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Chutes de voyelles
  1. tive a demeure[1], les voyelles primitives i, u tombent, p. ex. avec 1re voyelle a : *qaṭālקָטוֹל (infin. absolu), *šalāmשָׁלוֹם, *qaṭūl > קָטוּל (part. passif) ; avec 1re voyelle i : *zirāʿ (ar. ḏirāʿ ذِرَاع) > זְרוֹעַ ; ṣirār > צְרוֹר (§ 6 g), *ḥimār (حِمَار) > חֲמוֹר (avec ḥaṭef pataḥ sous la gutturale, § 21 g) [cependant dans les formes primitives qiṭāl et qiṭūl, avec 1re radicale א, l’i ne tombe pas, mais devient ◌ֵ, p. ex. אֵזוֹר, אֵבוּס, § 21 h] ; avec 1re voyelle u : *lubūšלְבוּשׁ « vêtement » (opp. participe passif לָבוּשׁ « revêtu ») ; *gubūlגְּבוּל « frontière ».

e B) Dans les mots mileraʿ de plus de deux syllabes :

Généralement la voyelle prétonique demeure et la voyelle antéprétonique (à la 2e place avant le ton) tombe, p. ex. *ṣadaqat > צְדָקָה ; *ḥakamat > חֲכָמָה « une sage » ; *zaqinatזְקֵנָה « vieille » ; *qaṭal-te̦m > קְטַלְתֶּם.

Mais dans la flexion du parfait (sans suffixes) l’antéprétonique demeure et la prétonique tombe, p. ex. *qaṭalatקָֽטְלָה ; *qaṭalūקָֽטְלוּ ; *ḥakamatחָֽכְמָה « elle est sage » ; *zaqinat > זָֽקְנָה « elle est vieille ». La différence de traitement d’une forme primitive telle que ḥakamat, selon qu’elle est verbale ou nominale s’explique probablement par une différence dans la place du ton, à un stade antérieur de la langue. La forme verbale חָֽכְמָה se rattacherait à un stade ḥákamat antérieur au stade ḥakámat représenté par la forme pausale חָכָ֑מָה* (cf. § 95 c).

La voyelle antéprétonique a demeure dans certaines formes, p. ex. פָּֽרָשִׁים comme pluriel de פָּרָשׁ « cheval » § 96 B b ; שָֽׁבֻעוֹת, sg. שָׁבוּעַ « semaine » § 96 D b ; גָּֽלוּתִי « mon exil » § 88 M j ; מָֽעֻזִּי « mon refuge » § 88 L e ; מָֽגִנִּי « mon bouclier » § 88 L h. Il faut remarquer surtout le pronom אָֽנֹכִ֫י (§ 39 a) et les formes du parfait avec le waw inversif וְקָֽטַלְתִּ֫י, וְקָֽטַלְתָּ֫ (§ 43 a)[2].

f C) Dans les mots mileʿel de plus de deux syllabes, on remarquera les cas pratiques suivants :

Au parfait avec suffixes a prétonique se maintient, p. ex. qaṭalániקְטָלַ֫נִי ; l’i tombe au piel, p. ex. קִטְּלַ֫נִי, mais se maintient au qal, p. ex. שְׁכֵחַ֫נִי « il m’a oublié » (§ 61 e).

  1. Le qameṣ est particulièrement stable devant le ton (qameṣ prétonique).
  2. D’une façon générale, la stabilité anormale d’une voyelle ◌ָֽ, ◌ֵ, ◌ֹ n’est pas un indice infaillible de sa longueur.