d'église : on estime celles où il critique les Directeurs et les Mauvais gestes des Prédicateurs. Cependant Boileau, son contemporain, ne l'a pas épargné. Les poésies de Sanlecque n'ont été imprimées qu'après sa mort (notamment en 1726 et 1742).

SAN-LÉO, v. forte d'Italie (Urbin), sur le mont San-Léo, à 38 k. O. de Pesaro et à 9 k. S. O. de Saint-Marin; 12 000 h. Évêché, maison de détention.

SAN-LÉON DE NICARAGUA. V. NICARAGUA.

SAN-LORENZO, ch.-l. de cant. (Corse), à 18 kil. N. E. de Corte; 526 hab. Blé, huile, vin.

SAN-LUCAR-DE-BARRAMEDA, Fanum S. Lucieri, v. et port d'Espagne (Cadix), à 30 kil. N. O. de Cadix, sur la r. g. et à l'embouch. du Guadalquivir dans l'Océan; 17 000 hab. Elle sert de port à Séville. Coton, soieries, cuirs, savons; vins excellents. Prise sur les Maures en 1264 par Alphonse le Sage.

SAN-LUCAR-LA-MAYOR, v. d'Espagne (Séville), à 11 kil. O. de Séville; 2000 h. Elle avait titre de duché et de grandesse et appartenait à la maison de Guzman : Guzman d'Olivarès fut duc de San-Lucar.

SAN-LUIS, un des États de la Plata, dans le S. O., entre ceux de San-Juan, de Cordova, la Patagonie et le Chili; 860 kil. sur 50; env. 40 000 hab.; ch.-l., San-Luis-de-la-Punta, ville de 3000 h. Montagnes au N. et à l'O. Sol très-fertile ; gros bétail.

SAN-LUIS-DE-MARANHAO (Brésil). V. MARANHAO.

SAN-LUIS-DE-POTOSI, v. du Mexique, ch.-l. de l'État de son nom, par 103° 15' long. O., 22° 2' lat. N. ; 12 000 hab. (et env. 60 000 avec les faubourgs). Collége. Ville bien percée et décorée de monuments. C'est là que se réfugia le président Juarez en 1863. — L'État de San-Luis-de-Potosi, à l'E. et très-près de la mer, est situé entre les États de Zacatecas et de Guanaxuato à l'O.,de Queretaro au S., de Vera-Cruz au S. E., de Tamaulipas à l'E., et de Nouv.-Léon au N., et compte env. 370 000 h. Mines d'argent, jadis immensément riches : celles du N. le sont encore.

SAN-MARCO, Argentana, v. d'Italie (Calabre Cit.), à 32 kil. N. de Cosenza; 2500 hab. Évêché.

SAN-MARTIN (Don-Juan), un des héros de l'Amérique du Sud, né vers 1780 dans la Plata, m. en 1851, combattit d'abord en Espagne contre les Français, quitta ce pays après le retour de Ferdinand VII et la dissolution des Cortès, fut élu général par les insurgés de Buénos-Ayres, entra dans le Chili, dont il assura l'affranchissement par les victoires de Chacabuco et de Maypo, 1818, puis pénétra dans le Pérou et prit Lima, 1821. Pour prévenir une dangereuse rivalité, il céda avec désintéressement le commandement à Bolivar, et vint en 1822 se fixer en France, où il passa le reste de ses jours.

SAN-MARTINO, ch.-l. de cant. (Corse), dans l'arr. de Bastia; 829 hab.

SAN-MICHELI, architecte et ingénieur, émule de Bramante et de San-Gallo, né à Vérone en 1484, m. en 1549, embellit et fortifia Venise, ainsi que Parme, Plaisance et Vérone, bâtit plusieurs palais à Venise et à Vérone, éleva les magnifiques tombeaux du Bembo et de Contarini à Padoue, et inventa en 1527 les bastions pentagones, adoptés après lui par tous les ingénieurs et perfectionnés par Vauban.

SAN-MIGUEL, v. de l'Amérique centrale, dans l'État de San-Salvador, ch.-l. de dép., à 144 kil. E. de San-Salvador et à 35 O. du golfe de Fonseca, dans le Grand-Océan; 6000 h. Climat malsain. Fondée en 1530.

SAN-MIGUEL, une des Açores. V. SAINT-MICHEL.

SAN-MIGUEL-DE-IBARRA. V. IBARRA.

SAN-MIGUEL-DE-TUCUMAN. V. TUCUMAN.

SAN-MINIATO, v. de Toscane, à 30 kil. O. S. O. de Florence; 2500 hab. Évêché, lycée. Berceau des Borromées et de la famille Bonaparte.

SANNAZAR (Jacq.), poëte, né à Naples en 1458, mort en 1530, fut protégé par les princes aragonais. Après la chute de Frédéric d'Aragon, il accompagna ce prince en France et résista aux avances de Gonsalve de Cordoue, général de Ferdinand le Catholique, qui voulait l'attirer dans son parti. On a de lui des poésies latines fort estimées, qui l'ont fait surnommer le Virgile chrétien : De partu Virginis, en 3 chants ; Lamentatio de morte Christi ; 5 églogues marines ou piscatoresques, et des Œuvres italiennes (l’Arcadia, roman mêlé de prose et de vers, 1504; des sonnets, des canzoni, 1530, des Lettres, etc.), qui ont été réunies à Padoue, 1723. Il publia la plus grande partie de ses œuvres sous le nom d’Actius Sincerus, nom qu'il portait comme membre de l'Académie de Pontanus. Le De partu Virginis a été traduit en prose par Colletet, 1646, et en vers par Valory, 1838. On reproche à Sannazar d'avoir, dans ses poésies chrétiennes, sans cesse mélangé le sacré et le profane.

SAN-NICOLAO, ch.-l. de cant. (Corse), à 36 k. S. de Bastia; 631 hab. Vins, châtaignes. SAN-NICOLO, Tenos, ch.-l. de l'île de Tine, sur la côte O.; 4000 hab. Évêché. Belles ruines.

SANNIO (Prov. de) ou Comté de Molise, l'anc. Samnium, division de l'anc. roy. de Naples, entre l'Abruzze-Citérieure au N., l'Abruzze-Ult. IIe et la Terre de Labour à l'O., la Principauté Ult. au S., la Capitanate au S. E. et l'Adriatique au N. E. : 7110 kil. carrés; 380 000 h.; ch.-l. Campo-Basso. Cette prov. renferme au N. et à l'O. les plus hautes montagnes de l'Apennin. Sol fertile en grains, vins, fruits. Élève de bétail et d'abeilles; exploitation de pierres, marbre, soufre. — Le Sannio reçut le nom de comté de Molise quand le duc de Bénévent, Grimoald, investit le chef bulgare Alzech, un des cinq fils d'Asparouch, des villes de Molise, d'Isernia, Bojano, etc. En 1229, Frédéric II conféra ce comté aux deux frères Godefroi et Conrad de Hohenlohe.

SAN-PAOLO DE LOANDA, v. de la Guinée mérid., vis-à-vis d'une île de même nom, par 12° 2' long. E., 8° 55' lat. S.; 7000 hab. Ch.-l. des établissements portugais sur la côte occid. d'Afrique. Évêché. Deux forts : c'est un lieu d'exil. Assez grand commerce (surtout avec Bahia et Rio-Janeiro).

Pour les autres villes de ce nom, V. ST-PAUL.

SAN-PEDRO, v. et port du Brésil, dans la prov. de même nom, sur le Rio-Grande-do-Sul, à 225 k. S. de Portalègre ; 6000 hab. Climat fort chaud. Cette ville fut le ch.-l. de la prov. jusqu'en 1763. — La prov. de San-Pedro, la plus mérid. du Brésil, est entre celles de St-Paul au N., de Ste-Catherine au N. E., l'Atlantique à l'E. et au S., l'Uruguay au S. O. et l'Entrerios à l'O. : 720 kil. sur 400; env. 280 000 h.; ch.-l., Portalègre. Mines d'or et d'argent, houille, soufre.

SAN-PIETRO, Accipitrum insula, île de la Méditerranée, sur la côte S. O. de la Sardaigne; 11 k. sur 1 ; 3000 hab. ; ch.-l., Carloforte. Corail, sardines.

SAN-PIETRO-IN-CALATINA, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Terre d'Otrante), à 26 kil. N. O. d'Otrante; 8000 h. Érigée en duché par Ferdinand d'Aragon en faveur de Scanderbeg.

SAN-REMO, Fanum S. Remuli, v. forte de l'Italie sept., sur le golfe de Gènes, à 22 k. S. O. d'Oneille; 8000h. Vermicelle, citrons, oranges, huiles, palmiers nains. Bombardée par les Anglais en 1745.

SANSAC (L. PRÉVÔT de), vaillant capitaine, né à Cognac en 1486, m. en 1566, commanda un corps de 16 000 hommes dans le Milanais, se couvrit de gloire dans les campagnes de 1524 à 1525, fut pris à Pavie, mais parvint a s'échapper, devint gouverneur des enfants de France sous François I et sous Henri II, défendit vaillamment la Mirandole, 1554, et fut blessé pour la 1re fois à la bataille de Dreux, en 1562.

SAN-SALVADOR, v. de l'Amérique centrale, capit. de l’État de son nom, sur le Jiquilisco, au pied d'un volcan, à 230 kil. S. E. de Guatemala; 40 000 hab. Évêché. Belle ville, fort commerçante et assez industrieuse. Dépôt de tout l'indigo et de tout le tabac du pays. Alvarado fonda cette ville en 1528. Elle fut ruinée en 1854 par un tremblement de terre. — L'État de San-S., borné au N. par le Grand-Océan, au N. O. par le Guatemala, a 18 750 k. carr. et 400 000 h. Annexé d'abord au Guatemala, il est indépendant depuis 1837. Il forme 8 dép. : San-Miguel, San-Vincente, La Paz, Cuscatlan , San-Salvador, Sansonate, Sta-Anna, Chalantenago. et compte environ 600 000 hab. Climat très-chaud, sol très-fertile (en indigo surtout); mines d'argent, de fer et de plomb. Fréquents tremblements de terre.

SAN-SALVADOR, le Cat-Island des Anglais, le Guanahani des anciens indigènes, une des Lucayes, par 78° long. O., 24° 20' lat. N., est la 1re terre où Colomb aborda en Amérique (1792) : d'où son nom.

SAN-SALVADOR, v. d'Afrique, capit. du Congo, près du Lelunde (affluent du Zaïre), à 508 kil. N. E. de Loando, par 13° 30 long. E., 5° 2' lat. S.; 25 000 h. Évêché portugais. Sauf le palais du roi, cette ville ne renferme que des chaumières rondes. Habitée en partie par des Portugais.

SAN-SALVADOR, v. du Brésil. V. BAHIA.

SANSANDING, v. de Nigritie, dans le Bambarra, sur la r. g. du Niger, à 45 kil. N. E. de Ségo; env. 12 000 h. Poudre d'or, toiles de coton.

SANSCRIT (c.-à-d. perfectionné), langue sacrée de l'Hindoustan septentrional, est auj. une langue morte. Elle est remarquable par sa flexibilité, son harmonie, son abondance, et par la perfection de son système grammatical (d'où son nom). Elle offre de singulières analogies avec les idiomes des peuples indo-européens (zend, parsi, slavon, latin et grec, gothique, tudesque, islandais), qui paraissent en dériver. On oppose au sanscrit le pracrit, qui en est une corruption ; c'est la langue vulgaire. Plus facile que le sanscrit, le pracrit détrôna peu à peu la langue savante : c'est probablement du IIIe au VIe s. de notre ère que le sanscrit cessa d'être langue usuelle. C'est dans cette langue qu'ont été écrits les Védas, les Pouranas, les lois de Manou, le Ramayana, le Mahabharata, les sankhyas. Longtemps on ignora en Europe jusqu'au nom du sanscrit : ce furent les Anglais, notamment W. Jones, qui, à la fin du XVIIIe s., firent connaître l'importance de cette langue, auj. cultivée chez toutes les nations savantes.

SANS-CULOTTES, nom donné par mépris, dans le commencement de la Révolution, aux meneurs de la populace, à cause de la négligence qu'ils affectaient dans leur costume. Les démagogues prirent ensuite hautement ce nom eux-mêmes. Les Sans-culottes portaient une carmagnole, des sabots et un bonnet rouge. — Le parti montagnard fit appeler sans-culotides les fêtes qui se célébraient pendant les cinq jours complémentaires de l'année républicaine.

SAN-SEVERINO, v. d'Italie (Ancône), à 40 k. S. O. d'Ancône; 2000 h. Évêché, plusieurs couvents.

SAN-SEVERINO (Robert de), comte de Cajazzo, fut successivement général au service de Milan, de Gênes, du pape, de Venise. A la tête des troupes génoises, il remporta sur Sforzino (fils naturel de Fr. Sforce) la bataille de Due Gemelle (1478). Mort en 1487. — Son fils, Galéas de San-S., général des troupes de Ludovic-le-More, bloqua le duc d'Orléans dans Novare (1496), après la bataille de Fornoue, mais ne put s'emparer de sa personne. Lors de l'expédition de Louis XII en Italie, il trahit son maître, après avoir fait une vaine apparence de défense.

SAN-SEVERINO (Antonello de), comte de Marsico, prince de Salerne et grand amiral, fut le chef de la confédération des barons de Naples contre Ferdinand I (1485). Après le triomphe du roi, il s'enfuit et excita Charles VIII à envahir le royaume de Naples. — Ferrante de San-S., prince de Salerne (1507-68), né à Naples, se distingua au service de Charles-Quint en Allemagne, en Flandre, en Afrique, et commanda l'infanterie italienne à Cérisoles ; mais, à la suite des démêlés avec le vice-roi de Naples, don Pèdre de Tolède, il se retira à Venise, puis en France, auprès de Henri II, et obtint de ce prince qu'il équipât une flotte qui devait attaquer Naples de concert avec les Turcs. Ce projet n'ayant pu s'exécuter, il alla en Toscane ourdir un complot dans le but d'expulser les Espagnols de sa patrie; mais il ne réussit pas mieux dans cette nouvelle tentative et revint en France.

SAN-SEVERO, v. d'Italie dans l'anc. roy. de Naples (Capitanate), à 27 kil. N. O. de Foggia; 19 000 h. Évêché. — Bâtie au moyen âge et détruite par Frédéric II. Robert Guiscard défit et prit aux environs de cette ville le pape Léon IX (1053).

SAN-SEVERO (Raimond DE SANGRO, prince de), savant napolitain, né en 1710, m. en 1771, suivit d'abord la carrière militaire et se distingua à Velletri (1744), mais quitta de bonne heure les armes pour les sciences, qu'il cultiva jusqu'à sa mort. On lui doit une foule de découvertes et d'inventions utiles ou curieuses dans l'art de la guerre, dans la mécanique, la teinture, la peinture, etc. Il imagina une nouvelle tactique pour l'infanterie, qui fut adoptée par le maréchal de Saxe et le grand Frédéric, et dont la description a été publié en 1760; il fabriqua des canons et des fusils d'une étonnante légèreté, fit marcher sur mer une voiture à 4 roues, trouva une lampe perpétuelle, perfectionna l'imprimerie, l'impression sur étoffes, etc.

SANSON (Nicolas), géographe, né en 1600 à Abbeville, m. en 1667, doit être réputé le père de là géographie et de la cartographie en France. Il enseigna la géographie au jeune roi Louis XIII et fut nommé par lui ingénieur militaire pour la Picardie, puis géographe ordinaire du roi et conseiller d'État. On a de lui plusieurs morceaux sur la géographie ancienne et moderne, et un grand nombre de cartes (Empire romain, Grèce ancienne, Gaule ancienne, Géographie sacrée, l’Angleterre, l’Allemagne, etc.). Bien que supérieures à celles d'Ortelius et de Mercator, ses cartes laissent encore à désirer, surtout sous le rapport des dimensions : il y suit aveuglément les longitudes de Ptolémée, donnant ainsi, par exemple, 300 lieues de trop en longitude à la Méditerranée. — Ses fils, Adrien et Guillaume, marchèrent sur ses traces; ils héritèrent du titre de géographe du roi, et le transmirent à leur petit-neveu Robert de Vaugondy.

SANS-SOUCI, château royal de Prusse, dans le Brandebourg, à 2 kil. N. O. de Potsdam, sur une hauteur d'où l'on jouit d'une belle vue, possède un vaste parc et une riche galerie de tableaux. Il fut construit en 1745 par Frédéric II, qui, dans ses écrits, prenait souvent le nom de philosophe de Sans-Souci. On connaît l'histoire du Meunier de Sans-Souci qui refusa de céder son moulin au roi et dont le moulin resta enclavé dans le parc du château.

SANSOVINO (Jacq. TATTI, dit), sculpteur et architecte, né à Florence en 1479, m. en 1570, n'a guère été surpassé dans la sculpture que par Michel-Ange. On a de lui en ce genre à Venise les 4 Évangélistes, le Tombeau de l'archevêque de Chypre, les statues colossales de Mars et de Neptune, les portes de bronze de la sacristie de St-Marc, et, à Rome, dans l'église St-Augustin, un groupe représentant Ste Anne, la Vierge et l'enfant Jésus. Comme architecte, il éleva à Venise la Monnaie, la bibliothèque St-Marc, les palais Cornaro et Delfino. Ses constructions unissent à la fécondité la correction, la noblesse et la grâce du style.

SANTA-AGATA, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Terre-de-Labour), à 2 k. S. de Sessa. Ruines de Minturnes; restes magnifiques d'amphithéâtre. — Autre v. de la Terre-de-Labour, à 21 k. E. de Capoue (cathédrale, abbaye) ; on nomme celle-ci Sta-Agata de' Goti.

SANTA-CATARINA (Brésil). V. CATHERINE (Ste).

SANTA-CRUZ, c.-à-d. Sainte-Croix, v. et port de l'île de Ténériffe, sur la côte E., par 18° 33' long. O., 28° 28' lat. N.; 9000 hab. Résidence du gouverneur général des Canaries. Belle ville, 2 châteaux forts, plusieurs batteries, quelques monuments. Grand commerce de vin des Canaries.

SANTA-CRUZ (ÎLES) ou DE LA REINE CHARLOTTE, archipel du Grand-Océan Équinoxial, entre 8° 30'-12° 15'lat. S. et 163° 20'-167° 40' long. E., se compose d'un grand nombre d'îles, dont les principales sont : Sta-Cruz ou Egmont, Vanikoro, Swalow, Duff, Ourry, Cherry, Mytre et Brawell. — Découvertes en 1595 par Mendana; revues en 1767 par l'Anglais Carteret, qui, ignorant la découverte déjà faite par Mendana, leur donna le nom d'îles de la Reine Charlotte.

SANTA-CRUZ-DE-LA-SIERRA, dép. de la Bolivie, entre ceux de la Paz au N. O., de Cochabamba au S. O., de Chuquisaca au S., le pays de Chiquitos au S. E., et celui des Moxos à l'E. et au N.; env. 70 000 h. ; ch.-l., Santa-Cruz. Mont. et forêts nombreuses; climat chaud et humide, beaucoup de riv. (Guapey, Mamorè, Parapiti, Sara); habitants : indigènes sauvages. Productions : riz, maïs, sucre, bois de construction, gibier, abeilles, etc. — La ville de Santa-Cruz-de-la-Sierra, dite aussi San-Lorenzo-de-la-Frontera, est sur le Guapey, à 450 kil. E. de la Paz; 10 000 hab. Évêché. Fondée en 1560 par Chaves.

SANTA-CRUZ (Alvarez de BASSANO, marquis de), amiral espagnol sous Charles-Quint, prit Oran sur les Barbaresques, enleva Tunis à Barberousse, 1535, et s'empara de Penon-de-Velez, 1564, combattit à Lépante, remporta en 1582 une victoire navale près de St-Michel, une des Açores, sur Strozzi, qui commandait la flotte française destinée à soutenir les droits du prieur de Crato, et anéantit ainsi le parti de ce prétendant; mais ternit sa gloire en traitant comme pirates tous ceux qui tombèrent en son pouvoir. Il mourut en 1587, au moment de prendre le commandement de la célèbre Armada.

SANTA-CRUZ-DE-MARZENADO (don Alvar, marquis de), d'une illustre maison des Asturies, né vers 1687, soutint bravement la cause de Philippe V en Espagne et en Sicile, fut ambassadeur à Turin, puis en France, fut envoyé en Afrique comme gouverneur de la ville d'Oran, et fut tué dans une sortie par les Arabes (1732). Il a laissé des Réflexions militaires, ouvrage estimé, trad. en franç. par Vergy, 1735.

SANTA-FÉ, v. des États-Unis (Nouv.-Mexique), par 107° 13' long. O., 36° 12' lat. N.; 8000 h. Aspect misérable. Entrepôt de toute la province. Aux env., mines d'or et d'argent. Cette ville fut prise par les États-Unis en 1846.

SANTA-FÉ, v. de la Plata, ch.-l. de l'État de Sta-Fé, au confluent du Parana et du Rio-Salado; 6000 h. Fondée en 1573 par Garay, elle fut longtemps la capit. de l'Entrerios. — L'État de Santa-Fé, entre ceux d'Entrerios (dont le sépare le Parana) à l'E., de Buénos-Ayres au S. E., de San-Luis au S. O., de Cordova au N., compte env. 60 000 hab.

SANTA-FÉ D'ANTIOQUIA, — DE BOGOTA, — DE GUANAXATO, etc. V. ANTIOQUIA, BOGOTA, etc.

SANTA-LUCIA, ch.-l. de cant. (Corse), à 19 kil. N. E. de Sartène; 930 h. Eaux sulfureuses.

SANTA-MARIA, une des Açores, au S. de l'île St-Michel : 20 k. sur 12; 5000 h.; ch.-l., Sta-Maria.

SANTA-MARIA-DE-BETHANCURIA, ch.-l. de l'île de Fortaventura ; 650 hab. Ainsi nommée en l'honneur de Béthencourt, qui le 1er occupa les Canaries.

SANTA-MARIA-DI-CAPUA, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Terre de Labour), à 4 kil. S. E. de Capoue et à 7 k. O. N. O. de Caserti; 9000 h. Palais de l'archevêque de Capoue. Cour criminelle et trib. civil.

SANTA-MARIA-DI-LEUCA, en lat. Leuca, v. d'Italie (Terre d'Otrante), à 16 kil. S. d'Alessano,. sur le cap de Santa-Maria-di-Leuca, qui forme l'extrémité S. de l'Italie; 3000 hab. Palais de l'évêque d'Alessano.

SANTA-MARIA-SICHÉ, ch.-l. de cant. (Corse), dans l'arr. d'Ajaccio ; 574 h.

SANTA-MARTA, v. de la Nouv.-Grenade (Magdalena), ch.-l. de la prov. de Sta-Marta, par 76° 29' long. O, 11° 19' lat. N. ; 6000 h. Évêché. Port franc; trois forts. — Fondée en 1554, brûlée en 1596 par Drake ; dévastée pendant la guerre de l'Indépendance, et presque détruite par un tremblement de terre en 1834. — La prov., sur la mer des Antilles, entre le dép. de Zulia (au Vénézuela) à l'E. et la prov. de Carthagène à l'O., a 500 kil. sur 100, et 65 000 hab.

SANTANDER, c.-à-d. St-André, Portus Blendium, v. forte et port d'Espagne (Vieille-Castille), ch.-l. de l'intendance de Santander, à 400 kil. N. de Madrid , sur le golfe de Biscaye; 20 000 hab. Évêché. Port militaire et de commerce; 2 châteaux forts; école de navigation. Fonderie royale d'ancres, canons, bombes, etc. Manuf. de tabacs, raffineries de sucre; fabriques de chapeaux, papier, toile à voile, liqueurs. Commerce actif, mais déchu depuis la déclaration d'indépendance de l'Amérique méridionale. Cabotage (avec Bilbao, Bayonne, etc.). Aux env., mines de fer. Les Français prirent cette ville en 1808. — L'intend. de S. a pour bornes le golfe de Biscaye au N., les Asturies à l'O., la Biscaye à l'E., les intend. de Burgos et de Palencia au S.; 5000 kil. carrés 200 000 hab.; elle comprend une partie des Asturies de Santillane. Sol peu fertile; pêche abondante.

SANTANDER, État de la Nouv.-Grenade, renferme 5 000 000 d'hect., avec une popul. d'env. 460 000 h., et a pour ch.-l. Pamplona. Il tire son nom du général Santander, qui fut président en 1832.

SANTANDER (Ch. Ant. DE LA SERNA), savant espagnol, correspondant de l'Institut, né en 1752 à Colindres (Biscaye), m. en 1813, fut longtemps conservateur de la bibliothèque de Bruxelles, dont il fit une des plus importantes de l'Europe. Il a publié le Catalogue de la bibliothèque de dom Simon de Santander (son oncle), avec de précieuses notes bibliographiques et littéraires, Bruxelles, 1792 et 1803; et un Dictionnaire bibliographique du XVe s., 1805-7.

SANTAREM, c.-à-d. Ste-Irène, jadis Scalabis, puis Præsidium Julium, v. de Portugal (Estramadure), à 100 kil. N. E. de Lisbonne, sur une éminence près de la r. dr. du Tage; 8000 h. Séminaire, école de théologie. Vue magnifique qui s'étend jusqu'à Lisbonne. Anc. château dit l’Alcazaba. — Cette ville était florissante sous les Romains. Après diverses vicissitudes, elle fut enlevée aux Maures par Alphonse I en 1147; Alphonse III l'agrandit en 1254, et depuis, les rois de Portugal y rirent leur résidence jusqu'à Jean I.

SANTAREM (Emmanuel de BARROS Y SOUZA, vicomte de), né à Lisbonne en 1790, m. à Paris en 1856, prit parti en 1828 pour don Miguel contre dona Maria, fille de don Pedro, fut ministre des affaires étrangères sous la règne éphémère de ce prince, quitta le Portugal avec lui en 1834, vint se fixer à Paris, où il s'occupa d'histoire et de géographie, et y publia, entre autres savants écrits : Relations du Portugal avec les différentes puissances du monde (en portugais), 1836; Recherches sur la découverte des pays situés sur la côte occidentale d'Afrique au delà du cap Bojador, 1842, avec un Atlas de mappemondes et de cartes hydrographiques et historiques depuis le XIe s. jusqu'au XVIIe, ouvrage tiré des archives de Portugal. L'auteur, égaré par l'esprit de patriotisme, y exagère souvent l'importance des découvertes de ses compatriotes. Membre de la Société de géographie de Paris, Santarem a publié dans le Bulletin de cette société de précieux mémoires, relatifs pour la plupart aux navigateurs portugais.

SANTA-ROSA (SANTORRE, comte de), patriote sarde, né à Savigliano en 1783, fut un des chefs de l'insurrection populaire de 1821, et devint ministre de la guerre quand Victor-Emmanuel eut abdiqué. Il montra du talent et de l'énergie ; mais, mal secondé par les siens et pressé par les troupes Autrichiennes, il fut obligé de fuir, se réfugia en France, où il ne trouva que persécutions, et finit par aller combattre en Grèce. Il périt en 1825 dans l'île de Sphactérie, les armes à la main. Il avait publié à Paris en 1821 : De la révolution piémontaise.

SANTA-SEVERINA, Siberena, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Calabre Ult. 2e), à 41 kil. N. E. de Catanzaro ; 1000 hab. Archevêché. Ville d'origine énotrienne suivant les uns, grecque selon les autres. Titre de duché au moyen âge. Elle fut détruite en grande partie par le tremblement de terre de 1783.

SANTEN, ville des États prussiens. V. XANTEN.

SANTENAY, village de la Côte-d'Or, à 15 k. S. E. de Beaune; 1600 h. Vins rouges estimés; bourgogne mousseux; tonnellerie. Aux environs, eaux salines froides.

SANTERRE, Sancteriensis pagus, petit pays de l'anc. Picardie, se divisait en Haut et Bas-S., et comprenait, dans le Ht-Santerre, Péronne (ch.-l. général), Bray et Chaulnes; dans le Bas, Montdidier et Roye. Ce pays forme auj. la partie S. E. du dép. de la Somme et quelques fractions de celui de l'Oise.

SANTERRE (J. B.), peintre d'histoire, né à Magny en 1651, m. en 1717, était élève de Bon Boullongne, mais prit surtout la nature pour guide. On estime son tableau de Susanne, qui lui ouvrit les portes de l'Académie (1704), et ceux d’Adam et Ève, de la Madeleine, de Ste Thérèse en extase. Bon coloriste, dessinateur correct, il excelle dans les études de femmes.

SANTERRE (Claude), démagogue, né à Paris en 1743, m. en 1808, était un riche brasseur du faubourg St-Antoine. Il fut un des principaux instigateurs de l'émeute du Champ de Mars, de celles du 20 juin et du 10 août 1792, auxquelles il conduisit le peuple du faubourg St-Antoine, et fut, après l'assassinat de Mandat, nommé par la Commune général de la garde nationale parisienne, puis commandant de la prison du Temple pendant que Louis XVI et sa famille y étaient renfermés. Lorsque Louis XVI, sur l'échafaud, voulut parler au peuple, il fit couvrir sa voix par un roulement de tambours. Nommé général en Vendée, il ne montra que de l'incapacité, et fut honteusement battu à Coron, près de Chollet. Arrêté à son retour, il ne dut son salut qu'au 9 thermidor. Partisan du Directoire, il tenta vainement de s'opposer au 18 brumaire. Depuis, il n'a plus joué aucun rôle. Son fils a écrit sa Vie et défendu sa mémoire.

SANTERRE (LOURDET de), auteur. V. LOURDET.

SANTEUIL ou SANTEUL (J. B.), Santolius, poëte latin moderne, né à Paris en 1630, mort en 1697, était chanoine de St-Victor. Il s'acquit autant de célébrité par sa gaieté et ses bizarreries que par son talent poétique. Son latin, plein de verve, n'a cependant pas la couleur, la physionomie antiques. Santeuil s'était d'abord exercé dans la poésie profane, mais, à la sollicitation de Bossuet, il se consacra tout entier aux sujets religieux. Lié avec les Jansénistes, il se fit des affaires avec les Jésuites pour une épitaphe laudative d'Arnauld. On a prétendu à tort qu'il fut empoisonné par du tabac d'Espagne qu'on avait mêlé à son vin dans un repas pour animer sa verve; La Monnoye assure qu'il fut tué par l'émétique. Ses poésies consistent en hymnes, inscriptions, épigraphes (dont plusieurs pour les fontaines de Paris), etc. Ses Œuvres profanes forment 3 vol. in-12, Paris, 1729, édition Barbou; ses hymnes remplissent un 4e volume. Les Hymnes ont été trad. en vers franç. par l'abbé Saurin, 1842. On a publié sous le titre de Santoliana un recueil de bous mots de Santeuil.

SAN-THOMÉ ou MELIAPOUR, v. de l'Inde anglaise (Madras), à 9 kil. S. de Madras. Évêché catholique. Elle appartint aux Portugais de 1545 à 1672 et fut le ch.-l. de leurs établissements sur la côte de Coromandel; puis passa aux Français (1672), aux Hollandais (1674), enfin aux Anglais (1749). — V. THOMAS (S.).

SAN-THOMÉ, île de l'Afrique portugaise, dans le golfe de Guinée, 1200 kil. N. O. du cap Lopez, par 0° 25' lat. N., 4° 24' long. E.: 20 000 hab.; ch.-l., San-Thomé, qui a environ 2000 hab. (résidence d'un évêque). Pic Ste-Anne (2400m). Climat chaud et malsain, mais sol fertile. — Cette île fut découverte en 1471 par Vasconcellos le jour de la St-Thomas.

SANTIAGO ou ST-JACQUES-DE-COMPOSTELLE, Campus Stellæ au moyen âge, v. d'Espagne (Galice), anc. capit. de la Galice, dans l'intend. de la Corogne, sur le Sar, au pied du mont Pedroso, à 40 k. S. de la Corogne et à 508 N. O. de Madrid; 29 000 h. Archevêché (très-riche jadis), université, anc. ch.-l. de l'ordre de St-Jacques. Belle cathédrale, composée de 2 églises bâties l'une sur l'autre et qui renferme le tombeau de S. Jacques le Majeur, avec un riche Trésor. Fabriques de dentelles, tanneries; commerce d'images saintes et de chapelets. — L'archevêché, qui était d'abord à Iriense, fut transféré en ce lieu vers 840, sous Alphonse II, lorsqu'on y transporta le corps de S. Jacques, patron de l'Espagne (trouvé en 808 par l'évêque Théodomir). Son nom latin de Campusstellæ lui vient d'une étoile miraculeuse qui, selon la légende, indiqua le tombeau de l'apôtre. On conte que peu après (sous Ramire I), à la bataille de Logrono, S. Jacques lui-même, monté sur un cheval blanc, décida la victoire qui fut remportée sur les Arabes d'Abderrahman II. Quoi qu'il en soit, la ville devint bientôt un lieu de pèlerinage des plus célèbres. Les Maures prirent et saccagèrent Santiago en 997, mais sans la garder. Charles-Quint y assembla les Cortès en 1520. Les Français l'occupèrent de 1809 à 1814.

SANTIAGO, capit. du Chili, sur la Maypocha, à 2800 k. S. de Lima, par 72° 8' long. O., 33° 16' lat. S. ; 80 000 h. Siége du gouvernement, ch.-l. du dép. de son nom; évêché, université, lycées, bibliothèque, monnaie, banque; consulats. Chem. de fer. Située sur un plateau élevé, la ville offre un climat sain et délicieux. Elle est belle et régulière, mais inachevée : très-belle place au centre, église St-Dominique remarquable, belle promenade de l’Alameda, beau pont, monnaie, palais du gouverneur; chemin de fer. Poterie, ébénisterie, sellerie. Santiago est l'entrepôt de tout le commerce du Chili. Tremblements de terre fréquents : ceux de 1822 et 1829 surtout ont fait le plus grand mal. La ville fut fondée en 1541 par Pedro de Valdivia. — Le dép. de Santiago a pour bornes celui d'Aconcagua au N., les Andes à l'E., et pour villes principales (outre Santiago) Valparaiso, Sta-Cruz, Roncagua, Tiltil; env. 280 000 hab.

SANTIAGO (île), la plus grande des îles du cap Vert (55 k. sur 22); 20 000 h. ; ch.-l., Villa-da-Praya.

SANTIAGO-DE-ALANHI, v. de la Nouvelle-Grenade (Isthme), ch.-l. de la prov. de Veragua; 5000 h.

SANTIAGO-DE-CUBA, ch. du dép. oriental de Cuba, à l'embouch. du Santiago, à 800 k. S. E. de la Havane ; 30 000 h. Archevêché. Port excellent, défendu par le château fort del Morro. L'air y est malsain et l'on y manque d'eau. — Cette ville, fondée en 1514 par Diego Velasquez, a été jusqu'à 1589 la capit. de l'île de Cuba. Dévastée par un tremblement de terre en 1852.

SANTIAGO-DE-HAÏTI, ou S. de los Caballeros, v. d'Haïti, ch.-l. du dép. du Nord-Est, à 170 kil. N. O. de St-Domingue, a un petit port à 24 kil. de là; 10 000 h.

SANTIAGO-DEL-ESTERO, v. de la Plata, anc. ch.-l. de l’État.de son nom, sur le Rio Dulce, à 880 k. N. O. de Buénos-Ayres; env. 3000 h. Fondée en 1562. — L’État de Santiago est situé entre ceux de Tucuman au N., de Catamarca à l'O., de Cordova au S.

SANTIAGO-DE-LA-VÉGA. V. SPANISH-TOWN.

SANTIAGO-DE-LOS-CABALLEROS. V. GUATEMALA (VIEILLE) et SANTIAGO-DE-HAÏTI.

SANTILLANE, Concana, v. de la Vieille-Castille (Santander), sur quatre petits ruisseaux : 2300 hab. Ancien château. Patrie de l'architecte J. de Herrera, qui termina l'Escurial. — Jadis capit. de la partie orientale des Asturies, qui prenait de là le nom d’Asturie de Santillane, par opposition à l’Ast. d'Oviedo.

SANTILLANE (Don Inigo Lopez de MENDOZA, marquis de), un des premiers seigneurs et des plus grands poëtes de la cour du roi de Castille Jean II, né à Carrion de los Condes en 1398, m. à Guadalaxara en 1458, était fils d'un grand amiral de Castille. Disciple et ami du marquis de Villena, il acquit lui-même en Europe la réputation de chevalier accompli. On a de lui : le Centiloquio, recueil de cent maximes de morale et de politique, qu'il composa pour l'instruction du prince royal (depuis Henri IV de Castille) ; le Proemio, notice curieuse sur l'origine de la poésie et sur les anciens poëtes ; la Comediata de Ponza, essai de drame, où il décrit la bataille que le roi d'Aragon Alphonse V livra aux Génois en 1435; le Manuel des favoris, poëme sur la mort du connétable Alvaro de Luna. Ses poésies, d'un style élégant, sont gâtées par l'affectation de l'érudition.

SANTO-ANTONIO-DE-TIJUCO, v. du Brésil (Minas-Geraës), dans les monts Espinhaço et le district Diamantin, à 550 kil. N. de Rio-de-Janeiro; 6000 h.

SANTO-DOMINGO, v. de l'île de Haïti, capit. de la partie espagnole, sur la côte S. E., à 320 kil. E. du Port-au-Prince, à l'embouchure de l'Ozama; 7000 h. Jolie ville ; belle cathédrale gothique. Commerce peu important. — Fondée sur la rive gauche de l'Ozama par Barth. Colomb en 1496, sous le nom de Nouv.-Isabelle, elle fut presque détruite par un ouragan en 1504, et rebâtie sur la rive droite dans le lieu qu'elle occupe à présent : elle fut alors appelée Sto-Domingo du prénom du père de Colomb, qui avait S. Dominique pour patron. Elle fut surtout florissante au XVIe s. Fr. Drake la prit en 1586, et les Français en 1795. Après avoir fait partie de la rép. d'Haïti, elle s'est constituée (1843) en république indépendante. V. HAÏTI.

SANTO-ESPIRITO (Brésil). V. ESPIRITO-SANTO.

SANTONA, v. forte et port d'Espagne (Vieille Castille), à 26 kil. E. de Santander, sur une presqu'île, dans une baie du golfe de Biscaye; 1200 hab. Prise par les Français en 1809 et 1823.

SANTONES, peuple de Gaule, au S. des Pictones, avait pour ch.-l. Santones, d'abord Mediolanum (auj. Saintes), et pour autres villes principales Santonum portus (la Rochelle) et Inculisma (Angoulême). Ce peuple, qui faisait d'abord partie de la Celtique, en fut séparé par Auguste pour être joint à l'Aquitaine. Il occupait la Saintonge, l’Angoumois et l’Aunis.

SANTONS, espèce de moines musulmans, analogues aux Calenders, mènent une vie vagabonde; ils simulent la folie (parce qu'elle passe pour inspiration chez les Musulmans), querellent ceux qu'ils rencontrent, ou demandent l'aumône tout armés, et souvent même détroussent les voyageurs.

SANTO-PIETRO, ch.-l. de c. (Corse), dans l'arrond. de Bastia; 1547 hab.

SANTORIN (île), l'anc. Thera, île de Grèce (Cyclades), au S. de celle d'Ios, par 23° 8'long. E., 36° 22' lat. N., a 15 kil. sur 7 et env. 13 000 h. Terrain de formation volcanique : la côte occid., en forme de croissant, est une portion de la circonférence d'un ancien cratère. Vins estimés, grains, coton, etc. — Devenue chrétienne à la fin du IIIe s., l'île de Théra (V. ce nom) prit le nom de Ste Irène, qui y fut martyrisée en 304 : c'est ce nom qui, en se corrompant, a formé Santorin. Après la 4e croisade, elle fit partie du duché de Maxos. Elle fut conquise par les Turcs en 1537, et prit part à l'insurrection grecque. Elle fait auj. partie, dans le royaume de Grèce, du nome des Cyclades : elle forme, avec Nio, Amorgos et Anaphé une éparchie ou diocèse, dont Phira, la ville principale de l'île, est le chef-lieu.

SANTOS, v. et port du Brésil (St-Paul), dans l'île St-Vincent, côte N., à 50 kil. S. E. de St-Paul, 7000 h. Bon port; riz et café renommé. — Fondée en 1545.

SANTO-THOMAS, port de Guatemala, au fond de la baie de Honduras, donne son nom à un établissement belge fondé en 1843, entre les fleuves Potochic au N. et Montagna au S.

SANUDO (Marc), général vénitien, né en 1153, m. en 1220, fit partie de la 4e croisade, aida les Francs à renverser l'empire de Constantinople et à fonder l'empire latin, s'empara, pour les Vénitiens, des Sporades et des Cyclades, notamment de Naxos (1207), fut créé duc de l'Archipel par l'emp. latin Henri, et transmit ce titre à ses descendants. Favorisé par les Génois, il se rendit indépendant, enleva Candie à ses compatriotes, et se fit proclamer roi de cette île, mais il la perdit bientôt. Néanmoins, il conserva Naxos et s'y maintint jusqu'à sa mort. Ses successeurs portèrent le titre de ducs de l'Archipel jusqu'à. Jean Sanudo, 6e duc, qui, à la fin du XIVe s., donna la main de sa fille et la souveraineté de Naxos au prince de Négrepont.

SANUTO (Marino), dit l’Ancien ou Torsello, noble Vénitien, fit cinq voyages en Palestine, s'efforça, mais sans succès de susciter une croisade, convoitant l’Égypte pour Venise, et composa dans ce but son Liber secretorum Fidelium crucis super Terræ sanctæ recuperatione (1306), ainsi que des Cartes de la Méditerranée, qu'il présenta en 1321 au pape Jean XXII. Son ouvrage a été publié par J. Bongars, dans les Gesta Dei per Francos, t. II. On doit à M. Postansque une dissertation De Marini Sanuti vita et scriptis, 1855.

SANUTO (Marino), le Jeune, né à Venise en 1466, m. en 1531, était historiographe de la république. Il a laissé, entre autres ouvrages : De adventu Caroli (Charles VIII) in Italiam adversus regnum neapolitanum (resté manuscrit, et dont la Bibliothèque impériale de Paris possède un exemplaire); De origine urbis Venetæ et vita omnium ducum, ouvrage publié par Muratori, Milan, 1733, in-f., et qu'on appelle la Chronique de Sanuto.

SANVIC, bg de la Seine-Inf., attenant au Hâvre et auj. réuni en partie à cette ville; 2529 h. Chaux hydraulique, noir animal, épuration de goudron.

SANZIO (Raphaël), peintre. V. RAPHAËL.

SAÔNE, l’Araris des anciens, Segona ou Saucona au moyen âge, riv. de France, naît à Vioménil (arr. de Mirecourt), dans le S. O. du dép. des Vosges, coule au S., traverse les dép. de Hte-Saône, Côte-d'Or, Saône-et-Loire, sépare ceux du Rhône et de l'Ain, et tombe dans le Rhône, à Lyon, par la r. dr., après un cours de 450 kil. Elle arrose Châtillon-sur-Saône, Port-sur-Saône, Gray, Pontailler, Auxonne, St-Jean-de-Losne, Verdun-sur-Saône, Châlon, Tournus, Mâcon et Trévoux. Ses principaux affluents sont : à droite, l'Armance, le Salon, la Tille, l'Ouche; à gauche, l'Oignon, le Doubs, la Seille, la Reyssouse, la Veyle. Elle reçoit en outre les canaux de Bourgogne, du Centre et du Rhône-au-Rhin. Sujette à des crues désordonnées, cette riv. a causé de fréquentes inondations dont la ville de Lyon a eu surtout à souffrir, notamment en 580, 1570, 1602, 1709, 1840.

SAÔNE (dép de la HAUTE-), entre ceux des Vosges au N., du Doubs et du Jura au S., du Ht-Rhin à l'E., de la Hte-Marne et de la Côte-d'Or à l'O. : 4340 kil. carr. et 317 183 hab.; ch.-l., Vesoul. Il est formé d'une partie de la Franche-Comté. Pays montagneux, couvert au N. et à l'E. par une ramification des Vosges; climat humide, mais sain. Manganèse, plomb argentifère, cuivre pyriteux et argentifère; houille, tourbe; marbre, granit, jaspe, albâtre, plâtre; pierres à aiguiser et meulières; terres alumineuses, vitrioliques et à potier, sable à verre; eaux minérales. Sol fertile (grains, légumes, colza, navette, lin, chanvre, vins ordinaire en abondance). Gros bétail, chevaux, porcs. Grande industrie (hauts fourneaux, forges, tréfileries; quincaillerie, pièces d'horlogerie; tissus de coton; verre, faïence, poterie; moulins à huile, kirsch). Commerce actif. Beaucoup d'antiquités et de médailles. — Ce dép. a 3 arr. (Vesoul, Gray, Lure), 28 cant., 651 communes : il appartient à la 7e division militaire, ressortit à la cour impériale et fait partie de l'archevêché de Besançon.

SAÔNE-ET-LOIRE (dép. de), entre ceux de la Côte-d'Or au N., de la Loire, du Rhône, de l'Ain au S., du Jura à l'E., de l'Allier à l'O. : 8436 kil. carr. ; 582 137 hab. ; ch.-l., Mâcon. Il est formé d'une partie de l'anc. Bourgogne. Mont. du Charolais, nombreux coteaux. Outre la Saône et la Loire, ce dép. est arrosé par plusieurs petites rivières qui se partagent entre la Loire et le Rhône (l'Arroux, la Seille, etc.). Fer, houille, cristal de roche, albâtre, marbre, pierre lithographique, pierre de taille ; eaux minérales. Prairies, forêts; froment, pommes de terre, chanvre, fruits; nombreux vignobles, bons vins. Gros et menu bétail, chevaux, porcs, etc. Forges et usines à fer; tissus de coton, de fil, de laine; horlogerie; eau-de-vie de marc, etc. Commerce actif, surtout en vins de Mâcon. — Ce dép. a 5 arr. (Mâcon, Louhans, Charolles, Châlon, Autun), 48 cantons, 592 communes; il appartient à la 8e div. militaire, dépend de la cour impér. de Dijon et forme l'évêché d'Autun.

SAORGE ou SAORGIO, ch.-l. de c. (Alpes marit.), à 37 kil. N. E. de Nice; 3356 h. Château fort qui commande le col de Tende; pris par Masséna en 1794.

SAOSDUCHÉE. V. NABUCHODONOSOR I.

SAPAUDIA, nom latin de la SAVOIE.

SAPHADIN. V. MÉLIK-EL-ADEL.

SAPHIRA. V. ANANIAS.

SAPHO, Sappho, célèbre femme poëte, né à Mitylène (Lesbos), vers 612 av. J.-C., resta veuve de bonne heure, conspira avec Alcée contre Pittacus, tyran de sa patrie, fut bannie et alla mourir en Sicile. On raconte que, méprisée de Phaon dont elle était éprise, elle mit fin à ses jours en risquant le saut de Leucade : ces faits paraissent appartenir à une autre Sapho, Lesbienne aussi, mais d'Érésos, courtisane fameuse en son temps, et qui vécut plus tard. Les anciens sont unanimes pour admirer la verve et le feu qui brillaient dans les vers de Sapho : on la surnommait la Dixième muse; son nom a été depuis appliqué aux femmes qui se livraient avec le plus de succès à la poésie lyrique. Sapho inventa le vers saphique (un trochée, un spondée, un dactyle et deux trochées : Vidimus flavum Tiberim, retortis). Il ne nous reste de ses poésies que quelques fragments, parmi lesquels on remarque l’Hymne à Vénus, et 4 strophes d'une belle ode à l’Aimée, traduite en latin par Catulle, en français par Boileau et Delille. Le tout a été recueilli par Wolf, Hambourg, 1733, par Vogler, Leips., 1810, et se trouve dans les recueils de Gaisford (1823), de Schneidewin (1839) et de Bergk (1843).

SAPOR ou mieux CHAHPOUR, nom commun à plusieurs rois sassanides de Perse et d'Arménie.

SAPOR I, roi de Perse de 238 à 271, fils d'Artaxerce I et d'une esclave du sang des Arsacides, envahit la Mésopotamie (242), alors au pouvoir des Romains, mais recula devant l'empereur Gordien, qui lui imposa une paix désavantageuse; s'empara de l'Arménie après en avoir tué le roi Chrosroès, reprit les armes contre Rome sous Valérien, pénétra en Syrie, et, s'étant concerté avec le traître Macrien, fit prisonnier l'emp. Valérien (280), qu'il traita avec barbarie (V. VALÉRIEN) ; put alors ravager sans obstacle la Syrie, la Cappadoce, la Cilicie (260); mais fut forcé à la retraite et battu au passage de l'Euphrate par Odénat qui le poursuivit jusqu'à Ctésiphon (261). Il venait de s'allier avec Zénobie contre Aurélien, lorsqu'il mourut, laissant le trône à son fils Hormisdas I. — II, fils posthume d'Hormidas II, fut proclamé roi avant sa naissance (310), marcha à 16 ans contre les Arabes qui infestaient ses États, persécuta les Chrétiens, protégea en Arménie la faction idolâtre qui chassa Chosroès de ce royaume (338), imposa tribut à ce prince, qui avait été rétabli par Constance II, puis fit directement la guerre aux Romains, leur livra neuf batailles, entre autres celle de Singare, où il resta vainqueur (348), tenta en vain de prendre Nisibis (350), mais réussit en 359, après un siége meurtrier, à s'emparer d'Amide, puis fit la guerre à Julien, devenu empereur : après plusieurs revers, il gagna, sur les bords du Tigre, une bataille dans laquelle ce prince fut blessé mortellement (363). Il se fit céder par Jovien, son successeur, les provinces que les Romains possédaient au delà du Tigre, avec la suprématie sur l'Arménie et sur l'Ibérie. Il mourut en 380. — III régna de 384 à 389, après Artaxerce II, et acheta la paix de Théodose le Grand.

SAPOR, roi d'Arménie, fils d'Iezdedjerd I, roi de Perse, fut fait roi d'Arménie à la mort de Chosroès III, en 415. Il tenta en vain de détacher ses sujets du Christianisme et de l'alliance des Romains : une insurrection lui enleva la couronne d'Arménie pendant un voyage qu'il fit à Ctésiphon (420).

SARA, fille de Tharé et nièce d'Abraham, devint sa femme. Abraham, la donnant pour sa sœur, l'emmena en Égypte, où le pharaon Apophis voulut attenter à sa chasteté, puis la conduisit dans les États d'Abimélech, qui conçut aussi de la passion pour elle; mais, protégée de Dieu, elle réussit à se soustraire à leurs coupables entreprises. Longtemps stérile et se voyant âgée, elle avait engagé son époux à épouser Agar, sa servante; peu d'années après, elle devint elle-même enceinte, quoique âgée de 90 ans, et mit au monde un fils, Isaac. Dans la suite, ayant eu sujet de se plaindre d'Agar, elle la fit chasser par Abraham, ainsi que son fils Ismaël. Elle m. à 127 ans.

SARABAT ou KEDOUS, Hermus, riv. d'Aoatolie, naît dans le Mourad-Dagh, coule au S. O., à l'O., et tombe dans le golfe de Smyme, à 18 kil. N. O. de Smyrne, après un cours de 280 kil.

SARAC, roi de Ninive. V. CHINALADAN.

SARACÈNES, Saraceni tribu nomade de l'Arabie déserte, vers le N., résista longtemps aux forces de l'empire d'Orient et fut des premières à embrasser l'Islamisme. Les Saracènes paraissent avoir donné leur nom aux Sarrasins du moyen âge.

SARAGOSSE, Salduba, puis Cæsarea Augusta, en espagnol Zaragoza, anc. capit. de l'Aragon, auj. ch.-l. de l'intend. de Saragosse, sur l'Èbre, à 28 kil. N. E. de Madrid; 50 000 hab. Archevêché, cour d'appel, université, plusieurs colléges, séminaire, académie des beaux-arts, bibliothèque. Belle cathédrale, fameuse église Notre-Dame del Pilar, renfermant une image de la Vierge qui attire beaucoup de pèlerins; tour penchée, dite Torre Nueva; beau pont, chemin de fer. Scieries, draps fins, vins et eaux-de-vie. Beaux environs ; pâturages renommés. — Saragosse fut, dit-on, fondée par les Phéniciens; les Romains l'agrandirent et l'embellirent; Auguste y établit une colonie de vétérans, lui donna le nom de Cæsarea Augusta (dont Saragosse n'est qu'une corruption), et en fit une des premières villes de la Tarraconaise. Les Suèves s'en emparèrent en 452, les Goths en 470 et les Sarrasins en 712. En 1014, elle devint la capitale d'un petit État maure; en 1118, Alphonse, roi d'Aragon, la reprit après un long siége. Après la mort du roi d'Espagne Charles II, Saragosse prit parti pour l'archiduc Charles, qui battit Philippe V sous ses murs en 1710. Cette ville soutint contre les Français en 1808 et 1809 deux siéges fameux par l'héroïque défense des habitants (V. PALAFOX). — L'intend. de S., entre celles de Huesca au N. E., de Tarragone à l'E., de Castellon au S. E., de Téruel au S., de Soria et de Logrono à l'O. et de Pampelune au N. O., a 225 kil. sur 90, et 350 000 h.

SARAJEVO, v. de Turquie. V. BOSNA-SÉRAÏ.

SARAMON, ch.-l. de cant. (Gers), sur la Gimone, à 22 kil. S. E. d'Auch; 1299 hab. Ville fort ancienne.

SARAOUAN, prov. du Béloutchistan, entre le Kaboul au N., le Katch-Gandava à l'E., le Djalaouan au S., le Mékran au S. O. : 380 kil. sur 150; ch.-l., Kélat. Élève de chameaux, moutons et chèvres.

SARATOGA, v. des États-Unis (New-York), à260k. N. de New-York ; 4000 hab. Eaux minérales en grande vogue, efficaces surtout dans les maladies du foie et des intestins. Le général anglais Burgoyne fut battu près delà, le 17 oct. 1777, par le gén. américain Gates.

SARATOV, v. de la Russie d'Europe, ch.-l. du gouvt de Saratov, sur la r. dr. du Volga, à 1590 k. S. E. de St-Pétersbourg; 44 000 h. Évêché grec, cour civile et criminelle. Gymnase et jardin botanique. Ville très-commerçante, centre des échanges entre Moscou et Astrakan; foire de chevaux. Aux env., mines d'alun, culture du mûrier. — Bâtie en 1594 sur la r. g. du Volga, elle fut presque détruite en 1774 par un incendie et reconstruite sur la r. dr. du fleuve. — Le gouvt de Saratov, entre ceux de Penza et de Simbirsk au N., d'Orenbourg à l'E., d'Astrakhan au S., des Cosaques du Don, de Voronéje et de Tambov à l'O., a env. 600 kil. en long et en large et 1 500 000 hab. Le sol est très-fertile au N. E.; dans la partie du S. E. sont des steppes immenses. Outre le Volga, fleuve principal, on y remarque les deux Ouzen, l'Irgiz, le Khoper et le lac Altan, qui fournit par an 180 000 000 de kilogr. de sel.

SARAZIN (Jacq.), sculpteur, né à Noyon en 1590, m. en 1660, passa 18 ans à Rome où il reçut les conseils du Dominiquin et gagna la protection du cardinal Aldobrandini, obtint à son retour la faveur de Richelieu qui l'employa, devint gendre de Vouet, et eut grande part à l'établissement de l'Académie de peinture, où il entra dès la fondation (1655) et dont il fut le premier recteur. On remarque parmi ses œuvres Atlas et Polyphème, à Rome ; S. Jean et S. Bruno, à Lyon ; les Quatre anges de l'Église à St-Nicolas-des-Champs, à Paris; le Mausolée du cardinal de Bérulle, à l'Oratoire de Paris. Son chef-d'œuvre est le monument de H. de Bourbon, qui représentait la Religion, la Justice, la Piété, la Force, avec 14 bas-reliefs en bronze, et qui se trouvait dans l'église des Jésuites de la rue St-Antoine. Ce maître unissait le naturel au grandiose, l'élégance à la sévérité.

