L’Encyclopédie/1re édition/MESURE

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MESURE, s. f. en Géométrie, marque une certaine quantité qu’on prend pour unité, & dont on exprime les rapports avec d’autres quantités homogenes. Voyez Mesurer & Nombre.

Cette définition est plus générale que celle d’Euclide, qui définit la mesure une quantité qui, étant répétée un certain nombre de fois, devient égale à une autre ; ce qui répond seulement à l’idée d’une partie aliquote. Voyez Aliquote.

La mesure d’un angle est un arc décrit du sommet a, (Pl. géomet. fig. 10.) & d’un intervalle quelconque entre les côtes de l’angle, comme df. Les angles sont donc différens les uns des autres, suivant les rapports que les arcs décrits de leurs sommets, & compris entre leurs côtes, ont aux circonférences, dont ces arcs font respectivement partie ; & par conséquent ce sont ces arcs qui distinguent les angles, & les rapports des arcs à leur circonférence distinguent les arcs : ainsi l’angle lac est dit du même nombre de degrés que l’arc fd. Voyez au mot Degré la raison pourquoi ces arcs sont la mesure des angles. Voyez aussi Angle.

La mesure d’une surface plane est un quarré qui a pour côté un pouce, un pié, une toise, ou toute autre longueur déterminée. Les Géometres se servent ordinairement de la verge quarrée, divisée en cent piés quarrés & les piés quarrés en pouces quarrés. Voyez Quarré.

On se sert de mesures quarrées pour évaluer les surfaces ou déterminer les aires des terreins, 1°. parce qu’il n’y a que des surfaces qui puissent mesurer des surfaces, 2°. parce que les mesures quarrées ont toute la simplicité dont une mesure soit susceptible, lorsqu’il s’agit de trouver l’aire d’une surface.

La mesure d’une ligne est une droite prise à volonté, & qu’on considere comme unité. Voyez Ligne.

Les Géometres modernes se servent pour cela de la toise, du pié, de la perche, &c.

Mesure de la masse, ou quantité de matiere en méchanique, ce n’est autre chose que son poids ; car il est clair que toute la matiere qui fait partie du corps, & qui se meut avec lui, gravite aussi avec lui ; & comme on a trouvé par expérience que les gravités des corps homogenes étoient proportionnelles à leurs volumes, il s’ensuit de là, que tant que la masse continuera à être la même, le poids sera aussi le même, quelque figure que le poids puisse recevoir, ce qui n’empêche pas qu’il ne descende plus difficilement dans un fluide sous une figure qui présentera au fluide une surface plus étendue ; parce que la résistance & la cohésion d’un plus grand nombre de parties au fluide qu’il faudra déplacer, lui fera alors un plus grand obstacle. Voyez Poids, Gravité, Matiere, Résistance, &c.

Mesure d’un nombre, en arithmetique, est un autre nombre qui mesure le premier, sans reste, ou sans laisser de fractions ; ainsi 9 est mesure de 27. Voyez Nombre & Diviseur.

Mesure d’un solide, c’est un cube dont le côté est un pouce, un pié, une perche, ou une autre longueur déterminée.

Mesure de la vitesse. Voyez Vitesse, & la fin du mot Equation. Chambers. (E)

Mesures, harmonie des (Géom.) la mesure en ce sens (modulus) est une quantité invariable dans chaque système, qui a la même proportion à l’accroissement de la mesure d’une raison proposée, que le terme croissant de la raison a à son propre accroissement.

La mesure d’une raison donnée est comme la mesure (modulus) du système dont elle est prise ; & la mesure dans chaque système est toujours égale à la mesure d’une certaine raison déterminée & immuable, que M. Cotes appelle, à cause de cela, raison de mesure, ratio modularis.

Il prouve dans son livre intitulé, Harmonia mensurarum, que cette raison est exprimée par les nombres suivans : 2,7182818, &c. à 1, ou par 1 à 0,3678794, &c. De cette maniere, dans le canon de Briggs, le logarithme de cette raison est la mesure (modulus) de ce système ; dans la ligne logistique, la soutangente donnée est la mesure du système ; dans l’hyperbole, le parallélogramme, contenu par une ordonnée à l’asymptote & par l’abscisse du centre ; ce parallélogramme, dis-je, donné, est la mesure de ce système ; & dans les autres, la mesure est toujours une quantité remarquable.

Dans la seconde proposition, il donne une méthode particuliere & concise de calculer le canon des logarithmes de Briggs, avec des regles pour trouver des logarithmes, & des nombres intermédiaires, même au-delà de ce canon.

Dans la troisieme proposition, il bâtit tel système de mesures que ce soit, par un canon de logarithmes, non-seulement lorsque la mesure de quelque raison est donnée ; mais aussi sans cela, en cherchant la mesure du système par la regle susmentionnée.

Dans les quatrieme, cinquieme & sixieme propositions, il quarre l’hyperbole, décrit la ligne logistique & équiangulaire spirale, par un canon de logarithmes ; & il explique divers usages curieux de ces propositions dans les scholies. Prenons un exemple aisé de la méthode logométrique, dans le problème commun de déterminer la densité de l’atmosphere. Supposée la gravité uniforme, tout le monde sait que si les hauteurs sont prises dans quelque proportion arithmétique, la densité de l’air sera à ces hauteurs en progression géométrique, c’est-à-dire, que les hauteurs sont les mesures des raisons des densités à ces hauteurs & au dessous, & que la différence des deux hauteurs quelconques, est la mesure de la raison des densités à ces hauteurs.

Pour déterminer donc la grandeur absolue & réelle de ces mesures, M. Cotes prouve à priori, que la mesure (modulus) du système est la hauteur de l’atmosphere, réduite par-tout à la même densité qu’au-dessous. La mesure (modulus) est donc donnée. comme ayant la même proportion à la hauteur du mercure dans le barometre, que la gravité spécifique de l’air ; & par conséquent tout le système est donné : car, puisque dans tous les systèmes les mesures des mêmes raisons qui sont analogues entre elles, le logarithme de la raison de la densité de l’air dans deux hauteurs quelconques, sera à la mesure (modulus) du canon, comme la différence de ces hauteurs l’est à la susdite hauteur donnée de l’atmosphere égale partout.

M. Cotes définit les mesures des angles de la même maniere que celle des raisons : ce sont des quantités quelconques, dont les grandeurs sont analogues à la grandeur des angles. Tels peuvent être les arcs ou secteurs d’un cercle quelconque, ou toute autre quantité de tems, de vitesse, ou de résistance analogue aux grandeurs des angles. Chaque système de ces mesures a aussi sa mesure (modulus) conforme aux mesures du système, & qui peut être calculée par le canon trigonométrique des sinus & des tangentes, de la même maniere que les mesures des raisons par le canon des logarithmes ; car la mesure (modulus) donnée dans chaque système, a la même proportion à la mesure d’un angle donné quelconque, que le rayon d’un cercle a à un arc soutendu à cet angle ; ou celle que ce nombre constant de degrés, 57,2957795130, a au nombre de degrés de l’angle susdit.

A l’égard de l’avantage qui se trouve à calculer, selon la méthode de M. de Cotes, c’est que les mesures des raisons ou des angles quelconques, se calculent toujours d’une maniere uniforme, en prenant des tables le logarithme de la raison, ou le nombre de degrés d’un angle, & en trouvant ensuite une quatrieme quantité proportionelle aux trois quantités données : cette quatrieme quantité est la mesure qu’on cherche. (D. J.)

Mesure, regle originairement arbitraire, & ensuite devenue fixe dans les différentes sociétés, pour marquer soit la durée du tems, soit la longueur des chemins, soit la quantité des denrées ou marchandises dans le commerce. De-là on peut distinguer trois sortes de mesures : celle du tems, celle des lieux, celle du commerce.

La mesure du tems chez tous les peuples a été assez communément déterminée par la durée de la révolution que la terre fait autour de son axe, & de là les jours ; par celle que la lune emploie à tourner autour de la terre, d’où l’on a compté par lunes ou par mois lunaires ; par celle où le soleil paroît dans un des signes du zodiaque, & ce sont les mois solaires ; & enfin par le tems qu’emploie la terre à tourner autour du soleil, ce qui fait l’année. Et pour fixer ou reconnoître le nombre des années, on a imaginé d’espace en espace des points fixes dans la durée des tems marqués par de grands événemens, & c’est ce qu’on a nommé époque.

La mesure des distances d’un lieu à un autre est l’espace qu’on parcourt d’un point donné à un autre point donné, & ainsi de suite, pour marquer la longueur des chemins. Les principales mesures des anciens, & les plus connues, étoient chez les Grecs, le stade ; chez les Perses, la parasangue ; en Egypte, le schoene ; le mille parmi les Romains, & la lieue chez les anciens Gaulois. Voyez tous ces mots sous leur titre pour connoître la proportion de ces mesures avec celles d’aujourd’hui.

Les Romains avoient encore d’autres mesures pour fixer la quantité de terres ou d’héritages appartenans à chaque particulier. Les plus connues sont la perche, le climat, le petit acte, l’acte quarré ou grand acte, le jugere, le verse & l’érédie. Voyez Perche, Climat, Acte, &c.

A l’égard des mesures des denrées, soit seches, soit liquides, elles varioient selon les pays. Celles des Egyptiens étoient l’artaba, l’aporrhima, le saytès, l’oephis, l’ionium ; celles des Hébreux étoient le corc, le hin, l’epha, le sat, ou satum, l’homer & le cab. Les Perses avoient l’achane, l’artaba, la capithe. Chez les Grecs on mesuroit par medimnes, chenices, septiers, oxibaphes, cotyles, cyathes, cueillerées, &c. A Rome on connoissoit le culeus, l’amphore, le conge, le septier, l’emine, le quartarius, l’acetabule & le cyathe, sous lequel étoient encore d’autres petites mesures en très-grand nombre. Voyez au nom de chacune ce qu’elle contenoit.

Mesure, (Poésie latine.) une mesure est un espace qui contient un ou plusieurs tems. L’étendue du tems est d’une fixation arbitraire. Si un tems est l’espace dans lequel on prononce une syllabe longue, un demi-tems sera pour la syllabe breve. De ces tems & de ces demi-tems sont composées les mesures ; de ces mesures sont composés les vers ; & enfin de ceux-ci sont composés les poëmes. Pié & mesure sont ordinairement la même chose.

Les principales mesures qui composent les vers grecs & latins, sont de deux ou de trois syllabes ; de deux syllabes qui sont ou longues, comme le spondée qu’on marque ainsi ¯ ¯ ; ou breves, comme le pyrrique ˘ ˘ ; ou breve l’une & l’autre longue, comme l’iambe ˘ ¯ ; ou l’une longue & l’autre breve, comme le trochée ¯ ˘. Celles de trois syllabes sont le dactyle ¯ ˘ ˘, l’anapeste ˘ ˘ ¯ , le tribraque ˘ ˘ ˘, le molosse ¯ ¯ ¯.

Des différentes combinaisons de ces piés, & de leur nombre, se sont formées différentes especes de vers chez les anciens.

1°. L’hexametre ou héroïque qui a six mesures.

2°. Le pentametre qui en a cinq.

Pr1ncipi-is 2bs-t3a : se-ro m4dic5na pa-r6
Principi-is obs-ta : se-rò medi-cina pa-ratur,
C1um mala-per l2n-g3s invalu-4re mor5
Cùm mala-per lon-gas invalu-êre moras.

3°. L’iambique, dont il y a trois especes ; le diametre qui a quatre mesures qui se battent en deux fois, le trimetre qui en a six, le tétrametre qui en a huit.

4°. Les lyriques qui se chantoient sur la lyre ; telles sont les odes de Sapho, d’Alcée, d’Anacréon, d’Horace. Toutes ces sortes de vers ont non-seulement le nombre de leurs piés fixé, mais encore le genre de piés déterminé. Principes de Littér. tome I. (D. J.)

