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Bibliothèque des curieux (bibliographie méthodique et critique de tous les ouvrages composant cette célèbre collectionp. 201-240).


401. — Vie Privée et Amours secrètes de Lord Byron, faisant connaître par un détail exact et complet, sa naissance, son caractère, ses débuts dans la carrière amoureuse étant au Collège de Harrow, ses enlèvemens et liaisons particulières, ses rendez-vous, aventures et intrigues galantes avec diverses personnes, telles que Comtesses, Myladis, Bourgeoises, Demoiselles riches et pauvres, Actrices, Courtisanes, etc., etc. Les ruses et, pièges dont il se servait pour les attirer dans ses filets, et obtenir leurs faveurs ; tromper leurs Maris, et Amans, s’introduire auprès d’elles sans être reconnu de ces derniers ; les rôles curieux et les tours que lui ont joués ses favorites, et ceux qu’il a fait jouer à plusieurs d’entre elles ; de même que les espiègleries, vengeances spirituelles et singulières qu’il exerçait contre ceux qui le contrariaient dans ses amours. Tous ces faits se sont passés dans les divers pays qu’il a visités et habités, tels que l’Angleterre, l’Irlande, l’Ecosse, Londres, Rome, Venise, Naples, Paris, Ravenne, Libourne, Athènes, Iles Ioniennes, Itaque, Missolunghi, etc. Suivis de sa correspondance amoureuse, et terminés par des détails sur ses derniers moments et ses funérailles. Traduit de l’anglais sur la dixième édition, par M. F… traducteur d’un grand nombre d’ouvrages. Tome premier [second]. — Terry, éditeur, Palais-Royal, Galerie de Valois, 185. — 1837.

2 tomes en 1 volume in-18 de iv-179 et 158 p. Par John Mitford. Demi-reliure, chagrin violet, plais marbrés, dos orné, tranches jaspées. Titre entièrement lithographié ; ce titre manque au 2e tome.

Encore un ouvrage dont rien ne motivait le classement à l’Enfer.


402. — Thérèse Philosophe, ou Mémoires pour servir à l’Histoire de D. Dirrag, et de Mademoiselle Eradice. Première [Seconde] Partie. — A La Haye.

2 parties en 1 volume in-8 de viii-140 et 72 p. avec 15 figures libres, au lieu de 16 (la 7e manque). (A la Sphère). Reliure ancienne, basane marbrée, doubles filets, dos orné pièces, tranches jaunes.

Après le titre : Explication des 16 estampes contenues dans ce volume.


« C’est le procès du P. Girard et de sa pénitente, la belle Cadière, qui a servi de cadre à cet ouvrage, et les noms de ces deux personnages sont ici anagrammatisés en Dirrag et Eradice.

« D’après une note manuscrite de l’abbé Sepher, l’auteur serait De Montigny, commissaire des guerres, qui aurait été 8 mois à la Bastille à cause de cet ouvrage.

« D’après les notes de M. Van Thol, le fameux marquis de Sade dit que l’auteur est le marquis J.-B. de Boyer d’Argens ; mais l’opinion de l’abbé Sepher paraît plus conforme à la vérité que celle de l’auteur de « Justine ». Le marquis de Sade est plus croyable lorsqu’il avance que ce fut le comte de Caylus qui grava les estampes de cet ouvrage infâme » (Barbier).


Attribué aussi à Diderot.

Voir 403, 404, 405, 406-407, 408-409, 410.

La destruction de cet ouvrage a été ordonnée :

1° Par jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, du 6 juin 1822, condamnant Jean-François Leroux, libraire, à Paris, à deux mois d’emprisonnement et 500 francs d’amende (Moniteur du 7 novembre 1826) ;

2° Par jugement du même Tribunal, en date du 25 février 1825, condamnant Besson, Bourrut, Cottenet et Merlot, colporteurs et libraires, à des peines variant de 3 mois à un an de prison et à de fortes amendes (Moniteur du 7 novembre 1826).


403. — Thérèse Philosophe, ou Mémoires pour servir à l’Histoire de D. Dirrag, et de Mademoiselle Eradice. Première [seconde] Partie. — A La Haye.

2 parties en 1 volume s. d. (A la Sphère) de 144 et 71 p, Demi-reliure ; velin vert, plats marbrés, dos pièce, tranches jaunes. Édition différente de celle, sous la même rubrique, à 402.

Les figures manquent.

Voir 402, avec la notice, 404, 405, 406-407, 408-409, 410.


404. — Thérèse Philosophe, 1re, [2me] Partie.

2 tomes en 1 volume s. d. in-8 de 182 et 87 p. plus 1 f. volant n. ch. pour le placement des gravures : Avis au Relieur. Avec 2 frontispices et 24 très belles figures libres. Reliure moderne, maroquin rouge janséniste, larges dent, int., tranches dorées, signée L. Fixon, rel.

Exemplaire de toute beauté, lavé et encollé, d’une édition superbe.

Voir 402, avec notre notice, 403, 405, 406-407, 408-409, 410.


405. — Thérèse Philosophe, ou Mémoires pour servir à l’Histoire de D. Dirrag et de Mademoiselle Eradice. Première Partie. — [Seconde et dernière partie ; avec l’Histoire de Madame Bois-Laurier]. — A La Haye.

2 parties en 1 volume s. d. pet, in-8° de 141 et 69 p. Reliure ancienne, veau jaspé, filets et fleurettes sur les plats, dos orné pièce, tranches rouges. Avec 1 frontispice et neuf gravures libres, grand format, repliées. L’une d’elle est placée à la fin du volume. Le dos de la reliure porte : L’Ecole de la Pudeur.

Après la 2e partie, on a relié des feuilles blanches sur lesquelles on avait commencé de transcrire à la main (5 pages 1 /2) la tragédie de Messaline.

Le titre (manuscrit) porte :


Messaline, Tragédie en un acte
et en Vers.
Faitte à Luxuriopolis, frontierre
de haut le Culiaviconnoustesky.
1768.


Voir 402, avec notre notice, 403, 404, 406-407, 408-409, 410.


406-407. — Thérèse Philosophe, ou Mémoires pour servir à l’Histoire de D. Dirrag, et de Mademoiselle Eradice. Nouvelle Edition, augmentée d’un plus grand nombre de figures que toutes les précédentes. Tome Premier [Second]. — A Londres, MDCCLXXXV.

2 volumes in-16 de 161 et 80 p. Avec 21 figures libres (10 au premier volume et 11 au second) (Paris, Cazin). Le tome second porte : Thérèse philosophe, avec l’histoire de Mme Bois Laurier.

Reliure ancienne maroquin rouge, filets, dent, intér., dos Ornés, pièces, tranches dorées.

À la fin : Jouissance (vers).

Voir 402, avec notre notice, 403, 404, 405, 408-409, 410.


408-409. — Thérèse Philosophe, ou Mémoires pour servir à l’Histoire de D. Dirrag et de Mademoiselle Eradice. Nouvelle édition, augmentée d’un plus grand nombre de figures que toutes les précédentes. Tome Premier [Second]. A Londres, MDCCXCVI.

2 volumes petit in-12 de 156 et 86 p. Brochés, couv. de papier bleu. Le tome second porte : Thérèse philosophe avec l’histoire de Madame Bois-Laurier. Avec 1 frontispice, 6 figures libres au premier volume, 3 au second, les mêmes que celles de l’éd. de Londres 1785, mais mal venues et n’ayant rien de la vigueur du premier tirage.

À la fin : La Jouissance et La Poularde, conte par M. Reb…

Voir 402, 403, 404, 405, 406-407, 410.


410. — Thérèse Philosophe, avec l’Histoire de Mme Bois-Laurier. Nouvelle édition. Avec un grand nombre de figures. Tome Second. — A Cythère, chez l’Amour, au Palais des Grâces, MDCCXCVII.

1 volume in-12 de 122 p., broché, couv. de papier bleu. Tome II seulement. Les figures manquent.

Voir 402, avec notre notice, 403, 404, 405, 406-407, 408-409.


411. — Deux Gougnottes, sténographie de Joseph Prudhomme, élève de Brard et St-Omer, expert en écritures assermenté près les Cours et Tribunaux. Avec un portrait calligraphié de l’auteur, et un frontispice révoltant dessiné et gravé par S. P. Q. R. — Partout et nulle part, l’an de Joie 1864.

1 volume in-8 de viii-142 pages, cartonné. Tiré à 130 exemplaires. Le frontispice (de Rops) manque. Par Henry Monnier. Un des 110 ex. pet. in-8°, sur papier vergé (n°7). Portrait d’Henry Monnier sur chine volant.

Voir 197, avec notre notice, et 412 : L’Enfer de Joseph Prudhomme.


412. — L’Enfer de Joseph Prudhomme (Henry Monnier). C’est à savoir : La Grisette et l’Etudiant. Deux Gougnottes. Dialogues augmentés d’une figure infâme et d’un autographe accablant, — Paris, A la sixième Chambre.

1 volume s. d. in-12 de 63 pages, plus 4 ff. de table, cartonné. Avec un frontispice sur Chine volant de Félicien Rops, et un fac-similé de l’écriture d’Henry Monnier.

Ex. sur Hollande.

Note imprimée à la page 1 des Deux Gougnottes :

(1) Ce dialogue a été copié, en 1863, sur le manuscrit autographe, appartenant alors à M. Nadar, également illustre comme littérateur, photographe et aéronaute.

(Voir à Deux Gougnottes, notre note accompagnant le n° 197).

Ces deux pièces avaient déjà été publiées séparément. Elles sont on ne peut plus licencieuses.

Par jugement du Tribunal de Lille, en date du 6 mai 1868, inséré au Moniteur du 19 septembre suivant, a été condamné à la destruction l’ouvrage intitulé :

l’Enfer de Joseph Prudhomme, lequel contient des outrages à la morale publique ainsi qu’aux bonnes mœurs (Affaire contre Duquesne).


413. — Gamiani, ou Deux nuits d’excès, par Alcide, Baron de M******. — A Vénise, chez tous les marchands de nouveautés. Vénise, 1835.

