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Bibliothèque des curieux (bibliographie méthodique et critique de tous les ouvrages composant cette célèbre collectionp. 375-384).


800-801. — Les Callipyges, ou Les Délices de la Verge, par E. D., auteur de Jupes troussées. Tome 1 [2]. — Paris, chez la petite Lolotte, Galeries du Palais-Royal, 1889.

2 volumes in-12 de x-142 et 164 pages, sous couverture passe-partout.

Série de « conférences » expérimentales sur la flagellation.

Le Catalogue des ouvrages de E. D., sur la couverture, annonce en plus des ouvrages cités au n° 135 : En préparation, Six récits de novices, ouvrage qui n’a jamais paru.


802-803. — La Philosophie dans le Boudoir, ou les Instituteurs Libertins, Dialogues destinés à l’éducation des Jeunes Demoiselles, par Le Marquis de Sade. « La mère en prescrira la lecture à sa fille. » Tome Premier [Second]. — Londres, Aux dépens de la Compagnie, 1795.

2 volumes in-18 de 208 et 262 pages (En Belgique, 1866). Réimpression moderne avec reproduction du frontispice et des 4 figures libres de l’exemplaire 535-536.

Voir aussi 537.


804-805-806-807. — Histoire de Justine, ou Les Malheurs de la Vertu, par Le Marquis de Sade, illustrée de 44 gravures sur acier.

« On n’est point criminel pour faire la peinture,
Des bizarres penchants qu’inspire la nature. »


Tome Premier [Second Troisième Quatrième]. En Hollande, 1797.

4 volumes in-12 de 347, 351 et 366 pages, demi-reliure moderne bleue, avec coins. Ornés de 44 gravures sur acier (reproduction du frontispice et des 40 gravures de l’édition originale, en Hollande, 1797, avec 3 autres gravures). Réimpression moderne (Bruxelles, 1870).

Voir la suite : Histoire de Juliette (808 à 813).

Voir 515 à 518, 519 à 524, 525 à 528 et 529 à 534.


808-809-810-811-812-813. — Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice, par Le Marquis de Sade, illustrée de soixante gravures sur acier.

« On n’est point criminel pour faire la peinture,
Des bizarres penchants qu’inspire la nature. »


Tome Premier [Deuxième Troisième Quatrième Cinquième Sixième]. — En Hollande, 1797.

6 volumes in-12 de 371, 360, 357, 371, 369 et 352 pages. Demi-reliure moderne, bleue, avec coins. Ornés de 60 gravures, reproduisant celles de l’édition originale (En Hollande, 1797). Réimpression moderne (Bruxelles, 1870).

Suite de l’Histoire de Justine (804 à 807)

Voir les nos 515 à 534.


814-815-816. — Le Meursius Français, ou l’Académie des Dames ; orné de figures. Tome premier [second troisième]. — A Cythère, M. DCC. LXXXII.

3 volumes in-32 de 148, 156 et 140 pages, rognés, demi-reliure. Avec 10 gravures libres, 1 front, et 4 fig. au tome I ; 3 fig. au tome II, et 2 fig. au tome III.

Contient sept entretiens et, en Avant-Propos, la Lettre de M. l’abbé de T***, traducteur, à Mme l’abbesse de ***, lettre datée du 20 janvier 1749.

Voir à 28 notre notice et la liste des éditions ou traductions diverses de cet ouvrage qui se trouvent à l’Enfer.


817. — Yvonne, oder Die Abenteuer und Intriguen einer franzœsischen Erzieherin mit ihren Zoeglingen. Eine wahre Geschichte Aus dem Franzœsischen uebersezt. — Paris-Berlin, 1900.

1 volume in-18 de 141 pages (Imprimé à Paris, chez R.n..d.., pour le compte de D.r.n.g.). Couverture non imprimée, papier bleu satiné.

Traduction allemande d’un petit roman français : Yvette ou l’institutrice pervertie, publiée par le même éditeur qui en donna aussi une traduction anglaise.


818. — The spirit of flagellation, or The Memoirs of Mrs. Hinton, Who kept a School many Years at Kensington. To wich is now added. Anecdotes by a Lady much addicted to Birch Discipline : The Whipping Milhners ; The Severe Stepmother, and the Complaisant School Mistress. — Printed for The Erotica Biblion Society of London and New-York.

volume petit-in-8° de 121 pages. En anglais.


Sommaire :

1. — Anecdotes by a Lady.

2. — Anecdotes of the Whipping Milliners.

3. — The severe Stepmother.

4. — The complaisant school mistress.

5. — The Grocers’Boy.