Mesure, s. f. est en Musique une maniere de diviser la durée ou le tems en plusieurs parties égales. Chacune de ces parties s’appelle aussi mesure, & se subdivise en d’autres aliquotes qu’on appelle tems, & qui se marquent par des mouvemens égaux de la main ou du pié. Voyez. La durée égale de chaque tems & de chaque mesure est remplie par une ou plusieurs notes qui passent plus ou moins vite en proportion inverse de leur nombre, & auxquelles on donne diverses figures pour marquer leur différente durée. Voyez Valeur des notes. Dans la danse on appelle cadence la même chose qu’en musique on appelle mesure. Voyez Cadence.

Bien des gens considérant le progrès de notre Musique, pensent que la mesure est de nouvelle invention ; mais il faudroit n’avoir aucune connoissance de l’antiquité pour se persuader cela. Non seulement les anciens pratiquoient la mesure ou le rythme, mais ils nous ont même laissé les regles qu’ils avoient établies pour cette partie. Voyez Rhythme. En effet, pour peu qu’on y réfléchisse, on verra que le chant ne consiste pas seulement dans l’intonation, mais aussi dans la mesure, & que l’un n’étant pas moins naturel que l’autre, l’invention de ces deux choses n’a pas dû se faire en des tems fort éloignés.

La barbarie dans laquelle retomberent toutes les sciences, après la destruction de l’empire romain, épargna d’autant moins la Musique, que les Latins ne l’avoient jamais extrèmement cultivée ; & l’état d’imperfection où la laissa Guy d’Arezzo qui passe pour en être le restaurateur, nous fait assez juger de celui où il auroit dû la trouver.

Il n’est pas bien étonnant que le rhythme, qui servoit à exprimer la mesure de la poésie, fût fort négligé dans des tems où l’on ne chantoit presque que de la prose. Les peuples ne connoissoient guere alors d’autres divertissemens que les cérémonies de l’église, ni d’autre musique que celle de l’office ; & comme cette musique n’exigeoit pas ordinairement la régularité du rhythme, cette partie fut bientôt presque entierement oubliée. On nous dit que Guy nota sa musique avec des points ; ces points n’exprimoient donc pas des quantités différentes, & l’invention des notes de différentes valeurs fut certainement postérieure à ce fameux musicien. Tout au plus peut-on supposer que dans le chant de l’église il y avoit quelque signe pour distinguer les syllabes breves ou longues, & les notes correspondantes, seulement par rapport à la prosodie.

On attribue communément cette invention des diverses valeurs des notes à Jean des Murs, chanoine de Paris, vers l’an 1330. Cependant le P. Mersenne, qui avoit lu les ouvrages de cet auteur, assure n’y avoir rien trouvé qui pût confirmer cette opinion. Et en effet, si d’un côté l’usage de la mesure paroît postérieur à ce tems, il paroît certain d’autre part, que l’usage des notes de différentes valeurs étoit antérieur à ce même tems ; ce qui n’offre pas de petites difficultés sur la maniere dont pouvoient se mesurer ces valeurs. Quoi qu’il en soit, voici l’état où fut d’abord mise cette partie de la Musique.

Les premiers qui donnerent aux notes quelques regles de quantité, s’attacherent plus aux valeurs ou durées relatives de ces notes, qu’à la mesure même, ou au caractere du mouvement ; de sorte qu’avant l’invention des différentes mesures, il y avoit des notes au-moins de cinq valeurs différentes ; savoir, la maxime, la longue, la breve, la semi-breve, & la minime. Voyez ces mots.

Dans la suite les rapports en valeur d’une de ces notes à l’autre, dépendirent du tems, de la prolation ou du mode. Par le mode on déterminoit le rapport de la maxime à la longue, ou de la longue à la breve ; par le tems, celui de la longue à la breve, ou de la breve à la semi-breve, ou de la semi-breve à la minime. Voyez Mode, Prolation, Tems. En général toutes ces différentes modifications se peuvent rapporter à la mesure double ou à la mesure triple, c’est-à-dire à la division de chaque valeur entiere en deux ou trois tems inégaux.

Cette maniere d’exprimer le tems ou la mesure des notes, changea entierement durant le cours du dernier siecle. Dès qu’on eut pris l’habitude de renfermer chaque mesure entre deux barres, il fallut nécessairement proscrire toutes les especes de notes qui renfermoient plusieurs mesures ; la mesure en devint plus claire, les partitions mieux ordonnées, & l’exécution plus facile ; ce qui étoit fort nécessaire pour compenser les difficultés que la Musique acquéroit en devenant chaque jour plus composée.

Jusques-là la proportion triple avoit passé pour la plus parfaite ; mais la double prit l’ascendant, & le C ou la mesure à quatre tems, fut prise pour la base de toutes les autres. Or la mesure à quatre tems se résout toujours en mesure en deux tems ; ainsi c’est proprement à la mesure double qu’on a à faire rapporter toutes les autres, du-moins quant aux valeurs des notes & aux signes des mesures.

Au lieu donc des maximes, longues, breves, &c. on substitua les rondes, blanches, noires, croches, doubles & triples croches (voyez ces mots), qui toutes furent prises en division sous-double : de sorte que chaque espece de note valoit précisément la moitié de la précédente ; division manifestement défectueuse & insuffisante, puisqu’ayant conservé la mesure triple aussi-bien que la double ou quadruple, & chaque tems ainsi que chaque mesure devant être divisé en raison sous-double ou sous-triple, à la volonté du compositeur, il falloit assigner ou plûtôt conserver aux notes des divisions proportionnelles à ces deux genres de mesure.

Les Musiciens sentirent bien-tôt le défaut, mais au lieu d’établir une nouvelle division, ils tâcherent de suppléer à cela par quelque signe étranger ; ainsi ne sachant pas diviser une blanche en trois parties égales, ils se sont contentés d’écrire trois noires, ajoutant le chiffre 3 sur celle du milieu. Ce chiffre même leur a enfin paru trop incommode ; & pour tendre des pieges plus sûrs à ceux qui ont à lire leur musique, ils prennent aujourd’hui le parti de supprimer le 3, ou même le 6 ; de sorte que pour savoir si la division est double ou triple, il n’y a d’autre parti à prendre que de compter les notes ou de deviner.

Quoiqu’il n’y ait dans notre Musique que deux genres de mesure, on y a tant fait de divisions, qu’on en peut ou moins compter seize especes, dont voici les signes.

C.


Voyez les exemples, Pl. de Musiq.

De toutes ces mesures, il y en a trois qu’on appelle simples ; savoir le 2, le 3 & le C, ou quatre tems. Toutes les autres, qu’on appelle doubles, tirent leur dénomination & leurs signes de cette derniere, ou de la note ronde, & en voici la regle.

Le chiffre inférieur marque un nombre de notes de valeur égale, & faisant ensemble la durée d’une ronde ou d’une mesure à quatre tems ; le chiffre supérieur montre combien il faut de ces mêmes notes pour remplir une mesure de l’air qu’on va noter. Par cette regle on voit qu’il faut trois blanches pour remplir une mesure au signe  ; deux noires pour celle au signe  ; trois croches pour celle au signe , &c. Chacun peut sentir l’ineptie de tous ces embarras de chiffres ; car pourquoi, je vous prie, ce rapport de tant de différentes mesures à celles de quatre tems qui leur est si peu semblable ; ou pourquoi ce rapport de tant de différentes notes à une ronde, dont la durée est si peu déterminée ? Si tous ces signes sont institués pour déterminer autant de mouvemens différens en especes, il y en a beaucoup trop ; & s’ils le sont outre cela, pour exprimer les différens degrés de vîtesse de ces mouvemens, il n’y en a pas assez. D’ailleurs pourquoi se tourmenter à établir des signes qui ne servent à rien, puisqu’indépendamment du genre de la mesure & de la division des tems, on est presque toujours contraint d’ajouter un mot au commencement de l’air, qui détermine le degré du mouvement ?

Il est clair qu’il n’y a réellement que deux mesures dans notre Musique, savoir à deux & trois tems égaux : chaque tems peut, ainsi que chaque mesure, se diviser en deux ou en trois parties égales. Cela fait une subdivision qui donnera quatre especes de mesure en tout ; nous n’en avons pas davantage. Qu’on y ajoute si l’on veut la nouvelle mesure à deux tems inégaux, l’un triple & l’autre double, de laquelle nous parlerons au mot Musique, on aura cinq mesures différentes, dont l’expression ira bien au-delà de celle que nous pouvons fournir avec nos seize mesures, & tous leurs inutiles & ridicules chiffres. (S)

Mesure longue, (Antiq. Arts & Comm.) mesure d’intervalle qui sert à déterminer les dimensions d’un corps, ou la distance d’un lieu ; ainsi la ligne qui est la douzieme partie d’un pouce, le pouce qui contient douze lignes, le pié douze pouces, le pas géométrique cinq piés, la toise six piés, &c. sont des mesures longues.

Pour justifier l’utilité de la connoissance de cette matiere, je ne puis rien faire de mieux que d’emprunter ici les observations de M. Freret, en renvoyant le lecteur à son traité sur les mesures longues. Il est inséré dans le recueil de l’acad. des Inscriptions, tome XXIV.

L’histoire & l’ancienne géographie, dit le savant académicien que je viens de nommer, seront toûjours couvertes de ténebres impénétrables, si l’on ne connoît la valeur des mesures qui étoient en usage parmi les anciens. Sans cette connoissance, il nous sera presque impossible de rien comprendre à ce que nous disent les historiens grecs & romains, des marches de leurs armées, de leurs voyages, & de la distance des lieux où se sont passés les événemens qu’ils racontent ; sans cette connoissance, nous ne pourrons nous former aucune idée nette de l’étendue des anciens empires, de celle des terres qui faisoient la richesse des particuliers, de la grandeur des villes, ni de celle des bâtimens les plus célebres. Les instrumens des arts, ceux de l’Agriculture, les armes, les machines de guerre, les vaisseaux, les galeres, la partie de l’antiquité la plus intéressante & même la plus utile, celle qui regarde l’économique, tout en un mot, deviendra pour nous une énigme, si nous ignorons la proportion de leurs mesures avec les nôtres.

Les mesures creuses, ou celles des fluides, sont liées avec les mesures longues ; la connoissance des poids est liée de même avec celle des mesures creuses ou de capacité ; & si l’on ne rapporte le poids de leurs monnoies à celui des nôtres, il ne sera pas possible de se former une idée tant soit peu exacte des mœurs des anciens, ni de comparer leur richesse avec la nôtre.

Cette considération a porté un très-grand nombre d’habiles gens des deux derniers siecles, à travailler sur cette matiere. Ils ont ramassé avec beaucoup d’érudition, les passages des anciens qui concernent les divisions & les subdivisions des mesures usitées dans l’antiquité. Ils ont même marqué soigneusement la proportion qui se trouvoit entre diverses mesures des Grecs, des Romains & des nations barbares. Mais comme plusieurs ne nous ont point donné le rapport de ces mesures avec les nôtres, leur valeur ne nous est pas mieux connue ; il est vrai que quelques-uns ont déterminé ce rapport ; mais ils l’ont fait avec si peu de solidité, que les évaluations qui résultent de leurs hypothèses rendent incroyables les choses les plus naturelles, parce que dans leurs calculs, les villes, les pays, les monumens, les instrumens des arts, &c. deviennent d’une grandeur excessive. C’est dommage qu’on ne puisse excepter de ce nombre le savant Edouard Bernard, dans son livre de ponderibus & mensuris, & moins encore le fameux docteur Cumberland, mort en 1708 évêque de Petersborough. Il n’a manqué à M. Gréaves, dans son excellent livre écrit en anglois, sur le pié romain, que de n’avoir pas étendu ses recherches aussi loin qu’il étoit capable de le faire.

Cependant pour remplir autant qu’il sera possible l’avide curiosité des lecteurs sur les évaluations des mesures longues, nous nous proposons de joindre aux proportions établies par M. Freret, 1°. la table des mesures longues des diverses nations comparées au pié romain, par M. Gréaves ; 2°. la table de la proportion du pié de Paris, avec les mesures de différentes nations, par le même auteur ; 3°. la table de proportion de plusieurs mesures entr’elles, par M. Picard ; 4°. une table de mesures longues prises sur les originaux, par M. Auzout ; 5°. la table de plusieurs mesures longues comparées avec le pié anglois, tirées de Harris & de Chambers ; 6°. enfin nous donnerons des tables de mesures longues des Grecs, des Romains & de l’Ecriture-sainte, réduites aux mesures angloises.

