L’Encyclopédie/1re édition/COQUILLE

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COQUILLE, s. f. (Ord. encyclop. Entend. Mémoire. Histoire. Hist. nat. Ichtiolog.) partie dure qui recouvre les animaux testacées. Cette partie a été comparée à un test à cause de sa dureté, & en porte le nom, testa ; nous l’exprimons par celui de coquille : ainsi la coquille est, par rapport au coquillage, ce qu’est le test relativement à l’animal testacée. Cependant on étend quelquefois la signification du mot coquille, qui n’est qu’une partie du coquillage, au coquillage entier. Voyez Coquillage. Mais c’est improprement, car les Naturalistes ne confondent jamais la coquille avec l’animal qui y est renfermé.

Quoique la coquille ne soit qu’une matiere brute en comparaison de l’animal qu’elle contient, cependant elle a toûjours été plus recherchée & considerée avec plus d’attention que l’animal même, Il est vrai que les animaux de ce genre se refusent pour la plûpart à nos observations, soit par la mollesse & les mouvemens des parties de leur corps, soit par la difficulté de se procurer ceux des pays éloignés ; tandis que l’on peut transporter les coquilles d’un bout du monde à l’autre, sans y causer aucune altération, & que l’on peut les observer à son gré dans tous les tems & dans tous les pays où il s’en trouve des collections. Les coquilles ont de plus un mérite réel, qui n’éclate pas moins par la variété & par l’élégance de leurs formes, que par la beauté & la vivacité de leurs couleurs. On est frappé d’admiration à l’aspect d’une nombreuse collection de différentes especes de coquilles ; on s’étonne que de si belles productions ayent été formées par de vils animaux. Mais le naturaliste, sans se laisser ébloüir par le brillant de ces belles enveloppes, desire de connoître l’organisation de tous les animaux qui s’en revêtissent ; il ne verroit les coquilles qu’avec une sorte de dédain, si elles ne lui fournissoient pas elles-mêmes un sujet de méditation, qui est, pour ainsi dire, indépendant des animaux auxquels elles ont appartenu.

Les coquilles sont une des matieres les plus abondantes que nous appercevions sur la surface de la terre & dans son sein, jusqu’aux plus grandes profondeurs où il à été ouvert. De toutes les parties des animaux qui peuplent la terre, l’air & les eaux, si on en excepte l’émail des dents, les coquilles sont celles qui se conservent le plus long-tems après la mort de l’animal ; lorsqu’elles en sont séparées, elles acquierent souvent un nouveau degré de solidité, en s’alliant avec la pierre ou le caillou, de sorte que leur dureté doit égaler celle des rochers dont elles font partie, & dont les blocs semblent être à l’abri de l’injure des tems. Cependant les montagnes s’abaissent peu-à-peu, & disparoissent dans la suite des siecles ; le roc le plus dur est altéré peu-à-peu, & dispersé au gré des vents. Mais quoique ces masses de pierre paroissent anéanties, les fragmens des coquilles se retrouvent dans leurs débris, & sont encore reconnoissables dans les substances dont ils font partie.

La plûpart des coquilles qui ont existé depuis le commencement du monde, existent encore aujourd’hui à peu-près sous la même forme. Non-seulement cette matiere a la propriété de se maintenir sous la même apparence, sans que les générations des hommes puissent la voir changer de nature, mais elle se multiplie chaque jour, & la quantité des coquilles augmente excessivement, par le nombre prodigieux des individus que produisent la plûpart des especes de coquillages, & par leur accroissement, qui se fait en peu de tems : aussi toutes les mers en sont peuplées ; elles s’y amoncelent par tas énormes, les côtes en sont jonchées. On trouve des coquilles dans tous les pays du monde ; on les voit dispersées dans les plaines, sur la surface de la terre, ou réunies dans plusieurs endroits en assez grande quantité pour former des terreins très-étendus & fort profonds. Ailleurs elles sont mêlées dans les graviers, les craies, les marnes, les argiles, &c. à toutes les profondeurs où ces différentes matieres ont été creusées. On rencontre aussi des coquilles qui roulent en grand nombre sur la pente des collines ; il y en a encore sur le sommet des montagnes & dans le sein des carrieres, elles y forment des lits entiers ; elles sont incorporées avec la pierre & le marbre ; elles font partie de la marne & de la craie, & il y a lieu de croire que la marne & la craie, la pierre & le marbre ne sont composés que de fragmens & de détrimens de coquilles. Voyez l’Hist. nat. tome I. p. 271 & suiv. où M. de Buffon donne à ce sujet une théorie fondée sur des faits incontestables.

