L’Encyclopédie/1re édition/PESANTEUR

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PESANTEUR, s. f. (Phys.) est cette propriété en vertu de laquelle tous les corps que nous connoissons tombent & s’approchent du centre de la terre, lorsqu’ils ne sont pas soutenus. Il est certain que cette propriété a une cause, & on auroit tort de croire qu’un corps qui tombe, ne tombe point par une autre raison que parce qu’il n’est pas soutenu. Car, qu’on mette un corps pesant sur une table horisontale, rien n’empêche ce corps de se mouvoir sur la table horisontalement & en tout sens. Cependant il reste en repos : or il est évident qu’un corps, considéré en lui-même, n’a pas plus de penchant à se mouvoir dans un sens que dans un autre, & cela parce qu’il est indifférent au mouvement ou au repos. Donc, puisqu’un corps se meut toujours de haut en bas quand rien ne l’en empêche, & qu’il ne se meut jamais dans un autre sens à-moins qu’il n’y soit forcé par une cause visible, il s’ensuit qu’il y a nécessairement une cause qui détermine pour ainsi dire les corps pesans à tomber vers le centre de la terre. Mais il n’est pas facile de connoître cette cause. On peut voir aux articles Gravité & Gravitation, ce que les différentes sectes de philosophes ont pensé là-dessus. Nous rapporterons seulement ici les lois de la pesanteur, telles que l’expérience les a fait découvrir.

Cette même force qui fait tomber les corps lorsqu’ils ne sont point soutenus, leur fait presser les obstacles qui les retiennent & qui les empêchent de tomber : ainsi une pierre pese sur la main qui la soutient, & tombe, selon une ligne perpendiculaire à l’horison, si cette main vient à l’abandonner.

Quand les corps sont retenus par un obstacle invincible, la gravité, qui leur fait presser cet obstacle, produit alors une force morte, car elle ne produit aucun effet. Mais, quand rien ne retient le corps, alors la gravité produit une force vive dans ces corps, puisqu’elle les fait tomber vers la surface de la terre. Voyez Force vive.

On s’est apperçu dans tous les tems, que de certains corps tomboient vers la terre, lorsque rien ne les soutenoit, & qu’ils pressoient la main qui les empêchoit de tomber ; mais comme il y en a quelques-uns dont le poids paroît insensible, & qui remontent soit sur la surface de l’eau, soit sur celle de l’air, comme la plume, le bois très-léger, la flamme, les exhalaisons, &c. tandis que d’autres vont au fond, comme les pierres, la terre, les métaux, &c. Aristote, le pere de la Philosophie & de l’erreur, imagina deux appétits dans les corps. Les corps pesans avoient, selon lui, un appétit pour arriver au centre de la terre, qu’il croyoit être celui de l’univers ; & les corps légers avoient un appétit tout contraire qui les éloignoit de ce centre, & qui les portoit en-haut. Mais on reconnut bien-tôt combien ces appétits des corps étoient chimériques.

Galilée qui nous a donné les véritables lois de la pesanteur, combattit d’abord l’erreur d’Aristote, qui croyoit que les différens corps tomboient dans le même milieu avec des vîtesses proportionnelles à leur masse. Galilée osa assurer, contre l’autorité d’Aristote (unique preuve que l’on connût alors), que la résistance des milieux dans lesquels les corps tombent, étoit la seule cause des différences qui se trouvent dans le tems de leur chûte vers la terre, & que dans un milieu qui ne résisteroit point-du-tout, tous les corps de quelque nature qu’ils fussent tomberoient également vîte. Les différences que Galilée trouva dans le tems de la chûte de plusieurs mobiles, qu’il fit tomber dans l’air de la hauteur de cent coudées, le porterent à cette assertion, parce qu’il trouva que ces différences étoient trop peu considérables pour être attribuées au différent poids des corps. Ayant de plus fait tomber les mêmes mobiles dans l’eau & dans l’air, il trouva que les différences de leurs chûtes respectives dans les différens milieux, répondoient à-peu-près à la densité de ces milieux, & non à la masse des corps : donc, conclut Galilée, la résistance des milieux, & la grandeur, & l’aspérité de la surface des différens corps, sont les seules causes qui rendent la chûte des uns plus prompte que celle des autres. Lucrece lui-même, tout mauvais physicien qu’il étoit d’ailleurs, avoit entrevû cette vérité, & l’a exprimée dans son deuxieme livre par ces deux vers :

Omnia quapropter debent per inane quietum
Æque ponderibus non æquis concita ferri.