Proportions établies par M. Freret, entre les différentes mesures longues des anciens. Ces proportions sont marquées en dixiemes de doigt, ou en deux cens quarantiemes parties de la coudée égyptienne, autrement dite aléxandrine, la plus grande de toutes.
Dixiemes de doigt.
Coudée aléxandrine, égyptienne, hébraïque, royale, &c. 240
Pié, 160
Coudée babylonienne, greque, italique, de Diodore, de Pline, &c. 200
Pié, 133
Coudée du pié romain dans Josephe, 192
Pié romain, 128
Coudée de mesure ou olympique, dans Hérodote, 175
Pié, 116
Grandeur des différentes coudées & des différens piés, exprimée en dixiemes de lignes de pié de roi, par la mesure des pyramides.
Selon Hérodote, Pié, 1170
Coudée, 1755
Selon Diodore, Pié, 1337
Coudée, 2006
Selon Strabon, Pié, 1570
Coudée, 2355
Par la grandeur du devakh, ou coudée du Nilometre au Caire, de 2460 dixiemes de ligne.
Coudée égyptienne, hébraïque, alexandrine, ptolémaïque, 2460.
Pié de cette coudée, 1640.
Coudée babylonienne, italique, greque, de Diodore, de Columelle, Pline, &c. 2050.
Pié de cette coudée, .
Coudée du pié romain employé par Josephe, 1968.
Pié romain de cette coudée, 1312.
Coudée de mesure, ou olympique d’Hérodote, .
Pié de cette coudée, .
Grandeurs différentes des piés romains par les divers monumens.
Sur le tombeau de Statilius, 1312.
Sur le tombeau de Corsutius, 1303 ou 1315.
Sur le tombeau d’Oebutius, 1315 ou 1318.
Piés de fer mesurés par Luca Petto, trois piés différens, .
Un autre pié, 1295.
Pié que Petto a fait graver au Capitole, comme la mesure du pié grec, 1358.
Piés mesurés par Gréaves, 1303.
Piés mesurés par Fabretti, 1306.
Pié romain établt par voie de raisonnement.
Grandeur déduite de la mesure du Congius par Villalpandus, 1331.
Par Riccioli, .
Par M. Picard, 1310.
Grandeur déduite de la mesure du mille romain par M. Cassini, pié d’arpentage, 1320.
Pié romain gravé au Capitole, comme celui des anciens architectes, par Luca Petto, 1307.
Pié romain, dont le palme moderne contient les trois quarts, 1318.
Mesures différentes des Grecs. Mesure itinéraire des Astronomes, d’Aristote, d’Herodote, de Xénophon, &c.
Dixiemes de ligne de pié de roi piés, pouces, lignes.
Pié, 740. 0. 6. 2.
Coudée, 1111. 0. 9. .
Orgye ou 4 coudées, 3. 1. .
Pléthre, ou 100 piés, 51. 4. 4.
Stade, 61 pas, ou 308. 6. 11.

Il faut compter 15 de ces stades au mille romain, & au degré d’un grand cercle.

Mesure de Ctésias, & cille qu’Archimede & Aristocréon ont employée pour la mesure de la terre.
Dixiemes de ligne de pié de roi piés, pouces, lignes.
Pié, 987. 0. 8. .
Coudée, 1481. 0. 12. .
Orgye ou 4 coudées, 4. 1. .
Pléthre, ou 100 piés, 66. 8. .
Stade, 82 pas, ou 411. 5. 4.

Il y avoit plus de 11 de ces stades au mille romain, & au degré d’un grand cercle.

Mesure commune contenant de la mesure olympique.
Dixiemes de ligne de pié de roi piés, pouces, lignes.
Pié, 1025. 0. 7. .
Coudée, . 0. 10. 11.
Orgye ou 4 coudées, 4. 3. 3 .
Pléthre, 71. 2. 2.
Stade, 85 pas, ou 427. 2. 8.

Il y avoit près de 11 de ces stades au mille, & 803 au degré d’un grand cercle.

Mesure olympique d’Hérodote & d’Eratosthene, pour la mesure de la terre.
Dixiemes de ligne de pié de roi piés, pouces, lignes.
Pié, . 0. 9. .
Coudée, 1795. 1. 2. .
Orgye ou 4 coudées, 4. 11. 10.
Pléthre, 83. 1. 1.
Stade, 99 pas, ou 498. 7. 4.

Il y avoit un peu plus de 9 de ces stades au mille romain, & au degré d’un grand cercle.

Mesure italique ou greque de Columelle, Pline, &c. de Diodore, &c. babylonique d’Ezéchiel, & d’Hérodote, &c.
Dixiemes de ligne de pié de roi piés, pouces, lignes.
Pié, . 0. 11. .
Coudée, 2050. 1. 5. 1.
Orgye ou 4 coudées, 5. 8. 4.
Pléthre, 94. 10. 4.
Stade, 113 pas, ou 569. 5. 4.

Il y a 8 de ces stades au mille romain, & 603 au degré d’un grand cercle.

Mesure égyptienne, hébraique de Josephe, samienne, alexandrine, des Ptolomées, du dévakh, de la géographie de Ptolomée, & de Marin de Tyr, &c.
Dixiemes de ligne de pié de roi piés, - pouces, lignes.
Pié, 1640. 1. 1. 8.
Coudée, 2460. 1. 8. 6.
Orgye, 6. 10. 0.
Pléthre, 113. 10. 0.
Stade, 116 pas, ou 683. 4. 0.

Il y avoit un peu moins de 7 de ces stades au mille romain, & moins de 502 stades au degré d’un grand cercle.

L’aroure, mesure d’arpentage, avoit pour chacun de ses quatre côtés 166 piés 8 pouces ; son aire étoit de moins de 28000 piés quarrés, un peu plus grande que celle du jugerum romain & du demi arpent de Paris.

Mesures romaines anciennes.
Dixiem, de lig.
Pié des Architectes par la mesure des anciens bâtimens, Dixiem, de lig. 1307.
Pié gravé sur les tombeaux, 1312.
Pié du palme romain moderne, 1318.
Pié de la mesure du mille romain ancien, déterminé par M. Cassini, 1320.
Pas ou 5 piés de cette mesure, 4piés 7pouc.

Actus minimus, espace de 4 piés romains de large sur 120 de long, fait 3 piés 8 pouces de roi sur 110 piés ; l’aire est de 403 piés de roi quarrés, & un restant.

Clima, espace de 60 piés en tout sens, ou de 55 piés de roi ; l’aire est de 3600 piés romains, & de 3025 piés de roi.

Actus quadratus, de 120 piés en tout sens, ou de 110 piés de roi, l’aire est de 14400 piés romains, ou de 12100 piés de roi. Cette mesure est le demi-jugerum, ou l’arepennis, c’est-à-dire l’arpent, mesure gauloise.

Jugerum, mesure de 120 piés sur 240, ou de 110 piés de roi sur 220 ; l’aire est de 28800 piés romains, ou de 24200 piés de roi ; c’est le demi-arpent de Paris juste, puisque cet arpent contient 48400 piés quarrés, & qu’il est quadruple de l’ancien arepennis des Gaulois.

Le mille romain ou les 5000 piés, font 916 pas 3 piés 4 pouces de roi, & les 75 milles, 68758 pas ; ce qui approche tellement de la mesure du degré d’un grand cercle, que l’on peut sans aucune erreur employer cette proportion, en réduisant les distances des itinéraires romains anciens, en degrés & en minutes géographiques.

Passons aux mesures longues des modernes, qui sont si différentes entr’elles suivant les pays.

La mesure des longueurs en France, est la ligne ou grain d’orge, le pouce, le pié, la toise, qui étant multipliés, composent chacun suivant leur évaluation, les pas, soit communs, soit géométriques, & les perches ; ceux-ci étant pareillement multipliés, font les arpens, les milles, les lieues, &c.

On met encore au nombre des mesures de longueur celles dont on se sert à mesurer les étoffes de soie, de laine, &c. les toiles, les rubans, & autres semblables marchandises. A Paris & dans la plûpart des provinces, on se sert de l’aune, qui contient 3 piés 7 pouces 8 lignes, ou une verge d’Angleterre, . L’aune de Paris se divise de deux manieres, savoir en moitié, tiers, sixieme & douzieme, ou en demi-aune, en quart, en huit & en seize, qui est la plus petite partie de l’aune, après quoi elle ne se divise plus. Voyez Aune.

En Angleterre la mesure longue qui sert de regle dans le commerce, est la verge (the yard), qui contient 3 piés, ou de l’aune de Paris ; desorte que neuf verges angloises font 7 aunes de Paris. Les divisions de la verge sont le pié, l’empan, la palme, le pouce, la ligne ; ses multiples sont le pas, la brasse, (fathom), la perche (pole), le stade (furlong), dont huit font le mille.

Les mesures de longueur en Hollande, Flandres, Suede & une partie de l’Allemagne, sont l’aune, mais une aune différente dans tous ces pays de l’aune de Paris ; car l’aune de Hollande contient 1 pié de roi & 11 lignes, ou de l’aune de Paris. L’aune de Flanares contient 2 piés 1 pouce 5 lignes & demie, c’est-à-dire de l’aune de Paris.

Dans presque toute l’Italie, à Bologne, Modenes, Venise, Florence, Lucques, Milan, Bergame, Mantoue, &c. c’est la brasse qui est en usage, mais qui est de différente longueur dans chacune de ces villes. A Venise elle contient 1 pié de roi 11 pouces 3 lignes, ou de l’aune de Paris. A Lucques elle contient 1 pié de roi 9 pouces 0 lignes ; c’est-à-dire une demi-aune de Paris. A Florence la brasse contient 1 pié de roi 9 pouces 4 lignes, ou 49/100 de l’aune de Paris. A Bergame la brasse fait 1 pié de roi 7 pouces 6 lignes, ou de l’aune de Paris.

La mesure longue de Naples est la canne, qui contient 6 piés de roi 10 pouces 2 lignes, c’est-à-dire une aune de Paris & .

La mesure longue d’Espagne est la vare, qui contient de l’aune de Paris. En Arragon la vare fait une aune & demie de Paris, c’est-à-dire qu’elle contient 5 piés 5 pouces 6 lignes.

La mesure de longueur des Portugais est le cavedos & le varas. Le cavedos contient 2 piés 11 lignes, ou de l’aune de Paris ; 106 varas font 100 aunes de Paris.

La mesure longue de Piémont & de Turin, est le raz, qui contient 1 pié de roi 9 pouces 10 lignes ; c’est-à-dire à peu près demi-aune de Paris.

Les Moscovites ont deux mesures de longueur, l’arcin & la coudée. La coudée est égale aux pié de roi 4 pouces 2 lignes ; deux arcins font 3 coudées.

Les Turcs & les Levantins ont le pié qui contient 2 piés 2 pouces 2 lignes, ou de l’aune de Paris. Le cobre est la mesure des étoffes à la Chine ; 10 cobres font 3 aunes de Paris. En Perse & dans quelques états des Indes, on se sert de la guèze, dont il y a deux especes ; la guèze royale & la petite guèze : la guèze royale contient 2 piés de roi 10 pouces 11 lignes, ou 4/5 de l’aune de Paris ; la petite guèze fait les deux tiers de la guèze royale. Le royaume de Pégu & quelques autres lieux des Indes, se servent du cando, qui est égal à l’aune de Venise ; mais le cando de Goa est une longue mesure qui revient à 17 aunes de Hollande. La mesure longue des Siamois se nomme le ken, qui fait 3 piés de roi moins 1 pouce. Il ne s’agit plus maintenant que de transcrire les tables détaillées de Gréaves, de Picard & d’Auzout.

Table des mesures longues de diverses nations, comparées au pié romain par M. Gréaves.