1 volume lavé et encollé in-18 de 105 pages, sans préface, et avec titre gravé et 13 lithographies libres très mal exécutées. Cette édition est rare.

C’est la 2e. (La 1re éd. de 1833 in-4° à 2 colonnes texte lithographié avec 12 grandes litho. attribués à Devéria ou à Grevedon n’est pas à la Nationale.) Ex. d’Alfred Bégis saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.

Il y en a un autre exemplaire au n° 414, tous deux proviennent de la saisie opérée chez M. Bégis.

Voir à 66 notre notice. Voir aussi 147, 194, 414, 415, 416, 417, 418, 419, 420, 421.


{{a|414. — Gamiani, ou Deux nuits d’excès, par Alcide, Baron de M******. — A Vénise, chez tous les marchands de nouveautés. Vénise, 1835.


Double du 413, broché, sans couv. impr. Ex. d’Alfred Bégis saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.


415. — Gamiani, ou Deux nuits d’excès, par Alcide, Baron de M******. Orné de huit gravures en taille douce. — Amsterdam, MDCCCXL.

1 volume petit in-8 de viii et 123 p. broché, sans couv, impr. (Réimpression, vers 1865-70.) Tiré à 150 exemplaires, un des 136 sur pap. vergé (sans n°). Avec 8 figures libres ressemblant à des Rops. Courte préface.

3e édition. Ex. d’Alfred Bégis, saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.

Voir à 66, notre notice, et 147, 194, 413,414, 416, 417, 418, 419, 420, 421.


416. — Gamiani, ou Deux nuits d’excès, par Alcide Baron de M***. Nouvelle édition. — Lucerne, 1864.

1 volume petit in-12 de xvi-70 p. plus 1 f. n. chif. de table, tiré à 150 ex. dont 100 in-12°. Réimprimé sans gravure (il n’en faut pas), par J. Gay, à Bruxelles, broché, mais en tirage in-12 (Ex. n° 19) sur vergé. 5e édition. Préface très intéressante, reproduite dans la 7e édition. Ex. d’Alfred Bégis saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.

Voir à 66, notre notice, 147, 194, 413,414, 415, 417, 418, 419, 420, 421.


417. — Gamiani, ou Deux nuits d’excès, par Alcide, Baron de M***. Nouvelle édition. — Lucerne, 1864.

Double du 416, un des 50 ex. pet. in-8° sur Hollande (Ex. n° 7). Ex. d’Alfred Bégis saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.


418. — Gamiani. ou Deux nuits d’excès, par A. D. M. — En Hollande, 1866.

1 volume in-12, de xvi-147 p., broché, sans couv. impr. Sans gravure. 6e édition. Contient (les xvi p.) un Extrait des Mémoires de la comtesse de C******** [Céleste Mogador, comtesse de Chabrillan] sur lesquels on se fonde, non sans raison, pour attribuer la paternité de l’ouvrage ou au moins de la première partie à Alfred de Musset (reproduit dans l’édition de 1871, voir 66).

Voir 66 (notre notice), 147, 194, 413,414, 415, 416, 417, 419, 420, 421.


419. — Gamiani, ou Deux nuits d’excès, par A. D. M. Avec un épisode de la vie de l’auteur extrait des mémoires de la Comtesse de C********. (« Hippolyte, cher cœur, que dis-tu de ces choses ? » Femmes damnées, Fleurs du Mal), — Lesbos, institution Méry. Pavillon Baudelaire.

1 volume in-8° de xvi-141 p. plus 1 f. n. chif. de table, cartonné. Tiré à 150 exemplaires (Bruxelles, Poulet-Malassis). Avec un frontispice libre (de Rops), en 2 états, noir et bistre (voir 66), et 7 belles figures libres reproduisant les lithographies de la deuxième édition : Venise (1835), de Félicien Rops, en 2 états, noir et bistre, sauf une (le singe) en deux états, tirage en noir, et une (le pendu) en noir seulement.

Voir 66, notre notice, et 147, 194, 413,414, 415, 416, 417, 418, 420, 421.


420. — Gamiani, ou Deux nuits d’excès, par A. D. M. Avec un épisode de la vie de l’auteur, extrait des mémoires de la Comtesse de C***. (« Hippolyte, cher cœur, que dis-tu de ces choses ? » Femmes damnées, Fleurs du Mal). — Lesbos, Institution Méry. Pavillon Baudelaire.

Double du 419, cartonné, sans gravures.


421. — Gamiani, ou Deux nuits d’excès, par A. D. M., suivi du Progrès du Libertinage, orné de 16 gravures. Tome II. — Londres, 1780.

2e volume seulement (1880), pet. in-8 carré de vi-80 p. broché sans couv. impr. contenant Les Progrès du Libertinage avec 4 lithos, coloriées à la main.

Cette édition de Gamiani serait la 8e.

Pour Gamiani, voir 66 (notre notice), 147, 194, 413,414, 415, 416, 417, 418, 419, 420.

Pour Les Progrès du Libertinage, voir 751 et 752.


422. — Les Aphrodites, ou Fragments thali-priapiques pour servir à l’histoire du plaisir. Réimpression textuelle de l’édition unique et rarissime de Lampsaque, 1793. Tome Premier. — Bâle, imprimerie de Steuben Frères, 1864.

1 volume in-12 de viii-72, 77, 77 et 76 p., broché, sans couv. impr. Tiré à 200 exemplaires. Réimpression la meilleure (Bruxelles, Gay). Tirage à 200 ex. un des 158 pet, in-12 sur vergé (Ex. sans n°).

Tome premier seulement, renfermant les quatre premières parties. Par André-Robert Andrea de Nerciat.

Cette réimpression, dont un seul volume figure à l’Enfer, a paru en 2 vol. in-12 (Bruxelles, Jules Gay, imprimé par Mertens), avec la reproduction des gravures originales. Ouvrage recherché. Vital-Puissant, qui ne vivait que de contrefaçons, rapporte ce qui suit :


« Cette édition est tellement mauvaise, qu’à la suite de nombreux reproches reçus de quantité d’amateurs à ce sujet, Jules Gay fut obligé de la jeter en quelque sorte au panier. À cet effet, il vendit les 80 ou 90 exemplaires qui restaient sur 200, au sieur Jean-Pierre Blanche, son compatriote, parisien réfugié à Bruxelles, où il avait établi une petite librairie d’occasion, en chambre, rue Saint-Jean. Cette vente fut effectuée au prix de quatre-vingt centimes l’exemplaire ; Jules Gay, ayant préalablement enlevé les titres et la préface de l’ouvrage. Il va sans dire que J.-P. Blanche, l’acquéreur, s’empressa de faire réimprimer une préface quelconque et les titres enlevés et qu’ainsi, il parvint peu à peu à écouler entièrement les exemplaires en sa possession. Nous tenons ces renseignements certains d’un libraire qui fut témoin oculaire de cette affaire[1]. »

(Voir 423 à 426 un exemplaire complet d’une autre réimpression).

Par jugement du Tribunal de police correctionnelle de la Seine (6e Chambre), en date du 2 juin 1865, et devenu définitif, le sieur Jules Gay, libraire-éditeur, quai des Grands-Augustins, n° 41, à Paris, déclaré coupable : 1° d’outrages à la morale publique et religieuse, ainsi qu’aux bonnes mœurs ; 2° de ventes d’ouvrages précédemment condamnés ; 3° de vente d’ouvrages sans nom d’imprimeur ; 4° de vente de dessins et gravures non autorisés par l’administration ; pour avoir, en 1864 et 1865, à Paris, publié, vendu ou mis en vente, les Aphrodites et les gravures qui les accompagnent (ainsi que 17 ouvrages également immoraux), a été condamné à 4 mois d’emprisonnement et 500 francs d’amende, par application des art. 1 et 8 de la loi du 17 mai 1819, 27 de la loi du 26 mai 1819, 19 de la loi du 21 octobre 1814, et 22 du décret du 17 février 1852.

Le même jugement a ordonné la destruction des exemplaires qui ont été saisis, ainsi que celle de tous ceux qui le seraient ultérieurement (Moniteur du 8 novembre 1865).

Enfin, ce livre a encore été visé par une condamnation prononcée, le 25 février 1876, par le Tribunal correctionnel de la Seine (Affaire contre Searrieu).


« Les Aphrodites, dit Monselet, sont une association de personnes des deux sexes, association qui n’a d’autre but que le plaisir… Il y a dans les Aphrodites quelques parties dramatiques et fantasmagoriques ;… mais ce sont les parties faibles et hors de leur place, En outre, M. de Nerciat ne perd jamais l’occasion de donner son coup de griffe aux événements et aux hommes de la Révolution. »

Les Aphrodites font suite au Diable au corps.


La première édition des Aphrodites est fort rare. En voici la description :

« Les Aphrodites ou Fragments thali-priapiques pour servir à l’histoire du plaisir. Lampsaque, 1793, 8 part, petit in-8° de 800 p. et 1 planche chacune. Ces 8 parties se reliaient en 1 ou 2 vol. Les fig. sont libres. Cohen les attribue à Freudenberg. L’ouvrage est bien imprimé. Jusqu’ici il n’a été signalé que trois exemplaires de cette édition originale. Le premier a appartenu à M. Begis. La sixième figure qui manquait avait été reproduite de l’originale par le procédé Pilinski ; le deuxième exemplaire était complet, il a appartenu à M. Frédéric Henkey, anglais résidant à Paris. Un troisième exemplaire était en Angleterre, il a été vendu à Paris, en 1860. Cette édition aurait été imprimée à l’étranger pendant la Révolution. »

D’une famille originaire de Naples, éparse en Sicile, dans le Languedoc et la Bourgogne, André-Robert Andrea de Nerciat naquit à Dijon, le 17 avril 1739. De bonne heure il voyagea, apprenant des langues. Il prit ensuite du service en Danemark où il fut capitaine d’infanterie. De retour en France, il entra dans les gendarmes de la Garde. En 1775, au moment de la Réforme qui réduisit la Maison du Roi, Nerciat fut licencié avec une pension et le grade de lieutenant-colonel. Aimant son métier, il était désespéré et voyagea pour se distraire et trouver une nouvelle position. Il parcourut la Belgique où il fut bien accueilli par le Prince de Ligne. On le retrouve, en 1780, à la Cour du Landgrave de Hesse-Cassel où l’avait introduit le marquis de Luchet, qui y était tout puissant. Nerciat s’installa à Cassel, fit représenter sur le théâtre de la Cour un opéra-comique dont il avait composé le livret et la musique. Puis, en qualité de sous-bibliothécaire, il fut attaqué en même temps que le marquis de Luchet. Les gazettes allemandes accusaient les deux Français d’avoir désorganisé la bibliothèque de Cassel. Dégoûté des bibliothèques, Nerciat entra au service du Prince de Hesse-Rheinfels-Rotenburg en qualité d’intendant des bâtiments.

