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28 de
La syllabe

mière syllabe qiṭ de קִטֵּל et la première syllabe bẹ de בֵּרַךְ sont à peu près isochrones.

e 2) Les voyelles brèves et moyennes (§ a), dans les mêmes conditions de syllabe et de ton, doivent avoir une quantité à peu près égale. Ainsi ◌ֶ dans דִּבֶּר, en syllabe fermée tonique, doit être en réalité moyen comme le ◌ֵ de la forme normale קִטֵּל. De même ◌ֶ dans יִקְטְלֶ֫הָ est moyen comme le ◌ֵ de יִקְטְלֵ֫הוּ ; ◌ֶ dans מֶ֫לֶךְ et ◌ַ dans נַ֫עַר sont moyens comme ◌ֵ et ◌ֹ dans סֵ֫פֶר et קֹ֫דֶשׁ ; ◌ִ dans יִ֫גֶל est moyen comme ◌ֵ dans יֵ֫רֶא ; ◌ַ dans קָטַל est moyen comme ◌ָֽ, ◌ֵ, ◌ֹ dans דָּבָר, כָּבֵר, קָטֹן ; ◌ַ dans קְטָלַ֫נִי est moyen comme ◌ֵ dans יִקְטְלֵ֫נִי ; le ◌ָ anormal de קָֽדָשִׁים qo̦-ḏå-šīm (§ 6 l) doit être moyen comme le ◌ָֽ de פָּֽרָשִׁים på-rå-šīm.

Une voyelle posttonique (non primitivement longue) doit être brève, p. ex. ◌ָ dans הֵ֫מָּה (à côté de הֵם), קָטַ֫לְתָּ, אַ֔תָּה, אָ֑תָּה (comp. ʾánti, ʾátti devenu אַתְּ) ; ◌ִי[1] dans קָטַ֫לְתִּי ; וּ[2] dans אֲנַ֫חְנוּ, וַיִּשְׁתַּ֫חוּ (§§ 26 d, 79 t).

De même ◌ָֽ est bref dans le cas du deḥīq (§ 18 i) לְכָה־נָּא et du mẹra̦ḥīq (§ 18 j) חָפַ֣צְתָּ בָּהּ.

Malgré l’identité essentielle de quantité il a pu exister de légères différences ; ainsi le ◌ֵ de קִטֵּל était considéré comme un peu plus long que le ◌ַ de la forme de liaison קִטַּל[3].

3) De la nature énergique du ton en hébreu (§ 15 a) on peut conclure qu’une voyelle tonique brève devient en réalité moyenne, qu’une voyelle moyenne posttonique devient brève[4], qu’une voyelle en pause est longue à des degrés divers.

4) On le voit, la quantité réelle des voyelles est une question complexe et délicate. Pour la déterminer, la graphie (signes vocaliques, matres lectionis) est insuffisante ; il faut, dans chaque cas, considérer la nature de la syllabe et sa position par rapport au ton.

  1. À la finale un i bref et un u bref demandaient une mater lectionis.
  2. À la finale un i bref et un u bref demandaient une mater lectionis.
  3. En araméen biblique, en syllabe fermée tonique finale, les voyelles moyennes ◌ִ, ◌ֻ sont censées un peu plus longues que ◌ֵ, ◌ֹ (cf. § 47 d). Sur la quantité réelle de ◌ܶ et de ܘܿ en syriaque, voir les remarques instructives de Nöldeke, Syrische Grammatik2, §§ 47, 48.
  4. L’abrègement apparaît clairement, en syllabe fermée dans des cas comme jussif יָקֹם, וַיָּ֫קָם ; יָקֵם, וַיָּ֫קֶם.