Supposant le pié romain du monument de Cossutius à Rome divisé en 1000 parties égales, les autres mesures sont en proportion avec ce pié en la maniere qui suit :

Centiemes.
Le pié romain du monument de Cossutius, 1000.
Le pié romain du monument de Statilius à Rome, 1005. 17.
Le pié romain de Villalpandus pris sur le Congius de Vespasien, 1019. 65.
L’ancien pié grec qui étoit au romain comme 25 est à 24, 1041. 67.
Le pié de roi de Paris, 1104. 45.
Le pié d’Angleterre, 1034. 13.
Le pié de Venise, 1201. 65.
Le pié du Rhin de Snellius, 1068. 25.
Le dérah ou coudée d’Egypte, 1886. 25.
L’arish de Perse, 3306. 10.
La grande pique des Turcs à Constantinople, 2275. 8.
La petite pique des Turcs à Constantinople est à la grande comme 31 est à 32.
Le braccio, ou bras de Florence, 198. 28.
Le braccio de Sienne pour tout, 1282. 38.
Le braccio de Sienne pour la toile, 2041. 37.
Le braccio de Naples, 2171. 66.
La canne de Naples, 7114. 79.
La vare d’Almérie & de Cadix en Espagne, 2854. 19.
Le palme des Architectes à Rome, dont dix font la canne des mêmes Architectes, 759. 98.
Le palme du braccio des marchands & des tisserans à Rome. On voit sa mesure & sa forme sur un marbre au Capitole, avec cette inscription, curante lu poeto, 719. 24.
Le palme de Genes, 842. 31.
L’aune d’Anvers, 2360. 91.
L’aune d’Amsterdam, 2345. 40.
L’aune de Leyde, 2337. 13.
Table de la proportion du pié de Paris, avec les mesures longues de différentes nations, par le même M. Gréaves.

Le pié de roi de Paris divisé en 1068 parties, dont chacun des 12 pouces qui le composent en contiendra 89, les autres mesures seront en proportion avec pié de Paris en la maniere qui suit :

Le pié de Paris, 1068.
Le pié romain du monument de Cossutius, 967.
Le pié romain du monument de Statilius, 972.
Le pié romain de Villalpandus, 986.
Le pié grec, 1007.
Le pié d’Angleterre, 1000.
Le pié de Venise, 1162.
Le pié du Rhin de Snellius, 1033.
Le dérah, ou la coudée d’Egypte, 1824.
L’arish de Perse, 3197.
La grande pique des Turcs à Constantinople, 2200.
La petite pique des Turcs à Constantinople est à la grande comme 31 à 32.
Le braccio de Florence, 1913.
Le braccio de Sienne pour tout, 1242.
Le braccio de Sienne pour la toile, 1974.
Le braccio de Naples, 6880.
La vare d’Almérie & de Cadix en Espagne, 2760.
Le palme des architectes à Rome, 732.
Le palme du braccio des marchands & des tisserans à Rome, 695
Le palme de Gènés, 815.
L’aune d’Anvers, 2283.
L’aune d’Amsterdam, 2268.
L’aune de Leyde, 2260.

Table de proportion de plusieurs mesures longues entr’elles, par M. Picard.

Le pié de Paris supposé de 720.
Le pié du Rhin ou de Leyde, observé par M. Picard, 696.
La perche du Rhin contenant 12 piés.
Le pié de Londres, 675
Le pié danois observé par M. Picard, 701
L’aune danoise contenant 2 piés.
Le pié de Dantzick pris par proportion sur celui de Leyde du liv. I. de la sélénographie d’Hévélius, 636.
Le pié de Lyon sur une observation de M. Auzout, 757
Le pié de Boulogne par M. Auzout, 843.
Le braccio de Florence observé par le même, & par le pere Mersenne, 1290.
Le pié de Suede, 658
Le pié de Bruxelles, 609
Le pié d’Amsterdam pris sur celui de Leyde, selon Snellius, 629.
Le palme des architectes à Rome, observée
par MM. Picard & Auzout, 494
La canne des architectes contient dix palmes.
Le pié romain du Capitole examiné par MM. Picard & Auzout, 653 ou 653
Le même pris sur le pié grec, 652.
Car ce nombre 652 pour le pié romain du Capitole, convient parfaitement avec le pié grec qui est 679, selon la proportion de 24 à 25 ; mais parce que selon M. Gréaves, le pié d’Angleterre est au pié romain comme 1000 à 967, il s’ensuit que le pié romain est dans l’état qu’il est, de 653 parties plus
Le pié romain de Villalpandus pris sur le Congius selon Riccioli, 665
Le pié romain du monument de Statilius, 655
Le pié romain de la vigne Mattei, 657
Le pié romain pris du palme, 658
ou près de 659.
Le pié romain tiré sur les pavés du Panthéon, en les supposant de 10 piés romains, 653.
Le pié romain tiré d’une bande de marbre du même pavé, en la supposant de trois piés romains, 650.
Le pié romain pris sur les portes du même temple en les supposant de 20 piés romains de large, 661
Le pié romain pris sur la pyramide de Cessius, en la supposant de 95 piés romains, 653
Le pié romain pris sur le diametre des colonnes, tiré de l’arc de Septime Severe, 653
Le pié romain pris sur la bande de porphyre du pavé du Panthéon, 653

Cette table est tirée des divers ouvrages de Mathématique & de Physique, par MM. de l’ac. royale des Sciences à Paris, 1693, infol. pag. 367 & suiv.

Table de mesures longues prises sur les originaux, & comparées avec le pié du Châtelet de Paris, par M. Auzout.

Le pié de Paris divisé en 1440 parties égales, c’est-à-dire chaque ligne en dix parties ; c’est sur cette mesure que les suivantes sont réduites.

Le palme de Rome pris au Capitole, contient . ou 8 pouces 2 lignes . parties.

Celui des passets est quelquefois un peu plus grand, & fait 8 pouces 3 lignes. Le passet est une mesure de buis qui contient ordinairement 5 palmes, & qui est faite de plusieurs pieces jointes ensemble par des clous, pour pouvoir se plier & se porter commodément.

Le palme est divisé en 12 onces, & l’once en 5 minutes ; ce qui fait 60 minutes au palme. On ne se sert point d’une plus petite division ; 10 palmes font la canne qu’on nomme d’architecte.

Le pié romain que l’on nomme ancien, qui est celui de Lucas Poetus pris au même lieu, contient 1306 ou 1307 parties. Il est un peu trop petit, puisque le palme devant être les trois quarts du pié, ou douze doigts des 16 qui composent tout le pié ; il devroit contenir, suivant la premiere mesure, 1318 parties.

Il reste à Rome deux piés antiques sur des sépulchres d’architectes ; l’un dans le jardin de Belvedere, & l’autre dans la vigne Mattei ; quoique les divisions en soient inégales & malfaites, on peut pourtant suppoier que le total en est bon. Celui de Belvedere contient 1311 parties, ou bien 10 pouces 11 lignes & 1 partie ou  ; & celui de la vigne Mattei en contient 1315, ou bien 10 pouces 11 lignes 5 parties . lignes ; & comme ils peuvent être un peu diminués sur les bords, on peut les estimer égaux à 16 onces du palme moderne.

Par toutes ces mesures, on peut prendre l’aune de Paris pour 4 piés romains antiques.

Le pié grec pris au Capitole a 1358 parties, on bien 11 pouces 3 lignes 8 parties, étant au romain comme 25 à 24, comme l’on déduit ordinairement de la différence de leurs stades, dont l’une contenoit 600 piés & l’autre 625, le pié romain étant 1306 ou 1307, le pié grec devroit être 1373. Si le romain étoit 1311, le grec seroit  ; si le romain étoit 1315, le grec seroit , toujours plus grand que celui du Capitole marqué par Lucas Poëtus.

Nota. Le pié qui est à Belvedere sur le tombeau de T. Statilius Mensor, est divisé en palmes & en doigts ; la division en est mal faite & grossiere, le pié qui est dans la vigne Mattei sur un autre tombeau de Cossutius n’est point divisé en doigts. Il est à croire que Lucas Poëtus avoit marqué le pié romain & le pié grec de juste proportion ; mais qu’à force de prendre le pié romain, on l’a augmenté. Si le romain étoit 652, le grec seroit .

Le palme de marchand dont 8 font la canne, & qui sert à mesurer toutes les étoffes, a parties, ou bien 9 pouces . de ligne. La canne faisant justement 6 piés 1 pouce 6 lignes, elle revient à peu-près à 1 aune 2 tiers de celle de Paris.

Le palme & la canne de Rome pour les marchands est précisément le pan & la canne dont on se sert à Montpellier.

Le palme de Naples pris sur l’original, a 1161 ou 1162 parties, ou bien 9 pouces 8 lignes 1 ou 2 parties.

La brasse de Florence prise à la mesure publique contre la prison, a 2580 ou 2581 parties ; c’est à-dire 1 pié 9 pouces & 6 lignes, ou une partie davantage, mais le premier est plus juste.

Le pié de Boulogne pris dans le palais de la Vicairerie, a 1686 parties, ou bien 1 pié 2 pouces & 6 partiés.

Le braccio pris au même lieu, a 2826 parties, ou bien 1 pié 11 pouces 6 lignes ; ce qui ne fait pas justement 5 piés de 3 bras, comme le suppose le P. Riccioli.

Le braccio de Modene a . parties, ou bien 1 pié 11 pouces 5 lignes .

Le braccio de Parme pris auprès du dôme, a 2526 parties, ou bien 1 pié 9 pouces 6 parties.

Le braccio de Lucques a 2615 parties, ou bien 1 pié 9 pouces 9 lignes 5 parties.

Le braccio de Sienne pris sur la canne publique qui est posée horisontalement sous la loge de l’hôtel-de-ville, & qui contient 4 bras, a 2667 parties, ou bien 1 pié 10 pouces 2 lignes & 7 parties.

Le pié de Milan pris sur le traboco de bois, où on éprouve les mesures, a 1760 parties, ou bien 1 pié 2 pouces 8 lignes ; & le bras dont le pié fait les deux tiers, a 2640 parties, ou bien 1 pié 10 pouces.

Le pié de Pavie pris sur la canne de fer qui est à la porte du dôme, a 2080 parties, ou bien 1 pié 5 pouces 4 lignes ; & le bras dont il est les trois quarts, a 2780 parties, ou 1 pié 1 pouce 2 lignes.

Le pié de Turin pris sur le même de cuivre qui est dans l’hôtel-de-ville, a 2274 parties, ou 1 pié 6 pouc. 11 lignes 4 parties.

Le pié de Lyon contient 1515 & . de parties, ou bien 1 pié 7 lignes & .

La toise contient 7 piés .

L’aune de Lyon contient 3 piés 7 pouces 8 lignes & 3 parties ; telles sont les mesures données par M. Auzout dans les divers ouvrages de MM. de l’académie royale des Sciences, 1693, pag. 368, 369 & 370.