Une vérité découverte en amene presque toujours une autre. Galilée ayant encore remarqué que les vitesses des mêmes mobiles étoient plus grandes dans le même milieu, quand ils y tomboient d’une hauteur plus grande, il en conclut que, puisque le poids du corps & la densité du milieu restant les mêmes la différente hauteur apportoit des changemens dans les vîtesses acquises en tombant, il falloit que les corps eussent naturellement un mouvement accéléré vers le centre de la terre. Ce fut cette observation qui le porta à rechercher les lois que suivroit un corps, qui tomberoit vers la terre d’un mouvement également accéléré. Il supposa donc que la cause quelle qu’elle soit, qui fait la pesanteur, agit également à chaque instant indivisible, & qu’elle imprime aux corps qu’elle fait tomber vers la terre, un mouvement également accéléré en tems égaux, ensorte que les vîtesses qu’ils acquierent en tombant, sont comme les tems de leur chûte. C’est de cette seule supposition si simple que ce philosophe a tiré toute sa théorie de la chûte des corps. Voyez Accélération & Descente.

Riccioli & Grimaldi chercherent à s’assurer d’une vérité que Galilée avoit avancée d’après ses propres expériences : c’est que les corps en tombant vers la terre par leur seule pesanteur, parcourent des espaces qui sont entr’eux comme les quarrés des tems. Pour cet effet, ils firent tomber des poids du haut de plusieurs tours différemment élevées, & ils mesurerent le tems de la chûte de ces corps à ces différentes hauteurs par les vibrations d’un pendule, de la justesse duquel Grimaldi s’étoit assuré en comptant le nombre de ses vibrations, depuis un passage de l’étoile de la queue du lion par le méridien jusqu’à l’autre. Ces deux savans jésuites trouverent par le résultat de leurs expériences, que ces différentes hauteurs étoient exactement comme les quarrés des tems des chûtes. Cette découverte de Galilée est devenue par les expériences le fait de Physique dont on est le plus assuré ; & tous les Philosophes, malgré la diversité de leurs opinions sur presque tout le reste, conviennent aujourd’hui que les corps en tombant vers la terre, parcourent des espaces qui sont comme les quarrés des tems de leur chûte, ou comme les quarrés des vîtesses acquises en tombant. Le pere Sébastien, ce géometre des sens, avoit imaginé une machine composée de quatre paraboles égales, qui se coupoient à leur sommet ; & au moyen de cette machine dont on trouve la description & la figure dans les mémoires de l’académie des Sciences, 1699, il démontroit aux yeux du corps, du témoignage desquels les yeux de l’esprit ont presque toujours besoin, que la chûte des corps vers la terre s’opere selon la progression découverte par Galilée.

Il est donc certain aujourd’hui 1°. que la force qui fait tomber les corps est toujours uniforme, & qu’elle agit également sur eux à chaque instant. 2°. Que les corps tombent vers la terre d’un mouvement uniformément accéléré. 3°. Que leurs vîtesses sont comme les tems de leur mouvement. 4°. Que les espaces qu’ils parcourent sont comme les quarrés des tems, ou comme les quarrés des vîtesses ; & que par conséquent les vîtesses & les tems sont en raison sous-doublée des espaces. 5°. Que l’espace que le corps parcourt en tombant pendant un tems quelconque, est la moitié de celui qu’il parcourroit pendant le même tems d’un mouvement uniforme avec la vîtesse acquise ; & que par conséquent cet espace est égal à celui que le corps parcourroit d’un mouvement uniforme avec la moitié de cette vîtesse. 6°. Que la force qui fait tomber ces corps vers la terre, est la seule cause de leur poids, car puisqu’elle agit à chaque instant, elle doit agir sur les corps, soit qu’ils soient en repos, soit qu’ils soient en mouvement ; & c’est par les efforts que ces corps font sans cesse pour obéir à cette force, qu’ils pesent sur les obstacles qui les retiennent. Cependant, comme la résistance de l’air se mêle toujours ici-bas à l’action de la gravité dans la chûte des corps, il étoit impossible de connoître avec précision, par les expériences que Galilée avoit faites dans l’air, en quelle proportion cette force qui anime tous les corps à tomber vers la terre, agit sur ces corps. Il fallut donc imaginer de nouvelles expériences.