La matiere des coquilles est fort analogue à la pierre, elles se pétrifient fort aisément ; elles changent de nature sans changer de forme, selon l’occurrence des matieres qui les environnent. Les Naturalistes distinguent ces différens états, en désignant par le nom de coquilles fossiles, celles qui sont conservées dans la terre presque sans aucune altération ; & ils appellent coquilles pétrifiées, celles qui participent à la nature de la pierre.

Après avoir considéré les coquilles relativement à leur nature, nous devons faire mention des différences que l’on a observées entre leurs principales especes. Les anciens n’ont pas traité cette matiere dans un grand détail. Aristote divise seulement les coquilles en univalves, bivalves & turbinées : les univalves sont d’une seule piece : les bivalves sont composées de deux pieces ; & les turbinées ne different des univalves, que parce qu’elles ont une figure conique ou ressemblante à celle d’une poire, que leur cavité est contournée en spirale. Ensuite il rapporte quelques différences tirées de la forme, de l’épaisseur des coquilles, &c. Hist. anim. lib. IV. cap. jv.

Les modernes n’ont commencé que sur la fin du dix-septieme siecle à faire des divisions méthodiques des coquilles. Gesner, Aldrovande, Jonston, Rondelet, & plusieurs autres auteurs qui ont traité des coquillages & des coquilles, n’en ont fait aucune distribution suivie & détaillée. J. Daniel Major a été le premier qui ait divisé les coquilles en classes, genres & especes, & qui ait établi sa méthode sur des caracteres tirés des différentes especes de coquilles. Annot. in lib. de purpurâ, fab. Col. Kiliæ 1675. Dans cette méthode l’auteur met sous le nom de testacées improprement dits & vivans, testacea impropriè dicta viventia, les écailles de tortues, les nids d’Alcion, les tubes vermiculaires ; & sous le nom de testacées improprement dits & morts, les coquilles pétrifiées, & les noyaux pierreux des coquilles fossiles. Dans cette méthode les œufs des oiseaux, des tortues, &c. sont au rang des testacées proprement dits, comme les coquillages ; ceux-ci sont divisés en univalves turbinées & non turbinées, & en plurivalves, soit bivalves, soit trivalves ou quatrivalves.

Il parut en 1684 une autre distribution méthodique des coquilles, dans l’ouvrage intitulé Recreatio mentis & oculi, in observatione animalium testaceorum, &c. à Phi. Bonanno soc. Jesu. Romæ. Les coquilles y sont divisées en trois classes, dont la premiere contient les univalves non turbinées ; la seconde les bivalves, & la troisieme les turbinées.

Martin Lister, Medecin Anglois, fit en 1685 une autre méthode pour la division des coquilles, & la donna dans un volume in-folio, qui renferme un très-grand nombre de planches dans lesquelles les coquilles sont bien gravées, Hist. Conch. Londini. Cet ouvrage est le plus complet que nous ayons pour le nombre des planches, car il contient plus de douze cents figures de coquilles. Il est vrai que l’auteur a pris quelquefois les variétés des individus de la même espece, pour des caracteres spécifiques ; & que n’ayant donné aucune explication détaillée de sa méthode, elle est obscure à quelques égards, & suppose une grande connoissance des coquilles, sans laquelle il n’est pas facile de reconnoître tous les caracteres qui y sont employés. On pourroit aussi faire quelques objections contre certaines parties de ce système ; mais il n’est pas possible de faire en histoire naturelle aucune distribution méthodique qui soit entierement conforme à l’ordre de la nature. La méthode de Lister m’a paru aussi bonne qu’aucune autre ; je l’ai suivie pour l’arrangement de la nombreuse collection de coquilles du cabinet du Roi, par la même raison qui doit la faire préférer à toute autre, lorsqu’on veut prendre connoissance des coquilles ; c’est que l’on trouve dans ce livre à chaque page, la figure de la coquille, & la dénomination que le méthodiste a donnée pour la distinguer des autres. La définition est réunie à l’objet, & les objets sont en plus grand nombre que dans aucun autre ouvrage de ce genre. Il est fâcheux que celui-ci soit aussi rare qu’il l’est. Je rapporterai ici un extrait de la méthode de Lister, en faveur de ceux qui n’ont pas son livre, & par ce moyen je donnerai une idée des différentes especes de coquillages, ou au moins des genres & des classes dans lesquels on les a distribués.