6. — The reprisals a Crazy tale of flagellation, by George Ginger, esq. (en vers).

7. — The Grisette and the Student (Traduction de la comédie d’Henry Monnier).


819-820. — Gynecocracy. A narrative of the advendure, and psychological expériences of Julian Robinson (afterwards Viscount Ladywood), under petticoat-Rule, writen by himself. Volume the second. — Paris-Londen, MDCCXCIII.

2 tomes (2e et 3e). Le premier volume manque. En anglais.

Ce curieux roman bien écrit, publié en premier lieu à Londres, par R bson et C°, a pour auteur, paraît-il, un avocat londonnien, M. St.n.sl.s de R.dès qui, dit-on, serait aussi l’auteur de Yellow Room, (roman libre publié par G. u. ch.,) de The Petticoat dominant, et d’un ouvrage inédit, Fernand.


821. — L’Amour aux Colonies, singularités physiologiques et passionnelles observées durant trente années de séjour dans les colonies françaises, Cochinchine, Tonkin et Cambodge, Guyanne et Martinique, Sénégal et Rivière du Sud, Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides et Tahiti, par Le Docteur Jacobus X***. — Paris, Isidore Liseux, éditeur, 25, rue Bonaparte, 1893.

Double du 125.


822. Un été à la Campagne. Correspondance de deux jeunes Parisiennes, recueillie par Un Auteur a la mode. — Genève, 1880.

1 volume in-8° de 140 pages.

La première édition (Poulet-Malassis, 1868) a été condamnée à la destruction par jugement du Tribunal correctionnel de Lille, du 6 mai 1868, inséré au Moniteur du 19 septembre suivant (Affaire contre Duquesne).

Ce petit roman épistolaire et libertin a été attribué à Gustave Droz. On assure, d’autre part, que cette correspondance véritable aurait été apportée à Poulet-Malassis qui la mit au point, retranchant beaucoup de lettres, modifiant des passages. On affirme aussi que ces lettres auraient été forgées par une femme, mais nous avons de la peine à le croire et nous pensons qu’elles sont l’œuvre d’un homme. C’est, en tout cas, un ouvrage spirituel, sans grossièreté et d’une audace qui n’a rien de choquant. Car pour tout ce qui touche au libertinage, il reste ici fort au-dessous de ce que l’on trouve dans des ouvrages modernes, à succès, et publiés au grand jour. L’attribution à Gustave Droz pourrait bien être la plus fondée.


823. Le Coffret du Bibliophile. Contes et Fantaisies en vers. Parapilla, poème en cinq chants, traduit de l’italien. La F……Manie, Poème Lubrique en six chants. — Paris, Bibliothèque des Curieux, 4, rue de Furstenberg, 4. — Edition réservée aux souscripteurs.

1 volume petit in-12. Sur papier d’Arches. Tirage à 505 exemplaires numérotés (1911).

Voir 64 (avec notre notice), 253, 254, 255, 547 et 823, pour Parapilla, et 34, 541 (avec notre notice), 542, 543, 544, 545, 546, 548 et 823, pour la Foutromanie.


824. Théophile Gautier. — Lettre à la Présidente. — Voyage en Italie (1850). — De l’Imprimerie du Musée secret du Roi de Naples, 1890.

1 volume in-8 de 48 pages, couv. imprimée. Tiré à 100 exemplaires (n° 96). — Acquisition, n° 017685.

Nous croyons utile de publier ici, bien que les renseignements qu’ils fournissent soient connus, l’Avis au Lecteur qui précède la Lettre, et une Note sur Mme Sabatier, « la Présidente ».

Cette Lettre à la Présidente est datée de Rome, 19 octobre 1850.


AVIS AU LECTEUR



Émile Bergerat, gendre de Théophile Gautier, dans son curieux livre si documenté : Théophile Gautier, Entretiens, Souvenirs et Correspondance, 1879, Charpentier, s’exprime en ces termes, dans une note à la suite de la lettre 1, à Eugène de Nully, 1835 : « Quant au ton qui règne dans cette lettre et que j’ai été contraint d’adoucir, je l’avoue, il ne faut pas oublier que le Maître avait 24 ans quand il l’écrivit, qu’il l’adressait à un ami intime, comme lui romantique à tous crins, et habitué au parler salé des ateliers de l’époque. Du reste, elle n’était pas destinée à la publicité ; il est inutile de le faire remarquer. Théophile Gautier a écrit deux ou trois lettres libres dans sa vie (une entr’autres, pendant son voyage en Russie), plutôt pour exercer la verve rabelaisienne qui était en lui, et s’amuser à l’emploi de mots tombés en désuétude, que pour les raisons vulgaires que l’on supposerait.