Bientôt Nerciat revint en France et fit partie des officiers que le Roi envoya soutenir les insurgents hollandais. En 1788, il reçut la croix de Saint-Louis. Pendant la Révolution, il émigra et, d’abord colonel dans l’armée de Brunswik, exerça ensuite divers métiers parmi lesquels il semble que celui d’agent secret fut le principal. En 1798, il fut chargé par la reine de Naples d’une mission secrète près du Pape, mais fut arrêté par les troupes françaises qui entraient dans Rome et on l’incarcéra au castel Saint-Ange. Élargi au commencement de 1800, il mourut dans les derniers jours de janvier.

Il se maria, et peut-être même deux fois, et eut deux fils, dont l’un, Auguste, fut membre de la Société de Géographie et de la Société Asiatique.

Les esprits dégagés des préjugés et de l’hypocrisie ont rendu justice au talent du chevalier de Nerciat. Citons Monselet qui, de cet auteur, loue l’esprit et le style : « deux qualités que M. de Nerciat possède à un rare degré ; que ne les a-t-il déployées dans des livres avouables ! Il a surtout une science et une aisance de dialogue on ne peut plus remarquable. »

Baudelaire notait de son côté (Œuvres Posthumes, Paris, Mercure de France, 1908) :

« … La Révolution a été faite par des voluptueux.

« NERCIAT (utilité de ses livres).

« Au moment où la Révolution française éclata, la noblesse française était une race physiquement diminuée (de Maistre).

« Les livres libertins commentent et expliquent la Révolution.

« — Ne disons pas : Autres mœurs que les nôtres, disons : Mœurs plus en honneur qu’aujourd’hui.

« Est-ce que la morale est relevée ? Non, c’est que l’énergie du mal a baissé. — Et la niaiserie a pris la place de l’esprit.

« La fouterie et la gloire de la fouterie étaient-elles plus immorales que cette manière moderne d’adorer et de mêler le saint au profane ?

« On se donnait alors beaucoup de mal pour ce qu’on avouait être bagatelle et on ne se damnait pas plus qu’aujourd’hui.

« Mais on se damnait moins bêtement, on ne se pipait pas. »

Ajoutons que plusieurs baudelairiens raffinés sont persuadés que Baudelaire travailla pour les réimpressions clandestines de Poulet-Malassis, particulièrement pour l’édition de Nerciat que donna cet éditeur et qui devait être complétée par un volume de correspondance lequel n’a jamais paru, chose fort regrettable.


423-424-425-426. — Les Aphrodites, ou Fragments thali-priapiques pour servir à l’Histoire du plaisir, par Andrea de Nerciat. « Priape, soutiens mon haleine. Piron, Ode à Priape. » Numéros un et deux [trois et quatre, cinq et six, sept et huit]. — 1793-1864.

4 volumes in-18 s. l. ni adresse de iv-158, plus 1 f. n. ch. 160 p. plus 2 f. n. chif., 162 p. plus 1 f. n. ch. et 186 p. plus 1 f. n. ch., cartonnés, dos cuir rouge, avec 1 frontispice de Félicien Rops et 8 figures libres, gravées sur acier, reproduction de celles de l’édition originale (Bruxelles, chez Briard, pour Poulet-Malassis). Le front. et les 2 prem. grav. sur Chine monté, les autres sur papier teinté.

Voir à 422 notre notice.


427-428-429. — Le Diable au Corps, œuvre posthume du très recommandable Docteur Cazzoné, membre extraordinaire de la joyeuse Faculté Phallo-coïro-pygoglottonomique. — Avec figures, tome premier [deuxième, troisième]. — 1803.

3 volumes in-8° de 253, 252, et 254 p., demi-reliure, de l’époque, basane bleue, plats marbrés, dos orné, ébarbés. Avec 19 figures libres (8 tome I, 6 tome II, 5 tome III), avant la lettre et encadrées.

Par A.-R. Andrea de Nerciat.

Édition originale. Un des rares exemplaires avec les fig. avant la lettre.


« Il en fut tiré 500 exemplaires de ce format et 500 exemplaires en format in-18, mais en 6 volumes et les figures ne sont pas encadrées. Elles portent sur le titre et avant la date : Avec figures. Quelques exemplaires in-18 présentent encore quelques différences et notamment la date est indiquée ainsi : MDCCCIII. Cette édition avait été préparée par Nerciat, il en écrivit l’Avertissement nécessaire, en 1789. La Révolution dérangea ces projets et l’ouvrage ne parut qu’en 1803, après la mort de son auteur. L’imprimeur fut, paraît-il, Frémont (Ardennes). La plus grande partie de l’édition fut saisie lors de son entrée à Paris, ce qui explique que les exemplaires en soient si rares. On recherche surtout les exemplaires in-8°. La Bibliothèque Nationale en possède un. On en a signalé un autre qui appartenait à M. Frédéric Henkey, bibliophile établi à Paris, l’un des auteurs, dit-on, du charmant ouvrage libre : L’école des Biches et le même qui possédait un des trois exemplaires connus de l’éd. orig. des Aphrodites. L’exemplaire du Diable au Corps de M. Henkey était parfait et contenait plus de 20 dessins exécutés par un artiste inconnu, mais moins beaux que ceux de Monnet. Le catalogue n° 2 (1909) de la librairie Chrétien[2] offre un exemplaire à toutes marges dans un état parfait, au prix de 700 francs.

Avant de paraître, le Diable au corps avait été contrefait sous un autre titre : Les écarts du tempérament ou le Catéchisme de Figaro, esquisse dramatique.

Avec cette épigraphe :


Et flon flon, lure lure lure
Chacun a son ton et son allure.


A Londres, 1785. — In-18 avec 4 gravures libres assez mal faites. Nerciat dit que c’est « une brochure négligée, pleine d’absurdités, inintelligible en plusieurs endroits. » Il ajoute : « Je ne conçois pas trop bien quelle avait pu être la spéculation des éditeurs, mais il est clair qu’ils n’ont pas su lire, ou qu’ils se sont fait une tâche de tout gâter. Pas le moindre écart, pas la moindre addition, le moindre retranchement qui ne soit un contre-sens, une platitude, ou du moins une faute contre le goût, sans parler des innombrables difformités purement typographiques. » Quoi qu’il en soit, cette première partie lui fut dérobée vraisemblablement vers 1770, et c’est vers cette époque que Nerciat termina son ouvrage. Cette édition fautive, mal intitulée, volée à l’auteur, fut contrefaite dans le pays même où elle avait été publiée, et Nerciat ne paraît pas avoir eu connaissance de cette contrefaçon dont le titre était modifié. On s’était enfin aperçu que Figaro n’avait pas affaire dans cette fantaisie :

Les écarts du libertinage et du tempérament ou Vie licentieuse de la comtesse de Motte-en-feu, du vicomte de Molengin, du valet Pinefort, de la Conbanal, d’un âne et de plusieurs autres personnages. Nouvelle édition. A Conculix, chez l’abbé Boujarron, bon bretteur, 1793. In-18 de 132 pp. figures.

On cite également un manuscrit de 1798, en 2 vol. in-4°, antérieur à l’édition originale, mais nous ne pensons pas qu’il soit écrit de la main du Chevalier. Il est orné de 12 dessins libres attribués à Monnet. Le manuscrit en question a appartenu au duc d’Aumale. Le Diable au corps a été écrit avant les Aphrodites et longtemps avant 1775. Ces deux ouvrages sont excellents et mériteraient, malgré leur licence, d’être mieux appréciés par les gens qui goûtent les lettres.

Certaines réimpressions du Diable au corps ont été condamnés le 5 décembre 1826, 9 avril 1843, et en 1852.

(Voir deux autres exemplaires, 430 à 435 et 436 à 441).

Le Diable au corps est un tableau des mœurs parisiennes un peu avant la Révolution, et ce tableau, Nerciat l’a complété par un autre : les Aphrodites, qui a lieu une quinzaine d’années plus tard, pendant les premières convulsions révolutionnaires… La plupart des personnages du Diable au corps font partie de la secte des Aphrodites, et plusieurs reparaissent dans l’ouvrage de ce nom.


430-431-432-433-434-435. — Le Diable au Corps, œuvre posthume du très recommandable Docteur Cazzoné, membre extraordinaire de la joyeuse Faculté Phallo-coïro-pygo-glottonomique. Avec Figures, Tome Premier [Deuxième, etc.]. — MDCCCIII.

6 volumes in-12 de xii-209. 205, 190, 259, 194 et 216 p., brochés, couv. de pap. bleu. Avec 19 figures libres, les mêmes que celle de l’éd. in-8°, mais sans cadre et très supérieures comme tirage et rajoutées bien plus tard.

Voir, 427 à 429, notre notice, et 436 à 441.


436-437-438-439-440-441. Le Diable au Corps, œuvre posthume du très recommandable Docteur Cazzoné, membre extraordinaire de la joyeuse Faculté Phallo-coïro-pygo-glottonomique. Avec Figures, Tome Premier [Deuxième, etc.]. — MDCCCIII.

Double, broché, couv. pap. gris avec 2 gravures, la même suite dont quelques unes en double, du 430 à 435.