Lister divise les coquilles en trois classes générales : la premiere comprend les coquilles de terre ; la seconde les coquilles d’eau douce ; & la troisieme les coquilles de mer. Il prétend que la terre n’est pas moins propre que les eaux à la génération des coquillages, & qu’on en trouveroit grand nombre d’especes sur la terre, si on y cherchoit les coquilles avec autant de soin qu’on a de facilité à les trouver lorsqu’on fait des pêches. Mais notre auteur paroît prévenu pour cette opinion, de façon qu’il met au nombre des coquilles de terre, plusieurs de celles qui ne se trouvent que dans l’eau.

La premiere classe ne comprend que des coquilles univalves, qui sont des buccins & des limaçons ; en effet, on n’a jamais vû de coquilles terrestres bivalves.

Il y a dans l’eau douce des coquilles univalves & des bivalves. Les premieres sont les buccins, les limaçons, les nérites & les patelles ; les autres sont les moules & les petoncles.

Les coquilles de mer sont bivalves, multivalves, c’est-à-dire composées de plus de pieces, & univalves. Il y a des bivalves de mer dont les pieces sont inégales ; d’autres les ont égales, & semblables l’une à l’autre. Les premieres sont les peignes, les huîtres & les spondyles. Les autres sont les meres-perles, les petoncles, les moules, les pinnes marines, les tollines, les solenes, les chames-pholades. Celles qui sont composées de plus de deux pieces, en ont ou trois, ou cinq, ou douze. Les premieres sont les pholades, les secondes les anatiferes, & les troisiemes les glands de mer. Enfin la troisieme classe des coquilles de mer, qui renferme celles d’une seule piece, comprend les patelles, les dentales, les tubes vermiculaires, les nautilles, les limas, les nérites, les oreilles de mer, les sabots, les porcelaines, les rhombes & les buccins. Ce dernier membre de la division est le plus nombreux de tous, parce qu’il est composé non-seulement des buccins, mais encore des pourpres & des murex, sous le nom de buccins.

Coquilles de terre. Buccins. Ce sont des coquilles turbinées : toutes celles qui ont cette forme, sont faites dans leur intérieur en quelque façon comme un escalier à vis ; il y a un noyau qui les traverse dans le milieu d’un bout à l’autre. La bouche, c’est-à-dire l’ouverture de la coquille, est l’entrée de la cavité où loge l’animal ; cette cavité tourne en spirale autour du noyau, & diminue peu-à-peu de diametre, jusqu’à ce que les parois se rapprochent & se réunissent au fond de la cavité & à l’extrémité du noyau, que l’on appelle la pointe de la coquille. En tenant les coquilles turbinées de façon que la pointe soit en haut, la bouche en bas, & l’ouverture en avant, on voit que dans la plûpart la cavité tourne autour du noyau de droite à gauche, & dans quelques-unes de gauche à droite. La premiere division des buccins de terre dépend, selon Lister, de cette différence, quoiqu’il y ait plusieurs especes de coquilles dont la spirale tourne de droite à gauche. On n’a pas laissé de les appeller uniques, pour désigner ce caractere singulier, Pl. XXXI. fig. 14. La surface des buccins tournés de droite à gauche, est lisse ou cannelée ; ceux qui sont lisses, ont la levre, c’est-à-dire les bords de l’ouverture, unie ou dentelée. Ces sortes de dents qui se trouvent dans la bouche des buccins lisses & tournés de gauche à droite, se rencontrent aussi dans quelques buccins tournés de droite à gauche, & servent de caractere pour les distinguer des autres.

Tels sont les caracteres par lesquels Lister a déterminé les genres des buccins de terre. Nous ne pouvons pas rapporter ici le détail des especes qui appartiennent à ces genres ; il suffira de donner une idée générale des caracteres spécifiques qui sont employés dans cette méthode, pour distinguer la plûpart des turbinées : ils sont tirés de la forme des coquilles, & de leurs couleurs.

On remarque pour les formes,

Le nombre des tours que fait la cavité en descendant autour du noyau.

La courbure transversale de cette cavité plus ou moins sensible au-dehors dans ses différens tours. Il faut faire attention que cette courbure qui est transversale par rapport à la cavité, est longitudinale par rapport à la coquille en général.

L’épaisseur de la substance de la coquille.

L’allongement ou l’applatissement du corps de la coquille, ou de sa pointe.

La petitesse ou la grosseur de la coquille.

