Poésies de Schiller/Le Métaphysicien

Traduction par Xavier Marmier.
Poésies de SchillerCharpentier (p. 161).



LE MÉTAPHYSICIEN.


Que le monde est loin de moi, et que les hommes sont petits, vus de cette hauteur ! à peine si je les distingue. Mon art, le plus admirable de tous, m’élève jusqu’à la voûte du ciel. Ainsi parle du haut de sa tour le couvreur de toits ; ainsi parle dans sa cabinet le superbe métaphysicien. Mon noble petit-maître, dites-moi, cette tour du haut de laquelle vous jetez des regards si dédaigneux, comment a-t-elle été construite ? sur quoi repose-t-elle ? comment êtes-vous arrivé à son sommet, et à quoi sert-elle, si ce n’est à vous ouvrir l’aspect de la vallée ?