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Infinitif construit

dans la phraséologie oratoire, notamment deutéronomique). — 1 S 14, 33 « voici que le peuple est en train de pécher en mangeant לֶאֱכֹל avec le sang » ; 12, 17 ; 19, 5 ; Jér 44, 3 « le mal qu’ils ont fait de façon à m’irriter (§ l) en allant, en brûlant de l’encens, en servant d’autres dieux » ; 44, 7 sq. (autre accumulation d’infinitifs) ; Éz 30, 21 (cinq infinitifs avec ל à sens divers)[1]. L’infinitif לֵאמֹר, dicendo, en disant, disant est une locution extrêmement fréquente et d’un emploi très large (même après אָמַר, p. ex. Ex 15, 1) qui introduit le discours direct.

p Dans quelques cas l’infinitif avec ל précédé de ו continue un verbe précédent (ou une proposition nominale) et a virtuellement la valeur d’une forme finie[2]. Après un participe : Jér 44, 19 « car nous brûlons de l’encens מְקַטְּרִים à la reine du ciel et nous répandons des libations וּלְהַסֵּךְ… » ; 17, 10 ; Am 8, 4 ; 1 Ch 6, 34 ; 12, 33 ; après une proposition nominale : Os 12, 3 ; 2 Ch 2,8 ; après un yiqtol : Jér 19, 12 ; après un qatal : Dn 12, 11 (qatal plutôt qu’infinitif).

q Un infinitif construit est généralement continué par un temps fini ; si le ו précède immédiatement ce temps fini, il est presque toujours énergique, d’où les formes wayyiqtol, weqataltí[3]. Exemples : avec wayyiqtol (§ 118 l) : Gn 39, 18 כַּֽהֲרִימִי קוֹלִי וָֽאֶקְרָא « quand j’ai élevé la voix et crié… » (les deux actions simultanées) ; 1 R 18, 18 ; Is 38, 9 (succession) ; avec weqataltí (§ 119 o) : Gn 27, 45 ; Jug 6, 18 ; 1 S 12, 23 (gént mal traduit) ; 1 R 2, 37, 42 (pour Am 1, 11 cf. § 119 v), Avec le ו séparé de la forme verbale : we… qatal : 1 S 24, 12 ; Jér 9, 12 ; Am 1, 9 ; we… yiqtol[4], p. ex. après un לְ à sens final[5] : Pr 5, 2 « afin d’observer la circonspection et que tes lèvres gardent la science » ; 1 S 2, 8 ; Is 13, 9 ; 45, 1 (remarquer לֹא malgré le sens final) ; après un לְ à sens faible ou nul : Is 10, 2 (trois liqtol suivis d’un we… yiqtol) ; 14, 25 ; Pr 8, 21[6].

  1. Gn 2, 3 (⸮) שָׁבַת מִכָּל־מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר בָּרָא אֱלֹהִים לַֽעֲשׂוֹת signifierait il cessa tout son travail que Dieu avait créé en faisant (non qu’il avait fait en créant).
  2. Comp. l’emploi de l’inf. absolu § 123 x.
  3. De même pour le participe § 121 j.
  4. Particulièrement en poésie où il est souvent dû au chiasme.
  5. Le yiqtol prend naturellement la nuance modale du liqtol qu’il continue.
  6. Dans Is 58, 6 we… yiqtol continue un inf. cst. qui continue lui même deux inf. abs. (cf. § 123 b au v. 7 il continue un inf. abs.). Les exemples d’inf. abs. continué ainsi par un temps fini sont très rares : Is 42, 22 ; Jér 23, 14.