L’ouverture plus ou moins grande, ou plus ou moins arrondie.

Les cannelures plus ou moins profondes.

Les intervalles des cannelures sont lisses ou couverts de nœuds, ou armés de pointes.

L’ombilic est un trou dont est percé le noyau de la coquille à sa partie supérieure.

Les dents que l’on trouve à l’ouverture de la coquille ; les unes tiennent au noyau, d’autres à la levre de la coquille.

Les treillis, dont les mailles sont plus ou moins fortes sur la surface de la coquille.

L’épaisseur des bords de l’ouverture, qui quelquefois se recourbent en dehors.

Les sinus ou fentes que l’on remarque sur certaines parties des coquilles.

Pour les couleurs. Si la coquille est d’une seule couleur, on la nomme de cette couleur ; s’il y en a plusieurs mêlées, on en décrit les nuances & l’arrangement sur les différentes parties de la coquille : on y voit sur un fond d’une couleur des bandes d’une autre couleur qui suivent les différens tours de la coquille, ou qui les coupent transversalement.

Sur d’autres les couleurs marquent des ondes, des rayons, des panaches, &c.

Ces caracteres ne pourroient pas servir à distinguer les différentes especes de coquilles, s’ils se réunissoient tous dans chaque espece particuliere ; mais on n’en rencontre qu’un petit nombre dans la même coquille, qui souvent est plus que suffisant pour la définition que l’on veut faire ; & il arrive quelquefois qu’un seul caractere spécifie une coquille, lorsqu’il est particulier à son espece : au contraire, s’il est commun à d’autres especes du même genre, il faut en ajoûter un second & un troisieme, même un quatrieme, &c. si le second ou le troisieme, &c. quoique moins général, n’est pas encore le caractere particulier absolument nécessaire pour que la définition ne soit pas équivoque.

Il faut donc ordinairement employer plusieurs noms, plusieurs épithetes, même des phrases entieres & fort longues, pour désigner une coquille, & pour la distinguer parfaitement de toutes celles qui ne lui sont pas absolument semblables. Ceux qui ne veulent prendre qu’une legere teinture de l’Histoire naturelle, croyent qu’il est inutile de surcharger leur mémoire de toutes ces longues phrases, souvent fort peu intelligibles, à moins qu’on n’en ait fait une étude particuliere. On a voulu substituer aux phrases des Naturalistes des noms plus usités, en donnant aux coquilles ceux des choses auxquelles elles paroissent ressembler. De-là sont venus le ruban, la lampe, le cor de chasse, &c. Beaucoup de gens ont voulu donner de ces sortes de noms. Les uns ont mieux réussi que les autres : il s’en trouve qui sont fort ingénieusement imaginés, & qui caractérisent assez bien les coquilles auxquelles on les a donnés ; mais il y en a beaucoup qui sont amenés de si loin, & fondés sur une ressemblance si legere & si équivoque, qu’on s’y trompe toûjours. D’ailleurs, il n’y a qu’un très-petit nombre de coquilles qui soient susceptibles de ces sortes de noms ; ainsi la plus grande partie n’est pas nommée : quand même elles le seroient toutes, on n’en seroit pas plus avancé ; ces noms sont aussi incertains que les ressemblances sur lesquelles ils sont fondés : on les change souvent, & chacun se fait un langage à part que les autres ne peuvent pas entendre. Il faut donc nécessairement parler la langue des Naturalistes : les commencemens sont un peu pénibles ; mais il en coûte moins qu’on ne pense pour se la rendre familiere.

Limaçons. Tout le monde connoît la forme des limaçons ; les escargots qui rampent dans nos jardins nous en donnent un exemple familier.

Ce genre n’a point de soûdivisions. On distingue ses especes par les mêmes caracteres que nous avons rapportés plus haut pour les especes des buccins.

Limaçons applatis. Dans l’applatissement du limaçon, le noyau est raccourci, & le diametre de la coquille allongé ; la pointe de la coquille est au centre de l’un des côtés, & l’ouverture est dans l’autre.

On distingue les limaçons applatis dont l’intérieur de l’ouverture est lisse, de ceux qui ont des dents.

Lorsque l’intérieur de l’ouverture est lisse, quelquefois les bords de cette ouverture sont tranchans, d’autres fois ils ne le sont pas.

Les limaçons applatis qui ont des dents à l’intérieur de leur ouverture, ont cette même ouverture tournée de gauche à droite, ou de droite à gauche.

