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Fagus, Aphorismes 1908



DÉDICACE


Décembre, midi ; le Palais-Royal tout gris s’aplatit sous la neige toute blanche. Entre deux arcades, un Poète au pilastre adossé, mastique des pommes de terre bouillies qu’il pêche dans sa poche une à une, cependant qu’à la devanture du libraire, parmi les effigies de femmes nues, il considère, la Victoire de Samothrace.


Aphorismes



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L’esprit de contradiction est le branle de l’univers.


L’élan d’une paille que le vent enlève, par delà les astres déporte son écho.


Entre chacun de nous et tout ce qui l’environne, un échange se prolonge jusqu’aux étoiles, et peut-être en vient.


L’homme est un gaz déchu.


Qu’importe que l’ovaire soit en lui ou bien hors : pendant l’éclair de la semaille, la femelle devient partie du mâle ; et que cela concilie donc la fausse contradiction : genèse « par génération », ou « par création » (ex nihilo).


L’habitude est un poison lent.


C’est une habitude dix mille fois millénaire, qui de mains pourvoit le nouveau-né humain.


L’intuition est une mémoire qui s’oublie.


Le nouveau-né happe le sein, une limaille de fer vers l’aimant s’élance, et César, mûrement, pèse le contre et le pour, tous ayant autant et de même sorte raisonné.


La conscience est fille de l’habitude, l’habitude, mimétisme induré.


Conscience, pensée ou sentiments : opérations aussi simples à la fois et obscures, que n’importe quelle autre combinaison chimique (mécanique, voulais-je dire).


Le 1er Picantin : — Fagus vient de voler la petite Isis du Louvre ! — Taisez-vous donc, farceur !

2e Picantin : — Fagus vient de voler la grande statue du roi Charlemagne ! — Oh mon Dieu, est-ce possible ?

3e Picantin : — Fagus a fourré dans sa poche les tours Notre-Dame ! — Ah ! au secours ! Fagus a volé les tours Notre-Dame, et puis la tour Saint-Jacques, et puis… au voleur ! au voleur !!

La créance croît avec l’invraisemblance : car c’est non notre raison, mais nos émotions, qui nous gouvernent.


Il n’est pas plus absurde de croire au tarot, ou même à la Sainte Trinité, qu’à l’ordonnance de son médecin.


Ce que dénomme l’homme raison, est la vanité seule de sa sensibilité.


L’instinct est l’humus de notre intelligence.


Notre jugement est le greffier, dur d’oreilles, vénal, de nos sensations.


L’idée d’un geste c’est déjà le geste achevé.


La pensée


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