On en fit une dans la machine du vuide, qui confirma ce que Galilée avoit plutôt deviné que prouvé. De l’or, des flocon, de laine, des plumes, du plomb, tous les corps enfin abandonnés à eux-mêmes tomberent en même tems de la même hauteur au fond d’un long récipient purgé d’air. Cette expérience paroissoit décisive ; mais cependant comme le mouvement des corps qui tomboient dans cette machine étoit très-rapide, & que les yeux ne pouvoient pas s’appercevoir des petites differences du tems de leur chûte, supposé qu’il y en eût, on pouvoit encore douter si les corps sensibles possedent la faculté de peser à raison de leur masse, ou bien si le poids des différens corps fait quelqu’autre raison que celle de leur masse. Voici comment M. Newton leva cette difficulté.

Il suspendit des boules de bois creuses & égales à des fils d’égale longueur, & mit dans ces boules des quantités égales en poids, d’or, de bois, de verre, de sel, &c. en faisant ensuite osciller librement ces pendules, il examina si le nombre de leurs oscillations seroit égal en tems égal ; car la pesanteur cause seule l’oscillation des pendules, & dans ces oscillations les plus petites différences deviennent sensibles. M. Newton trouva par cette expérience que tous les différens pendules faisoient leurs oscillations en tems égal. Or le poids de ces corps étant égal, ce fut une démonstration que la quantité de matiere propre des corps est directement proportionnelle à leur poids, (en faisant abstraction de la résistance de l’air, qui étoit la même dans toutes les expériences), & que par conséquent la pesanteur agit sur tous les corps sensibles à raison de leur masse.

De ces expériences il s’ensuit 1° que la force qui fait tomber les corps vers la terre est proportionnelle aux masses, ensorte qu’elle agit comme 100 sur un corps qui a 100 de masse, & comme 1 sur un corps qui ne contient que 1 de matiere propre. 2° Que cette force agit également sur tous les corps, quelle que soit leur contexture, leur forme, leur volume, &c. 3° Que tous les corps tomberoient également vite ici-bas vers la terre, sans la résistance que l’air leur oppose, laquelle est plus sensible sur les corps qui ont plus de volume & moins de masse ; & que par conséquent la résistance de l’air est la seule cause pour laquelle certains corps tombent plus vite que les autres, comme l’avoit assûré Galilée.

Que quelque changement qui arrive à un corps par rapport à la forme, son poids dans le vuide reste toujours le même, si la masse n’est point changée. A cette occasion, il est important de remarquer qu’il faut distinguer avec soin la pesanteur des corps de leur poids. La pesanteur, c’est-à-dire cette force qui anime les corps à descendre vers la terre, agit de même sur tous les corps quelle que soit leur masse ; mais il n’en est pas ainsi de leur poids : car le poids d’un corps est le produit de la pesanteur par la masse de ce corps. Ainsi quoique la pesanteur fasse tomber également vîte dans la machine du vuide, les corps de masse inégale, leur poids n’est cependant pas égal. Le différent poids des corps d’un volume égal dans le vuide sert à connoître la quantité relative de matiere propre & de pores qu’ils contiennent ; & c’est ce qu’on appelle la pesanteur spécifique des corps. Voyez Spécifique.

C’est donc la résistance de l’air qui retarde la chûte de tous les corps ; son effet presque insensible sur les pendules à cause de leur poids & des petites hauteurs dont ils tombent, devient très-considérable sur des mobiles qui tombent de très-haut, & il est d’autant plus sensible que les corps qui tombent ont plus de volume & moins de masse.

M. Desaguliers a fait là-dessus des expériences que leur justesse & les témoins devant qui elles ont été faites ont rendu très-fameuses. Il fit tomber de la lanterne qui est au haut de la coupole de S. Paul de Londres, qui a 272 piés de hauteur, en présence de MM. Newton, Halley, Derham, & de plusieurs autres savans du premier ordre, des mobiles de toutes especes, depuis des spheres de plomb de deux pouces de diametre jusqu’à des spheres formées avec des vessies de cochons très-desséchées & enflées d’air d’environ cinq pouces de diametre. Le plomb mit 4 secondes à parcourir les 272 piés, & les spheres faites avec des vessies 18 secondes. Il résulta du calcul fait, selon la théorie de Galilée, que l’air avoit retardé la chûte des spheres de plomb de 17 piés environ en 4 secondes. Transact. philos. n° 362. Voyez aussi les expériences de M. Mariotte dans son Traité de la percussion, page 116.