Il n’y a que deux nouveaux caracteres parmi les especes de ces quatre genres de limaçons applatis.

1°. La circonférence ou le limbe de la coquille qui est plus ou moins tranchant.

2°. L’ouverture de la coquille, qui dans une espece se retourne & s’ouvre du même côté où paroît la pointe. Pl. XX. fig. 9.

Coquilles d’Eau douce. On trouve dans les coquilles d’eau douce des univalves & des bivalves. Il y a cinq genres d’univalves, dont quatre sont de turbinées ; savoir les buccins, les limaçons, les limaçons applatis, & les nérites : les patelles, qui font le cinquieme genre, ne sont pas turbinées ; elles n’ont pas de volute.

Les bivalves d’eau douce ne sont que de deux genres, savoir celui des moules & celui des petoncles.

Buccins, limaçons, limaçons applatis. Ces genres ne se soûdivisent pas ; leurs especes se distinguent par les mêmes caracteres que nous avons donnés pour les coquilles de terre. Nous en allons détailler de nouveaux qu’il y faut ajoûter.

Le haut de l’ouverture s’allonge un peu dans quelques especes de buccins ; le noyau produit cet allongement que l’on appelle le bec de la coquille : dans cette espece de buccin ce bec est recourbé & creusé en gouttiere.

On trouve dans d’autres especes une arrête tranchante, ou des tubercules ou des pointes, sur la longueur des différens tours qui embrassent le noyau de la coquille.

Patelles. On a donné le nom de patelles aux coquilles de ce genre, parce qu’elles ressemblent à de petites jattes ou à de petits plats. Lister ne donne qu’une espece de patelle d’eau douce : le sommet de cette patelle est terminé par une petite pointe recourbée.

Nérites. Le nom de nérite semble venir du dieu Nérée.

Les nérites ressemblent beaucoup aux limas : pour le distinguer il faut savoir que le noyau des nérites n’est point du tout apparent à leur ouverture ; ainsi elles ne peuvent pas avoir de bec : les tours de spirale sont fort peu sensibles au-dehors, & en très-petit nombre : la pointe des nérites ne sort presque pas, & dans quelques especes elle n’est point du tout marquée.

Lister ne donne que deux especes de nérites d’eau douce ; l’une est peinte par bandes, l’autre est d’une couleur bleue-verdâtre, parsemée de taches.

Bivalves d’eau douce. Les deux pieces qui composent les coquilles bivalves, tiennent l’une à l’autre dans le tems que l’animal qu’elles renferment est vivant. Chaque piece a une espece de talon ou de bec dans un endroit de sa circonférence. On trouve ordinairement sous chaque bec deux ou trois dents, dont la forme varie dans les différens genres de coquilles bivalves : les unes sortent en s’élevant en pointes ; les autres rampent en s’allongeant, & forment une espece d’arrête ; à côte de chaque dent on voit une cavité destinée à recevoir la dent correspondante de l’autre piece. Ainsi chaque piece a des dents qui doivent entrer dans des cavités, & des cavités qui doivent recevoir des dents. Ces deux pieces posées l’une sur l’autre, composent une espece de charniere à l’endroit de leur circonférence où les deux becs se rencontrent. Les dents entrent dans les cavités destinées à les recevoir, & empêchent les deux pieces de tourner l’une sur l’autre. Les charnieres des coquilles dont l’animal est mort depuis long-tems, sont presque toutes dans cet état, qui n’est pas l’état naturel. Quoique les pieces ne puissent pas tourner l’une sur l’autre, elles peuvent aisément s’écarter l’une de l’autre : la nature a prévû cet inconvénient, qui eût été funeste à l’animal ; un ou deux ligamens attachés aux deux pieces de la coquille à l’endroit de la charniere, les empêchent de le séparer. Le relâchement de ces muscles permet à l’animal d’écarter les deux pieces de sa coquille à l’endroit de leur circonférence opposé à celui de la charniere, & la contraction de ces mêmes muscles les rapproche.

Moules. On distingue deux especes de moules d’eau douce ; la premiere renferme celles dont la charniere est dentée ; les moules dont la charniere est lisse sont de la seconde espece.

Dans la premiere espece les dents de la charniere sont fort grosses ; & dans la seconde elles sont si petites, que si l’on n’y regarde pas de fort près la charniere paroît lisse.

La forme des bivalves est si différente de celle des univalves, qu’elle nous présente des caracteres nouveaux pour distinguer les especes. Ces caracteres se tirent, comme pour les univalves, des différentes formes des coquilles, ou de la différence de leurs couleurs.