Table de différentes mesures longues comparées avec le pié anglois, divisè premierement en 1000 parties égales, puis en pouces & en dixiemes parties de pouce.
Pié, pouces, dixi-
emes
Le pié de Londres, 1000. 12.
Le pié de Paris, 1068. ou 1. 0. 8.
Le pié d’Amsterdam, 942. 0. 11. 3.
Le pié de la Brille, 1103. 1. 1. 2.
Le pié d’Anvers, 946. 11. 3.
Le pié de Dort, 1184. 1. 2. 2.
Le pié du Rhin ou de Leyde, 1033. 1. 0. 4.
Le pié de Lorraine, 958. 11. 4.
Le pié de Malines, 919. 11.
Le pié de Middelbourg, 991. 11. 9.
Le pié de Strasbourg, 920. 11.
Le pié de Bremen, 964. 11. 6.
Le pié de Cologne, 954. 11. 4.
Le pié de Franfort-sur-le-Mein, 948. 11. 4.
Le pié d’Espagne, 1001. 1.
Le pié de Tolede, 899. 10. 7.
Le pié romain, 967. 11. 6.
L’ancien pié romain de Cossutius Statilius, 972. 11. 7.
Le pié de Boulogne en Italie, 1204. 1. 2. 4.
Le pié de Mantoue, 1569. 1. 6. 8.
Le pié de Venise, 1162. 1. 1. 9.
Le pié de Dantzick, 944. 11. 3.
Le pié de Copenhague, 965. 11. 6.
Le pié de Prague, 1026. 1. 0. 3.
Le pié de Riga, 1831. 1. 9. 9.
Le pié de Turin, 1062. 1. 0. 7.
Le pié grec, 1007. 1. 0. 1.
Le pié de Paris selon M. Bernard, 1066.
Le pié universel, 1089.
L’ancien pié romain, 970.
Le pié de Boulogne selon M. Auzout, 1140.
L’aune de Lyon, 3976. 3. 11. 7.
L’aune de Boulogne, 2056. 2. 0. 8.
L’aune d’Amsterdam, 2269. 2. 3. 2.
L’aune d’Anvers, 2273. 2. 0. 2.
L’aune du Rhin & de Leyde, 2260. 3. 3. 1.
L’aune de Francfort, 1826. 1. 9. 9.
L’aune de Hambourg, 1905. 1. 10 8.
L’aune de Léipzig, 2260. 2. 3. 1.
L’aune de Lubeck, 908. 1. 9. 8.
L’aune de Nuremberg, 2227. 2. 3. 3.
L’aune de Baviere, 954. 11. 4.
L’aune de Vienne, 1053. 1. 0. 6.
L’aune de Boulogne, 2147. 2. 3. 7.
L’aune de Dantzick, 1903. 1. 10. 8.
L’aune ou braccio de Florence, 1913. 1. 11.
Le palme d’Espagne ou de Castille, 751. 9.
La vare ou verge d’Espagne, contenant 4 palmes, 3001. 3. 0.
La vare de Lisbonne, 2750. 2. 9.
La vare de Gibraltar, 2760. 2. 9. 1.
La vare de Tolede, 2685. 2. 8. 2.
Le palme de Naples, 361. 2. 9. 6.
Le braccio de Naples, 2000. 2. 1. 2.
La canne de Naples, 6880. 6. 10. 5
Le palme de Gènes, 380. 9. 6.
Le calamus de Milan, 6544. 6. 6. 5.
La coudée de Parme, 1866. 1. 10. 4.
La coudée de la Chine, 1016. 1. 6. 2.
La coudée du Caire, 1824. 1. 9. 9.
L’ancienne coudée de Babylone, 1. .
L’ancienne coudée greque, 1. .
L’ancienne coudée romaine, 1. .
La pique de Turquie, 2200. 2. .
L’arish de Perse, 3197. 3. .

Il me reste à donner les tables des mesures longues des Grecs, des Romains & de l’Ecriture-Sainte, réduites aux mesures d’Angleterre. Mais pour entendre ces tables de réduction, il faut se rappeller que les mesures longues d’Angleterre, sont le pouce, jnch ; la palme, palm ; l’empan, span ; le pié, foot ; la coudée, cubic ; la verge, yard ; le pas, pace ; la brasse, fathom ; la perche, pole ; le stade, furlongue ; le mille, mile.

Voici d’abord la table qui donne le contenu de ces diverses mesures.



Table des mesures longues d’Angleterre.
Inch.
3 Palm.
9 3 Span.
12 4 Foot.
18 6 2 Cubit.
36 12 4 3 2 Yard.
60 20 5 Pace.
72 24 8 6 4 2 Fathom.
198 66 22 11 Pole.
7920 2640 880 660 440 220 132 110 40 Furlong.
63360 21120 7040 5280 3520 1760 1056 880 320 8 Mile.
Table des mesures de l’Ecriture réduites à celles d’Angleterre.
Engl. Face Inch. Dec.
Digit. 0 0 192
4 Palm. 0 3 648
12 3 Span. 0 10 944
24 6 3 Cubit. 1 9 888
96 24 6 2 Fathom. 7 3 552
144 36 12 8 Ezekiel’s reed. 10 11 328
192 48 16 8 2 Arabian pole. 14 7 104
1920 480 160 80 20 10 Schœnus. 145 11 04


Nota. Digit signifie un travers de doigt ; palm, la palme ; span, l’empan ; cubit, la coudée ; fathom, la brasse ; ezekiel’s reed, la verge d’Ezéchiel ; Arabian pole, la perche d’Arabie ; schoenus, le schoene.

Table des mesures longues des Grecs réduites à celles d’Angleterre.


Engl. Face Feet. Inch. Dec.
Dactylus. 0 0 0,
4 Dovon. 0 0 3,
10 Lichas. 0 0 7,
11 Orthodoron. 0 0 8, 3101
12 6 Spithamus. 0 0 9,
16 4 Pes. 0 1 0, 0875
18 Pygmos, coudée. 0 1 1,
20 5 2 Pygon. 0 1 3,
24 2 Pecus, grande coudé. 0 1 6, 13125
96 24 8 6 4 Orgya. 0 6 0, 252
9600 2400 960 800 600 480 400 100 Stadius aulus, Stade. 100 4 4, 5
76800 19200 7680 6400 4800 3840 3200 800 8 Mile. 805 5 0
Table des mesures longues des Romains réduites à celles d’Angleterre.
Engl. Paces. Feet. Inch. Dec.
Digitus transversus, 0 0 0,
Uncia, 0 0 0, 967
4 3 Palmus minor, 0 0 2, 901
16 12 4 Pes, 0 0 11, 604
20 15 5 Palmipes, 0 1 2, 505
24 18 6 Cubitus, 0 1 5, 406
40 30 10 2 Gradus, 0 2 5, 01
80 60 20 5 4 2 Passus, 0 4 10, 02
10000 7500 2500 625 500 250 125 Stadium, 120 4 4, 5
80000 60000 20000 5000 4000 2000 1000 8 Milliarium 967 0 0.  

Mesure quarrée, (Antiquité, Arts & Comm.) Les mesures quarrées pour les surfaces se font en multipliant une mesure longue par elle-même. Ainsi les mesures quarrées de France sont réglées par douze lignes quarrées dans un pouce quarré, douze pouces dans le pié, vingt-deux-piés dans la perche, & cent perches dans l’arpent.

Les mesures quarrées d’Angleterre se tirent de la verge contenant trente-six pouces multipliés par eux-mêmes ; cette multiplication produit 1296 pouces quarrés dans une verge quarrée ; ses divisions sont le pié & le pouce quarrés ; & ses multiples sont les pas, les perches, les quartiers d’arpent (rood) & l’arpent (acre), qui contient 720 piés de long sur 72 de large. Comme les mesures de la Grande-Bretagne sont fixes, nous allons donner une table de leur aire.


Table des mesures quarrées d’Angleterre.
Pouces (inches).
144 Piés (feet).
1296 9 Verges (yards.)
3600 25 Pas (paces.)
39204 10,89 Perches (poles.)
1568160 10890 1210 435,6 40 d’arpent (rood.)
6272640 43560 4840 1743,6 160 4 Arpent (acre.)


Le pléthron ou plethre des Grecs, contenoit suivant les uns, 1444, & suivant les autres 10000 piés quarrés ; mais comme le plethre étoit différent selon les lieux & les tems, son aire ne peut être la même. L’aire de l’aroure des Egyptiens étoit un peu plus grande que celle du demi-arpent de Paris. Nous avons déja donné les aires de quelques mesures romaines en parlant des mesures longues. En voici la table générale réduite aux mesures d’Angleterre. Comme les Romains divisoient leur jugerum de la même maniere que leur levre, le jugerum contenoit.

Square Feet. Scruples. Roods. Sq. Poles. Sq. Feet.
As. 28800. 288. 2. 18. 250,05.
Deunx. 26400. 264. 2. 10. 183,85.
Dextans. 24000. 240. 2. 02. 117,64.
Dodrans. 21600. 216. 1. 34. 51,42.
Bes. 19200. 192. 1. 25. 257,46.
Septunx. 16800. 168. 1. 17. 191,25.
Semis. 14400. 144. 1. 09. 125,03.
Quincunx. 12000. 120. 1. 01. 58,82.
Triens. 9600. 96. 0. 32. 264,85.
Quadrans. 7200. 72. 0. 24. 198,64.
Sextans. 4800. 48. 0. 16. 132,43.
Uncia. 2400. 24. 0. 08. 66,21.

Mesure des liquides, (Antiq. Arts & Comm.) les mesures creuses, ou mesures de continence pour les liquides, sont celles avec lesquelles on mesure toutes sortes de liqueurs, comme les vins, les eaux-de-vie, le vinaigre, la biere, &c. On y mesure aussi d’autres corps fluides, particulierement les huiles. Ces mesures sont différentes dans les divers états, & quelquefois dans les provinces & villes d’un même royaume.

Mesures liquides d’Angleterre. En Angleterre les mesures cubiques des liquides ont été prises originairement du poids de troy. Il a été établi dans ce pays-là, que huit livres de froment poids de troy, bien séché, péseroit un gallon mesure de vin, & que ses divisions multiples serviroient de regle pour les autres mesures ; cependant la coutume a introduit un nouveau poids, savoir celui qu’on nomme avoir-du-poids, qui est plus foible que le poids de troy. L’étalon de cette mesure à Guildall, & qui sert de regle pour mesurer les vins, les eaux-de-vie, les liqueurs, les huiles, &c. est supposé contenir 231 pouces cubiques, & c’est sur cette supposition que les autres mesures de liquide ont été faites. Nous en donnerons la table ci-après, en y rapportant les mesures attiques, romaines & juives.

Mesures liquides de France. A Paris & dans une partie du royaume, ces mesures, à commencer par les plus petites, sont le poisson, le demi-septier, la chopine, la pinte, la quarte ou le pot, dont en les multipliant, on compose les quartaux, demi-muids, demi-queues, muids, queues, tonneaux, &c. Le poisson contient six pouces cubiques ; deux poissons sont le demi-septier, deux demi-septiers sont le septier ou la chopine ; deux chopines font la pînte, deux pintes sont la quarte ou le pot ; quatre quartes font le septier ou huit pintes ; les trente-six septiers font le muid, qui se divise en demi-muid ou feuillette, contenant dix-huit septiers ; quart de muid, contenant neuf septiers, & demi-quart ou huitieme de muil, contenant quatre septiers & demi.

Du quarteau on a formé par augmentation les mesures usitées dans d’autres parties du royaume, comme la queue, qui est d’usage à Orléans, à Blois, &c. Elle contient un muid & demi de Paris, c’est-à-dire 420 pintes ; le tonneau qui est d’usage à Bayonne & à Bourdeaux, contient quatre barrils, & est égal à trois muids de Paris, ou à deux muids d’Orléans ; ainsi le tonneau de Bourdeaux contient 864 pintes, & le tonneau d’Orléans, 576.

Mesures liquides de Hollande. A Amsterdam les mesures des liquides sont, à commencer par les diminutions, les mingles, les viertels, les stékans, les aukers & les awus ; & pour les huiles, la tonne. Le mingle ou bouteille, contient deux livres quatre onces poids de marc, plus ou moins, suivant la pesanteur des liqueurs. Elle se divise en deux pintes, en quatre demi-pintes, en huit musties & en seize demi musties ; 777 minglés font leur tonneau. Le viertel ou la quarte, est composé de cinq mingles & de mingle. Le viertel de vin contient précisément six mingles ; le stekag contient seize mingles ; l’auker contient deux stékans, & les quatre aukers font le awu. Les bottes ou pipes d’huile contiennent depuis vingt jusqu’à vingt-cinq stékans, de seize mingles chaque stékan.

Mesures liquides d’Espagne. L’Espagne a des bottes, des robes, des azumbres & des quartaux. La botte contient entre trente-six & trente-sept stékans hollandois, qui pesent environ mille livres. Elle est composée de trente robes pesant chacune vingt-huit livres. Chaque robe est divisée en huit acumbres, & l’azumbre en quatre quartaux. La pique contient dix-huit robes.

Les mesures liquides de Portugal sont les bottes, les almudes, les cavadas, les quatas ; & pour l’huile, les alquiers ou cautars. La botte portugaise est de vingt-cinq à vingt-six stékans ; la quata est la quatrieme partie du cavada ; le cavada est de la même capacité que la mingle hollandoise, six cavadas font un alquier ; deux alquiers une almude, & vingt-six almudes une botte.

