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Sophocle, Élektra Ve siècle avant J.-C.

Traduction Leconte de Lisle 1877


ÉLEKTRA



PERSONNAGES
Le Paidagôgue.
Orestès.
Élektra.
Le Chœur des Vierges Argiennes.
Khrysothémis.
Klytaimnestra.
Aigisthos.



LE PAIDAGÔGUE.

Ô enfant d’Agamemnôn, du chef de l’armée devant Troia, il t’est permis maintenant de voir ce que tu as toujours désiré. Ceci est l’antique Argos, le sol consacré à la fille aiguillonnée d’Inakhos. Voici, Orestès, l’agora Lykienne du Dieu tueur de loups ; puis, à gauche, le temple illustre de Hèra. Tu vois, crois-le, la riche Mykèna, où nous sommes arrivés, et la fatidique maison des Pélopides où, autrefois, après le meurtre de ton père, je te reçus des mains de ta sœur, et, t’ayant enlevé et sauvé, je t’élevai jusqu’à cet âge pour venger la mort paternelle. Maintenant donc, Orestès, et toi, le plus cher des hôtes, Pyladès, il s’agit de promptement délibérer sur ce qu’il faut faire. Déjà le brillant éclat de Hèlios éveille les chansons matinales des oiseaux et la noire Nuit pleine d’astres tombe. Avant qu’aucun homme sorte de la demeure, tenez conseil ; car, où en sont les choses, ce n’est plus le lieu d’hésiter, mais d’agir.


ORESTÈS.

Ô le plus cher des serviteurs, que de marques certaines tu me donnes de ta bienveillance pour nous ! En effet, comme un cheval de bonne race, bien qu’il vieillisse, ne perd point courage dans le danger, mais dresse les oreilles, ainsi tu nous excites et tu nous suis des premiers. C’est pourquoi je te dirai ce que j’ai résolu. Pour toi, écoutant mes paroles de toutes tes oreilles, reprends-moi si je m’égare. Quand j’allai trouver l’Oracle Pythique, afin de savoir comment je châtierais les tueurs de mon père, le Phoibos me répondit ce que tu vas entendre : — Toi seul, sans armes, sans armée, secrètement et par des embûches, tu dois, de ta propre main, leur donner une juste mort. — Donc, puisque nous avons entendu cet oracle, toi, quand il sera temps, entre dans la demeure, afin qu’ayant appris ce qu’on y fait, tu viennes nous le dire sûrement. Ils ne te reconnaîtront ni ne te soupçonneront, après un si long temps, et tes cheveux ayant blanchi. Dis-leur que tu es un étranger Phokéen, envoyé par un homme nommé Phanoteus. Et, en effet, celui-ci est leur meilleur allié. Annonce-leur aussi, et jure-leur qu’Orestès a subi la destinée par une mort violente, étant tombé d’un char rapide, dans les Jeux Pythiques. Que tes paroles soient telles ! Pour nous, après avoir fait des libations à mon père, comme il est ordonné, et déposé sur son tombeau nos chevelures coupées, nous reviendrons ici, portant aux mains l’urne d’airain que j’ai cachée dans les buissons, comme tu le sais, je pense. Ainsi nous les tromperons par de fausses paroles, en leur portant cette heureuse nouvelle que mon corps n’est plus, qu’il est brûlé et réduit en cendre. Pourquoi, en effet, me serait-il pénible d’être mort en paroles, puisque je vis et que j’acquerrai de la gloire ? Je pense qu’il n’est aucune parole de mauvais augure, si elle sert. Déjà j’ai vu très souvent des sages qu’on disait morts, revenir dans leur demeure et n’en être que plus honorés ; d’où je suis assuré que moi aussi, vivant, j’apparaîtrai comme un astre à mes ennemis. Ô terre de la patrie, et vous, Dieux du pays, recevez-moi heureusement ; et toi aussi, ô maison paternelle, car je viens, poussé par les Dieux, afin de te purifier par l’expiation du crime. Ne me renvoyez pas déshonoré de cette terre, mais faites que j’affermisse ma maison et que je possède les richesses de mes aïeux. En voilà assez. À toi, vieillard, d’entrer et de faire ton office. Nous, sortons. L’occasion presse en effet, et c’est elle qui préside à toutes les entreprises des hommes.


ÉLEKTRA.

Hélas sur moi !


LE PAIDAGÔGUE.

Il me semble, ô fils, que j’ai entendu une des servantes soupirer dans la demeure.


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