On remarque pour les formes la largeur de la coquille, c’est-à-dire la distance qui est entre le bec & le côté opposé ; cette distance est plus ou moins grande par rapport à la longueur de la coquille.

L’épaisseur des pieces de la coquille, qui varie dans les différentes especes.

L’un des bouts de la coquille est quelquefois plus petit que l’autre.

L’endroit de la charniere est cannelé dans une espece de moule.

Pour les couleurs, si la coquille est d’une seule couleur, on la nomme de cette couleur ; s’il y en a plusieurs mêlées, on en décrit les nuances.

Quelquefois les couleurs sont disposées en rayons ; plusieurs bandes d’une couleur différente de celle du reste de la coquille partent du bec, & s’étendent en ligne droite.

Petoncles. Il n’y a qu’un genre pour en distinguer les especes ; il faut ajoûter les caracteres qui suivent à ceux que l’on a remarqué pour les moules.

Dans quelques especes le bec de chaque piece s’allonge & se recourbe du côté de l’autre piece.

Les petoncles sont plus ou moins arrondis ; on en trouve une espece qui est d’une forme triangulaire.

Coquilles de Mer. Bivalves de mer. Les peignes, les huîtres, & les spondyles, sont composés de deux pieces inégales.

Peignes. On a donné à ces coquilles le nom de peignes, parce que leurs cannelures partent du bec de chacune des pieces, & s’étendent jusqu’aux bords de la coquille, & que les intervalles qui séparent ces cannelures ressemblent en quelque façon aux dents d’un peigne.

Ces mêmes coquilles sont aussi nommées coquilles de S. Jacques, & quelquefois manteau ducal, lorsqu’elles ont de belles couleurs.

Les peignes ont un petit appendice ou allongement triangulaire de chaque côté du bec de chacune des pieces de la coquille : cet allongement se nomme oreille.

On divise les peignes en deux classes ; la premiere renferme ceux dont les oreilles sont égales & semblables de chaque côté du bec de la coquille : les peignes dont les oreilles sont inégales (Pl. XIX. fig. 1.) composent la seconde classe.

La classe des peignes dont les oreilles sont égales, renferme deux genres différens ; les peignes du premier genre sont cannelés ; ceux du second sont lisses.

Les peignes dont les oreilles sont inégales se divisent en deux genres ; les uns sont dentés, les autres ne le sont pas.

La piece du pecten denté, qui est la plus applatie, porte ces sortes de dents : on les trouve à l’endroit du bord de cette piece qui est immédiatement sous l’oreille droite ; cette oreille est plus allongée que la gauche.

Les peignes nous présentent de nouveaux caracteres pour distinguer les especes.

Le nombre des cannelures varie souvent ; on les compte pour savoir combien il s’en trouve sur telle ou telle espece.

Les pieces du peigne sont plus ou moins convexes.

On trouve des especes de peigne dont la figure approche du rhomboïde.

Huîtres. Les huîtres se divisent en deux genres : celles du premier ont le bec allongé, applati, recourbé, & terminé par un angle aigu.

Les huîtres du second genre ont le bec très-petit, posé en-dessous, & presqu’entierement caché.

On trouve une espece d’huître qui s’attache à des branchages par des crochets qui tiennent au dos de la coquille.

Spondyles. Ce nom vient des Grecs ; ils l’ont donné à cette espece d’huître, parce que leurs pieces sont aussi-bien articulées ensemble que les vertebres des animaux. En effet, la charniere des spondyles est la plus parfaite de toutes les charnieres des coquilles.

Il n’y a qu’un genre de spondyles : pour en distinguer les especes, il faut faire attention à ce qui suit.

Dans une espece de spondyles on trouve de petites dents aux bords des cavités, où se logent les grosses dents de la charniere.

Dans une autre espece, les intervalles qui sont entre les cannelures s’allongent au-delà des bords de la coquille.

Enfin dans une autre espece de spondyle, le bec de chaque piece s’allonge & se recourbe.

Les spondyles les plus recherchés sont ceux qui se trouvent hérissés de piquans, & que l’on appelle communément huîtres épineuses. Pl. XIX. fig. 2.

On compte sept genres de coquilles bivalves de mer, dont les deux pieces sont égales & semblables ; savoir, les meres-perles, les petoncles, les moules, les pinnes marines, les tellines, les solenes, & les chames ou flammes.