SARAZIN, poëte. V. SARRASIN.

SARBIEVIUS (Casimir SARBIEWSKI, en latin), poëte latin moderne, né en 1695 dans le duché de Masovie (Pologne), entra chez les Jésuites et fut professeur au collège de Wilna. Il réussit surtout dans le genre lyrique et composa 4 livres d’Odes qui l'ont fait surnommer par ses compatriotes l’Horace polonais. Pendant un voyage à Rome, sous le pontificat d'Urbain VIII, il fut chargé de revoir les hymnes du Bréviaire. La meilleure édition de ses poésies est celle de Barbou, Paris, 1791, in-12.

SARDAIGNE, Ichnusa, puis Sardinia chez les anciens, grande île de la Méditerranée, au S. de la Corse, dont elle est séparée par le détroit de Bonifacio, fait partie des anciens États sardes, qui avaient tiré de là le nom de Royaume de Sardaigne ; elle a env. 270 kil. du N. au S., sur 115 de moyenne largeur, et 550 000 hab. ; capit., Cagliari (Pour la division administrative, V. ci-après ÉTATS SARDES). La Sardaigne est hérissée de hautes montagnes, dont les principales sont le Gennargentu (Janua Argenti), au centre, et le Limbosa, au N. : le Tirsi ou riv. d'Oristano est le principal cours d'eau. Le climat de l'île, sain dans les montagnes, est moins salubre dans les parties basses et humides; le sol est très-fertile, surtout en céréales, ce qui faisait jadis nommer cette île la nourrice de Rome, mais l'agriculture est arriérée; la pêche y est très-abondante. On trouve dans l'île beaucoup de mines (fer, plomb, houille, anthracite, cuivre, marbres, basalte, améthystes, sardoines, etc.). L'industrie est faible, le commerce très-borné. En général, le Sarde est très-pauvre. — La Sardaigne était appelée par les Grecs Sandaliotis ou Ichnusa, d'après sa forme assez semblable à celle d'une sandale ou d'un pied. Elle semble avoir été peuplée, partie par les Ibères, partie par les Pélasges, les Étrusques et les Phéniciens; elle reçut ensuite quelques colonies grecques. Les Carthaginois s'y introduisirent en 512 av. J.-C. et y dominèrent jusqu'au milieu du IIIe s. av. notre ère; Rome y mit le pied dès 259 av. J.-C., et finit par l'enlever aux Carthaginois (en 238, après la guerre des Mercenaires). Genséric en devint maître vers 436 de J.-C. Les Grecs, qui la reprirent sur les Vandales, ne purent la défendre contre les Arabes d'Espagne, qui s'y établirent de bonne heure. Aidés de Pise et de Gênes, les indigènes se débarrassèrent des infidèles en 1022. L'île fut alors partagée en quatre judicatures indépendantes : Arborée ou Oristano à l'O., Oléastro à l'E., Gallura au N. E., et Torrès au N. O. ; mais bientôt la Sardaigne tomba sous le joug des deux républiques de Pise et de Gênes, qui, en 1175, se la partagèrent sous la médiation du pape. Frédéric II en investit son fils Enzio (1239), mais, après la chute des Hohenstaufen, Pise en redevint maîtresse (1258). Jacques II le Juste, roi d'Aragon, la conquit sur Pise en 1297, et depuis ce temps jusqu'à 1714 elle fit partie de la couronne d'Aragon, puis de l'Espagne. Le traité de Rastadt la donna en 1714 à l'Autriche, mais celle-ci la céda dès 1720 au duc de Savoie, Victor-Amédée II, qui prit alors le titre de roi de Sardaigne. Dépouillés de leurs États de terre ferme par la France, les rois de Sardaigne Charles-Emmanuel et Victor-Emmanuel se réfugièrent dans cette île et y résidèrent de 1798 à 1814.

SARDAIGNE (Royaume de). V. SARDES (ÉTATS).

SARDANAPALE, dit aussi Tonos-Concoleros, dernier souverain du 1er empire d'Assyrie, régna de 797 à 759 av. J.-C., ou, selon quelques-uns, de 836 à 817, et vécut dans le luxe et la mollesse, négligeant les soins du gouvernement. Arbacès, prince mède, et Bélésis, prince chaldéen, soulevèrent contre lui les Mèdes, les Perses et les Babyloniens. Alors Sardanapale quitta sa vie voluptueuse et prit les armes : il gagna d'abord une bataille sur les rebelles, mais il fut vaincu dans une seconde rencontre, et se retira dans Ninive où il se défendit pendant plus de deux ans. Un débordement du Tigre ayant ouvert aux assiégeants une large brèche dans les murs de la ville, il reconnut l'impossibilité de résister plus longtemps. Toutefois, ne voulant pas tomber vivant entre les mains de ses ennemis, il fit élever dans une des cours de son palais un immense bûcher où il plaça ses trésors et il s'y jeta lui et ses femmes (759). Du reste, rien de plus incertain que tout ce que l'on raconte de Sardanapale. A près sa mort, l'empire d'Assyrie fut démembré : il se forma 3 nouveaux royaumes : ceux de Médie, de Babylone, de Ninive. Phul, son fils, régna sur le dernier sous le nom de Sardanapale II. V. PHUL.

SARDES, auj. Sart, capit. du roy. de Lydie, sur le Pactole, près de son confluent avec l'Hérmus, dans une plaine délicieuse et fertile, au pied du mont Tmolus. Vainqueur de Crésus, Cyrus prit Sardes en 547 av. J.-C., et mit ainsi fin au roy. de Lydie. Sous les Perses cette ville fut le ch.-l. de la 2e satrapie. Sa richesse, longtemps proverbiale, baissa pendant la période persane, bien que Sardes fût comme le point de contact des Grecs et des Perses, et le centre d'un grand commerce de terre, surtout du commerce d'esclaves. Lors de la révolte de l'Ionie contre la Perse, Sardes fut brûlée par les Athéniens (499). En 262, Eumène, roi de Pergame, battit Antiochus I aux environs de Sardes et s'empara de la ville. Sous les Romains, héritiers des rois de Pergame, elle redevint très-florissante : Florus l'appelle la Seconde Rome. Renversée par un tremblement de terre sous Tibère, elle fut relevée par ce prince ; Adrien l'embellit encore. On y célébrait de 4 en 4 ans des jeux magnifiques. Sardes embrassa de bonne heure le Christianisme : S. Jean y établit un des 1er évêchés. Elle fut détruite par Tamerlan en 1402. On n'y voit plus que des ruines.

SARDES (ÉTATS) ou ROYAUME DE SARDAIGNE, anc. État d'Europe, se composait de 2 parties distinctes, l'île de Sardaigne (V. ci-dessus) et les États de terre-ferme. Ceux-ci, situés au N. de l'Italie, partie à l'E. des Alpes, partie à l'O. de ces montagnes, entre la Suisse au N., la France à l'O., la Vénitie à l'E. et la Méditerranée au S., comprenaient le duché de Savoie, le Piémont, le Montferrat, le comté de Nice, le marquisat de Saluces, le duché de Gênes et une partie de l'anc. Milanais. En y ajoutant la Sardaigne, le tout ensemble montait à 76 268 k. carrés et à 5 000 000 d'hab. environ; capitale, Turin.

En 1860, avant la formation an Royaume d'Italie, les États sardes étaient partagés en 14 divisions, subdivisées elles-mêmes en 50 provinces ou intendances :

Divisions. Provinces. Divisions. Provinces.
Turin. Savone
Turin Pignerol. Savone. Acqui.
Suse. Albenga.
Coni. Nice.
Coni Mondovi. Nice Oneille.
Alba. San-Remo.
Saluces. Annecy.
Novare. Annecy Faucigny.
Lomelline. Chablais.
Novare Pallanza. Chambéry.
Ossola. Chambéry H.-Savoie.
Val-Sesia. Maurienne.
Alexandrie.
Asti. Sardaigne.
Alexandrie. Voghera.
Tortone. Cagliari.
Bobbio. Cagliari Iglesias.
Verceil. Isili.
Verceil Bielle. Oristano.
Casal. Nuoro.
Ivrée Ivrée. Nuoro Cuglieri.
Aoste. Lanusci.
Gênes. Sassari.
Chiavari. Alghero.
Gênes Novi. Sassari Ozieri.
Levante. Tempio.

Les États de terre ferme, sillonnés par les ramifications des Alpes, sont très-montagneux; cependant on trouve au N. E., dans le Piémont, de vastes et riches plaines. Ce pays est arrosé par le Rhône, l'Isère, le Var, et la Magra, affluents de la MéBiterranée ; par le Pô et ses affluents, Tanaro, Stura, Doire-Baltée, Doire-Ripaire, Sesia, Tessin, dont les eaux se rendent à l'Adriatique. Les produits les plus importants du sol sont le riz, le maïs, le froment, les vins, les huiles, les figues, les citrons, les oranges, le miel. On y élève principalement des mulets et des abeilles. Les richesses minérales consistent en fer, argent, plomb, cuivre, soufre, manganèse, cobalt, albâtre, marbres, sel; on y trouve un assez grand nombre de sources minérales, la plupart sulfureuses. L'agriculture, l'industrie, le commerce, les sciences fleurissent dans les anciens États sardes. On y compte 4 universités : Turin, Gênes, Cagliari, Sassiri, et 6 archevêchés : Turin, Gênes, Verceil, Cagliari, Oristano, Sassari. Le gouvernement est une monarchie héréditaire représentative.

Le royaume de Sardaigne a eu pour point de départ le comté de Maurienne, dont les possesseurs, vassaux des rois d'Arles dès 999, devinrent en 1027 comtes de toute la Savoie. Ils y réunirent le comté de Suze, puis Turin (1091), et eurent de plus le vicariat de l'empire en Piémont et en Lombardie. A la mort de Philippe, comte de Savoie (1285), qui ne laissa pas d'enfants, la maison de Sardaigne se trouva partagée en 3 branches, dites de Vaud, de Piémont et de Savoie, qui furent formées par ses 3 neveux. Les deux premières cessèrent de régner en 1359 et en 1418; la 3e, qui eut pour tige Amédée V, avait dans l'intervalle réuni la Bresse, le Bugey, les baronnies de Vaud, de Gex et de Valromey. Amédée VIII, premier duc de Savoie (1416), qui fut quelque temps pape sous le nom de Félix V (1439-1447), y ajouta le Génevois, le Valais et le comté de Nice ; en outre, il hérita en 1418 du Piémont. A sa mort, la Savoie, déchirée par des troubles, tomba sous l'influence de la France. S'étant plus tard déclarée pour Charles-Quint contre François I, elle fut occupée par les Français et resta province française pendant 15 ans (1532-59). La paix de Cateau-Cambrésis lui rendit son duc Emmanuel-Philibert (le vainqueur de St-Quentin). Charles-Emmanuel conquit en 1588 le marquisat de Saluces; mais, par la paix de Lyon (1601), il céda la Bresse et le Bugey à Henri IV. Allié tantôt à la France, tantôt à l'Autriche, Victor-Amédée I obtint de celle-ci en 1708 le Montferrat et quelques districts du Milanais, notamment Alexandrie. En 1714, à la paix de Rastadt, il reçut la Sicile, mais il fut forcé de l'échanger en 1720 contre la Sardaigne. A dater de ce moment, les ducs de Savoie prirent le titre de rois de Sardaigne. L'Autriche céda encore à la Savoie, en 1735, Novare et Tortone, en 1745, Vigevano. Le roi de Sardaigne, Charles-Emmanuel II, s'étant déclaré pendant la Révolution contre la France, fut en 1798, après la prise de Turin par Joubert, dépouillé de tous ses États de terre ferme, qui furent réunis à la République; il se retira en Sardaigne où il continua de régner ; mais il abdiqua en 1802 en faveur de Victor-Emmanuel, son frère, qui pendant plusieurs années ne régna que sur la Sardaigne. Les événements de 1814 rendirent à Victor-Emmanuel la Savoie et le Piémont ; on y joignit l'ancienne république de Gênes et le comté de Nice. En 1821 eut lieu en Piémont une révolution constitutionnelle à l'imitation de celle de Naples (V. SANTA-ROSA), mais l'Autriche étouffa ce mouvement dans l'année même. En 1848, le roi Ch.-Albert, échappant à l'influence autrichienne, donna à ses États une constitution libérale et seconda de tout son pouvoir l'affranchissement de l'Italie ; mais, trahi à Milan, puis vaincu à Novare, il abdiqua (1849), et alla mourir en Portugal. Son fils, Victor-Emmanuel II, n'en poursuivit pas moins l'accomplissement de son projet. Pour en préparer le succès, il s'allia intimement à la France et à l'Angleterre et prit part avec elles à la guerre d'Orient. Attaqué inopinément par l'Autriche en 1859, il réussit avec le secours de la France à repousser l'agression, aida l'Italie à se délivrer de la domination autrichienne et fut proclamé en 1860 roi d'Italie. V. ITALIE.

1. Comtes de Maurienne, puis de Savoie. Philibert I, 1472
Bertold, comte de Maurienne, 999 Charles I, 1482
Humbert I, aux Blanches Mains, 1er comte de Savoie, 1027 Charles II, 1489
Amédée I, 1048 Philippe II, 1496
Amédée II, 1060 Philibert II, 1497
Humbert II, 1072 Charles III, 1504
Amédée III, 1118 Emmanuel-Philibert, 1553
Humbert III, 1118 Ch.-Emmanuel I, 1580
Victor-Amédée I, 1630
Franç.-Hyacinthe, 1637
Ch.-Emmanuel II, 1638
Thomas I, 1188 3. Rois de Sardaigne.
Amédée IV, 1233 Victor-Amédée,
Boniface, 1253 II (comme duc), 1675
Pierre, 1263 I (comme roi), 1720
Philippe I, 1268 Ch.-Emmanuel I
Amédée V, le Grand, 1285 (III comme duc), 1730
Édouard, 1323 Victor-Amédée II, 1773
Aymon, 1329 Ch.-Emmanuel II, 1796
Amédée VI, le Vert, 1343 en Sardaigne, 1798-1802
Amédée VII, le Rouge, 1383 Victor-Emm. I :
en Sardaigne, 1802
2. Ducs de Savoie. sur tous les États Sardes, 1814
Amédée VIII (d'abord comte ; duc à partir de 1416), 1391 Charles-Félix, 1821
Louis, 1459 Charles-Albert, 1831
Amédée IX, 1465 Victor-Emman. II, 1849

SARDIQUE, Ulpia Sardica, auj. Sophia, v. de la Dacie Inf.; devint au IVe s. la capitale du diocèse d’Illyrie orientale. Patrie de l'empereur Galère. Il s'y tint en 347 un concile qui condamna les Ariens.

SARDONES, peuple de la Narbonaise 1re, au S., sur la Méditerranée, était limitrophe de l'Hispanie, et avait pour villes principales Ruscino et Illiberis. Leur pays a formé le Roussillon; c'est auj. le dép. des Pyrénées orientales.On suppose, d'après leur nom, que les Sardones étaient sortis de la Sardaigne.

SAREPTA, auj. Sarfend, v. de Phénicie, sur la Méditerranée, entre Tyr et Sidon. Le prophète Élie ressuscita le fils d'une veuve de Sarepta.

SAREPTA, v. de Russie, sur la Sarpa, à 1320k. S. O. de Saratov; 5000 hab. Eau-de-vie, tabac excellent. Fondée par des Frères Moraves en 1765.

SARGON, roi d'Assyrie. V. SENNACHERIB.

SARI, Zadracarta, v. de Perse, ch.-l. du Mazanderan, sur le Mazanderan, à 160 kil. N. E. de Téhéran, 15 000 h. Grand commerce avec Astrakhan.

SARI D'ORCINO, ch.-l. de c. (Corse), à 20 kil. d'Ajaccio; 918 hab.

SARINE (la), riv. de Suisse. V. SAANE.

SARK ou SERCQ, petite île anglaise de la Manche, entre Jersey et Guernesey, à 30 k. de la côte de Normandie ; elle a 4 k. sur 2 et 600 h. Mines d'argent et de cuivre.

SARLAT, ch.-l. d'arr. (Dordogne), à 72 k. S. E. de Périgueux, au fond d'un vallon; 6586 hab. Trib., collége, maison de Jésuites. Huile de noix, bestiaux, pierre meulière, lignite; truffes, etc. Patrie de La Boétie. Cette ville doit son origine à un monastère de Bénédictins fondé au VIIIe s. ; un évêché y fut créé par le pape Jean XXII, il subsista jusqu'à la Révolution.

SARMATIE, Sarmatia, nom vague donné par les anciens à une vaste contrée qu'on place à l'O. de la Scythie et qui s'étendait en Europe et en Asie, entre la mer Baltique et la mer Caspienne, au N. du Pont-Euxin. On distinguait la Sarmatie européenne, entre la Vistule et le Tanaïs, comprenant tous les pays qui forment auj. la Russie et la Pologne; la Sarmatie asiatique, s'étendant à l'E. du Tanaïs jusqu'à la mer Caspienne. — Les Sarmates ou Sauromates étaient une nation distincte des Scythes. Ils paraissent être sortis du Turkestan actuel, et avoir séjourné longtemps au N. du Caucase ; ils conquirent sur les Scythes les contrées auxquelles leur nom est resté, et dominèrent longtemps sur ce peuple. Ils furent à leur tour subjugués par les Goths (aux IIIe et IVe s. de J.-C.). Ils se joignirent aux Huns pour détruire l'empire des Goths (376), et prirent part aux invasions des Huns dans l'Europe occid. au Ve s. — On distinguait parmi les Sarmates plusieurs peuplades, dont les principales étaient celles des Sarmates Iazyges et des Sarmates royaux (c.-à-d. gouvernés par des rois).

SARMIGÉTHUSE, v. de Dacie. V. ZARMIGÉTHUSE.

SARNEN, v. de Suisse (Unterwald), ch.-l. du Ht-Unterwald, sur l'Aa et le lac de Sarnen, à 80 kil. E. de Berne; 3600 hab., catholiques. École latine, arsenal. Anc. abbaye de Bénédictins.

SARNIA, nom latin de l'île de GUERNESEY.

SARNO, Sarnus, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Principauté Citer.), sur le Sarno, à 17 kil. N. O. de Salerne; 12 000 hab. Évêché. Fabriques de papier, soieries. Eaux ferrugineuses et sulfureuses. Ville très-ancienne, dont on attribue la fondation aux Pélasges. Ferdinand I (d'Aragon), roi de Naples, y fut vaincu par Jean de Calabre (1460).

SARON (J. R. BOCHART de), 1er président au Parlement de Paris, né en 1730, mort sur l'échafaud révolutionnaire en 1794, était de la même famille que l'orientaliste Bochart. Il s'occupa avec succès de mathématiques et d'astronomie, se fit remarquer par son habileté à exécuter les calculs les plus compliqués, et fut admis en 1779 à l'Académie des sciences, il favorisa Laplace, et fit imprimer à ses frais le 1er ouvrage de ce savant.

SARONIQUE (Golfe), auj. Golfe d'Athènes ou d'Égine, partie de la mer Égée qui s'enfonce entre l'Attique et l'Argolide, fut ainsi nommée, dit-on, de Saron, roi de Trézène, qui s'y serait noyé. Elle contenait les îles de Salamine et d'Égine.

SAROS ou SAROSCH, v. de Hongrie, à 5 kil. N. O. d'Éperies; 2000 hab. Elle donne son nom à un comitat qui a pour ch.-l. Éperies. Ce comitat, situé dans le cercle en deçà de la Theiss, entre ceux d'Abaüjvar au S., de Zips à l'O., de Zemplin à l'E., et la Galicie au N., a 90 kil. sur 80 et 240 500 hab. Mines de sel, opales (à Czervitz); sources minérales.

SAROS (Golfe de), Sinus Melas, golfe formé par l'Archipel, sur la côte S. de la Roumélie, est séparé, au S. E., de la mer de Marmara et du détroit des Dardanelles par la presqu'île de Gallipoli.

SAROUDJ, v. de la Turquie d'Asie (Rakka), ch.-l. de sandjakat, à 45 kil. S. O. de Réha. Prise par Baudouin en 1100, elle devint le titre d'un comté, qui appartint aux princes d'Édesse.

SAROUKHAN, sandjakat de la Turquie d'Asie, dans l'Anatolie (eyalet d'Aïdin), a pour ch.-l. Ak-Hissar (l'anc. Thyatire). Il est traversé par le Sarabet. Il est formé de la partie N. O. de l'anc. Lydie et doit son nom à l'émir Saroukhan, qui, lors de la dissolution de l'empire de Roum, s'appropria cette province(1307). Le Saroukhan fut réuni aux possessions ottomanes sous Bajazet I, de 1389 à 1392.

SARPÉDON, fils de Jupiter et d'Europe, disputa le trône de Crète à Minos, son frère, fut vaincu, quitta l'île et alla fonder en Lycie avec ses partisans un petit État. Suivant Homère, Sarpédon fut un des princes qui vinrent au secours de Troie : il fut tué par Patrocle ; mais Apollon enleva son corps du champ de bataille, et l'envoya en Lycie, lavé, parfumé d'ambroisie et revêtu d'habits immortels.

SARPI (Pierre Paul), dit Fra Paolo, historien, né à Venise en 1552, m. en 1623, entra chez les Servites, où il prit le nom de Frère Paul (Paolo), étudia toutes les sciences, devint en 1585 procureur général de son ordre, et, à partir de 1597, se porta défenseur de Venise dans ses démêlés avec le pape Paul V. La république le nomma son théologien consultant, puis membre du Tribunal des Dix. Ayant été, en 1607, blessé par des assassins, il fut traité aux frais de l’État. C'était, a-t-on dit, un protestant travesti en moine : il ne tint pas à lui que la réforme ne s'établît à Venise. Sarpi a écrit l’Histoire de l'interdit, Venise, 1606, l’Hist. du concile de Trente, Londres, 1619, un Traité des Bénéfices, fort estimé, et un petit écrit sur le Gouvernement de la République de Venise (trad. par Amelot de La Houssaye, sous le titre de Le Prince de Fra Paolo). Ses Œuvres complètes ont été publiées à Naples, 1790, 24 v. in-8. Elles sont à l’Index à Rome. L’Hist. du concile de Trente a été traduite en français par Le Courayer, 1736, et réfutée par le cardinal Pallavicino.

SARRALBE, v. d'Alsace-Lorraine, au confluent de la Sarre et de l'Alb, à 16 k. S. de Sarreguemines; 3119 hab. Usines de fer, scieries, fabriques d'acier ; toiles, fleurs artificielles. Sources salées.

SARRASIN (J. Fr.), poëte, né en 1604 à Hermanville, près de Caen, m. en 1654, fut secrétaire des commandements du prince de Conti. On a de lui, en vers : Dulot vaincu ou la Défaite des bouts rimés, poème badin en 4 chants, la Pompe funèbre de Voiture, en prose et en vers et des Poésies diverses; en prose, une Hist. du siége de Dunkerque et la Conspiration de Wallenstein. Ses écrits se font remarquer par un badinage ingénieux : il était en ce genre le rival de Voiture. Ses opuscules ont été recueillis à Paris en 1656, et à Caen, en 1824. Ses Œuvres choisies, avec notice par Ch. Nodier, ont paru à Paris en 1826. — V. SARAZIN.

SARRASINS, nom employé au moyen âge comme synonyme de Musulmans, désignait d'abord une tribu particulière de l'Arabie déserte, les Saracènes, qui faisaient la force principale des armées arabes. — On dérive aussi le mot de Sarrasins de l'arabe Charqin (c.-à-d. Oriental), nom que se donnent les Arabes, et on l'oppose à celui de Maures, qui vient de Maghreb (Couchant). — On doit à M. Reinaud, de l'Institut, l'histoire des Invasions des Sarrasins en France, 1836.

SARRE, Saravus et Sara en latin, Saar en allemand, riv. qui prend sa source dans le dép. des Vosges, passe dans ceux de la Meurthe (à Sarrebourg) et de la Moselle (à Sarreguemines), puis entre dans la Prusse Rhénane, et, après avoir baigné Sarrebruck et Sarrelouis, se jette dans la Moselle, par la r. dr., à Consarbrück, après un cours de 220 k. Elle a donné son nom au dép. français de la Sarre, formé en 1795, aux dépens de l’évêché de Trêves; ch.-l., Trêves. Ce dép. a été attribué à la Prusse en 1815.

SARREBOURG, Caranusca et Saræcastrum, Saarburg en all., ch.-l. d'arr. (Meurthe-et-Moselle), sur la Sarre et le chemin de fer de l'Est, à 72 k. E. de Nancy par le chemin de fer; 3073 h. Trib., magasins et boulangeries immenses pour la troupe. Société d'agriculture ; manufactures de cotonnades, siamoises, bière, etc. — Jadis ville de l'Empire, elle appartint aux évêques de Metz depuis le milieu du Xe s., puis aux ducs de Lorraine (1404), et fut cédée à la France en 1661. Elle souffrit de la peste en 1635.

SARREBOURG, v. des États prussiens (Prov. Rhénane), au confluent de la Sarre et de la Leuk, à 18 kil. S. de Trêves; 2000 hab. Faïence, alun, sel ammoniac, bleu de Prusse, aciéries, forges; vins.

SARREBRUCK, Augusti muri, Saræ pons, v. des États prussiens (Prov. Rhénane), ch.-l. de cercle, sur la r. g. de la Sarre, qu'on y passe sur un assez beau pont (brück), à 82 k. de Trêves et près de la frontière française; 7000 hab. Chemin de fer. Porcelaines, cartes à jouer; usines à fer et acier, quincaillerie. — Fondée au milieu du Xe s., possédée par les évêques de Metz, puis par des comtes particuliers (1237), elle appartint à la maison de Nassau à partir de 1380. Prise par les Français en 1676 et bientôt reprise par les Impériaux, qui la brûlèrent; elle fut réunie a la France en 1794 et fut l'un des ch.-l. d'arr. du dép. de la Sarre jusqu'en 1814. Donnée à la Prusse en 1815.

SARREGUEMINES, Saargemünd, ville d'Alsace-Lorrains, à 75 kilom. E. de Metz, au confluent (gemünd) de la Sarre et de la Blise; 6075 habitants. Jadis fortifiée. Siamoises, velours, cravates de soie, tabatières en carton vernissé, poterie fine, façon anglaise. Patrie de Montalivet. — Anc. place forte de Lorraine. Assiégée par les Prussiens en 1794; occupée par les Alliés (1814, 1815), par les Allemands (1870).

SARRELOUIS, Saar-Luis en allem., Arx Ludovici ad Saram en latin, v. des États prussiens (prov. Rhénane), ch.-l. de cercle, sur la Sarre, à 65 k. S. E. de Trêves; 7000 h. Fabr. d'armes, tréfilerie, tannerie. Patrie de Ney. — Fondée par Louis XIV en 1680 et fortifiée par Vauban, elle a été enlevée à la France en 1815.

SARRE-UNION, ch.-l. de cant. (Bas-Rhin), sur la Sarre, à 34 kil. N. O. de Saverne, est formé de deux villages, Saarwerden et Saar-Bockenheim, vulgt dit Bouquenon; 3449 hab. Brasseries, briqueterie, tuileries, tanneries; étoffes en soie et paille, fleurs en paille, chapeaux de palmier dits Brésiliens, chapeaux de paille d'Italie, fonderie de métaux.

SARROLA CARCOPINO, ch.-l. de c. (Corse), à 10 kil. N. E. d'Ajaccio; 930 hab.

SARSINA, Sarsina et Bobium, v. d'Italie, autrefois dans l'Ombrie, auj. dans la prov. de Forli, à 26 k. S. E. de Césène; 1200 h. Évêché. Patrie de Plaute.

SART, l'ancienne Sardes. V. SARDES.

SARTÈNE, v. de Corse, ch.-l. d'arr., à 50 kil. S. E. d'Ajaccio; 4406 hab. Bâtie en amphithéâtre. Trib. de 1re mst. Bestiaux, abeilles; cuirs de bœuf, peaux de chèvre et de mouton; cire, miel.

SARTHE, riv. de France, naît dans le dép. de l'Orne, à Somme-Sarthe près de La Trappe, coule du N. au S., puis se dirige à l'O., arrose les dép. de l'Orne, de la Sarthe, de Maine-et-Loire, baigne Beaumont-le-Vicomte, Alençon, Le Mans, Sablé, et tombe dans la Mayenne à 6 k. au-dessus d'Angers, après un cours de 275 k. (dont 120 navigables). Elle a pour affluents principaux l'Huisne, la Vègre, le Loir, la Braye.

SARTHE (dép. de la), entre ceux de l'Orne au N., de la Mayenne à l'O., de Loir-et-Cher à l'E.; 6216 k. carrés; 466 155 hab.; ch.-l., le Mans. Il est formé du Bas-Maine et du Ht-Anjou. Fer, houille, marbre, granit, pierres meulières et de taille, ardoise; grès à paver, ambre jaune, terre à foulon; eaux minérales. Sol varié (argileux à l'O., meilleur à l'E. et surtout au N. E.) ; blé noir et autres céréales, légumes, fruits, pommes à cidre; chanvre, assez bons vins. Volaille renommée, abeilles, beaucoup d'industrie (toiles, siamoises, étoffes communes, gants, bougies célèbres, papeteries, verreries, conserves de viandes et de légumes.) — Ce dép. a 4 arrond. (Le Mans, Mamers, St-Calais, La Flèche), 33 cant. et 389 communes; il appartient à la 16e division militaire; a une cour impériale à Angers et un évêché au Mans.

SARTI (Jos.), compositeur, né en 1730 à Faenza, m. en 1802 à St-Pétersbourg. composa plusieurs opéras qui obtinrent un succès éclatant à Milan et à Venise (entre autres Giulio Sabino), et fut appelé à St-Pétersbourg, où il fit représenter Armida e Rinaldo, ainsi que divers autres ouvrages de musique sacrée ou profane qui furent fort admirés; il reçut la noblesse russe. Il avait été maître de Cherubini.

SARTIGES (Bertrand de), Templier, né vers 1260 au château de Sartiges, près de Mauriac, était commandeur de Carlat au moment du procès des Templiers. Il soutint énergiquement l'innocence de son ordre, tant devant l'évêque de Clermont qu'à Paris (1309-10). On ne trouva aucune charge contre lui; néanmoins après la condamnation des Chevaliers, il se retira en Allemagne, où il entra dans l'ordre Teutonique. — Un descendant de la famille de Sartiges, Ch. Gabriel Eugène, vicomte de S., né en 1772, m. en 1827, fut préfet de la Hte-Loire sous la Restauration (1815-1819).

SARTILLY, ch,-l. de cant. (Manche), à 11 kil. S. d'Avranches; 1284 hab. A 6 kil. N. E., ruines de l'abbaye de La Luzerne, qui datait du XIIe s.

SARTINE (Gabriel de), magistrat, né à Barcelone en 1729, m. en 1801, fut successivement conseiller au Châtelet de Paris, lieutenant criminel, maître des requêtes, lieutenant général de la police (1759), et acquit dans ces dernières fonctions une réputation méritée par l'habileté avec laquelle la police se fit alors et par diverses mesures utiles qu'il fit adopter (assainissement de la ville, éclairage des rues, construction de la Halle au Blé, fondation d'une école gratuite de dessin, etc.). Appelé en 1774 au ministère de la marine, il y fit d'utiles réformes: son nom est resté à un règlement de 1780 sur la salubrité des vaisseaux. A la Révolution, il émigra en Espagne : c'est là qu'il mourut.

SARUM. V. OLD-SARUM et SALISBURY.

SARZANE, v. murée d'Italie, dans les anc. États sardes (Gênes), près de la Magra, à 12 k. E. S. E. de Spezzia ; 8000 h. Évêché. Patrie du pape Nicolas V.

SARZEAU, ch.-l. de c. (Morbihan), à 22 kil. S. de Vannes, dans la presqu'île de Ruys; 6788 hab. Petit port, salines, bains de mer. Anc. résid. des ducs de Bretagne; anc. couvent des Pères de la Merci, occupé auj. par les missionnaires de Picpus. Patrie de Lesage.

SASBACH ou SALZBACH, bg du grand-duché de Bade (Rhin moyen), à 25 kil. N. E. de Strasbourg; 1400 hab. C'est là que Turenne fut atteint par un boulet, le 27 juillet 1675 : une pyramide élevée en 1829 sur le lieu où il tomba rappelle cet événement.

SAS-DE-GAND (LE), Agger Gandavensis, v. de Hollande (Zélande), à 11 kil. S. O. d'Axel, près de l'embouch. du canal de Gand dans le Swemmershœk (bras de l'Escaut); 2000 hab. Bâti par les Espagnols en 1570: fortifié par Alexandre Farnèse en 1583, pris par les Hollandais en 1644, et par les Français en 1747.

SASSANIDES, dynastie de rois de Perse qui succéda à celle des Arsacides ou rois parthes, a eu 426 ans d'existence, depuis l'avénement d'Ardechir ou Artaxerce I jusqu'à la mort d'Yezdedjerd III (226-652). Elle doit son nom à Sassan, père d'Ardechir.

SASSARI, v. de Sardaigne, ch.-l. de prov., vers la côte N., à 157 kil. N. O. de Cagliari, et à 16 kil. de Porto-Torrès; 25 000 hab. Archevêché (depuis 1441), trib. civil et criminel, université, fondée en 1765, collége, bibliothèque. Vieux château fort, élevé par les Espagnols en 1330 cathédrale remarquable, par sa façade, palais du gouverneur, palais du duc d'Asinara, jolie fontaine de Rosello. Aux env., belles promenades, superbes vergers. Commerce d'huile et de tabac. Cette ville fut fondée par les Romains. Elle fut saccagée par les Génois en 1166 et par les Français en 1527. — La prov. de Sassari, dite aussi Logudoro, au N. de l'île, compte env. 70 000 h.

SASSBACH. V. SASBACH.

SASSENAGE, ch.-l. de c. (Isère), à 10 kil. O. de Grenoble, près du lieu où le Drac tombe dans l'Isère; 1505 hab. Fromages renommés. Aux env., grottes auxquelles on attribue des propriétés merveilleuses : la tradition en faisait le séjour de la fée Mélusine.

SASSI (J. Ant.), dit Saxius, savant italien, recteur du collége Ambrosien de Milan et gardien de la bibliothèque Borromée, né en 1675 à Milan, m. en 1751, eut une part active au recueil intitulé : Rerum italicarum scriptores, et publia, entre autres ouvrages : De studiis litterariis Mediolanensium anliquis et novis, 1729; Archiepiscoporum mediolanensium series hislorico-chrnnologica, 1755, 3 v. in-4.

SASSO FERRATO, Juficum, v. d'Italie (Urbin), à 20 kil. S. de Pergola; 3300 hab. Château. Élève de vers à soie, filatures de soie. Patrie de Barthole, de Nic. Perotti et de J. B. Salvi, dit Sasso-Ferrato.

SASSO FERRATO (J. B. SALVI, dit IL), peintre, né en 1605 à Sasso-Ferrato, m. en 1685, fut élève du Dominiquin, et imita heureusement Raphaël. Ses tableaux sont pleins d'énergie et de sentiment; il dessine correctement, et drape avec élégance. Le Louvre a de lui : la Vierge et l'enfant Jésus endormi, l'Assomption de la Vierge, la Vierge en prière.

SASSUOLO, bg d'Italie (Modène), près de la Secchia, à 17 kil. S. O. de Modène; 2000 hab. Anc. château ducal, grande fonderie de cuivre. Huile de pétrole; volcans boueux.

SATALIEH ou ADALIA, Attalia, v. de la Turquie d'Asie (Anatolie), ch.-l. de sandjakat, sur un golfe de la Méditerranée qui porte le même nom, à 410 k. S. E. de Smyrne; 18 000 hab. Bâtie en amphithéâtre; double mur flanqué de tours, superbe arc de triomphe en l'honneur d'Adrien. Laine, coton, opium. L'anc. Attalia, dans la Pamphylie, fut fondée par Attale II, roi de Pergame. La flotte byzantine fut détruite dans le golfe d'Attalie en 790 par les Arabes.

SATAN (mot hébreu qui veut dire rebelle), le prince des démons, était d'abord un ange et fut précipité dans l'enfer pour s'être mis à la tête des anges rebelles. Il est sans cesse occupé à tenter les humains.

SATARAH, v. de l'Inde anglaise (Bedjapour), à 100 kil. S. S. E. de Pounah. Citadelle sur un rocher de l'accès le plus difficile. Anc. résidence du maharadjah des Mahrattes. Prise en 1818 par les Anglais, qui détrônèrent en 1839 le dernier de ses radjahs.

SATHMAR, comitat de Hongrie. V. SZATHMAR.

SATI, déesse égyptienne du 2e ordre, émanation de Neith, est la maîtresse de la région inférieure. On voit souvent son image sur les monuments dans les scènes funéraires : elle est à genoux et semble prendre ou protéger l'épervier, symbole de l'âme du défunt.

SATI, femme de Siva, d'après la mythologie indienne, se jeta dans le feu lorsqu'elle vit son époux insulté par son beau-père. Son nom, qui signifie vertueuse, pieuse, fut depuis appliqué à toutes les veuves qui se brûlaient sur le bûcher de leur mari.

SATILLIEU, ch.-l. de c. (Ardèche), à 26 kil. N. O. de Tournon; 2358 h. Fabriques de drap grossier.

SATRAPES. On nommait ainsi dans l'empire des Perses les gouverneurs des provinces chargés de l'administration et du recouvrement des impôts. Ils n'avaient point d'abord l'autorité militaire; on la leur donna plus tard. Les satrapies étant en petit nombre (20 sous Darius I) et par conséquent très-considérables, les satrapes amassaient d'énormes richesses et déployaient un luxe qui devint proverbial. — Pour les noms des satrapies, V. PERSE.

SATRIANO, nom de deux v. d'Italie mérid., l'une dans la Calabre Ult. 2°, à 15 kil. S. de Squillace; 2200 hab.; — l'autre dans la Basilicate, à 12 kil. S. O. d'Acerenza. Celle-ci possédait jadis un évêché, auj. réuni à celui de Campagna.

SATURNALES (les), Saturnalia, fête de Saturne chez les Romains, était célébrée le 16 des calendes de janvier (17 décembre). Sa durée, d'abord d'un jour, fut portée à 3 après la réforme de l'année par Jules César, puis à 4 sous Auguste et à 5 sous Caligula. Pendant les Saturnales les affaires étaient suspendues; tout le monde se visitait; on s'envoyait réciproquement des présents; on se livrait à la joie et aux festins; les esclaves, rendus pour un moment à la liberté, couraient dans la ville par bandes, en criant, chantant et buvant, et vivaient avec leurs maîtres sur un pied d'égalité. — On attribue l'institution des Saturnales à Numa, à Tarquin le Superbe, aux consuls A. Sempronius et M. Minucius (497); une tradition les faisait remonter au règne de Janus, époque de l'Age d'or, temps d'égalité, que la fête avait pour but de rappeler. Les Saturnales furent abolies, ou du moins interdites aux Chrétiens, en 362, par le concile de Laodicée. — Macrobe adonné le titre de Saturnales à un de ses ouvrages, qui se compose d'entretiens tenus dans un festin des Saturnales.

SATURNE, Saturnus, en grec Kronos, dieu latin et grec, était le fils puîné d'Uranus (le Ciel) et épousa Cybèle (la Terre). Titan, son frère aîné, lui céda le trône, mais en le réservant après lui à ses fils, les Titans, et en exigeant que Saturne dévorât ses enfants mâles dès leur naissance. Saturne, exécutant fidèlement le traité, dévora Pluton et Neptune; mais Cybèle le trompa lors de la naissance de Jupiter, en substituant au nouveau-né une pierre, que Saturne engloutit aussitôt; elle sut même, à l'aide d'un puissant breuvage, tirer de ses entrailles et rendre à la vie Neptune et Pluton. Titan, instruit de l'existence des trois enfants, détrôna Saturne et le jeta dans une prison. Jupiter, resté libre, vengea son père, battit les Titans, et remit le captif sur le trône. Mais bientôt Saturne devint jaloux de son propre fils, et lui tendit des pièges. Alors Jupiter prit les armes contre lui et le chassa du ciel. Réduit à descendre sur terre, Saturne alla se cacher dans le Latium, qui, dit-on, prit de là son nom (de latere, se cacher) ; il y fut accueilli par le dieu Janus, épousa Vénilie, fille de ce dieu, et devint son successeur. Il enseigna aux Latins l'agriculture et fit fleurir parmi eux la paix, l'abondance et la justice : son règne fut l’âge d'or pour l'Italie. Pendant son séjour sur la terre, Saturne prit la forme d'un cheval pour plaire à la nymphe Philyre, qui eut de lui le centaure Chiron, moitié homme, moitié cheval — Saturne et Kronos, quoique identifiés plus tard, étaient des dieux différents : le premier était Italien, et le second Grec; le 1er était le dieu de l'agriculture, le 2e la personnification du temps. La fable de Saturne dévorant ses enfants semble n'être qu'une allégorie du temps qui détruit tout ce qu'il a lui-même édifié. En tant que dieu du temps, Saturne est représenté sous les traits d'un vieillard nu jusqu'à mi-corps, maigre, barbu, avec de grandes ailes, la tête couverte d'un voile; on lui met une faux dans une main, un sablier dans l'autre. On a souvent assimilé à Saturne le Moloch phénicien ou carthaginois, auquel on sacrifiait des enfants. — Saturne était surtout honoré en Italie : à Rome, il avait un temple célèbre, situé au pied du Capitole et où était gardé le trésor public. On célébrait en son honneur les Saturnales (V. ce mot). — Les astronomes ont donné le nom de Saturne à une planète (celle qui, dans l'ordre des distances, vient avant Uranus), à laquelle ils attribuaient une influence funeste.

SATURNIE, Saturnia tellus, nom donné par les poëtes à l'Italie, qui servit de retraite à Saturne.

SATURNIN (S.) ou S. SERNIN, prêcha l'Évangile dans les Gaules au IIIe s., fut le 1er évêque de Toulouse, et subit le martyre vers 250. Selon la légende, les prêtres des idoles l'attachèrent par les pieds à un taureau furieux, qui l'emporta et lui brisa la tête sur les marches du Capitole de sa ville épiscopale. On le fête le 29 nov.

SATURNINUS (L. APULEIUS), Romain turbulent, créature de Marius, fut questeur à Ostie, puis tribun du peuple à Rome (102 av. J.-C.), eut grande part aux élections qui conférèrent à Marius le 4e et le 6e consulat, mit tout en œuvre pour se faire proroger dans le tribunat et n'y parvint que par le meurtre de son compétiteur (Nonius), força Métellus à s'exiler, fit tuer Memmius, afin d'assurer le consulat à Glaucia, compétiteur de ce dernier, puis s'empara nuitamment du Capitole pour s'y réfugier. Il s'y vit bloqué par Marius lui-même, fut contraint de se rendre à discrétion et fut aussitôt lapidé (99).

SATURNINUS (Sext. JULIUS), Gaulois d'origine, se distingua d'abord comme orateur, puis embrassa la profession des armes, se signala par ses exploits en Gaule, en Espagne, en Afrique, parvint aux premiers grades sous Aurélien et sous Probus, pacifia les Gaules et l'Espagne et chassa les Maures de l'Afrique romaine. Salué empereur dans Alexandrie en 280, il ne prit la pourpre qu'à contre-cœur. Au bout de quelques mois, il se vit abandonné de ses troupes et fut massacré dans Apamée par les soldats de Probus. — Deux autres Saturninus prirent la pourpre : l'un, Q. Sempronius S., général de Gallien et gouverneur de l’Égypte, fut proclamé par son armée en 263, se maintint en Égypte 4 ans, et fut tué par ses soldats pour avoir voulu faire respecter la discipline; l'autre usurpa dans les Gaules sous Constance II et Julien et se maintint de 350 à 363.

SATYRES, Satyri, dieux champêtres qu'on représente le nez camus et épaté, avec les oreilles, les cornes, les jambes et la queue du bouc, étaient les compagnons de Bacchus, qu'ils suivirent à la conquête des Indes. Adorateurs du dieu du vin, ils mènent joyeuse vie, chantant ou jouant de la flûte, frappant sur des cymbales ou portant la coupe en main et agitant le thyrse. Tantôt ils forment des danses avec les Dryades ou les Nymphes, tantôt, dans leurs jeux lascifs, ils poursuivent ces déesses. On les confond souvent avec les Faunes et les Sylvains.

SAUCOURT-EN-VIMEUX, vge du dép. de la Somme, près d'Abbeville. Louis III y remporta, en 881, une victoire sur les Normands : des chants qui célébraient cette victoire restèrent longtemps populaires dans le pays. L'un d'eux, en langue franque, a été retrouvé en 1837 à Valenciennes.

SAUDRE (la), Sedera, riv. de France, naît dans le dép. de Loir-et-Cher, baigne Salbris, Romorantin, et tombe dans le Cher au-dessus de Selles, dans l'arr. de Blois, après un cours d'env. 125 kil.

SAUGUES, ch.-l. de c. (Haute-Loire), à 32 kil. O. du Puy; 3839 hab. Dentelles, fromages.

SAUJON, ch.-l. de c. (Charente-inf.), sur la Seudre, à 25 kil. S. O. de Saintes; 2889 hab. Sel, vins, eaux-de-vie. Anc. seigneurie, qui appartint au cardinal de Richelieu.

SAUL, Saulus, 1er nom de S. Paul. V. PAUL (S.).

SAÜL, 1er roi des Israélites, était fils d'un homme puissant de Gabaa, et se taisait remarquer par sa haute taille et sa beauté. Samuel, pressé de choisir un roi, le sacra en 1080 av. J.-C. Saül battit les Ammonites près de Gabaa, les Philistins à Jabès-Galaad, les Amalécites à Siceleg; mais, ayant irrité Samuel par plusieurs désobéissances, notamment en offrant un sacrifice à sa place et en épargnant Agag, roi des Amalécites, il fut réprouvé, et tomba dans une noire mélancolie : David dissipait ses accès en jouant devant lui de la harpe. Lorsque David eut tué Goliath, Saül refusa de lui donner Michol, sa fille, comme il en était convenu, et il ne la lui accorda que quand il s'y vit contraint. Il tenta plusieurs fois, mais sans succès, de faire périr le jeune héros, qui avait été sacré secrètement par Samuel, et contre lequel il avait conçu une sombre jalousie. Saül, abandonné de Dieu, fut battu à Gelboé par les Philistins (1040) et se perça de son épée, après avoir vu périr ses trois fils. La veille de la bataille il avait fait évoquer, par la pythonisse d'Endor, l'ombre de Samuel, qui lui prédit son funeste sort, Alex. Soumet a pris Saül pour le héros d'une de ses plus belles tragédies.

SAULI (Alexandre), l'apôtre de la Corse, né à Milan en 1535, d'une famille génoise, mort en 1592, entra dans la congrégation des Clercs réguliers de St-Paul, dont il fut élu supérieur en 1567, se distingua comme théologien et prédicateur, fut fait, en 1570, évêque d'Aleria en Corse, convertit et civilisa les peuplades demi sauvages de l'île, et devint en 1591 évêque de Pavie. L’Église l'honore le 23 avril.

SAULIEU, Sidilocum ou Sedelaucum, ch.-l. de c. (Côte-d'Or), à 28 kil. S. O. de Semur; 4783 h. Trib., collége, bibliothèque. Blé, chanvre, navets estimés, bois. On y remarque l'antique église de St-Saturnin et celle de St-Andoche, avec une tour dont le couronnement imite la couronne de Charlemagne. Ruines d'un temple druidique. Patrie de Cl. Sallier et de Courtépée. — Ville très-ancienne. Les Anglais la brûlèrent en 1359; elle souffrit beaucoup pendant les guerres de Religion.

SAULNIER (L. Séb.), fondateur de la Revue britannique, né à Nancy en 1790, m. en 1835, était fils d'un secrétaire général de la police et fut préfet dans les Cent-Jours. Révoqué par les Bourbons, il fonda la Revue britannique en 1825. Après la révolution de 1830, il devint préfet de la Mayenne, puis du Loiret, il fut nommé en 1832 membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

SAULT, ch.-l. de c. (Vaucluse), dans une belle vallée, à 35 kil, E. de Carpentras ; 2674 h. Anc. comté, dont le dernier titulaire fut le maréchal de Villeroy.

SAULT (le), anc. petit pays du Ht-Languedoc, auj. dans le dép. de l'Aude, avait pour lieu principal Escouloubre, et formait un duché dont les aînés de la maison de Lesdiguières portaient le titre.

SAULX (la), petite riv. de France, naît près de Vassy (Hte-Marne), reçoit l'Ornain, et se jette dans la Marne sous Vitry-le-Français ; cours, 100 kil.

SAULX, ch.-l. de c. (Hte-Saône), à 19 kil. O. de Lure; 1045 hab. Église du XIIe siècle.

SAULX-LE-DUC, château et bourg du dép. de la Côte-d'Or, à 26 kil. N. de Dijon, a donné son nom à une illustre maison de Bourgogne, connue dès le XIe s. Le château et la terre de Saulx furent cédés en 1254 à S. Louis par les seigneurs de Saulx, qui néanmoins en retinrent toujours le nom. Philippe le Bel donna cette terre en 1303 à Robert, duc de Bourgogne, d'où le nom de Saulx-le-Duc. La maison de Saulx, dont la ligne directe s'éteignit dès 1320, a formé plusieurs branches, dont les plus connues sont celles de Saulx-Tavannes et de Saulx-Ventoux. V. TAVANNES.

SAULXURE, ch.-l. de c. (Vosges), à 25 kil. S. E. de Remiremont; 4024 hab. Filature de coton.

SAULZAIS-LE-POTIER, ch.-l. de cant. (Cher), à 17 kil. S. de St-Amand; 923 hab.

SAUMAISE (Claude), Salmasius, savant célèbre, né en 1588 à Semur-en-Auxois, m. en 1658, eut pour premier maître son père, Bénigne Saumaise, magistrat et savant distingué (1560-1640), à qui l'on doit une traduction en vers français de Denys le Périégète. Il se lia jeune avec Casaubon et Gruter, mena de front toutes les sciences (médecine, jurisprudence, théologie, histoire, antiquité), apprit seul le persan, le chaldéen, l'arabe, le copte, etc., et voyagea beaucoup. Ayant embrassé de bonne heure la religion réformée, il alla se fixer en Hollande afin de la professer librement; il séjourna assez longtemps à Leyde, acquit une réputation universelle, et vit les rois se disputer l'honneur de le posséder. Richelieu et Mazarin tâchèrent en vain de l'attirer en France ; Christine voulait le fixer en Suède; Charles II le chargea de rédiger une Apologie de son père Charles I, apologie qui l'engagea dans une vive polémique avec Milton. On a de lui des éditions, avec d'excellents commentaires, de Florus (1609), de l’Histoire Auguste (1620), du livre de Tertullien de Pallio (1622), de L. Ampelius (1638), d’Achille Tatius (1640), de Solin, avec des Exercitationes, commentaires pleins d'érudition (1629); des traités De Re militari Romanorum, De Usuris, De Cæsarie, De Primatu papæ, etc. Il a laissé 80 ouvrages imprimés et 60 ouvrages manuscrits. Saumaise a été prodigieusement loué de son vivant : on le surnommait le Prince des commentateurs; les habitants de Leyde, le rappelant après une absence, écrivaient que l’Académie de Leyde ne pouvait pas plus se passer de Saumaise que le monde du soleil. On regrette que les injures, le mauvais goût et des opinions hasardées déparent plusieurs des écrits de ce savant.

SAUMUR, chez les anc. Segora ? Salmurium en lat. mod., ch.-l. d'arr. (Maine-et-Loire), sur la r. g. de la Loire, à 47 kil. S. E. d'Angers par la route, à 44 kil. par le chemin de fer; 14 079 h. Trib. de 1re inst. et de commerce, collége, bibliothèque, musée. Château fort, qui sert d'hôtel de ville; célèbre école militaire de cavalerie, qui date de 1763; haras. On y remarque les antiques églises de St-Nicolas et de St-Pierre, celle de Nantilly, où Louis XI avait un oratoire, le château de la reine de Sicile, l'hospice de la Providence, dont les salles sont creusées dans le roc, et deux beaux ponts sur la Loire. Commerce actif de vins rouges et surtout de vins blancs du pays, très-capiteux, eaux-de-vie, vinaigres, chanvre, lin, pruneaux, poires tapées. Fabr. d'émaux, de chapelets en coco et en verroterie. Courses annuelles de chevaux. Patrie de Mme Dacier. — Saumur était jadis une place forte et la capitale du Saumurois, qui formait avant 1789 un des 8 petits gouvernements. Elle fit partie de l'Anjou depuis 1026, fut engagée en 1549 à François de Lorraine, duc de Guise, et ne fut dégagée que par Charles IX en 1570. Elle fut donnée aux Calvinistes comme place de sûreté par Henri III ; ils y eurent une Académie et une faculté de théologie célèbres, fondées en 1600 par Duplessis-Mornay, mais supprimées en 1685, après la révocation de l'édit de Nantes (le Dr J. Dumont a écrit l'histoire de cette Académie 1863). Les Vendéens prirent Saumur le 9 juin 1793, mais l'évacuèrent dès le 24. On nomme Complot de Saumur l'insurrection du général Berton en 1822.

SAUNDERSON (Nic.), aveugle célèbre, né en 1682 à Thurlston (Yorkshire), m. en 1739, n'avait qu'un an quand la petite vérole lui fit perdre la vue. Il n'en cultiva pas moins les sciences avec ardeur et devint un des plus célèbres professeurs de mathématiques et de physique de l'université de Cambridge. On admirait les leçons d'un aveugle sur la lumière et les couleurs, sur l'arc-en-ciel, sur la combinaison des verres, etc. Il a laissé des Éléments d'algèbre, Cambridge, 1740; un Traité des fluxions, 1756 (avec des Commentaires estimés sur les Principia de Newton).

SAURIN (Jacq.), ministre protestant, né à Nîmes en 1677, m. en 1730, avait 9 ans quand son père, secrétaire de l'Académie de Nîmes, fut forcé de s'expatrier par suite de la révocation de l'édit de Nantes; il étudia à Genève, devint pasteur de l'église wallonne de Londres, puis ministre extraordinaire des nobles à La Haye. On a de lui des Sermons (La Haye, 17.49, 12 vol. in-8), qui abondent en traits d'éloquence et que ses coreligionnaires égalent à ceux de Bossuet, et un recueil de Discours historiques, théologiques et moraux, 1720, 2 vol. in-fol., vulgairement appelé la Bible de Saurin (augmenté de 4 vol. par Roques et Beausobre fils). J. J. Chenevière a publié les Chefs-d'œuvre ou Sermons choisis de Saurin, Gen., 1824; ils ont été réédités en 1854 par Ch. Weiss. J. Saurin est le premier des orateurs protestants : son éloquence, pittoresque et saisissante, s'élève quelquefois jusqu'au sublime ; ses défauts sont l'abus de l'érudition et une forme trop didactique.

SAURIN (Élie), théologien protestant, ministre à Embrun, puis à Utrecht, né en 1639, m. en 1703, célèbre par ses démêlés avec son coreligionnaire Jurieu, a écrit, entre autres ouvrages : Défense de la véritable doctrine de l'Église réformée, 1697, et des traités des Droits de la conscience, de l’Amour de Dieu, de l’Amour du prochain.

