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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/194

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l86 APPENDICE.

& non moins à moy, éternellement en aide. Or ça, de par Dieu. lamais rien ne failbns, que fon tref- lacré nom ne foit premièrement loué.

Vous me donnez. Quoy ? Vn beau & ample bre- uiaire. Vraybis ie vous en remercie : Ce fera le moins de mon plus. Quel breuiaire fuft, certes ne penfoys, voyant les reigletz, la rofe, les fermailz, la relicurc, &la couuerture : en laquelle ie n’ay omis à confidercr les Crocs & les Pies, peintes au deiïus, & femées en moult belle ordonnance. Par lefquelles (comme fi fuffent lettres hieroglyphicques) vous dictes facilement, qu’il n’eft ouuraige que de maif- tres, & couraige que de crocqueurs de pies. Croc- quer pie fignifie certaine ioyeufeté par métaphore extraide du prodige qui aduint en Bretaigne peu de temps auant la bataille donnée près faincl Aubin du Cormier. Noz pères le nous ont expofé c’ell raifon que noz luccefleurs ne l’ignorent. Ce fut l’an de la bonne vinée : on donnoit la quarte de bon vin & friand pour vne aiguillette borgne.

Des contrées de leuant aduola grand nombre de Gays d’vn courte, grand nomble de Pies de l’autre : tirans tous vers le Ponant. Et fe couftoyoient en tel ordre, que fus le foir les Gays faifoyent leur retraite à gauche (entendez icy l’heur de l’augure) & les pies à dextre : aflez près les vns des autres. Par quelque région qu’ils palfalfent, ne demouroit Pie, qui ne fe raliail aux Pies : ne Gay, qui ne fe ioingnift au camp des Gays. Tant allèrent, tant volè- rent, qu’ilz pafferent fus Angiers ville de France, limitrophe de Bretaigne, en nombre tant multiplié, que par leur vol, ilz toUifToient 1 » clarté du Soleil aux terres fubiacentes. En Angiers eitolt pour lors vn vieux oncle, Seigneur de Sainft George,