Meres-perles. Ces coquilles sont une espece de peigne où se forment des perles qui se trouvent adhérentes à l’intérieur de la coquille. On a donné le nom de peignes aux meres-perles, parce qu’elles ont deux oreilles comme les peignes dont on a parlé à l’article des bivalves de mer, dont les pieces sont inégales. Mais les oreilles des meres-perles sont absolument différentes de celles des peignes ; elles ne sont pas cannelées, & leur forme varie beaucoup dans les différentes especes. Au reste les meres-perles sont trop différentes des peignes, pour qu’on puisse les confondre ensemble.

Les meres-perles se divisent en trois genres ; celles du premier ont les oreilles très-allongées, à l’exception d’une espece ; c’est celle qui donne la nacre ; ses oreilles sont plus courtes, & comme repliées. L’hirondelle de mer a les oreilles beaucoup plus allongées d’un côté que de l’autre. Une autre espece, que l’on appelle le crucifix ou le marteau, a non-seulement les oreilles fort longues & plus allongées d’un côté que de l’autre, mais encore l’endroit des bords de la coquille qui est opposé à celui de la charniere, s’allonge considérablement ; ce qui donne une forme bien particuliere à cette coquille.

Le second genre des meres-perles n’a qu’une espece, qui est celle que l’on appelle vitres chinoises. Ce genre est bien caractérisé par la charniere de la coquille ; l’une des pieces a deux dents longues & étroites en forme d’arrêtes, qui naissent sous le bec de cette piece, & qui s’allongent en s’écartant l’une de l’autre : ces deux dents sont reçûes dans deux cavités creusées comme des sillons, qui se trouvent sous le bec de l’autre piece de la coquille.

Les meres-perles du troisieme genre ont leur charniere composée de plusieurs dents & de plusieurs cavités posées sur une même ligne droite.

Petoncles. Le mot latin pectunculus vient de pecten, qui signifie petit peigne. Les petoncles n’ont point d’oreilles, leurs pieces sont semblables ; ainsi on les distingue aisément des peignes. Voyez, par exemple, le petoncle appellé conque de Venus orientale (Planc. XIX. fig. 3.), & celui qui est nommé conque de Venus occidentale, fig. 4.

On divise les petoncles en quatre genres principaux : ceux du premier genre ont la charniere composée de plusieurs dents ; ceux du second sont lisses ; les petoncles du troisieme genre sont entourés de bandes, & ceux du quatrieme sont cannelés.

Les petoncles dont la charniere est composée de plusieurs dents, se soûdivisent en trois genres : ceux du premier ont l’un des côtés plus allongés que l’autre ; les petoncles du second genre sont cannelés, & leur contour est arrondi : ceux du troisieme genre sont lisses, & leur contour est arrondi.

Les petoncles lisses se soûdivisent en trois genres : ceux du premier sont triangulaires, & étroits à l’endroit de la charniere : les petoncles du second genre sont triangulaires & larges à l’endroit de la charniere ; & ceux du troisieme genre ont le bec recourbé.

Les petoncles entourés de bandes se soûdivisent aussi en trois genres : ceux du premier sont marqués d’un petit cercle à côté du bec, & les bords de la coquille sont cannelés.

Les petoncles du second genre sont marqués d’un petit cercle à côté du bec, & les bords de la coquille sont lisses ; & ceux du troisieme genre n’ont aucune marque de petit cercle à côté du bec.

Les petoncles cannelés se soûdivisent en neuf genres : ceux du premier ont des cannelures qui naissent deux ensemble, depuis le bec jusqu’au milieu de la coquille : les petoncles du second genre ont des cannelures tracées irrégulierement : ceux du troisieme ont des cannelures égales, mais l’une des faces de la coquille est plus élevée que l’autre : les petoncles du quatrieme genre sont applatis sur les côtés (Pl. XIX. fig. 5.), & le milieu de chaque face est élevé en tranchant : ceux du cinquieme genre sont hérissés de pointes ou de rugosités : les petoncles du sixieme genre n’ont aucunes pointes ni rugosités : ceux du septieme sont treillés : les petoncles du huitieme genre sont plus allongés d’un côté que de l’autre : enfin ceux du neuvieme sont écailleux.

Pour distinguer les especes de tous ces genres de petoncles, il faut ajoûter quelques nouveaux caracteres à ceux qu’on a déjà fait remarquer pour les autres especes de coquilles.

1°. Les cannelures qui se trouvent sur les faces intérieures de la coquille.