Comme l’air résiste au mouvement des corps, il en résulte que les corps qui le traversent en tombant ne doivent pas accélérer sans cesse leur mouvement : car l’air, comme tous les fluides, résistant d’autant plus qu’il est fendu avec plus de vîtesse, sa résistance doit à la fin compenser l’accélération de la gravité quand les corps tombent de haut. Les corps descendent donc dans l’air d’un mouvement uniforme après avoir acquis un certain degré de vitesse, que l’on appelle leur vîtesse complette, & cette vîtesse est d’autant plus grande à hauteur égale, que les corps ont plus de masse sous un même volume. Le tems, après lequel le mouvement accéleré d’un mobile se change en un mouvement uniforme en tombant dans l’air, est différent selon la surface & le poids du mobile, & selon la hauteur dont il tombe ; ainsi ce tems ne sauroit être déterminé en général.

On a calculé qu’une goutte d’eau qui seroit la 10.000.000.000. partie d’un pouce cube d’eau, tomberoit dans l’air parfaitement calme de 4 pouces par secondes d’un mouvement uniforme, & que par conséquent elle y feroit 235 toises par heure. On voit par cet exemple que les corps légers qui tombent du haut de notre atmosphere sur la terre, n’y tombent pas d’un mouvement accéleré, comme ils tomberoient dans le vuide par la force de la pesanteur, mais que l’accélération qu’elle leur imprime est bientôt compensée par la résistance de l’air ; sans cela la plus petite pluie feroit de grands ravages, & loin de fertiliser la terre, elle détruiroit les fleurs & les fruits.

Les corps abandonnés à eux-mêmes tombent vers la terre, suivant une ligne perpendiculaire à l’horison ; il est constant, par l’expérience, que la ligne de direction des graves est perpendiculaire à la surface de l’eau. Or la terre étant démontrée à-peu-prés sphérique par toutes les observations géographiques & astronomiques, le point de l’horison vers lequel les graves sont dirigés dans leur chûte, peut toujours être considéré comme l’extrémité d’un des rayons de cette sphere. Ainsi si la ligne, selon laquelle les corps tombent vers la terre, étoit prolongée, elle passeroit par son centre, supposé que la terre fût parfaitement sphérique. Mais si l’on s’en rapporte aux opérations faites par l’académie au pole & à l’équateur, la terre est un sphéroïde applati vers les poles, & alors la ligne de direction des graves n’étant point précisément au centre de la terre, leur lieu de tendance, occupe un certain espace autour de ce centre. Voyez Terre & Antipode. Voyez aussi Gravité. Cet article est de M. Formey, qui l’a tiré en partie des Inst. de Phys. de Mad. du Châtelet.

Les Physiciens ont recherché la pesanteur spécifique des principaux corps connus. Voyez dans cet Ouvrage le mot Balance hydrostatique.

Mais pour satisfaire encore davantage la curiosité, nous allons donner ici une table beaucoup plus complette sur ce sujet, & dans laquelle nous substituerons à l’ordre alphabétique l’ordre gradué des pesanteurs spécifiques de différentes matieres solides & fluides.

