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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/16

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AVANT-PROPOS.

seurs de crucifix, comme il les appelle437, mais cela ne l’empêche pas d’avoir envie de pleurer avec son curé lorsque celui-ci présente la croix de l’église à la duchesse d’Angoulême. En 1814, il déclare que les Parisiens ne sont bons qu’à s’entretuer380 ; il les admire en 1815 quand ils vont faire le coup de feu à la barrière410. Tout en faisant son devoir de combattant, Fricasse a le cœur serré, il se reproche la pomme de terre qu’il prend dans un champ pour ne pas mourir de faim. Moins stoïcien, Coignet se fait nourrir sans attendrissement et sonde au besoin avec sa baguette de fusil les cachettes du paysan. Ce n’est pas qu’il soit pillard. Non ! il applaudit en Italie au supplice d’une cantinière receleuse116, il flétrit un général prévaricateur125, un colonel larron d’églises326, il prend les armes pour empêcher des soldats indignes de dépouiller les Moscovites au milieu de leur ville embrasée325, et quand il fait des confiscations par ordre, il tape de bon cœur sur les coquins qui cherchent à le corrompre pour voler l’État350. C’est tout au plus s’il rapporte du château de Schœnbrunn un petit châle pour l’offrir en cadeau à son hôtesse strasbourgeoise, et nous ne devons pas