SAURIN (Joseph), géomètre français, né en 1659 à Courthéson (principauté d'Orange), m. en 1737, était frère du précédent. D'abord ministre protestant en Suisse, il quitta ce pays par suite de querelles religieuses ou plutôt afin d'éviter une condamnation pour vol, rentra en France, fut converti par Bossuet (1690), et reçut de Louis XIV une pension de 1500 livres. Cultivant avec succès les mathématiques, il s'ouvrit les portes de l'Académie des sciences (1707) : il rédigea pour le recueil de cette compagnie de savants mémoires sur les courbes et la pesanteur. En outre, il concourut de 1702 à 1708 à la rédaction du Journal des Savants. Accusé par J. B. Rousseau, dont il était l'ennemi, d'être l'auteur des fameux couplets qui firent son malheur, il fut pour ce fait retenu six mois en prison; mais il se justifia facilement. Pour se venger, il prit une grande part à l'intrigue qui perdit J. B. Rousseau. — Son fils, Bern. Joseph S., poëte dramatique, né à Paris en 1706, m. en 1781, avait près de 40 ans lorsqu'il donna sa première pièce. Son chef-d'œuvre est Spartacus, une de nos bonnes tragédies du second ordre; viennent ensuite le drame de Beverley, en 5 actes et en vers libres, qui offre le sombre tableau de la vie d'un joueur, et 3 comédies (les Mœurs du Temps, l’Anglomane, les Trois Rivaux). Il fut élu en 1761 membre de l'Académie française. Ses Œuvres ont été recueillies à Paris, 1783, 2v. in-8; on a donné en 1812 ses Œuvres choisies, 1 v. in-18.

SAUROMATES ou SARMATES. V. SARMATIE.

SAUSSURE, v. de France. V. SAULXURE.

SAUSSURE (Horace Bénédict de), grand naturaliste, né à Genève en 1740, m. en 1799, était fils de Nic. de Saussure, agronome distingué (1709-90), à qui on doit d'excellents ouvrages d'agriculture, et neveu de Ch. Bonnet. Il professa la philosophie naturelle à Genève, fut le compagnon et l'ami de Haller, voyagea longtemps en Angleterre, en France, en Allemagne, en Italie, parcourut plusieurs fois les Alpes dans toute leur étendue, parvint à la cime du Mont-Blanc (1788), et, par ses explorations sur les hautes montagnes, rendit d'immenses services à la minéralogie et à la géologie, dont il est un des fondateurs, ainsi qu'à la botanique et à la météorologie. Il inventa ou rectifia plusieurs instruments précieux, l'électromètre, l'hygromètre, le thermomètre, l'anémomètre, l'eudiomètre. Il a laissé beaucoup de Mémoires dans les recueils savants de l'époque. Son principal ouvrage est son Voyage dans les Alpes, 4 vol. (1779-96). On estime aussi son Traité d'hygrométrie. — Son fils, Théodore de Saussure, 1767-1845, s'est fait un nom par ses beaux travaux sur la physique et la chimie végétales : ses Recherches chimiques sur la végétation (1804) sont un des plus curieux monuments de la science au XVIIIe s. On lui doit d'intéressantes observations sur l'air atmosphérique, sur les variations de l'acide carbonique, sur les effets que les feuilles et les fleurs exercent sur la composition de l'air. Il fut admis en 1810 à l'Institut. — La sœur de ce dernier, Mme Necker de Saussure, 1765-1841, est connue par un excellent ouvrage, l’Éducation progressive, étude du cours de la vie (1836-1838, 3 vol. in-8), ouvrage qui fut couronné par l'Académie française.

SAUTERNES, bg du dép. de la Gironde, à 20 kil. N. O. de Bazas; 1000 h. Vins blancs très-estimés.

SAUVAGE (Pierre), mécanicien, né en 1785 à Boulogne-sur-Mer, m. en 1857, était en 1811 constructeur de navires. Il reprit, en les perfectionnant, les essais faits jusque-là sans succès pour l'application de l’hélice à la navigation (V. DALLERY), réussit en petit, mais ne put, faute de fonds, réaliser son invention en grand, et eut le chagrin de la voir exécuter par d'autres. C'est lui qui inventa le physionotype (V. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences), et la machine à réduction, qui permet au sculpteur de réduire tout modèle donné.

SAUVAGES (Franç. BOISSIER de), médecin et botaniste, natif d'Alais, 1706-67, professa la médecine, puis la botanique à Montpellier, et se signala par son zèle et son humanité, non moins que par son savoir. Outre un grand nombre de Mémoires et Dissertations (dans le recueil de la Société des sciences de Montpellier), on lui doit une savante Nosologie (en latin), 1759 et 1763 (trad. par Gouvion, Lyon, 1772, 10 vol. in-12), ouvrage qui a été longtemps classique. Partisan des idées de Stahl, Sauvages combattit les mécanistes. — Son frère, P. Augustin S., 1710-95, a publié un beau traité sur l’Art d'élever les vers à soie, et un Dictionnaire languedocien-français, 1750.

SAUVAL (H.), historien, né à Paris en 1620, m. en 1670, abandonna le barreau pour se livrer à des recherches d'érudition, obtint l'entrée des Archives et du Trésor des chartes pour exécuter un vaste travail qu'il méditait sur Paris, mais fut interrompu par la mort. Il a laissé 9 vol. in-fol. manuscrits, d'où l'on a tiré Histoire et recherches sur les antiquités de Paris, publié longtemps après sa mort, 1724, 3 vol. in-f., avec des dissertations de Launoy, A. Galland, etc. C'est un ouvrage fort savant, mais diffus.

SAUVE, ch.-l. de c. (Gard), sur le penchant du mont Coula et sur la Vidourle, à 37 kil. E. du Vigan; 2552 hab. Église calviniste. Bonneterie, teintureries. Patrie d'Astruc Florian naquit aux environs. — Cette ville eut des seigneurs particuliers jusqu'à la fin du XIIIe s. ; elle fut donnée par Philippe le Bel à l'évêque de Maguelone en 1294. En 1562, elle se déclara pour le prince de Condé, et, en 1620, pour le duc Henri de Rohan, chefs des Calvinistes. Les Camisards la prirent en 1702, mais elle fut bientôt reprise.

SAUVES (Charlotte DE BEAUNE-SAMBLANÇAY, baronne de), dame d'atours de Catherine de Médicis, née en 1551, m. en 1617, était également remarquable par son esprit et par sa beauté. Elle fut aimée du roi de Navarre (depuis Henri IV), lui resta toujours dévouée et le tint souvent au courant des trames qui s'ourdissaient contre lui ou les siens. Elle se maria en secondes noces au marquis de Noirmoutiers.

SAUVETERRE, ch.-l. de c. (Aveyron), à 32 k. S. O. de Rhodez; 1000 hab. — Ch.-l. de c. (B-Pyrénées), sur le gave d'Oloron, à 21 kil. S. O. d'Orthez; 1544h. Vins rouges. — Ch.-l. de c. (Gironde), à l4 kil. N. O. de La Réole; 850 hab. — Ce nom, commun à beaucoup d'autres villes, rappelle un lieu de refuge.

SAUVEUR (Jos.), géomètre, né en 16531 La Flèche, m. en 1716, eut pour maître Rohault, donna des leçons particulières à Paris, compta-parmi ses élèves le prince Eugène, devint maître de mathématiques des pages de la Dauphine,puis professeur de mathématiques du Collége de France (1686) et fut admis à l'Académie des Sciences en 1696. Il était un des commensaux de la maison de Condé à Chantilly. Ses recherches ont fait faire des progrès à l'acoustique musicale, et pourtant il était presque sourd et avait la voix fausse : on lui doit le monocorde, l'explication du phénomène des battements et la découverte des nœuds de vibration des cordes. Il s'occupa aussi beaucoup de fortifications et fit sur ce sujet un travail qui lui valut l'amitié de Vauban; il se rendit au siège de Mons, et visita les places de la Flandre. On a de lui de nombreux Mémoires et de savantes Dissertations, dans le Recueil de l'Académie des Sciences (1700-13). Fontenelle a écrit son Éloge.

SAUVEUR (le), nom par lequel on désigne fréquemment Jésus-Christ. — Le nom du Sauveur a été porté par plusieurs ordres religieux, militaires ou honorifiques : on connaît surtout l’Ordre du St-Sauveur, congrégation de religieuses fondée en 1344 par Ste Brigitte; l’Ordre de St-Sauveur-de-Montésa, un des ordres militaires de l'Espagne, fondé en 1317, après la destruction de l'ordre des Templiers, dont on lui donna les biens.

SAUVEUR (Ordre du), ordre honorifique institué en 1834 par Othon, roi de Grèce, en mémoire de l'heureuse délivrance du pays.

SAUXILLANGES, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), sur la Couze, à 11 kil. E. d'Issoire; 2037 hab. Aux env., houille et fer. Faux, faucilles, scies; poterie. Anc. abbaye de Bénédictins, fondée vers 916 par Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine.

SAUZÉ-VAUSSAY, ch.-l. de c. (Deux-Sèvres), à 23 kil. S. E. de Melle; 1858 hab. Tuilerie.

SAVAGE (Richard), poëte anglais, né à Londres en 1698, m. en 1743, était fils adultérin de lord Rivers et de la comtesse de Macclesfield. Il ne trouva dans sa mère qu'une marâtre, et passa la plus grande partie de sa vie dans une profonde misère. Élevé en secret par des artisans, il connut par hasard le secret de sa naissance, mais il tenta vainement de se faire reconnaître ou seulement d'obtenir des secours de la noble comtesse. Il se fit alors auteur et se mit à travailler pour le théâtre. Ses malheurs et son talent lui valurent la protection de quelques personnages, entre autres celle de Steele et de Pope ; mais il perdit bientôt leur amitié par son inconduite et son ingratitude. Il mourut à 45 ans, dans une prison où il était détenu pour dettes. Savage a composé des comédies, des tragédies, des satires, et des poëmes de divers genres. On remarque ceux qu'il intitula le Vagabond et le Bâtard, qui renferment sa propre histoire. Tous ses écrits brillent par la verve et l'originalité. Ses Œuvres ont été réunies en 2 vol. in-8, Londres, 1777.

SAVANNAH (la), riv. des États-Unis, se forme, sur la limite de la Géorgie et de la Caroline du Sud, par la réunion du Tugaloo et du Keowee, coule au S. E., passe à Augusta et à Savannah, et tombe dans l'Atlantique par plusieurs embouchures, à 25 k. au-dessous de cette dernière ville, après un cours de 440 k.

SAVANNAH, v. des États-Unis (Géorgie), sur la r. dr. de la Savannah, à 25 kil. de son embouchure, à 220 S. E. de Milledgeville; 25 000 hab. Port très-commerçant, forteresse; point de jonction de plusieurs chemins de fer; grand entrepôt de commerce. Quelques jolis édifices : académie, bibliothèque, etc. Les Anglais prirent cette ville en 1778 sur les insurgés et y repoussèrent l'année suivante l'assaut des Américains et des Français.

SAVARIN (BRILLAT-). V. BRILLAT-SAVARIN.

SAVART (Félix), physicien, né à Mézières en 1791, m. en 1841, embrassa la profession de médecin, qu'il quitta de bonne heure pour se livrer à l'étude de la physique et de la chimie, publia, à partir de 1817, divers travaux sur l'acoustique qui attirèrent l'attention des savants, fut admis à l'Institut en 1827, fut peu après nommé conservateur du cabinet de physique au collége de France, et succéda en 1838 a Ampère dans la chaire de physique de cet établissement. On lui doit d'intéressantes recherches sur la construction des instruments à cordes et à archet, sur la voix humaine, sur l'organe de l'ouïe. Il a aussi inventé divers instruments, un entre autres pour mesurer les vibrations dont se compose un son. Ses travaux ont paru dans les Annales de physique et de chimie et dans les Mémoires de l'Acad. des sciences.

SAVARY (Jacq.), négociant, né à Douai en 1622, m. en 1690, reçut de Fouquet la ferme des domaines de la couronne, prit une grande part à la révision des règlements de commerce et à la rédaction de l'ordonnance de 1673, qu'on appela le Code Savary. On a de lui le Parfait négociant (1675). — Savary des Brulons, un de ses fils, eut la première idée du Dictionnaire de commerce, qui fut publié en 1723 par son frère, l'abbé Philémon Savary (2 vol. in-fol).

SAVARY (Claude), voyageur, né en 1750 à Vitré en Bretagne, m. en 1788, passa 5 ans en Égypte, parcourut l'Archipel, et, de retour en France, écrivit des Lettres sur l’Égypte (1785) et sur la Grèce, (1788), ouvrages aussi remarquables pour le style qu'intéressants par les détails. On lui doit en outre une traduction du Coran, avec la Vie de Mahomet, 1783; la Morale de Mahomet, 1784; une Grammaire arabe, 1813. — Son frère, Julien S., d'abord juge au tribunal de Chollet, fut forcé de fuir devant les Vendéens insurgés, prit du service dans l'armée républicaine, sous Kléber, devint dans la suite membre du Corps-Législatif, et se retira des affaires après le coup d'État du 18 brumaire. On a de lui : Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République, 1824.

SAVARY (Réné), duc de Rovigo, général de l'Empire, né en 1774 à Marc près de Vouziers (Ardennes), m. en 1833, était fils d'un ancien major du château de Sedan. Il prit du service sous Custine à l'armée du Nord et fut fait capitaine de cavalerie dès l'âge de 19 ans. Il fit partie de l'expédition d’Égypte, fut à son retour nommé par le 1er consul colonel de la gendarmerie d'élite, et se vit, en cette qualité, chargé de faire exécuter la sentence prononcée contre le duc d'Enghien (1804). Il s'éleva rapidement aux grades de général de brigade et de général de division, et, après s'être distingué à Austerlitz, Eylau, Ostrolenka et Friedland, fut nommé duc de Rovigo, gouverneur de la Prusse, puis ambassadeur a St-Pétersbourg (1807). Il reçut en 1808 le commandement en chef de l'armée d'Espagne, et le conserva jusqu'à l'arrivée du roi Joseph. Ministre de la police en 1810, il ne sut point prévenir le complot de Mallet (1812). Il suivit l'empereur en 1815 à Rochefort, et voulut s'embarquer avec lui sur le Bellérophon, mais cette faveur lui fut refusée par les Anglais : il fut même retenu par eux et envoyé comme prisonnier à Naples ; s'étant évadé au bout de sept mois, il revint en France et fit casser le jugement qui, en son absence, l'avait condamné à mort par contumace. Une brochure qu'il écrivit en 1823 au sujet de la mort du duc d'Enghien, et dans laquelle il accusait le prince de Talleyrand, le força de se retirer à Rome. De retour en 1830, il obtint en 1831 le commandement en chef de l'armée d'Afrique, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Il a laissé des Mémoires pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, qui parurent en 1828, 8 v. in-8, et qui sont au nombre des sources les plus importantes.

SAVARY DE BRÈVES, diplomate. V. BRÈVES.

SAVE (la), Savus, riv. qui sort des Alpes Carniques, en Illyrie, naît à 19 kil. S. de Villach, coule à l'E. S. E., sépare la Styrie de l'Illyrie, traverse la Croatie, forme la limite entre l'Esclavonie (à l'Autriche) et la Turquie, et tombe dans le Danube, par la r. dr., à Belgrade, après un cours de 900 kil. Affluents, la Laybach, la Drina, la Bosna, la Kulpa, l'Unna. Plusieurs cataractes.

SAVENAY, ch.-l. d'arr. (Loire-Inf.), à 40 k. N. E. de Nantes, sur la r. dr. de la Loire, près de l'emb. du fleuve; 2803 h. Trib. de 1re inst. Chemin de fer, importante foire de bestiaux. Les Vendéens furent défaits à Savenay en 1793 par les Républicains, que commandaient Kléber et Marceau.

SAVERDUN, ch.-l. de c. (Ariége), sur la r. g. de l'Ariége, à 13 k. N. O. de Pamiers; 4205 h. Hôpital. Fabriques d'acier, faux, limes. Patrie du pape Benoît XII. Jadis ville forte du pays de Foix.

SAVÉRIEN (Alexandre), né à Arles vers 1720, m. à Paris en 1805, fut nommé à 20 ans ingénieur de la marine, consacra toute sa vie à des travaux utiles, et fonda l'Académie de Marine établie à Brest en 1752. Il a publié : Nouvelle théorie de la manœuvre des vaisseaux, 1745; Nouvelle théorie de la mâture, 1747 ; l’Art de mesurer le sillage du vaisseau, 1750; Dictionnaire de mathématiques et de physique, 1753; Dictionn. de marine, 1781, tous ouvrages estimés ; Histoire des philosophes anciens, 1771; Hist. des philosophes modernes, 1762-69; Hist. des progrès de l'esprit humain, 1766-78, ouvrages médiocres.

SAVERNE, Tabernæ en latin, Zabern en allem., ville d'Alsace-Lorraine sur la Zorn, à 38 kil. N. O. de Strasbourg par la route et 44 par le chemin de fer, près d'un défilé qui conduit de la Lorraine dans l'Alsace, et où Louis XV a fait construire un magnifique chemin; 5331 hab. Tribunal, collége. Beau château, construit au XVIIIe s. par le cardinal de Rohan, restauré par Napoléon III qui l'avait affecté aux veuves de hauts fonctionnaires. Drap, bonneterie ; affinerie d'acier, quincaillerie. — L'anc. Tabernæ fut, dit-on, détruite par Attila; la ville moderne appartint successivement aux évêques de Metz et de Strasbourg. Elle était très-forte, mais fut cependant plusieurs fois prise, notamment en 1525 par les Rustauds, parti d'Anabaptistes, et en 1636 par les Français. Elle resta à la France avec l'Alsace, et forma, jusqu'en 1871, un ch.-l. d'arr. du dép. du Bas-Rhin.

SAVERNE (la), riv. d'Angleterre. V. SEVERN.

SAVIGLIANO, v. d'Italie. V. SAVILLIAN.

SAVIGNAC-LES-ÉGLISES, ch.-l. de c. (Dordogne), à 22 kil. N. E. de Périgueux; 1057 h.

SAVIGNANO, petite v. d'Italie (Forli), sur le Fiumesino (l'anc. Rubicon), à 15 k. S. E. de Césène ; 4000 hab. Académie dite Rubiconia.

SAVIGNY, bg du dép. du Rhône, à 21 k. N. O. de Lyon; 1600 hab. Célèbre abbaye de Bénédictins, dite St-Martin-de-Savigny.

SAVIGNY-SUR-BRAYE, ch.-l. de c. (Loir-et-Cher), sur la Braye, à 27 k. N. O. de Vendôme; 2966 hab.

SAVIGNY (Christophe de), savant du XVIe s., né en 1530 au château de Savigny, dans le Rhételois, est auteur de Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, in-fol. de 37 planch. (2e éd., Paris, 1619), auxquels on prétend que Fr. Bacon emprunta l'idée de son arbre encyclopédique. Il avait composé, sous le titre d’Onomasticon des mots et dictions de chacune chose, un ouvrage qui n'a pas été publié.

SAVIGNY (Fréd. Ch. de), savant juriste, né en 1779 à Francfort-sur-le-Mein, m. en 1861, était issu d'une famille française de Metz. Il professa successivement le droit à Marbourg, à Landshut, à Berlin (depuis 1810), fut admis en 1811 à l'Académie de cette dernière ville, devint en 1816 conseiller intime, reçut en 1842 le portefeuille de la justice et se retira lors des troubles de 1848. L'un des chefs de l'école historique, Savigny approfondit l'étude du droit ancien et de ses rapports avec le droit moderne. On trouve dans ses écrits l'alliance trop rare de l'érudition et de l'élégance du style. On a de lui des traités du Droit de possession, du Droit de succession, une Histoire du Droit romain au moyen âge, 1815 (trad. par Ch. Guenoux, 1839-52), et le Système du Droit romain actuel (1840, trad. par Guenoux, 1840-49). SAVILE (H. de), savant anglais, procureur de l'Université d'Oxford et prévôt du collége d'Éton, né en 1549, m. en 1622, donna des leçons de grec et de mathématiques à la reine Élisabeth, fonda une chaire de géométrie et d'astronomie à l'Académie d'Oxford, et fit imprimer à ses frais une magnifique édition des Œuvres de S. Jean Chrysostôme (en grec). On lui doit de plus : Rerum Anglicarum scriptores post Bedam præcipui, Londres, 1596, in-f.; des commentaires sur les Histoires de Tacite et la Vie d'Agricola, un Traité sur la milice des Romains.

SAVILE, marquis d'Halifax. V. HALIFAX.

SAVILLIAN, en italien Savigliano, v. forte d'Italie, dans les anc. États sardes (Saluces), entre la Maira et la Grana, à 25 kil. N. O. de Coni et à 52 S. de Turin ; 18 000 hab. Collége. Chemin de fer, belle porte en forme d'arc de triomphe, place ornée d'arcades. Filatures de soie, toiles, draps. — Prise par François I, rendue par Henri III en 1574. Les Français y battirent les Autrichiens en sept. 1799. Sous l'Empire, cette ville fut le ch.-l. d'un arr. du dép. de la Stura.

SAVINES, ch.-l. de c. (Htes-Alpes), près de la Durance, à 10 kil. O. d'Embrun ; 1128 hab.

SAVOIE, Sabaudia ou Sapaudia, contrée de la France, située entre 45° 4'-46° 24' lat. N. et 3° 16'-4° 48' long E., est bornée au N. par le lac Léman et le canton suisse de Genève, à l'E. par le Valais, au S. E. par le Piémont, au S. par les dép. des Htes-Alpes et de l'Isère, à l'O. par le Rhône qui la sépare du dép. de l'Ain ; 146 k. du N. au S. sur 119 de l'E. à l'O.; env. 550 000 hab.; ville principale, Chambéry. Pays très-montagneux (Mont-Blanc, Mont-Cenis, petit St-Bernard, Mont-Buet, Thabor, etc.), sites pittoresques ; plusieurs lacs (ceux du Bourget, d'Annecy, d'Aiguebelle) ; eaux minérales, dont les principales sont celles d'Aix ; mines de plomb, de fer, d'étain, de cuivre ; houille, marbre, gypse ; miel, vers à soie, bétail, etc. Les habitants, appelés Savoyards ou Savoisiens, sont en général très-pauvres : ils émigrent en partie, et vont dans les pays voisins exercer les professions de commissionnaires, de colporteurs, de ramoneurs, de domestiques ; leur probité est proverbiale. Très-attachés à leur patrie, ils y retournent dès qu'ils ont amassé un petit pécule. La Savoie a produit plusieurs hommes remarquables : les papes Nicolas II et Innocent V, S. Bernard de Menthon et S. François de Sales, le cardinal Gerdil, Vaugelas, St-Réal, les deux De Maistre, Berthollet, le général de Boigne, les frères Michaud, etc. — La Savoie correspond aux provinces que les Latins nommaient Alpes Graiæ et Penninæ ; on y trouvait les Allobroges, les Centrones, les Nantuates, les Veragri. Le nom de Sapaudia, d'où dérive le nom actuel, ne date guère que de la fin du IVe siècle. Après avoir fait partie de l'empire romain et de celui de Charlemagne, la Savoie passa, en 888, sous la domination de Rodolphe, roi de la Bourgogne Transjurane ; elle fut réunie à l'Empire germanique par Conrad le Salique, qui l'érigea en comté vers l'an 1027, en faveur d'Humbert aux Blanches Mains, tige des comtes de Savoie ; elle devint duché en 1416. Après de nombreuses vicissitudes (dont on trouvera le détail aux art. États Sardes et Maison de Savoie), elle a été cédée à la France en 1860 par le roi de Sardaigne, et cette cession a été aussitôt confirmée par le suffrage universel des habitants. — Sous le 1er Empire français, la Savoie, alors réunie à la France, forma le dép. du Mont-Blanc et une partie de celui du Léman. Sous l'administration sarde, elle forma une intendance générale, qui se divisait en 8 prov. : Savoie propre (Chambéry), Hte-Savoie (Albert-Ville), Carouge (St-Julien), Chablais (Thonon), Faucigny (Bonneville), Génevois (Annecy), Maurienne (St-Jean-de-Maurienne), Tarantaise (Moutiers). Depuis 1860, elle forme les deux dép. français de Savoie et de Hte-Savoie. Le 1er, au S., compte 275 039 h., a pour ch.-l. Chambéry, et se divise en 4 arr., Albert-Ville, Chambéry, Moutiers, St-Jean-de-Maurienne ; il a un archevêché et une cour impériale à Chambéry. Le 2e, au N., compte 267 496 h., a pour ch.-l. Annecy, se divise en 4 arr., Annecey, Bonneville, St-Julien, Thonon, et a un évêché à Annecy. Les deux dép. réunis forment une Académie universitaire, qui a son ch.-l. à Chambéry.

SAVOIE (Maison de), maison souveraine qui passe pour la plus ancienne des maisons régnantes de l'Europe, a pour chef Humbert aux Blanches Mains, qui vivait à ta fin du Xe s. Le plus grand nombre des auteurs lui donnent pour père un certain Béraud, Bérold ou Berthold, de la maison de Saxe, vice-roi d'Arles et comte de Maurienne, fils lui-même de Hugues, marquis d'Italie ; d'autres le supposent issu des ducs de Bourgogne, des comtes de Mâcon, des comtes de Milan ou des marquis d'Ivrée. Un système récent, et fort plausible, le fait naître d'un premier mariage d'Hermengarde, princesse que le roi de Bourgogne Rodolphe III épousa en secondes noces. Quoi qu'il en soit, les princes de cette maison portèrent d'abord le titre de comtes de Savoie de 1027 à 1416 ; ils prirent celui de ducs à partir de 1416, et reçurent en 1720 celui de rois de Sardaigne. Ils s'intitulaient rois de Chypre depuis que le duc de Savoie Charles I le Guerrier eut hérité de ce titre à la mort de sa parente Charlotte de Lusignan (1487). Cette maison a donné naissance à de nombreuses branches : 1° les comtes de Maurienne, issus au XIIe s. de Thomas I, comte de Savoie, qui devinrent comtes du Piémont (par la cession qu'Amédée IV fit de ce comté à son frère Thomas II en 1244) et princes d'Achaïe et de Morée (par le mariage de Philippe de Savoie avec Isabelle de Villehardouin, héritière de ces principautés, 1301); 2° les princes de Carignan, qui ont pour tige Thomas-François de Savoie, 5e fils du duc Charles Emmanuel I (1596-1656); — 3° les comtes de Soissons, issus de la branche de Carignan par Eugène-Maurice de Savoie, 3e fils de Thomas-François, et né en 1633 ; — 4° les ducs de Nemours, issus d'un 2e Philippe de Savoie, qui lui-même était le 3e fils du duc Philippe II (1490-1533); — 5° les barons de Vaud (seigneurs de Bugey, de Valromey), issus au XIIIe s. des comtes de Piémont ; et plusieurs branches bâtardes (les seigneurs de Tende et de Villars, de Raconis, de Cavour, etc.)

Humbert I, aux Blanches Mains, Ier comte de Savoie, né vers 985, m. vers 1048, rendit des services à Rodophe III, roi de Bourgogne, à Hermengarde, veuve de ce prince, et à l'empereur Conrad le Salique, qui avait hérité de Rodolphe ; reçut du premier de ces princes la Savoie et la Maurienne, avec le titre de comte (1027); du second, une partie de Faucigny, le Bas-Chablais, le val d'Aoste, et fonda ainsi la maison de Savoie (1034). — Amédée I, fils ou petit-fils d'Humbert. Les uns le font mourir en 1047, avant son père ; les autres prolongent son existence jusqu'en 1060, ou plus tard. Du reste, on ne sait rien de lui. — Amédée II, neveu d'Amédée I, était fils d'Odon, qui avait épousé Adélaïde, héritière des marquis de Suze. Il augmenta considérablement les possessions des comtes de Savoie, en y joignant l'héritage de sa mère, qui comprenait presque tout le Piémont. On le fait régner de 1060 à 1072 ou 1080. — Humbert II, dit le Renforcé, fils d'Amédée II, régna de 1072 ou 1080 à 1103 : il ajouta à ses États la Tarentaise, qui se soumit volontairement à lui, et étendit sa souveraineté sur le pays de Vaud, le Ht-Chablais, le marquisat de Suze. — Amédée III, fils d'Humbert II, régna de 1103 à 1148. L'empereur Henri V érigea son comté en État d'empire. Il battit en 1141, à Montmélian, le dauphin de Viennois, Guigues VI, prit la croix avec Louis le Jeune en 1147, et mourut à son retour, en Chypre. — Humbert III, le Saint, fils d'Amédée III (1148-1188), passa la plus grande partie de sa vie dans les cloîtres, enrichit les églises, prit parti pour le pape Alexandre III contre l'empereur Frédéric Barberousse, qui envahit ses États et brûla Suze en 1174 (les archives de la maison de Savoie périrent dans cet incendie); il prit en compensation la ville de Turin (1175) ; mais il vit ses États dévastés de nouveau en 1187 et en mourut de chagrin. — Thomas I, fils d'Humbert III (1188-1233), n'avait que 11 ans à la mort de son père, et eut pour tuteur Boniface, marquis de Montferrat. Devenu majeur, il soutint contre le St-Siége l'emp. Frédéric II, qui en récompense le créa vicaire impérial en Piémont. Il étendit sa domination sur le pays de Vaud, le Bugey et le Valais et fit de Chambéry sa capitale. — Amédée IV, fils du préc., régna de 1233 à 1253, ajouta définitivement Turin et le Piémont à ses États (1235), et soutint Frédéric II contre le St-Siége. Il céda en 1244 le comté de Piémont à son frère Thomas II, déjà comte de Maurienne. — Boniface, fils du préc. (1253-63), n'avait que 9 ans à son avènement, et eut pour tuteur son oncle Thomas de Savoie. Ayant voulu réduire Turin qui s'était révolté, il fut pris par les rebelles, et mourut en prison,sans laisser d'enfants. — Pierre, dit le Petit Charlemagne, frère d'Amédée IV, né en 1203, régna de 1263 à 1268. Il s'était, avant son avènement, mis au service du roi d'Angleterre Henri III, qui l'avait créé comte de Richmond et d'Essex. Il punit Turin de sa révolte, et ajouta à ses États le Génevois par héritage. — Philippe, frère du préc., régna de 1268 à 1285. Entré dans l’Église, il avait été élevé à l'évêché de Valence, puis à l'archevêché de Lyon; mais, voyant son frère sans enfants, il obtint de rentrer dans la vie séculière et épousa Alix, héritière du comté de Bourgogne. — Amédée V, le Grand (1285-1323), fils de Thomas et neveu du préc., fit la guerre avec succès au comte de Génevois, au dauphin de Viennois, au marquis de Montferrat (qu'il prit et fit mourir dans une cage de fer), au marquis de Saluces, seconda Philippe le Bel dans sa guerre contre les Flamands, fut le médiateur de la paix entre la France et l'Angleterre, suivit l'empereur Henri VII en Italie, obtint de ce prince les seigneuries d'Asti et d'Ivrée, et réunit à ses États le Bas-Faucigny et une partie de la ville de Genève. A son avènement, il avait été obligé de céder à Philippe de Savoie, son neveu, dont il n'était que le tuteur, la principauté de Piémont, qui resta détachée de la Savoie jusqu'en 1429. — Édouard, le Libéral, fils d'Amédée V (1323-29), eut à combattre les mêmes ennemis que son père et fut battu en 1325 par Guigues VIII, dauphin de Viennois. Il accompagna le roi de France Philippe VI à la bat. de Cassel et s'y distingua. — Aimon, le Pacifique, frère du préc. (1329-43), fil la paix avec le dauphin de Viennois (1334), combattit en 1340 pour Philippe VI contre l'Angleterre, réforma l'administration de la justice, et fit des fondations pieuses. — Amédée VI, fils d'Aimon (1343-83), fut surnommé le Comte Vert pour s'être présenté, dans un tournoi qu'il donnait à Chambéry avec une armure et une livrée vertes. Le Dauphiné ayant été légué à la France (1349), il conclut en 1355, avec le nouveau dauphin (Charles, fils du roi Jean), un traité qui fixait les limites des deux États, et épousa, comme gage de paix, Bonne de Bourbon, cousine du roi. Il eut des démêlés avec son cousin Jacques de Savoie, prince de Piémont, son vassal, auquel il enleva momentanément ses États, puis, avec le marquis de Saluces et de Montferrat; alla en Grèce porter des secours à Jean Paléologue, allié à sa famille; se prononça pendant le schisme d'Occident pour Robert de Genève, son parent; accompagna Louis d'Anjou dans son expédition contre Naples, et mourut de la peste dans cette expédition. Il avait réuni à ses États les seigneuries de Vaud, Gex, Faucigny, Valromey, Quiers, Coni, Querasco et Verrue. — Amédée VII, le Comte Rouge, fils du précéd. (1383-91), accompagna le roi de France Charles VI en Flandre, contribua à la prise d'Ypres, et profita des embarras du comte de Provence pour lui enlever Nice et Vintimille. Il avait épousé une princesse française, Bonne de Berry. — Amédée VIII, fils du précéd., n'avait que 8 ans à la mort de son père (1391), et fut mis sous la tutelle de sa mère, Bonne de Berry. Il agrandit ses États par l'acquisition du Génevois (1401), puis du Bugey et de Verceil, et y réunit en 1429 le Piémont, qui en était détaché de puis plus d'un siècle. Il avait été, en 1416, créé duc de Savoie par l'empereur Sigismond. Ayant perdu sa femme Marie de Bourgogne, qu'il aimait tendrement, il entra dans l'Église, remit le gouvernement à son fils Louis, et se retira avec quelques chevaliers au couvent de Ripaille, près de Thonon, où il prit l'habit d'ermite. Au bout de quelques années il fut tiré de sa retraite par les prélats du concile de Bâle, qui, lors de la déposition d'Eugène IV, le nommèrent pape sous le nom de Félix V (1439), et l'opposèrent à Nicolas V. Il abdiqua définitivement alors la couronne de Savoie, se rendit à Bâle, où le concile était assemblé, et y résida près de dix ans. En 1449, il renonça volontairement à la tiare, afin de faire cesser un schisme scandaleux; il obtint en compensation, avec le chapeau de cardinal, diverses prérogatives, sur l'étendue desquelles les historiens ne sont pas d'accord. Il retourna au couvent de Ripaille, et y mourut en 1451. Amédée VIII avait institué l'ordre de St-Maurice et donné un Code à ses États. — Louis I, fils du précéd., duc de 1440 à 1465, né à Genève, avait dès 1434 administré le duché avec le titre de prince de Piémont (V. ci-dessus); mais ne prit le titre de duc qu'après que son père eut accepté la tiare (1440). Lors de la guerre qui éclata au sujet de la succession de Philippe Marie Visconti (1447), Louis aurait pu s'emparer du Milanais, dont les habitants redoutaient la domination de François Sforza; mais il manqua d'énergie. Craignant ses enfants eux-mêmes, qui se révoltaient contre lui (V. ci-après PHILIPPE II), il se réfugia en France auprès de Louis XI, qui avait épousé sa fille ; il y tomba malade et mourut peu après son arrivée. — Amédée IX, fils de Louis, né en 1435, duc de 1465 à 1472, devint peu après son avènement incapable de gouverner. La régence fut disputée entre ses frères et sa femme Yolande, sœur de Louis XI, et finit par être partagée entre eux. Prince charitable, il fut béatifié après sa mort. — Philibert I, le Chasseur, né en 1465, duc de 1472 à 1482, fils d'Amédée IX et d'Yolande, sœur de Louis XI, n'avait que 8 ans à son avènement. Sa minorité fut remplie par les querelles de Louis XI et du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui se disputaient la régence. Il mourut à peine âgé de 17 ans, de la fatigue qu'il s'était donnée dans une partie de chasse. — Charles I, le Guerrier, frère de Philibert, n'avait que 14 ans à la mort de celui-ci (1482), et fut quelques mois sous la tutelle de Louis XI. Il fit la guerre avec succès au marquis de Saluces, ce qui lui valut son surnom. Il mourut en 1489, pendant un voyage en Piémont : on le crut empoisonné par le marquis de Saluces. Il avait épousé Blanche de Montferrat, et avait, à la mort de Charlotte de Lusignan, hérité du titre de roi de Chypre (1487). — Charles II, fils du précéd., n'avait que 9 mois à la mort de son père, et mourut en 1496, à 8 ans. — Philippe II, fils du duc Louis I, ne régna qu'un an et demi (1496-97). Fils rebelle, il avait été, sur la demande de son père, détenu deux ans par Louis XI au château de Loches (1464-66) : aussi prit-il parti pour le duc de Bourgogne contre le roi de France. Il fut le père de Louise de Savoie, qui épousa Charles de France, duc d'Angoulême, et devint mère de François I. — Philibert II, le Beau, fils du préc. (1497-1504), épousa Marguerite d'Autriche, fille de l'empereur Maximilien, célèbre depuis comme gouvernante des Pays-Ras, et refusa de laisser passer Louis XII par ses États pour entrer en Italie. Il consuma son temps en fêtes et en tournois et fut enlevé à 24 ans par la fièvre après une partie de chasse. C'était un prince d'une beauté remarquable : sa veuve lui éleva un magnifique mausolée dans l'église de Brou, aux portes de Bourg. Il ne laissait pas d'enfants. — Charles III, frère du précéd., régna de 1504 à 1553. Prince versatile, flottant sans cesse entre François I, son neveu, et Charles-Quint, son beau-frère, il fut maltraité par tous les deux, et se vit dépouiller de presque tous ses États. — Emmanuel- Philibert, duc de 1553 à 1580, fils du précéd., fut un des meilleurs généraux de Charles-Quint. V. EMMANUEL-PHILIBERT. — Charles-Emmanuel, le Grand, fils du préc., duc de 1580 à 1630. Profitant des troubles de la France, il s'empara du marquisat de Saluces, et se fit nommer par les Ligueurs comte de Provence en 1590. Henri IV, pour se venger de lui, envahit la Savoie et le Piémont, et se fit céder, par le traité de Lyon (1601), le Bugey, le Valromey et le pays de Gex. D'une ambition sans bornes, Charles-Emmanuel eut des prétentions sur le trône impérial après la mort de l'empereur Mathias, puis sur le royaume de Chypre et sur la principauté de Macédoine. Il mourut de chagrin parce qu'il ne pouvait accomplir ses projets. — Victor Amé ou Amédée I, fils du précéd., duc de 1630 à 1637 (V. VICTOR-AMÉDÉE). — Ce prince laissa 2 fils, François-Hyacinthe, âgé de 5 ans, qui fut mis sous la tutelle de sa mère, Christine de France, fille de Henri IV et sœur de Louis XIII, mais qui mourut dès l'année suivante; et Charles-Emmanuel III, né en 1634, qui fut proclamé duc en 1638 et qui fut également placé sous la tutelle de sa mère. Il ne prit le gouvernement de ses États qu'en 1648 et régna jusqu'en 1675. Reconnaissant envers les Français, qui l'avaient protégé pendant sa minorité, Charles-Emmanuel resta fidèle a leur alliance et leur dut un règne paisible. Il protégea le commerce et les arts, et fit construire le palais royal de Turin, ainsi que le Chemin de la Grotte sur la montagne des Échelles, pour faciliter le transport des marchandises de France en Italie. — Le fils de ce dernier, Victor-Amédée II, d'abord duc de Savoie, reçut en 1713 le titre de roi de Sicile et en 1720 celui de roi de Sardaigne. — Pour ce prince et pour ses successeurs, V. le nom sous lequel ils ont régné. Pour les autres princes célèbres de cette maison, V. NEMOURS, EUGÈNE, CARIGNAN, etc. — L’Hist. de la Savoie a été écrite par Cl. Genoux, 1854, et par Le Gallais, 1860. La princesse de Belgiojoso a donné l’Hist. de la maison de Savoie, 1860.

SAVONAROLE (Frère Jérôme), célèbre prédicateur dominicain, né à Ferrare en 1452, était le petit-fils de J. Michel Savonarole, médecin distingué de Ferrare. Nommé en 1488 prieur du couvent de St-Maro à Florence, il se distingua dans la chaire par son éloquence, mais il se livra bientôt à de violentes déclamations contre le clergé et le St-Siége, excita le peuple à se révolter contre les Médicis, et, prétendant avoir reçu le don de prophétie, prédit avec assurance une révolution prochaine. Peu après en effet (1494), Charles VIII étant venu en Italie, les Florentins profitèrent de la présence de ce prince pour recouvrer leur liberté. Savonarole, devenu l'idole du peuple, fut le véritable chef de la nouvelle république. Il se soutint pendant trois ans, et fit mettre à mort plusieurs citoyens qui avaient conspiré pour le rétablissement des Médicis ; mais, attaqué par les partisans de cette puissante maison, accusé d'hérésie par les religieux franciscains pour avoir soutenu des propositions suspectes, anathématisé par le pape Alexandre VI, dont il avait signalé les désordres, enfin privé de l'appui de Charles VIII, qui avait été forcé de retourner précipitamment en France, il perdit tout crédit, fut conduit en prison par ordre de la seigneurie qui administrait Florence, appliqué à la question, condamné comme hérétique et périt sur le bûcher le 23 mai 1498. Savonarole n'était pas moins remarquable par son exaltation que par son éloquence : il eut des visions, se crut inspiré et fit plusieurs prédictions dont quelques-unes parurent extraordinaires, mais que l'on a beaucoup exagérées. Poussant le zèle religieux jusqu'au fanatisme, Savonarole fit brûler les écrits de Dante, de Boccace et de Pétrarque. Il a laissé plusieurs ouvrages ascétiques ou apologétiques : le Triomphe de la croix, 1492 (en latin) : c'est une démonstration de la vérité de la religion catholique ; Du gouvernement de Florence, violente philippique contre la tyrannie ; Abrégé des révélations, histoire de ses visions ; Traité de la vérité prophétique. Une édition de ses Œuvres a été publiée à Lyon, 1633-40. 6 v. in-8o. On doit à M. Perrens une savante étude sur Savonarole, sa vie, ses prédications, ses écrits, Paris, 1853 et 1856.

SAVONE, Savo ou Sabata, v. murée de l'Italie septentr., dans les anc. États sardes (Gênes), ch.-l. d'intendance, sur le golfe de Gênes, à l'embouch. de l'Egabona, à 38 k. S. O. de Gênes ; 20 000 h. Évêché, trib. de commerce, école navale, musée d'histoire naturelle. Port, citadelle, arsenal. Fabriques d'armes, soieries, vitriol, faïence, savon (c'est à Savone que le savon fut inventé). Patrie du poëte Chiabrera ; le pape Jules II naquit auprès. — Cette ville, fort ancienne, appartenait à la Ligurie. Elle eut des évêques dès le VIIe, et devint bientôt florissante par son commerce. Les Génois, qui en étalent jaloux, s'en emparèrent et détruisirent son port en 1525. Les Anglais la bombardèrent en 1745 ; le roi de Sardaigne la prit aux Génois en 1746. Les Français s'en emparèrent en 1809 et en firent le ch.-l. du dép. de Montenotte. Napoléon y retint Pie VII prisonnier de 1809 a 1812. — La prov. de Savone, dans la division de Gênes, a 52 kil. sur 30, et 79 000 h. Elle est traversée par les Apennins.

SAVONNERIE (la), anc. manufacture royale de tapis, fut créée au Louvre en 1604, et transférée en 1631 à Chaillot, dans une maison qui fut appelée de là La Savonnerie. Réorganisée par Colbert, elle fut plus tard réunie à la manufacture des Gobelins.

SAX (Christophe), Saxius, savant compilateur et biographe, né en 1714 à Eppendorf en Saxe, m. en 1806, fut professeur d'histoire et d'antiquités, puis recteur à l'université d'Utrecht, et publia plusieurs savants ouvrages, entre autres l’Onomasticon litterarium (d'abord en 1 vol. in-8, 1759, porté depuis à 8 vol., Utrecht, 1775-1803), vaste répertoire d'indications littéraires et de sources à consulter sur les personnes, depuis les premiers temps jusqu'en 1796. Il a rédigé lui-même un abrégé des deux premiers volumes (Onomastici litterarii eptiome), Utrecht, 1792.

SAXE, Sachsen en allemand, nom commun à divers États ou pays de l'Allemagne, tant anciens que modernes, placés entre l'Ems et l'Oder, le bassin du Danube et la Baltique. Nous distinguerons d'abord ces divers États, puis nous ferons connaître les diverses maisons de Saxe qui les ont possédés.

I. Saxe ancienne.

1° La Saxe primitive, à l'époque des Mérovingiens, commençait à l'E. du Rhin, vers les rives de l'Ems et au N. de la Lippe, et s'étendait, au N., jusqu'à la Baltique et à l'Eyder (en Danemark), à l'E., un peu au delà de l'Elbe, ayant pour bornes la Thuringe, la France rhénane, la Frise, le pays des Danois et les peuplades slaves établies à l'O. de l'Oder. Elle se composait de trois grandes masses, l'Engerland (pays des Angres), la Westphalie et l'Ostphalie (dont la partie la plus orientale était le pays des Nordalbingiens). Tout ce pays était coupé en gaus ou cantons, et avait au plus quelques grosses bourgades, entre autres Ehresbourg. Les Saxons, ses habitants, étaient peu civilisés et grands pirates, comme leurs voisins les Danois. Dès la fin du IVe s. ils ravageaient les côtes de la Gaule et celles de la Grande-Bretagne. En 449, ils commencèrent à passer dans cette île, et quatre chefs saxons y fondèrent quatre des États de l'Heptarchie (V. ce nom). A partir de Clotaire II, ceux qui étaient restés en Allemagne durent payer tribut aux Francs ; mais ils se révoltèrent souvent : idolâtres, adorateurs d'Odin et d'Irminsul, ils répugnaient à l'idée de devenir Chrétiens. Charlemagne, après neuf expéditions célèbres (771-795), finit par les soumettre, malgré les efforts opiniâtres de leur chef Witikind : il leur imposa le baptême (785), leur donna un code sévère (la loi saxonne), et fonda chez eux huit évêchés (entre autres, Osnabruck, Brême, Paderborn, Munster). Cet état de choses dura jusqu'au traité de Verdun (843).

Premier duché de Saxe (843-1180). Sous Louis le Germanique et ses successeurs, la Saxe, grossie de la Thuringe, devint un des six duchés de l’empire. Ce duché, qui eut successivement pour souverains des descendants de Witikind et des princes de la maison de Billung (V. ci-après maison de SAXE), répondait d’abord à ce qui forma depuis les cercles de Basse-Saxe et de Westphalie ; de 920 à 929, il s’accrut des deux Marches de Misnie et de Branibor ou Brandebourg ; il fut encore grossi par Othon I et ses successeurs, principalement par les princes de la maison guelfe, Henri le Superbe et Henri le Lion, qui assujettirent presque toutes les contrées comprises depuis dans le cercle de Hte-Saxe, et étendirent leur domination sur le Mecklembourg et la Poméranie. On sait qu’outre la Saxe, les deux Henri possédaient la Bavière. De 1137 à 1154, la politique impériale tint ces deux duchés séparés, mais Frédéric I les rendit à Henri le Lion ; seulement, le margraviat de Branibor, indépendant depuis 1142, fut confirmé dans son indépendance ; mais, après la félonie de Henri, lors de la campagne de Legnano (1177), l’empereur Frédéric mit ce prince au ban de l’empire (1180), et l’énorme duché de Saxe fut dépecé en une foule de fiefs : les archevêchés de Magdebourg et de Brême, les évêchés de Minden, Verden, Paderborn, Munster, Hildesheim, Halberstadt, Mersebourg, Naumbourg s’en détachèrent et devinrent États immédiats ; il en fut de même pour le comté palatin de Saxe, la Misnie, la Thuringe, le pays de Mecklembourg (que cependant Henri le Lion regardait comme sa propriété particulière), le duché de Poméranie, le duché de Westphalie (qui passa à l’archevêque de Cologne), l’Eichsfeld (dont s’empara celui de Mayence) ; Lubeck, anc. capitale de la Saxe, devint ville impériale. Les alleux, qui ne se composaient guère que du pays héréditaire de Brunswick, restèrent seuls au duc déchu. Un nouveau duché de Saxe fut alors constitué, mais il différait entièrement du premier. V. le § suivant.

IIe duché de Saxe. Ce duché, formé en 1180 aux dépens du précédent en faveur de Bernard d’Ascanie ou d’Anhalt, ne comprenait plus que les territoires de Wittemberg et de Lauenbourg, plus, la suzeraineté sur le Holstein. Il s’affaiblit encore quand la maison ascanienne, investie de ce duché, se fut scindée (1260) en deux lignes : celles de Saxe-Lauenbourg et de Saxe-Wittemberg. En 1355, l’emp. Charles IV attacha l’électorat de Saxe à la possession de Wittemberg, qui ne le garda que jusqu’en 1422.

IIIe duché de Saxe ou Duché électoral. Ce duché, qui forme le fond du roy. actuel de Saxe, fut constitué en 1422, le titre de duc de Saxe et d’électeur ayant été transféré, après l’extinction de la branche ducale de Saxe-Wittemberg, à la maison de Wettin ou de Misnie. Le duché s’accrut alors de la Misnie, de la Thuringe et du palatinat de Saxe. Mais la maison de Misnie se subdivisa plus encore que la précédente ; finalement, toutes les branches furent comprises dans les deux lignes Ernestine et Albertine, issues des deux frères Ernest et Albert, qui, en 1485, se partagèrent toutes les possessions de la Saxe (V. plus bas, maison de SAXE).

Comté palatin de Saxe. Il comprenait la ville d’Allstett avec son territoire ; il remontait aux temps des Carlovingiens, et devint important au Xe s. ; au XIe la famille de Goseck le possédait à titre héréditaire ; il passa en 1088 à celle de Sommersenbourg. Réuni en 1180 au landgraviat de Thuringe, il échut en 1248 comme ce landgraviat à la maison de Misnie.

Marche de Saxe. V. MISNIE ET BRANDEBOURG.

II. Saxe depuis la division de l’empire en cercles.

Cercle de Basse-Saxe, un des 10 cercles de l’empire établis en 1512, était borné au N. par la Baltique et le Slesvig, au S. et à l’E. par le cercle de Basse-Saxe. Il renfermait, entre autres États, les deux duchés de Mecklemboug, les deux duchés de Holstein, celui de Saxe-Lauenbourg, les villes de Lubeck et Brême.

Cercle de Hte-Saxe, entre ceux du Ht-Rhin, de Franconie, de Basse-Saxe, la mer Baltique, la Pologne, comprenait 22 États, entre autres l’électorat de Saxe et tous les duchés de Saxe (moins Saxe-Lauenbourg) ; Schwarzbourg, Anhalt, le Brandebourg, la Poméranie : Leipsick en était le ch.-l.

Électorat de Saxe. Beaucoup plus vaste que le royaume actuel de Saxe, il confinait à la Hesse, au Brandebourg, aux duchés de Saxe, Il avait pour ch.-l. Dresde et se divisait en cercle électoral (ch.-l., Wittemberg) ; cercle de la Thuringe saxonne (ch.-l., Langensalta) ; et margraviat de Misnie (chefs-lieux, Meissen et Dresde).

Duché de Saxe-Lauenbourg, entre ceux de Mecklembourg, Lunebourg, Ratzebourg et le Holstein, avait pour capit. Lauenbourg. Formé en 1620, il appartint jusqu’en 1689 à la branche aînée de la ligne ascanienne de Saxe, appartint ensuite au Hanovre, puis au Danemark (1815), enfin à la Prusse (1866). V. LAUENBOURG.

III. Saxe actuelle.

SAXE (Roy. de), un des États du N. de l’Emp. allem., entre 9'-13° longit. E., et 50°-51° 30′ latit. N., a pour bornes au N. et au N. E. les prov. pruss. de Saxe et de Brandebourg, à l’E. la Silésie, au S. la Bohême et la Bavière, à l’O. les duchés de Saxe-Altenbourg et de Saxe-Weimar ; 225 k. de l’E. à l’O., sur une largeur moyenne de 140 ; 2 226 000 hab. ; capitale, Dresde. Longtemps divisé en 5 cercles (Misnie, ch.-l., Dresde, Leipsick, ch.-l., Leipsick, Erzgebirge, ch.-l., Freyberg, Voigtland, ch.-l., Plauen, Lusace, ch.-l., Bautzen), il a été réduit en 1835 à 4 cercles, désignés par les noms de leurs chefs-lieux : Dresde, Leipsick, Zwickau, Budissin ou Bautzen. L’Elbe arrose ce royaume à l’E. ; ses autres rivières sont la Saale, l’Elster, la Pleisse, les deux Mulde. Sol fertile, surtout en grains ; beaucoup de montagnes (Erzgebirge, monts de Lusace), où l’on exploite des mines très-riches enfer, plomb, étain, cuivre, argent (env. 17 000 kilogr. par an) ; cobalt, arsenic, houille. Industrie et commerce immenses, consistant surtout en toiles, cotonnades, laines, draps, dentelles, porcelaine, verrerie, papier et livres. Plusieurs chemins de fer. Célèbre université, à Leipsick. L’instruction est très-répandue en Saxe : c’est dans ce pays que se parle l’allemand le plus pur. Le gouvernement est une monarchie constitutionnelle. La religion dominante est le Luthéranisme ; mais la famille royale est catholique. La Saxe à 14 voix dans le Conseil fédéral de l’Empire allemand.

L’État, qui porte aujourd’hui le nom de royaume de Saxe date de l’an 1422, époque à laquelle l’empereur Sigismond transféra le titre de duc de Saxe et la dignité électorale à la maison de Wettin ou de Misnie (V. ci-dessus 3e DUCHÉ DE SAXE). Frédéric le Belliqueux, 1er duc de Saxe de cette nouvelle maison, fut un des plus puissants princes de l’Allemagne. Ernest et Albert, ses petits-fils, s’affaiblirent en partageant leurs États (1485). Ernest, l’aîné, conserva, avec les litres de duc et d’électeur, le cercle électoral, la Thuringe et les pays orientaux de la Saxe. Frédéric le Sage, son successeur, exerça une grande influence sur les affaires de l’Allemagne, et fut vicaire de l’empereur en son absence. Il favorisa de tout son pouvoir la Réforme, et eut une grande part à la ligue de Smalkalde. Son 2e successeur, Jean-Frédéric le Magnanime, se vit enlever, après la défaite de Mühlberg (1547), la plus grande partie du duché de Saxe, ainsi que la dignité électorale, qui furent transférés par Charles-Quint de la ligne aînée à la ligne cadette ou albertine (1547). Maurice de Saxe fut le 1er duc de cette 2e ligne. Quoiqu’il fût la créature de Charles-Quint, il resta luthérien, et même maintint constamment la liberté protestante. Pendant la guerre de Trente ans, les électeurs de Saxe se déclarèrent alternativement pour la Suède et pour l’Autriche. En 1697, l’électeur Frédéric-Auguste I abjura le luthéranisme ; la même année, il joignit à la Saxe la couronne de Pologne, ce qui l’engagea dans des guerres perpétuelles avec le roi de Suède Charles XII. Son fils, Frédéric-Auguste II, réunit aussi les deux couronnes, et eut sans cesse à combattre le roi de Prusse, qui deux fois lui enleva la Saxe. Frédéric-Auguste III refusa en 1791 la couronne que lui offraient les patriotes polonais. Dans les guerres de la Révolution, il resta neutre autant qu’il le put ; après la bat. d’Iéna, il entra dans la Confédération du Rhin, et fournit à Napoléon des troupes auxiliaires : en retour, il en reçut, en 1806, le titre de roi de Saxe, l’année suivante, fut en outre créé grand-duc de Varsovie. Seul de tous les alliés, il resta fidèle à la cause de Napoléon ; il en fut puni par la perte d’un tiers de ses États (Lusace, Thuringe, partie de la Misnie, Mansfeld, Querfurt, etc.). En 1831, à la suite d’insurrections qui avaient éclaté à Dresde et à Leipsick, le roi Antoine se vit obligé de donner une constitution à la Saxe. Cette constitution n’ayant pas été fidèlement exécutée, une nouvelle insurrection éclata en 1848 et amena de nouvelles concessions. La Saxe est auj. régie par la constitution de 1831, modifiée par les lois du 31 mars 1849, 5 mai 1851 et 19 octobre 1861.