442-443-444-445. — Félicia, ou Mes Fredaines, orné de Figures en taille-douce. « La faute en est aux Dieux qui me firent si folle. » Première [Deuxième, Troisième, Quatrième partie]. — A Londres.

4 volumes in-18 s. d. de 159, 352, 204 et 366 p., reliés basane jaune jaspée, dos orné pièce, tranches jaunes (1782, Paris, Cazin), avec 1 front. et 13 gravures non libres. Par Andrea de Nerciat.

Voir 446 à 449 et 450.

La destruction des éditions à figures de cet ouvrage, qui se vendait ouvertement au xviiie siècle, a été ordonnée par :

1° Arrêt de la Cour royale de Paris, du 21 décembre 1822 (Moniteur du 26 mars 1835) ;

2° Arrêt de la Cour d’assises de la Seine, du 9 août 1842, condamnant Régnier-Becker à 6 mois de prison et 200 francs d’amende (Moniteur du 15 décembre 1843).


Andrea de Nerciat a mis en épigraphe à son délicieux roman, ce vers :


La faute en est aux dieux qui me firent si folle.


cri que sa frivolité consciente et un bonheur sans fin arrachent à l’héroïne.

Félicia est un roman écrit sans prétention, le style manque parfois de soin, mais la grâce, l’esprit n’y manquent jamais et les trouvailles agréables y sont très fréquentes.

L’auteur, qui se jugeait, plaça ces vers en tête de Félicia :


Voici mon très cher ouvrage
Tout ce qui t’arrivera :
Tu ne vaux rien, c’est dommage ;
N’importe, on t’achètera.
Jusqu’au bout avec courage on te lira ;
La plus catin, c’est l’usage,
Au feu te condamnera ;
Mais la plus sage rira.


Sourira serait plus exact, et parfois même il se mêle un peu de mélancolie à cette folle production qui promène le lecteur dans les milieux d’artistes, parmi le haut clergé, dans la bourgeoisie et chez les personnes de qualité. Peintres, chanteurs, musiciens, prélats galants, chevaliers audacieux, clercs insolents, bourgeoises voluptueuses et timides se démènent, discourent et s’entraînent dans le plus provoquant désordre.

« La vivacité de quelques tableaux, dit d’autre part Monselet, ne doit pas nous empêcher de rendre justice à l’une des plus charmantes productions que la décadence du xviiie siècle ait inspirées, coquette débauche de sentiment et d’esprit, esquisse folâtre des dernières ruelles à la mode, accentuée plus littérairement que le long roman de Louvet. Félicia a été rééditée à l’infini et dans tous les formats, avec un grand luxe de gravures. Ce sont encore des mémoires aussi rapides et aussi mutins qu’on peut le désirer. »


446-447-448-449. — Félicia, ou Mes Fredaines.

Double de l’exemplaire 442 à 445, mais en papier vélin, relié en 4 vol. veau porphyre, plats encadrés, dent, intér., dos ornés, pièces, tranches dorées. La même suite que dans le précédent, mais augmentés d’un certain nombre de fig. libres qui portent le nombre total à 24 figures, compris le frontispice, quelques-unes libres. (1 frontispice et 7 figures au tome Ier ; 6 figures au tome II ; 6 au tome III, et 4 au tome IV).


450. — Félicia, ou Mes Fredaine. « La faute en est aux Dieux qui me firent si folle. » Tome Premier [Deuxième, Troisième, Quatrième], — Londres, MDCCLXXVI.

4 tomes en 1 volume in-18 de 100, 120, 111 et 99 p., demi-reliure ancienne, basane, plats papier jaspé, tranches jaunes (Paris, Cazin), sans figures.

Voir 442 à 445 et 446 à 449.


451-452. — Monrose, ou Suite de Félicia, par le même Auteur, Première [Deuxième, Troisième, Quatrième] partie. — 1795.

4 tomes en 2 volumes in-18 s. l. ni adresse de : 1° 223 plus 2 f. n. chif. ; 246 plus 3 f. n. ch. ; 2° 247 plus 1 f. n. chif. et 219 p. plus 2 ff. n. ch. Reliure moderne maroquin rouge janséniste, larges dentelles intérieures, tranches dorées, superbe exemplaire, lavé et encollé. Avec 24 figures libres attribuées par Cohen à Quéverdo. Par A.-R. Andrea de Nerciat.

Voir aussi 453-454.

Suppression ordonnée par mesure de police, 15 octobre 1825, et par arrêt de la Cour d’assises de la Seine, en date du 10 février 1852 (Affaire contre Chapelle).

Monrose est la suite de Félicia. La 1re, édition (1792) est intitulée Monrose ou le libertin par fatalité, suite de Félicia.

Nerciat a été souvent pillé. Dans son autobiographie intitulée : Illyrine ou l’écueil de l’inexpérience (Paris, an VII), La Morency a inséré des passages qu’elle empruntait à Monrose et sans prévenir le lecteur. On trouvera notamment, dans la lettre CXXI (Julie à Lise), un morceau pris dans la première partie de Monrose, au chapitre VI.

Monselet pense que l’Hermaphrodite Nicette de Monrose « pourrait bien avoir servi de modèle à Balzac pour son ou sa Zambinella, dans le petit roman de Sarrazine ».


453-454. — Monrose, ou Suite de Félicia, par le même Auteur. — A Paris, an Huitième.

2 tomes en 1 volume in-18, broché, couv. de papier marbré brun. Tomes I et III seulement. Avec les mêmes figures libres qu’à l’édition de 1795 (voir 451-452), 5 à chaque tome.


455-456. — Mon Noviciat, ou Les Joies de Lolotte.

Pour être heureux, ô lubriques mortels !
Faut-il, hélas, un trône et des autels !
Faut-il, hélas, un trône et(Foutromanie, Chant I).


1792.

2 volumes in-18 de vii-248 et 255 p. y compris un f. d’errata chiffré, reliure moderne, maroquin citron janséniste, large dentelle intérieure, tranches dorées, signée Hardi., s. d. (Berlin), avec deux frontispices libres. Très rare. Par Andrea de Nerciat.

Voir à 457-458, 459-460 et 461-462, trois exemplaires d’une réimpression moderne.


457-458. — Mon Noviciat, ou Les Joies de Lolotte par Andrea de Nerciat.

Pour être heureux, ô lubriques mortels !
Faut-il, hélas, un trône et des autels !
Faut-il, hélas, un trône et(Foutromanie, Chant II).


Première [Seconde] Partie. — 1792-1864.

2 volumes in-18 s. l. n. d. (Poulet-Malassis ?) de iii-235 et 242 p. plus 1 f. n. ch., brochés, sans couv. impr., sur Hollande, avec 2 figures libres sur papier teinté.

Voir deux autres exemplaires à 459-460 et 461-462 et à 455-456, l’édition originale.


459-460. — Mon Noviciat, ou Les Joies de Lolotte par Andrea de Nerciat.

Pour être heureux, ô lubriques mortels !
Faut-il, hélas, un trône et des autels !
Faut-il, hélas, un trône et(Foutromanie, Chant II).


Première Partie. — 1792-1864.

Double du 457-458, broché, sans couv impr. Celui-ci est en meilleur état. Ex. d’Alfred Bégis, saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.


461-462. — Mon Noviciat, ou Les Joies de Lolotte par Andrea de Nerciat.

Pour être heureux, ô lubriques mortels !
Faut-il, hélas, un trône et des autels !
Faut-il, hélas, un trône et(Foutromanie, Chant II).


Première Partie. — 1792-1864.

Double des 457-458 et 459-460, broché, sans couv. impr., ex. d’Alfred Bégis, saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.


463. — L’Arétin françois, par Un membre de l’Académie des Dames.

J’appelle un Chat un Chat.
J’appelle un Chat unBoileau.


A Londres, 1787.

1 volume pet. in-18 de 23 p. non chif. et 1 frontisp. et 17 planches libres, gravées par Elluin d’après Borel (non signées). Suivi de :


Les épices de Vénus, ou Pièces diverses, du meme Académicien.


Les plus intolérables sont les plus vicieux.
Les plus intolérables sont (Anonyme).


A Londres, 1787.

Pet. in-12, 1 faux-titre, 1 titre et 53 p. avec 1 fig. libre gravée en taille douce. Les deux ouvrages par Félix Nogaret.

Reliure moderne, maroquin rouge janséniste, larges dent, int., tranches dorées, signée L. Fixon rel. Bel exemplaire, lavé et encollé.

Édition originale. Très rare.

Voir deux réimpressions à 149, avec notre notice, et à 464.


464. — L’Arétin Français, par un membre de l’Académie des Dames. « J’appelle un chat un chat, Boileau. » — Bruxelles, chez les Marchands de nouveautés.

1 volume in-22 de 63 p., broché, sans couv. impr. La plupart des pages impr. d’un seul côté, pour faire vis-à-vis à 17 fig. qui manquent ici, sans doute reproduites d’après celles du n° 463. On trouve à la suite quelques Priapées diverses. Réimpression (vers 1865) pour le colportage. Par Félix Nogaret.

Voir, à 463, l’édition originale, et à 149, une autre réimpression, avec notre notice.


465. — La Capucinière, ou Le Bijou enlevé à la course. Poème. «… On peut avoir des mœurs et peindre ceux qui n’en ont guère. » — Paris, chez les Marchands de Nouveautés, 1820.

1 volume grand in-8 de xii-68 pages, avec 6 planches (non libres) au trait.

Demi-reliure maroquin rouge, plats marbrés, dos orne, ébarbé, signée Allô.

Réimpression de l’édition originale de 1780. Par Pierre-François Tissot.

Attribué bien à tort à Nougaret, par suite d’une confusion avec un autre ouvrage intitulé : La Capucinade.

Conte spirituel et fort badin, qui valut à Tissot son logement à la Bastille.

Cité au Catalogue Wittersheim, page 13.


466. — Lucette, ou Les Progrès du Libertinage, par M N***. Première [Seconde] Partie. — A Londres, chez Jean Nourse, libraire, dans le Strand. MDCCLXV. [A lasuite :] Suite de Lucette, ou des progrès du libertinage. Par M N*** Troisième Partie. A Londres MDCCLXVI.