Mesures liquides d’Italie. Rome mesure les liqueurs à la branta, au rabbo & au boccale. Le boccale contient un peu plus de la pinte de Paris ; sept boccales & demi font le rubbo, & treize rubbo & demi font la branta ; de sorte que la branta contient 96 boccales. Florence a ses staros, ses barrils & ses fiascos. Le staro contient trois barrils, & le barril vingt-six fiascos ; le fiascos est à-peu près égal à la pinte de Paris. A Véronne on se sert de la bassa, dont seize font la branta ; & la branta contient 96 boccales, ou treize rubos & demi. Les Vénitiens ont leur amphora, qui contient deux bottas ; la botta contient quatre bigoucios, le bigoucio quatre quartes, & la quarte quatre tischaufferas. La botta de Venise se divise encore en mostachies, dont 76 font leur amphora. A Ferrare on se sert du mastilly, qui contient huit sechios, & les six sechios font l’urne. La Calabre & la Pouille ont leur pignatoli, & chaque pignatoli répond à la pinte de France. Trente-deux pignatolis font le staro, & dix staros font la salma.

Mesures d’Allemagne. Le fuder que nous nommons foudre, est la mesure dont on se sert presque par toute l’Allemagne, mais avec plusieurs différences dans sa continence & dans ses subdivisions, attendu les divers états de tant de princes & de tant de villes libres qui partagent ce pays. Le fuder est supposé la charge d’un chariot à deux chevaux. Deux fuders & demi sont le roeder ; six awus sont le fuder, trente fertels sont le awu, & quatre massems font le fertel. Ainsi le roeder contient 1200 massems, le fuder 480, le awu 80, & le fertel 41.

Il nous reste à donner les mesures de liquides d’Angleterre, auxquelles nous rapporterons celles de la Grece, de Rome & des Hébreux. Ce sera l’affaire de quatre tables.

Mesure itinéraire, (Géogr.) on nomme en Géographie mesures itinéraires, celles dont les différens peuples se sont servis, ou se servent encore aujourd’hui pour évaluer les distances des lieux & la longueur des chemins. Si ces mesures avoient entre elles plus d’uniformité qu’elles n’en ont, & que les noms qui les expriment eussent un usage fixe qui exprimât toujours une valeur invariable, cette étude seroit assez courte ; mais il s’en faut bien que les choses soient ainsi. Les noms de mille, de stade, de parasangue, de lieue, ont été sujets à tant de variations, qu’il est très-pénible d’évaluer les calculs d’une nation ou d’un siecle, à ceux d’une autre nation ou d’un autre siecle. Cependant comme plusieurs savans ont pris cette peine, nous allons donner ici d’après leurs travaux, une courte table géographique des principales mesures itinéraires anciennes & modernes, rapportées à un degré de l’équateur, ou à la toise de Paris.

Le mille hébraïque ou le chemin d’un jour de sabbat de deux mille coudées, est égalé par saint Epiphane, à six stades romains. Six cens de ces stades font un degré, donc le mille hébraïque est de 100 au degré.

Le stade égyptien est de 600 piés, selon Hérodote. Cet historien donne 800 piés de largeur à la base de la grande pyramide d’Egypte, qui mesurée au pié de Paris, sont 680 piés. Or comme 800 sont à 680, de même 600 piés qui font le stade d’Hérodote, sont à 510 piés de Paris ; donc le stade d’Hérodote est 85 toises de Paris ; donc la parasangue égyptienne évaluée à 30 stades, est de 2550 toises. Donc le schoene double de la parasangue sera de 5100 toises, & les autres schoenes à proportion. Un degré de l’équateur est égal à 57060 toises. Divisez ce nombre par 85, qui est le nombre des toises contenues dans ce stade, il en résulte 671 stades, plus 25 toises pour le degré, & ainsi à proportion de la parasangue & du schoene. Donc 671 stades égyptiens, plus 25 toises, font un degré de l’équateur.

Trente de ces stades font la parasangue égyptienne, car celle d’Arménie étoit de 40 stades.

Soixante de ces stades font le schoene d’Hérodote, ou l’ancien schoene.

Le grand schoene étoit double, & comprenoit 120 stades.

Le petit schoene du Delta, ou le demi-schoene, n’étoit que de 30 stades. Ce n’est donc que la parasangue changée de nom.

La parasangue des Perses étoit anciennement égale à celle d’Egypte, ensuite elle fut bornée à 40 stades romains, & équivaloit par conséquent à cinq milles romains, dont 75 faisoient un degré. Donc la parasangue des Perses étoit de 15 au degré.

Le stade d’Aristote, de Xénophon, &c. étoit de 1111 au degré.

Le stade romain étoit de 600 au degré.

Le mille romain, de 75 au degré.

L’ancienne lieue des Gaules & d’Espagne, contenant 1500 pas, étoit de 50 au degré.

La raste des Germains de 3000 pas romains, ou de 2 lieues gauloises, étoit de 25 au degré.

Les parasangues des Perses, 22 & trois neuviemes au degré.

Chez leurs successeurs, elles font de 19 moins deux neuviemes au degré.

Lis de la Chine est de 250 au degré.

Lieue du Japon, de 25 au degré.

Werstes de Russie, de 90 au degré.

Milles de la basse Egypte, de 110 au degré.

Cosses, ou lieues de l’Indoustan, de 40 au degré.

Gos, ou lieues de Coromandel, de 10 au degré.

Lieues communes de Hongrie, de 12 au degré.

Milles communs de Turquie, de 60 au degré.

Milles communs italiques, de 60 au degré.

Milles pas géométriques, de 60 au degré.

Milles marins de l’Océan, de 60 au degré.

Milles marins de la Méditerranée, de 75 au degré.

Lieues géographiques de quatre mille pas géométriques, de 15 au degré.

Lieues communes d’Allemagne, de 15 au degré.

Lieues d’Espagne, de 15 au degré.

Lieues marines de Hollande, de 15 au degré.

Lieues marines d’Espagne, de 17 & demi au degré.

Lieues marines d’Angleterre & de France, sont composées de 2853 toises, & sont de 20 au degré.

Lieues de Suede, de 1800 aunes de Suede chacune, & les trois aunes font environ cinq piés & demi de Paris, sont de 12 au degré.

Lieues de Prusse, de 16 au degré.

Lieues de Pologne, de 20 au degré.

Lieues communes des Pays-Bas sont de 22 au degré.

Lieues communes de France de trois milles romains, ou de 2282 toises, sont de 25 plus 10 toises au degré.

Enfin il y a des lieues de France de 34, de 28, de 26, de 24, de 23, de 21 & demi, & de 19 au degré. Voyez Lieue. (D. J.)



I. Table des mesures liquides d’Angleterre, qui sont d’usage pour mesurer les vins & eaux-de-vie.
Solid inches.
18 Pinch.
231 8 Gallon
4158 144 18 Rundlet.
252 Barret.
9702 336 42 Tierce.
14553 504 63 2 Hogshead.
19279 672 84 2 Punchion.
29106 1008 126 7 4 3 2 Brent.
58212 2016 252 14 8 6 4 3 2 Tun.
II. Table des mesures liquides des Grecs réduites à celles d’Angleterre.
Gall. Pints Sol. Inch. Dec.
Cochelation, 0 0,0356,
Cheme, 0 0,0712
Mystron, 0 0,089
5 2 Concha, 0 0,178
10 5 4 2 Cyathus. 0 0,356
15 6 3 Oxubaphon. 0 1 5, 406
60 30 24 12 6 4 Cotyle. 0 2,141
120 60 48 24 12 8 2 Xestes. 0 1 4,283 0
720 360 288 144 72 48 12 6 Chos. 0 6 25,698
8640 4320 3456 1728 864 576 144 72 12 Metretes 10 2 19,626  


III. Table des mesures liquides des Romains réduites à celles d’Angleterre.
Gall. Pints .Sol. Inch. Dec.
Ligula, 0 0,117
4 Cyathus, 0 0,469
5 Acetabulum, 0 0,704
12 3 2 Quartarius, 0 1,409
24 6 4 2 Hemina. 0 2,818
48 12 8 4 2 Sextarius. 0 1 5,536
288 72 24 48 12 6 Congius. 0 1 4,942
1152 288 96 192 48 24 4 Urna. 3 5,33
2304 576 192 384 96 48 8 2 Amphora. 7 1 10,66
46080 11520 7680 3840 1920 960 160 40 20 Culeus 143 3 11,095


IV. Table des mesures liquides des Hébreux, réduites à celles d’Anlegterre.


  Gall. Pints. Sol. Inch. Dec.
Caph, 0 0 0,177
Log, 0 0,211
4 Cab, 0 0,844
16 12 3 Hin, 1 2 2,533
32 24 6 2 Seah, 2 4 5,067
96 72 18 6 3 Bath, epha, 7 4 15,2
960 720 180 60 30 10 Coron, Chomer, 75 5 7,625

Mesures rondes, (Antiq. Arts & Comm.) on appelle mesures rondes ou mesures des choses seches, celles qui servent à mesurer les grains, les graines, les légumes, les fruits secs, la farine, le sel, le charbon, &c. Ces mesures sont différentes dans les divers pays, & quelquefois dans les provinces d’un même royaume.

Mesures rondes de France. Elles sont faites de bois, & ce sont le litron, le boisseau, le minot, & leurs diminutions ou augmentations. De deux minots, on compose la mine ; de deux mines le septier, & de plusieurs septiers, suivant les lieux, les muid ou le tonneau.

Le litron se divise en deux demi-litrons, & en quatre quarts de litron. Le litron contient trente-six pouces cubiques. Voyez Litron.

Le boisseau est très-différent en France, change presque dans toutes jurisdictions, & se nomme en plusieurs endroits bichet. Voyez Boisseau.

Le minot contient trois boisseaux ; il faut quatre minots pour faire un septier, & les douze septiers font le muid ; mais le minot dont on se sert pour mesurer le charbon & le sel, differe en continence de celui des grains. Voyez Minot.

La mine n’est pas un vaisseau réel tel que le minot, qui serve de mesure de continence, mais une estimation de plusieurs autres mesures ; & cette estimation varie suivant les lieux & les choses. A Paris la mine de grains est composée de six boisseaux, ou de deux minots radés, & sans grains sur bord. Il faut deux mines pour le septier, & vingt-quatre mines pour le muid. Voyez Mine.

Le septier est comme le minot, une estimation variable de plusieurs autres mesures. A Paris le septier se divise en deux mines, & les douze septiers font un muid. Voyez Septier.

Le muid est semblablement une estimation variable de plusieurs autres mesures. A Paris le muid des grains qui se mesurent radés est composé de douze septiers, qui font dix-huit muddes d’Amsterdam, & les dix-neuf septiers font un laste. Voyez Muid.

Le tonneau est une mesure ou quantité de grains, qui contient ou qui pese plus ou moins, suivant les lieux du royaume. A Nantes le tonneau de grains contient dix septiers, de seize boisseaux chacun, & pese 2200 à 2250 livres. Il faut trois tonneaux de Nante pour faire vingt-huit septiers de Paris, & treize muddes & demi d’Amsterdam. Voyez Tonneau.

Mesures rondes du Nord, d’Hollande. En Hollande & dans le Nord, on évalue les choses seches sur le pié du last, lest, leth, ou lechs, ainsi appellé, selon la différente prononciation de ces peuples. En Hollande le last est égal à dix-neuf septiers de Paris, ou à trente-huit boisseaux de Bourdeaux. Le last de froment pese ordinairement 4600 à 4800 livres poids de marc. Ce même last se divise en vingt-sept muddes, le mudde en quatre schepels, le schepel en quatre vierdevats, & le vierdevat en huit kops. Voyez Last.

La mesure d’Archangel pour les grains se nomme chefford ; elle tient environ trois boisseaux mesure de Rouen, & se subdive en quatre parties.

Mesures rondes d’Italie. A Venise, Livourne, Lucques, &c. les choses seches se mesurent au staro. Le staro de Livourne pese ordinairement cinquante-quatre livres ; 112 staros font le last d’Amsterdam, au lieu qu’il en faut 119 de Lucques. Le staro de Venise pese 128 livres gros poids ; chaque staro contient quatre quartas ; trente-cinq staros , ou 140 quartas font le last d’Amsterdam. A Palerme on réduit les mesures des corps secs au tomolo, qui est le tiers du septier de Paris. Il faut seize tomoli de Palerme pour la salma, & quatre mondili pour le tomolo.