Électeurs et rois de Saxe de la maison de Wettin.
I. Avant le partage.
Jean-George II, 1656
Frédéric I, 1422 Jean-George III, 1680
Frédéric II, le Bon, 1428 Jean-George IV, 1691
Ernest et Albert, 1464 Frédéric-Auguste I, (Aug. Il en Pologne) 1695
II. Ligne ernestine.
Ernest, seul, 1484 Frédéric-Auguste II, (Aug. III en Pologne) 1733
Frédéric III, le Sage, 1486 Frédéric-Christian, 1763
Jean I, le Constant, 1525 Fréd.-Aug. III, 1763-1806
Jean-Frédéric, 1532
IV. Rois.
III. Ligne albertine.
Frédéric-Auguste I, 1806
Maurice, 1547 Antoine I, 1827
Auguste, 1553 Frédéric-Auguste II, 1836
Christian I, 1586 Jean, 1854
Christian II, 1591 Albert 1873
Jean-George I, 1611

SAXE-ALTENBOURG (Duché de), un des États du N. de l’Empire allemand, se compose de deux parties séparées par la principauté de Reuss, et qui ont pour bornes la partie orientale, la Saxe prussienne au N. O :, la Saxe-Weimar au S. O., partout ailleurs le roy. de Saxe ; la partie occid., la Saxe prussienne au N. E., la Saxe Weimar au N., la principauté de Scharwzbourg-Rudolstadt à l’O. et la Saxe-Meiningen au S. : 1375 kil. carrés ; 133 000 h. ; capitale, Altenbourg. Pays agricole et florissant. Il est traversé par le chemin de fer de Saxe en Bavière. — Ce pays fut, dès 1602, l’apanage d’une branche de la ligne ernestine de la maison de Saxe, puis il fit partie du duché de Saxe-Gotha et appartint à Ernest le Pieux, né en 1601, m. en 1675, qui laissa 7 fils, d’où sont sortis les branches de Gotha, de Meiningen, de Saalfeld. À la mort du dernier duc de Gotha (Frédéric IV), en 1825, le duc de Saxe-Hildburghausen échangea son duché contre celui d’Altenbourg, dont il prit le titre, et ses anciens États passèrent au duc de Saxe-Meiningen. Le duché de Saxe-Altenbourg forma dès lors un des États immédiats de la Confédération germanique. Il y occupa le 12e rang ; il a 1 voix au Conseil fédéral de l’Allemagne du Nord. Il reçut une constitution en 1831.

SAXE-COBOURG-GOTHA (Duché de), un des États du S. de l’Empire allemand, se compose de deux parties séparées : la principauté de Cobourg (entre la Saxe-Meiningen et la Bavière), et la principauté le Gotha (entre la Saxe prussienne, la Saxe-Weimar, la Saxe-Meiningen et la principauté de Schwarzbourg) ; 151 000 habit. ; capitale Cobourg. Avant 1834, ce duché possédait en outre la principauté de Lichtemberg, mais celle-ci a été vendue en cette année à la Prusse. Pays fertile, arrosé par la Werra, l’Unstrutt, la Géra et traversé par le Thuringerwald. Mines de fer et de houille. — Les ducs de Saxe-Cobourg, d’abord ducs de Saalfeld, puis de Saxe-Cobourg-Saalfeld, sont une des branches de la maison ducale de Saxe-Gotha, qui elle-même, issue de la branche ernestine, prit naissance en 1680, quand les 7 fils d’Ernest le pieux se partagèrent ses États. Leur-pays fit partie de la Confédération du Rhin (1806). En l814, les ducs de Saxe-Cobourg et de Saxe-Gotha se déclarèrent contre Napoléon ; ils reçurent en 1816 la principauté de Lichtenberg. En 1825, à la mort de Frédéric II, dernier duc de Saxe-Gotha, ils reçurent en partage la principauté de Gotha, mais cédèrent Saalfeld au duc de Saxe-Meiningen. En 1852, les deux duchés obtinrent une constitution : cette constitution était la même pour les deux États ; mais il y avait deux assemblées distinctes, l’une à Cobourg, l’autre à Gotha. En 1857, les deux duchés et les deux assemblées ont été définitivement réunis. — La maison de Saxe-Cobourg-Gotha a récemment contracté les plus illustres alliances : Ernest III, l’un de ses derniers ducs (1784-1844), maria sa sœur au duc de Kent, prince anglais, qui la rendit mère de la reine Victoria ; le plus jeune frère d’Ernest, Léopold, épousa d’abord la princesse de Galles, puis une fille du roi Louis-Philippe et devint roi des Belges ; son neveu, Ferdinand, épousa dona Maria, reine de Portugal, et reçut le titre de roi. Des deux fils d’Ernest III, l’un lui succéda sous le nom d’Ernest IV, l’autre, le prince Albert, épousa la reine d’Angleterre, Victoria, sa cousine.

SAXE-GOTHA (Duché de), a fait partie successivement de la Conf. du Rhin, de la Conf. germ. et de l’Emp. allem. ; comprend les princip. de Gotha et d’Altenbourg, a été partagé en 1825, à la mort du dernier duc, Frédéric IV, entre le duc de Saxe-Cobourg, qui a eu Gotha, le duc de Saxe-Hildburghausen, qui a eu Altenbourg, et le duc de Saxe-Meiningen, qui a eu les bailliages de Rœmhild, Kranichfeld et Kambourg.

SAXE-HILDBURGHAUSEN (Duché de), anc. duché de la Conféd. du Rhin et de la Conféd. germanique. V. SAXE-ALTENBOURG et ci-après SAXE-MEININGEN.

SAXE-MEININGEN-HILDBURGHAUSEN (Duché de), un des États du N. de l’Empire allemand, entre la Saxe-Altenbourg et la princip. de Schwarzbourg au N., la Bavière à l’O. et au S. O., la Saxe-Cobourg au S., la principauté de Reuss, la Saxe-Weimar à l’E., 165 418 hab. ; ch.-l., Meiningen. — L’origine de ce duché remonte à 1680, époque à laquelle les 7 fils d’Ernest le Pieux se partagèrent ses États. Le duché de Meiningen ne comprenait que trois bailliages (Schalkau, Sonneberg, Neuhaus), tandis que celui d’Hildburghausen en contenait 6 (Hildburghausen, Veilsdorf, Eisfeld, Heldburg, Kœnigsberg, Sonnenfeld). Après la mort du duc Frédéric de Saxe-Gotha, en 1825, le duc de Saxe-Meiningen ne reçut de l’héritage de Gotha que les bailliages de Rœmhild, de Kranichfeld et de Kambourg, mais il eut de plus les 6 bailliages d’Hildburghausen (d’où son nom actuel de Saxe-Meiningen-Hildburghausen), et 3 bailliages de la Saxe-Cobourg (Saalfeld, Themar et Grafenthal). Le duché a une constitution, qui date de 1829.

SAXE-WEIMAR (Grand-duché de), un des États du N. de l’Empire allemand, contient, avec l’ancien duché de ce nom, celui de Saxe-Eisenach et parties du comté d’Henneberg, de l’Évêché de Fulde, du cercle de Neustadt, Blankenheim, Cranach, etc. ; il se compose des morceaux ; 1o le cercle de Weimar-Iéna à l’E. ; 2o le cercle d’Eisenach à l’O. ; 3o celui de Neustadt au S. E. Il faut y ajouter plusieurs enclaves, dont les principales sont : 1o pour le cercle de Weimar, celtes d’Ilmenau au S. O., d’Allstett au N. ; 2o pour le cercle d’Eisenach, celles d’Ostheim au S. et Zillbach à l’E. ; 263 755 hab. ; capit. générale, Weimar. La v. d’Iéna, qui se trouve dans ce duché, renferme une université et une cour d’appel, qui sont communes à toutes les Saxes ducales. Mines, industrie, commerce. La littérature est fort cultivée dans ce duché, et la cour de Saxe-Weimar jouit, sous ce rapport, d’un grand renom (V. WEIMAR). Le prince est luthérien. — Le grand-duché de Saxe-Weimar, dont les titulaires sont chefs de la branche ernestine de Saxe, commença en 1484, lors du partage que firent Ernest et Albert des États de leur père Frédéric le Bon. Il fit partie de la Conféd. du Rhin de 1806, mais son duc, s'étant associé en 1813 aux Alliés contre la France, reçut en récompense en 1815 un grand accroissement de territoire, avec le titre de grand-duc. Dès 1809, le duc de Saxe-Weimar avait donné une constitution. Le pays est encore régi par cette constitution, dont les bases ont été élargies en 1816, 1850 et 1852.

SAXE-PRUSSIENNE, prov. des États prussiens, entre Brandebourg au N. E. et à l'E., le roy. et les duchés de Saxe au S., la Hesse-Électorale, le duché de Brunswick et le roy. de Hanovre à l'O. : 250 k. sur 220 ; 180 000 hab. ; ch.-l., Magdebourg. Elle est divisée en 3 régences : Magdebourg, Mersebourg et Erfurt. Montagnes à l'O. (le Harz et la forêt de Thuringe) ; plusieurs riv., qui appartiennent toutes aux bassins de l'Elbe et du Weser. Climat doux et salubre ; sol varié ; céréales, forêts ; mines d'argent, de cuivre, de fer, de houille ; sel en immense quantité. Cette prov. a été formée en 1815, de la plus grande partie de l'anc. duché de Saxe, de l'anc. cercle de Thuringe, de la partie prussienne des principautés de Mersebourg, Naumbourg et Zeitz, d'une partie des cercles de Leipsick, de Misnie, de Neustadt et de Voigtland, de la plus grande portion de la princip. d'Erfurt, du S. de l'Eichsfeld, d'une portion du Henneberg et de la princip. de Querfurt, de tout le comté de Mansfeld, de la principauté d'Halberstadt, du duché de Magdebourg et de la Vieille-Marche, presque tous pays enlevés au roi de Saxe.

Maisons de Saxe. On en peut compter six :

1° La 1re maison de Saxe, dite aussi maison impériale, parce qu'elle fournit plusieurs empereurs à l'Allemagne. Elle commence, après le traité de Verdun (843), par Ludolf, duc de Saxe, qu'on croit neveu de Witikind. Il fut investi du duché de Saxe par Louis le Germanique. Après lui viennent : Brunon (850), son fils, qui bâtit Brunswick et lui donna son nom (861); Othon l'Illustre (880), frère de Brunon, qui refusa la couronne d'Allemagne à la mort de Louis l'Enfant (911), et fit élire Conrad de Franconie ; Henri l’Oiseleur, fils d'Othon, élu roi de Germanie en 919, et chef de la maison impériale de Saxe, qui donna 5 empereurs à l'Allemagne (919-1024) ; Othon le Grand (936), fils de Henri l'Oiseleur : ce prince, parvenu à l'empire, renonça à la possession de la Saxe et la céda à Hermann Billung, son parent.

2° La maison de Billung. Hermann Billung, parent d'Othon I, en fut le premier duc : Othon l'investit du duché en 962. Sa famille s'éteignit en 1106. Ses biens passèrent alors à Lothaire de Supplinbourg.

3° La maison de Supplinbourg. Lothaire de Supplinbourg, époux de Richenza, héritière des comtes de Nordheim et des ducs de Brunswick, fut fait duc de Saxe en 1106, et devint empereur en 1125. N'ayant point de fils, il donna sa fille Gertrude (1127) et la Saxe (1128) au duc de Bavière, Henri le Superbe.

4° La maison des Guelfes. Henri le Superbe (1128-1139) et Henri le Lion (1139-1180), déjà ducs de Bavière, possédèrent réellement, mais non sans contestation et sans interruption, le duché de Saxe. De 1180 à 1235, les 3 frères Henri le Long, Othon de Brunswick (qui fut emp.) et Guillaume Longue Épée, puis Othon l'Enfant, fils de ce dernier, prétendirent au duché, qui fut morcelé par Frédéric I, et donné en grande partie aux princes de la maison d'Ascanie.

5° La maison d'Ascanie. Dès 1137, Albert l'Ours avait eu un démembrement de la Saxe (la Marche de Brandebourg). En 1180, son petit-fils puîné, Bernard, obtint le duché, mais très-amoindri. En 1212, cette famille se partagea en deux branches, Anhalt et Saxe, et celle-ci, en 1260, se subdivisa en Saxe-Lauenbourg et Saxe-Wittemberg : cette dernière subdivision, qui portait seule le titre d'électeur, s'éteignit en 1421, dans la personne d'Albert III.

Maison de Wettin ou de Misnie. Après l'extinction de la branche de Saxe-Wittemberg, l'investiture de l'électorat de Saxe fut donnée en 1422 par l'empereur Sigismond (à l'exclusion de la ligne de Saxe-Lauenbourg qui subsistait encore) au margrave de Misnie, landgrave de Thuringe, Frédéric le Belliqueux, qui cumula le margraviat et l'électorat, plus Cobourg, patrimoine de sa mère. Il descendais de Witikind, ainsi que le chef de la 1re maison, et ses aïeux possédaient la Misnie depuis 1127, la Thuringe depuis 1148. Sa postérité règne encore, partagée en deux lignes, nommées (d'après les noms de ses petits-fils, Ernest et Albert) Ernestine et Albertine. Celle-ci, qui est la ligne cadette, fut, après la bataille de Mühlberg (1547), investie de l'électorat et de presque tous les biens des Wettin, dans la personne de Maurice, par Charles-Quint (V. ci-après MAURICE de Saxe). Elle est devenue maison royale en 1806. La ligne aînée ou ernestine, dite aussi ligne ducale, fut réduite à quelques districts, qu'elle diminua encore en se subdivisant comme suit :

1. Branche aînée, dite anc. maison de Weimar, puis (1572) branche de Cobourg-Eisenach : subdiv. en 2 rameaux (Cobourg, Eisenach), éteinte en 1638 ;
2. Branche cadette ou de Weimar (auj. subsistante):
a. Rameau d'Altenbourg (1602-1669);
b. Rameau dit nouv.-maison de Weimar, subd. en :
1° Ligne grand-ducale de Weimar (1606) ;
2° Ligne ducale ou de Gotha, qui en 1681 forma 7 branches, dont 4 éteintes (Gotha, 1825 ; Cobourg, 1699 ; Rœmhild, 1710 ; Eisenberg, 1707); et trois subsistantes : Meiningen, Hildburghausen, Saalfeld, auj. Cobourg-et-Gotha.

SAXE (Maurice, électeur de), de la branche Albertine, né en 1521, servit l'empereur Charles-Quint en 1544, contre la France, et en 1545 contre la ligue de Smalkalde, gagna la bataille de Mühlberg sur le parti protestant (1547), et obtint en 1548 l'électorat de Saxe, dont Jean-Frédéric, son cousin (de la branche Ernestine), fut dépouillé pour avoir combattu dans l'armée opposée. En 1551, il venait de s'emparer de Magdebourg au nom de Charles-Quint, lorsqu'il quitta brusquement le parti de l'empereur et s'unit contre lui avec l'électeur de Brandebourg, le comte Palatin, le duc de Wurtemberg, pour délivrer le landgrave de Hesse, que Charles-Quint retenait prisonnier : il contraignit l'empereur à traiter et à accorder, par la transaction de Passau (1552), une amnistie générale et le libre exercice du culte réformé. Chargé l'année suivante par la Chambre impériale de réduire le margrave de Brandebourg, qui troublait la paix, il le battit à Stevershausen, mais il mourut deux jours après, des suites de ses blessures.

SAXE (Maurice, comte de), maréchal de France, né à Dresde en 1696, m. en 1750, était fils naturel de l'électeur de Saxe Auguste II, et de la comtesse Aurore de Kœnigsmark. Il se forma sous le prince Eugène, et assista au siège de Belgrade (1717). Il vint prendre du service en France en 1720, et y fut nommé maréchal de camp ; puis tout à coup il passa en Courlande, où il fut élu duc par la protection de la duchesse douairière Anne Ivanovna (depuis impératrice); mais, n'ayant pu se faire reconnaître par l'impératrice de Russie, Catherine I, il revint en France. Fixé désormais dans ce pays, il fit avec honneur les trois campagnes de 1733, 34, 35, devint lieutenant général en 1736, se couvrit de gloire pendant la guerre de la Succession d'Autriche, s'empara de Prague et d'Egra, défendit l'Alsace, et fut nommé maréchal en 1743. Il tint les alliés en échec en Flandre (1744), les battit à Fontenoy (1745), prit Ath et Bruxelles, remporta encore deux victoires à Rocoux (1746), à Laufeld (1747), prit Berg-op-Zoom, et eut ainsi une part décisive à la paix d'Aix-la-Chapelle (1748). Après la guerre, il reçut de Louis XV le domaine de Chambord avec 40 000 livres de revenu et le titre de maréchal général. Un mausolée, chef-d'œuvre de Pigalle, lui fut élevé dans le temple de St-Thomas à Strasbourg. On a de lui : Mes rêveries, 1757, 5 vol. in-4. Lettres et Mémoires, 1794, 5 vol. in-8; et sur lui une Étude histor. de St-René Taillandier, 1865. Il était d'une force prodigieuse : il brisait en deux avec ses doigts un écu de 6 francs. SAXE-TESCHEN (Albert de), fils d'Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne, né à Dresde en 1738, m. en 1822, épousa en 1766 Christine, fille de l'empereur François II, fut nommé par ce prince gouverneur des Pays-Bas autrichiens, mais ne sut pas prévenir l'insurrection de 1789. Il fit en 1792, mais en vain, le siége de Lille, et ne put empêcher la conquête de la Belgique par les Français; il se retira à Vienne, où il cultiva les arts : c'est lui qui dessina le château de Laeken, près de Bruxelles.

SAXE-WEIMAR (Bernard, duc de). V. BERNARD.

SAXE-COBOURG (Frédéric, prince de). V. COBOURG.

SAXE-COBOURG (Albert de), dit le Prince Albert, 2e fils du duc de Saxe-Cobourg Ernest, né en 1819 au château de Rosenau, m. en l861, épousa en 1839 la reine d'Angleterre, Victoria, sa cousine, dont il eut neuf enfants. Conformément à la constitution anglaise, il resta en dehors de la vie politique, mais il honora par son caractère son rôle de prince-époux et se rendit populaire par la protection libérale qu'il accorda aux arts, aux lettres, à l'industrie : c'est à son initiative qu'est due l'Exposition universelle de 1851.

SAXO GRAMMATICUS, historien danois du XIIe s., m. vers 1204, était prévôt de Roskild et secrétaire de l'archevêque de Lund, Axel ou Absalon. Il a laissé une Histoire du Danemark, depuis la fondation de la monarchie, qu'il fait remonter à l'an 1038 av. J.-C. Composée en grande partie sur des traditions populaires, des chants de Scaldes, des Sagas islandaises, cette histoire offre l'attrait d'un roman et cependant elle contient indubitablement beaucoup de vrai. Elle est rédigée en latin, et a été publiée pour la 1re fois a Paris sous ce titre : Danorum regum heroumque historia, 1514, in-fol; une nouv. édition en a été donnée à Copenhague en 1839 par D. P. M. Muller. Elle a fourni matière à de nombreux commentaires,

SAXONS, peuple germain. V. SAXE ANCIENNE.

SAXONS (PAYS DES). On nomme vulgairement ainsi une des trois grandes divisions de la Transylvanie, celle qui est au centre et qui porte auj. le nom de district d'Hermanstadt. Les habitants tirent leur origine d'un corps de Saxons appelés en Hongrie en 1143 par le roi Geysa II ad custodiam regni. Ces colons, dont le nombre s'élève auj. à 450 000, ont conservé jusqu'à nos jours leur langue, leurs mœurs et leurs coutumes ; ils sont principalement agriculteurs.

SAY (J. B.), économiste, né à Lyon en 1767, m. à Paris en 1832, fut d'abord destiné au commerce et passa quelque temps dans une maison de banque. Employé par Mirabeau à la rédaction du Courrier de Provence, il devint ensuite secrétaire du ministre des finances Clavière, fonda en 1794 avec Champfort et Ginguené la Décade philosophique, littéraire et politique, fut de 1800 à 1804 membre du tribunat, en fut éliminé pour avoir voté contre l'établissement de l'Empire, dirigea pendant quelques années une filature de coton, qu'il quitta en 1812, fut alors nommé receveur des droits réunis de l'Allier, et finit par se livrer uniquement aux travaux de cabinet. Il adopta le système de Smith, dont il perfectionna et éclaircit certaines parties; il combattit constamment les prohibitions, les impôts de consommation et toutes les entraves opposées au commerce et à l'industrie. Chargé dès 1821 d'enseigner l'économie politique au Conservatoire des Arts et Métiers, il exposa cette science avec une supériorité de méthode inconnue jusque-là, et fut appelé en 1830 à enseigner la même science au Collége de France. Ses ouvrages principaux sont : Traité d'économie politique, 1803: Catéchisme d'économie politique, 1815; Lettres à Malthus, 1820; Cours complet d'économie politique pratique, 1828-30, 6 vol. in-8. Ces écrits ont beaucoup contribué à populariser une science toute nouvelle en France.

SAYN, v. de la Prusse Rhénane. V. WITTGENSTEIN.

SCAER, ch.-l. de c. (Finistère), à 20 k. N. de Quimperlé; 4278 hab. Belle fontaine, vue superbe.

SCÆVOLA (C. Mucius), jeune Romain qui, lors du siége de Rome par Porsenna (507 av. J.-C.), pénétra dans le camp et jusque sous la tente du roi des Etruques, dans le but de le poignarder; mais il frappa par méprise le secrétaire du prince. Arrêté et interrogé sur-le-champ, au lieu de répondre, il plaça sa main droite sur un brasier ardent, comme pour la punir de sa maladresse, et la laissa brûler; puis il dit au roi que 300 jeunes Romains déterminés comme lui devaient pénétrer dans son camp, décidés à imiter son dévouement. Porsenna, enrayé, le laissa libre et se hâta de conclure la paix. C'est à la suite de cet événement qu'il reçut le surnom de Scævola, qui veut dire gaucher. L'action extraordinaire attribuée à Scævola a été révoquée en doute par la critique moderne.

SCÆVOLA (Q. Mucius), préteur en Sardaigne en 217 av. J.-C., était le plus habile jurisconsulte de son temps. Quintus et Publius, ses fils, succédèrent à sa réputation de science, qui fut longtemps comme héréditaire dans cette famille. — Q. Mucius Scævola Augur, petit-fils du précéd., était habile orateur et excellent jurisconsulte. Consul en 116 av. J.-C., il vainquit les Dalmates et obtint le triomphe. Il rendit aussi de très-grands services dans la guerre des Marses. Cicéron, qui avait reçu ses leçons, a fait de lui un des interlocuteurs de ses traités De l'Amitié, De l'Orateur et de la République. — Un autre Q. Mucius Scævola, beau-père de Pompée, et cousin du précéd., fut consul l'an 95 av. J.-C., puis proconsul d'Asie, et se fit universellement chérir dans sa province par son désintéressement et son équité. Il n'en fut pas moins massacré par ordre du jeune Marius (86).

SCALA, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Principauté Citérieure), près de la mer Tyrrhénienne, à 5 kil. O. d'Amalfi; 1800 hab. Anc. évêché (réuni à celui de Ravelio). — SCALA-NOVA, Neapolis, v. et port de la Turquie d'Asie (Anatolie), sur le golfe de Scala-Nova, à 60 k. S. de Smyrne ; 20 000 h. Grand commerce de riz, café, lin, chanvre, etc.

SCALA (les DELLA), famille gibeline de Vérone. Ses principaux membres furent : Mastino I, podestat de Vérone après la chute d'Eccelin le Féroce (1259). Implacable ennemi des Guelfes, il les chassa tous de Vérone : ils le firent assassiner (1277). — Albert I, son frère, podestat de 1277 à 1301, s'appliqua à le venger. — Barthélemi I et Alboin I, fils d'Albert I, furent podestats le 1er jusqu'en 1304, le 2e en 1311 — Cane I, le Grand, 3e fils d'Albert I, né en 1291, podestat en 1312. Grand guerrier, il conquit Vicence, Padoue, Feltre et Trévise, devint capitaine général des Gibelins en Lombardie, lieutenant et conseiller des empereurs Henri VII et Louis IV (de Bavière), et fut l'ami de Dante, auquel il donna asile. Il mourut en 1329. — Son neveu Mastino II, 1298-1351, accrut beaucoup ses États et organisa une ligue en Lombardie contre Jean de Bohème, mais fut attaqué par Florence et Venise coalisées, et réduit à Vérone, Vicence, Parme et Lucques (1338). — Cane II, fils et successeur de Mastino II (1351-59), fut un tyran odieux et avide, et fut tué par son propre frère. — Ce frère, Cane III, aussi vicieux que lui, fut le dernier prince mâle légitime de sa race (1359-75). — Antoine et Barthélemi II, fils naturels de Cane III, régnèrent ensemble de 1375 à 1381, mais au bout de ce temps Antoine fit tuer son frère. Bientôt dépouillé lui-même de ses États par ses voisins, il alla mourir dans les montagnes de Forli, empoisonné par ses ennemis (1388).

SCALDES, anciens poètes Scandinaves qui chantaient les dieux, les rois et les héros. Chaque prince avait des scaldes à sa cour et s'en faisait suivre à la guerre, afin qu'ils vissent de leurs yeux les exploits qu'ils devaient célébrer ensuite. Leurs chants étaient richement récompensés. Plusieurs de ces chants étaient gravés en caractères runiques, mais le plus souvent ils passaient de bouche et n'étaient conservés que par la tradition orale. Ils furent recueillis plus tard, et formèrent l’Edda et les Sagas que nous possédons aujourd'hui V. ces mots.

SCALDIS, nom latin de l’Escaut.

SCALIGER (Jules-César), célèbre érudit, né en 1484 à Vérone, m. en 1558, était fils de Benoît Bordoni, peintre en miniature, mais prétendait descendre de la noble maison della Scala (d'où le nom qu'il prit). Après avoir beaucoup voyagé, il suivit en France Ant. de La Rovère, évêque d'Agen (1525), se fixa auprès de lui comme médecin, et obtint des lettres de naturalisation. Il écrivit d'abord contre les savants les plus illustres de son siècle, et commença ainsi à se faire une réputation que sa science réelle et ses nombreux travaux classiques augmentèrent bientôt. Il visait au renom d'homme universel, et effectivement il savait de tout, mais c'est principalement comme grammairien qu'il mérite sa célébrité. On lui doit, entre autres ouvrages : De causis linguæ latinæ, Lyon, 1540, traité de grammaire conçu dans un esprit vraiment philosophique; Poetices libri VII, Lyon, 1561, ouvrage plein d'érudition, où il traite de l'origine et du but de la poésie et passe en revue les poëtes les plus célèbres, mais qui laisse à désirer pour le goût; De subtilitate, ad Cardanum, Paris, 1557 ; des Traductions latines d'ouvrages grecs, notamment de l’Histoire des animaux d'Aristote, du Traité des plantes de Théophraste, des Notes, des Dissertations, des Discours. On a aussi de lui des Poésies latines, mais elles sont très-médiocres, Genève, 1574. La vanité de ce savant était excessive, et il n'épargnait pas les injures à ses adversaires; il eut de vives disputes avec Érasme au sujet de la latinité de Cicéron. — Son fils, Joseph Juste Sc., né en 1540 à Agen, m. en 1609, le surpassa encore comme philologue, et se fit en outre un nom comme chronologiste et historien. Il fut quelque temps précepteur dans une famille noble près de Tours, parcourut la France, l'Allemagne, l'Italie, l’Écosse, embrassa la religion réformée(1562), et fut appelé à l'Académie de Leyde en 1593, comme successeur de Juste-Lipse. On le regarde comme le véritable créateur de la science chronologique. Outre des Commentaires sur Varron, Verrius Flaccus, Festus, Catulle, Tibulle, Properce, Perse, Ausone, Nonnus, César, Martial, Agathias, Publius Syrus, etc., on lui doit : Opus de emendatione temporum, Paris, 1583, et Genève, 1629, in-f.; Thésaurus temporum, complectens Eusebii Pamphili Chronicon, Leyde, 1609, et Amsterd., 1658, 2 v. in-f.; des Lettres latines, Leyde, 1627; des Poëmes latins, Leyde, 1615. Il traduisit en vers grecs un choix des Épigrammes de Martial, et en iambes latins la Cassandre de Lycophron et les Hymnes d'Orphée (il y imite le vieux latin). Plein de vanité comme son père, il prétendit, dans une lettre intitulée : De vetustate gentis Scaligeræ, faire remonter sa noblesse jusqu'aux rois alains. Il eut aussi, comme son père, de vives querelles avec plusieurs de ses contemporains, notamment avec Scioppius.

SCAMANDRE, riv. de Troade, à l'O. de Troie, sortait de l'Ida près d'Ilion par 2 sources, l'une chaude, l'autre froide, et, après s'être unie au Simoïs, tombait dans l'Hellespont au N. E. du cap Sigée. On le nommait aussi Xanthe (c.-à-d. en grec Jaune), à cause de la couleur jaunâtre de ses eaux. C'est auj. le Kirke-Keuzler.

SCAMOZZI (Vicenzo), architecte, né à Vicence en 1552, m. en 1616, se fixa à Venise en 1583. Ses constructions les plus remarquables sont, à Venise, le palais Cornaro et Trissino et les Procuraties neuves; à Florence, le palais Strozzi; à Bergame, le palais du gouvernement; enfin la cathédrale de Salzbourg, son chef-d'œuvre. Il a laissé un grand traité d'architecture qui a été publié après sa mort, quoiqu'il n'eût pas eu le temps de le terminer : Idea dell' architectura universale, Venise, 1615 et 1697, 2 vol. in-f., trad. en franç. sous le titre d’Œuvres d'architecture de Scamozzi, Leyde, 1713, in-fol. : c'est un livre sans méthode, mais précieux pour l'art de bâtir. D'Aviler en a donné un bon abrégé.

SCANDERBEG (George CASTRIOT, dit), héros albanais, né en 1404 ou 1414, était fils de Jean Castriot, prince d'Albanie, tributaire d'Amurat II. Il fut livré en otage à ce sultan, qui le fit élever dans la religion musulmane, reçut d'Amurat le titre de sandjak et le commandement de 5000 hommes, servit ce prince avec succès contre le despote de Servie, et déploya dans plusieurs combats une telle valeur qu'on lui donna le nom de Skander (Alexandre), sous lequel il est surtout connu. Résolu à relever le trône d'Albanie, il abandonna les Turcs pendant la bataille de la Morava (1443), enleva par surprise Croïa, capitale de ses anciens États héréditaires, se déclara ouvertement catholique, se fit proclamer chef par la confédération des seigneurs albanais et épirotes, battit les Turcs près de Basse-Dibra (sur le Drin noir), envahit la Macédoine, fit alliance avec Ladislas V, roi de Hongrie, et avec Huniade, rejeta les propositions de paix d'Amurat et le chassa de devant Croïa (l450). Il n'eut pas moins de succès contre les soldats de Mahomet II, même après la prise le Constantinople, et obtint en 1461 une paix honorable. Il profita de ce loisir pour aller défendre contre Jean d'Anjou (1462) le roi de Sicile, Ferdinand I, qui en récompense le créa duc de San-Pietro. De retour dans ses États, il rompit la paix dès 1463, à l'instigation du pape Pie II, commença seul la croisade annoncée contre les Turcs et remporta de nouvelles victoires. Mahomet II préparait contre Scanderbeg un armement formidable, lorsque ce héros fut emporté par la fièvre en 1467, à Lissa, chez les Vénitiens, avec lesquels il allait former une ligue contre la Porte. Les Albanais le chantent encore dans leurs chants nationaux. L'histoire de Scanderbeg a été écrite par un de ses contemporains, Barlesio, sous le titre de De vita et moribus G. Castrioti, Strasbourg, 1537 (trad. par J. de Lavardin, 1597), et de nos jours par C. Paganel, Paris, 1855.

SCANDERIEH, v. d’Égypte. V. ALEXANDRIE.

SCANDEROUN, v. de Turquie V. ALEXANDRETTE.

SCANDIANO, bg d'Italie (Modène), à 15 kil. E. S. E. de Modène. Carrière de soufre. Anc. comté. Patrie de Boïardo et de Spallanzani.

SCANDIE, Scandia. Les anciens nommaient ainsi la région méridionale de la Suède actuelle; ils y plaçaient les Suiones, les Hilleviones, les Gutes, noms qui rappellent ceux de Suède, Halland, Gothie; du reste elle leur était peu connue. V. SCANDINAVIE.

SCANDINAVES, peuple ancien. V. SCANDINAVIE.

SCANDINAVIE. On nomme vulgairement ainsi toute la péninsule qui comprend la Norvège et la Suède; on étend même quelquefois ce nom au Danemark, et l'on réunit sous le nom d'états Scandinaves ces trois États qui ont été en effet quelque temps réunis (V. Union de COLMAR). Ce nom vient de la Scandie, anc, prov. méridionale de la Suède. On croit que les Scandinaves sont un peuple venu d'Asie sous la conduite d'Odin vers le Ier s. av. J.-C. (V. ODIN). Les Scandinaves reconnaissaient pour dieux Odin, Thor, Freya, etc. Ils avaient des poëtes (scaldes), possédaient une littérature assez riche (V. EDDA, SAGAS), et employaient les caractères runiques.

SCANIE, anc division de la Suède mérid., a formé les préfect. de Malmœhus et de Christianstad. Le fils aîné du roi de Suède prend le titre de duc de Scanie.

SCAPTÉ-HYLÉ, lieu de la Thrace, au N. E., près d'Abdère. C'est là qu'étaient les mines d'or et d'argent que possédait la famille de Thucydide.

SCAPULA (OSTORIUS). V. OSTORIUS.

SCAPULA (J.), lexicographe, né en Allemagne vers 1540, m. à Paris vers 1610, fut employé dans l'imprimerie de H. Étienne, et composa, d'après le Thesaurus linguæ græcæ de ce savant, un Lexicon grec-latin abrégé, Bâle,1579, in-4 (souvent réimprimé, notamment à Londres, 1820), qui nuisit beaucoup à l'ouvrage original. On a encore de Scapula : Primo-geniæ voces, seu Radices linguæ græcæ, Paris, 1612.

SCARAMOUCHE, en ital. Scaramuccio, personnage comique de la scène italienne, était un mélange de fanfaronnade et de poltronnerie. Il portait d'épaisses moustaches, était tout babillé de noir, et, malgré ses forfanteries, finissait toujours par être battu. On connaît principalement sous ce nom Tiberio Fiorelli, acteur napolitain, né en 1608, m. en 1696, qui fit partie de l’une des premières troupes italiennes établies en France sous Louis XIII. Il venait tous les soirs à la cour pour amuser le dauphin (Louis XIV). Il resta au théâtre jusqu’à l’âge de 83 ans. On a publié sous le titre de Scaramucciana un recueil de ses Bons mots. — Le rôle de Scaramouche fut depuis continué avec succès sur le théâtre de la Foire par Ranzini, Napolitain (1716-31), par Benozzi, Vénitien (1731-39), et par Gandini (1745-80), qui fit presque oublier Fiorelli et après qui ce rôle disparut.

SCARBOROUGH, v. d’Angleterre (York), sur une belle baie de la mer du Nord, à 68 kil. N. E. d’York ; 10 000 h. Bon port. Chemin de fer. Ruines d’un vieux château, construit en 1136 par William comte d’Albemarle ; anc. abbaye de Cisterciens. Commerce de houille (de Newcastle et de Sunderland), eau-de-vie, genièvre, vin de Portugal. Pêche du hareng. Bains de mer ; sources minérales.

SCARDONA, auj. Isola Grossa ou Arb, île de l’Adriatique, sur la côte de la Liburnie. — Ville des États autrichiens (Dalmatie), à 40 kil. S. E. de Zara, à 9 k. N. E. de Spolatro ; 6000 hab. Évêché. Port, sur la Kerkah. Anc. capitale de la Liburnie.

SCARDUS MONS, auj. Tchardagh ou Glioubotin, chaîne de montagnes d’Épire, est liée à l’Orbelus à l’E.

SCARLATTI (Alexandre), compositeur, né à Naples en 1650, m. en 1725, a donné beaucoup de musique de théâtre (env. 100 opéras), de chambre et d’église. Parmi ses compositions dramatiques, on cite Teodora, 1693 ; Il Figlio delle selve, 1702 ; Il Medo, 1708 ; Il Tigrane, 1715. Il a combattu l’abus des fugues, contre-fugues, canons et autres tours de force musicaux. — Dominique Sc., son fils, 1683-1757, maître de musique de la reine d’Espagne, est renommé comme harpiste. — Jos. Sc., fils de Dominique, né à Naples en 1718, m. à Vienne en 1776, renommé comme compositeur et comme maître de clavecin, a laissé, entre autres œuvres, 12 opéras, dont un, il Mercato di Malmantile, eut un succès prodigieux.

SCARPA (Ant.), chirurgien et anatomiste, né en 1747 dans le Frioul, m. en 1832, étudia à Padoue sous Morgagni, fonda sa réputation par les cours de clinique et d’opérations chirurgicales qu’il fit à Modène, fut appelé en 1783 à Pavie, pour y remplir une chaire d'anatomie et de chirurgie, et finit par être directeur de la Faculté de médecine de cette ville. Il était associé de l’Académie des sciences. Scarpa remit en honneur l’opération de la cataracte par abaissement, accrédita la méthode de Hunter pour les anévrismes, imagina le procédé de la ligature par l’aplatissement, et exécuta des travaux fort estimés sur les organes de l’ouïe et de l’odorat, sur les ophthalmies, les hernies, etc. On a de lui : De penitiori ossium structura, 1779, trad. par Léveillé sous le titre de : Mémoire de physiologie et de chirurgie pratique, 1804 ; Tabulæ nevrologicæ, 1794 ; Réflexions et observations anatomico-chirurgicales sur l’anévrisme (en italien), 1804, trad. par Delpech, 1809 ; Des maladies des yeux, trad. par Bégin et Fournier, 1821.

SCARPANTO, Carpathos, île turque de la mer Égée, entre Rhodes et Candie, a 48 kil. sur 13 et 3 000 h. ; ch.-l., Avdemo. Sol assez fertile. Fer, marbre.

SCARPE (la), riv. de France, naît dans le dép. du Pas-de-Calais (arr. de St-Pol), passe à Arras, entre dans le dép. du Nord, arrose Douay, Marchiennes, St-Amand, et tombe dans l’Escaut, après un cours de 100 kil., dont 80 navigables au moyen d’écluses.

SCARPHÉ, v. de Locride à l’E., près des Thermopyles et du golfe Maliaque, fut renversée par un tremblement de terre. Les Achéens y furent défaits par Q. Cræcilius Métellus, 147 av. J.-C.

SCARPONNE, jadis Serpagne, vge du dép. de la Meurthe, sur la Moselle, à 17 kil. N. O. de Nancy. Jadis important et fortifié : c’était la capit. du Pays Saunois. Ravagé par les Hongrois au ixe s.

SCARRON (Paul), écrivain, né à Paris en 1610, m. en 1660, était fils d'un conseiller au parlement. Il fut destiné à l'église et même obtint un canonicat au Mans ; mais il passa sa jeunesse dans la dissipation et se livra à des extravagances qui ruinèrent sa santé : à l’âge de 27 ans, à la suite d’une mascarade, il contracta une infirmité qui le priva de l’usage de ses jambes et le réduisit il l’état de cul-de-jatte. En outre, il se vit presque entièrement dépouillé de sa fortune par un procès qu’il eut à soutenir contre la 2e femme de son père. Il se mit alors à travailler pour le théâtre, et y gagna de quoi tenir un état de maison assez honorable. La reine Anne d’Autriche lui fit quelque temps une pension de 500 écus, mais elle la lui retira lorsqu’il eut fait la Mazarinade. En 1652 il épousa, par pur sentiment de générosité, Mlle d’Aubigné (depuis Mme de Maintenon), qui alors était orpheline et sans fortune ; il la laissa veuve au bout de 8 ans. Scarron réussit surtout dans le genre burlesque, et eut pendant quelque temps une grande vogue ; mais il tombe dans le trivial et finit par fatiguer. On a de lui outre des pamphlets, les 8 premiers chants de l’Énéide travestie, en vers burlesques, le Roman comique (le meilleur de ses ouvrages), 3 comédies (Jodelet, don Japhet d’Arménie, l’Écolier de Salamanque), et des poésies diverses. Ses Œuvres complètes ont été publiées par La Martinière, Paris, 1737, 10 vol. in-12 (réimpr. en 1786, 7 vol. in-8); M. V. Fournel a réédité en 1857 le Roman comique et l’Énéide. Quoique perclus, contrefait et réduit à être, comme il le disait lui-même un raccourci des misères humaines, Scarron avait l’humeur la plus joviale, et il garda sa gaieté jusqu’au moment de mourir.

SCAURUS (M. Æmilius), Romain célèbre, d’une famille illustre, mais depuis longtemps déchue, servit en Espagne et en Sicile, fut successivement édile, préteur, gouverneur d’Achaïe, consul (122-114 av. J.-C.), fit une loi somptuaire, creusa un canal navigable de Parme à Plaisance pour dessécher les marais environnants, vainquit les Carnes, peuple gaulois, et obtint le triomphe, fut nommé prince du sénat (114), et dirigea quelque temps toutes les affaires de Rome. Envoyé contre Jugurtha comme lieutenant du consul Calpurnius, il ne fit rien contre lui, et fut soupçonné de s’être laissé gagner par l’or du Numide ; il brava néanmoins les nombreuses accusations des tribuns, et devint censeur en 89. Il mourut 2 ans après, au comble des honneurs et du crédit. Cicéron et Tacite prononcent son nom avec admiration ; Salluste au contraire le peint sous des couleurs odieuses. Il paraît bien que la vénalité de Scaurus égalait ses talents. — Son fils, nommé aussi M. Æmilius Scaurus, n’est guère connu que par son luxe et ses prodigalités : il fit bâtir pour le seul temps de son édilité (78 ans av. J.-C.) un théâtre magnifique qui pouvait contenir 80 000 spectateurs. Il avait à Rome un riche palais, dont Pline a donné une pompeuse description ; son récit a inspiré à l’architecte Mazois l’ouvrage intitulé : Le palais de Scaurus.

SCEAUX, Cellæ, jolie ville, ch.-l. d’arr. du dép. de la Seine, près la Bièvre, à 12 kil. S. de Paris ; 2267 h. Grand marché de bestiaux pour l’approvisionnement de Paris ; chemin de fer construit d’après un système qui permet de décrire les plus fortes courbes. — Cette v. fut érigée en baronnie en 1624. On y voyait jadis un château superbe, bâti par Colbert, et qui, en 1700, passa au duc du Maine, fils naturel de Louis XIV. La duchesse sa femme, y tint une cour brillante, rivale de celle du Régent, et qui était l’école du bon goût et du bon ton. Ce château fut acquis ensuite par le duc de Penthièvre. Il fut vendu et détruit lors de la Révolution : il n’en est resté que l’orangerie, qui fut rachetée par la ville, et qui, avec une partie du parc, est devenu un lieu public.

SCÉE, porte de Troie, près de laquelle était le tombeau de Laomédon, et où eut lieu la célèbre entrevue d’Andromaque et d’Hector. C’est par cette porte que fut introduit dans la ville le cheval de bois.

SCÉLÉRATE (Porte), l’une des portes de Rome, à l’extrémité S. du Capitole, était ainsi nommée parce que c’est par là que sortirent les 306 Fabiens qui périrent à Cramera (V. fabiens). Elle s’appelait auparavant Carmentale. — Rue de Rome où Tullie fit passer son char sur le corps de son père Servius Tullius. Elle était au bas du mont Esquilin.

SCELLIÈRES, anc. abbaye de l’ordre de Cîteaux, à 2 kil. O. N. O. de Romilly (Aube), dans laquelle Voltaire put être inhumé, parce que l’abbé Mignot, son neveu, en était abbé commendataire. Le corps de Voltaire y resta jusqu’en 1791, époque où il fut transporté au Panthéon. L’abbaye a été détruite dans la Révolution. — V. sellières.

SCÉNITES (Arabes), du grec Skéné tente, nom donné par les Romains et les Grecs aux hordes d’Arabes nomades, surtout à celles qui erraient entre la Syrie et l’Euphrate.

SCEPSIS, v. de Mysie au S. O., est connue par la naissance de Nélée dit de Scepsis et parce que c’est là que furent, dit-on, retrouvés les ouvrages d’Aristote longtemps perdus. V. nélée.

SCEPTIQUES, du grec Skepsis, examen. On nommait proprement ainsi les disciples de Pyrrhon, mais on a depuis étendu ce nom à tous ceux qui ont fait profession du doute : leur nom vient de ce qu’ils prolongeaient indéfiniment l’examen, ne se décidant jamais. Les plus célèbres sceptiques sont, chez les anciens, Protagoras, Gorgias, Pyrrhon et les défenseurs de sa doctrine, Timon, Énésidème, Sextus Empiricus; les Nouveaux-Académiciens (Arcésilas, Carnéade); chez les modernes, Montaigne, Lamothe-Levayer ; Bayle, Sanchez, Huet, Berkeley, Hume, Kant, Schulze.

SCÉTÉ, désert de l’Égypte inférieure, à l’O. du Delta, près des monts Nitria. Beaucoup d’ermites s’y retirèrent dans les premiers siècles du christianisme.

SCÉVOLA, scévole. V. scævola et ste-marthe.

SCEY-SUR-SAONE, ch.-l. de c. (Hte-Saône), à 17 kil. N. O. de Vesoul ; 1712 h. Beau château, dont il ne reste que les caves. Haut fourneau, source salée.

SCHADOW (J. Godefroy), sculpteur, né en 1764, à Berlin, m. en 1850, était fils d’un pauvre tailleur. Son talent pour le dessin s’étant manifesté de bonne heure, les premiers artistes de Berlin s’intéressèrent à son sort et lui procurèrent les moyens d’étudier. Après deux années de séjour à Rome, il fut nommé en 1788 sculpteur du roi, puis professeur de l’Académie des Beaux-Arts de Berlin ; il devint en 1822 directeur en chef de cet établissement. Voici les plus célèbres de ses ouvrages : le monument funèbre du Comte de La Marck, dans l’église de Ste-Dorothée à Berlin ; les statues équestres de Frédéric le Grand, à Stettin, du feld maréchal Blücher, à Rostock, du duc Léopold de Dessau, à Berlin ; une statue de Luther, à Wittemberg ; un groupe colossal en marbre représentant la reine Louise de Prusse et sa sœur, la duchesse de Cumberland, à Londres ; les bustes de Klopstock, Kant, Haller, Jean de Muller, pour le Walhalla. — Son fils, Ridolfo Sch., né en 1786, m. en 1822, avait débuté par un chef-d’œuvre, Pâris réfléchissant avant de prononcer son jugement. Parmi ses autres ouvrages, on remarque une Jeune fille attachant ses sandales, la Fileuse, Achille protégeant le corps de Penthésilée.

SCHÆFFER (Henri), philologue, né à Leipsick en 1764, m. en 1840, était professeur de littérature grecque et bibliothécaire à l’Université de Leipsick. Il est surtout connu pour une jolie collection d’auteurs grecs stéréotypés ; on lui doit en outre de bonnes éditions d’Hérodote, de Démosthène, d’Athénée, d’Apollonius de Rhodes, de Tryphiodore, etc. — V. scheffer et schœffer.

SCHAFFHOUSE, en all. Schaffhausen, en latin Scaphusia, v. de Suisse, ch.-l. du canton de Schaffhouse, sur la r. dr. du Rhin, au-dessous de la cataracte de Laufen ; 8000 hab. Collége, gymnase. Coutellerie, soies, cotons, etc. Patrie de l’historien Jean de


Muller. — D’abord simple hameau de pêcheurs (viiie s.), Schaffhouse devint ville impériale au xiiie s., tomba, en 1330, au pouvoir de l’Autriche, redevint libre en 1415, et fut admise en 1501 parmi les cantons. - Le canton de Sch., le plus septentrional de la Suisse, est presque tout entier enclavé dans le sud du grand-duché de Bade et est séparé par le Rhin des cantons de Zurich et de Thurgovie : 24 kil. sur 22 ; 36 000 hab. (presque tous Réformés et parlant allemand). Climat doux, sol fertile. Ambre, fer, excellent acier, etc. Gouvernement démocratique, organisé par la constitution de 1831, révisée en 1834 ; grand conseil de 74 membres, petit conseil de 24, investi du pouvoir exécutif. Ce canton occupe le 12e rang par ordre d’admission.

SCHAH. V. chah. - SCHAHPOUR. V. sapor.

SCHALKEN (Godefroy), peintre, élève et rival de Gérard Dow, né à Dordrecht en 1643, m. en 1706 à La Haye, réussit parfaitement dans les effets de lumière. Ses petits tableaux sont très-finis et ont conservé une assez grande valeur. Le Louvre possède de lui 4 tableaux, la Sainte Famille, Cérès cherchant Proserpine, Deux femmes éclairées par une bougie, et un Vieillard répondant à une lettre.

SCHAMMAI, docteur juif, contemporain et adversaire d’Hillel l’Ancien. V. hillel.

SCHAMS-EDDYN, roi de Delhy, tartare de naissance, fut d’abord esclave, devint gendre et fils adoptif de Gothb-eddyn-Aïbek, usurpa le trône en 1210, eut à étouffer diverses révoltes, fit la guerre au roi de Pendjab, le vainquit et joignit son royaume à ses États, ainsi que le Béhar, le Bengale, le Malwa, Oudjein. Il régna jusqu’en 1236 et fonda une dynastie qui subsista près d’un siècle.

SCHARD (Simon), assesseur à la Chambre impériale, né vers 1535, m. en 1573 à Spire, est célèbre par son Germanicarum rerum quatuor vetustiores chronographi, Francfort, 1566, in-fol., le 1er recueil qu’on ait publié des anciens historiens de l’Allemagne ; les quatre auteurs que contient ce recueil sont : Turpin, Réginon de Prum, Sigebert de Gemblours, Lambert d’Aschaffenbourg. On lui doit aussi Opus historicum de rebus germanicis, Bâle, 1574.

SCHAUMBOURG ou SCHAUENBOURG, Castrum speculationis et Theorosburgum, château situé sur les bords du Weser, entre Rinteln et Oldenbourg, bâti, dit-on, par Drusus, frère de Tibère et relevé en 1033 par Adolphe I de Sandersleben (V. l’art. suiv).

schaumbourg (Comté de), ancien État de l’empire d’Allemagne, sur le Weser, entre les comtés de la Lippe et de Ravensberg et les principautés de Kalenberg et de Minden. Il prit naissance en 1033 quand Adolphe I de Sandersleben eut relevé ou bâti le château de Schauenbourg, et forma un petit État qui fut immédiat sur-le-champ. Un des descendants de cet Adolphe, Adolphe III, fut pourvu en 1106 du comté de Holstein, mais, en 1247, sa postérité se partagea, en deux lignes, Kiel et Rendsbourg ; puis celle-ci, qui, entre autres possessions, avait Schaumbourg, se subdivisa en trois branches : c’est la 3e (issue du 3e fils de Gérard I), qui reçut Schaumbourg, avec Pinneberg (1281). Cette branche, dite 1re maison de Schaumbourg, ne s’éteignit qu’en 1640, dans la personne d’Othon VI. Élisabeth, mère de ce dernier, lui succéda, puis elle légua son héritage à son frère Philippe de Lippe (de la branche cadette), qui commença une 2e maison. Mais Pinneberg avait été pris par le Danemark ; les ducs de Brunswick s’étaient saisis de trois bailliages ; les trois cinquièmes du reste passèrent à Hesse-Cassel ; de sorte que la 2e maison de Schaumbourg (ou Schaumbourg-Lippe) ne garda que Bückebourg et Stadthagen avec leurs districts. Le comte reçut le titre de prince en 1807, quand il eut adhéré à la Confédération du Rhin.

schaumbourg-lippe (Principauté de), État du N. de l’Empire allemand, borné au N. et au N. E. par le Hanovre, à l’O. par la Prusse rhénane : 560 k. carr.; 31 000 h.; cap., Bückebourg. Grains, houille. Ce pays fut constitué en 1648 par le traité de Westphalie : ce n’est qu’un démembrement de l’ancien comté de Schaumbourg.

schaumbourg (Cercle de), ancienne division de la Hesse-Cassel, formait enclave entre la Lippe-Detmold, le Schaumbourg et la Prusse, et était séparé par plus de 60 k. des autres États hessois ; 44 000 hect. ; 35 000 hab. ; ch.-l. Rinteln.

SCHEDONE (Barthél.), cél. peintre de Modène, né vers 1570, m. v. 1615, eut pour Mécène le duc de Parme, orna de ses tableaux et de ses fresques les palais de Parme, de Modène, de Naples, ainsi que Notre-Dame de Lorette et plusieurs autres églises, et réussit également dans le portrait : il a peint presque tous les princes de Parme et de Modène. Son style est de la plus grande élégance, sa touche légère et délicate ; ses personnages sont pleins de grâce et sa peinture est terminée avec un soin exquis ; il se rapproche tellement du Corrège et du Parmesan que l’on confond souvent leurs ouvrages. Le Louvre possède 3 de ses tableaux ; on admire surtout Jésus mort, posé par Madeleine sur le bord du tombeau, son chef-d’œuvre. Schedone avait la fureur du jeu : cette funeste passion le ruina et hâta sa mort.

SCHEFFER (Ary), peintre d’histoire et de genre, né à Dordrecht en 1795, m. à Paris en 1868, avait pour père un amateur plein de goût. Il fut amené en France dès 1809 par sa mère, entra dans l’atelier de Guérin, exposa en 1819 le Dévouement des Bourgeois de Calais, et en 1824 Gaston de Foix mort à la bataille de Ravenne et les Femmes souliotes, œuvres historiques qui fixèrent l’attention, mais s’attacha de préférence depuis aux sujets romantiques, qu’il empruntait à Dante, à Gœthe, à Byron : il réussit surtout dans sa Françoise de Rimini, l’un des chefs-d’œuvre de l’école moderne, et dans les tableaux où figurent Faust et Marguerite. Il traita également avec succès des sujets religieux (le Christ consolateur, le Christ rémunérateur, Jésus au mont des Oliviers, S. Augustin et sa mère), et ne réussit pas moins dans le portrait. A. Scheffer est plutôt l’interprète du sentiment que le peintre de l’action ; tout entier à l’idée dominante, il néglige les détails de l’exécution. — Son frère, Henri Sch. (1798-1862), a cultivé divers genres, mais surtout le portrait. Parmi ses tableaux d’histoire, on remarque Jeanne d’Arc faisant son entrée dans Orléans, Jeanne d’Arc marchant au supplice, Charlotte Corday protégée par les membres de la section contre la fureur du peuple, son chef-d’œuvre.

SCHEELE (Ch. Guill.), célèbre chimiste, né à Stralsund en 1742 d’une famille pauvre, m. en 1786, parvint avec beaucoup de peine à devenir propriétaire d’une pharmacie à Kœping, et fut nommé membre de l’Académie royale de Stockholm. On lui doit la découverte de plusieurs principes chimiques (oxygène, chlore, manganèse, molybdène, hydrogène arseniqué, hydrure de soufre, acides lactique gallique, hydrocyanique, etc.), et il figure, avec Bergmann, son ami, parmi les créateurs de la chimie organique. Ses Traités et Mémoires (insérés d’abord dans le recueil de l’Académie de Stockholm) ont été publiés sous le titre de Collection des recherches de C. G. Scheele sur la physique et la chimie, Berlin, 1793. Diétrich a trad. en français son Traité de l’air et du feu, Upsal, 1777, qui passe pour son chef-d’œuvre. On doit à M. Cap une Étude biographique sur Scheele, 1863.