3 tomes en 1 volume in-12, de 1° vj p., f. n. ch. 456 et 453 p. plus 1 f. n. chif. ; 2° xvj p., 1 f. n. chif. et 188 p. Reliure ancienne, velin vert, tranches rouges. Par P.-J.-B. Nougaret.

La destruction de Lucette a été ordonnée par jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, en date du 12 mai 1865 (Affaire contre Poulet-Malassis et consorts).


467. — L’Alcibiade | Fancivllo | A Scola, | D. P. A. | Oranges. Par Iuann Vvart. ciɔ. . c. Iii.

1 volume petit in-8 carré de 102 p. y compris 3 ff. prél., plus à la fin 1 f. n. chif. contenant 4 sonnets de M. V. (1652). Reliure du xviiie siècle, maroquin rouge, à compartiments, dent. intérieures, dos orné, tranches dorées. Volume rarissime dont on ne connaît que quatre exemplaires de l’édition originale : à Dresde, à Grenoble, à Paris, et au British Muséum, « livre très rare en une matière délicate en fait d’amour », dit Lengley Dufresnoy. En italien. Par Ferrante Pallavicini.

Cet ouvrage était attribué jadis à l’Arétin, comme l’indique le titre D. P. A., en effet, veut dire : Di Pietro Aretino.

Voir 468, 469 et 470 et une traduction française avec la notice à 471.


468. — L’Alcibiade | Fancivllo | A Scola, | D. P. A. | Oranges. Par Iuann Vvart. ciɔ. . c. Iii.

In-12 (1652) de 124 p. plus 2 ff. n. chif. pour les sonnets de M. V. Reliure ancienne, maroquin rouge à compartiments et milieux, dent, intér., dos orné, tranches dorées ; Bel exemplaire de la seconde édition originale.


469. — L’Alcibiade Fancivllo a Scola

Double de 468, relié en veau, dos orné, tranches rouges.-


470. — L’Alcibiade Fanciullo a Scola. — Paris, 1862.

1 volume petit in-8 de 2 f. n. ch ; pour titre et préface, 105 p : plus 2 ff. n. chif., broché, sans couv. impr. Tiré à 110 exemplaires sur papier de Hollande (Ex. n° 7) (Paris, imprimerie G. Raçon, pour J. Gay). Texte en italien. Par Ferrante Pallavicini.

Destruction ordonnée par jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, inséré au Moniteur du 8 novembre 1865 (Affaire contre Gay et consorts).

Le C. d’I*** prétend que cet exemplaire n’est plus à la Bibliothèque Nationale, parce qu’en 1863, le ministère public l’avait pris, et fait ensuite détruire après la condamnation (rapportée ci-dessus).

Il n’en est rien, comme on voit.

Voir 467, 468 et 469 et une traduction française avec la notice à 471.


471. — Alcibiade enfant à l’école. Traduit pour la première fois de l’italien de Ferrante Pallavicini. Amsterdam, chez l’ancien Pierre Marteau. MDCCCLXVI.

1 volume petit in-8 de xv-124 pages et 2 ff. non numérotés pour les sonnets de M. V. Broché, sans couv. impr. Tiré à 550 exemplaires (Bruxelles, Gay). Précédé d’un Avant-propos.

Condamné comme contenant des outrages à la morale publique et religieuse, ainsi qu’aux bonnes mœurs, par jugement du Tribunal correctionnel de Lille, du 6 mai 1868, inséré au Moniteur du 19 septembre suivant (Affaire contre Duquesne).

« Alcibiade est un des travaux pour lesquels Gay fut puni, en 1863 ; il le fut à nouveau en 1868, par le Tribunal de Lille. Il ne doit pas être confondu avec l’ouvrage suivant : — Alcibiade enfant, jeune homme, homme fait, vieillard, — en 4 vol. ou parties, in-4°, — Athènes, et se trouve à Paris, 1789, — avec planches. »

L’original italien « Alcibiade fanciullo a scola » est mentionné dans le « Dizionario di opere anonime e pseudonime di Scrittori italiani ». L’édition la plus ancienne porte l’indication supposée : Oranges, par Juann Vvart, (1652). La réimpression portant la même date est un petit in-12 de forme un peu allongée. En 1850, un pamphlet in-8 fut publié à Bassano. « Disquisizione intorno il rarissimo libro intitolato Alcibiade fanciullo a scola », par Giamb. Baseggio, qui restitua l’ouvrage à Ferrante Pallavicini. M. G. Brunet, qui traduisit cette dissertation sur l’Alcibiade fanciullo a scola, (Paris, Gay, 1861), a, dans une post-face, écrit, non seulement l’histoire du livre même, mais aussi dressé une liste d’autres ouvrages, et un vaste amas de documents historiques sur le même sujet.

Ferrante Pallavicini fut membre de l’Academia des Incogniti, auteur de la Suzanna, des Rete di Vulcano, la Rettorica delle Puttane. Il fut décapité à Avignon, en 1644, à peine âgé de 26 ans ; on pense que son ami Gregorio Leti, dit il Sultanino, auteur du Putanisme de Rome (voir 374), fit imprimer l’Alcibiade à Genève, non en 1652 comme il est indiqué, mais vers 1660.

L’Alcibiade fanciullo a scuola est un ouvrage remarquable où le vice socratique est présenté sous des couleurs riantes et poétiques.

Voir les éditions en italien à 467, 468, 469, 470.


472. — La | Retorica | delle | Puttane |, composta conforme li precetti | di Cipriano. | Dedicata | Alla Vniversità delle Cortegiane più Celebri. | In Cambrai, 1642 | Con licenza de’ superiori, e privilegio.

1 volume petit in-12 78 ff. n. chif., signés A. G., le cahier G. de 6 f. seulement. Reliure ancienne maroquin rouge, double filet, dos orné, tranches jaspées. Par Ferrante Pallavicini.

Voir 2 autres éditions à 473 et 474, et une adaptation française à 62.


473. — La | Rettorica | delle Puttane |, composte conforme li precetti | di | Cipriano. | Dedicata | Alla Università delle Cortegiane più Celebri. | In Cambrai, 1648. Con licenza de’ superiori, e privilegio.

1 volume pet. in-12 de 152 p., Reliure ancienne vélin blanc.

Voir 472 et 474.


474. — La | Rettorica | delle | Pvttane, composta conforme li precetti di | Cipriano |. Dedicata | alla Vniversità delle Cortegiane più Celebri. | In Villafranca, MDCLXXIII.

1 volume petit in-12 (Hollande, Elzevier. A la Sphère) de 124 p., relié en chagrin rouge janséniste, filets intérieurs, tête dorée, tranches rouges, signée Simier R. du Roi.

Cette édition est la plus recherchée. Ainsi que le fait remarquer Brunet, elle fait généralement partie du recueil intitulé Opere scelte di Ferrante Pallavicino. Les Réimpressions portant in Cambrai sont mal exécutées et de peu de valeur.

Voir 472 et 473.


475. — La Guerre des Dieux, poème en dix chants, par Evariste Parny. A Paris, chez Debray, libraire ; au Grand Buffon, rue Saint-Honoré, barrière des Sergens MDCCCVIII.

1 volume in-16 de 132 p. Dérelié. Avec un frontispice non libre et 18 lithographies (au lieu de 19 ; une paraît arrachée et a marqué son empreinte).

« Ce poème élégant fit sensation à son apparition sous le Directoire, et le Moniteur Officiel (1er octobre 1799) en rendit compte de la façon la plus élogieuse, en en donnant même de longs extraits. Depuis, ce même journal dut enregistrer plusieurs fois les condamnations encourues par cette production, qui est certainement celle qui a le plus fréquemment été frappée par la justice. »

En effet, la destruction a été ordonnée par :

1° Arrêt de la Cour d’assises de la Seine, du 29 décembre 1821 (pas d’insertion au Moniteur) ;

2° Jugement du Tribunal correctionnel de la Seine du 31 mai 1826, condamnant Fuxy-Devaut, colporteur et étalagiste, à un mois de prison et 16 francs d’amende (Moniteur du 6 août 1826) ;

3° Jugement du Tribunal correctionnel de Coutances, du 30 août 1826 (point d’insertion au Moniteur) ;

4° Arrêt de la Cour royale de Paris, du 19 juin 1827 (point d’insertion au Moniteur) ;

5° Jugements du Tribunal correctionnel de la Seine, des 10 et 11 août 1829, condamnant Langlois et Lebailli, libraires à Paris, à un an de prison et 500 francs d’amende (point d’insertion au Moniteur) ;

6°, Arrêt de la Cour d’assises de la Vienne, du 12 décembre 1838, condamnant Clouzot et Antoine et Bertrand Porterie, chacun à 10 francs d’amende (Moniteur du 9 juin 1839) ;

7° Arrêt de la Cour d’assises de la Seine, du 9 août 1842, condamnant Régnier-Becker à six mois de prison et 200 francs d’amende (Moniteur du 15 décembre 1843) ;

8° Arrêt de la même Cour, en date du 23 février 1843, condamnant Louis-François Lemière, à 5 ans de prison et 500 francs d’amende (Moniteur du 15 décembre 1843) ;

9° Arrêt de la Cour d’assises de la Seine-Inférieure, du 8 septembre 1844, condamnant Bon Pierre, colporteur, à 5 ans de prison et 6.000 francs d’amende (Moniteur du 3 décembre 1844) ;

10° Enfin, jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, du 2 juin 1865, inséré au Moniteur du 8 novembre suivant (Affaire contre Gay).

De plus, cet ouvrage a été mis à l’index, par mesure de police, en 1825.

Malgré ces nombreuses condamnations, le poème de Parny a eu des centaines d’éditions. Inutile d’ajouter que toutes ces éditions sont d’une vente courante, et que l’exemplaire qui nous occupe n’a dû les honneurs de l’Enfer qu’aux figures libres qui y ont été ajoutées.


476. — Les égaremens de Julie. Première [Deuxième, Troisième] Partie. — A Londres, MDCCLXXVI.