Mesures rondes d’Espagne & de Portugal. A Cadix, Bilbao & Saint-Sébastien, on mesure les choses seches au fanega ; vingt-trois fanegas de Saint-Sébastien font le tonneau de Nantes, ou neuf septiers & demi de Paris. Le fanega de Bilbao est un peu plus grand ; il en faut vingt à vingt-un pour le tonneau de Nantes. Cinquante fanegas de Cadix font le last d’Amsterdam ; chaque fanega pese . livres de Marseille. A Séville on mesure les choses seches par anagro. L’anagro contient un peu plus que la mine de Paris ; trente six anagros font dix-neuf septiers de Paris. A Bayonne on mesure les grains & sels par couchas ; trente couchas font le tonneau de Nantes, qui revient à neuf septiers & demi de Paris. A Lisbonne on mesure les grains par fanegos & par alquieris ; quinze fanegos font le muid, & quatre alquieris font le fanego ; quatre muids de Lisbonne font le last d’Amsterdam ; 240 alquieris font dix-neuf septiers de Paris.

Il nous reste à indiquer les mesures seches d’Angleterre, auxquelles nous rapporterons les mesures seches de la Grece, de Rome & des Hébreux. Ce sera l’affaire de quatre tables.

I. Table des mesures d’Angleterre pour les choses seches.


Solid inches.
Pint.
8 Gallon.
16 2 Peck.
2178 64 8 4 Bushel.
17424 128 16 8 2 Strike.
  256 32 16 4 2 Carnock, ou Coom.
  512 64 32 8 4 2 Scam, ou Quarter.
  3072 384 192 48 24 12 6 Way.
  5120 640 320 80 40 20 10 12 Last.


II. Table des mesures greques pour les choses seches, réduites à celles d’Angleterre.


  Pecks. Gall. Pints. Sol. Inch. Dec.
Cochlearion, 0 0 0, .
10 Cyathus, 0 0 2, .
15 Oxubaphon, 0 0 4, .
16 6 4 Cotyle, 0 0 0 16, 579.
120 12 8 2 Xestès, ou Septier, 0 0 1 33, 158.
180 18 12 3 Choinix, 0 0 15, .
8640 864 576 144 72 48 Medimus, 4 0 1 3, 501.
III. Table des mesures romaines pour les choses seches réduites à celles d’Angletetrre.
  Pecks. Gall. Pints. Sol. Inch. Dec.
Ligula, 0 0 0, 01.
4 Cyathus, 0 0 0, 04.
6 Acetabulum, 0 0 0, 06.
24 6 4 Hemina, 0 0 0, 24.
48 12 8 2 Sestarius, 0 0 1 0, 48.
384 96 64 16 8 Semi-modius, 0 1 0 3, 84.
768 192 128 32 16 2 Modius,   1 0 0 7, 68.


IV. Table des mesures hébraïques pour les choses seches, réduites à celles d’Angleterre.
  Pecks. Gall. Pints. Sol. Inch. Dec.
Gachal, 0 0 0, 031.
20 Cab, 0 0 0, 073.
36 Gomor, 0 0 1, 211.
120 6 Seah, 1 0 1 4, 036.
360 18 10 3 Epha, 3 0 3 12, 107.
1800 90 50 15 5 Lettech, 16 0 0 26, 500.
3600 180 100 30 10 2 Chomer, ou Coron, 32 0 1 18, 969.
(D. J.)

MESURE, (Gouvernement.) On conçoit bien que les peuples ne s’accorderont jamais à prendre de concert, les mêmes poids & les mêmes mesures ; mais la chose est très-possible dans un pays soumis au même maitre. Henri I. roi d’Angleterre, fixa dans ses états les mêmes poids & les mêmes mesures ; ouvrage d’un sage législateur, qu’il mit à fin dans son royaume, & qu’on a toujours inutilement proposé dans celui-ci. En 1321, Philippe-le-Long songeoit à l’exécuter, quand il mourut. Louis XI. eut depuis la même pensée ; parce qu’il ne falloit, disoit-il, dans un état, qu’une loi, qu’un poids & qu’une mesure. Ne nous objectez pas que cette idée n’est qu’un projet spécieux, rempli d’inconvéniens dans son exécution, & qui dans l’examen n’est qu’une peine inutile, une dispute de mots, parce que le prix des choses suit biertôt leur poids & leur mesure. Mais ne seroit-il pas encore plus naturel d’éviter cette marche, de la prévenir, de simplifier & de faciliter le cours du commerce intérieur qui se fait toujours difficilement, lorsqu’il faut sans cesse avoir présent à son esprit ou devant les yeux, le tarif des poids & des mesures des diverses provinces d’un royaume, pour y ajuster ses opérations ? (D. J.)

Mesure, (Pharm.) Les Apoticaires se servent à présent par-tout des mesures communes qui sont en usage dans leur pays ; les françois ont leur pinte, les anglois leur galon, les allemands leur mesure, &c. voyez ces articles. Mais les doses de liqueurs se déterminent encore quelquefois dans les prescriptions des remedes par quelques mesures moins exactement déterminées, savoir par verrées, par cuillerées & par gouttes.

Les Pharmacologistes exacts ont observé que ces dernieres mesures, & même les mesures exactes, ne déterminoient avec une précision suffisante que les doses des liqueurs innocentes, telles que l’eau commune, les bouillons, les tisannes, la plupart des sirops, &c. mais que pour les remedes actifs, il étoit beaucoup mieux d’en déterminer les doses par le poids que par la mesure.

On a fixé pourtant jusqu’à un certain point par le poids, la contenance du verre & de la cuillerée. Le verre contient environ six onces de décoction ou de potion ; & la cuillerée environ une demi-once de liqueur aqueuse, & à peu près une once de sirop ; la goutte est regardée comme pesant environ un grain.

Il y a outre cela certaines mesures, vaguement déterminées aussi, mais cependant avec une exactitude suffisante pour certaines matieres solides, tels que des bois, des fleurs, des semences, &c. Ces mesures sont pour ces dernieres matieres, le fascicule, la poignée & la pincée. Le fascicule est ce que le bras plié en rond peut contenir ; La poignée est ce que la main peut empoigner ; & la pincée est ce qui peut être pris avec les trois doigts.

On désigne communément dans les formules toutes ces mesures par la lettre initiale, ou les lettres initiales de leur nom latin. On met cyath. pour verre, cyathus ; coc. ou cochl. pour cuillerée, cochlear ; g ou gut. pour goutte, gutta ; f. ou fase. pour fascicule, fasciculus ; m. ou man. pour poignée, manipulus ; p. ou pug. pour pincée, pugillum.

On ordonne encore certains opiats par morceaux gros comme une noix, une noisette, un pois, &c. les poudres, par la quantité qu’il en peut tenir sur la queue d’une cuiller ou sur une piece de monnoie, &c. Voyez Dose.

Les anciens médecins grecs, latins & arabes font mention d’un grand nombre de mesures qui ne sont plus usitées aujourd’hui en Médecine, & dont l’immensité ne permet pas même d’en exposer ici la nomenclature. On évalue suffisamment dans le plus grand nombre de passages des anciens, les doses indiquées par ces diverses mesures, d’après la connoissance de l’activité du remede dont ils parlent. Que s’il y a quelquefois lieu de douter-à cet égard en matiere grave, on peut consulter les traités exprès qu’en ont donnés plusieurs auteurs, entre lesquels celui de Dominique Massarius, imprimé tout au long dans la Bibliotheque pharmaceutique de Manget, où il occupe vingt-cinq pages in fol. peut être regardé comme suffisant pour le moins. Au reste, ce traité comprend aussi tout ce qui concerne les poids des anciens. (b)

Mesure, (Comm.) Ce mot, en fait de trafic, désigne une certaine quantité ou proportion de quelque chose vendue, achetée, évaluée, échangée. Ainsi les mesures sont différentes selon les choses ; c’est pourquoi on a formé des mesures d’intervalle pour les longueurs, des mesures quarrées pour les surfaces, & des mesures solides ou cubiques pour les capacités des choses seches ou liquides. Mais comme ces mesures sont très-différentes selon les pays, nous tâcherons de mettre de l’ordre dans ce vaste sujet, en traitant séparément des mesures longues, des mesures quartées, des mesures des liquides, & des mesures rondes pour les choses seches. En même tems, sous chacune de ces classes, nous parlerons des mesures anciennes qui nous intéressent beaucoup, & de leur réduction à celle d’Angleterre. (D. J.)

Mesure, (Comm.) se dit en général de tout ce qui peut servir de regle pour connoître & pour déterminer la grandeur, l’étendue ou la quantité de quelque corps.

Les mesures se divisent en mesures de longueur & mesures de continence ; & de celles-ci, les unes sont pour les choses seches, & les autres pour les liquides. Nous donnerons ici les noms des principales mesures tant de longueur que de continence, sans expliquer leurs différences, leurs proportions ou leurs évaluations, suivant les différens lieux & pays où elles sont en usage avec celles de Paris ; parce que dans le cours de cet Ouvrage, ces réductions & comparaisons se trouvent faites sous les noms de chaque mesure en particulier.

Les principales mesures des longueurs sont la ligne ou grain d’orge, le pouce, le pié, la toise, qui multipliés, composent chacun selon leur valeur, les pas géométriques & communs, & les perches ; & ceux-ci pareillement multipliés, font les arpens, les milles, les lieues, &c.

On met aussi au nombre des mesures des longueurs, celles dont on se sert à mesurer les étoffes, toiles, rubans & autres semblables marchandises.

A Paris, & dans la pluspart des provinces de France, on se sert de l’aune. Elle est aussi en usage à Amsterdam & dans toute la Hollande, en Flandre, en Brabant & dans une partie de l’Allemagne, à Stokolm & dans les autres villes de Suede, en quelques autres villes anséatiques, comme Dantzic & Hambourg ; à Breslau, Saint Gal, Geneve & Francfort ; mais toutes ces aunes n’ont pas la même proportion & longueur. Voyez Aune.

La canne est la mesure la plus connue dans le haut & bas Languedoc, particulierement à Montpellier & à Toulouse : on s’en sert également en Provence, en Guienne, à Avignon, à Naples & en Sicile. Voyez Canne.

La brasse est en usage presque par toute l’Italie, à Bologne, Modene, Venise, Florence, Luques, Milan, Bergame & Mantoue. Voyez Brasse.

A Turin, c’est le raz ; en Angleterre & dans une partie de l’Espagne, la verge ; le cavedos & le veras en Portugal ; la batre en Arragon, Castille & Valence ; le pan ou empan qu’on nomme aussi palme à Genes & en quelques lieux du Languedoc ; le picq à Constantinople, le Caire, Bosette, Seyde, Alexandrette, Alep, Alexandrie, l’île de Chypre & dans toutes les échelles du Levant. Voyez Ras, Verge, Cavedos, Veras, Barre, Pan, Palme, Picq.

Les Moscovites ont deux mesures des longueurs ; l’arcin & la coudée : il faut trois coudées pour deux arcins. Voyez Arcins & Coudée.

Enfin, le cobre est la mesure des étoffes à la Chine ; la gneze celle de Perse & de quelques états des Indes ; la vare celle de Goa & d’Ormus ; le cando ou candi celle d’une partie des Indes, sur-tout du royaume de Pégu : on s’en sert aussi à Goa pour les toiles. Le miou, le keub, le sok, le ken, le voua, le sen, le jod & le roeneug, sont les mesures de Siam ; le coïang de Camboye ; l’ikiens du Japon ; le pan sur quelques côtes de Guinée, particulierement à Loango. Voyez tous ces articles sous leurs titres.

Les mesures de continence pour les liquides, sont celles avec lesquelles on mesure les liqueurs : comme les vins, les eaux-de-vie, le vinaigre, le verjus, la biere : on y mesure aussi d’autres corps fluides, particulierement toutes sortes d’huiles.