SCHEID (Éverard), Scheidius, savant hollandais, né en 1742 à Arnheim, m. en 1795, professeur à l’Université de Leyde, émit des idées neuves en philologie et popularisa celles de Lennep. On lui doit, entre autres écrits : Glossarium arabico-latinum manuale (en partie extrait de Golius), Leyde, 1769 ; Opuscula de ratione studii, 1786-92.

SCHEINER (Christophe), Jésuite et astronome, né en 1575 à Mundelheim (Souabe), m. en 1650, fut professeur de mathématiques à Ingolstadt, perfectionna l’hélioscope, disputa à Galilée l’honneur d’avoir vu le 1er (1610) les taches du soleil, écrivit contre ce savant et soutint l’immobilité de la terre. Il devint recteur à Neiss, en Silésie, et fut le maître de mathématiques de l’archiduc Maximilien, puis le directeur du prince Charles, son frère. Ses principaux ouvrages sont Disquisitiones mathematicæ, Ingolstadt, 1614, Oculus, sive Fundamentum opticum, 1619 ; Pantographice seu Ars delineandi, 1631.

SCHELESTADT, v. d’Alsace-Lorraine, sur l’Ill ; à 44 k. S. O. de Strasbourg, 10 184 h. Fort jolie ville. Trib., collége ; station de chemin de fer. Industrie (fabrique de potasse, savon, armes, tissus métalliques, bonneterie); grand commerce. C’est dans cette ville que fut inventé le vernis à poterie (à la fin du xiiie s.). Schelestadt occupe l’emplacement de l’anc. Elsebus, détruite par Attila. Repeuplée au xiiie s., elle devint une des dix villes impériales de l’Alsace, fut prise par les Suédois en 1632 et cédée à la France en 1648 : Louis XIV la fit fortifier par Vauban. Patrie de Martin Bucer.

SCHELHORN (J. George), bibliographe, né en 1694 à Memmingen, m. en 1773, prédicateur, bibliothécaire et correcteur de l’Académie de sa ville natale, a publié Amœnitates litterariæ, Francfort et Leipsick (Ulm), 1724-31, 14 tom. en 7 vol., petit in-8 ; Amœnitates historiæ ecclesiasticæ et litterariæ, Francf. et Leip. (Ulm), 1737, 2 vol. in-8 ; Acta historica, 1738.

SCHELLENBERG, mont. de Bavière, près de Donawert, où Marlborough défit les Bavarois en 1704.

SCHELLER (J. Gérard), savant, né en 1735 à Ihlow (Saxe), m. en 1803, fut recteur du lycée de Lübben (Basse-Lusace) et du gymnase de Brieg (Silésie). Il a laissé, entre autres ouvrages, deux dictionnaires qui furent longtemps classiques en Allemagne : le Petit dictionnaire latin-allemand et allemand-latin, Leips., 1779 ; le Grand dictionnaire latin-allemand et allemand-latin, 1783.

SCHELLING (Fréd. Guill. Joseph de), philosophe allemand, né en 1775 à Leonberg (Wurtemberg), m. en 1854, fit de fortes études de philosophie et de théologie à Tubingue, où il eut Hegel pour condisciple, puis à Iéna, où enseignait Fichte, s’attacha d’abord à ce maître et publia de 1794 à 1796 quelques écrits conçus dans l’esprit de sa doctrine (Du Moi comme principe de la philosophie; Lettres philosophiques sur le dogmatisme et le criticisme); mais ne tarda pas à se séparer de lui et commença, à partir de 1798, à faire à Iéna même des cours où il enseignait une doctrine nouvelle et qui furent écoutés avec faveur. Reconnaissant néanmoins l’insuffisance de son instruction scientifique, il quitta sa chaire pour redescendre sur les bancs, suivit assidûment des cours de sciences physiques et de médecine, et se fit recevoir docteur en médecine en 1802. Appelé en 1804 à l’Université de Wurtzbourg, il y professa quatre ans avec un grand succès les diverses branches de la philosophie. Nommé en 1808 par le roi de Bavière secrétaire de l’Académie des beaux-arts, ses nouvelles fonctions l’obligèrent à interrompre son enseignement ; mais en 1820, ayant quitté Munich par suite de collisions avec Jacobi, président de l’Académie, il se rendit à Erlangen, où il reprit le cours de ses leçons. Une université ayant été établie à Munich en 1827, il y transporta sa chaire et y obtint les plus brillants succès ; il devint bientôt après président de l’Académie des sciences, conservateur des collections scientifiques, et conseiller intime du roi de Bavière. Il consentit cependant en 1841 à quitter Munich pour se rendre à Berlin, où il occupa la chaire de philosophie qu’avait illustrée Hegel. Schelling est l’auteur d’un système qui égale la célébrité de ceux de Kant et de Fichte. L’idée fondamentale de ce système est que l’on doit cesser d’opposer, comme on l’avait fait jusque-là, le monde idéal et le monde réel, et de chercher comment l’esprit passe de l’un à l’autre, mais qu’il y a identité entre les idées et les choses, entre la pensée et l’être, le sujet et l’objet, le moi et le non moi, l’homme et la nature, que ce ne sont là que deux faces d’un seul et même être, l’Un, l’Absolu, Dieu ; c’est ce qui fait nommer ce système Philosophie de l’identité; on le nomme aussi Philosophie de la nature, parce que l’auteur s’est surtout attaché à expliquer les lois de la nature physique, en montrant leur identité avec celles de la nature intellectuelle et morale. Du sein de l’Absolu, par une évolution nécessaire appelée procès, sortent la Nature et l’Esprit, les choses et les idées, qui coexistent et se développent parallèlement, mais dans une parfaite identité ; l’électricité, par exemple, se confond avec l’irritabilité, le magnétisme avec la sensibilité. L’univers est l’expression de la pensée divine et lui est identique ; la raison humaine est virtuellement l’image de l’Intelligence absolue, ainsi que de l’univers : elle conçoit l’Absolu par une intuition intellectuelle. La philosophie a pour objet de connaître toutes choses par les idées de la raison ; l’art en est la représentation sensible. Le but de la triple activité de la nature, de la philosophie et de l’art est de donner à Dieu conscience de lui-même. Ce système prétend concilier l’idéalisme et le réalisme, la nécessité et la liberté, le matérialisme et le spiritualisme, et veut reproduire, dans ses conceptions, l’ordre même des choses, aspirant à une science telle qu’elle peut se concevoir en Dieu même. La Philosophie de la nature n’est au fond qu’un panthéisme, et il est facile d’y reconnaître les idées de Plotin, de J. Bruno ou de Spinosa ; mais c’est le panthéisme le plus savant, s’aidant de toutes les découvertes de la science moderne. Néanmoins il reste en butte à toutes les objections qui ont de tout temps été faites contre le panthéisme. En outre ce système pèche par la méthode : dédaignant la marche lente et patiente de l’observation, l’auteur procède par voie de construction, c’est-à-dire par hypothèse, au risque d’être dupe de sa propre imagination.

Les principaux ouvrages de Schelling sont : Idées sur la philosophie de la nature, 1797 ; De l’Âme du monde, 1798 ; Esquisse du système de la philosophie de la nature, 1799 ; Système de l’idéalisme transcendantal, 1800 (trad. par Grimblot, 1842); Bruno, dialogue sur le principe divin et le principe naturel des choses, 1801 (trad. par Husson, 1845} ; De la méthode des études académiques, 1803 (trad. par M. Bénard, 1847) ; Philosophie et religion, 1804 ; Du rapport des arts plastiques à la nature, 1807 ; Recherches philosophiques sur la liberté humaine, 1809. Ses Œuvres complètes, publ. à Stuttgard par ses fils, forment 12 vol. in-8, 1860 et ann. suiv. En 1834, dans un écrit intitulé Jugement sur la philosophie de M. Cousin (trad. par Wilm, 1835), Schelling annonça une philosophie nouvelle, la philosophie positive, qui devait réconcilier la spéculation idéaliste avec les grands intérêts de la religion et de la vie pratique : mais cette philosophie nouvelle, qui fit l’objet des leçons de Berlin, n’a pas vu le jour.

Schelling a eu de chauds partisans et de violents adversaires : parmi les premiers, Oken, qui fit l’application de son système aux sciences naturelles ; Baader, Kieser, Schubert, Burdach, Gœrres, Krause ; parmi les seconds, Fichte, son ancien maître, Jacobi, Bouterweck, Krug, enfin Hegel, qui avait d’abord été l’un de ses plus fermes appuis. On peut consulter sur ce philosophe l’Histoire de la philosophie allemande de Wilm, Paris, 1846-1849, Schelling et la Philosophie de la Nature, par Matter, 1842 et 1845, et surtout la Notice historique lue en 1858 par M. Mignet à l’Institut, dont Schelling était associé. Un monument lui a été élevé à Munich.

SCHEMNITZ, v. de Hongrie (Houth), sur la Schemnitz, à 110 kil. N. de Bude ; 19 000 hab. École des mines, collége de Piaristes. Fabrique de faïence, pipes, vitriol. Patrie de l’astronome Hell. Aux env., mines d’or et d’argent, les plus riches de la Hongrie (de l’Europe peut-être), et qui occupent 12 000 ouvriers. — Il ne faut pas confondre cette ville avec Chemnitz, en Saxe. V. chemnitz.

SCHENCKEL (Thomas), mnémoniste, né en 1547, à Bois-le-Duc, m. en 1630, inventa des procédés de mémoire artificielle, parcourut l’Europe, vantant son art avec emphase, obtint quelques succès dans les universités de Louvain, Douay, Wurtzbourg, Paris; mais finit par perdre ses disciples, et mourut obscur en Allemagne. On a de lui : De Memoria libri II, réimprimé sous le titre de Gazophylacium artis memoriæ, Strasbourg, 1660, et traduit par Le Cuirot sous celui de Magasin des sciences, Paris, 1623

SCHENECTADY, v. des États-Unis (New-York), sur le canal d’Érié et la Mokawk, à 20 kil. N. O. d’Albany ; 10 000 h. Beau pont. Collége dit de l’Union. La ville fut fondée par les Hollandais vers 1620.

SCHÉRÉMÉTOV (Boris Pétrovitch, comte de), un des généraux de Pierre le Grand, conseilla au czar d’éviter tout engagement général avec Charles XII (1708), eut grande part à la victoire de Pultava (1709), suivit Pierre dans la campagne du Pruth, après laquelle il fut envoyé comme otage à Constantinople, conquit Riga et la Livonie sur les Suédois et défit le rebelle Stenko sur les bords de la mer Caspienne. Il m. en 1719. On a publié en 1774 les Lettres de Pierre le Grand à Schérémétov.

SCHÉRER (Barth. L. Jos.), général français né vers 1745 à Delle, près de Béfort, m. en 1804, était fils d’un boucher. Il servit d’abord en Autriche, déserta, et, après avoir mené à Paris une vie dissipée, entra dans l’armée française, où il était major en 1789. Il se distingua comme général de division à l’armée de Sambre-et-Meuse (1794), passa l’année suivante comme général en chef à l’armée d’Italie et remporta la victoire de Loano, mais ne sut pas profiter de sa victoire. Il devint ministre de la guerre en 1797; mais sa rapacité souleva d’unanimes accusations et il se vit promptement obligé de sortir du ministère. Il retourna en Italie, où il n’éprouva que des revers, et donna sa démission (1799). Nommé cependant inspecteur des troupes en Belgique, il fut accusé de nouveau, et se vit obligé de prendre la fuite. Après le 18 brumaire, il rentra dans l’obscurité. Il avait publié en 1798 un Précis de ses opérations en Italie.

SCHEUCHZER (J. J.), médecin et naturaliste, né en 1672 à Zurich, m. en 1733, parcourut l’Allemagne, fut nommé en 1696 médecin de la ville de Zurich, puis professeur de physique et d’histoire naturelle, et forma des collections scientifiques qui ont rendu d’éminents services à l’histoire naturelle. On cite surtout son Museum diluvianum, Zurich, 1716 ; Homo diluvii testis, 1726 ; Physique sacrée, Ulm (en all.) et Amst. (en franç.), 8 v. in-f., 1732-37. — Son frère, Jean Sch. (1684-1738), est connu comme botaniste. Il servit en Hongrie, fut secrétaire du comte de Marsigli, devint ingénieur du canton de Zurich (1712), secrétaire des États du comté de Bade (1732), professeur d’histoire naturelle à Zurich (1733). On estime son Agrostographia, Zurich, 1774.

SCHEYB (Fr. Christophe de), né en Souabe en 1704, m. en 1777, fut secrétaire du comte de Harrach, vice-roi de Naples, et mourut conseiller aulique. On lui doit, entre autres publications, une superbe édition de la Table de Peutinger, Vienne, 1753, in-fol., reproduite à Leipsick, 1824, in-fol.

SCHIAVONE (André medula, dit le), c.-à-d. le Slavon, peintre, né en 1522 à Sebenico en Dalmatie, m. à Vicence en 1582, fut protégé et employé par le Titien et le Tintoret. Son dessin est incorrect, mais le mouvement, le coloris, la composition décèlent partout en lui un grand peintre. Le musée du Louvre a de cet artiste une Tête de S. Jean Baptiste, qu’on a souvent attribuée à Raphaël.

SCHIEDAM, v. du roy. de Hollande (Holl. mérid.), sur la Schie, près de son embouch. dans la Meuse, à 7 kil. O. de Rotterdam ; 15 000 hab. Petit port, bourse, hôtel de ville et autres édifices. Eau-de-vie de grains. D’épais brouillards couvrent toujours cette ville.

SCHILLER (J. Christophe Frédéric), célèbre poëte allemand, né à Marbach (Wurtemberg) en 1759, m. en 1805, était fils d’un capitaine. Élevé d’abord par un pasteur, il fut ensuite placé à l’école militaire de Ludwigsbourg, puis étudia le droit, et enfin la médecine, entra comme chirurgien dans un régiment, se livra en même temps au goût qui l’entraînait vers les lettres, et commença dès lors à écrire des poésies et des pièces de théâtre. Après avoir fait jouer sa pièce des Brigands, qui avait obtenu un grand succès (1781), il voulut quitter le service ; n’ayant pu obtenir l’agrément du duc de Wurtemberg, il s’enfuit. Après diverses aventures, il fut nommé conseiller du duc de Saxe-Weimar, et professeur d’histoire à Iéna (1789). Grandissant sans cesse en talent comme en réputation, il entra en liaison avec toutes les notabilités littéraires de l’Allemagne, et fut classé parmi les premiers écrivains de son pays. Sympathique à notre Révolution, il fut nommé par la Convention citoyen français ; néanmoins, en 1793, il adressa à cette assemblée une apologie de Louis XVI. Il vint en 1797 se fixer à Weimar où il fut comblé des bontés du duc régnant. Schiller est un des coryphées du genre romantique. Il est connu surtout par ses tragédies, qui sont au nombre de neuf : les Brigands, Fiesque, Cabale et Amour, Don Carlos (en vers), Wallenstein, Marie Stuart, Jeanne d’Arc, la Fiancée de Messine, Guillaume Tell (en vers). Les trois premières, sans manquer de beautés, sont des ouvrages défectueux et offrent tous les caractères d’une période d’indécision ; les dernières, plus vraies, plus morales, d’un genre plus élevé, sont d’un ordre tout différent ; elles ont valu à leur auteur le titre de régénérateur du théâtre allemand. On a encore de Schiller beaucoup de poésies diverses, où brillent la verve, l’imagination, l’originalité, la grâce ; des ouvrages historiques, qui le placent aussi à un des premiers rangs en ce genre : l’Histoire de la défection des Pays-Bas, l’Histoire de la guerre de Trente ans ; enfin des articles de critiques, entre autres un Traité sur la poésie naïve et sentimentale, dans les Heures (journal littéraire). Schiller était intime ami de Gœthe, auquel sans doute il dut une partie de ses idées et de ses progrès. Il rédigeait en commun avec lui l’Almanach des Muses. Les Œuvres de Schiller (en allemand) ont été publiées à Tubingue, 1812-15, 12 vol. in-8 . Sa correspondance a paru à Berlin en 1847, 4 v. in-8. Ses Œuvres avaient déjà été traduites partiellement en français par MM. X. Marmier, de Barante, de Château-Giron, Malher de Chassat, et par Mme Karlowitz, lorsque M. Ad. Régnier en a donné une trad. complète, qui efface toutes les autres, 8 vol. in-8, 1860 et suiv.

SCHILLING (Fréd. Aug.), romancier allemand, né en 1766 à Dresde, m. en 1839, servit longtemps dans l’artillerie, devint capitaine en 1807 mais donna sa démission bientôt après, et vint se fixer à Freyberg d’abord, ensuite à Dresde. Ses nombreux romans ont eu beaucoup de lecteurs ; l’auteur y montre de l’imagination ; ses tableaux sont vifs et vrais ; il réussit surtout dans le comique ; mais il ne respecte pas toujours la décence. Il a aussi donné un drame, Élise Colmar, 1783. Ses Œuvres complètes ont paru à Dresde, en 52 vol., 1828.

SCHILTER (Jean), jurisconsulte, né en 1632 à Pegau (Saxe), m. en 1705, professa tour à tour à Iéna, à Francfort-sur-le-Mein et à Strasbourg. Parmi ses ouvrages, on distingue : Institutiones juris canonici, 1681 ; de Libertate Ecclesiarum Germaniæ, 1683 ; Jurisprudentiæ legitima elementa, 1698 ; Ad jus feudale Germanicum et Longobardicum introductio, 1693 ; Codex juris feudalis Allemaniæ, 1697 ; Thesaurus antiquitatum teutonicarum, 1727.

SCHIMMELPENNINCK (Rutger Jean), homme d’État hollandais, né en 1761, m. en 1825, fut d’abord avocat, eut part aux efforts des Provinces-Unies en 1785 et 86 pour accomplir une révolution sage et modérée, se distingua en 1795 à la Convention nationale batave par sa modération comme par son éloquence, fut ambassadeur à Paris en 1798, plénipotentiaire au congrès d’Amiens en 1802, puis ambassadeur à Londres ; gouverna la Hollande pendant 15 mois (1805-1806), sous le titre de grand-pensionnaire, et signala son passage par le rétablissement du crédit ; vécut dans la retraite pendant le règne de Louis Bonaparte, qui cependant le consulta souvent, fut comblé d’honneurs par Napoléon après l’incorporation de la Hollande à l’Empire, et devint membre du sénat conservateur de France. Il fut nommé membre de la 1re chambre des États généraux lors de l’établissement du royaume des Pays-Bas.

SCHINNER ou SKINNER (Matth.), dit le Cardinal de Sion, né dans le Valais près de Sion vers 1470, d’une famille pauvre, devint curé, chanoine, puis évêque de Sion (1600), se fit l’agent zélé du pape Jules II, et détacha les Suisses de l’alliance française (1510), reçut, avec le chapeau de cardinal, le titre de légat apostolique et le commandement général de l’Italie pour le pape, fut l’âme de toutes les intrigues qui eurent lieu en Suisse contre la France, marcha à la tête des Suisses qui vinrent combattre François I en Italie (1515), et après la bataille de Marignan, leva encore un corps de 6 000 hommes qui firent du mal aux Français. Ses biens dans le Valais furent confisqués par le parti favorable à la France. Il s’en vengea en décidant Charles-Quint à mettre au ban de l’Empire George Supersax, son principal adversaire dans le Valais, et en faisant mettre tout ce pays en interdit par Léon X. Il mourut en 1522.

SCHIRACH (Adam Théophile), agronome du xviiie s., m. en 1773, était pasteur en Lusace; il fonda dans ce pays une des premières sociétés d’agriculture, et fit de curieuses découvertes sur les abeilles et les moyens de les multiplier. On a de lui : Traité des abeilles, Leipsick, 1768 ; Culture des Abeilles des bois, 1774 ; Hist. naturelle de la reine des Abeilles, trad. en franç., 1187. — Un autre Théophile Schirach, natif aussi de Lusace (1743-l804), fut professeur de philosophie à Helmstædt, et fonda en 1780 à Altona un Journal politique qui subsiste encore. On lui doit : Clavis poetarum classicorum, Halle, 1768 ; Biographie des Allemands, 1770 ; Histoire de Charles VI, 1776 ; une trad. des Vies de Plutarque, etc.

SCHIRMECK, ch.-l. de c. (Vosges), sur la Bruche, à 40 kil. N. E. de Saint-Diey, 1415 hab. Filatures de coton. École fondée par Ferdinand duc d’Orléans.

SCHISME, nom donné en général à toute séparation religieuse d’hommes précédemment unis dans une même foi. Les schismes les plus fameux sont : 1o celui qui se forma chez les Juifs en 962 av. J.-C., sous Roboam fils de Salomon, et d’où naquirent les deux royaumes d’Israël et de Juda (V. ces noms) ; — 2o celui qui sépara l’Église grecque de la communion avec l’Église romaine, et qui, provoqué par Photius (862), fut consommé par le patriarche Cerularius en 1053 : on le connaît sous le nom de schisme d’Orient; — 3o celui qui eut lieu après la double élection d’Urbain VI et de Clément VII en 1378 (il dura 39 ans et fut terminé en 1417 par l’élection de Martin V ; quelques-uns l’étendent jusqu’à l’abdication de Félix V en 1449 et lui donnent 71 ans) : on le nomme le grand schisme d’Occident ; — 4o le schisme d’Angleterre, qui sépara les Anglais de la communion romaine sous Henri VIII en 1534, et constitua l’Église anglicane ; — 5o celui qui partagea les Musulmans en Sunnites et Chyites (V. ces noms). Ce dernier schisme, qui commença dès la mort de Mahomet (632), subsiste encore.

SCHLEGEL (J. Élie), poëte allemand, né en 1718 à Meissen (Saxe), m. en 1749, se fit connaître de bonne heure par des imitations en vers des classiques latins et grecs, surtout de Sophocle et d’Euripide, et par quelques pièces de théâtre, suivit l’ambassadeur Spener en Danemark comme secrétaire d’ambassade, devint professeur à l’université de Soroë, et mourut à 31 ans, épuisé par le travail. Ses tragédies, célèbres jadis, ne se lisent plus ; la meilleure est Hermann. On lui doit de plus un poëme sur Henri le Lion, duc de Saxe et de Bavière. Ses Œuvres ont été recueillies (Copenhague et Leipsick, 1766— 70, 5 v. in-8), par son frère J. H. Schlegel (1724-80), professeur d’histoire à Copenhague, auteur d’une Histoire des rois de Danemark de la maison d’Oldenbourg, 1771-76. — Un autre frère, Jean Adolphe (1721-93), pasteur à Hanovre, a composé des Cantiques sacrés, Leips., 1766. Ce dernier fut père des deux célèbres écrivains qui suivent.

schlegel (Auguste), critique et poëte, fils de J. Adolphe, né en 1767 à Hanovre, m. à Bonn en 1845, étudia à Gœttingue sous la direction de Heyne, se fit connaître par une traduction de Shakspeare, traduisit aussi avec succès plusieurs pièces de Calderon, fonda avec Frédéric l’Athenæum, journal littéraire, qui eut une grande vogue ; fit à Berlin (1801), puis à Vienne (1808), des cours de littérature où il s’occupait surtout du théâtre ancien, et qui le placèrent au premier rang des critiques, mais excita en France quelque scandale par sa Comparaison de la Phèdre de Racine et de celle d’Euripide, où il sacrifiait Racine ; exhuma le poëme national des Niebelungen, fut nommé en 1818 professeur de littérature à Bonn, donna la même année un Essai sur la littérature provençale s’occupa surtout dans ses dernières années de littérature indienne, et traduisit en latin deux grandes épopées indiennes, le Ramayana 1823, et l’Hitopadesa, 1832. Auguste était étroitement lié avec Mme de Staël, dont il éleva les enfants, et fut l’ami de Gœthe et de Schiller. Son Cours de littérature dramatique, remarquable par l’indépendance de la critique, a été traduit en français par Mme Necker de Saussure, Paris, 1809 et 1814.

schlegel (Frédéric), frère du préc., né en 1772, m. en 1829, publia en 1797 un roman d’un genre original, Lucinde ou la Maudite, passa ensuite quelques années à Paris pour y faire des recherches, donna à son retour en Allemagne un Traité sur la langue et la sagesse des Indiens; fit imprimer en 1811 un Cours de littérature, devenu célèbre (on y trouve pour la première fois peut-être une théorie du genre romantique), et professa à Vienne en 1827 et 1828 des cours sur la Philosophie de la vie et sur la Philosophie de l’histoire, où dominait l’idée catholique (né dans le protestantisme, il s’était converti au catholicisme en 1805). Pendant l’invasion des Français en Allemagne, il composa des poésies patriotiques qui lui méritèrent le surnom de Tyrtée de l’Allemagne. Il passa une grande partie de sa vie à Vienne, fut nommé par Metternich secrétaire aulique, rédigea des proclamations et des pamphlets contre la France, et se montra grand partisan des doctrines absolutistes et théocratiques, surtout dans son dernier ouvrage la Philosophie de l’histoire (traduit par l’abbé Lechat). Duckett a traduit de l’allemand son Hist. de la littérature ancienne et moderne, Paris, 1829. Les deux frères Schlegel ont été longtemps regardés dans leur pays comme les arbitres du goût ; il est à regretter que leurs écrits soient entachés d’une partialité systématique contre la France.

SCHLEIDEN, bg des États prussiens (Prov. Rhénane), à 4 kil. S. de Gemünd ; 1500 h. Patrie de l’historien Sleidanus.

SCHLEIERMACHER (Frédéric), philologue et théologien, né à Breslau en 1768, m. à Berlin en 1834, étudia la théologie à Halle et à Berlin, traduisit de l’anglais les sermons de Blair et de Fawcett (1798), et se distingua lui-même comme prédicateur. Lié avec les frères Schlegel, il prit part à la rédaction de l’Athenæum qu’ils publiaient, et conçut avec Frédéric le projet d’une traduction de Platon ; mais il exécuta seul ce grand travail, et en fit paraître 6 volumes (Berlin, 1804-1828) : c’est le plus bel ouvrage que l’Allemagne possède en ce genre ; il est fort à regretter que l’auteur n’ait pu l’achever. Il fut en 1802 appelé à Halle comme professeur extraordinaire de théologie et de philosophie, et prédicateur de l’université ; il revint en 1807 à Berlin, y fut nommé en 1809 pasteur de l’église de la Trinité, devint l’année suivante professeur ordinaire, et fut reçu en 1811 à l’Académie de Berlin. Outre sa traduction de Platon, Schleiermacher a publié des Sermons, et plusieurs écrits sur des questions d’histoire, de philosophie et de théologie.

SCHLEIZ, v. murée d’Allemagne, ch.-l. de la principauté de Reuss-Schleiz, dans le Voigtland, à 6 kil. N. E. de Saalburg ; 6000 hab. Beau château, résidence du prince, lycée, bibliothèque. Patrie de J. Fréd. Boettcher. — V. reuss-schleiz.

SCHLESWIG. V. slesvig.

SCHLEUSINGEN, v. des États prussiens (Saxe), ch.-l. du cercle d’Henneberg, à 58 k. S. O. d’Erfurt ; 3500 h. Gymnase. Forges, fabriques d’armes et de poudre.

SCHLICHTEGROLL (Ad. Fréd. de), biographe, né à Gotha en 1764, m. en 1822, fut bibliothécaire du duc Ernest de Saxe-Gotha, conservateur du cabinet des médailles, et président de l’Académie de Munich. Entre autres ouvrages, il a donné le Nécrologe des Allemands, 34 vol. in-8, 1790-1806, recueil indispensable à tous ceux qui s’occupent de biographie.

SCHLOEZER (Aug. L. de), historien, né en 1735 à Iaxtstadt (Hohenlohe), d’un pasteur protestant, m. en 1809, fit sa théologie à Wittemberg, passa trois ans en Suède comme instituteur, se plaça auprès de Fréd. Müller en Russie pour l’aider dans ses travaux historiques, apprit en peu de temps le russe, le polonais, le slavon, acquit d’immenses connaissances historiques, fut adjoint à l’Académie de St-Pétersbourg (1762) et reçut de Catherine II, avec une chaire de professeur, la mission d’écrire l’histoire de la Russie ; mais il excita l’envie et éprouva des dégoûts qui le déterminèrent à s’éloigner. Il se retira à Gœttingue, où il devint professeur de philosophie et de politique (1767). Schlœzer a créé l’histoire vraie de la Russie, tant en découvrant des sources inconnues avant lui, qu’en bannissant à jamais par une critique sévère les fables admises jusque-là. Ses principaux écrits sont : Tableau de l’Histoire de Russie, 1768 ; Histoire de la Lithuanie jusqu’en 1569 (dans l’Hist. universelle anglaise), 1776 ; Recherches sur les lois fondamentales de la Russie, 1777. On lui doit des éditions de Nicon, de Nestor et des Lois d’Iaroslav I.

SCHLOSSER (Frédéric Christophe), historien, né en 1776 à Jever (Oldenbourg), m. en 1861, fut quelque temps pasteur protestant, puis se voua à l’enseignement et obtint en 1817 à l’Université de Heidelberg une chaire d’histoire, qu’il occupa presque jusqu’à sa mort. Ses ouvrages les plus importants sont : Histoire universelle (1817-41, inachevée), Histoire du XVIIIe siècle (1823); Histoire universelle de l’Antiquité (1826-34), ouvrage qui présente la marche de la civilisation, non-seulement chez les nations connues des Grecs et des Romains, mais aussi dans l’Inde et la Chine. Les deux derniers ouvrages ont été traduits par Golbéry. Schlosser se distingue par une érudition profonde et un jugement sûr.

SCHLUSSELBOURG, v. et forteresse de Russie (gouvt de St-Pétersbourg), ch.-l. de cercle, sur le lac Ladoga et la Neva, à 32 kil. E. de St-Pétersbourg. Prison d’État, où fut détenu le czar Ivan VI.

SCHMALKALDEN. V. smalkalde.

SCHMID (Christophe), dit le Chanoine Schmid, né en 1768 à Dinkelsbühl (Bavière), m. en 1854, suivit d’abord la carrière de l’enseignement, reçut les ordres en 1791, fut curé à Stadion, et obtint en 1827 un canonicat à Augsbourg. Son nom est populaire en Allemagne et en France, grâce à un charmant recueil de Contes composés pour l’enfance. On y remarque surtout les Œufs de Pâques et Comment le jeune Henri apprit à connaître Dieu. Le style de ces contes, parfaitement adaptés à l’âge des jeunes lecteurs, est plein de naturel et de grâce. Il en a été publié plusieurs traductions françaises ; la seule avouée de l’auteur est celle de l’abbé Macker, Strasbourg, 1832 et suiv., 22 vol. in-18. On a encore de Schmid une Histoire de la Bible pour les enfants, trad. en 1828, et des Souvenirs. Un monument lui a été érigé dans sa ville natale.

 

SCHMIDT (Benoît), publiciste, né en 1726 à Vorchheim (Bamberg), m. en 1778, était catholique. Il fut successivement professeur de droit à l’Université de Bamberg, conseiller aulique du prince-évêque de Bamberg, professeur de droit public et féodal à Ingolstadt (1761), et laissa, entre autres ouvrages : Principia juris germanici antiquissimi, antiqui, medii atque hodierni, Nuremberg, 1756.

schmidt (Michel Ignace), historien, né en 1736 à Arnstein dans l’évêché de Wurtzbourg, m. en 1794, remplit diverses fonctions publiques dans sa patrie, et mourut à Vienne, conseiller aulique, après avoir donné des leçons d’histoire à l’archiduc François (depuis empereur). On a de lui une Histoire des Allemands (1778-1793), qui jouit d’une grande autorité ; mais il n’a pu en donner que les 11 premiers volumes, qui vont jusqu’en 1626 ; 11 autres volumes, rédigés sur ses matériaux par Milbiller, conduisent cette histoire jusqu’en 1806. Thibault de Laveaux en a trad. en français une partie, 9 v. in-8, 1784, etc.

schmidt (Christophe), dit Phiseldeck, historien, né en 1740 à Nordheim (Gœttingue), m. en 1801, enseigna l’histoire et le droit public à Brunswick, fut mis à la tête des archives de Wolfenbuttel, passa plusieurs années en Russie, et laissa de bons ouvrages sur l’histoire de ce pays : Hist. de Russie, Riga, 1773 ; Matériaux pour l’histoire de Russie depuis Pierre I, 1777. — Son fils, Conrad-Fréd. Schmidt-Phiseldeck, 1770-1832, professeur de théologie à Copenhague (1794), a laissé des écrits sur la théologie, la philosophie et l’histoire, notamment une Exposition de la philosophie critique (de Kant), en latin, 1796.

SCHMOELNITZ, v. de Hongrie (Zips), à 28 k. S. O. d’Einsiedel ; 6000 h. Usines à cuivre, hôtel des monnaies. Aux env., riches mines de cuivre, argent, fer.

SCHNEEBERG, c.-à-d. Mont de neige, nom de plusieurs montagnes d’Allemagne, dont la plus haute est en Autriche, dans le Wienerwald, par 47° 46’ lat. N., 13° 27’ long. E. : elle a 2164m de hauteur.

schneeeberg, v. du roy. de Saxe (Erzgebirge), sur une haute montagne, à 17 k. S. S. E. de Zwickau et à 40 k. S. O. de Chemnitz ; 7400 h. Direction des mines, écoles d’arts et métiers ; usines pour l’exploitation des mines d’argent, fer, plomb, cobalt, bismuth et de la terre à porcelaine, qu’on trouve aux environs.

SCHNEEKOPP (Mont), c.-à-d. Tête de Neige, mont. de la chaîne des Sudètes, sur la limite de la Silésie et de la Bohême ; 1686m ; c’est le point culminant de l’Allemagne au N. du Danube.

SCHNEIDER (Conrad Victor), médecin, né vers 1610 à Bitterfeld en Misnie, m. en 1680, était professeur à Wittemberg et médecin de l’électeur de Saxe. Il fit connaître la vraie texture de la membrane pituitaire, qui a gardé son nom, et laissa sur l’anatomie beaucoup d’écrits dignes d’être lus.

schneider (Euloge ou J. George), démagogue, né en 1756 à Wipfeld dans l’évêché de Würtzbourg, était prêtre catholique. Il venait d’être nommé prédicateur de la cour de Stuttgard lorsque la Révolution commença. Il se rendit en France, fut nommé vicaire général de l’évêque constitutionnel de Strasbourg, devint ensuite maire de Haguenau, accusateur public près le tribunal criminel, et fut en Alsace l’agent le plus actif des fureurs démagogiques : il allait de ville en ville, traînant à sa suite des juges, le bourreau et la guillotine. St-Just et Lebas, révoltés eux-mêmes de ses excès, le firent condamner à mort (1794). Assez bon helléniste, Schneider avait traduit en allemand les Homélies de S. Jean Chrysostome sur S. Matthieu et S. Jean, Augsbourg, 1786 et 87.

schneider (J. Gottlob), philologue et naturaliste (1750-1822), né près de Hubertsbourg, en Saxe, vécut plusieurs années à Gœttingue dans la détresse, aida Brunck à Strasbourg dans ses travaux (1777-80), put en même temps étudier à fond l’histoire naturelle, occupa 34 ans la chaire de philologie, tant à Francfort-sur-l’Oder qu’à Breslau, et finit par être nommé premier bibliothécaire de cette dernière ville. On a de lui un excellent Dictionnaire grec-allemand, une admirable édition de l’Histoire des animaux d’Aristote, Leipsick, 1811, 4 v. in-8, ainsi que des éditions estimées des Œuvres de Théophraste, 1818-21, des Scriptores rei rusticæ veteres latini, 1794 ; d’Élien, de Vitruve, etc. On lui doit aussi de nombreux ouvrages d’histoire naturelle : il s’est surtout proposé d’expliquer les passages des anciens qui avaient rapport à cette science.

schneider (Ch. Ern. Christophe), philologue, né en 1786 à Wiche (Saxe prussienne), m. en 1856, professeur de littérature à Leipsick, puis à Breslau, a donné des éditions estimées de la République de Platon (Leips., 1830-33), de César (Halle, 1840-45), du Commentaire du Timée par Proclus (1851), et a publié des Leçons de grammaire grecque, 1837.

SCHNEIDEWIN (Fr. G.), philologue, né en 1810, m. en 1856, était professeur à Gœttingue et membre de l’Académie de cette ville. Parmi ses nombreuses publications, on remarque : Delectus poesis Græcorum elegiacæ et iambicæ, Gœtt., 1839 ; Corpus parœmiographorum græcorum; Simonidis relliquiæ; Pindari carmina, ainsi que des éditions d’Ovide, de Martial, de discours choisis de Cicéron, etc.

SCHNEPFENTHAL, vge du duché de Saxe-Cobourg-Gotha, à 8 kil. de Gotha. Salzmann y établit en 1784 une célèbre maison d’éducation.

SCHOEFFER (Pierre), en latin Petrus Opilio, un des inventeurs de l’imprimerie, né à Gernsheim (Darmstadt), était copiste à Paris en 1449. Initié par Fust à l’invention de Gutenberg, il devint son associé, puis son gendre, et, à la mort de Fust, son beau-père (1466), resta seul maitre de l’imprimerie. Il mourut en 1502. Schœffer semble avoir, pour sa part, imaginé les poinçons, qu’il substitua aux matrices fondues qu’on employait d’abord.

SCHOELL (Maximil. Fréd.), historien français, né en 1766 près de Sarrebrück, m. en 1833, fut élève de Koch, entra comme précepteur dans une famille russe, visita avec ses élèves l’Italie, la Suisse, St-Pétersbourg, Berlin, dirigea à Bâle, puis à Paris (1802), une maison de librairie qui prospéra peu, entra en 1814 au cabinet diplomatique du roi de Prusse, et remplit diverses missions avec les titres de conseiller de légation et de conseiller de régence. Ses principaux ouvrages sont : Cours d’histoire moderne des États européens, Paris, 1830-1834, 46 vol. in-8, ouvrage capital et plein de faits mais inégal ; Histoire abrégée des traités de paix (depuis celui de Westphalie), 15 vol. in-8, 1816-18 (reproduit en partie dans les 22 derniers vol. de son Cours d’histoire); Hist. abrégée de la littérature romaine, 4 vol. in-8, 1815 ; Hist. abrégée de la littérature grecque, 1813, 2 vol. in-8, et 1823-25, 8 vol. in-8 . Congrès de Vienne, 1816 ; Éléments de chronologie, 1812.

SCHOEN (Martin), c.-à-d. le Beau Martin, orfévre, peintre et graveur au burin, né en 1420 à Culmbach, m. en 1486, résidait à Colmar. Il est, suivant les Allemands, l’inventeur de la gravure en taille-douce, attribuée vulgairement à Finiguerra. Son Œuvre consiste en 150 pièces originales d’une grande rareté. Comme peintre, il imita Van Eyck.

SCHOENAU, vge d’Autriche, à 6 kil. S. E. de Krumbach. Beau château, qui appartint au prince de Montfort (Jérôme Bonaparte).

SCHOENBOURG (Maison de), famille noble d’Allemagne, répandue en Saxe, en Hesse et en Bavière, est issue d’Alban, comte de Zwickau (936). Ernest, mort en 1534, donna naissance à deux lignes chacune subdivisée en 2 branches : 1o Schœnbourg-Stein-Waldenbourg et Schœnbourg-Stein-Hartenstein ; 2o Schœnbourg-Penigk et Schœnbourg-Rochsburg. La ligne aînée possédait 4 seigneuries : Waldenbourg, Hartenstein, Lichtenstein, Stein (304 kil. carrés ; 45 000 hab.); la ligne puînée, 5 : Penigk, Glauchau, Remissau, Rochsburg et Wechselburg (315 k. carr.). Le chef de la branche de Waldenbourg a le titre de prince depuis 1790.

SCHOENBRUNN, c.-à-d. Belle source, bg d’Autriche, à 5 kil. S. O. de Vienne ; 500 hab. Château impérial, avec magnifique jardin botanique : ce château, commencé par Joseph I, fut achevé par Marie-Thérèse. Napoléon y établit son quartier général en 1805 et 1809 et y signala paix avec l’Autriche le 14 oct. 1809. C’est là que mourut le duc de Reichstadt.

SCHOEPFLIN (J. Dan.), publiciste et historien, né en 1694, à Sulzbourg (Bade), m. en 1771, fut nommé en 1720 professeur d’éloquence et d’histoire à Strasbourg, emploi qu’il remplit 51 ans, devint en outre conseiller et historiographe de France et membre correspondant de l’Académie des inscriptions. Il est un de ceux qui fondèrent la science de l’histoire politique. On lui doit, entre autres ouvrages : Alsatia illustrata, Colmar, 175-62, 2 vol. in-f. ; Historia Zæringo-Badensis, 1763-66 ; Alsatia ævi merovingici, carolingici, saxonici, salici et suevii diplomatica, 1772 ; Vindiciæ typographicæ, 1760.

SCHOLARIUS (George). V . gennade.

SCHOLASTIQUE (la). On nomme ainsi la philosophie qui fut enseignée dans les Écoles du moyen âge (du ixe au xvie s.) ; elle a pour caractère essentiel l’union intime de la philosophie, surtout de la dialectique, avec la théologie. On peut y distinguer trois époques : 1o l’enfance (du ixe s. à la fin du xiie), dans laquelle la philosophie est entièrement subordonnée à la théologie (ancilla theologiæ) : la science se constitue par les travaux d’Alcuin, J. Scot Erigène, Lanfranc, S. Anselme de Cantorbéry, Abélard, Pierre Lombard, Jean de Salisbury ; le réalisme platonique domine à cette époque ; on y voit pourtant naître le nominalisme, enseigné par Roscelin (1089), mais il est bientôt étouffé ; 2o l’âge mûr (aux xiiie et xive s.): la philosophie, incorporée à la théologie, devient presque son égale ; la science, étendue et complétée par la connaissance des ouvrages d’Aristote et les leçons des Arabes, reprend une existence à elle ; elle reçoit des formes arrêtées par les travaux des plus célèbres docteurs : Alexandre de Hales, Albert le Grand, S. Thomas d’Aquin, Duns Scot remplissent cette période ; l’école se partage entre les Scotistes et les Thomistes ; l’art de l’argumentation est poussé au plus haut degré ; 3o la vieillesse ou la décadence (aux xive et xve s.) : la philosophie se sépare peu à peu de la théologie ; le nominalisme renaît, professé hardiment par Occam, Buridan, P. d’Ailly, et faiblement combattu par W. Burleigh, Thomas de Bradwardine, etc. ; on sent de plus en plus le vide de la philosophie régnante ; enfin (aux xvie et xviie s.) la Scholastique disparaît devant la connaissance plus approfondie des systèmes antiques et les enseignements de Bacon et de Descartes. L’Université de Paris fut, surtout dans les deux premiers âges, le principal siége de la Scholastique. V. la Philosophie scholastique par B. Hauréau.

SCHOLASTIQUE (Ste), vierge, sœur de S. Benoît, vivait auprès du mont Cassin, où demeurait son frère, et fonda l’ordre des Bénédictines. Elle mourut vers 543. On la fête le 10 février.

SCHOMBERG (Henri, comte de), maréchal de France, comte de Nanteuil, né à Paris en 1583 d’une famille originaire de Misnie, servit d’abord l’empereur Rodolphe II, fut ensuite ambassadeur de France tant en Angleterre qu’en Allemagne, devint en 1619 surintendant des finances, puis chef du ministère (1621), fut éloigné en 1624 par l’influence de Richelieu, mais rentra bientôt en grâce et obtint en 1625 le bâton de maréchal. Il chassa les Anglais de l’île de Ré, se signala en Piémont, et vainquit les rebelles du Languedoc à Castelnaudary, où fut pris Montmorency (1632). Il mourut la même année, gouverneur du Languedoc. Il a laissé une Relation de la guerre d’Italie, 1620. Sa fille, Jeanne de Schomberg, épousa un duc de Liancourt. — Son fils, Charles, duc de Sch., connu d’abord sous le nom de duc d’Halluyn, né en 1601, m. en 1656, lui succéda dans le gouvernement du Languedoc, vainquit les Espagnols à


Leucate (1636), devint peu après maréchal de France, et prit Perpignan en 1642. Il perdit sa faveur à la mort de Louis XIII, fut privé du gouvt. du Languedoc, et ne reçut en échange que celui de Metz. Il commanda avec assez de succès l’armée de Catalogne et prit Tortose en 1648 ; néanmoins il ne fut jamais en faveur auprès d’Anne d’Autriche et de Mazarin. Il avait épousé en secondes noces (1646) Mlle de Hautefort, que Louis XIII avait aimée, mais sans qu’elle eût souffert en rien dans sa réputation.

schomberg (Armand Fréd. de), maréchal de France, d’une autre famille que les précédents, né en 1619 dans le pays de Clèves, perdit son père quelques mois après sa naissance, fut privé de sa fortune tant par l’influence de ses tuteurs que par des confiscations, servit sous Rantzau, sous le prince Henri Frédéric d’Orange ; puis passa en France (1650), y devint lieutenant général, se signala par des faits d’armes éclatants, eut grande part à la victoire des Dunes (1658), prit Bergues, gagna la bataille de Villaviciosa (1665), qui affermit l’indépendance du Portugal, fut chargé du commandement de l’armée de Catalogne, prit Figueira et d’autres forteresses aux Espagnols, reçut le bâton de maréchal en 1675, et rendit les plus grands services à l’armée des Pays-Bas. Professant le culte protestant, il se vit forcé de quitter la France lors de la révocation de l’édit de Nantes : après avoir cherché fortune en Portugal, puis dans le Brandebourg, il s’attacha à Guillaume de Nassau, suivit ce prince lors de son expédition en Angleterre (1688), et périt à la bataille de la Boyne (1690), en combattant contre Jacques II.

SCHONÆUS (Cornelius), poëte latin du xvie s., né à Gouda, m. en 1611, avait été 25 ans recteur de l’école latine de Harlem. Il est auteur de comédies latines tirées de l’Écriture sainte, dans lesquelles il a imité avec assez de bonheur le style de Térence et qui furent publiées sous le titre de Terentius Christianus, Anvers, 1570, et Amsterdam, 1629.

SCHOTT (André), savant Jésuite, né à Anvers en 1552, vint de bonne heure en Espagne, fut professeur de langue grecque et de rhétorique à Tolède, puis à Saragosse, et enfin à Rome, où il mourut en 1629. Il a laissé, entre autres ouvrages : Hispania illustrata, 1603-8, 4 v. in-f. ; Hispaniæ bibliotheca, 1608 in-4 ; Adagia Græcorum, 1612 ; Tabulæ rei nummariæ Romanorum Græcorumque, 1616. On lui doit de nombreuses éditions d’auteurs anciens, ainsi que des Notes sur Cicéron, Sénèque, Cornélius Népos, etc.

schott (Gaspar), physicien, de l’ordre des Jésuites, né en 1608 à Kœnigshofen (Wurtzbourg), m. en 1660, enseigna la théologie et les mathématiques à Palerme, puis vint étudier à Rome sous le P. Kircher, avec lequel il se lia étroitement, et se fixa vers 1658 à Wurtzbourg, où il se livra à l’enseignement des sciences physiques. On a de lui : Magia universalis naturæ et artis, 4 vol. in-4, 1657-59 ; Physica curiosa, 1662 ; Technica curiosa, 1664, etc.

SCHOUTEN (Guill. cornelissen), navigateur hollandais, de Horn, commanda la Concorde dans l’expédition de Lemaire au S. de. l’Amérique (1615), eut la principale part à la découverte du détroit dit de Lemaire, et exécuta depuis plusieurs grands voyages. Il m. en 1625 dans la baie d’Antongil à Madagascar, en revenant en Europe. On a donné son nom à un groupe d’îles qu’il découvrit en 1616 au N. E. de la Nouv.-Guinée. Son voyage au S. de l’Amérique a été publié à Amsterdam en 1617 par Aris Classen, et trad. en français dès 1618. — Gauthier Sch., de Harlem, voyagea comme chirurgien sur un vaisseau de la Compagnie des Indes, revint à Amsterdam en 1665, au bout de sept années, pendant lesquelles il avait visité Java, les Célèbes, le roy. d’Aracan, et publia un Voyage aux Indes-Orientales, Amst., 1676, trad. en 1708.

SCHOUVALOV, noble famille russe, qu’on croit originaire de Suisse, contribua à placer sur le trône l’imp. Élisabeth, sous laquelle elle jouit d’un grand crédit. — Pierre Ivan, favori d’Élisabeth, fut fait comte en 1746, puis feld-maréchal ; il inventa dans la guerre de Sept ans un nouveau genre de canons et d’obus qui reçut son nom. M . en 1762. — Ivan, fils de Pierre (1727-98), fut chambellan d’Élisabeth, qui le chargea de diriger les progrès des arts dans ses États, et mérita d’être surnommé le Mécène de la Russie. Il voyagea par toute l’Europe, resta longtemps à Paris, visita Voltaire à Ferney, lui remit de riches présents de la part de Catherine II et lui fournit des matériaux pour son Hist. de Russie sous Pierre le Grand. Il pensionna La Harpe en le chargeant de le tenir au courant de toutes les nouvelles littéraires de France (ce qui donna naissance à la célèbre Correspondance littéraire de ce critique). Il tournait fort bien le vers français, et publia, entre autres pièces, une Épître à Ninon et une Épître à Voltaire.

SCHOUWEN (île), en Hollande (Zélande), au N. de l’île Nord-Beveland, n’est séparée du Duyveland que par un étroit canal : 24 k. sur 8 ; ch.-l., Ziericzée.

SCHRECKHORN, l’un des sommets des Alpes Bernoises, en Suisse (Berne), à 60 kil. S.E. de Berne, près de la source de l’Aar ; il a 4097m de hauteur.

SCHREVELIUS (Cornélius), philologue de Harlem, né vers 1615, m. en 1667, dirigea longtemps le collége de Leyde. Il a composé, entre autres ouvrages, le célèbre Lexicon manuale græco-latinum, qui, bien que médiocre, a été longtemps classique (réimprimé par Fl. Lécluse, Paris, 1820, traduit en franç. par Quénon, 1809), et a donné à la collection dite Variorum : Juvénal, Hésiode, Térence, Virgile, Horace, etc.

SCHROECKH (J. Mathias), professeur d’éloquence, puis d’histoire à Wittemberg, né à Vienne en 1733, m. en 1808, a laissé, parmi divers travaux remarquables : Histoire de l’Église chrétienne (jusqu’à la Réforme), Leips. 1768-1803, 35 vol.; Hist. de l’Église chrétienne (depuis la Réforme), 1804-19, 10 v.; Hist. universelle, 6 vol., 1779-84 (trad. en français, 1784-90). Ce dernier ouvrage est fort estimé.

SCHROEDER (Jean Joachim), orientaliste, né en 1680 à Neukirchen (Hesse-Cassel) m. en 1756, enseigna les langues orientales et l’histoire ecclésiastique à Marbourg, parvint avec des peines infinies à obtenir une connaissance approfondie de l’arménien, et publia la meilleure grammaire qu’on ait de cette langue : Thesaurus linguæ armenicæ.

schrœder (Fréd. Louis), acteur et auteur dramatique, né à Schwerin en 1744, m. en 1816, était le premier tragédien de l’Allemagne. Il prit en 1771 la direction du théâtre de Hambourg, pour lequel il écrivit plusieurs pièces et traduisit une partie de Shakespeare. Ses œuvres dramatiques ont été publiées, avec une préface de Tieck, à Berlin, 1831, 4 vol. in-8o. — Sa fille, Mme Schrœder-Devrient, née à Hambourg en 1805, m. en 1860, excella comme cantatrice.

SCHUBART (Chrétien Fréd. Daniel), écrivain et compositeur, né en 1739 dans le comté de Lunebourg, m. en 1791, mena longtemps une vie errante et désordonnée, fut nommé en 1768 directeur de musique à Ludwigsbourg, entreprit en 1774 à Augsbourg la Chronique allemande, journal populaire qui traitait de tout (politique, littérature, beaux-arts), et qui était rédigé avec une verve, une gaieté et une indépendance rares en Allemagne ; fut jeté dans une forteresse en 1777 pour avoir annoncé faussement la mort de Marie-Thérèse, et ne sortit de prison qu’au bout de 10 ans, à la demande de Frédéric le Grand. On a de lui des Chants de la prison, et diverses autres poésies, parmi lesquelles on remarque l’Hymne à Frédéric le Grand et le Juif errant; une Histoire de sa vie qu’acheva et publia son fils, Louis Schubart, conseiller de légation prussien, et des Idées sur l’esthétique de la musique, publiées par le même, 1806.

SCHUBERT (Franz), compositeur de musique, né à Vienne en 1797, m. en 1828, est surtout connu par des lieder ou mélodies du genre mélancolique, parmi lesquelles on cite les Astres, l’Ave Maria, la Sérénade, le Roi des Aulnes, la Religieuse, le Départ, l’Attente, l’Adieu. Il s’est aussi essayé, mais avec moins de succès, dans la symphonie, et a laissé quelques quatuors. Sa manière se rapproche de celle de Beethoven.

SCHULEMBERG (J. montdejeux de), maréchal de France, se trouva à la bataille de Prague (1620), défendit les places de Coblentz (1632), Arras (1654), fut fait maréchal en 1658 et mourut en 1671.

SCHULEMBOURG (J. Mathieu, comte de), général allemand, né en 1661 près de Magdebourg, m. en 1747, servit d’abord le Danemark, puis la Pologne, et fit les campagnes de Sobieski, sauva les débris de l’armée saxonne battue en 1700 par Charles XII, opéra devant le roi de Suède une belle retraite derrière l’Oder (1704); entra en 1708 au service de la Hollande et prit part à la guerre contre Louis XIV (1708), s’empara de Tournay et fut un des vainqueurs de Malplaquet ; alla en 1715 commander l’armée vénitienne contre les Turcs (1715), soutint un siége dans Corfou, poursuivit les assiégeants jusqu’en Albanie, où il mit le siège devant Scutari, et ne fut arrêté dans ses succès que par la paix de Passarovitz (1718).

SCHULPFORTA. V. naumbourg.

SCHULTENS (Albert), orientaliste, né en 1686 à Grœningue, m. en 1750, fut pasteur de Wassenaar, puis professeur de langues orientales à Franeker et ensuite à Leyde. On remarque parmi ses nombreux ouvrages : Origines hebrææ, Franeker, 1724-38, 2 vol. in-4 ; Institutiones ad fundamenta linguæ hebraicæ, Leyde, 1737 ; Monumenta vestustiora Arabiæ..., 1740 ; Proverbia Salomonis, cum versione integra et commentario, 1748.

SCHULZE (J. H.), médecin né à Colbitz (Magdebourg) en 1687, m. en 1744, fut successivement instituteur au pædagogium de Halle, professeur d’anatomie à l’université d’Altdorf, professeur d’éloquence et d’antiquités à l’université de Halle. Il savait également la médecine, les antiquités, la philologie et les langues arabe, syriaque, chaldéenne, éthiopienne, samaritaine. Son principal ouvrage est l’Historia medicinæ a rerum initio ad annum Romæ 535 deducta, Leips., 1728, in-8.

schulze (Benj.), orientaliste, né à Sonnenburg (Brandebourg), fut envoyé en 1719 à Tranquebar, résida dans l’Inde jusqu’en 1743, et mourut en 1760. Il possédait la connaissance des langues hindoustane, malabare, telinga etc. Il a laissé, entre autres ouvrages : le Maître de langues occidentales et orientales (en allem.), contenant 100 alphabets, des tables polyglottes, les noms de nombre et l’oraison dominicale en 200 langues ou dialectes, Leips., 1738.

schulze (Gottlob Ernest), philosophe, né en 1761 à Heldrungen (Thuringe), m. en 1833, professa la philosophie à Helmstædt (1788), puis à Gœttingue (1810), commença à se faire connaître par des travaux sur l’histoire de la philosophie platonicienne (de Ideis Platonis, 1786), puis publia, sous le titre d’Ænesidemus (Helmst., 1792), un ouvrage sceptique, dans lequel il attaquait les nouvelles doctrines de Kant et de Reinhold, et qui fit grande sensation : le surnom d’Ænésidème lui en est resté. Il a laissé une Encyclopédie des sciences philosophiques, 1814.