3 parties en 1 volume in-12 de 4 ff. préf. n. chif. 91, 93, et 100 p. Reliure ancienne, basane marbrée, dos orné pièces, tranches marbrées. Par Dorat.

On a aussi attribué à l’avocat Peirin (Jacques-Antoine-Réné) ce roman licencieux conçu dans le genre de ceux de Crébillon fils. La destruction en a été ordonnée, pour outrages aux bonnes mœurs, par arrêt de la Cour royale de Paris, en date du 5 août 1828, confirmatif d’un jugement du Trib. correct. de la Seine du 22 juillet précédent (pas d’insertion au Moniteur).

Enfin, mis à l’index, par mesure de police, en 1825.


477. — Fragmentum Petronii. Texte latin, traduction française et notes, par Jos. Marchena. Nouvelle édition, tirée à 100 exemplaires format petit in-12 et à 20 exemplaires petit in-8. — n° 1. — Soleure, 1865.

Petit in-12 papier mince, viii-53 p. plus 1 f. de table, 5 p. de notice et 1 f. portant les indications d’édition et la marque de Gay avec cette mention :

Bruxelles, Imprimerie de A. Mertens et fils, 1865.

et le détail du tirage : 100 exemplaires numérotes, plus 2 sur peau vélin, et 4 sur papier de Chine, plus 20 exemp. in-8° sur Hollande.

Le titre de l’édition originale est reproduit :

Fragmentum Petronii ex Bibliothecæ Sti Galli antiquissimo mss, excerptum nunc primum in lucem editum. Gallice vertit ac notis perpetuis illustravit Lallemandus S, Theologiæ Doctor, 1800.

Cette supercherie qui trompa tout le monde est l’œuvre de Joseph Marchena, Espagnol, né en 1768, à Utrera. Destiné à l’état ecclésiastique, il avait fait de bonnes études. Mais il aimait la philosophie et, pour fuir l’Inquisition, il vint en France, où il fut naturalisé. C’était un très petit homme, à figure de satyre, et qui se croyait aimé des femmes, ce qui ne laissait pas de le rendre ridicule. Il était bon latiniste, et, sans aucun livre, il composa ce fragment excellent pendant l’hiver de 1800, à Bâle, au quartier général de l’armée du Rhin. Il le publia avec de longues notes, et cette publication fit sensation. Plus tard, il réussit moins bien avec des vers supposés de Catulle. Marchena mourut dans la misère, à Madrid, en 1821.


478. — Ode à Priape, par Pyron. Ornée de gravures représentant les sujets de chacune des douze strophes.

1 volume s. l. n. d. de 12 pages, plus 6 planches de gravures (2 par planches). Demi-reliure maroquin rouge, plats marbrés, dos orné, tranches jaspées, signée ; Allô. Bel exemplaire bien complet.

Ce texte de l’Ode à Priape porte en tête, au-dessous du titre répété : Air : Du malheureux Lisandre.

Voir 479, 480, 481, 482, 483, pour les œuvres de Piron, qu’on trouvera, d’autre part, dans de nombreux recueils collectifs.

Des exemplaires d’éditions différentes de celle-ci, introduits clandestinement en France, ont été condamnés à la destruction par jugement du Tribunal correctionnel de la Seine (6e Chambre), en date du 25 juin 1869, inséré au Journal Officiel du 7 mai 1875 (Affaire contre Puissant et consorts).


479. — Œuvres Badines d’Alexis Piron. — A Paris, An VI — 1798.

1 volume in-12 de 178 p. Demi-reliure toile rouge, plats marbrés, ébarbé. Avec 1 frontispice non libre avec ces vers :


Il laisse ma tente il me happe,
Il m’enlève comme un moineau…


Voir aussi 478, 480, 481, 482, 483.

Depuis la première édition de ce livre, en 1796, jusqu’en 1872, il en a été fait plus de vingt éditions sur lesquelles on peut consulter l’article de la Bibliographie Gay (t. V, p. 337 et suivantes). Presque toutes ces éditions, plus ou moins expurgées, contiennent des pièces dans lesquelles Piron n’est pour rien. Le recueil, cependant, a toujours porté son nom.

Les condamnations suivantes ont été prononcées au sujet de cet ouvrage :

1° Arrêt de la Cour royale de Lyon, du 23 mars 1817 ; outrages aux bonnes mœurs ; destruction ordonnée (point d’insertion au Moniteur) ;

2° Arrêt de la Cour royale de Paris, du 5 janvier 1828 ; même mention que ci-dessus ;

3° Arrêt de la Cour d’assises de la Seine, du 24 novembre 1834 (inséré au Moniteur du 26 juin 1836), condamnant Auguste-Jean, commis-libraire, à 3 mois de prison et 300 francs d’amende, reconnu coupable d’outrages aux bonnes mœurs et à la religion, pour mise en vente dudit ouvrage et d’autres analogues ;

4° Arrêt de la Cour d’assises du Nord, en date du 2 février 1835 (inséré au Moniteur du 7 août suivant), condamnant Artigues, dit Jean Artigues, à un an de prison et 500 francs d’amende.

5° Arrêt de la Cour d’assises de la Vienne, en date du 12 décembre 1835 (inséré au Moniteur du 9 juin 1839), condamnant Clouzot, Antoine et Jean Porterie, chacun à 10 francs d’amende ;

6° Jugement du Tribunal de la Seine, en date du 27 mars 1852, ordonnant la destruction du dit ouvrage (Journal Officiel du 7 mai 1874) ;

Et 7° Jugement du Tribunal de Lille, du 6 mai 1868, inséré au Moniteur du 19 septembre suivant, ordonnant la destruction pour outrages à la morale publique et religieuse, ainsi qu’aux bonnes mœurs (Affaire contre Duquesne).


480. — Œuvres Badines d’Alexis Piron. — A Paris, chez tous les marchands de nouveautés, 1800.

1 volume, pet. in-12 de 180 p., broché, couv. de papier violet. Avec le frontispice de l’édition de 1798 (voir 479) mais sans la coquille.

Le texte présente des variantes.

Voir aussi 478, 479, 481, 482, 483.


481. — Œuvres Badines, de Piron. A Voluptopolis, chez les marchands d’amourettes, 1804.

1 volume in-12 de 142 pages, demi-reliure chagrin rouge, plats papier chagriné, dos orné, tranches dorées. Avec 9 figures libres coloriées au pinceau.

Texte différent des éditions précédentes.

Voir 478, 479, 480, 482, 483.


482. — Œuvres Badines, de Piron. A Voluptopolis, chez les marchands d’amourettes, 1804.

Pet. in-8° carré de 120 p., broché, sans couv. impr., non coupé. Contrefaçon du 481 (ne doit pas être de 1804) sans gravures.


483. — Œuvres Badines, Libres et Erotiques d’Alexis Piron, précédées d’une notice sur sa vie, et d’un essai sur le plaisir. Seule édition complète. — Bruxelles, imprimerie de Walhen et Cie, MDCCCXX.

1 volume in-16 de 180 p. Demi reliure toile rouge, plats marbrés, ébarbé. Avec 11 figures libres in-32, d’un format moitié plus petit que le texte.

Édition très complète. Contient l’Ode à Priape et une parodie.

Voir 478, 479, 480, 481, 482.


484. — La Berlue. — A Londres, à l’Enseigne du Lynx, MDCCLIX.

1 volume petit in-12 de x-166 p., reliure basane écaille, filet, dent, intér., dos orné, tranches rouges. Par Poinsinet de Sivry.

Cet ouvrage, qui a été presque entièrement reproduit dans la Lorgnette Philosophique, de Grimaud de la Reynière, a été poursuivi, à ce qu’affirme le Catalogue Wittersheim. On n’a pas trouvé trace de la condamnation, qui, sans doute, vise une réimpression. Mais, pourquoi diable cet ouvrage est-il en Enfer ?


485. — Quatre Petits Poèmes Libertins. Avec un frontispice sacrilège dessiné et gravé par S. P. Q. R. — Partout et nulle part, l’an de Joie, MDCCCLXIV.

1 volume grand in-8 de iv-79 pages plus 1 f. de table, cartonné papier gris. Tiré à 140 exemplaires ; un des 20 ex. sur papier vergé (Ex. n° 118). Avec un frontispice sur Chine volant de Félicien Rops.

Note au crayon sur la page de garde :

« Par Louis Protat, avoué à la Cour Impériale de Paris. »

Contient :

1. — Examen subi par Mlle Flora, signé : Louis Protat.

2. — Le Théâtre de la Nature, signé : Auguste Roussel.

3. — La Messalienne, signé : Marc Constantin.

4. — Le Morpion pèlerin, histoire du temps des croisades, signé : B de Maurice.

Une édition de l’Examen de Flora a été condamnée à la destruction par jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, en date du 13 mars 1852 (Affaire contre Langlois).


486. — Serrefesse, Tragédie-Parodie par Louis Pine-a-l’Envers, membre du Caveau, mais avoué près la Cour impériale de Paris. Avec un frontispice fangeux, dessiné et gravé par S. P. Q. R. — Partout et nulle part, l’An de Joie MDCCCLXIV.

1 volume de 4 ff. n. chif. et 87 p. cartonné, papier gris. Tiré à 140 ex., un des 20 gr. in-8° sur vergé teinté (ex. n° 132). Avec un frontispice sur chine volant de Félicien Rops, en deux états : noir et (retourné) sanguine.

Dédicace : A mon ami Bandeguère, jeu de mots sur Badinguet, (sobriquet de Napoléon III) Louis P. Par Louis Protat.

Ex. d’Alfred Bégis, saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.

Deux autres exemplaires à 487 et 488.


487. — Serrefesse, Tragédie-Parodie, par Louis Pine-a-l’Envers, membre du Caveau, mais avoué près la Cour impériale de Paris. Avec un frontispice fangeux, dessiné et grave par S. P. Q. R. — Partout et nulle part, l’An de Joie MDCCCLXIV.

Double du 486 gr. in-8° (n° 122) mais avec le front. en triple état noir, sanguine et (retourné) noir. Ex. d’Alfred Bégis, saisi à son domicile et déposé à la Bibliothèque en 1866.