Or fin ou de coupelle, 19640.
Or d’une guinée, 18888.
Or d’un ducat, 18261.
Or d’un louis, 18166.
Mercure, 14000.
Mercure doux, 13382.
Plomb, 11325.
Argent fin de coupelle, 11091.
Argent monnoyé, 10535.
Mercure doux sublimé trois fois, 9804.
Bismuth, 6700.
Cuivre rouge du Japon, 9000.
Cuivre de Suede, 8784.
Turbith minéral, 8235.
Cinnabre artificiel, 8200.
Mercure doux sublimé quatre fois, 8170.
Cuivre jaune ou de laiton, 8000.
Acier trempé, 7850.
Fer, 7645.
Régule martial, 7500.
Etaim, 7471.
Autre étaim, 7320.
Cinnabre naturel, 7300.
Cinnabre d’Almaden, 6188.
Zinc, 7107.
Sublimé corrosif, 6325.
Litharge d’or, 6000.
Litharge d’argent, 6044.
Cinnabre d’antimoine, 6044.
Verre d’antimoine, 5280.
Aimant de Hongrie, 5106.
Autre aimant de Hongrie, 5004.
Aimant de Cerpho, 5245.
Pierre calaminaire, 5000.
Pierre bleue de Namur, 5000.
Antimoine de Hongrie, 4700.
Antimoine d’Allemagne, 4000.
Antimoine d’Auvergne, 4858.
Tutie, 4615.
Crocus metallorum, 4500.
Pierre de Bologne, 4196.
Grenats de Bohème, 4360.
Pierre hématite, 4360.
Fausse topase, 4270.
Mine d’antimoine de Poitou, 4215.
Mine de fer des Pyrénées, 4171.
Grenats de Suede, 3978.
Mine de grenats marcassites, 3100.
Arsenic blanc, 3695.
Orpiment, 3521.
Saphir d’Orient, 3562.
Pyrite vitriolique, 3512.
Ardoise bleue, 3500.
Malachite, 3490.
Diamant, 3400.
Pierre à aiguiser de Lorraine, 3288.
Céruse, 3156.
Verre blanc ou crystal, 3150.
Calamine d’Issy, 3108.
Turquoise, 3088.
Emeril de l’ile de Naxos, 3068.
Emeril de Normandie, 3038.
Lapis lazuli, azur, 3054.
Peridot, 3052.
Talc de la Jamaïque, 3000.
Topase, 2712.
Amianthe, 2913.
Souffre rouge de Quito, 2908.
Pierre divine ou néphrétique, 2894.
Opale, 2882.
Crapaudine, 2826.
Pierre hématite de Minorque, 2806.
Talc de Venise, 2780.
Emeraude, 2777.
Sucre de Saturne, 2745.
Bol d’Arménie, 2727.
Nitre fixe, 2723.
Crystal d’Islande, 2720.
Marbre, 2718.
Marbre blanc d’Italie, 2707.
Marbre noir d’Italie, 2704.
Pierre bélemnite, 2675.
Verre de bouteille, 2666.
Jade, 2683.
Corail rouge, 2689.
Corail blanc, 2500.
Crystal de roche, 2650.
Pierre à fusil, 2641.
Hyacinthe, 2631.
Agathe-onix, 2627.
Verre verd commun, 2620.
Jaspe, 2610.
Caillou d’Egypte, 2578.
Agathe d’Angleterre, 2512.
Pierre judaïque, 2500.
Pierre ou caillou ordinaire, 2500.
Marne de Marly, 2428.
Sélénite, 2322.
Tartre vitriolé, 2298.
Tartre émétique, 2246.
Sel admirable de Glauber, 2246.
Ostéocolle, 2240.
Os sec de mouton, 2222.
Amétysthe, 2211.
Sardoine, 2180.
Pierre noire d’Irlande, 2165.
Sel de gayac, 2148.
Sel polychreste, 2148.
Sel de prunelle, 2148.
Sel Gemme, 2143.
Iris, 2130.
Terre savonneuse, 2094.
Ecailles d’huitres, 2092.
Terre à pipe de Rouen, 2088.
Soufre de la Guadeloupe, 2077.
Soufre de l’Archipel, 2018.
Terre de Lemnos, 2000.
Brique, 2000.
Soufre vif, 2000.
Nitre, 1900.
Creme de tartre, 1900.
Vitriol blanc, 1900.
Vitriol d’Angleterre, 1880.
Corne de cerf, 1875.
Corne de bœuf, 1840.
Albatre, 1872.
Tartre, 1846.
Yvoire, 1825.
Soufre minéral, 1800.