SCHUMEG ou SCHIMEG, comitat de Hongrie, dans le cercle d’Œdenburg, entre ceux de Szalad au N. et à l’O., de Veszprim au N. E., de Tolna et de Baranya à l’E., la Croatie et l’Esclavonie au S.: 130 k. sur 90 ; 220 000 hab.; ch.-l., Kaposvar.

SCHURMANN (Anne Marie de), femme célèbre par sa science, née à Cologne en 1607 dans la religion protestante, savait le latin, le grec, l’hébreu, l’éthiopien, était bonne musicienne, peignait, sculptait et gravait avec talent, et mérita le surnom de Sapho. Elle quitta tout d’un coup le monde, où elle brillait, pour se retirer dans la solitude de Lexmund, près de Vianen (1653), tomba bientôt dans les erreurs du piétisme, suivit dans ses courses Labadie, qui même, dit-on, devint son époux, continua sa prétendue mission après la mort de cet enthousiaste, distribua ses biens à ses partisans et mourut dans le dénûment (1678). On a d’elle un recueil d’Opuscula hebræa, græca, latina, gallica, prosaica et metrica, Leyde, 1648, parmi lesquels on remarque une dissertation De ingenii muliebris aptitudine.

SCHUTT (île), île de Hongrie, dans les comitats de Presbourg et de Kœmœrn, est formée par un bras du Danube et le Vaag : 80 k. sur 16 ; ch.-l., Kœmœrn.

SCHUTZ (Christ. Gottfried), philologue, né en 1747 à Dederstædt (Mansfeld), m. en 1832, fut inspecteur du séminaire théologique de Halle, professeur de poésie et d’éloquence à Iéna (1779), puis à Halle, où il resta jusqu’à sa mort. On lui doit la publication d’un Journal général de littérature, des éditions estimées de Cicéron, Leips., 1814-20, 20 v. in-12 ; d’Eschyle, Halle 1809-21, 5 v.; d’Aristophane, 1821 ; et un traité De particulis latinis, 1784.

schutz ou schutze (Gaspard). V. sagittarius.

SCHUYLKILL, riv. des États-Unis (Pensylvanie), naît dans les mont. Bleues, arrose Reading, Philadelphie, et s’unit à la Delaware, à 8 kil. au-dessous de cette dernière ville, et après un cours de 225 kil. Terribles débordements.

SCHWAB (J. Christophe), savant allemand, né en 1743 à Ilsfeld (Wurtemberg), m. en 1821, passa plus de 50 ans à Stuttgard, soit comme professeur, soit comme secrétaire intime du duc de Wurtemberg et chef du bureau des expéditions françaises. Il cultivait avec un égal succès la littérature, l’histoire, la philosophie et les mathématiques et découvrit une nouvelle théorie des parallèles. Il eut 5 mémoires couronnés par diverses académies : on remarque surtout celui qui roule Sur les causes de l’universalité de la langue française et sur les chances de durée de cette vogue (1785, en allem.), et qui partagea avec Rivarol le prix proposé par l’Académie de Berlin sur cette question (il a été trad. en franç. par Robelot, 1803). Frédéric II lui fit offrir, à l’occasion de ce succès, une chaire à l’École militaire de Berlin, mais il ne put l’accepter. J. C. Schwab combattit un des premiers la philosophie de Kant. — Son fils, Gustave, 1792-1847, professeur de littérature à Stuttgard, a traduit en vers latins plusieurs des chants d’Uhland et en allemand plusieurs poëmes français, notamment les poésies de Lamartine.

SCHWABACH, v. de Bavière (Franconie moyenne), sur une rivière de même nom, affluent de la Rednitz, à 15 k. S. O. de Nuremberg ; 9000 hab. Industrie active (tissus de coton, drap, tabac, épingles, fils de fer, papier, etc.); l’industrie de cette ville doit son origine à des Français expulsés par la révocation de l’édit de Nantes.

SCHWÆCHAT, brg d’Autriche, à 12. kil. S. E. de Vienne, sur une riv. de même nom, qui afflue au Danube ; 2500 h. Aux env., colonne qui indique l’emplacement du camp de Sobieski en 1683.

SCHWANTHALER (Ch.), sculpteur, né à Munich en 1802, m. en 1848, fit un séjour de trois ans en Italie, grâce à la munificence du roi de Bavière, et fut après son retour nommé professeur de sculpture à l’Académie. Ses œuvres révèlent une imagination abondante et facile et une grande souplesse de talent. On cite de lui la Victoire d’Hermann sur les Romains, bas-relief d’un fronton du Walhalla germanique ; les peintres anciens, à la Pinacothèque de Munich ; la statue symbolique de la Bavière, en bronze, qui a près de 20m de hauteur ; la statue colossale en bronze du grand-duc Louis Ier, à Darmstadt, et de beaux dessins pour l’Iliade d’Homère, la Théogonie d’Hésiode et les poëmes d’Orphée.

SCHWARTZ (Berthold), moine bénédictin ou cordelier de Fribourg, en Brisgau, ou, selon d’autres, de Cologne, qui vivait au commencement du xive s., passe vulgairement pour être l’inventeur de la poudre, que d’autres font remonter à Roger Bacon ou même à une époque beaucoup plus ancienne. On raconte qu’ayant mis dans un mortier du salpêtre, du soufre et du charbon pour une expérience chimique, il y laissa par hasard tomber une étincelle qui


produisit une explosion terrible : il n’eut plus qu’à renouveler ce que le hasard lui avait appris. On croit que Schwartz inventa, non la poudre, mais l’usage de l’artillerie, dont il aurait enseigné l'usage aux Vénitiens en 1378. Une statue lui a été élevée à Fribourg.

SCHWARZA, riv. d’Autriche (Wienerwald), se joint au Pitten pour former la Leitha ; — Riv. de Moravie, affluent de la Taya ; — Affluent de la Saale, donne son nom aux principautés de Schwarzbourg qu’elle arrose ; — Affluent de la Werra en Saxe, etc.

SCHWARZBOURG, principauté du Nord de l’Empire allemand ; était jadis compris dans le cercle de Haute-Saxe, et divisé en deux parties distinctes : le Comté supérieur, enclavé au milieu des duchés de Saxe et du gouvernement prussien d’Erfurt, et le Comté inférieur, enclave de la Saxe prussienne. Ce pays est actuellement partagé entre deux branches de la maison de Schwarzbourg, dont les possessions, qui ont titre de principautés, font partie des États de la Confédération germanique : celle de Schw.-Rudolstadt et celle de Schw.-Sondershausen. La 1re possède la plus grande partie du Comté supérieur avec l’extrémité orientale du Comté inférieur ; 70 000 hab.; villes : Rudolstadt, Schwarzbourg, Frankenhauzen. Les possessions de la 2e sont surtout dans le Comté inférieur ; 62 000 hab.; villes : Sondershausen, Arnstadt, Breitenbach. La Saale et ses affluents, la Schwarza, la Géra, l’Ilm, l’Unstrutt, sont les rivières principales du Schwarzbourg. Le commerce et l'industrie y sont assez prospères. Le gouvernement est dans les deux principautés monarchique constitutionnel. Les deux princes sont luthériens ; ils ont chacun une voix au Conseil fédéral de la Confédération de l’Allemagne du Nord. — La maison de Schwarzbourg, une des plus anciennes de l’Allemagne remonte au moins au xie s. En 1184, à la mort de Henri de Schwarzbourg, elle eut pour chef Gonthier, dont le fils aîné continua les Schwarzbourg, tandis que le cadet fut la souche des Kæfernburg, branche éteinte en 1383. En 1349, un Gonthier de Schwarzbourg fut élu empereur par le parti opposé à Charles IV. En 1552, la maison se partagea en 2 lignes, Arnstadt (auj. Sondershausen), et Rudolstadt. Elles obtinrent, la 1re en 1697 et la 2e en 1710, le rang de princes.

schwarzbourg, vge de la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt, à 8 kil. S. E. de Kœnigsee ; 500 h. Berceau de la famille régnante de Schwarzbourg.

SCHWARZENBERG, château de Bavière, entre Würtzbourg et Anspach, sur une haute montagne, est le berceau de la famille de Schwarzenberg.

SCHWARZENBERG (Ch. Phil., prince de), feld-maréchal autrichien, d’une des plus anciennes et des plus illustres maisons de l’Allemagne, né à Vienne en 1771, m. en 1819, se distingua à Hohenlinden (1800) et dans la campagne de 1805 ; fut envoyé comme ambassadeur à St-Pétersbourg, puis à Paris où il négocia le mariage de Napoléon et de Marie-Louise (1809). Dans un bal qu’il donnait à Paris à l’occasion de ce mariage (1810), un incendie terrible éclata et fit périr une foule de personnes distinguées : sa propre belle-sœur fut une des victimes. Il commanda les Autrichiens auxiliaires de la France pendant la campagne de Russie (1812); puis il devint, lors de la défection de l’Autriche, le général en chef des troupes coalisées. Il ménagea d’abord Napoléon, ne voulant que le mettre dans la nécessité de transiger sous la médiation de l’Autriche, mais, après la rupture des négociations, il marcha franchement sur Paris, entra dans cette ville par suite de la convention signée avec Marmont, et mit ainsi fin à la lutte. De retour à Vienne, il présida le conseil aulique de guerre. — Un de ses fils, Félix de Schw., 1800-1852, suivit aussi avec distinction la carrière diplomatique et devint premier ministre après les événements de 1848. Il réussit, à force d’énergie, à rétablir l’autorité de l’empereur, mais poussa à l’excès la politique de compression.

SCHWEIDNITZ, v. forte des États prussiens (Silésie), ch.-l. de cercle, sur la Weistritz, à 55 kil. S. O. de Breslau ; 10 000 h. Trib., gymnase. Église catholique remarquable par son clocher, le plus haut de la Silésie. Drap, chapellerie, bonneterie, rubans, toiles, imprimerie sur toile, lainages. Cette ville, jadis ch.-l. d’un duché souverain est célèbre par de nombreux siéges, surtout par celui que Gribeauval y soutint pour Marie-Thérèse, pendant plus de deux mois, contre toutes les forces de Frédéric II (1761-62). Les Français s’en emparèrent en 1807 et la démantelèrent.

SCHWEIGHÆUSER (Jean), philologue, né en 1742 à Strasbourg, m. en 1830, était fils d’un pasteur protestant et fut d’abord destiné à la théologie. Il apprit l’hébreu, le syriaque et l’arabe ; vint à Paris étudier sous De Guignes, visita l’Allemagne, l’Angleterre, la Hollande, fut nommé en 1770 professeur de philosophie, puis de langues grecque et orientales à Strasbourg, fit un cours de littérature à l’École centrale du Bas-Rhin, devint enfin professeur de grec et doyen de la faculté de Strasbourg, et fut élu correspondant de l’Institut. On lui doit des éditions très-estimées d’Appien, 1782-1785, 3 v. in-8 ; de Polybe, de 1789 à 1795, 9 vol. in-8 ; des Epictetæ philosophiæ monumenta, 1799, 5 v. in-8 ; d’Athénée, 1801-1807, 14 vol. in-8 ; de Cebès, Strasbourg, 1806 ; des Lettres de Sénèque, 1808-1809, 2 vol. in-8 ; d’Hérodote, 1816-24, 8 v. in-8, y compris un excellent Lexicon herodoteum. — Son fils, Jean Geoffroy, 1776-1844, lui succéda dans la chaire de Strasbourg, rédigea le texte du Musée-Napoléon de Visconti et coopéra aux Antiquités d’Alsace de Golbéry.

SCHWEINFURT, Devona, Trajectum Suevorum, v. murée de Bavière (Basse-Franconie), sur le Mein, à 40 kil. N. O. de Würtzbourg ; 7000 hab. — Jadis ville impériale. Cédée à la Bavière en 1802.

SCHWENCKFELD (Gaspard de), sectaire, né en Silésie en 1490, m. à Ulm en 1561, était chanoine du chapitre de Liegnitz. Il fut un des premiers disciples de Luther, mais il se brouilla bientôt avec lui, et forma une secte nouvelle qui compte encore quelques adhérents en Silésie. Il n’admettait pas que l’Écriture Sainte eût été inspirée, voulait que les hommes attendissent sans discussion et en silence que Dieu leur révélât les dogmes vrais, et tendait à réunir les Catholiques et les Réformés. Il a laissé plus de 80 ouv., entre autres Novissima Schwenckfeldianorum confessio, Wittemberg, 1726.

SCHWÉRIN, Squirsina, capit. du grand-duché de Mecklembourg-Schwérin, sur le bord O. du lac de Schwérin à 60 kil. S. E. de Lubeck ; 20 000 h. Château fortifié dans une île qui communique à la ville par un pont, et qui est la résidence du grand-duc. Jolie église gothique, galerie de tableaux, cabinet d’histoire naturelle. Collége militaire, société biblique. Drap, chapeaux de paille, blanc de baleine, brasseries, distilleries. — Prise par les Prussiens en 1759 ; occupée par les Français en 1806. — V. mecklembourg.

SCHWÉRIN (Christophe, comte de), général prussien, né en Poméranie en 1684, fit ses premières armes en 1704 dans les Pays-Bas contre la France, passa au service du duc de Mecklembourg, puis du roi de Prusse Frédéric II (1720), qui, en 1740, le mit à la tête de son armée, remporta sur les Autrichiens la victoire de Molwitz (1141), qui donna la Silésie à la Prusse, fut nommé gouverneur de Neiss et de Brieg, commanda un corps en Bohème (1744), reprit les armes dans la guerre de Sept ans (1766), et fut tué à l’attaque de Prague, 1757.

SCHWILGUÉ (J. B.), savant mécanicien de Strasbourg, 1776-1856, professa les mathématiques au collége de Schelestadt, puis dirigea un établissement industriel dans sa ville natale. Il restaura l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg, arrêtée depuis 1790, et la remit en mouvement, 1842.

SCHWITZ, gros bourg de Suisse, ch.-l. du canton de Schwitz, au pied des rochers de Haken et de Mythen, à 105 k. E. de Berne ; 5600 h. Brûlé en 1642, il a été assez bien rebâti. On y conserve la grande bannière donnée aux Suisses par le pape Jules II. — Le canton de Schwitz, un des 4 cantons forestiers ou Waldstættes, entre ceux d’Uri, Unterwald, Zurich, Lucerne, Glaris et St-Gall, a 50 kil. sur 30 (du N. au S.) et 45 000 h. ; ch.-l., Schwitz. Pays très-montagneux, lacs, pâturages ; climat assez doux. Le gouvt est démocratique. C’est un des trois cantons où naquit la liberté suisse, et qui se confédérèrent à Brunnen (1315) ; il a donné son nom à la Suisse entière.

SCIACCA, Thermæ Selinuntinæ, v. et port de Sicile (Girgenti), sur la côte S., à 64 kil. N. O. de Girgenti ; 12 000 h. Commerce de grains, huile, soude, soufre. Aux env., mines de soufre, salines, sources minérales renommées. Il s’est formé au S.E. de cette ville une île volcanique dont les éruptions et les exhalaisons ont chassé beaucoup d’habitants. — L’anc. Thermæ était la patrie d’Agathocle.

SCIARRA (Marc), chef de bandits, dévasta longtemps l’État romain, ne put être dompté par Sixte-Quint, fut poursuivi de si près par Clément VIII qu’il fut forcé de quitter le pays, passa au service de Venise, et fut envoyé en Dalmatie avec 500 des siens guerroyer contre les Uscoques. Clément VIII ayant exigé son extradition, le gouvt vénitien le fit assassiner plutôt que de le livrer. — V. colonna.

SCIATHOS, auj. Skiatho, île de la mer Égée, au N. de l’Eubée, n’est guère qu’un rocher stérile ; cependant elle avait autrefois une ville du même nom. Habitée primitivement par des Thraces-Pélasges, elle tomba ensuite sous la dépendance d’Athènes. Soumise plus tard aux rois de Macédoine, elle vit sa ville détruite, en 200, par le dernier Philippe, qui ne voulait pas qu’elle put servir de relâche à la flotte d’Attale et des Rhodiens, alliés de Rome. Pendant la guerre de Mithridate, elle devint un repaire de pirates. Antoine la rendit aux Athéniens.

SCICLI, Casmena, v. de Sicile (Syracuse), sur des rochers, à 12 kil. S. O. de Modica ; 9700 h. Tombeau de S. Guillaume dans la cathédrale.

SCIGLIO, cap et ville d’Italie, V. scylla.

SCILLONTE, Scillus, v. d’Élide en Triphylie, près de Pise. C’est là que Xénophon écrivit son histoire.

SCILLY, îles de l’Atlantique. V. sorlingues.

SCINDE ou sindy, contrée de l’Inde. V. sindy.

SCIO, Chios, île de l’Archipel. V. chios.

SCIONE, v. de la Chalcidique, dans la presqu’île de Pallène, sur la mer Égée, avait été fondée par des Grecs, sujets de Protésilas. Elle tomba sous la domination d’Athènes, devint libre pendant la guerre du Péloponèse, obéit plus tard à Olynthe, puis fit partie du royaume de Macédoine.

SCIOPPIUS (Gasp. schopp, dit en latin), philologue, né en 1576 à Neumarkt, dans le Palatinat, m. en 1649, voyagea en Italie, en Espagne, en Allemagne, abjura le Protestantisme, dans lequel il était né, se fixa à Rome, où le pape Clément VIII l'éleva aux honneurs, fut nommé conseiller aulique et comte palatin par l’empereur, et finit, après diverses aventures, où toujours éclatèrent son humeur inquiète, son inconstance, son orgueil, par chercher un asile à Padoue, où il mourut également haï de tous, Catholiques et Protestants. Sa vie avait été une palinodie perpétuelle : d’abord admirateur passionné de Scaliger, il écrivit ensuite contre lui ; il poursuivit de ses attaques les Jésuites, qu’il avait longtemps vantés. Il a laissé 104 ouvrages, dont beaucoup ne sont que des libelles : Verisimilium libri IV; De arte critica; De ratione Scholarum; De sua ad catholicos migratione; Classicum belli sacri; Grammatica philosophica; De stratagematibus societatis Jesu; Elementa philosophiæ moralis stoïcæ, 1606 : c’est le plus estimé de ses ouvrages. On lui doit en outre des Notes sur Phèdre, sur Apulée, sur la Minerve de Sanchez, dont il donna une édition améliorée ; des éditions de Varron, de Symmaque, etc.

SCIPIONS, célèbre famille romaine, faisait partie de la maison des Cornélius (Gens Cornelia). Le mot scipio veut dire bâton : Macrobe croit que ce surnom fut donné à cette famille parce que son chef servit de bâton de vieillesse à son père aveugle. — L. Cornélius Scipio Barbatus, consul en 298 av. J.-C., prit plusieurs places dans le Samnium et conquit la Lucanie. Son tombeau, trouvé en 1780, et conservé à Rome au musée Pio-Clémentin, est le plus ancien monument sépulcral dont on ait la date et offre l’inscription la plus ancienne qui existe en langue latine. — L. Corn. Scipio, fils du préc., consul en 259, conquit sur les Carthaginois la Corse et la Sardaigne, obtint le triomphe et fut élevé à la censure en 258. Son tombeau a été découvert avec celui de son père. — Cn. Corn. Scipio Asina, deux fois consul (260 et 254), se signala dans son 2e consulat par ses succès en Sicile contre les Carthaginois : il les défit devant Panorme, et leur prit cette ville avec 200 vaisseaux. — P. Corn. Scipio, consul en 218, perdit la bataille du Tésin contre Annibal, y fut blessé et ne dut la vie qu’au dévouement de son fils (Scipion l’Africain). L’année suivante, il fut envoyé, avec le titre de proconsul, en Espagne, où il prit le commandement de l’armée navale et agit de concert avec son frère Cnéus ; il battit d’abord les Carthaginois, prit Castulon et Sagonte; mais, s’étant séparé de Cnéus, il fut défait et périt dans un combat contre Asdrubal (fils de Giscon), 212. — Cn. Corn. Scipio Calvus, frère du préc., joua aussi un rôle important dans la 2e guerre punique. Consul en 222, il fit avec succès la guerre aux Gaulois de la Cisalpine ; puis il passa en Espagne avec le titre de proconsul, et soumit une grande partie du pays. Secondé par Publius, son frère, qui était venu le rejoindre, il battit les Carthaginois en plusieurs rencontres ; mais en 212, s’étant séparé de Publius, il fut comme lui vaincu et tué par Asdrubal : il périt, près d’Anitorgis, 29 jours après la défaite et la mort de son frère. — P. Corn. Scipio, dit Scipion l’Africain et le premier Africain, fils de Publius, né en 235 av. J.-C., sauva la vie à son père blessé au combat du Tésin et servit ensuite en Espagne sous ses ordres et sous ceux de son oncle. Brûlant de venger la mort de son père et de son oncle, qui venaient de périr dans ce pays, il se fit nommer proconsul pour la prov. d’Espagne en 211, bien qu’il n’eût que 24 ans : il débuta par la prise de Carthagène (210), gagna en 209 la victoire décisive de Bétule, où Asdrubal perdit 54 000 hommes, et reconquit toute l’Espagne en quatre ans (210-206). Il se rendit ensuite secrètement en Afrique pour y négocier, et s’y fit des alliés de Syphax et de Massinissa, rois des Numides. De retour en Espagne, il eut à réprimer une sédition de ses troupes et le soulèvement des deux chefs indigènes, Mandonius et Indibilis (V. ces noms). Rappelé en Italie pour combattre Annibal, il fit adopter au sénat, malgré l’opposition de Fabius, le plan qu’il avait conçu de transporter le théâtre de la guerre aux portes de Carthage, fut nommé consul pour exécuter ce projet (205), et fit en peu de temps des progrès si rapides en Afrique que les Carthaginois alarmés rappelèrent Annibal de l’Italie. Scipion remporta sur ce grand général une victoire complète à Zama, contraignit Carthage à demander la paix, et mit ainsi fin à la guerre, 202. Tant d’exploits lui valurent les honneurs du triomphe et le surnom d’Africain ; mais sa hauteur et sa partialité pour les patriciens le rendirent odieux au peuple. Cependant il fut encore consul en 194, puis censeur et enfin prince du sénat. L’an 190, il accompagna son frère Lucius en Asie en qualité de lieutenant, et dirigea dans la réalité toute cette guerre. À son retour il fut, ainsi que son frère, accusé par le tribun Pétilius, à l’instigation de Caton, de s’être laissé corrompre par Antiochus, et se vit cité devant le peuple (187) : au lieu d’entreprendre une apologie, il se contenta de rappeler ses exploits, et l’on ne prononça aucune peine contre lui. Cité de nouveau quelque temps après, il s’écria : « Romains ! c’est à pareil jour que j’ai vaincu Annibal à Zama ; allons au Capitole en rendre grâces aux dieux. » La foule le suivit, et les tribuns ses accusateurs restèrent seuls au milieu de la place publique. Cependant, forcé de comparaître une 3e fois, il fut condamné à l’exil. Il se retira dans sa villa de Literne, en Campanie, et n’y vécut plus que pour les lettres et l’amitié : il admettait le poëte Ennius dans son intimité. Il mourut à Literne en 184 : on dit qu’il voulut que l’on gravât sur son tombeau : Ingrate patrie, tu n’auras pas mes cendres. Ce grand homme réunissait au génie militaire tous les genres de vertus : l'humanité, la tempérance, le désintéressement. Il soumit l’Espagne autant par l’estime qu’il inspirait que par la force de ses armes. Après la prise de Carthagène, une femme d’une grande beauté lui fut amenée par ses soldats ; il fit rechercher un jeune prince nommé Allutius, qui était son fiancé ; et la remit intacte entre ses mains. Cette noble conduite frappa tellement le jeune Espagnol qu’il s’allia aussitôt avec les Romains et fit déclarer ses compatriotes en leur faveur. — L. Corn. Scipio, surnommé l’Asiatique, frère du préc., le suivit en Espagne et en Afrique, fut nommé consul en 190, et battit Antiochus le Grand à Magnésie, avec l’aide de son frère qui lui servait de lieutenant. L’année suivante, il continua la guerre avec non moins de bonheur, et força enfin Antiochus à signer une paix avantageuse aux Romains ; ses victoires lui méritèrent le surnom d’Asiatique. Cependant, à son retour, il fut accusé avec son frère de s’être laissé corrompre par Antiochus, et se vit condamné à une grosse amende (4 millions de sesterces, env. 800 000 fr.). Ses biens, qui furent confisqués, ne purent suffire à la payer, et il fut mis en prison. Dans la suite, on lui rendit la liberté, et les Romains, honteux de leur injustice, le comblèrent de tant de biens qu’il devint un des plus riches citoyens de la république. — P. Corn. Scipio Nasica, fils de Cn. Corn. Scipio Calvus (consul l’an 222 av. J.-C.), et cousin des deux préc., fit avec succès la guerre aux Lusitaniens, 192. L’année suivante, il fut nommé consul et vainquit les Boïens de la Cisalpine. Scipion Nasica était l’un des plus habiles jurisconsultes de son temps. Il devint dans sa vieillesse prince du sénat. — P. Corn. Scipio Nasica Corculum, son fils, se distingua à la bataille de Pydna, 168, fut nommé consul en 155, et vainquit les Dalmates. Celui-ci fut père de P. Corn. Scip. Nasica Sérapion, un des plus implacables ennemis des Gracques, qui fit tuer Tib. Gracchus au milieu de la place publique, l33. — Un petit-fils de ce dernier fut adopté par un membre de la famille Métellus ; il est connu dans l’histoire sous le nom de Métellus Scipio. — P. Corn. Scipio Æmilianus, surnommé le Second Africain, le Numantin, était fils de Paul-Émile, et fut adopté par un fils du grand Scipion. Il eut pour maître l'historien Polybe, et se distingua dès sa première jeunesse par sa valeur, soit en Espagne, où il tua un soldat d’une taille gigantesque, soit en Afrique, où il combattit comme auxiliaire de Massinissa. Le prince numide faisait si grand cas de lui qu’en mourant il le chargea de partager ses États entre ses enfants. Revenu à Rome, Scipion Émilien fut nommé édile en 151, et consul en 147 quoiqu’il n’eût pas encore l’âge voulu. Envoyé aussitôt en Afrique, pour consommer la ruine de Carthage, il pressa le siége de cette place, la prit d’assaut et la rasa après un long siége, et malgré la plus vigoureuse défense, 146. Il reçut à son retour un triomphe, qui dépassa en magnificence tous les précédents. Consul de nouveau en 134, il fut chargé de faire le siége de Numance, que jusque-là les Romains avaient attaquée sans succès : après un an de la résistance la plus opiniâtre, la ville fut prise (133) ; mais Scipion n’y trouva que des ruines. C’est après ces exploits qu’il reçut les surnoms d’Africain et de Numantin. Mais il fut bientôt, comme le premier Africain, en butte à la haine du peuple par suite de son attachement à la cause des patriciens ; il augmenta encore ces sentiments en combattant les lois agraires et approuvant publiquement le meurtre de Tib. Gracchus. Dégoûté du séjour de Rome, il se retira à Caïète. Il ne revint à Rome que l’an 129 av. J.-C., lors des troubles excités par C. Gracchus, et se vit attaqué violemment par le tribun Fulvius. Le sénat avait résolu, dit-on, de le créer dictateur pour faire cesser ces troubles, lorsque, au grand étonnement de tous, il fut trouvé mort dans son lit. On soupçonna un crime et l’opinion accusa Sempronie, sa femme, sœur des Gracques, et C. Gracchus lui-même. Scipion Émilien avait autant de vertus que le 1er Africain. Il entretint avec Lélius une amitié célèbre. Il aimait aussi beaucoup les lettres, et admettait Térence dans son intimité ; on a même prétendu qu’il avait eu quelque part aux comédies de ce poëte.

SCIRON, brigand de la Grèce, fils d’Éaque et beau-frère de Télamon, désolait la route qui conduit de Corinthe à Mégare, dépouillait les voyageurs, les précipitait dans la mer ou les faisait dévorer par des tortues qu’il engraissait ainsi pour en faire sa nourriture. Thésée purgea la terre de ce monstre.

SCIROPHORION, le 12e mois de l’année athénienne, répond à peu près à juin. Pendant ce mois, on célébrait en l’honneur de Minerve les Scirophories, fêtes où l’on portait par la ville les statues de la déesse, sous une espèce de dais appelé en grec skiron.

SCLAVOCHORI, Amyclæ, v. du roy. de Grèce (Laconie), à 9 kil. E. de Misitra. Évêché.

SCODRA, Scutari, anc. v. d’Illyrie, chez les Labéates, était la place forte du roi Gentius. Prise par les Romains, elle devint dans les derniers temps de l’Empire le ch.-l. de la Prévalitane.

SCOLASTIQUE. V. scholastique.

SCOMBI. V. tobi.

SCONE, bg d’Écosse (Perth), sur la Tay, à 3 kil. N. de Perth; 2 500 hab. Anc. résidence des rois d’Écosse, qui s’y faisaient couronner.

SCOPAS, sculpteur grec, né à Paros vers 460 av. J.-C., remplit l’Ionie, l’Attique, la Béotie et le Péloponèse de ses ouvrages, fraya la route à Lysippe, à Praxitèle, et mérita d’être surnommé l’Artiste de la vérité. Ses chefs-d’œuvre étaient un Mercure et une Bacchante ivre et les sculptures d’une des faces du tombeau de Mausole. Il eut aussi du talent pour l’architecture ; on cite de lui un temple de Minerve Alea, à Tégée, en Arcadie. Quelques-uns lui attribuent, mais sans preuve, le groupe de Niobé et ses enfants, qu’on voit à Florence.

SCOPELOS, c.-à-d. Rocher, île de l’anc. Grèce et du roy. actuel de Grèce, dans les Sporades septentr., entre Sciathos à l’O. et Halonèse à l’E., a env. 12 000 h. ; ch.-l., Scopelo, qui compte 5 000 h. Sol peu fertile, mais bien cultivé : vignes, olives, fruits.

SCOPI, anc. v. de la Mésie supér., auj. Ouskoub.

SCOPPA (l’abbé Ant.), né à Messine en 1762, m. en 1817, vint en France en 1801, fut chargé avec Cuvier et Delambre en 1810 d’examiner l’état des écoles en Italie, revint à Naples après la chute de Bonaparte et y établit des écoles à la Lancastre. On lui doit quelques écrits où se trouvent des idées ingénieuses, mais souvent paradoxales. Le principal, rédigé en français, a pour titre : Les vrais principes de la versification, développés par un examen comparatif entre la langue italienne et la langue française, Paris, 1811-14, 3 vol. in-8 : il y soutient que le français est aussi harmonieux et aussi musical que l’italien.

SCORDISQUES, Scordici, peuple qui, après avoir formé quelques établissements en Pannonie, au S. de la Save et du Danube, et en Thrace, se fixa sur le revers des monts qui bornent au N. la Macédoine. Le Romain Asconius les battit en 135 av. J.-C. En 114, ils égorgèrent le consul Caton et toute son armée et envahirent la Dalmatie ; mais les Romains les refoulèrent bientôt au delà du Danube, et dès lors ils n’eurent plus d’importance.

SCORFF, riv. du Morbihan, naît dans l’arr. de Napoléonville, à 5 kil. de Guéménée, coule au S. O., devient navigable à Pont-Scorff, et se jette avec le Blavet dans la rade de Lorient, après un cours de 63 k.

SCOT (Jean) surnommé Érigène, en latin, Scotus Erigena, c.-à-d. natif d’Érin (anc. nom de l’Irlande), savant moine irlandais du ixe s., l’un des fondateurs de la scolastique, fut appelé en France par Charles le Chauve, et vécut longtemps à la cour de ce prince. Forcé de quitter la France à la demande du pape Nicolas, qui l’accusait d’hérésie, il passa, en 877, sur l’invitation d’Alfred le Grand, à Oxford, où il mourut vers 886. On a de lui un traité de la Prédestination, qu’il composa contre Gotescalc à la prière d’Hincmar, une trad. latine de S. Denys l’Aréopagite, et quelques traités philosophiques, un entre autres De divisione naturæ, où il expose un système voisin du néoplatonisme et du panthéisme, M. St-René Taillandier a composé une savante thèse sur Scot Érigène et la philosophie scolastique, 1843.

scot (Michel), écrivain du xiiie s., né vers 1210 dans le comté de Fife en Écosse, sous le règne d’Alexandre II, m. en 1291 étudia toutes les sciences connues de son temps (philosophie, médecine, chimie, astrologie et autres sciences occultes), et passa pour magicien. Il habita successivement la France, l’Allemagne, où il jouit de la faveur de l’empereur Frédéric II, et l’Angleterre, où Édouard I lui confia diverses missions. On a de lui : Phsysiognomia, Rome, 1477 ; Mensa philosophica, Francfort, 1602 ; Theatrum chimicum, Strasb., 1622. On lui attribue une des plus anciennes traductions latines d’Aristote.

scot (Jean duns-), philosophe scolastique, surnommé le Docteur subtil, né vers 1276 à Dunse près de Berwick en Écosse (d’où ses noms de Duns et de Scot), ou, selon d’autres, à Dunston près d’Almwich dans le Northumberland, pays qui portait aussi le nom de Scotia, étudia à Oxford, entra dans l’ordre des Cordeliers (Franciscains), enseigna avec éclat à Paris et à Cologne, et mourut dans cette dernière ville, en 1308, à peine âgé de 33 ans. Quelques-uns le font naître en 1266 et lui donnent 42 ans. Duns Scot fut un des plus habiles disputeurs de son temps, ce qui lui mérita le surnom sous lequel il est connu. Quoique mort jeune, il laissa une étonnante quantité d’écrits, qui ont été réunis par L. Wadding en 12 v. in-fol., Lyon, 1639 : ce ne sont guère que des commentaires sur Aristote et sur Pierre Lombard. Duns Scot fut en théologie et en philosophie l’adversaire de S. Thomas, et toute l’École, attentive à leurs débats, se partagea en Thomistes et Scotistes. Il admettait le réalisme et disait que les universaux, seuls êtres réels, forment les individus par l’intervention d’un principe particulier qu’il nommait principe d’individuation ou hæccéité; il soutenait la liberté d’indifférence et faisait dépendre les distinctions morales de la volonté arbitraire de Dieu. On lui a en outre reproché, ainsi qu’à son école, l’abus des distinctions. Sa Vie a été écrite par Wadding, 1644.

SCOTIE, Scotia, nom que les anciens donnèrent d’abord à l’Hibernie, puis à la région septentrionale de l’île de Bretagne, venait des Scots qui habitèrent successivement les deux pays.

SCOTISTES. V. scot (duns-) et thomistes.

SCOTS, Scoti, nation sortie de l’Hibernie, vint habiter de bonne heure le nord de l’île d’Albion ou la Calédonie, et en disputa longtemps la possession aux Pictes, jusqu’à ce que ces deux peuples se confondissent en un seul, vers le ive s. (V. pictes). Toutefois les Scots seuls eurent l’honneur de donner leur nom à l’Écosse (Scotia).

SCOTT (Walter), poëte et romancier, né en 1771 à Édimbourg, m. en 1832, suivit d’abord la carrière du droit, devint shérif du comté de Selkirk (1799), puis greffier des sessions à Édimbourg (1806). Cet emploi, en assurant son existence, le mit à même de se livrer à ses goûts d’antiquaire et de conteur. Il mit en vers de vieilles légendes, et prit bientôt une place honorable parmi les poëtes de la Grande-Bretagne, mais il ne tarda pas à abandonner les vers pour la prose, et c’est surtout alors que son génie prit un libre essor. Waverley, son premier roman, réussit : encouragé par le succès, il en fit paraître successivement un grand nombre d’autres, la plupart sous le voile du pseudonyme ou de l’anonyme, et les vit obtenir une vogue européenne. On trouve dans ces ouvrages un art admirable pour tracer les caractères et faire parler les personnages, un talent magique pour peindre les lieux, les costumes, un mélange d’idéal héroïque et de détails familiers et comiques fondus avec habileté, des incidents dramatiques, des scènes sublimes ; mais souvent aussi des longueurs, des redites, de l’embarras dans la mise en scène, de la trivialité. Enrichi par le succès de ses ouvrages, l’auteur put acheter le domaine d’Abbotsford sur la Tweed, dont il fit un séjour délicieux ; mais, en 1826, une banqueroute le ruina presque complétement. Il se remit alors courageusement au travail, et fit paraître dès 1827 une Vie de Napoléon, en 10 vol. in-12 : bien que rédigé sur des matériaux officiels et dont quelques-uns étaient inconnus, cet écrit, fort partial et rédigé à la hâte, n’eut que peu de succès, et Scott revint au roman ; mais au bout de peu d’années il succomba à l’excès du travail qu’il s’était imposé pour payer ses créanciers. Parmi ses poëmes, les principaux sont : le Lai du dernier ménestrel (1805), Marmion, la Dame du lac, le Lord des îles (1808-10). Parmi ses romans, on vante surtout : la Prison d’Édimbourg, les Puritains, Ivanhoë, Rob-Roy, Peveril du Pic, une Légende de Montrose, la Fiancée de Lammermoor, Richard en Palestine, les Eaux de St-Ronan, Quentin Durward, l’Antiquaire. Ses ouvrages ont été trad. plusieurs fois en français. La meilleure version est celle de Defauconpret, dont il a paru plusieurs éditions : l’éd. la plus complète, publiée en 1837 et ann. suiv., se compose de 30 v. in-8. M. Lockhart a donné des Mémoires sur W. Scott, avec sa correspondance, 1836, et M. Am. Pichot un Essai sur la vie et les ouvrages de W. Scott, en tête de la trad. de ses poésies.

SCOTTI (Jul. Clém.), jésuite, né en 1602 à Plaisance, m. en 1669, avait été professeur de philosophie à Parme, à Ferrare, puis recteur à la maison des Jésuites à Carpi. Mécontent de ses chefs, qui ne lui avaient pas accordé un poste qu’il sollicitait, il quitta la robe et écrivit contre l’ordre la Monarchie des Solipses (Monarchia Solipsorum, Venise, 1645), factum violent, qui fut attribué à tort à Inchofer.

SCRIBE (Eugène), auteur dramatique, né à Paris en 1791, m. en 1861, fit de brillantes études à Ste-Barbe et fut destiné au barreau ; mais, devenu libre à 20 ans par la mort de ses parents et jouissant de quelque aisance, il quitta le droit pour le théâtre, vers lequel il se sentait irrésistiblement entraîné. Après quelques échecs, il réussit à gagner la faveur du public : de 1815 à 1830, il fit représenter sur les scènes des Variétés, du Vaudeville et surtout du Gymnase un nombre prodigieux de petites pièces, qui furent presque autant de succès. Parmi ces pièces, composées le plus souvent avec quelque collaborateur (Delestre-Poirson, Germain Delavigne, Mélesville, Brazier, Carmouche, Varner, Bayard), on remarque le Nouveau Pourceaugnac, le Solliciteur, les Deux Précepteurs, une Visite à Bedlam, l’Ours et le Pacha, le Mariage enfantin, le Secrétaire et le Cuisinier, Michel et Christine, Avant, pendant et après, le Vieux garçon, Rodolphe, le plus Beau jour de la vie, la Haine d’une Femme, le Mariage d’inclination, le Mariage de Raison, le Diplomate, une Faute, la Demoiselle à marier, le Charlatanisme, Geneviève. Il fit en peu d’années la fortune du Gymnase, en même temps qu’il s’assurait à lui-même une véritable opulence. S’essayant alors dans un genre plus élevé, il donna au Théâtre-Français plusieurs comédies qui lui valurent de nouveaux triomphes : Valérie, 1822, le Mariage d’argent, 1827, Bertrand et Raton ou l’Art de conspirer, 1833, la Camaraderie, 1837, une Chaîne, 1841, le Verre d’eau, 1842 ; Adrienne Lecouvreur, 1849, les Contes de la Reine de Navarre, Bataille de Dames, 1851, les Doigts de Fée, 1858 (ces 4 dernières avec Legouvé). Scribe a en outre composé les paroles d’un grand nombre de drames lyriques, mis en musique par Auber, Adam, Meyerbeer ou Halévy, et dans lesquels l’intérêt du poëme le dispute au mérite de la composition musicale. L’Opéra lui doit : la Muette de Portici, le comte Ory (1828), le Dieu et la Bayadère, le Philtre (1830), Robert le Diable (1831), Gustave III, (1833), la Juive (1835), les Huguenots (1836), le Prophète (1849) ; il donna à l’Opéra-Comique : la Dame blanche (1825), Fra Diavolo (1830), le Châlet (1834), l’Ambassadrice (1837), le Domino noir (1841), la Sirène (1844), l’Étoile du Nord (1854). Pendant plus de 40 ans, cet écrivain jouit d’une popularité immense : ses pièces ont été jouées sur tous les théâtres de France et de l’étranger. Il fut reçu en 1834, à l’Académie française. Doué d’une imagination inépuisable, infatigable au travail, Scribe a produit plus de 350 pièces. Si trop souvent ses productions trahissent un travail précipité, on remarque dans toutes une parfaite entente de la scène, l’art de nouer une intrigue, de varier les incidents, le talent de captiver les spectateurs ; ses plus petits drames sont écrits d’un style vif et facile ; tous pétillent d’esprit ; tous en outre réunissent à la peinture fidèle des mœurs contemporaines la décence, la grâce et le bon goût. Scribe a donné lui-même plusieurs éditions de ses Œuvres dramatiques : les principales sont celles de 1827, 10 v. in-8 ; de 1833-37, 20 v. in-8 ; de 1840, 5 v., gr. in-8 à 2 col. ; de 1855 et ann. suiv., 17 v. in-18.

SCRIBONIE, femme d’Auguste et mère de Julie, fut répudiée pour être remplacée par Livie.

SCRIBONIEN, Furius Camillus Scribonianus, consul l’an 32 de J.-C., commandait un corps d’armée en Dalmatie quand Claude parvint à l’empire. Dans une lettre outrageante, il somma ce prince d’abdiquer, et en même temps il se fit proclamer lui-même ; mais ses troupes l’abandonnèrent presque aussitôt, et il fut assassiné dans l’île de Lissa, en 42.

SCRIBONIUS LARGUS, médecin romain, exerça sous Tibère, Caligula, Claude, et suivit ce dernier dans la Grande-Bretagne, en 43. On n’a de lui qu’un opuscule : De compositione medicamentorum, Paris 1529, dont une meilleure édition est due à Bernhold, Strasbourg, 1786.

SCRIVERIUS (P. schryver, en latin), érudit, né en 1576 à Harlem, m. en 1660, vécut à Leyde, n’acceptant aucun emploi, mais se faisant un plaisir de suppléer les professeurs de l’Université. Il s’est signalé comme historien, comme poëte et comme philologue. Ses principaux ouvrages sont : Antiquitatum batavicarum tabularium, 1609 ; Chroniques de Hollande, de Zélande, Frise, Utrecht (en holl.), 1663. Ses Œuvres inédites (opuscula anecdota, philologica et metrica) ont été publiées par Westerhuis, Utrecht, 1738. On lui doit des édit. de Végèce, Leyde, 1607 ; de Martial, 1619 ; de Sénèque le tragique, 1620 ; d’Apulée, 1629 ; des Scriptores rei militaris, 1664, et un recueil de Lettres choisies d’Érasme, 1649.

SCRIVIA, riv. de l’Italie septentrionale, sort des Apennins dans la prov. de Gênes, arrose les prov. de Novi, Tortone, Alexandrie, Voghera, et se jette dans le Pô après un cours de 80 kil.

SCUDÉRI (Georges de), poëte et romancier, célèbre par sa fécondité et par le ridicule de ses écrits, né au Havre en 1601, m. en 1667, avait d’abord servi dans les gardes françaises ; il quitta le service vers 1630, et se mit à travailler pour le théâtre. Il sut plaire à Richelieu par les attaques qu’il dirigea contre Corneille dans ses Observations sur le Cid, et fut reçu à l’Académie française en 1650. On a de lui 16 tragédies ou tragi-comédies (l’Amour tyrannique, le Prince déguisé, Arminius, la Mort de César, etc.), dont plusieurs eurent du succès, divers écrits en prose, et un poëme épique : Alaric ou Rome vaincue (1654), connu surtout par ce début emphatique :

Je chante le vainqueur des vainqueurs de la terre

En outre, il prêta son nom à plusieurs romans de sa sœur. Ses ouvrages sont pleins d’invraisemblance et de mauvais goût ; et à ces défauts de composition l’auteur joignait une suffisance qui passait toutes les bornes. Boileau a fait justice de ce ridicule auteur, qui eut quelque vogue en son temps ; on connaît ces vers de la 2e satire :

Bienheureux Scudéri, dont la fertile plume
Peut tous les mois sans peine enfanter un volume.

— La femme de Scudéri, qui mourut à 81 ans, en 1712, est connue par son talent pour le style épistolaire ; on a d’elle des Lettres à Bussy-Rabutin (publiées avec celles de cet écrivain).

scudéri (Madeleine de), sœur du préc., née au Havre en 1607, m. en 1701, fut de bonne heure amenée à Paris, et s’y vit recherchée à cause des agréments de son esprit ; elle était un des ornements de l’hôtel Rambouillet. Elle publia de volumineux romans, dont les premiers parurent sous le nom de son frère, et qui eurent une vogue extraordinaire, grâce surtout à de nombreuses allusions aux personnages et aux événements contemporains. Elle fit aussi des vers, dont plusieurs ne manquaient pas de mérite, et reçut de ses contemporains les surnoms de Sapho et de Dixième Muse. Quoique fort laide, elle sut attacher plusieurs hommes distingués, entre autres Pélisson et Conrart. On a d’elle : Ibrahim ou l’Illustre Bassa, 1641, 1 vol. ; Artamène ou le grand Cyrus, 1650, 10 vol. ; Clélie, histoire romaine, 1656, 10 v. ; Conversations sur divers sujets, 1680-94, 4 vol. ; Conversations de morale, 1688-12, 4 vol. Parmi ses vers, on a surtout retenu ceux qu’elle fit sur les œillets que cultivait le grand Condé, alors détenu à Vincennes :

En voyant ces œillets qu’un illustre guerrier
Arrosa d’une main qui gagna des batailles,
Souviens-toi qu’Apollon bâtissait des murailles,
Et ne t’étonne pas si Mars est jardinier.

Ses romans, d’une prolixité fatigante, sont en outre écrits dans un genre faux, avec un style précieux et ridicule. Ils peignent l’amour de la manière la plus fade, et convertissent en Céladons les héros les plus illustres. Ses Conversations de morale étaient estimées de Mascaron et de Fléchier.

SCULTET (Jean), chirurgien, né en 1595 à Ulm, m. en 1645, était fils d’un simple batelier. Il étudia à Padoue et pratiqua la chirurgie dans sa ville natale. Il a perfectionné les instruments de chirurgie : son nom est resté attaché à un appareil employé encore aujourd’hui pour les fractures. On a de Scultet un ouvrage dans lequel il décrit les instruments de chirurgie employés de son temps : Armamentarium chirurgicum, Ulm, 1653, in-fol., trad. par Dehoze sous le titre d’Arsenal de chirurgie, Lyon, 1675.

SCUTARI, Chrysopolis, v. de la Turquie d’Asie, sur le Bosphore, vis-à-vis de Constantinople, dont elle est regardée comme un faubourg ; env. 40 000 h. Ville bâtie en amphithéâtre et d’un aspect très-pittoresque ; séjour de plaisance du sultan, qui y a un château ; belles maisons, belles mosquées ; superbes cimetières (c’est là que sont inhumés tous les Turcs de distinction). Commerce assez actif ; nombreuses caravanes, la plupart pour la Mecque.

scutari, Scodra, v. forte de la Turquie d’Europe (Albanie), ch.-l. de livah, à l’extrémité S. du lac de Scutari ou de Zenta (Labeatis lacus) à 710 kil. O. N. O. de Constantinople ; 20 000 hab. Évêché. Château fort, fabrique d’armes. Environs très-fertiles. — Cette ville, fondée, dit-on, par Alexandre, a suivi le sort de l’Albanie : elle a successivement appartenu aux Serbes, à des chefs indépendants, à Venise, et a été cédée aux Turcs en 1479. — Le livah de Scutari, limitrophe de la Dalmatie, est le plus septentrional des cinq qu’on trouve en Albanie ; il a 250 kil. sur 200 et env. 600 000 hab.

SCYLACIUM, auj. Squillace, v. du Brutium, à l’E., sur le golfe Scylacique. Patrie de Cassiodore.

SCYLAX, navigateur et géographe grec, auteur d’un Périple de la mer intérieure (Méditerranée) qui nous est parvenu, vécut à une époque incertaine. Les anciens mentionnent plusieurs personnages de ce nom : Scylax l’ancien, de Caryande en Carie, qui fut chargé par Darius I d’explorer les côtes de l’Océan Indien ; un autre, qui vivait du temps d’Alexandre ; et un 3e, contemporain de Polybe et de Panétius, vivant au iie s. av. J.-C. Les uns donnent le Périple au 1er, les autres, avec plus de vraisemblance, au dernier. Cet ouvrage a été publié dans les Geogr. græci minores d’Hudson (1698) et dans la Bibliothèque grecque de Didot, par Ch. Müller, 1855 ; il en a été donné une édition séparée par B. Fabricius, Leips., 1848. Outre les côtes de la Méditerranée, il comprend la description de la côte de la Propontide, du Pont-Euxin et même des côtes libyques au delà du détroit de Gadès jusqu’à l’île de Cerné ; mais ce n’est qu’une énumération sèche de noms de peuples et de pays.

SCYLITZÈS (Jean), historien byzantin du xie s., était à Constantinople curopalate ou gouverneur du palais. Il a continué l’Histoire de Théophane de 811 à 1081. Cédrenus l’a copié presque mot pour mot dans sa Chronique. Son ouvrage a été imprimé en grec, avec traduction latine (dans la Byzantine, tome IX).

SCYLLA, nymphe sicilienne, fut aimée du dieu marin Glaucus. Circé, sa rivale, la changea en un rocher qui avait la forme d’une femme, dont le buste et la tête s’élevaient au-dessus des eaux, et dont les hanches étaient couvertes par les têtes de six chiens horribles ouvrant de larges gueules et aboyant sans cesse. L’onde, tourbillonnant autour du rocher, formait un gouffre plus redoutable que celui de Charybde, qui en était voisin ; d’où le proverbe : Tomber de Charybde en Scylla (V. ci-après l’art. géographique). — Une autre Scylla, fille de Nisus, roi de Mégare, s’éprit d’un fol amour pour Minos, qui assiégeait sa ville natale, coupa sur la tête de son père le fatal cheveu de pourpre auquel tenait le salut de Mégare, puis le fit porter à Minos ; celui-ci ne l’ayant payée que de mépris, elle se jeta de désespoir dans la mer, où elle fut changée en alouette.

SCYLLA, cap célèbre d’Italie, sur la mer Tyrrhénienne, à la pointe S. du roy. de Naples. Les nombreux écueils et les gouffres qui entourent ce cap, situé à l’entrée du détroit de Messine et en face de l’écueil de Charybde, qui était aussi fort redoutable, faisaient jadis l’effroi des navigateurs. Des commotions volcaniques ont, à ce qu’il paraît, changé l’aspect des lieux, et le passage s’opère auj. avec moins de difficulté. (V. l’art. mythologique ci-dessus).

scylla, auj. Sciglio, anc. v. du Brutium, maintenant dans le roy. de Naples (Calabre Ult. 1re), sur un rocher élevé, près du cap de Scylla, et à 19 kil. N. de Reggio ; 7000 hab. — Fondée, dit-on, par Anaxilas, tyran de Rhegium. Elle a beaucoup souffert du tremblement de terre de 1783. Elle a été prise en 1806 par les Français.

SCYMNUS, de Chio, géographe grec qui vivait env. 80 ans av. J.-C. à la cour de Nicomède, roi de Bithynie, est auteur d’une Périégèse (ou perlustration du monde), en vers ïambiques ; il ne nous en reste que les 741 premiers vers, plus des fragments de 236 autres. Ces fragments se trouvent dans les Geographi græci minores de Hudson, 1698, et dans la Bibliothèque grecque de Didot, 1855.

SCYRON, brigand de la Fable. V. sciron.

SCYROS, auj. Skiro, île de la Grèce, dans la mer Égée, au N. E. de l’Eubée, a 65 k. carrés et 2000 h. Elle est célèbre dans la Fable comme ayant été la retraite d’Achille, que sa mère y avait caché parmi les filles de Lycomède, et comme étant le lieu où mourut Thésée. Cimon rapporta de cette île à Athènes les restes du héros. — Après avoir appartenu aux Athéniens, aux Macédoniens, aux Romains, aux ducs de Naxos, aux Ottomans, Scyros fait auj. partie du roy. de Grèce et est annexée au nome d’Eubée.

SCYTHIE, Scythia, vaste région qui chez les anciens comprenait tout le N. E. de l’Europe et le N. O. de l’Asie, n’avait pas de limites bien fixes : les uns la font commencer à l’E. de la Vistule et au N. du Danube, et la prolongent indéfiniment vers l’Orient et le Nord, y comprenant par conséquent toute la Sarmatie ; les autres la placent soit au N. de celle-ci, soit entre le Borysthène et le Tanaïs, et l’étendent à l’E. du Tanaïs jusque dans les profondeurs de l’Asie intérieure. Dans cette dernière hypothèse, la Scythie d’Europe ou occid. serait entre le Borysthène et le Tanaïs, la Scythie d’Asie commencerait à l’E. du Tanaïs. Cette dernière était elle-même divisée en deux grandes portions : Scythie au delà de l’Imaüs (Scythia extra Imaum), au N., et Scythie en deçà de l’Imaüs (Scythia intra Imaum), au S. E. Si le nom de Scythie a des sens différents, c’est que les Scythes, peuple nomade, changèrent souvent de place. Ils étaient divisés en une foule de peuplades, parmi lesquelles les Gètes, les Massagètes, les Fennes, les Æstyens, les Taures, les Iazyges, les Bastarnes, les Roxolans, les Agathyrses, les Hérules, les Scythes royaux, ainsi appelés par Hérodote à cause de la forme de leur gouvernement, et les Scythes gynécocratumènes, c.-à-d. régis par une femme : en effet, il y eut en Scythie des hordes qui, temporairement, obéissaient à des femmes, ce qui a donné lieu au mythe des Amazones. — La Bible fait descendre les Scythes de Magog, fils de Japhet. Établis d’abord sur l’Araxe et l’Iaxarte, ils étendirent au loin leurs conquêtes, soumirent une partie de l’Europe et de l’Asie, tinrent 28 ans l’Asie-Mineure sous le joug (624-596), et pénétrèrent jusqu’en Égypte. Les plus grands conquérants, Cyrus, Darius I, Alexandre, tentèrent en vain de les dompter. Plus tard cependant, la Scythie fut successivement envahie par diverses nations, dont la principale est celle des Sarmates, qui donnèrent leur nom à une partie du pays ; puis, les Goths fondèrent leur vaste empire dans la Scythie occidentale ; enfin, grossis par des hordes fugitives de l’Asie, les Scythes d’Orient assaillirent sous le nom de Huns l’empire des Goths (376), et préparèrent ainsi la grande invasion barbare. Le nom de Scythie disparaît de l’histoire au viie s., où les races slave, avare et bulgare se partagèrent le pays. Les Scythes paraissent être la même race que les Tchoudes ou Finnois ; on y comprenait aussi des Turcs et des Tartares.

scythie (petite-), nom donné : 1o à une partie de la Chersonèse Taurique et au pays situé plus au N. jusqu’au Borysthène (gouvt russe de Tauride) : 2o à une partie de la Thrace entre le Pont-Euxin à l’E., le Danube au N. et à l’O., et l’Hémus au S. (auj. la Dobroudcha) ; elle forma, sous l’empire romain, une province de Scythie, qui était comprise dans la préfecture d’Orient et le diocèse de Thrace, et qui avait pour ch.-l. Tomes.