488. — Serrefesse, Tragédie-Parodie par Louis Pine-a-l’Envers, membre du Caveau, mais avoué près la Cour impériale de Paris. Avec un frontispice fangeux, dessiné et gravé par S. P. Q. R. — Partout et nulle part, l’An de Joie MDCCCLXIV.

Double des 486 et 487, mais tiré pet. in-8° sur vergé (ex. n° 82) avec un seul état (noir) du front. de Rops.


489. — Le | premier acte | du synode noct-|tvrne des tribades,| Lemanes, Vnelmanes, Prope-| tides à la ruine des biens, vie, | & honneur de | Calianthe. | « Spoliatis arma supersunt. » | DCVIII.

1 volume petit in-8 de 85 pages, dont les 4 premières n. chif. et, à la fin, 1 f. blanc, reliure de maroquin rouge, filets et médaillons — marques de la Bibliothèque — frappés à froid sur les plats, dentelles intérieure, titre en long, tête dorée, non rogné.

Exemplaire unique. Par Guillaume Reboul. Sur lequel ont été faites les réimpressions.

Deux exemplaires d’une réimpression de Gay à 490 et 491. Un exemplaire d’une réimpression faite en 1852, par les « Frères Gébéodé », est coté Z 3, 797 Réserve.

Cet ouvrage est une des productions les plus rares de la littérature facétieuse qui fleurissait au xvie siècle et au commencement du xviie siècle, et dans laquelle l’imitation de Rabelais se fait pleinement sentir. La réédition de Gay (Paris, 1862) reproduit fidèlement la préface de celle des Frères Gébéodé (Gustave Brunet et Octave Delepierre (s. l. Londres, 1852). Le Synode nocturne, qui mériterait la réputation du Moyen de Parvenir, est à peine connu. Brunet ne lui consacre que quelques lignes ; Lenglet Dufresnoy (Bibliothèque des Romans, t. II, p. 41) s’est borné à en donner le titre, et Barbier a simplement reproduit, dans son Dictionnaire des Anonymes, n° 14609, l’opinion de Prosper Marchand (Dictionnaire, t. II, p. 60), qui a vu dans ce livre, volontairement obscur, une attaque contre l’Église de Genève. L’auteur a conservé l’anonymat, mais il est vraisemblable que c’est Guillaume Reboul qui, dans d’autres productions, telles que les Salmonées (1597) et le Nouveau Panurge, montre la même haine des ministres protestants et le même goût pour le style de Rabelais.

« Gens heureux, dit-il, vostre seule foy vous exempte des grifes des plus abominables, sales, vilaines, ordes, infectes, puantes et venimeuses Harpies qui ayent jamais ravi les viandes apprestées et servies sur la table du misérable Planée. Ouy, elle vous en exempte, et davantage elle vous affranchit du hoqueton et de la hallebarde, pourveu, cela s’entend, qu’elle entretienne sans cesse sa ferveur en vous-mesmes. Ce n’est pas tout ; savez-vous mon theme, et sur quel subject je veux donner carrière à vos sens les plus aigus et délicats ? Ne vous mettez pas dans la fantaisie que ce soit sur quelque maheutre engrossement gamoisic, causé par je ne sais quel couillon vermoulu, discratié, et appelant, non ce ne sera pas. N’estimez pas aussi que je vous veuille entretenir de matrices. Bourgeoises charitables entrelardées de Verpes monachales. Nenny, rien moins que tout cela : Ma plume me feroit banqueroute et dédaigneroit de donner ces faicts à la lumière comme incapables de vous et de moy. Je vous ai faict eslever un théâtre sans comparaison bien plus magnificentissime démocritic et cachinnatic, où il vous sera représenté un Synode de deux nations limitrophes et adjoinctes de toutes les plus apparentes et engalochées Tribades d’icelles,

Curis acuentes mortalia corda,
assistées (d’autant qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul : Væ homini soli) de deux monstres fredons Aphistamistes,
qualia demeus
Ægyptus portenta colit,
d’un Bagoas Badelovié et courbatu, d’un vespille citadin, et d’un Maistre Huissier nommé Harpetirade. Ausi omnes immane nefas. Idque en une ville Lemane, sur les occultes machinations prétendues d’une part, et refermées de l’autre, en la personne d’un pauvre diable
querant fortune, et belistre d’icelle, nommé Calianthe ; où vous voirez le Deigma de l’intelligence des Lunettiers de Calabre avec le pape Grégoire, leur confédéré, qui fut telle que tous les enfants perdus s’estant rencontrez de hasard en un mesme chemin, ils se perdirent tous perdus ensemble, et fut dict ce temps-là le temps perdu. Et bien, Couillus, Couilletez, Couillards, Couillardes, Couillauds, Couillaudes, Couillatises et Couilletans, est-ce rien cela ? Hem ? Qu’en monopolle-balisez-vous ? est-ce rien ? Ouiy, je vous affie, c’est quelque chose, et des plus superlificoquentieux ; escoutez donc, viedazes, escoutez que dict le paillard : ventre sus ventre, quels trinquenailles, quels gallefretiers !… »

Reboul est aussi l’auteur de quelques ouvrages dirigés contre les ministres protestants ; l’un a eux a pour titre : Actes du Synode universel de la Saincte Réformation (A Montpelier, chez le libertin, imprimeur juré de la Saincte Réformation, 1660, in-12). Une grande partie de ce livre est formée d’une suite de harangues prononcées par des personnages odieux et ridicules. À la page 339, on trouve celle d’une dame députée de tout le corps des femmes de religion contre la doctrine de Calvin, doctrine par laquelle toutes les femmes sont des putains. Plus loin, Luther est appelé « prophète de merde », et Reboul cite, à cet égard, les vers suivants :


stercora cum parse ducat quocumque Lutherus,
Oreque spurciloquo non nisi stercus habet


La Cabale des Reformez est également une suite de harangues burlesques. Le Synode conjugal ou Aloysia Sacra, Paris, an IV, 2 parties, in-18, qui a été, en 1815, l’objet d’une condamnation, n’a aucun rapport avec le Premier acte du Synode nocturne. Ce sont des conférences ou dialogues contre le divorce, dialogues où la Bible, les Pères, et surtout Sanchez sont examinés, dans ce qu’ils ont de plus scabreux.

Après avoir parcouru diverses parties de la France en se livrant à son goût pour la polémique, Reboul passa en Italie où l’attendait une triste fin. Il fut mis à mort à Rome, le 25 septembre 1611, en châtiment de la publication de L’apologie pour ceux d’entre les Anglais catholiques qui refusent de prêter le serment d’allégeance, exigé par Jacques premier, en 1606 (Rome, par Reboul, 1611).

Lorsque Jacques Ier, dit Peignot, lut cet écrit virulent dans lequel Reboul se vante de passer incessamment en Angleterre pour y exciter un soulèvement contre le Roi et étrangler de ses mains ce tyran, il en attribua la composition au cardinal Duperron ; mais celui-ci en fut justifié par Casaubon, qui, dans Paris même, avait su certainement que la pièce était de Reboul. C’est le Pape qui a ordonné le supplice de l’écrivain, comme coupable d’avoir violé la majesté royale en la personne du roi Jacques. On trouve l’histoire du supplice de Reboul dans les lettres mille cinquante et mille quatre-vingt-dix de Casaubon (Corresp., 1709, in-fol.). Elle lui a été écrite de Venise par un sénateur vénitien. On pourra également consulter Nicéron, t. XXXII, p. 406 ; le Mercure François, t. II, p. 277 ; et d’Artigny, t. I, p. 439.

Si le Synode nocturne ne doit sa présence à l’Enfer qu’à quelques mots gaillards, on se demande pourquoi l’on n’y a pas également déposé l’Histoire de Gargantua. Quoi qu’il en soit, répétons que l’auteur de ce livre est un écrivain remarquable, digne de figurer dans les histoires de la littérature.


490. — Le Premier acte du Synode nocturne des Tribades, lemanes, vnelmanes, propetides, à la rvine des biens, vie et honneur de Calianthe. Réimpression collationnée sur l’exemplaire unique existant à la Bibliothèque impériale, à Paris. — Paris, chez Jules Gay, éditeur, Quai des Augustins, 25. — 1862.

1 volume petit in-12 de xii-120 pages, broché, couv. impr. Tiré à 100 ex. sur Hollande (Ex. non numér.)

Un autre exemplaire à 491.

Voir l’édition originale, avec notre notice, à 489.

Une première réimpression avait été faite à Londres, en 1852, à 60 exemplaires, par G. Brunet et O. Delepierre.

C’est la dernière réimpression, qui a été visée par le jugement du Tribunal de la Seine du 22 mai 1863, inséré au Moniteur du 8 novembre 1865, et qui en a ordonné la destruction, pour outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs (Affaire contre Gay et consorts).


401. — Le premier acte du Synode nocturne des Tribades

Double du 490, broché, couv. impr. (Ex. n° 7).


492. — L’Antijustine, ou Les Délices de l’Amour, par M. Linguet, av. au et en Parlem. « Casta placent Superis. — Manibus puris sumite [cunnos]. » Avec LX figures. Première [Seconde] Partie. [Fleuron : une tête de faune couronnée de pampres et de feuillage]. — Au Palais — Royal, chez feue la Veuve Girouard, très-connue, 1798.

Le cunnos de l’épigraphe est entre [].

Par Restif de la Bretonne.

2 tomes in-12 remontés in-8° en 1 vol. de (204) 252 p. dont 3 ff. n. chif. (195 à 200), à la fin 35 p. non numérotées (145 à 180). Reliure ancienne, veau marbré, dentelles sur les plats, armes royales de France recto-verso, dent, intér., dos orné chiffré d’L couronnées, pièce, tranches marbrées. Au dos, on lit : L’Antijustine. Avec 3 fig. rajoutées. Deux d’entre elles (très obscènes) sont les dessins originaux ; les nos xv et xxi de la table dressée par Restif.