« Il maniait la langue des vieux conteurs gaulois avec une éloquence prodigieuse ; l’une de ces lettres, dont je parle, le fait l’égal de Rabelais ; de ce morceau d’exécution, les artistes de notre métier qui le connaissent, ne parlent qu’avec enthousiasme : c’est le récit d’un voyage en Italie ; il comprend plus de vingt pages et formerait une plaquette… s’il était imprimable. Il ne l’est pas, malheureusement, car il démontrerait quel orfèvre des mots c’était que Théophile Gautier et quel conteur ! »

Cette démonstration que M. Bergerat ne jugeait pas possible, cette lettre, ce chef-d’œuvre de langue grasse et colorée qu’un excès de pudibonderie a tenu si longtemps sous le boisseau, nous le donnons, pour la première fois, pour l’esbattement des pantagruélistes et non aultres, comme dit Maître François.

Nous entendons offrir aux curieux bibliophiles le pendant, en prose, de la jolie publication qu’un Artiste-Éditeur, nous avons nommé Poulet-Malassis, leur a offerte en 1873, sous ce titre : Poésies de Théophile Gautier qui ne figureront pas dans ses œuvres. — France, Imprimerie Particulière, ornées d’un portrait singulier.

Cette pièce d’éloquence spermatico-breneuse peut hardiment se présenter comme inédite, malgré l’édition torcheculative parue il y a quelques (sic) temps, imprimée au fond d’une cave, et due à l’inepte collaboration d’un courtier, d’un imprimeur et d’un éditeur Parisiens plus marrons l’un que l’autre.


Voici la note 1 sur la Présidente, Mme Sabatier.


La Présidente. — « Il y avait à cette époque, à Paris, une jeune, belle et aimable femme, qui était bien connue du monde des artistes, autant par le magnifique portrait que Ricard avait fait d’elle, que parce qu’elle passait pour avoir servi de modèle au statuaire Clésinger dans l’exécution de la belle statue d’où date sa réputation : La femme piquée par un serpent.

« Mme S… demeurait rue Frochot, ne recevait que des artistes, et, chaque dimanche, elle réunissait, autour de sa table, la plupart de mes amis. Th. Gautier, Flaubert, Bouilhet, Baudelaire, Rayer (sic) le compositeur, Préault, le statuaire, Maxime Ducamp (sic), Henry Monnier, étaient ses hôtes habituels. Comme selon le dire de Gautier elle se montrait supérieure aux autres femmes d’abord en ce qu’elle était mieux faite ensuite parce que contrairement aux habitudes des personnes de son sexe elle n’exigeait point qu’on lui fit la cour et permettait aux hommes de parler devant elle des choses les plus sérieuses et les plus abstraites on l’avait surnommée La Présidente et Mme S… portait ce joli surnom avec tout l’esprit et la bonne grâce imaginable (sic. »

(Ernest Feydeau Souvenirs intimes de Th. Gautier).

825. — Le Carquois | du Sieur | Louvigné du Dézert, | Rouennois, d’après les fragments d’un Manuscrit inédit, | et précédé d’une Vie de l’Auteur | par son Fils ; | avec un Avant-Propos | et des Notes | par | Fernand Fleuret, | — | A Londres | chez katie kings | 47, Bedfordt Sreet (Strand) | MCMXII |

In-12[1] de 4 ff. préliminaires et 120 pages, Couv. gris-bleu imprimée. Il n’y a rien au dos.

Le dernier plat de la couv. des exemplaires ordinaires porte au bas et à droite : Prix : 5 francs, mention que ne comportent pas les exemplaires de luxe. Le faux-titre porte seulement : Le Carquois. Au verso du faux-titre on lit l’avertissement suivant : Il a été tiré de cet ouvrage cinquante exemplaires sur papier à la forme numérotés de 1 à 50 et paraphés. Sous quoi, on trouve dans les exemplaires sur grand papier, la forme, la note : Exemplaire n°      . Le chiffre est écrit dans un rectangle formé de 10 lignes imprimées et on trouve écrites au-dessous, les initiales miniscules ff terminées par un paraphe en forme d’S descendante. Il y a des exemplaires comportant (aussi bien ordinaires que de luxe,) la signature de Louvigné du Dézert en belle écriture. L’Avant-propos est signé F. F., Paris, 1910. Ensuite on a placé la Notice de Louvigné, fils, signée Louvigné ainsné, Rouen, 1676.