SCYTHOPOLIS, d’abord Bethsan, auj. Bisan, v. de la Samarie, au S. E., devait, disait-on, sa fondation à des Scythes qui envahirent la Syrie.

SEAFORD, port d’Angleterre (Sussex), un des Cinq-Ports, sur la Manche, à 18 kil. S. E. de Brighton.

SÉBA (Albert), né en 1665 dans l’Ost-Frise, m. en 1736, fut pharmacien à Amsterdam, voyagea dans les Indes Orientales et Occidentales et forma deux magnifiques collections d’histoire naturelle, dont l’une fut achetée par Pierre le Grand et l’autre dispersée après sa mort. Séba avait fait graver son 2e cabinet sous le titre de Rerum naturalium thesauri accurata descriptio et iconibus artificiosissimis expressio, Amst., 1734-61, 4 vol. gr. in-fol. Cet ouvrage, longtemps capital pour l’étude de l’histoire naturelle, est encore à consulter, du moins pour les planches : car le texte est plein d’erreurs. Le Muséum d’histoire naturelle de Paris, qui possède les planches, en a fait faire un nouveau tirage en 1827 et ann. suiv.

SÉBASTE, auj. Sivas, v. de l’Asie-Mineure, près de l’Halys, appartint au Pont, puis à la Cappadoce, et finit par être le ch.-l. de l’Arménie 1re (formée aux dépens de la Cappadoce). C’était d’abord un fort du nom de Cabira; elle fut agrandie par Pompée, qui l’appela Diospolis, et enfin reçut de la reine de Pont, Pythodoris, le nom de Sébaste, c.-à-d. Augusta, en l’honneur d’Auguste. — Le nom de Sébaste fut aussi donné à la ville de Samarie.

SÉBASTIANI (le comte Horace), maréchal de France, né en 1775 à la Porta, près de Bastia, en Corse, m. en 1851, dut à sa valeur un avancement rapide, fut nommé chef de bataillon pour sa belle conduite au combat d’Arcole, fut fait colonel sur le champ de bataille de Vérone, seconda vigoureusement, avec son régiment, Bonaparte au 18 brumaire et décida le succès de cette journée ; combattit à Marengo, et fut chargé, après la victoire, de poser, de concert avec Marmont, les bases de l’armistice de Trévise ; fut, après la paix d’Amiens, envoyé à Constantinople pour y faire des propositions de paix, et réussit dans cette négociation difficile ; remplit avec non moins de bonheur une mission près de Djezzar, pacha de St-Jean-d’Acre, ainsi qu’auprès des puissances barbaresques ; prit une part active à la campagne d’Autriche, se distingua surtout à Hollabrunn et à Austerlitz, ce qui lui valut le grade de général de division ; fut appelé en 1806 à l’ambassade de Constantinople, décida Sélim, dont il s’était fait un ami, à déclarer la guerre à la Russie, empêcha le faible sultan de céder aux menaces de l’amiral anglais Duckworth, dirigea la défense de Constantinople contre les Anglais et força ceux-ci à repasser les Dardanelles (1807) ; quitta Constantinople après la chute de Sélim, fut bientôt après dirigé vers l’Espagne et mis à la tête du 4e corps (1809), força le passage de la Guadiana, gagna les batailles de Ciudad-Real et d’Almonacid, enleva les retranchements d’Ocana, entra en vainqueur dans Grenade, s’empara de Malaga et battit de nouveau l’ennemi à Baza (1810) ; mais, ne pouvant s’accorder avec le roi Joseph, il demanda son rappel en France (1811). Il fit partie en 1812 de l’expédition de Russie, ou il tint l’avant-garde, se signala à Smolensk, à la Moskowa, entra des premiers à Moscou ; fut l’année suiv. blessé à Leipsick, n’en combattit pas moins dès le lendemain à Hanau, et s’empara d’un défilé qui assurait la retraite ; commanda, pendant la campagne de France, la cavalerie de la garde, se signala surtout à Reims, dans le combat où fut tué le général St-Priest, émigré, et à Arcis-sur-Aube, où il résista à toute la cavalerie des alliés ; fit partie aux Cent-Jours de la Chambre des représentants, et fut, après Waterloo, un des commissaires désignés pour traiter de la paix avec les alliés, mais ne put rien obtenir en faveur de Napoléon ; resta sans emploi sous la Restauration, fut élu député en 1819 par la Corse, en 1826 par Vervins, en remplacement du général Foy, et prit place à l’extrême gauche ; eut, après les événements de juillet 1830, une grande part à l’érection du nouveau trône, fit partie de la commission chargée de reviser la Charte, reçut le 7 novembre 1830 le portefeuille des affaires étrangères, qu’il garda près de trois ans, et se montra partisan du système de la paix ; résigna le pouvoir en 1833 pour des motifs de santé, accepta bientôt après l’ambassade de Naples, puis celle de Londres, où il suivit avec succès les négociations relatives à la constitution du royaume de la Belgique, au droit de visite, à la pacification de l’Orient, mais fut rappelé après la chute du ministère Molé, auquel il s’était attaché. Il n’en conserva pas moins la confiance personnelle du roi, qui lui donna en 1840 le bâton de maréchal. Il passa ses dernières années dans la retraite, accablé par la perte de sa fille, la duchesse de Praslin, enlevée par une mort tragique.

SÉBASTIEN (S.), né à Narbonne vers 250, était officier dans l’armée romaine sous Dioclétien et cachait sa religion afin de mieux servir ses coreligionnaires ; reconnu pour chrétien, il fut livré au supplice, et tué dans le cirque à coups de bâton, en 288. On l’hon. le 20 janv. Il est le patron des prisonniers.

sébastien, roi de Portugal, fils posthume de l’infant Jean, né à Lisbonne en 1554, succéda en 1557 à Jean III, son aïeul. Animé d’un grand zèle contre les Infidèles, il forma, dès qu’il put régner par lui-même, le hardi projet de leur enlever l’Afrique : il fit contre eux en 1574 une 1re expédition, mais sans résultat ; il y retourna en 1578, appelé par Muley-Mohammed-el-Montaser, roi de Maroc, qui avait été dépouillé par Muley-abd-el-Mélik, son oncle. À peine débarqué à Tanger, il fut complétement défait par ce dernier à la bataille d’Alcaçar-Quivir, le 4 août 1578, et ne reparut plus ; il avait péri dans la mêlée : son cadavre fut reconnu par un page ; néanmoins on contesta sa mort et plusieurs faux Sébastien se montrèrent en Portugal sous Philippe II et Philippe III.

sébastien del piombo (Luciano, dit), peintre de Venise (1485-1547), embrassa la vie religieuse, se fixa à Rome, et fut chargé de sceller les brefs de la chancellerie pontificale (d’où son nom, del Piombo, du plomb, rappelant la matière du sceau). Il excella dans le portrait, et dessina surtout avec perfection les têtes et les mains ; son coloris est magnifique. Il eut souvent pour collaborateur Michel-Ange : c’est ce maître qui fit le dessin de la Résurrection de Lazare, commandée par Clément VII à Sébastien del Piombo. À la faveur d’un si puissant secours, il put lutter avec avantage contre Raphaël. Le Louvre possède de ce maître une Visitation de la Vierge.

sébastien (le Père), mécanicien. V. truchet.

SÉBASTOPOL ou sévastopol, c.-à-d. en grec Ville Auguste, Ville impériale, v. et port militaire de Crimée (Simféropol), au S. O., sur la rive mérid. d’un bras de la mer Noire ; env. 50 000 h. avant 1855, à peine 10 000 auj. Port excellent où stationnait la flotte russe de la mer Noire ; fortifications formidables : tour Malakof, forts Alexandre, Constantin, Nicolas, Paul, etc. Belle cathédrale St-Michel, église St-Pierre (reproduction de la Madeleine de Paris), théâtre. — Fondée en 1786 par l’impératrice Catherine II, près et à l’E. des ruines de l’antique Cherson et près du village tartare d’Aktiar, elle fut agrandie et fortifiée par Nicolas I qui en fit une forteresse redoutable et un poste avancé contre Constantinople. Elle fut prise d’assaut le 8 sept. 1855 par l’armée anglo-française que commandait le maréchal Pélissier, après un an de siége et après une défense désespérée, dirigée surtout par le général du génie Todtleben. Le nom de Sébastopol a été donné à l’un des grands boulevards de Paris.

SEBEKTEKIN, fondateur de l’empire des Turcs Gaznévides, avait d’abord été esclave. Devenu gendre d’Alp-Tekin, général des armées de Nouh le Samanide, il le remplaça comme gouverneur de Gaznah, se rendit indépendant en 975, et conquit une grande partie du Turkestan, ainsi que le Peychawer dans l’Hindoustan. Il mourut à Balkh en 997. Il eut pour fils le fameux Mahmoud le Gaznévide.

SEBENICO, Sicum ? v. des États autrichiens (Dalmatie), à l’embouch. du Kerkah, qui forme là un vrai lac (avec un grand port), à 60 kil. S. E. de Zara ; 7000 hab. Quatre forts. Évêché catholique et évêché grec ; cathédrale gothique. Fabrique de rosoglio, armements pour la pêche du corail. Patrie du peintre Schiavone. — République indépendante avant le xe s., Sebenico se soumit en 991 aux Vénitiens, qui la gardèrent depuis (excepté pendant le xve s., qu’elle fut soumise aux Hongrois). Les Turcs l’assiégèrent vainement en 1538 et 1648. Elle passa entre les mains de l’Autriche en 1797 avec le reste de la Dalmatie.

SEBENNYTE, Sebennytus, auj. Djemnouti ou Semenhoud., anc. v. d’Égypte (Delta), sur le Nil, vers l’endroit où il se sépare en plusieurs branches. — On donne le nom de branche sébennytique à la portion septentrionale de la branche atarbéchique.

SÉBOIM, une des villes de Palestine situées sur le bord du lac Asphaltite, qui périrent avec Sodome.

SÉBONDE (Raymond de), savant du xve s., né à Barcelone, professait la médecine, la théologie et la philosophie à l’Université de Toulouse vers 1430, et mourut en 1432. Ou lui doit : Theologia


naturalis, Deventer, 1487, Lyon, 1526, etc. (trad, par Montaigne, Paris, 1569, et abrégée par Comenius, Amst., 1661); De natura hominis dialogi, Cologne, 1501, in-4 (trad. par Martin, 1566 ; par Bleudecq, 1600). Montaigne a consacré un long chapitre de ses Essais (liv. II, c. xii) à l’apologie de Raymond de Sébonde, dont on suspectait l’orthodoxie.

SEBSVAR, Hyrcania, v. de Perse (Khoraçan), à 100 kil. S. O. de Nichabour. Jadis importante. Tamerlan la prit en 1381 : la ville s’étant révoltée peu après, il fit enterrer vifs 10 000 de ses habitants.

SECCHI (Gian-Pietro), savant jésuite, correspondant de l’Institut de France, né en 1798, m. en 1856, était professeur de langue grecque et bibliothécaire au Collége romain. Profondément versé dans l’archéologie païenne et chrétienne, l’herméneutique, l’histoire de l’Église et la philologie, il a laissé de nombreux ouvrages, dont les plus connus sont : Cattedra di S. Marco di Venesia et Analisi dell’ edizione del Nuovo Testamento greco.

SÉCHELLES. V. seychelles et hérault.

SECKAU, Secovium, bg des États autrichiens (Styrie), à 55 kil. N. O. de Grætz ; 400 hab. Eaux minérales. Évêché dont le titulaire réside à Grætz.

SECKENDORF (Gui Louis de), historien, né en 1626 en Franconie, m. en 1692, fut chambellan, puis ministre et chancelier d’Ernest le Pieux, duc de Gotha, et enfin chancelier de l’Université de Halle, nouvellement créée par le roi de Prusse. On a de lui, entre autres ouvrages : De Lutheranismo, Francfort, 1686-92 (il y réfute l’Hist. du Luthéranisme de Maimbourg); Compendium historiæ ecclesiasticæ, 1666, et nombre d’articles dans les Acta eruditorum (1683-92).

seckendorf (Fréd. hénon, comte de), feld-maréchal, neveu du préc., né en 1673 à Kœnigsberg en Franconie, m. en 1763, se mit successivement au service de la Prusse, du roi de Pologne Auguste I, des empereurs Charles VI et Charles VII. Il servit avec distinction sous le prince Eugène dans la guerre de la succession d’Espagne. Nommé par Charles VI ambassadeur à Berlin, il obtint un grand ascendant sur le roi Frédéric-Guillaume, et parvint à détacher ce prince de l’alliance de l’Angleterre. Chargé, à la mort du prince Eugène, de diriger à sa place la guerre contre les Turcs, il éprouva des échecs et tomba en disgrâce (1737). Mécontent de l’Autriche, il alla, après la mort de ce Charles VI, offrir ses services au compétiteur de sa fille Marie-Thérèse, à l’électeur de Bavière, élu sous le nom de Charles VII : il reconquit pour ce prince la Bavière, et le fit rentrer dans Munich (1744). Après la mort de cet empereur, il conclut, en faveur du jeune électeur de Bavière, son fils, le traité de Füssen (1745), qui réconciliait ce prince avec l’Autriche. Il vécut depuis dans la retraite.

SECKINGEN, Sanctio, v. forte du grand-duché de Bade, dans une île du Rhin, à 24 k. N. E. de Bâle, faisait jadis partie de la Souabe. Prise par Bernard de Saxe-Weimar en 1638.

SÉCLAVES ou sakalaves, peuple de l’île de Madagascar, habite au N. O., depuis le cap d’Ambre jusqu’à la Mansiatre. Féroces et pirates.

SÉCLIN, ch.-l. de c. (Nord) sur la Naviette, à 10 kil. S. de Lille ; 3978 hab. Bel hôpital. Filatures de coton, de lin ; moulins à huile, raffinerie de sel, fabrique de sucre indigène, tanneries. Station du chemin de fer du Nord. — Cette ville, fondée au vie s., était la capit. du Mélantois, petit pays de la Flandre wallone. Les Autrichiens y furent battus par les Français en 1794.

SECOND (Jean), Joannes Secundus, poëte latin moderne, né à La Haye en 1511, m. en 1536, fut reçu docteur en droit à Bourges, s’attacha, comme secrétaire intime, à l’archevêque de Tolède, suivit Charles-Quint en Afrique (1534), mais en rapporta le germe d’une maladie mortelle à laquelle il succomba, à Tournay. Ses Poésies (latines), publiées à Utrecht, 1541, in-2, ont souvent été réimprimées, notamment à Leyde, 1821, par Bochssa fils. On y distingue, outre des Élégies, les 19 pièces connues sous le nom de Baisers de Jean Second; elles ont été trad. en prose par le célèbre Mirabeau et mises en vers par Simon de Troyes, 1786, et par Tissot, 1806.

SECONDAT. V. montesquieu.

SECONDIGNY, ch.-l. de c. (Deux-Sèvres), à 16 k. S. O. de Parthenay ; 1973 h. Haras de baudets.

SECOUSSE (Denis Franç.), historien, né à Paris en 1691, m. en 1754, était avocat au parlement, mais se livra de préférence à des recherches historiques et fut reçu en 1722 membre de l’Académie des inscriptions. Dans ses dernières années, l’excès du travail lui fit perdre la vue. Il fut chargé par d’Aguesseau de continuer la collection des Ordonnances des rois de la 3e race (commencée par Laurière), termina le 2e vol., et en fit paraître 6 autres (de 1729 à 1750), mais sans pouvoir la terminer. On lui doit une bonne Hist. de Charles le Mauvais, 1755-58, et de savants Mémoires, dans le recueil de l’Acad. des inscriptions.

SÉCULAIRES (Jeux), fêtes qui se célébraient à Rome avec beaucoup de pompe pour solenniser l’ouverture de chaque siècle. La célébration n’en fut pas régulière : tantôt on la retarda, tantôt on l’avança. On connaît 12 célébrations de jeux séculaires (en 509, 449, 249, 149, 17 av. J.-C.; en 47, 87, 147, 204, 247, 263, 404 de J.-C.). La fête durait 3 jours ; des supplications, des chants, des distributions au peuple de graines, de fèves, de soufre, comme choses lustrales, un lectisterne, en étaient les principales cérémonies. Horace fit, à la demande d’Auguste, pour la fête de l’an 17 av. J.-C., un chant séculaire que nous possédons encore. — Ces jeux avaient été institués l’an 456 av. J.-C., par ordre d’un oracle Sibyllin, à l’occasion de prodiges effrayants. Ils étaient consacrés à Jupiter, à Junon, à Latone, à Diane, aux Parques, à Pluton et à Proserpine.

SEDAINE (Michel Jean), auteur dramatique, né à Paris en 1719, m. en 1797, était fils d’un pauvre architecte. Ayant perdu de bonne heure ses parents, il se fit tailleur de pierres pour vivre ; mais il lisait et étudiait tout en faisant ce métier et bientôt il le quitta pour se livrer aux lettres, et travailla pour le théâtre. Il réussit surtout dans l’opéra-comique, et fut le véritable créateur de ce genre. Il donna au Théâtre Italien : le Diable à quatre (1756), Rose et Colas (1764), Anacréon, l’Huître et les Plaideurs, le Jardinier, le Roi et le Fermier, le Déserteur, le Faucon, Félix, enfin Richard Cœur de Lion (1784), qui eut un succès extraordinaire ; au Grand Opéra : Aline, reine de Golconde, Amphitryon, Guillaume Tell ; au Théâtre Français : le Philosophe sans le savoir, son chef-d’œuvre (1765), et la Gageure imprévue. On a aussi de lui quelques jolies pièces de vers, entre autres l’Épître à mon habit. Il fut reçu à l’Académie française en 1786. On reproche à Sedaine des négligences de style ; mais ses pièces sont pleines de naturel, d’esprit et d’intérêt. Auger a donné en 1813 ses Œuvres choisies, 3 vol. in-8. La musique de ses opéras est de Philidor, de Monsigny et de Grétry.

SEDAN, ch.-l. d’arr. du dép. des Ardennes, sur la r. dr. de la Meuse, à 22 kil. S. E. de Mézières, à 276 N. E. de Paris par le chemin de fer ; 15 536 hab. Place de guerre, arsenal ; trib. de 1re inst. et de commerce, collége, bibliothèque, église calviniste. Vieux château ( naquit Turenne) : c’est auj. un arsenal, riche en armes curieuses ; statue en bronze de Turenne. Manufact. de draps renommés, dont la 1re fut fondée en 1645 par un certain Codeau : draps noirs fins, casimirs, lainages ; teintureries ; hauts fourneaux, commerce de fer et de quincaillerie ; armes de chasse. — Sedan n’était guère qu’un hameau lorsqu’elle fut achetée en 1424 par Evrard III de la Marck qui l’érigea en principauté et l’agrandit considérablement. Henri Robert de La Marck, ayant embrassé la Réforme, en fit un des foyers du Protestantisme. Charlotte, sœur et héritière du fameux Robert de La Marck, la porta en dot à Henri de la Tour d’Auvergne, comte de Turenne (1591). Richelieu força en 1642 Fréd.-Maurice, duc de Bouillon, complice de Cinq-Mars, à s’en dessaisir en faveur de la France, et la réunit à la couronne ; elle fut annexée à la Champagne. Cette ville avait jadis une université protestante. Patrie de Turenne, Macdonald, Ternaux. Défaite et capitulation de Napoléon III (1er sept. 1870).

SÉDÉCIAS, roi de Juda (597-587), fut mis par Nabuchodonosor sur le trône, à la place de Jéchonias, son neveu ; mais, s’étant révolté, il fut assiégé dans Jérusalem par le roi d’Assyrie. Il se défendit deux ans, fut enfin pris et eut les yeux crevés. Il mourut dans l’exil en Chaldée.

SÉDERON, ch.-l. de c. (Drôme), à 63 kil. S. E. de Nyons, dans une gorge fort étroite ; 710 hab.

SEDGEMOOR, plaine d’Angleterre, dans le comté de Somerset, entre Kingsverton et Bridgewater. Le duc de Monmouth, rebelle, y fut battu et pris par les troupes de Jacques II, en 1685.

SÉDILLOT (J. J. Emmanuel), orientaliste et astronome, né en 1777 à Enghien-Montmorency, m. en 1832, fut professeur-adjoint de turc à l’École des langues orientales, puis secrétaire de l’école attachée à la Bibliothèque du roi, et astronome-adjoint au Bureau des Longitudes. Il seconda Delambre et Laplace dans leurs recherches, traduisit de l’arabe plusieurs livres précieux, notamment le traité d’Aboul-Hassan-Ali sur la construction des instruments astronomiques, et rédigea d’intéressantes dissertations sur divers points d’histoire et de critique orientales.

SEDIMAN, vge de la Moyenne-Égypte, dans le Fayoum. Desaix y défit les Mamelouks le 7 oct. 1798.

SEDJELMESSE, v. du Maroc (Tafilet), à 60 kil. E. de Tafilet, sur la Ziz. Jadis florissante, elle fut la capitale d’un vaste empire fondé par les Almoravides entre l’Atlas et le Sahara, et qui fut puissant du viiie au xiie s. Cette ville est auj. en ruines.

SEDJESTAN ou sedjistan. V. séistan.

SEDLITZ, vge de Bohême (Saatz), à 30 kil. S. O. de Tœplitz ; 1300 h. Manufacture de tabac. Eau saline froide purgative, fort renommée.

SEDULIUS (C. Cælius ou Cæcilius), prêtre du ve s., est auteur d’un poëme latin en hexamètres sur la vie de J.-C., intitulé Paschale Carmen ou De Christi miraculis, en 5 livres (Leips., 1499, et Rome, 1794), qu’il mit ensuite lui-même en prose sous le titre d’Opus paschale (Paris, 1585).

SEDUNI, peuple gaulois des Alpes, habitait la vallée supérieure du Rhône (le Valais), et fit partie sous l’empire romain de la prov. des Alpes Grées-et-Pennines ; capit., Sedunum ou Civitas Sedunorum, auj. Sion.

SEELAND, dans la Baltique, la plus grande des îles du Danemark, à l’extrémité S. E. de la Suède : 7000 k. carr.; 350 000 hab.; capit., Copenhague, qui est aussi la capitale de tout le Danemark. Division : 5 bailliages, Copenhague, Frederiksborg, Holbek, Sorœ, Prestœ. Bonne agriculture ; nombreux bétail.

SEETZEN (Ulrich), voyageur, né en 1767 près de Jever (Oldenbourg), m. en 1811, visita de 1802 à 1804 Constantinople, Alep, Damas, et les pays à l’E. du Jourdain, apprit à fond l’arabe et se fit musulman afin de pouvoir explorer l’Arabie, fit en 1809 le pèlerinage de la Mecque, et parcourut de 1810 à 1811 tout l’Yémen. Il se rendait de Moka à Sana lorsqu’il fut assassiné ou empoisonné par ses guides. Ses Voyages, qui offrent un grand intérêt, ont été publiés en 1854 à Berlin par Kruse.

SÉEZ ou sées, Saii, Sagium, ch.-l. de c. (Orne), sur l’Orne, à 21 kil. N. E. d’Alençon ; 5045 hab. Évêché, suffragant de Rouen ; séminaire, collége. Belle cathédrale gothique, palais épiscopal. Toiles et calicots, bonneterie, gants de peau. — Jadis plus grande et ville forte, elle fut prise et ravagée par les Normands, par les Anglais et pendant les guerres de religion. Patrie de Conté, qui y a une statue.

SEFFIN, v. de la Turquie d’Asie (Diarbékir), sur l’Euphrate, à 130 kil. S. E. d’Orfa. Dans la plaine voisine eut lieu en 657 la bataille dite des Cent dix jours, entre les partisans d’Ali et ceux de Moaviah : c’est le dernier qui l’emporta.

SÉFI (chah), le Néron de la Perse, de la dynastie des Sophis (1628-1642), succéda à son aïeul Abbas le Grand. Il fit exécuter ou priver de la vue tous les princes de son sang, ainsi que les grands, alliés à sa famille, la plupart de ses ministres et de ses généraux. Malgré tant de forfaits, il ne vit aucune révolte éclater contre lui, et mourut paisiblement à Kachan.

SEGALAUNI, peuple de Gaule, dans la Viennaise, à l’E. et le long du Rhône, qui la séparait des Helviens ; au N., ils avaient les Allobroges, à l’E. les Voconces, et au S. les Tricastins. Leur capitale était Valentia (auj. Valence.)

SEGED, v. de Hongrie. V. szeged.

SÉGESTE, dite aussi Acesta et Egesta, v. de Sicile, au N. O., à quelque distance de la mer, et près de la ville actuelle de Calatafimi, possédait des eaux thermales renommées. Elle fut, dit-on, fondée par des Troyens (soit par Crinisus, soit par Énée, qui lui donna le nom du roi Aceste, en reconnaissance du bon accueil qu’il avait reçu de ce prince), et devint florissante aux viie et vie s. av. J.-C. Souvent en guerre avec les villes voisines, elle implora successivement l’appui d’Athènes (417), puis de Carthage (410), ce qui donna lieu d’abord à l’expédition des Athéniens en Sicile, puis à la conquête d’une partie de la Sicile par les Carthaginois. En 317, Ségeste tomba au pouvoir d’Agathocle ; dans les guerres entre Agathocle et les Carthaginois, ceux-ci la détruisirent. Les Romains la relevèrent et la traitèrent avec douceur en raison de son origine troyenne.

SEGESVAR, v. forte de Transylvanie, anc. ch.-l. d’un comitat de son nom, sur la Kockel, à 60 kil. N. E. d’Hermanstadt ; 6500 h. Toiles, drap, étoffes de coton, etc. Elle fut fondée en 1178. On y trouve de nombreuses médailles qui font croire qu’elle fut bâtie sur l’emplacement d’une colonie romaine.

SEGHERS (Gérard), peintre flamand, né à Anvers en 1589, m. en 1651, se perfectionna en Italie, où il étudia surtout les productions de Caravage, puis visita Madrid, où il fut comblé de présents par le roi. Il peignit des sujets sacrés, des scènes familières, des joueurs, des musiciens. La vogue de ses tableaux, en l’enrichissant, lui permit de vivre en grand seigneur. Le musée du Louvre possède de cet artiste un très-beau S. François en extase soutenu par des anges. On admire son Adoration des Mages, dans l’église Notre-Dame à Bruges. — Son frère Daniel, m. en 1660, excella dans le paysage historique et la peinture des fleurs. Il était entré dans l’ordre des Jésuites.

SEGNI, Signia, v. du territoire romain, à, 26 kil. O. de Frosinone ; 3600 h. Évêché. Cathédrale remarquable. C’est, dit-on, dans cette ville que les orgues furent inventées. Restes de murs cyclopéens.

SEGNI (Lothaire de), pape. V. innocent iii.

SEGO, v. de la Nigritie centrale, capit. du Ht-Bambarra, sur le Niger, par 7° 35’ long. O, 13° 5’ lat. N.; env. 30 000 hab. Murs en terre. Entrepôt de commerce de l’Afrique centrale. Connu seulement à la fin du xviiie s., par le voyage de Mungo-Park.

SEGODUNUM, v. d’Aquitaine, auj. Rhodez.

SEGONTIA, auj. Siguenza, v. d’Hispanie (Tarraconaise), chez les Arevaci. Sertorius y livra à Métellus et à Pompée une bataille indécise (75 av. J.-C.).

SEGONZAC, ch.-l. de c. (Charente), à 12 kil. S. E. de Cognac ; 2505 h. Eau-de-vie.

SÉGOR, primit. Bala, auj. Ghor-Zafieh, une des 4 villes de Palestine destinées à périr avec Sodome, fut sauvée par l’intercession de Loth.

SÉGORBE, Segobriga, v. murée d’Espagne (Valence), sur le Murviedro, à 53 kil. N. de Valence ; 6500 hab. Évêché, château fort. — Enlevée aux Maures par Jacques I, roi d’Aragon, en 1245 ; prise par les Français en 1812. Titre d’un duché appartenant à la maison Medina-Céli.

SÉGOVIE, Segubia ou Segovia, v. d’Espagne (Vieille-Castille), ch.-l. de l’intend. de Ségovie, sur un roc, près de l’Eresma, à 78 kil. N. O. de Madrid ; 13 000 h. Évêché ; grande école d’artillerie. Murailles, tours, 4 faubourgs ; cathédrale, Alcazar ou palais royal, aqueduc (attribué à Trajan), Draps autrefois renommés, lainages, toiles, orfèvrerie, verrerie. Aux env., or, plomb, pierres calcaires, marbre, granit, jaspe. Patrie de Dominique Soto. — Jadis capit. des Arevaci. L’armée française a occupé Ségovie de 1808 à 1814. — L’intendance de Ségovie, au centre de l’Espagne, est bornée par celles de Burgos et de Valladolid au N., de Soria au N. E., de Guadalaxara à l’E., de Madrid et de Tolède au S., d’Avila à l’O. ; elle a env. 150 kil. du N. au S. sur une largeur qui varie de 12 à 80 ; 160 000 h. Sol fertile, paturages.

SEGRAIS (j. regnauld de), poëte français, né en 1625 à Caen, m. en 1701, fut longtemps secrétaire, puis gentilhomme ordinaire de Mademoiselle (fille de Gaston d’Orléans); mais, ayant désapprouvé le projet de mariage de cette princesse avec Lauzun, il fut forcé de la quitter (1672), Il passa quatre ans chez Mme de La Fayette, eut part à la composition de 2 romans de cette dame (Zaïde et la Princesse de Clèves), qui parurent même sous son nom, puis se retira à Caen (1676), où il se maria richement. Il faisait par le charme de sa conversation les délices de la société. Segrais avait été reçu membre de l’Académie française dès 1662. On a de lui des Idylles, dont les vers se font quelquefois remarquer par la douceur et le naturel, et qui le placent parmi nos meilleurs poëtes bucoliques ; une traduction en vers de l’Énéide et des Géorgigues; des Nouvelles françaises, écrites pour distraire Mademoiselle et qui se lisent encore avec plaisir, une collection de Portraits et un poëme pastoral d’Athis. Ses Œuvres diverses ont paru à Paris en 1755, 2 vol. in-12, et à Caen en l823. A. Galland a publié en 1722 un Segraisiana. On doit à M. Bredif une étude sur Segrais, sa vie, ses œuvres, 1863.

SÈGRE (la), Sicoris, riv. d’Espagne (Catalogne), sort des Pyrénées, coule au S. O., reçoit les deux Noguera et la Cinca, arrose Puycerda, Urgel, Balaguer, Lérida, Mequinenza, et joint l’Èbre un peu au-dessous de cette dernière ville. Cours, 240 kil.

SEGRÉ, ch.-l. d’arr. (Maine-et-Loire), sur l’Oudon, à 35 kil. au N. O. d’Angers ; 2721 hab. Commerce de toiles, fil, chanvre, grains. Jadis ville forte. Elle a joué un rôle dans les guerres de la Vendée.

SÉGUIER (Pierre), magistrat, né à Paris en 1504, d’une famille originaire de Languedoc, m. en 1580, fut successivement avocat, avocat général, président à mortier, rendit des services importants sous plusieurs rois, combattit les prétentions de la cour de Rome lors des différends du pape Jules III et de Henri II, fit au nom du parlement des remontrances qui empêchèrent l’établissement de l’Inquisition en France, et fut sous François II chargé de fixer les limites entre la France et la Savoie. — Antoine S., fils du précéd., 1552-1626, conseiller au parlement, puis avocat général sous Henri III, refusa d’entrer dans la Ligue, défendit les libertés gallicanes, et fit condamner par le parlement en 1591 une bulle de Grégoire XIV contraire à ces libertés. Henri IV l’envoya en ambassade à Venise. — Pierre, chancelier, né en 1588 à Paris, m. en 1672, était petit-fils du premier Pierre. Il remplit diverses charges au parlement, fut intendant de Guyenne, puis devint, sous Richelieu, garde des sceaux (1633}, et chancelier (1635), s’opposa parfois au cardinal, et plus tard à la régente Anne d’Autriche, mais sans jamais adhérer à la Fronde ; fut par suite privé quelque temps des sceaux, les reprit en 1646, et les garda jusqu’à sa mort. Il présida la commission chargée de juger Fouquet, ainsi que le conseil qui rendit les belles ordonnances de 1669 et 1670, connues sous le nom de Code Louis. Il est un de ceux qui eurent les premiers l’idée de l’Académie française, et il en fut le protecteur après la mort de Richelieu. — Ant. Louis, 1726-91, fut avocat général au grand-conseil, puis au parlement (1755-90), combattit de tout son pouvoir les doctrines philosophiques, donna sa démission lors de l’institution du parlement Maupeou, reparut avec l’ancienne compagnie (1774), émigra au commencement de la Révolution et mourut à Tournay. Il était de l’Académie française depuis 1757.

SÉGUIER (J. Fr.), savant, né à Nîmes en 1703, m. en 1784, d’une famille de magistrats qui avait une origine commune avec celle de Paris, s’occupa de numismatique et de botanique, suivit Scipion Maffei en Italie (1732), parcourut avec lui une partie de l’Europe, revint au bout de 23 ans se fixer à Nîmes avec de riches collections, et fut nommé correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1772). On a de lui, entre autres ouvrages : Bibliotheca botanica, La Haye, 1740, une dissertation sur la Maison carrée de Nîmes, 1759, et une trad. des Mémoires de Maffei. Il a laissé en manuscrit un riche recueil d’inscriptions (conservé à la bibl. de Nîmes).

SEGUIN (Armand), économiste, né à Paris en 1768, m. en 1835, se fit d’abord connaître par ses travaux sur la chimie appliquée aux arts, et découvrit un procédé pour le tannage (1794). Il abandonna la science pour les spéculations financières, s’enrichit comme fournisseur, et eut de fréquents démêlés avec le gouvernement impérial et avec Ouvrard, son rival comme fournisseur. Il a publié plusieurs brochures de circonstance sur des questions de finances.

SÉGUR, bg du dép. de l’Aveyron, dans l’anc. Rouergue, sur le Viaur, à 49 kil. N. de Brives ; 1200 hab. Berceau de la famille des Ségur.

SÉGUR, famille noble et ancienne de Guyenne, compte plusieurs membres qui se sont fait un nom dans les armes et dans les lettres. Les plus connus sont :

Henri François, comte de Ségur, surnommé le Beau Ségur, lieutenant général, né en 1689, m. en 1751, était fils du marquis de Ségur, colonel d’un régiment qui portait son nom. Il débuta dans ce régiment, se signala dans la guerre de la succession d’Autriche, capitula dans Lintz, défendit Prague, et fit une belle retraite à Pfaffenhofen (1745). Il avait épousé une fille naturelle du duc d’Orléans. — Phil. Henri, marquis de S., maréchal de France, fils du préc., 1724-1801. Il se signala dès sa 1re jeunesse à Rocoux, à Laufeld (1747), fut blessé et pris à Klostercamp, après avoir imité le dévouement de d’Assas ; fut fait, à la paix, inspecteur de l’infanterie, puis commandant de la Franche-Comté, devint sous Louis XVI ministre de la guerre (1780), et fut nommé maréchal en 1783. Il remit son portefeuille à l’avènement de Brienne (1787), et vécut depuis dans la retraite. Pendant son ministère, il s’était montré rigide observateur de la justice et avait créé le corps d’état-major, mais on lui reproche d’avoir rendu une ordonnance qui réservait aux seuls nobles toutes les places d’officier. Ruiné et emprisonné pendant la Révolution, il reçut une pension du premier consul. — Louis Philippe, comte de S., lieutenant général, fils aîné du préc., 1753-1830, fit la guerre d’Amérique avec Lafayette, puis fut, quoique bien jeune encore, envoyé comme ambassadeur en Russie, sut plaire à l’impératrice Catherine II et jouit d’un grand crédit auprès d’elle. Il revint en France à la Révolution, vécut quelque temps de sa plume et fut admis à l’Académie française en 1803. Rappelé aux affaires par le premier consul, il fut nommé conseiller d’État, puis grand maître des cérémonies et sénateur. C’était un homme de beaucoup d’esprit. On a de lui un grand nombre d’ouvrages, parmi lesquels on remarque : la Décade historique, la Galerie morale et politique (1817), des Pensées, des Contes et Fables, des Mémoires pleins d’intérêt, une Histoire du règne de Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse, et (avec la collaboration de sa femme), une Histoire universelle à l’usage de la jeunesse, ouvrage qui a eu de la vogue, mais qui est peu scientifique. Ses Œuvres compl. ont été publiées en 33 vol. in-8, 1821-30 — Son fils aîné, le général comte Philippe de Ségur, 1780-1873, après avoir été un des plus brillants officiers de l’Empire et avoir pris une part glorieuse à la campagne de Russie, raconta lui-même cette campagne dans son Histoire de Napoléon et de la grande armée, qui parut en 1824 et qui eut un immense succès. Il fut admis à l’Académie française en 1830. — Jos. Alexandre, vicomte de S., homme d’esprit, mais frivole, 2e fils du maréchal, et frère de Louis-Philippe de S. 1756-1805, était maréchal de camp en 1790 ; depuis cette époque, il se consacra exclusivement aux lettres : il composa plusieurs romans (Correspondance secrète entre Ninon et Villarceaux, la Femme jalouse, etc.), donna diverses pièces aux Français, à l’Opéra-Comique, au grand Opéra, composa nombre de chansons spirituelles et publia les Mémoires de Besenval. — Eugénie, comtesse de Ségur (1800-1875), fille du comte Rostopchine, d’une autre branche que les précédents, a publié, pour les enfants, des Contes estimés.

SEGURA (la), Tader, riv. d’Espagne, naît dans la province de Chinchilla (Murcie), où elle sort de la Sierra Segura, coule à l’E., au S. E., reçoit le Mundo, le Sangonero, le Quipar, etc., arrose Murcie, Orihuela, et tombe dans la Méditerranée à 28 kil. S. O. d’Alicante, après un cours de 250 kil.

SEGUSIAVI, peuple de la Gaule Lyonnaise, s’étendait sur la r. dr. du Rhône entre les Éduens au N., les Arvernes à l’O., les Vellaves au S., les Séquanes à l’E., et avait pour villes principales Lugdunum (Lyon) et Segusiavorum forum (Feurs); il fut soumis successivement aux Arverni et aux Ædui, prit part à la 1re invasion des Gaulois en Italie, et fonda dans la Gaule Cisalpine la ville de Segusio (Suse).

SEGUSIO, v. de la Gaule cisalpine, auj. Suse.

SEGUSTERO, v. de la Narbonaise 2e, auj. Sisteron.

SEIBOUSE (la), Rubricatus, riv. de l’Algérie, naît au S. E. de Constantine, sous le nom de Oued-el-Serf, passe à Guelma et tombe dans la Méditerranée près et à l’E. de Bone, après un cours de 130 k.

SEICHES ou seyches, Aquæ Siccæ, ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), à 12 k. N. E. de Marmande ; 1397 h. Eaux minérales. — Autre ch.-l. de c. (Maine-et-Loire), sur la Loire, à 20 kil. N. O. de Baugé ; 1590 h.

SEID ou sidi, mot arabe qui veut dire seigneur, titre d’honneur que prennent ceux qui prétendent descendre de Mahomet, est aussi porté par les Ismaéliens.

seid, esclave de Mahomet, fut avec Ali le 1er à croire à la mission du prophète, et obtint la liberté en récompense. Il se distingua en toute occasion par un dévouement aveugle, et fut tué en 629 à Moutah (près de Bosra), en combattant contre une armée de Grecs bien supérieure en nombre. Son nom est devenu synonyme de fanatique dévoué.

SEIDE, l’anc. Sidon. V. said.

SEIDSCHUTZ, vge de Bohême (Leitmeritz), à 7 k. S. O. de Bilin et à 6 kil. S. de Sedlitz. Source saline froide, analogue à celle de Sedlitz.

SEIF-ED-DAULAH (Abou-Djafar-Ahmed III), émir de Saragosse en 1130, fut dépouillé de la plus grande partie de ses États par le roi d’Aragon Alphonse I et par le roi de Castille Alphonse-Raimond, fut proclamé roi de Cordoue en 1145, mais ne garda cette royauté que 14 jours, fut néanmoins, après cette chute, proclamé roi à Murcie et joignit à cet État Valence et Denia ; mais, ayant voulu délivrer Xativa, qu’assiégeait Alphonse-Raimond, il fut vaincu et périt à la bataille d’Albacète (1146).

SEIGNE (Col de la), passage des Alpes Grecques, entre la prov. d’Aoste et la Savoie, à 6 kil. N. O. du Petit-St-Bernard et à 13 kil S. O. du Mont-Blanc.

SEIGNELAY, ch.-l. de c. (Yonne), à 13 k. N. d’Auxerre ; 1556 h. Anc. marquisat, qui appartint à Colbert.

SEIGNELAY (J. B. colbert, marquis de), fils aîné de Colbert, né en 1651, m. en 1690, remplaça son père au ministère de la marine dès 1676, fit fleurir la marine, fit bombarder Alger et Tripoli, força les Génois, qui voulaient porter secours à l’Espagne, de venir s’humilier devant Louis XIV (1684) et dirigea avec succès les armements de 1689 et 1690 contre les Anglais et les Hollandais. Il mourut prématurément à 39 ans, d’une maladie de langueur. C’était un homme d’un esprit cultivé, ami des gens de lettres : Boileau lui a adressé sa viie épître.

SEIGNETTE (Pierre), pharmacien de La Rochelle, m. en 1719, découvrit le tartre double de potasse et de soude, qui a longtemps porté son nom. V. sel de seignette dans notre Dict. univ. des Sciences.

SEIKHS ou SYKHS, peuple belliqueux de l’Indoustan septentrional, établi sur les deux rives de Setledge, formait jadis une confédération puissante, en même temps qu’une secte religieuse particulière, dont la croyance est un déisme mêlé de quelques superstitions (V. nanélisme). Au commencement de ce siècle, surtout de 1805 à 1837, les Seikhs s’élevèrent à une haute puissance sous le fameux Runjet-Sing, qui avec leur secours constitua le Royaume de Lahore. Depuis la mort de ce chef, l’anarchie régna parmi les Seikhs, et ils finirent, en 1849, par tomber sous la domination des Anglais. V. lahore.

SEILHAC, ch.-l. de c. (Corrèze), à 13 k. N. O. de Tulle ; 1833 hab.

SEILLE (la), riv. de France, naît dans le dép. du Jura, au mont de La Roche, au N. E. de Lons-le-Saunier, court au S. O., baigne Louhans et tombe dans la Saône au-dessus de Tournus, après un cours de 110 k. — Autre riv. de France, naît dans le dép. de la Meurthe au S. E. de Dieuze, coule au N. O., arrose Dieuze, Marsal, Moyenvic, Vic, où elle reçoit la petite Seille, entre dans le dép. de la Moselle et tombe à Metz dans la Moselle après 105 kil. de cours.

SEIN, Sena, île de l’Atlantique, sur la côte O. du dép. du Finistère, à 4 kil. de cette côte, vis-à-vis de Douarnenez. Elle est très-petite et ne compte pas plus de 500 hab. (tous pêcheurs). Beau phare. Cette île était jadis un sanctuaire mystérieux des Druidesses.

SEINE (la), Sequana, riv. de France, naît à St-Germain-la-Feuille (Côte-d’Or), à 9 kil. N. O. de St-Seine, coule d’abord dans la direction du N. O., puis vers l’O. S. O., et enfin au N. O., à travers les dép. de la Côte-d’Or, de l’Aube, de Seine-et-Marne, de Seine-et-Oise, de la Seine, de l’Eure, de la Seine-Inférieure ; arrose, entre autres villes, Châtillon-sur-Seine, Bar-sur-Seine, Troyes, Méry, où elle devient navigable, Romilly-sur-Seine, Pont-sur-Seine, Nogent-sur-Seine, Montereau, Melun, Corbeil, Paris, St-Denis, St-Germain, Poissy, Meulan, Mantes, Vernon, Pont-de-l’Arche, Rouen, Caudebec, Lillebonne, Quillebœuf, Honfleur, et se jette dans la Manche au Havre, par une embouchure de 12 kil. de large. Son cours, très-sinueux, surtout au-dessous de Paris, est d’env. 800 kil. La Seine reçoit : à droite, l’Ource, l’Aube, la Marne, l’Oise, l’Epte, l’Andelle ; à gauche, l’Yonne, le Loing, l’Essonne, l’Yêre, la Bièvre, l’Eure, la Rille. Parmi les canaux qui s’y rattachent, nous citerons : le canal du Loing (qui la met en communication avec la Loire) ; le canal de Bourgogne (qui l’unit au Rhône par l’Yonne) ; le canal de St-Quentin (qui, par l’Oise, l’unit à la Somme et à l’Escaut), enfin le canal de l’Ourcq. L’altitude de la Seine au-dessus de la mer est de 435m à sa source, et seulement de 34m à Paris et de 8m à Rouen. La marée s’y fait sentir jusqu’à Pont-de-l’Arche : on y remarque, surtout à l’époque des équinoxes, le phénomène de la barre, vague puissante offrant un large front perpendiculaire, qui remonte le fleuve jusqu’à Jumiéges et même jusqu’à Rouen, avec une rapidité qui entraîne tout, en faisant entendre un bruit très-fort qui l’annonce de loin. Dans la Basse-Seine, surtout aux env. de Quillebœuf et de Villequier, des bancs de sable mobiles gênent la navigation : d’importants travaux d’endiguement et de canalisation ont été récemment exécutés pour y porter remède.

SEINE (dép. de la), le plus petit, mais le plus peuplé des dép. de la France, ne se compose que de Paris et de sa banlieue, et est enclavé dans le dép. de Seine-et-Oise : il a 4758 hectares et 1 953 660 h. ; ch.-l., Paris. Ce dép. est formé d’une partie de l’Île-de-France. Il est arrosé par la Seine et la Marne. Beaucoup de carrières de plâtre et de pierre à bâtir ; culture bien entendue : terres améliorées par les engrais et amendements ; nombreux jardins maraichers, pépinières. Gros bétail, vaches laitières, etc. Industrie et commerce immenses (V. paris. — Ce dép. a 3 arr. (Paris, Sceaux, St-Denis) ; il est compris dans la 1re division militaire, forme un archevêché et dépend de la Cour impériale de Paris.

seine-et-marne (dép. de), à l’E. du dép. de Seine-et-Oise, à l’O. de ceux de la Marne et de l’Aube, au N. de ceux du Loiret et de l’Yonne, au S. de ceux de l’Oise et de l’Aisne ; 90 383 hect. ; 352 312 hab. ; ch.-l., Melun. Il est formé de parties de l’Île-de-France, de la Champagne, du Gâtinais et de la Brie. Montueux, bien boisé ; arrosé par la Seine, la Marne, l’Yonne, l’Ourcq, le Loing, et traversé par les canaux de l’Ourcq, du Loing, de Provins. Beaux grès, pierre meulière, albâtre gris, tourbe, pierre de taille et à plâtre, terre à faïence et à potier, etc. Sol très-fertile : céréales, légumes, bons fruits, entre autres le chasselas de Fontainebleau ; vin médiocre. Quelques vastes forêts (celles de Fontainebleau, de Crécy, de Valence). Beaucoup de bétail, vaches, moutons, chevaux. Lainages, chapeaux, porcelaine, faïence, verre, poterie, tuiles, papier ; tissus de coton, toiles peintes ; moulins à huile, à tan, à scie ; fromages de Brie. Commerce actif. — Ce dép. a 5 arr. (Melun, Meaux, Fontainebleau, Coulommiers, Provins) ; Il appartient à la 1re division militaire, ressortit à la Cour imp. de Paris, et a un évêché à Meaux.

seine-et-oise (dép. de), entre ceux de l’Oise au N., du Loiret au S., de l’Eure, d’Eure-et-Loir à l’O., de Seine-et-Marne à l’E., du Loiret au S. {il enveloppe celui de la Seine) ; 559 555 hect. ; 513 073 hab. ; ch.-l., Versailles. Formé d’une partie de l’Île-de-France. Il est arrosé par la Seine, l’Oise, la Marne et l’Essonne, et traversé par le canal de l’Ourcq. Sol montueux et bien boisé (forêts de St-Germain, de Senart, etc.) ; 87 étangs. Grès, craie, tourbe, pierres meulières, à plâtre, à bâtir ; pierres lithographiques ; eaux minérales (à Enghien). Céréales de toute espèce, légumes, fruits (entre autres cerises et fraises), chanvre, foins. Beaucoup de chevaux et de moutons. Toiles peintes, calicots, dentelles, blondes, bonneterie, filatures ; porcelaine, poterie, verre, tuiles ; chandelles, savon, produits chimiques ; moulins à tan, à foulon, à farine ; raffineries d’huile ; fabriques de sucre de betterave ; parfumerie, mégisserie, etc. Très-fort commerce. — Ce dép. a 6 arr. (Versailles, Rambouillet, Corbeil, Mantes, Étampes, Pontoise) ; il appartient à la 1re division militaire et à la cour impér. de Paris ; il forme l’évêché de Versailles.

seine inférieure (dép. de la), dép. maritime, sur la Manche, à l’O. de celui de la Somme, au N. de celui de l’Eure : 610 748 hect. ; 789 988 hab. ; ch.-l., Rouen. Formé de la Normandie proprement dite. Quelques hauteurs à l’E. et au S., beaucoup de riv. côtières dans la moitié septentr. Fer, marbre, grès, pierres calcaires, marne, tourbe ; eaux minérales. Sol très-fertile : céréales de toutes sortes ; légumes, fruits à cidre et autres, lin, chanvre, houblon, fourrages, jonc, varech, etc. Gros bétail : vaches laitières, porcs, moutons, chevaux ; volaille en quantité. Pêche très-active. Industrie et commerce immenses : beurre, fromages, draps, lainages, toiles, cotonnades, rouenneries, calicots ; usines à fer, produits chimiques. — Ce dép. a 5 arr. (Rouen, le Havre, Dieppe, Yvetot, Neufchâtel) ; il dépend de la 2e division milit., a une cour impériale et un archevêché à Rouen.

SÉISTAN ou sedjestan, partie de l’anc. Arie, région d’Asie bornée au N. par l’Afghanistan, au S. par le Béloutchistan, à l’O. par la Perse : 96 000 k. carr. ; ch.-l., Djelalabad. Sol presque partout sablonneux, très-vastes déserts. L’Elmend est la rivière principale du pays ; on y trouve le lac Zerreh. — Jadis province du roy. de Kaboul, le Séistan n’en fait partie auj. que nominalement, et est divisé entre une foule de chefs indépendants, dont les 2 principaux sont : le sultan de Djelalabad et le khan d’Illoumdar. Le Séistan est la patrie de Djemchid et de Roustam, les deux héros mythiques des anciens Perses.

SEIZE (les), comité insurrectionnel formé à Paris pendant la Ligue, se composait d’un grand nombre d’individus, tous fougueux ligueurs, et fut ainsi nommé parce qu’on y choisit 16 membres principaux dont chacun fut chargé d’un des seize quartiers de Paris, Bussy-Leclerc exerçait parmi eux la principale influence. Ils se substituèrent violemment au conseil municipal que présidaient le prévôt des marchands et les échevins. Les Guises n’avaient point eu de part à l’institution des Seize, mais ils s’empressèrent de s’unir à eux, et dès lors Paris devint le centre de la Ligue. Les Seize tentèrent, en 1587 et 1588, d’enlever Henri III, préparèrent en 1588 la journée des Barricades, bouleversèrent en 1589 par des arrestations arbitraires le parlement de Paris, et en formèrent un nouveau, à leur dévotion ; ils furent aussi pour beaucoup dans la résistance de Paris à Henri IV (1590). Mais dès ce temps ils avaient cessé de marcher avec Mayenne, nouveau chef des Guises. En 1591, ils se déclarèrent pour le jeune Charles, duc de Guise (fils du Balafré), espérant le gouverner plus aisément, et demandèrent pour reine à Philippe II sa fille Claire-Isabelle-Eugénie, dont ils comptaient faire l’épouse du jeune prince. Ils venaient de mettre à mort trois membres du parlement (V. brisson), lorsque Mayenne, marchant à l’improviste sur Paris força Bussy-Leclerc à lui rendre la Bastille, et anéantit le pouvoir des Seize (1591).

SÉJAN, Ælius Sejanus, fameux ministre de Tibère, était un simple chevalier romain, natif de Vulsinies. Il réussit, avec Drusus, à apaiser la révolte des légions de Pannonie, fut nommé par Tibère chef des prétoriens, accrut de jour en jour son ascendant sur l’empereur, qui avait mis en lui toute sa confiance, fut chargé de tous les soins du gouvernement lorsque le vieux prince se retira à Caprée, et se rendit odieux par sa tyrannie et son avarice, D’une ambition insatiable, il finit par aspirer à l’empire : il sollicita pour y mieux réussir la main de Livie, belle-fille de Tibère et veuve de Drusus, qu’il avait déjà séduite et décidée à empoisonner son époux. N’ayant pu obtenir sa main, il forma un complot contre l’empereur ; mais Tibère devina et déjoua tout. Sur une lettre venue de Caprée, le favori fut arrêté en plein sénat, conduit à la prison et aussitôt étranglé, l’an 31. Séjan laissa une mémoire abhorrée : la populace traîna son corps par les rues de Rome et le jeta dans le Tibre.

SEL (le), ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), à 50 kil. N. E. de Redon ; 638 hab.

SELDEN (J.), homme d’État, né en 1584 à Salvington (Sussex), m. en 1654, parut aux sessions de la Chambre des Communes de 1624, 26, 28, où il se montra l’antagoniste de la cour, fit partie du comité chargé de dresser l’acte d’accusation de Buckingham, 1626 ; fut emprisonné (1628) et longtemps persécuté pendant la période où Charles I régna sans Chambres ; reparut en 1640 dans le Long-Parlement, et s’y montra fort modéré. N’obéissant qu’à sa conscience, il paraissait factieux aux royalistes et faible aux indépendants. Il signa le Covenant en 1644 ; néanmoins, il refusa, sous Cromwell, de combattre les apologies publiées en faveur de Charles I. C’est un des beaux caractères de la révolution anglaise. Il a laissé beaucoup d’écrits, les uns d’érudition, les autres de politique, qui ont été réunis en 3 vol. in-fol., Londres, 1726 ; on y remarque le Mare clausum, traité contre la liberté des mers, qu’il opposa au Mare liberum de Grotius, et des Commentaires sur les marbres d’Arundel (1629).

SELDJOUCIDES (Turcs), dynastie orientale, a pour chef Togroul-Beg, petit-fils de Seldjouk, qui, sorti des steppes du Turkestan, s’empara, à la tête d’une horde turcomane, de Nichapour, 1037, conquit l’empire des Gaznévides, mit fin au règne des Bouides d’Ispahan, 1055, et se rendit maître de Bagdad, 1060. À sa mort, en 1063, Alp-Arslan, son neveu, soumit la Géorgie, l’Arménie et une partie de l’Asie-Mineure. Mélik-Chah, fils d’Alp-Arslan, rangea sous ses lois presque toute la Syrie et diverses régions de l’Asie centrale (1072-92); mais dès 1074 Soliman, son cousin, fonda un 2e État seldjoucide à Konieh, État qui comprit l’Asie-Mineure presque entière, la Cilicie et l’Arménie. Après la mort de Mélik, Alep, Damas, Antioche, Moussoul formèrent aussi de petites principautés seldjoucides, mais très-inférieures en puissance aux deux empires ci-dessus nommés. La plupart de ces principautés furent renversées pendant les Croisades par les Chrétiens ou par les sultans du Kharism. Les Seldjoucides de Perse finirent en 1194 dans la personne de Togroul II. V. perse, konieh, etc.