Alun, 1715.
Borax, 1714.
Verd-de-gris, 1714.
Huile de Vitriol, 1700.
Calcul humain, 1700.
Autre calcul, 1664.
Os de bœuf, 1656.
Esprit de nitre rectifié, 1610.
Huile de tartre, 1550.
Bezoard oriental, 1530.
Bezoard occidental, 1500.
Sel de corne de cerf, 1496.
Sel ammoniac, 1453.
Ens de mars sublimé une fois, 1453.
… sublimé trois fois, 1269.
Miel, 1450.
Esprit de nitre bezoardique, 1414.
Comme arabique, 1375.
Opium, 1363.
Eau forte double, 1341.
Noix de cocos, 1340.
Esprit de nitre de M. Geoffroy, 1338.
Bois de Gayac, 1337.
Comme adragante, 1333.
Esprit de nitre commun, 1315.
Eau forte, 1300.
Myrrhe, 1250.
Charbon de terre, 1240.
Agathe noire, 1238.
Eau régale, 1234.
Resine de Gayac, 1204.
Esprit de vitriol, 1203.
Scammonée, 1200.
Bois néphrétique, 1200.
Bois d’aloés, 1177.
Ebene, 1177.
Poix, 1150.
Esprit de soie, 1145.
Esprit de sel, 1150.
Le même par l’huile de vitriol, 1145.
Sédiment du sang humain, 1126.
Esprit d’urine, 1120.
Colle de poisson, 1111.
Huile de sassafras, 1194.
Décoction de gentiane, 1085.
Décoction de bistorte, 1073.
Esprit de tartre, 1073.
Racine d’esquine, 1071.
Encens, 1071.
Lessive de potasse, 1060.
Santal blanc, 1041.
Ambre, 1040.
Sang humain, 1040.
Décoction d’arum, 1036.
Huile de cannelle, 1035.
Huile de gérofle, 1034.
Vin de Canarie, 1133.
Sérosité du sang humain, 1030.
Bois de Brésil, 1030.
Buis, 1030.
Esprit d’ambre, 1030.
Eau de mer, 1030.
Urine, 1030.
Vinaire distillé, 1030.
Vinaigre ordinaire, 1017.
Lait de vache, 1030.
Lait de chevre, 1030.
Laudanum liquide de Sydenham, 1024.
Décoction de quinquina, 1024.
Biere, 1019.
Bois verd, 1004.
Eau de riviere, 1009.
Eau de pluie, 1000.
Eau de puits, 0999.
Eau distillée, 0993.
Eau bouillante, 0963.
Camphre, 0996.
Vin d’Orléans, 0996.
Vin de Pontac, 0993.
Vin de Bourgogne, 0992.
Cire jaune, 0995.
Huile d’aneth, 0994.
huile hyssope, 0986.
huile sabine, 0983.
huile succin, 0978.
huile cumin, 0975.
huile menthe, 0975.
huile rue, 0975.
Huile de muscade, 0948.
huile tanaisie, 0946.
huile origan, 0940.
huile carvi, 0940.
huile spicnard, 0936.
huile romarin, 0934.
huile lin, 0932.
huile olive, 0913.
huile genievre ou cade, 0911.
huile bois de campesche, 0931.
huile cœur de chêne, 0929.
Elixir de pp. avec le sel volatil, 0939.
Huile de lin, 0936.
huile noix, 0934.
huile navette, 0919.
Teinture de quinquina, 0960.
Teinture de gomme ammoniaque, 0899.
Esprit de miel, 0895.
Beaume de tolu, 0890.
Huile d’orange, 0888.
huile térébenthine, 0871.
Branche de chêne, 0870.
Teinture d’antimoine, 0866.
Huile de navette, 0853.
Teinture d’acier de Mynsicht, 0853.
Bois de hêtre, 0854.
Lentisque, 0849.
Huile de cire, 0831.
Santal citrin, 0809.
Esprit de vin rectifie, 0806.
Esprit-de-vin éthéré, 0732.
Racine de gentiane, 0800.
Frêne sec, 0860.
Quinquina, 0784.
Bois de Sainte-Lucie, 0773.
If, 0760.
Erable sec, 0755.
Prunier sec, 0663.
Cedre, 0613.
Orme, 0600.
Cyprès, 0591.
Génévrier, 0556.
Sapin, 0550.
Laurier, 0549.
Sassafras, 0482.
Pin, 0430.
Liege, 0240.
Air, 0001.