Elle contient la vie d’Annibal Louvigné du Dézert, né à Rouen en 1574, mort « en 1650, d’une blessure qui s’estoit rouverte et où se mit la gangrène, car on estoit en esté », auteur des Amours, de la comédie du Mécontent, qui sont perdus et du Carquois dont le manuscrit, conservé par les descendants des Louvigné du Dézert, fut confié par eux à M. Fernand Fleuret.

Après ces préliminaires on trouve Le carquois du sieur Louvigné du Désert, formé de pièces licencieuses, impies ou simplement poétiques.

Comme il n’y a point de table, on croit utile de donner ici la liste des pièces qui composent ce curieux recueil :

01. Sonnet au Lecteur.

0. Satyre.

03. Stances à Coralte, courtisane, qui avoit traitté l’autheur de « facquin de Poette ».

04. Sonnet (Guillot, tien ceste chesvre…)

05. La Rodomontade (sonnet).

06. Blesquin.

07. Stances à la louange d’Eglé fille sale.

08. Madrigal en rondeau pour une jeune personne du bon ton, qui disoitsouvent « merde » en compagnie.

09. Sonnet pour un petit connin.

10. Sonnet pour une grande fendasse.

11. Sonnet à une servante rousse qui cherchoit une balance pour peser des espices.

12. Saincte-face.

13. Sonnet pour une belle Nonnain qui se disoit Espouse du Christ et repoussait un Cavalier.

14. Sonnet pour une belle Personne de qui l’on disoit que le gros Derrière avoit le balancement agréable d’un Navire.

15. Sonnet pour un tableau sans légende, représentant un jeune homme courant, en qui le Poète creust recognoistre Hyacinthe.

16. Les Visions de Corydon (sonnet).

17. Stances d’un bardache amoureux à son bougre de cu.

18. Paroles à mon vit, Filleul sous ma tutelle.

19. La Grande Tentation St Antoine.

20. Sur un Ruisseau (sonnet).

21. Le Matin.

22. La Nuict.

23. Inscription pour l’urinal en faïence dont le fonds s’orne d’un œil.

24. Pour le bidet en faïence de Rouen.

25. Pour le Clystère (sonnet).

26. Pour la boiste du Godemichy (sonnet), (c’est la boiste qui parle).

27. Pour la porte d’une église.

28. Rondeau pour une riche intendante qui payoit ses amans.

29. Placet.

30. Sonnet Où l’autheur, entrant dans la vieillesse dit à dieu à l’Age meur.

31. Epitaphe d’un libertin (sonnet).


L’histoire littéraire ne connaît pas une meilleure supercherie que Le Carquois du sieur Louvigné du Dézert, entièrement composé par M. Fernand Fleuret durant les années 1910 et 1911. Cet ouvrage ne témoigne pas seulement d’une érudition où l’on ne trouverait rien à reprendre, mais encore d’un talent personnel et charmant. Le Carquois fait de M. Fernand Fleuret le plus audacieux des libertins. Quelques pièces parurent avant tout dans les Marges et les blasphèmes du supposé Louvigné du Dézert eurent le don de scandaliser M. Francis Jammes, qui écrivit à M. Eugène Montfort la lettre suivante publiée dans les Marges (mars, 1912).


Orthez, 22 janvier 1912.
« Mon cher Montfort,

« Dans le numéro des Marges que je reçois, est imprimé un sonnet de Louvigné du Dézert sur Notre-Seigneur Jésus-Christ. Vous devinez quelle insulte, quel atroce affront est à un croyant un tel poème et quelle profonde tristesse il lui cause.

« Je ne sais si cet horrible blasphémateur a été foudroyé, dans ce monde ou dans l’autre, par la justice de Dieu. Ce que je sais, mon pauvre Montfort, et je vous le déclare avec une bien douloureuse sympathie, c’est qu’en laissant publier dans votre Revue une telle chose, vous vous préparez, et avant longtemps peut-être, le plus effroyable des châtiments.

« Prenez cette lettre pour l’avis d’un ami qui vous tend la main tant qu’il en est temps encore.

« Francis Jammes.

Il est vrai que certaines pièces du Carquois sentent le fagot et si Louvigné ne courut pas le risque d’être brûlé en place de Grève, ainsi que Claude Le Petit, c’est que MM. Fernand Fleuret et Francis Jammes n’ont point vécu au xviie siècle.


Le classement général des ouvrages de l’Enfer s’arrête au n° 823 et reprend au n° 901, par la série des volumes in-4° dont le dernier porte la cote Enfer 930.


  1. M. Fernand Fleuret n’a pas contribué à la rédaction de cet article.