SELEF, riv. d’Anatolie. V. calycadnus.

SELEFKEH, Seleucia Trachea ou Sel. Ciliciæ v. de la Turquie d’Asie, ch.-l. de livah, dans le pachalik d’Adana, sur le Selef (Calycadnus), à 16 kil. de son embouchure et à 98 kil. S. O. de Tarsous, ne se compose guère que de cabanes en terre ou en bois. Superbes ruines (théâtre, temple, portiques, nécropole, citadelle, immenses citernes).

SÉLÈNE, nom grec de la Lune ou Diane.

sélène (Cléopâtre), princesse égyptienne, fille de Ptolémée Évergète II, épousa son frère Ptolémée Lathyre (117 av. J.-C.), puis Antiochus Grypus, roi d’Antioche, et enfin Antiochus Eusèbe, neveu de Grypus, et roi de Damas, eut de ce dernier Antiochus l’Asiatique et Seleucus Cybiosactès, et gouverna pendant la minorité de ses enfants, de 80 à 70 av. J.-C. Elle fut mise à mort par Tigrane, roi d’Arménie, qui avait envahi la Syrie.

SÉLENGA, Æchardus, riv. d’Asie, naît en Mongolie, dans le pays des Kalkhas, coule à l’E., puis au N., entre en Sibérie, baigne Sélenginsk et Verknéi-Oudinsk, et tombe dans le lac Baïkal, par 52° 25’ lat. N., après un cours d’env. 1000 kil.

SÉLEUCIDE, contrée de la Syrie, ainsi nommée de Séleucus Nicator, s’étendait le long de la Méditerranée depuis le golfe d’Issus au N. jusqu’à l’embouch. de l’Oronte au S. On l’a souvent nommée Tétrapole, à cause de ses 4 villes principales : Séleucie (Seleucia Pieria), Antioche, Laodicée et Apamée.

SÉLEUCIDES, dynastie macédonienne qui régna sur la Syrie et la Hte-Asie après la mort d’Alexandre, tirait son nom de Séleucus I, un des généraux de ce prince. Sa domination fut de 247 ans (311-64 av. J.-C.). On appelle Ère des Séleucides une ère qui commence à leur avénement. Pour leur succession, V. syrie.

SÉLEUCIE, Seleucia, 1re capit. du roy. de Syrie sous les Séleucides, était en Babylonie, au N., sur la rive droite du Tigre, et fut fondée par Séleucus Nicator vers 307 av. J.-C.; elle passa en 140 sous le pouvoir des rois parthes avec les prov. à l’E. de l’Euphrate, et fut alors remplacée comme capitale des Séleucides par Antioche. La fondation de Ctésiphon sur l’autre rive du Tigre porta un coup fatal à Séleucie, qui depuis ne fit que décliner. Auj. il n’existe de ces deux villes que des ruines, dites Al-Madaïn, aux env. de Bagdad. — On connaît 3 autres Séleucies : Seleucia Pieria, dans la Séleucide, près du mont Piérus et à l’embouch. de l’Oronte ; — Seleucia ad Taurum, en Pisidie, au pied du Taurus ; — Seleucia Ciliciæ ou Trachea, auj. Selefkeh, en Cilicie, sur le Calycadnus et près de son embouchure.

SÉLEUCUS I, dit Nicator (vainqueur), roi de Syrie, chef de la dynastie des Séleucides, né en 354 av. J.-C., fut un des meilleurs officiers d’Alexandre ; il était, lors de la mort de ce prince, gouverneur de la Médie et de la Babylonie, et avait le commandement de la cavalerie (323). Il eut part à la ligue formée par Antigone contre Perdiccas (321), reçut après la victoire la province de Babylonie, accéda à la ligue contre Polysperchon et Eumène, se vit, en 315, chassé de sa province et proscrit par Antigone, qui tendait à engloutir seul la monarchie d’Alexandre, se sauva en Égypte près de Ptolémée, jeta avec lui les bases d’une ligue contre Antigone, et après la victoire de Gaza (312), rentra dans la Babylonie, qui l’accueillit avec ivresse, y joignit l’Assyrie, la Médie, resta possesseur de ces 3 provinces par la paix de 311, acquit ou soumit ensuite la Perse, l’Hyrcanie, la Bactriane et toute la Hte-Asie jusqu’à l’Indus, entra dans la ligue qui détrôna Antigone, et, après la victoire décisive d’Ipsus (301), réunit à ses vastes États la Syrie, la Phrygie, l’Arménie, la Mésopotamie. Il ne tarda pas à se brouiller avec Ptolémée et Lysimaque, et s'unit contre eux à Démétrius Poliorcète, fils d’Antigone, dont il épousa la fille ; mais il eut bientôt à combattre aussi son beau-père qui voulait s’établir en Asie (286) : il le fit prisonnier et le tint deux ans captif (284-83); puis il marcha contre Lysimaque, roi de Thrace et de Macédoine, le battit à Cyropédion (282), ce qui lui valut le surnom de vainqueur des vainqueurs, et se fit proclamer lui-même roi de Macédoine, de Thrace et de l’Asie-Mineure. Il fut tué, au bout de 7 mois, par Ptolémée Céraune (281), qui l’avait inutilement sommé de l’aider à se placer sur le trône d’Égypte. — II, Callinique (le victorieux), 247-25, vit tout son royaume envahi et ravagé par Ptolémée III, qui lui enleva plusieurs provinces et emporta un immense butin (242). Pendant ce temps, l’empire parthe, formé aux dépens des Séleucides, se consolidait par des victoires ; le rebelle Antiochus Hiérax se déclarait roi des provinces de l’Asie-Mineure ; Eumène et Théodote s’agrandissaient, l’un à Pergame (242), l’autre en Bactriane (241). Séleucus marcha contre les Parthes, mais il fut vaincu et pris, et mourut dans les fers. Malgré son surnom, il fut toujours vaincu. — III (225-222), fils du précéd., d’un caractère faible, ne fit rien de remarquable, et périt assassiné par deux de ses officiers, en marchant contre des rebelles dans l’Asie-Mineure. — IV, Philopator (186-174), fils d’Antiochus le Grand, vexa les Juifs, tenta vainement de défendre Pharnace, roi de Pont, contre Eumène, roi de Pergame, et accorda toute sa faveur à Héliodore, qui cependant l’empoisonna et prit lui-même la couronne. — V, fils de Démétrius II Nicator et de Cléopâtre, fut proclamé roi à la mort de son père, 124, mais fut bientôt après assassiné par ordre de sa propre mère, qui mit à sa place son 2e fils, Antiochus Grypus, 123. C’est le Séleucus de la Rodogune de Corneille (V. cléopâtre). — VI, Épiphane (l’illustre), fils aîné d’Antiochus Grypus, ne régna d’abord (97 av. J.-C.) que sur une portion de la Syrie dont Antioche était la capitale, tandis qu’Antiochus de Cyzique, son oncle, régnait sur Damas ; il parvint à reprendre sur celui-ci tout le royaume ; mais il trouva un nouveau compétiteur dans Antiochus-Eusèbe, fils d’Antiochus de Cyzique, fut obligé de se retirer devant lui, et périt à Mopsueste (93).

SELGE, v. de Pisidie, vers le S., au pied du Taurus et sur le Cestros, était très-populeuse. Fondée par une colonie lacédémonienne, elle conserva longtemps son indépendance, et ne fut soumise que par les Romains. Belles ruines au N. E. du village de Boujak.

SELIGENSTADT, ville forte du grand-duché de Hesse-Darmstadt, sur la r. g. du Mein, à 28 kil. N. E. de Darmstadt ; 2600 hab. Anc. abbaye de Bénédictins, fondée par Éginhard et par Emma, fille de Charlemagne (l’église contint jusqu’en 1810 leurs tombeaux, qui ont été transférés à Erbach).

SÉLIM I, le Féroce, sultan ottoman, fils de Bajazet II, né en 1467, régna de 1512 à 1520. Plein de courage et de fermeté, mais ambitieux, perfide et cruel, il détrôna et fit périr son père, ordonna la mort de plusieurs de ses frères, déclara la guerre au chah de Perse Ismaël, prince Chyite qui persécutait les Sunnites, le battit à Tchaldir (1514), soumit la Syrie (1516), et conquit l’Égypte, où il mit fin à la puissance des Mamelouks (1517). De plus, il se fit céder par le dernier des califes abbassides le titre d’iman avec le pouvoir de calife, ce qui le mit au-dessus de tous les princes musulmans. — II, l’Ivrogne, fils de Soliman II, devint sultan en l566, fit la guerre au pape, à Philippe II, roi d’Espagne, aux Vénitiens, auxquels il enleva Chypre en 1570, perdit en 1571 la grande bataille de Lépante, mais n’en réussit pas moins à reprendre Tunis aux Espagnols dès 1573. Il mourut de débauche. — III, né vers 1761, monta sur le trône à la mort de son oncle Abdoul-Hamid (1789), eut à soutenir contre la Russie et l’Autriche une guerre désastreuse que termina la paix d’Iassi (1792), fit cause commune avec l’Angleterre quand Bonaparte envahit l’Égypte, conclut cependant la paix avec la France en 1802, et depuis lors ne s’occupa plus que de réaliser son plan favori, l’introduction de la civilisation européenne dans ses États ; mais ses mesures, trop brusques et souvent violentes, mécontentèrent le peuple et les janissaires : il fut, par une révolution subite, détrôné et relégué dans le sérail (1807). Mustapha Béiraktar ayant tenté de le rétablir, le nouveau sultan, Mustapha IV, le fit étrangler dans sa prison (1808).

SELIMNO, Selymnia, l’Islimnia des Turcs, v. de la Turquie d’Europe (Bulgarie), ch.-l. de sandjakat, sur un affluent de la Tondja et sur le versant S. des Balkans, à 130 kil. N. d’Andrinople ; 20 000 h. Lainages, canons de fusils ; aux env., rosiers en quantité, d’où l’on tire l’huile essentielle de roses. Très-grande foire. Selimno commande le Demir-Kapou ou Porte-de-Fer, un des passages les plus importants des Balkhans. Elle fut prise par les Russes en 1829. — Le sandjakat de S. ne compte pas moins de 200 000 h.

SÉLINONTE, Selinus, auj. Torre di Polluce ? v. de Sicile, sur la côte S. O., était une colonie des Mégariens d’Hybla et fut fondée en 628 av. J.-C. Elle formait un État particulier fort riche, mais souvent en guerre avec Ségeste, et par suite avec Carthage. Détruite par les Carthaginois en 409 av. J.-C., elle fut relevée par Hermocrate (beau-frère de Denys le Jeune), puis de nouveau saccagée en 249 av. J.-C.; les Sarrasins la ruinèrent en 827, et les tremblements de terre renversèrent ce qui restait de ses monuments. On en voit cependant des ruines magnifiques au S. de Pilieri. — Près de Sélinonte, au S. O., était Thermæ Selinuntinæ, auj. Sciacca.

sélinonte, Selinus, auj. Selinti, v. de l’Asie-Mineure (Cilicie), au N. O. d’Antioche, à l’embouchure du fleuve Selinus. Trajan mourut dans cette ville, ce qui lui fit donner le nom de Trajanopolis.

SÉLIS (Nic. Jos.), homme de lettres, né à Paris en 1737, m. en 1802, fut professeur d’éloquence au collége de Louis le Grand, de belles-lettres à l’école centrale du Panthéon, puis remplaça Delille dans sa chaire de poésie latine au Collége de France. Il a laissé, entre autres ouvrages, une bonne traduction en prose de Perse (Paris, 1776 et 1812, in-8), et des Épîtres en vers (1776), d’une touche facile et spirituelle. Il fut de l’Institut dès la création.

SELKIRK, v. d’Écosse, ch.-l. du comté de Selkirk, à 55 k. S. S. E. d’Édimbourg ; 3000 h. Hôtel de ville, bibliothèque, monuments élevés à W. Scott et à Mungo-Park. Cordonnerie, bonneterie, rubans de fil. À 6 k. de la ville est Abbotsford, la célèbre résidence de W. Scott. Il se livra en 1645 à Selkirk une bataille dans laquelle le général des troupes parlementaires, Lesly, défit le comte de Montrose. Après la bataille de Flodden les Anglais brûlèrent Selkirk (1513). — Le comté, entre ceux de Roxburg à l’E., de Dumfries au S., de Peebles à l’O., a 45 k. sur 22, et 900 hab.

SELKIRK (Alexandre), marin écossais, né vers l680, à Lasgo (Fife), était maître sur un bâtiment commandé par le capitaine Pradling qui, mécontent de lui, l’abandonna dans l’île déserte de Juan-Fernandez : il y vécut seul quatre ans et demi à force d’industrie. Au bout de ce temps, il fut trouvé et ramené en Angleterre par Woods Rogers, 1709. Son aventure a fourni à Daniel de Foë le sujet du Robinson Crusoé.

SELLASIE, Sellasia, v. de Laconie, au N. de Sparte, fameuse par la victoire qu’Antigone Doson et les Achéens y remportèrent sur Cléomène III et les Lacédémoniens en 221 av. J.-C. Cette victoire assujétit Sparte à la Macédoine. Ruines près de Kravata.

SELLES-SUR-CHER, ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), à 18 kil. S. O. de Romorantin ; 4672 h. Anc. abbaye de Feuillants, fondée par Childebert ; château, bâti par Philippe de Béthune, frère de Sully.

SELLIÈRES, ch.-l. de c. (Jura), sur la Bienne, à 19 kil. N. de Lons-le-Saunier ; 1857 h. Chevaux de trait, ustensiles en sapin. — V. scellières.

SELLUM, officier juif, tua Zacharie, roi d’Israël (766), et se plaça sur le trône ; mais il fut lui-même mis à mort un mois après par Manahem.

SÉLOMMES, ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), à 11 k. E. de Vendôme ; 846 hab.

SÉLONGEY, ch.-l. de cant. (Côte-d’Or), sur la Venelle, à 34 kil. N. E. de Dijon ; 1530 h. Chapeaux, serges et droguets, étaux en fonte, eau-de-vie de pommes de terre, mégisserie.

SELTZ ou nieder-selters, Elizatium, vge de Prusse (Nassau), à 41 kil. N. de Mayence ; 1000 hab. Eaux gazeuses acidulées froides recherchées pour leurs vertus digestives ; elles s’expédient et s’imitent par toute l’Europe.

seltz, ville d’Alsace-Lorraine, sur le Rhin, rive g., au confluent de ce fleuve avec la Selzbach, à 24 kil. S. E. de Wissembourg ; 1991 hab. Il s’y trouve aussi des eaux minérales mousseuses et salées.

SÉLUNE (la), riv. de France (Manche), naît près de Barenton (arr. de Mortain), coule à l’O. N. O., reçoit le Beuvron et la Sée et se jette dans la baie du mont St-Michel, après 80 kil. de cours.

SÉLYMBRIE, auj. Silivri, v. de Thrace, au S.E., sur la Propontide, entre Héraclée et Byzance, était une colonie de Mégare. Souvent en guerre avec les Thraces, puis avec les Macédoniens, elle tomba enfin au pouvoir de Philippe. Sous l’Empire grec, elle reçut le nom d’Eudoxiopolis en l’honneur d’Eudoxie, femme d’Arcadius. C’est à Sélymbrie que commençait la muraille qu’Anastase fit construire de la Propontide au Pont-Euxin, pour couvrir Constantinople.

SEM, fils aîné de Noé, est le chef de la race qui a peuplé l’Asie. Il eut 5 fils, Élam, Assur, Arphaxad, Lud, Aram, qui furent pères de grands peuples ; le 3e, Arphaxad, compte Abraham dans sa descendance. Sem vécut 600 ans, de 3408 à 2808 av. J.-C.

SEMBLANÇAY. V. samblançay.

SÉMÉI, parent de Saül, insulta David pendant qu’il fuyait devant Absalon révolté. Salomon, que David avait chargé de sa vengeance, le fit décapiter.

SÉMÉLÉ, une des filles de Cadmus et d’Harmonie, fut aimée de Jupiter, qui la rendit enceinte de Bacchus. Junon, jalouse, s’introduisit auprès de Sémélé sous les traits de Béroë, sa nourrice, et lui conseilla perfidement d’exiger du dieu qu’il vînt la visiter dans tout l’éclat de sa gloire. Sémélé se laissa persuader, et détermina Jupiter à lui accorder sa demande ; mais à peine le Dieu fut-il entré que l’édifice s’embrasa et Sémélé périt dans l’incendie : néanmoins Bacchus, qu’elle portait dans son sein, fut miraculeusement conservé (V. bacchus). Selon quelques traditions, elle fut transportée au ciel sous le nom de Thyonée.

SEMENDRAKI, l’anc. Samothrace, île de l’Archipel, à 37 k. S. de la côte de la Roumélie, au N. O. de l’île d’Imbros, appartient aux Turcs et est comprise dans le sandjakat de Gallipoli. V. samothrace.

SÉMENDRIE, c.-à-d. St-André, anc. capitale de la Servie, au confluent du Danube et de la Jessowa, à 44 kil. S. E. de Belgrade ; 12 000 h. Siége d’un archevêché, château fort. — Jadis résidence des rois de Servie. Prise et reprise par les Hongrois et les Turcs, elle resta définitivement aux derniers (1718).

SÉMIGALLE, petit pays compris jadis dans le duché de Courlande, et auj. dans le gouvt russe de Courlande, avait pour ch.-l. Mittau.

SEMINARA, Tauriana, v. d’Italie, dans l’anc. roy. de Naples (Calabre-Ult. 1re), à 4 kil. de la mer Tyrrhénienne, à 38 kil. N. N. E. de Reggio ; 5000 hab. Détruite par les Sarrasins au xie s., renversée en 1638 et 1783 par des tremblements de terre, mais mieux rebâtie depuis. — Les Français y battirent Gonzalve de Cordoue en 1495 ; celui-ci y prit sa revanche en 1503. Les Français y défirent en 1807 les troupes de la reine de Naples Caroline.

SÉMINOLES, peuple de l’Amérique. V. criks.

SEMIPALATINSK (c.-à-d. les sept Palais), v. forte de la Russie d’Asie (Tomsk), ch.-l. du district de son nom, sur la r. dr. de l’Irtych, au S. E. d’Omsk ; 3000 hab. Grand commerce par caravanes (avec la Boukharie et la Chine). — Le district est formé de parties de la Sibérie et du Turkestan russe situées au N. de l’Irtych. Il est habité par des Kirghis.

SÉMIPÉLAGIANISME, hérésie professée au ve s. par Fauste et Cassien, prétendait concilier les opinions des Pélagiens avec celles des orthodoxes sur la grâce et le péché originel.

SÉMIRAMIS, reine d’Assyrie, célèbre par son génie et sa beauté, avait d’abord été esclave. Ménonès, général au service de Ninus, ayant reconnu ses hautes qualités, la prit pour épouse ; Ninus lui-même en devint épris, et se la fit céder par Ménonès. Sémiramis acquit bientôt sur ce prince un pouvoir sans bornes ; elle le suivit en Bactriane, et la prise de Bactres fut le fruit de ses conseils. Ninus alors l’épousa. Selon une tradition, elle demanda un jour à son époux de lui céder pour un moment tout le pouvoir : celui-ci y ayant consenti, elle en usa pour le faire massacrer par ses gardes. Quoi qu’il en soit, elle lui succéda (1916). Elle agrandit, embellit, fortifia Babylone, l’entoura de murs si larges que deux chariots pouvaient y passer de front, construisit de larges quais couverts de jardins magnifiques, ainsi qu’un pont sur l’Euphrate, une galerie sous le lit du fleuve et un lac pour la décharge des eaux surabondantes. Devenue maîtresse de l’Arménie, elle y fit construire Artemita (Van), et y exécuta des travaux non moins magnifiques qu’à Babylone. Elle soumit l’Arabie, l’Égypte, une partie de l’Éthiopie et de la Libye, et toute l’Asie jusqu’à l’Indus ; mais, ayant éprouvé une défaite sur les bords de ce fleuve, elle ne poussa pas plus loin ses conquêtes. Valère Maxime raconte que, de retour dans sa capitale, elle eut à comprimer une sédition, qui éclata pendant qu’elle était à sa toilette : elle sortit aussitôt de son palais à demi parée, la chevelure en désordre, et à sa vue tout rentra dans l’ordre. Peu après elle expira, laissant le trône à son fils Ninyas, qui peut-être abrégea ses jours (1874). Sémiramis avait fait fleurir dans son vaste royaume le commerce et la civilisation. Les Assyriens l’adorèrent sous la forme d’une colombe (on racontait qu’elle avait été élevée par des colombes ; son nom même voulait dire colombe). Il règne la plus grande incertitude sur l’époque et l’histoire de Sémiramis. Certaines traditions l’accusent d’avoir mené la vie la plus dissolue et d’avoir fait périr, non-seulement son époux, mais tous ses enfants, à l’exception de Ninyas, parce qu’ils la pressaient d’abdiquer. Quelques savants placent son règne au xiie ou même au viiie s. av. J.-C. Il est croyable que les actions attribuées à Sémiramis appartiennent à plusieurs princesses différentes.

SÉMITES, peuples issus de Sem. V. sem.

SÉMITIQUES (Langues), famille de langues qui étaient parlées surtout par les peuples de l’Asie occidentale, issus de Sem. L’arabe ancien en est le type ; l’hébreu, le syriaque, le phénicien, le chaldéen, et peut-être l’ancien égyptien et le copte en sont les idiomes principaux. M. Renan a donné l’Hist. des langues sémitiques, 1856.

SEMLER (Jean Salomon), théologien protestant, né à Saalfed en 1725, m. en 1791, élève et successeur de Baumgarten, professa l’éloquence à Altdorf, puis la théologie à Halle, et adopta un système hardi d’exégèse, qui réduit le Christianisme à une doctrine purement humaine. On a de lui, entre autres écrits : Introduction à l’exégèse théologique (en allem.), Halle, 1760-69 ; Institutio ad doctrinam christianam, 1774, Philosophia, Scripturæ interpres, 1775 ; un Essai d’une Démonologie biblique, 1776.

SEMLIN, v. des États autrichiens (Esclavonie), sur le Danube, près de l’embouch. de la Save, à 80 kil. S. E. de Petervaradin et vis-à-vis de Belgrade ; 10 000 hab. Résidence d’un protopape ; école juive, lazaret. Commerce actif, surtout avec l’Autriche et la Turquie. — Cette ville fut fondée en 1739, sur l’emplacement d’un château de Jean Hunyade.

SÉMONVILLE (Ch. Louis huguet, marquis de), pair de France, fils d’un secrétaire du roi, né en 1754, m. en 1839, entra au parlement de Paris comme conseiller aux enquêtes en 1777, fut chargé sous la République de plusieurs missions à l’étranger, fut arrêté en 1793 par ordre du gouvernement autrichien pendant qu’il se rendait à Constantinople comma ambassadeur, et fut échangé en 1795, ainsi que plusieurs autres conventionnels, contre la fille de Louis XVI ; aida au 18 brumaire, fut nommé conseiller d’État, ambassadeur en Hollande, et sénateur (1805). Pair de France en 1814, il reçut le premier le titre de grand référendaire de la Chambre des pairs. Le 29 juillet 1830 il se rendit aux Tuileries et essaya vainement d’engager les ministres à se retirer ; Charles X, voyant sa cause perdue, le chargea, mais trop tard, de négocier avec les vainqueurs. Continué dans ses fonctions de grand référendaire par le nouveau roi, Sémonville s’en démit en 1834.

SEMOY, riv. qui naît près d’Arlon (Luxembourg), sur les limites de la France, coule à l’O., arrose Bouillon, et se jette dans la Meuse par la r. dr. près de Monthermé (Ardennes); cours, 160 kil.

SEMPACH, bourg de Suisse (Lucerne), sur la rive orientale du lac de Sempach, à 13 kil. N. O. de Lucerne; 1100 h. Les Suisses y remportèrent sur les Autrichiens, le 9 juillet 1336, une victoire mémorable, illustrée par le dévouement d’Arnold de Winkelried. On nomme Convention de Sempach l’acte de confédération conclu entre eux en 1393.

SEMPAD, le Confesseur ou le Martyr, prince arménien, de la race des Pagratides, régna sur l’Arménie de 890 à 914, résista vaillamment aux Musulmans, leur disputa pied à pied toutes ses places fortes, mais finit par tomber entre leurs mains : ayant refusé d’abjurer, il fut écorché vif et mis en croix.

SEMPRONIE, Sempronia, femme de Scipion Émilien et sœur des Gracques, était haïe de son mari à cause de sa laideur et de sa stérilité. On soupçonne qu’elle trempa dans la mort de ce grand homme. — Femme d’un certain Junius qui fut consul l’an 77 av. J.-C., était une des femmes les plus spirituelles, mais aussi une des plus vicieuses de son temps ; elle prit une part active à la conjuration de Catilina.

SEMPRONII forum (Ombrie), auj. Fossombrone.

SEMPRONIUS, nom de 2 familles romaines, l’une patricienne, l’autre plébéienne : à celle-ci appartenaient les Gracchus, les Longus, les Tuditanus. — Tib. Sempronius-Gracchus, consul en 215 et 213 av. J.-C., battit, à la tête des esclaves volontaires, le général carthaginois Hannon à Bénévent, 214 ; il périt dans une embuscade en 212. Il était l’aïeul des Gracques. — Tib. S. Longus, consul en 218 av. J.-C., perdit la bataille de la Trébie contre Annibal, mais obtint plus tard quelques avantages en Lucanie, 215. — P. S. Tuditanus, tribun légionnaire à la bataille de Cannes, échappa au désastre de cette journée et ramena ses soldats à Rome. Consul en 203, il conclut la paix avec Philippe V, et vainquit Annibal à Crotone. — Tib. et Caïus S. Gracchus. V. gracchus.

SEMUR ou semur-en-auxois, Semurium, ch.-l. d’arr. (Côte-d’Or), sur un rocher de granit au pied duquel coule l’Armançon, à 70 kil. N. O. de Dijon. 3675 h. Jolie ville, divisée en trois parties, le Bourg, le Donjon, le Château. Trib., collége, bibliothèque, musée. Beau pont d’une seule arche, église gothique de Notre-Dame, élevée en 1065 par le duc Robert de Bourgogne, pour expier un meurtre ; restes d’anciennes tours. Tanneries, commerce de grains, vins, bestiaux, chevaux. Patrie de Saumaise, de Gueneau de Montbéliard, du chevalier Bonnard, de Ch. Févret. Fondée, après la destruction d’Alise, par ceux qui échappèrent au sac de la ville, elle devint la capitale de l’Auxois ; elle obtint une charte de commune en 1276. Henri IV y transféra le parlement de Dijon en 1590.

semur-en-brionnais, Castrum Sinemurum, ch.-l. de c. (Saône-et-Loire), à 38 kil. S. O. de Charolles ; 1638 h. Anc. baronnie et capit. du Brionnais.

SENA ou sena gallica, auj. Sinigaglia, v. de l’Italie ancienne, chez les Senones, bâtie vers 358 av. J.-C. par les Gaulois Sénonais, à l’embouch. de la Sena (auj. Cesano). Les Romains y conduisirent, en 283 av. J.-C., leur première colonie au delà de l’Apennin. Asdrubal, frère d’Annibal, y fut défait et tué par Cl. Néron et Liv. Salinator (207). — sena julia, Sienne, v. d’Étrurie, au S. O. de l’Umbro et au N. E. de Volaterra, devint colonie romaine sous Auguste.

sena, v. de la capitainerie générale portugaise de Mozambique, sur la r. dr. du Zambèze, par 32° 10 long. E., 17° 12’ lat. S. Commerce avec l’intérieur. — On nomme Rivières de Sena un gouvt de la capitainerie générale de Mozambique, entre le pays d’Yambara, le Sofala et le Monomotapa ; 650 kil. sur 212 ; villes principales : Sena et Tette (ch.-l.). Sol très-fertile, superbes forêts, café, indigo, plantes médicinales ; or, argent et autres métaux. Ce n’est guère pour les Portugais qu’une possession nominale.

SÉNAC (J. B.), médecin, né en 1693 près de Lombez, m. en 1770, avait été protestant ; il se convertit et même se fit jésuite. Il guérit le maréchal de Saxe d’une maladie dangereuse, devint premier médecin de Louis XV (1752), et jouit d’un grand crédit. On a de lui, entre autres écrits, un Traité de la structure du cœur (1748), réimprimé en 1777 et 1783 avec notes et additions de Portal, et des Mémoires, dans le recueil de l’Académie des sciences. — Son fils, Gabriel Sénac de Meilhan (1736-1803), fut maître des requêtes, intendant d’Aunis, de Provence, de Hainaut, puis intendant de la guerre (1775), émigra en Russie, et fut admis dans la Société intime de Catherine II, qui lui fit une pension. On a de lui : Principes et causes de la Révolution française, Paris, 1790 ; l’Émigré, roman historique ; Considérations sur les richesses, 1787 ; Sur l’esprit et les mœurs, 1788 ; Portraits des personnages distingués de la fin du xviiie s., 1813 (posthume); Mém. d’Anne de Gonzague, etc.

SÉNANCOUR (Ét. P. de), écrivain, né à Paris en 1770, m. en 1846, perdit une grande fortune à la Révolution, se retira sur les bords du lac de Genève, et y vécut solitaire, livré à la méditation et atteint d’une mélancolie qu’augmentèrent des infirmités précoces. Imbu des idées de J. J. Rousseau, il avait rêvé la réforme de la société et de la religion. Ces sentiments lui ont inspiré des écrits remarquables par l’originalité du style et la hardiesse du paradoxe : Rêveries sur la nature primitive de l’homme (1798); Obermann (1804); De l’amour selon les lois primordiales et selon les convenances des sociétés (1805); Libres méditations d’un solitaire inconnu (1819); Isabelle, roman en forme de lettres (1833). — Sa fille, Virginie de Sénancour, a composé des nouvelles et des romans (Pauline de Sombreuse, la Veuve, etc.) qui offrent des peintures de caractères vraiment neuves.

SENART (Forêt de), grande forêt du dép. de Seine-et-Oise (cant. de Boissy-St-Léger), à 3 k. N. de Corbeil, a 9 k. sur 5 ; elle est traversée par la route de Melun. Les rois de France y faisaient jadis de grandes parties de chasse : c’était aussi le rendez-vous d’un grand nombre de voleurs.

SÉNAT, Senatus (de senex, vieillard), nom donné dans divers États à un corps délibérant investi de plusieurs des attributions de la souveraineté ; le plus souvent il représente l’élément aristocratique et forme le contre-poids de l’élément démocratique. Les sénats
SÉNA
SÉNE
— 1743 —

les plus célèbres sont : chez les anciens, celui des Juifs, connu sous le nom de Sanhédrin (V. ce nom); — celui de Sparte, institué par Lycurgue et composé de 28 membres, qui devaient être âgés de 60 ans au moins : il partageait le pouvoir avec les deux rois ; les sénateurs étaient élus par le peuple et devaient avoir au moins 60 ans ; — celui d’Athènes, institué par Solon ; il se composa d’abord de 400 membres, qu’on nommait les Quatre-Cents : Clisthène en porta le nombre à 500 en 510 av. J.-C.; ils étaient désignés par le sort et divisés en commissions nommées Prytanies (V. ce mot). — celui de Carthage, qui partageait le pouvoir avec les Suffètes ; — enfin celui de Rome, le plus important de tous (V. ci-après). — Chez les modernes, on connaît le sénat de Venise, qui représentait l’aristocratie ; ses membres s’appelaient Pregadi; ils devaient être nobles et âgés de 25 ans au moins. Ce sénat se composa d’abord de 60 sénateurs ; on en porta depuis le nombre à 100 ; — celui de Suède, constitué au xive s., aboli en 1772 par Gustave III, et rétabli en 1809 ; — celui des États-Unis, qui est composé d’env. 70 membres (2 membres par État), élus pour 6 années, et qui, réuni aux Représentants, forme le Congrès : il a, comme la Chambre des représentants, l’initiative des lois et juge les fonctionnaires publics ; — enfin le sénat de France (V. ci-après). — On doit aussi considérer comme autant de sénats les diverses Chambres de pairs. V. pairs.

sénat de rome. Ce corps, institué par Romulus, partagea le souverain pouvoir avec les rois, puis avec les consuls et le peuple ; il délibérait sur la paix et la guerre, rédigeait les lois, réglait les impôts, distribuait les provinces, rendait la justice ; longtemps il fournit seul tous les grands dignitaires. L’institution des tribuns (493 av. J.-C.), l’admission des plébéiens au consulat et à toutes les grandes charges (444-254) avaient déjà diminué son autorité, lorsque C. Gracchus lui fit enlever les fonctions judiciaires, qui furent données aux Chevaliers (123). Sous les empereurs, le sénat vit de plus en plus diminuer son pouvoir et perdit toute indépendance ; il ne se signala guère que par son empressement servile à approuver toutes les volontés des plus cruels tyrans. Depuis le partage de l’Empire, il y eut deux sénats, l’un à Constantinople, l’autre à Rome. Après la conquête de l’Italie par les Barbares, le sénat de Rome fut maintenu par Odoacre et par Théodoric ; il disparut après l’an 552, la plupart de ses membres ayant été massacrés par les soldats du roi goth Téias, pendant qu’ils retournaient à Rome, que Narsès venait de reprendre aux Barbares. — Les sénateurs furent d’abord au nombre de 100 ; on les appelait Patres (pères). Tullus Hostilius en porta le nombre à 200 ; Tarquin l’Ancien en créa 100 autres. Après l’expulsion des rois, Brutus en adjoignit de nouveaux, qui furent appelés Conscripti (ajoutés), d’où, pour le nouveau sénat, le nom de Patres et Conscripti, puis Patres Conscripti. Sous la République, les sénateurs arrivèrent progressivement au nombre de 600. À la mort de César, on comptait plus de 1000 sénateurs ; mais Auguste les réduisit à 600, et depuis ils restèrent à peu près à ce nombre. Ils se réunissaient ordinairement dans la curie Hostilia. — Les premiers sénateurs furent, dit-on, choisis par les curies et les tribus. On ne sait pas bien comment se firent les trois adjonctions subséquentes. Les consuls faisaient, dit-on, les choix. Les grandes charges, y compris le tribunat et l’édilité curule, donnaient droit de siéger au sénat. Lorsque la censure fut établie, c’est aux censeurs qu’il appartint d’admettre ou d’inscrire les sénateurs ; les censeurs avaient aussi le droit de rayer les membres indignes. Le sénateur porté le premier sur la liste des sénateurs était appelé Prince du Sénat (princeps senatus). — Les sénateurs portaient la toge avec une large bande de pourpre semée de clous d’or (laticlave); ils avaient une place réservée dans les spectacles. La fortune d’un sénateur devait être d’au moins 800 000 sesterces (env. 163 000 fr.) au dernier siècle de la république, et de 1 200 000 sous l’empire (244 000 fr.). Le sénat était convoqué par le chef de l’État ou son représentant (consul, maître de la cavalerie, décemvir, etc.), ou par un tribun du peuple. Les assemblées ordinaires étaient au nombre de trois par mois (aux calendes, aux nones, aux ides). Les votes se donnaient, soit de vive voix, soit en allant se ranger du côté de celui dont on adoptait l’avis (de là l’expression : ire pedibus in sententiam alicujus). Les décrets rendus par le sénat se nommaient sénatus-consultes. — Au xiie s., Rome, qui s’était de nouveau érigée en république, eut momentanément un sénat (1140); ce corps fut bientôt remplacé par un seul magistrat, qui prit le nom de sénateur. Ce titre fut conféré, tantôt à des princes étrangers, tantôt au pape même. Rome a encore auj. un sénateur, qui est à la fois le magistrat et le juge suprême de la ville.

sénat conservateur, corps politique créé en France par la constitution de l’an VIII (24 déc. 1799), avait pour mission de veiller à la conservation de la constitution et à l’observation des lois et d’abolir tous les actes inconstitutionnels ; il élisait, d’après les listes dressées dans les départements, les membres du Corps législatif, les consuls, les tribuns, les membres du tribunal de cassation ; il pouvait dissoudre le Corps législatif. Les sénateurs étaient élus par le sénat même, entre les candidats présentés par le Corps législatif, le Tribunat et le 1er Consul ; ils étaient à vie. Leur nombre, d’abord de 60, s’éleva jusqu’à 137. Ils jouissaient d’une dotation qui varia de 25 000 à 36 000 fr. Sous l’Empire, le Sénat perdit toute indépendance, et sanctionna complaisamment tous les décrets impériaux ; il ne fit rien en 1814 pour sauver l’Empereur : aussi ne tarda-t-il pas à devenir fort impopulaire. Au retour des Bourbons, il fut remplacé par la Chambre des Pairs. — Un nouveau Sénat a été établi par la constit. du 14 janv. 1852 et a duré jusqu’au 4 septembre 1870. Il se composait : 1o des cardinaux, maréchaux et amiraux ; 2o des princes français âgés de 18 ans ; 3o des sénateurs nommés par le chef de l’État ; le nombre de ses membres ne pouvait excéder 150. Tous étaient inamovibles et à vie. Chaque sénateur recevait une dotation de 30 000 fr. Le traitement du président était de 120 000 fr. L’Empereur convoquait et prorogeait le Sénat. Le Sénat, gardien du pacte fondamental et des libertés publiques, homologuait les lois, recevait et appréciait les pétitions des citoyens, réglait par des sénatus-consultes la constitution des colonies, interprétait les articles de la constitution susceptibles de difficulté, et pouvait proposer des modifications à la constitution.

SÉNATUS-CONSULTE. V. sénat.

SENAULT (J. Fr.), supérieur général de l’Oratoire, né à Anvers vers 1600, m. en 1672, vint de bonne heure en France, et fut un des bons prédicateurs du temps. Modeste et désintéressé, il refusa plusieurs bénéfices, et même l’épiscopat. On a de lui des Panégyriques des saints, 1656-58 ; des Oraisons funèbres, et un bon Traité de l’usage des passions, 1641.

SENEBIER (Jean), naturaliste, né à Genève en 1742, m. en 1809, pasteur et bibliothécaire à Genève, se fit un nom comme botaniste et bibliographe, et fut membre de presque toutes les Académies de l’Europe. Il a publié, entre autres ouvrages : un Essai sur l’art d’observer, Genève, 1175 ; l’Histoire littéraire de Genève ; un Catalogue raisonné des manuscrits de la bibliothèque de Genève, des Mémoires physico-chimiques, une Physiologie végétale, une Météorologie pratique.

SENECA, lac des États-Unis de l’Amérique du Nord, dans l’État de New-York, communique avec les lacs Cayuga et Érié, par le canal de Seneca. Ce nom lui vient d’une peuplade indigène répandue sur ses bords dans les États de New-York et de l’Ohio.

SÉNECÉ (Ant. bauderon de), poëte français, né en 1643 à Mâcon, m. en 1737, quitta la France à la suite d’un duel, visita la Savoie et l’Espagne, devint à son retour 1er valet de chambre de la reine Marie-Thérèse, puis s’attacha à Mme d’Angoulême, et sut plaire à tout le monde par son caractère aimable et enjoué. On a de lui des Nouvelles en vers, 1695 ; des Satires, 1695, parmi lesquelles on remarque les Travaux d’Apollon ; des Épigrammes, et une Critique des Mémoires du card. de Retz. Ses Œuvres ont été réunies par Auger (1805). MM. E. Chasles et Cap ont donné en 1856 ses Œuvres posthumes.

SÉNÉCHAL (Grand), ancien grand officier de la couronne de France, réunissait des attributions fort diverses : il avait la surintendance de la maison du roi et des finances, la conduite des troupes, portait à l’armée la bannière royale, et rendait la justice au nom du roi. Cette dignité était la première du royaume, et paraît avoir remplacé, sous la 2e race, celle de maire du palais. Elle devint au xe s. héréditaire dans la maison d’Anjou. Elle fut supprimée en 1191 par Philippe-Auguste; Thibaut le Bon, comte de Blois, en fut revêtu le dernier. Les fonctions et l’autorité du grand-sénéchal furent alors partagées entre le connétable et le grand maître de la maison du roi. Le sénéchal n’était dans l’origine qu’un des domestiques de la maison du prince : son emploi consistait à placer les plats sur la table du roi, et c’est de là, à ce qu’on croit, que lui vient son nom : siniscalco (qu’on dérive du germanique senne, cabane, maison, et schalk, serviteur), voulant dire, dans la vieille langue franque, præpositus mensæ, dapifer. — Les grands feudataires avaient chacun leur sénéchal : on connaît surtout le grand sénéchal de Bretagne, et celui de Guyenne, qui avait sous lui trois sénéchaux (ceux de Saintonge, de Quercy, de Limousin). — Après la suppression de la charge de grand sénéchal, les sénéchaux ne furent plus que des officiers subalternes, qui rendaient la justice, soit au nom du roi, soit au nom des seigneurs. On appelait sénéchaussée tout le pays compris dans le ressort de la juridiction d’un sénéchal. Le nom de sénéchaussée prévalait surtout dans le midi, comme celui de bailliage dans le nord. Au moment de la révolution de 1789, toute la France était encore divisée en sénéchaussées et bailliages. — En Angleterre, la dignité de grand sénéchal (Lord high stewart) était aussi la première du royaume ; elle ne fut abolie que fort tard, par Henri IV. Aujourd’hui encore le monarque d’Angleterre crée temporairement un grand sénéchal : 1o pour la cérémonie du couronnement ; 2o lorsqu’il s’agit de juger un pair accusé de crime capital.

SENECTERRE. V. saint-nectaire.

SÉNEF, v. de Belgique (Hainaut), à 20 kil. N. O. de Charleroi ; 3000 h. En 1674, Condé y vainquit le prince d’Orange après une bataille sanglante ; en 1794, les Autrichiens y furent battus par les Français.

SENEFELDER (aloys), inventeur de la lithographie, né à Prague en 1771, m. en 1834, était fils d’un comédien. Il s’engagea lui-même dans une troupe dramatique en 1791 ; se voyant mal accueilli, il voulut se faire auteur : il donna en 1792 et 1793, à Munich, deux pièces qui eurent peu de succès, et finit par se mettre à copier de la musique. En cherchant le moyen le plus économique de graver la musique, il fut conduit à employer la pierre au lieu du cuivre, et eut ainsi la première idée de la lithographie (1793); après avoir lutté longtemps contre des obstacles de tout genre, il forma en 1796 à Munich une association avec Gleisner, directeur de la musique de la cour, et put dès lors appliquer en grand le nouvel art. Il alla lui-même le faire connaître dans les principales villes de l’Europe, et fut en 1810 nommé par le roi de Bavière directeur de la lithographie royale de Munich, fonctions qu’il conserva jusqu’à sa mort. Senefelder a publié à Munich en 1819 l’Art de la lithographie.

SÉNÉGAL (le), grand fleuve d’Afrique, naît dans le Fouta-Djalo par 13° 37’ long. O. et 10° 40’ lat. N., est d’abord connu sous le nom de Bafing (fleuve noir), arrose le Fouta-Djalo, le Djallonkadou, le


Bambouk, le Kadjaaga, le Kasson, le Fouta-Toro, l’Oualo, passe à Fort-St-Joseph, Bakel, Podor, Daghana, St-Louis, forme nombre d’îles, dont quelques-unes très-grandes, et tombe dans l’Océan, après un cours d’env. 1700 kil., par une large embouchure, obstruée de sables, ce qui rend ses eaux stagnantes et gêne la navigation. Ses principaux affluents sont le Kokoro et la Falémé. Ce fleuve roule des paillettes d’or. — Quelques savants croient que le Sénégal fut découvert par Euthymème, navigateur marseillais, et qu’il était connu des anciens sous le nom de Daradus. Quoi qu’il en soit, il n’est connu des modernes que depuis le xive s. : des navigateurs dieppois fondèrent des comptoirs à son embouchure vers 1360. La France est auj. maîtresse d’une grande partie du cours du Sénégal. — La colonie du Sénégal, établie sur les bords du fleuve, a été longtemps divisée en 2 arrondissements, St-Louis et Gorée. Le 1er comprenait l’île de St-Louis, les établissements de Richard-Tol, Lampsar, Marinaghem, Sedhiou, Daghana, Bakel, Podor, et la partie de la côte qui s’étend depuis le cap Blanc jusqu’à la baie d’Iof ; le 2e, la côte depuis la baie d’Iof jusqu’à l’île de Gorée, et au comptoir de Séghiou. Ce nombre a été porté à 7 en 1862 : St-Louis, Richard-Tol, Daghana, Podor, Bakel, Gorée et Sedhiou. On y rattache comme dépendances les comptoirs d’Assinie, de Gabon, de Grand-Bassam. On y compte à peine 3000 Européens ; la population indigène est d’env. 62 000 âmes. La colonie a pour ch.-l. St-Louis et est régie par un gouverneur. Climat très-chaud : le thermomètre marque presque toujours 28° centigrades, et monte jusqu’à 40. Les établissements du Sénégal fournissent en grande quantité de la gomme et des arachides, et, en outre, de la poudre d’or, de la cire, des dents d’éléphant. — Les côtes du Sénégal furent dès le xive s. visitées par des marchands de Dieppe et de Rouen, qui y formèrent plusieurs comptoirs. Ces établissements furent cédés en 1664 à la Compagnie des Indes occidentales, puis aux diverses Compagnies du Sénégal, enfin à la Compagnie des Indes orientales, sous laquelle ils prospérèrent. Pris par les Anglais en 1763, rendus en 1783, repris en 1809, ils furent restitués en 1814 à la France, qui n’en reprit possession qu’en 1817. Depuis 1855, la colonie du Sénégal a reçu une grande extension, grâce à l’administration du gén. Faidherbe, dont les travaux scientifiques ont mieux fait connaître ce pays.

SÉNÉGAMBIE, contrée de l’Afrique occidentale, s’étend du N. au S. depuis le Sahara jusqu’à la côte de Sierra-Leone, et de l’O. à l’E. depuis l’Océan atlantique jusqu’à la Nigritie centrale, de 20° à 10° long. O., et de 16° à 10° lat. N. : 1050 k. de l’O. à l’E. sur 650 de largeur moyenne ; env. 12 000 000 d’hab. Elle doit son nom au Sénégal et à la Gambie qui l’arrosent. Elle est habitée par des nègres, et forme la Nigritie occid. du Nord. Elle comprend nombre de petits États qui, à l’exception du Galam et du Djallonkadou, habités par des peuplades indépendantes, peuvent être répartis en trois groupes : États Peuls, États Mandingues et États Ghiolofs. V. ces noms.

La Sénégambie est excessivement chaude, malsaine et sujette à d’effroyables ouragans, mais très-fertile, sauf dans quelques déserts ; il y croît d’énormes baobabs et un grand nombre de gommiers.

SÉNÈQUE le Rhéteur, M. Annæus Seneca, père du philosophe de ce nom, naquit à Cordoue vers 58 av. J.-C., vint de bonne heure à Rome, y tint longtemps école de rhétorique, et y mourut l’an 32 de J.-C. Il avait une mémoire prodigieuse et pouvait retenir jusqu’à deux mille noms sans suite, prononcés une seule fois en sa présence. On a de lui, sous le titre de Déclamations, deux recueils intitulés, l’un, Suasoriæ (1 seul livre); l’autre, Controversiæ (il y en avait 10 livres, mais on n’en a qu’une partie); ils se composent de passages choisis des compositions de ses élèves, ou de discours prononcés en sa présence dans les écoles par les rhéteurs les plus célèbres, et que, grâce à sa prodigieuse mémoire, il avait retenus. Ces deux recueils, qui ne contiennent le plus souvent que des sujets bizarres, traités dans un style plein d’affectation, n’ont guère d’intérêt que par les détails qu’ils nous donnent sur les mœurs du temps. Il se trouvent ordinairement à la suite des Œuvres de Sénèque le Philosophe ; ils ont été trad. en franç. par Lesfargues, 1639. Sénèque le Rhéteur laissa trois fils, M. Annæus S. Novatus Gallio, proconsul en Achaïe (V. gallion), L. Annæus S., le philosophe (qui suit), et Annæeus S. Méla, père de Lucain.

sénèque le Philosophe, Luc. Annæus Seneca, fils du précéd., né à Cordoue l’an 3 de J.-C. étudia l’éloquence sous son père et suivit d’abord le barreau ; son talent oratoire ayant donné de l’ombrage à Caligula, il quitta cette carrière pour s’adonner à la philosophie. Il embrassa la secte du Portique et ouvrit lui-même une école qui fut bientôt très-fréquentée. Cependant, après la mort de Caligula, il courut la carrière des honneurs et arriva à la questure. Sous Claude, il fut accusé par Messaline d’intrigues criminelles avec Julie, fille de Germanicus et nièce de l’empereur, et fut exilé en Corse (41 de J.-C.); c’est en vain que pour obtenir son rappel il adressa les plus humbles supplications à l’affranchi Polybe, favori de Claude : il resta huit ans dans cet exil, et ne fut rappelé qu’à la mort de Messaline (48). La nouvelle impératrice, Agrippine, obtint son rappel, le fit élever à la préture et lui confia l’éducation de son fils Néron (50) : il réussit mieux à orner l’esprit de son élève qu’à former son cœur. Quand Néron fut monté sur le trône, Sénèque resta auprès de lui comme un de ses principaux ministres, et réussit quelque temps, avec le concours de Burrhus, à contenir ce naturel féroce ; mais bientôt l’empereur, se livrant à toutes sortes de crimes et de désordres, ne vit plus en lui qu’un censeur incommode. Sénèque voulut alors se retirer et rendre à l’empereur tous ses dons : Néron s’y opposa par hypocrisie et le combla de caresses ; mais il ne tarda pas à se défaire de lui en l’enveloppant dans la conspiration de Pison : il lui envoya l’ordre de se donner la mort (65); le philosophe se fit ouvrir les veines et subit son sort avec une fermeté stoïque. On reproche à Sénèque d’avoir amassé des richesses immenses pendant qu’il était en crédit, et d’avoir écrit en faveur de la pauvreté au milieu des jouissances du luxe. Tacite et surtout Dion Cassius ont rapporté plusieurs imputations peu honorables pour sa mémoire : c’est ainsi qu’on l’accuse d’avoir approuvé l’empoisonnement de Britannicus, et d’avoir fait l’apologie du meurtre d’Agrippine ; mais ces accusations ne paraissent pas suffisamment fondées. Nous avons un grand nombre d’écrits philosophiques de Sénèque : les traités des Bienfaits, de la Colère, de la Clémence, de la Tranquillité de l’âme, de la Brièveté de la vie, de la Constance du sage, de la Providence ; les Consolations à Helvia (sa mère), à Marcia, à Polybe, les Questions naturelles (en 7 livres), et 124 Lettres morales, adressées à Lucilius. Partout il prêche la morale la plus austère, et enseigne surtout le mépris de la mort ; presque tous ses écrits, les Lettres surtout, sont remarquables par la connaissance du cœur humain et contiennent d’excellents conseils pratiques ; on y trouve en outre des paroles généreuses en faveur des esclaves et des idées de fraternité universelle qui ont fait supposer, mais sans fondement, qu’il avait correspondu avec S. Paul. Son style est brillant et élégant, mais souvent affecté, rempli d'antithèses et gâté par la recherche du trait ; il vise trop à l’effet. Quintilien l’accuse d'avoir corrompu le goût de son siècle. Outre les traités philosophiques, on a encore sous le nom de Sénèque dix tragédies (Médée, Hippolyte, les Troyennes, Agamemnon, Œdipe, Thyeste, Hercule furieux, Hercule sur l’Œta, la Thébaïde, Octavie). Les savants sont incertains sur le véritable auteur de ces tragédies : la plupart donnent à Sénèque la Médée, peut-être aussi Hippolyte, Agamemnon et les Troyennes, mais plusieurs


pensent que les autres pièces sont de divers auteurs et ont été annexées par les copistes aux précédentes. Du reste, ces pièces, faites plutôt pour être lues que pour être représentées, n’ont aucune valeur dramatique ; elles ne sont remarquables que par l’éclat et l’élégance du style ; malheureusement l’auteur y tombe souvent dans l’affectation et l’enflure. Les Œuvres philosophiques ont été éditées et commentées par Érasme, Bâle, 1515 et 1529, in-f.; Muret, 1593 ; J. Gruter, 1594 ; Juste-Lipse, Anvers, 1605 ; D. Godefroy, Paris, 1607 ; Gronovius, Leyde, 1649 ; cum notis Variorum, 3 vol. in-8, Amst., 1672 ; aux Deux-Ponts, 1782. Les éditions les plus récentes sont celles de Ruhkopf, Leipsick, 1797-1812, 5 vol. in-8 ; de M. N. Bouillet, avec un choix des commentaires, dans la collection des Classiques latins de Lemaire, 5 v. in-8, 1827-32, et de Fickert, 6 v. in-8, Leips., 1842-47. Elles ont été trad. par Lagrange, 1778, 7 vol. in-12 (sans texte), et 1819, 14 vol. in-12 (avec le texte en regard et des notes de Naigeon). Il en a également paru des traductions complètes dans les collections Panckoucke et Nisard. — Les tragédies ont eu aussi de nombreux éditeurs : Ascensius, Paris, 1514 ; Delrio, Anvers, 1576 et 1593 ; J.F. Gronovius, Leyde, 1661 ; Schrœder, Delft, 1728 ; enfin M. Pierrot, dans la collection Lemaire, 3 vol. in-8, 1829-1832. Elles ont été traduites en franç. par Coupé (1795), Levée (1822), Greslou (dans la collect. Panckoucke), 1834, Savalète et Desforges (dans la collection Nisard), 1844. On peut consulter sur cet auteur l’Essai sur la vie et les ouvrages de Sénèque, de Diderot, écrit enthousiaste, mais déclamatoire ; l’Abrégé analytique de la vie et des œuvres de Sénèque, de Vernier, 1812, la Vie de Sénèque, de Rosmini, en italien ; Reinhardt, De L. A. Senecæ vita atque scriptis, Iéna, 1817 ; Brink, De L. A. Senecæ ejusque in philosophiam meritis, Groningue, 1829. On doit à M. A. Fleury de curieuses Recherches sur les rapports du philosophe avec S. Paul, Paris, 1853.

SENEZ, Sanicium, ch.-l. de c. (Basses-Alpes), à 12 kil. N. O. de Castellane ; 1800 hab. Filatures de soie. Anc. évêché, érigé dès 450. (V. soanen.)

SENKENBERG (H. Chrétien, baron de), jurisconsulte, né en 1704 à Francfort-sur-le-Mein, m. en 1768, fut professeur à l’Université de Giessen, conseiller de l’électeur de Hanovre, jurisconsulte du margrave de Brandebourg-Anspach et du prince de Nassau-Orange, enfin conseiller aulique de l’empereur, qui le fit baron (1745). On a de lui : Corpus juris feudalis germanici, 1740 ; De la juridiction suprême de l’empereur en Allemagne, 1760 ; Corpus juris germanici publici ac privati ineditum, Francfort, 1760-66, 2 vol. in-f. — Charles S., fils du préc., trouva en 1777 dans les papiers de son père une copie authentique de la renonciation faite en 1129 par Albert d’Autriche au duché bavarois de Strauhingen, et força par là l’Autriche à se désister de ses prétentions à la succession de la Bavière.

SENLIS, Augustomagus, puis Sylvanectes, ch.-l. d’arr. (Oise), sur la Nonette, à 52 k. S. E. de Beauvais et à 50 k. N. E. de Paris ; 5831 hab. Trib. de 1re inst., institution St-Vincent ; cathédrale gothique, bibliothèque, théâtre. Chemin de fer pour Paris et Soissons. Aux env., jolis bois de Senlis, d’Ermenonville, de Chantilly, etc. Carr