Les feuillets ont été remmargés soigneusement dans des feuilles de format petit in-8°. Deux feuilles, soit 36 pages (145 à 180), ajoutées à la suite de la première partie, sont des épreuves d’imprimerie qui comportent des corrections typographiques qui sont de la main même de Restif.

Les feuillets n. ch. (195 à 200) contiennent une table très détaillée de trente-huit des soixante figures que souhaitait Restif.

Ce vol. contient deux parties. La première va jusqu’à la page 204. La seconde commence à la page 207 et finit, au milieu d’une phrase, à la page 252 : l’ouvrage n’a pas été terminé. D’après l’auteur, cet ouvrage, non moins licencieux que la Justine, était destiné à empêcher les hommes d’avoir recours à la barbarie (sic) dans leurs rapports avec les femmes.

Cet exemplaire est unique, il comprend deux dessins originaux obscènes (p. 56 et 82), portant les nos 15 et 21, et une gravure décente de Binet (p. 252), qui n’a pas rapport au sujet. Cet exemplaire comprend, en outre, 38 ff. encartés avec volets vides et destinés à recevoir des gravures. Ces feuillets sont presque tous protégés par un papier de soie. Au verso du faux-titre on lit cette note manuscrite :

« Cet ouvrage extrêmement licencieux est de Restif la Bretonne, et cet exemplaire, peut-être unique, est précieux en ce qu’il contient des dessins originaux et deux feuilles en épreuves corrigées de la main même de l’auteur.

« M. de Palmézeaux, éditeur d’une Histoire des campagnes de Maria ou Episodes de la vie d’une jolie femme, ouvrage posthume de Restif de la Bretonne, 3 vol. in-12, annonce, page 36 du premier, que Restif de la Bretonne avait composé une Antijustine, mais que son intention avait été de ne la point imprimer et de la supprimer.

« L’annonce n’est donc pas exacte et l’existence de cet exemplaire en est la preuve. L’ouvrage, à la vérité, n’est pas complet ; mais il paraît à peu près certain, d’après les recherches qui ont été faites à ce sujet, qu’il n’y a eu d’imprimé de l’Anti-Justine que ce que contient ce volume-ci, et qu’il n’y a pas eu non plus d’autres dessins de faits que ce qu’il renferme.

« On sait que Restif de la Bretonne a imprimé lui-même plusieurs de ses ouvrages, et vraisemblablement celui-ci est du nombre. »

Restif attribue l’ouvrage à Jean-Pierre Linguet, et Monselet remarque que celui-ci s’appelait Simon-Nicolas-Henri.

Le premier dessin, à l’encre de Chine, représente un homme débraillé, au phalle gigantesque. Ce personnage coupe le cou à une morte nue. La scène se passe dans une chambre. Il y a des rideaux et l’on aperçoit la fenêtre.

Le deuxième, aussi à l’encre de Chine, représente une salle d’hôpital. Un homme étendu sur un lit montre un phalle gigantesque et pustuleux à un jeune homme à l’air effrayé, assis auprès du lit. Au-dessus du lit est suspendu un cadre où l’on voit, couchée, une femme nue. Au fond sont couchés trois malades ou trois cadavres.

Ces deux images sont intercalées dans la Première partie.

À la fin de la seconde partie on a intercalé une gravure de Binet.

Au fond, une porte s’entr’ouvre, on aperçoit à peine un homme en robe de chambre qui passe la tête. Au premier plan, une jolie fille, en robe à panier, avec un tablier, coiffé d’un bonnet, chaussée de souliers à haut talon, la gorge provoquante et décolletée, la taille très fine, semble repousser en riant les propositions d’une dame d’âge mûr, robe à falbalas, double menton, yeux égrillards, qui tente de la persuader.

Cet exemplaire se trouvait, vers 1860, dans la Bibliothèque du comte de La Bedoyère. Outre les exemplaires complets ou incomplets qui figurent à l’Enfer de la Bibliothèque Nationale (voir 196, 493, 494, 495, 496), on n’a signalé qu’un autre exemplaire de l’Anti-Justine, en demi-reliure, mais non rogné, qui, après avoir appartenu à M. Armand Cigongnes, fut compris dans la vente de ses livres au duc d’Aumale, et fut cédé à un riche Anglais demeurant à Paris (sans doute, M. Henkey), qui l’acquit pour 2.000 francs. Cet exemplaire est aujourd’hui aux États-Unis.

M. B. de Villeneuve dit — « Il faut constater… que ces trois exemplaires incomplets, qui sont conservés dans l’Enfer de la Bibliothèque nationale, proviennent de la saisie opérée en 1803, chez les libraires du Palais-Royal et dans les maisons de prostitution, par ordre exprès du Premier Consul, qui décida que deux exemplaires de chaque ouvrage libre resteraient déposés, et sous clef, à la Bibliothèque… et que tous les autres seraient détruits et mis au pilori. Ce sont les trois ex. : nos 494, 495, 496). »

Il y a de l’Anti-Justine (1863, 2 vol. in-16) une réimpression tronquée en 2 vol. in-12, ornée de mauvaises lithographies, où l’on a falsifié et même supprimé les passages impies du livre. On a aussi donné en 1864, une réimpression sans suppressions, et parmi d’autres réimpressions récentes il y en a une, conforme à l’édition de 1798 (Imprimerie Edwards Keene and C° London), pleine de fautes d’impression (pet. in-8° de 395 pages, couv. imprimée).

Celui qui a lu Monsieur Nicolas n’a point de peine à retrouver dans l’Anti-Justine un supplément à cet ouvrage, supplément délirant et d’une obscénité inouïe. C’est un livre unique, le plus fou, le plus étonnant et le plus écœurant qui soit. Rien de plus triste que cette production où les beautés ne manquent point, mais qui témoigne d’un cerveau déréglé, d’une imagination insensée. La réimpression moderne orthographie Guac le nom d’un personnage de l’Anti-Justine, travestissant et rendant méconnaissable un des anagrammes les plus faciles à deviner dans ce livre. L’exemplaire de 1789 porte Guaé, ce qui est évidemment l’anagramme d’Augé, le misérable gendre de Restif qui essaya de perdre son beau-père.


493. — L’Antijustine

Double du 492, mais in-12 broché.

Exemplaire non rogné, format primitif, manquent la feuille E et la fin, c’est-à-dire que la 2e partie s’arrête à la page 252. Sans figures ainsi que les suivants.


494. — L’Antijustine

Double des 492 et 493, in-12 broché.

Non rogné. Incomplet. Manquent les pages 97 à 108 inclus, 145 à 180 inclus et la fin (252).


495. — L’Antijustine

Double des 492, 493, 494, in-12 broché.

Non rogné. Incomplet. Manquent les pages 73 à 132 et la fin (252 pages).


496. — L’Anti-Justine, ou Les Délices de l’Amour, par Rétif de la Bretonne. Nouvelle édition sans suppressions, conforme à celle originale de 1798. « Casta placent superis : manibus puris sumite cunnos. » — 1798-1864.

1 volume in-12 s. l. n. d. (Poulet-Malassis), de viii-260 pages, broché, sans couv. impr. Papier de Hollande. Avec 5 figures libres sur Chine monté. Une 6e gravure manque.

Voir 196, 492 (avec notre notice), 493, 494, 495.


497. — Œuvres Badines de Robbé de Beauveset. Tome Premier [Second]. A Londres, 1801.

2 tomes en 1 volume in-18 de 200 et 190 pages, plus 2 ff. de table n. chif. au second tome ; reliure basane jaspée, dos orné pièces, tranche jaune.

Le Débauché Converti et les pièces les plus libres de Robbé ne sont pas dans ce recueil.


498. — Les Quarts-d’Heures d’un joyeux solitaire, ou Contes de M***.

Castum esse decet… Poëtam
Ipsum, versiculos nihil necesse est.
Ipsum, versiculos nihil necesCatull.


A la Haye, M. DCC. LXVI.

1 volume petit in-8 de 52 pages plus 1 f. n. ch. de table. Relié avec le 499. Demi-reliure empire veau vert, plats marbrés, tranches jaspées.

Voici ce que dit, à propos de ce Recueil, M. Ad. Van Bever (Contes et Conteurs gaillards du XVIIIe, siècle, Paris, Daragon, 1906) :

« Attribué successivement à l’abbé de la Marre, poète famélique auquel on doit l’Ennui d’un quart d’heure (Paris, Rollin, 1736, in-8°), et, sur l’opinion de Viollet le Duc, à Félix Nogaret, ce recueil qui s’ouvre sur une pièce de L. Sabatier de Castres : Conte qui n’en est pas un[3], n’en demeure pas moins anonyme. C’est une débauche… qui semble refuser toute paternité poétique… Cet ouvrage fut réimprimé de nos jours à Bruxelles, pour Henry Kistemaeckers (1882, in-8°). Il contient une quinzaine de contes dont le ton libertin nargue et désarme toute pudeur. »


499. — Mes Souvenirs, ou Recueil de Poésies Fugitives de Hoffmann. « Beatus ille qui procul negotiis. Horace. » — A Paris, chez Huet, libraire, rue Vivienne, n° 8 ; Charron, libraire, passage Feydeau. An 10.

1 volume petit in-8 de 140 p.

Relié avec le 498, et ne se trouvant à l’Enfer que pour cette raison.

  1. Bibliographie anecdotique et raisonnée de tous les ouvrages d’Andréa de Nerciat, par M. de C***, bibliophile anglais, édition ornée du portrait inédit de Nerciat gravé d’après l’original appartenant à M. B. de Paris. — Londres, Job Alex. Hooggs, éditeurs-libraires, Burlington Arcade et se trouv. à Paris, à Bruxelles et à Stuttgart, 1876.
  2. Ce fut pendant peu de temps la raison sociale de ce qui avait été la librairie Lehec et le redevint bientôt.
  3. C’est l’attribution de cette pièce, réimprimée sous la signature de Sabatier de Castres dans les Etrennes du Parnasse (Paris, Fetil, 1782), et ensuite anonymement dans les Contes Théologiques, qui a permis sans doute à certains bibliographes d’affirmer que L. Sabatier de Castres est l’« auteur des Quarts d’heures d’un joyeux solitaire ».