A Paris, & dans une partie de la France, ces mesures, à commencer par la plus petite, sont le poisson ou posson, le demi-septier, la chopine, la pinte, la quarte ou le pot, dont en les multipliant, on compose les quartaux, demi-muids, queues, tonneaux, &c. Voyez Poisson, Demi-Setier, Chopine, Pinte, &c.

A Orléans, Blois, Nuis, Dijon, Mâcon, on mesure par queues ; en Champagne par demi-queues ; en Anjou par pipes ou bussars ; en Provence par millerolles ; à Bordeaux & dans le reste de la Guienne par tonneaux & barriques ; à Nantes par poinçons. Voyez Queue, Demi-Queue, Pipe, &c.

A Amsterdam, les mesures des liquides sont, à commencer par les diminutions, les mingles, les viertels ou verges, les stekans ou stekamens, les aukers & l’aem ; & pour les huiles la tonne. Voyez Mingle, Viertel, Stékan, &c.

En Angleterre, on se sert de tonneaux, de barriques, de gallons, de firkins, de kilderkins & de hogsheads. Voyez tous ces noms.

L’Espagne mesure par bottes, robes, sommiers, quartaux.

En Portugal, on parle par bottes, almudes, cavadas, quatas ; & pour l’huile par alguiers, autrement cantars. Voyez Almude, Alguier, &c.

En Italie, Rome mesure ses liqueurs à la brante, aux rubes & aux bocals ; Florence au star, au barril & aux fiasques ; Vérone à la brante & aux basrées ; Venise à l’amphora, à la botte, au bigot, à la quarte & au tischauferra ; Ferrare au mastilly & au sechys ; l’Estrie aussi au sechys & à l’urna : enfin la Calabre & la Pouille au pignatolis, au star & à la salme.

A Tripoli, les mesures liquides sont les rotolis & le matli ; à Tunis le matara & les rotolis. Les autres places de la côte de Barbarie se servent à peu-près de la même mesure.

Le feoder est la mesure dont on se sert presque par toute l’Allemagne ; mais il n’a pas dans toutes les diverses contrées de cette vaste partie de l’Europe les mêmes diminutions ou augmentations par-tout. En quelques lieux, le reoder est au-dessus du feoder, & l’ame au-dessous : cette derniere se divise en fertels & en massens. A Nuremberg les divisions du feoder sont en hecmers & ensuite en masses ; à Vienne, les hecmers, les achtelins & les seiltins sont les diminutions du feoder : on y mesure aussi à la masse, au sertel ou schreve & au drichink. A Ausbourg, la plus petite mesure est la masse ; au-dessous est le beson, puis le jé ; la plus forte est le feoder. A Heidelberg, l’ame suit le feoder, puis vient la vertelle, & ensuite la masse. Enfin, c’est la même chose à Virtemberg, à la réserve que l’ynne y tient la place que la vertelle occupe à Heidelberg.

En France, les mesures de continence pour les choses seches qu’on nomme communément mesures rondes, sont celles qui servent à mesurer les grains, les graines, les légumes, les fruits secs, la farine, le sel, le charbon, &c. Elles sont de bois, & ce sont le boisseau, le minot & leurs diminutions. De deux minots on compose la mine, de deux mines le setier, & de plusieurs setiers suivant les lieux, le muid ou le tonneau.

A Paris, Abbeville, Calais, Narbonne, Soissons, Toulouse, &c. on compte par setiers, aussi-bien qu’à Revel & en plusieurs endroits d’Allemagne.

A Agen, Clerac, Tonneins, Tournon, Valence, Thiel, Bruxelles, Rotterdam, Anvers & Grenade, c’est par sacs ; & à Amboise, Blois, Tours, la Rochelle, Bordeaux, Avignon, par boisseaux.

Le tonneau est la mesure de Beauvais, Brest, Nantes, Saint-Malo, Copenhague ; les rases celle de Quimpercorentin, de Concarnau & de Pont-l’abbé ; la rasiere celle d’Aire, de Lille, de Dunkerque & d’Ostende ; la charge celle de Marseille, de Toulon, de Candie & de quelques îles de l’Archipel, le muid d’Orléans & de Rouen ; l’ânée de Lyon & de Mâcon : la mine de Dieppe ; l’éminet de Toulon ; l’émine d’Auxonne, de Marseille, &c. aussi-bien que de Barbarie ; la tonne & les perrées de Vannes & d’Avray ; le quartier de Morlaix ; le bichet de Verdun, de Baune, Châlons, Tournus, &c. le quartal de Dauphiné & de Bresse ; le penel ou penaux de Franche-Comté ; & la civadiere de Mesieres.

A Naples, on réduit les mesures des corps secs sur le pié du tomole ou tomolo ; à Seville sur celui de l’anagros ; à Tongres par muddes ; à Anvers par vertels ; à Amsterdam, Konisberg, Dantzik & en Pologne par l’ast ou leth.

Il y a le star ou staro de Venise ; le fanegue de Cadix, de Saint-Sébastien & de Bilbao en Espagne ; le scheppel de Hambourg ; l’alquier de Lisbonne ; les conques de Bayonne & de Saint-Jean-de-Luz ; le gallon, le pech, le comb, le carnok & la quarte de Londres.

A Briare ville de France connue par son canal, on mesure les grains par quartes. Celle de Moscovie se nomme chefford, & tient environ trois boisseaux mesure de Rouen : elle se subdivise en quatre parties, du-moins celle d’Archangel, car elle n’est pas égale pour tout le pays.

La plupart des nations orientales, avec lesquelles nous trafiquons, vendent presque tout au poids, même les liqueurs, & n’ont presque point de mesures de continence fixes. On peut pourtant mettre au nombre de ces dernieres chez les Siamois, pour les liquides, le coco & le canon ; & pour les graines, le sat, le serte & le cohi. Les Maures qui commercent avec nous au bastion de France, se servent des gautres pour mesurer les blés & autres grains que nous tirons d’eux.

Le bâton de jauge & la verge sont aussi des mesures pour estimer la quantité des liqueurs, dans les vaisseaux qui les renferment.

Les mesures pour les bois à brûler, sont la corde ; la membrure, l’anneau & la chaîne.

La mesure pour l’arpentage des eaux & forêts de France, est réglée à raison de douze lignes pour pouce, douze pouces pour pié, vingt-deux piés pour perche, & cent perches pour arpent ; ce qui n’a pourtant lieu que dans le mesurage des bois appartenans au roi : pour les particuliers, on se conforme à l’usage des lieux où les bois sont situés.

Les marchands tant en gros qu’en détail, doivent suivant l’ordonnance de 1673, avoir des mesures étalonnées. Voyez Etalon.

La diversité qui se rencontre en France sur les mesures, a toujours causé & cause encore souvent des contestations entre les marchands & négocians. Dès l’an 1321 Philippe V. eut dessein de les rendre toutes uniformes dans son royaume, aussi-bien que les poids ; ce projet qu’on a souvent repris dans la suite, & nommément sous le ministere de M. Colbert, mais demeuré sans exécution, seroit-il aussi difficile qu’on le pense ? L’utilité que le public en espere, devroit encourager le ministere à établer en ce point une police universelle. Dictionn. de Comm. tom. III. pag. 367. & suiv.

Mesure, (Commerce.) nom général qu’on donne en quelques lieux de France, & particulierement en Franche-Comté, à la mesure de continence pour les grains : ce qui varie pour le poids.

A Besançon, par exemple, la mesure de froment pese trente six livres poids de marc ; celle de méteil, 35 livres ; celle de seigle, 34 ; celle d’avoine, 32 livres.

A Gray, la mesure de froment pese 40 livres, de méteil 39, de seigle 38, & d’avoine 30 livres.

A Dan, la mesure de froment pese 38 livres, de méteil 36, & d’avoine 33. Dictionn. de Commerce, tom. III. pag. 372.

Mesure du quai, (Comm.) on nomme ainsi au Havre-de-Grace une mesure de grains, composée de trois boisseaux. Cette mesure pour le froment pese 151 livres poids de marc ; pour le méteil, 145 livres ; & pour le seigle, 139 livres. Idem, ibid.

Mesure pour les raies, outil de Charron ; c’est un morceau de bois long de deux ou trois piés, qui est fait par en-haut comme une crosse, qui sert aux Charrons pour prendre la mesure des raies qu’ils veulent faire & les mettre à la longueur. Voyez la figure Pl. du Charron.

Mesures, en terme d’Epinglier, c’est la même chose que boite. Voyez Boîte, & la fig. Pl. de l’Epinglier.

Mesure, être en, (Escrime.) c’est être à portée de frapper l’ennemi d’une estocade, & d’en être frappé. On appelle tire-de pié ferme, lorsqu’on détache une botte en mesure, de sorte que tirer en mesure ou tirer de pié ferme est la même chose ; puisque, dans l’un & l’autre cas, c’est allonger une estocade, sans qu’il soit nécessaire de remuer le pié gauche.

Pour connoître si l’on est en mesure, il faut que la pointe de votre épée puisse toucher la garde de celle de l’ennemi, étant en garde de part & d’autre.

Mesure, entrer en, (Escrime.) c’est approcher de l’ennemi par un petit pas en-avant. Il se fait en avançant le pié droit d’environ sa longueur, & en faisant suivre autant le gauche.

Mesure, être hors, (Escrime.) c’est être trop éloigné de l’ennemi pour le frapper, & pour en être frappé. On connoît si l’on est hors de mesure, lorsqu’étant en garde de part & d’autre & sans allonger le bras, la pointe de votre épée ne peut pas toucher la garde de l’épée de l’ennemi.

Mesure, rompre la, (Escrime.) c’est s’éloigner de l’ennemi par un petit pas en-arriere. Il se fait en reculant le pié gauche d’environ sa longueur, & en faisant suivre autant le pié droit : on rompt ordinairement la mesure quand on n’est pas sûr de bien parer, & pour attirer l’ennemi.

Mesure, instrument d’usage dans les grosses forges. Il est synonyme à jauge. Voyez Jauge & Forges.

Mesure, au jeu de mail, est une espece de compas rond, pour marquer les différens poids que doivent avoir les bonnes boules de toutes grosseurs.

Mesure, en terme de Manége, se dit des tems, des mouvemens, des distances qu’il faut observer, comme des cadences, pour faire agréablement le manége.

C’est aussi un instrument destiné à faire connoître la hauteur du cheval depuis le haut du garot jusqu’au bas du pié de devant. Il consiste ordinairement en une chaîne de six pié de haut où chaque pié est distingué : la potence est une mesure plus certaine. Voyez Potence.

Mesures, en terme de Tireur d’or, sont des anneaux ouverts plus ou moins, dans lesquels on passe le fil d’or pour en voir la grosseur.

Mesure, terme de Tailleurs ; ce sont les longueurs & les grosseurs du corps, qu’ils prennent sur la personne même qui se fait habiller. Pour cet effet, ils ont une bande de papier ou de parchemin sur laquelle ils marquent par des crans les dimensions qu’ils ont prises ; & cette bande se nomme aussi une mesure.

Voici les différentes opérations qu’il faut faire pour prendre la mesure d’un habit complet. On prend 1°. la longueur du derriere ; 2°. celle de la taille depuis le collet jusqu’à la hanche ; 3°. les écarrures de derriere, c’est-à-dire, depuis une épaule jusqu’à l’autre ; 4°. la longueur du devant ; 5°. la largeur de la poitrine ; 6°. la grosseur du corps sous les aisselles ; 7°. la grosseur du ventre ; 8°. la grosseur des hanches ; 9°. la longueur de la manche ; 10°. enfin, la grosseur du bras. Voilà les mesures de l’habit.

Les mêmes dimensions servent pour la veste : mais pour avoir celles de la culotte, on mesure 1°. la grosseur du genouil ; 2°. la grosseur de la cuisse en-bas ; 3°. la même grosseur de la cuisse en-haut ; 4°. la grosseur de la ceinture ; 5°. enfin, la longueur de la culotte.

Toutes ces grosseurs se marquent par des crans qu’on fait avec des ciseaux sur la bande de parchemin ; & au bout de cette bande les Tailleurs écrivent le nom de la personne dont ils ont pris la mesure.

Chaque tailleur a une maniere particuliere, de faire ces marques, de façon qu’ils auroient beaucoup de peine à connoître les mesures les uns des autres.