Poésies de Schiller/Amélie

Traduction par Xavier Marmier.
Poésies de SchillerCharpentier (p. 230).



AMÉLIE.


Il était le plus beau des jeunes gens, beau comme un esprit enchanteur du Walhala. Son regard céleste avait la douceur du soleil de mai, et l’azur du miroir des mers.

Ses baisers… ô sensation divine ! comme deux rayons de flamme se réunissent, comme les sons d’une harpe s’accordent dans une merveilleuse harmonie ;

De même, dans ses baisers, l’esprit courait au-devant de l’esprit et se confondait avec lui ; les lèvres, les joues palpitaient, brûlaient, l’âme se mariait à l’âme ; la terre et le ciel disparaissaient autour des deux amants.

Il n’est plus ! en vain, en vain un soupir inquiet le rappelle. Il n’est plus ! et toutes les joies de la vie se perdent dans une plainte inutile.