On a mis les gravités spécifiques des bois secs, & non pas des bois verds ; car le docteur Jurin a observé que la substance des bois est spécifiquement plus pesante que l’eau, puisqu’ils vont au fond après qu’on a fait sortir l’eau de leurs pores ou de leurs vaisseaux aériens, en les plaçant dans l’eau chaude sous un récipient ; ou si on n’a pas de machine pneumatique, en les laissant pendant quelque tems dans l’eau bouillante. Il a aussi trouvé quelques calculs humains aussi pesans que la brique, & même que la plus tendre espece de grès. Voyez Transact. Philosoph. . 369.

Les gravités spécifiques du sang humain, de ses résidences fibreuses, & celle du serum, ont été déterminées par le même auteur. Trans. Phil. n°. 361.

Les pesanteurs spécifiques des liqueurs ont toutes été déterminées lorsqu’elles avoient le même degré de chaleur, savoir quatre degrés au-dessus du thermometre de M. de Réaumur.

Il est bon d’observer que les gravités spécifiques des corps solides & des corps fluides, sont différentes en été & en hiver ; cependant afin qu’on soit plus à portée de juger par comparaison, si les espaces de la dilatation causée par un même degré de feu, sont entr’eux comme les dilatations des corps dilatés, ou en raison réciproque de leurs densités ; je crois qu’il ne seroit point hors de propos de mettre ici la table que le docteur Musschenbrock nous a donnée des pesanteurs spécifiques des différentes liqueurs en été & en hiver.

En été.
En hiver.
onc. gros, grains. No image.svg onc. gros, grains.
Le mercure, 7. 1. 66. 0. 7. 14.
L’huile de vitriol, 0. 7. 59. 0. 7. 71.
L’esprit de vitriol, 0. 5. 33. 0. 5. 38.
L’esprit de nitre, 0. 6. 24. 0. 6. 44.
L’esprit de sel, 0. 5. 49. 0. 5. 55.
L’eau forte, 0. 6. 23. 0. 6. 35.
Le vinaigre, 0. 5. 25. 0. 5. 21.
Le vinaigre distillé, 0. 5. 11. 0. 5. 15.
L’esprit de vin, 0. 4. 32. 0. 4. 42.
Le lait, 0. 5. 20. 0. 5. 25.
L’eau de riviere, 0. 5. 10. 0. 5. 13.
L’eau de puits, 0. 5. 11. 0. 5. 14.
L’eau distillée, 0. 5. 8. 0. 5. 11.

Voyez là-dessus le fameux Boyle, dans son traité intitulé Medicina hydrostatica ; Musschenbroeck ; les élémens de Physique de M. Cotes, & la chimie de Boerhaave. (Le Chevalier de Jaucourt.)

Pesanteur, Poids, Gravité, (Synon.) la pesanteur est dans le corps une qualité qu’on sent & qu’on distingue par elle-même. Le poids est la mesure ou le degré de cette qualité, on ne le connoît que par comparaison. La gravité désigne une certaine mesure générale & indéfinie de pesanteur. Ce mot se prend en Physique pour la force que le vulgaire appelle pesanteur, & en vertu de laquelle les corps tendent vers la terre. Dans le système newtonien, gravité se dit quelquefois de la force par laquelle un corps quelconque tend vers un autre.

On se sert fréquemment du mot de gravité au figuré, lorsqu’il s’agit de mœurs & de manieres, & ce mot se prend en bonne part. Le poids se prend aussi au figuré en bonne part ; il s’applique à cette sorte de mérite qui naît de l’habileté jointe à un extérieur réservé, & qui procure à celui qui le possede du crédit & de l’autorité sur l’esprit des autres ; mais le mot pesanteur au figuré se prend en mauvaise part ; elle est alors une qualité opposée à celle qui provient de la pénétration & de la vivacité de l’esprit.

Rien n’est si propre à délivrer l’esprit de sa pesanteur naturelle que le commerce des femmes & de la cour ; la réputation donne plus de poids chez le commun du peuple que le vrai mérite : l’étude du cabinet rend savant, & la réflexion rend sage ; mais l’une & l’autre émoussent quelquefois la vivacité de l’esprit, & le font paroître pesant dans la conversation, quoiqu’il pense finement. (D. J.)

Pesanteur, (Médecine.) c’est un état de nonchalance qui vient d’une transpiration diminuée, ou qui se fait avec peine, ou bien de ce que l’on prend du froid, ainsi que l’on s’exprime communément. C’est pourquoi, comme cet état est fort souvent accompagné d’un écoulement du nez, des yeux, on prend indifféremment les mots gravedo & coryza l’un pour l’autre. Voyez Corysa, Enchifrenement & Rhume.