2°. Les petites marques en forme de lettres ou de caracteres qui sont peints sur les coquilles.

3°. La couleur de l’intérieur de la coquille.

Moules. Les moules de mer sont une espece de coquille longue qui est terminée par un bec à l’endroit de la charniere. Ce bec est allongé dans certaines especes de moules ; il en sort des soies ou fils qui servent à attacher les moules les unes avec les autres, ou bien à les arrêter au rocher, &c. ces soies ne sont pas si fines que celles de la pinne-marine, dont nous parlerons dans la suite.

Premier genre, moules dont la charniere est lisse. Second genre, moules dont la charniere est composée de plusieurs dents.

Pinnes-marines. Ces coquilles sont une sorte de moule ; mais Lister en fait une classe à part : elles sont très-grandes ; elles ont quelquefois plus d’un pié & demi de longueur (Plan. XIX. fig. 6.). Elles portent une espece de soie fine A, à laquelle on donne le nom de byssus. Cette soie est de couleur rousse. Elle est commune en Sicile, en Corse, & en Sardaigne, où on l’employe pour faire des étoffes, des bas, des gants, &c. on en fait aussi un grand commerce à Messine & à Palerme. On donne vulgairement à la pinne-marine le nom d’aigrette ou de plume ; on l’appelle aussi nacre. On trouve des perles dans ces coquilles, & même de très-grosses.

Premier genre : pinnes marines dont les bords ne sont pas arrondis.

Second genre : pinnes marines dont les bords sont arrondis.

Tellines ou tenilles ; elles different des moules, en ce que leur charniere n’est pas exactement dans le milieu de la coquille. Planc. XIX. fig. 7. Les tellines sont plus larges d’un côté que de l’autre, ce qui les fait ressembler à un coin.

Premier genre : tellines dont les bords sont dentés en-dedans.

Second genre : tellines dont les bords sont lisses en-dedans.

Solenes ou manches de couteaux. Les coquilles de ce genre sont longues & ouvertes par les deux extrémités. Pl. XIX. fig. 8. A, l’une des pieces vûe en-dehors ; B, l’autre piece vûe en-dedans. Leur ressemblance avec les manches de nos couteaux, leur a fait donner ce nom. Les Grecs les appelloient solenes, tuyaux. Dans le pays d’Aunis, on les nomme le coutelier ; & en Italie, cannolichio. Il n’y a qu’un genre de manche de couteau.

Cames. On donne différens noms françois aux cames ; on les appelle flammes ou flammettes, parce que le poisson de cette coquille enflamme la bouche quand on le mange. On les nomme encore lavignons ou palourdes. Cette classe n’a qu’un genre.

Coquilles de mer de trois pieces. Pholades. Lister croyoit d’abord que les pholades n’étoient composées que de trois pieces ; ensuite il a reconnu que ces coquilles (Pl. XIX. fig. 9.) ont cinq pieces différentes : quand l’animal est mort, les trois pieces les plus petites tombent bientôt, & il ne reste plus que les deux grosses parties.

Premier genre : pholades dont la charniere est percée de petits trous.

Second genre : pholades dont la charniere n’est pas percée.

Coquilles de mer de cinq pieces. Conques anatiferes. Anatifere vient du grec, & signifie porte-canard ; parce qu’on croyoit autrefois que le bernacle ou bernache, espece de canne de mer plus grosse que la macreuse, sortoit de ces coquilles. Planc. XX. fig. 1. & 2.

Il n’y a qu’un genre de conques anatiferes ; celles que l’on appelle poussepiés est composée de plusieurs pieces pointues, posées sur un pédicule cylindrique. La surface extérieure de ce pédicule est de couleur de gris de souris, & ressemble à la peau du chagrin ; il renferme une chair blanche qui devient rouge, quand elle est cuite : elle est bonne à manger. Son goût approche de celui de l’écrevisse.

Les poussepiés se réunissent plusieurs ensemble par l’extrémité de leurs pédicules. Il y en a des groupes de sept ou huit.

Coquilles de mer de douze pieces. Glands de mer. On a donné à cette espece de coquille le nom de gland de mer, parce qu’elle ressemble un peu à un gland. Planc. XX. fig. 3.

Il y a des cailloux & des coquilles qui sont chargées d’une très-grande quantité de ces glands : on en compte jusqu’à quatre-vingts-dix sur une seule coquille.

Univalves de mer, lepas ou patelles. Le nom de lepas vient du grec : on l’a donné aux coquilles de ce genre, parce qu’elles s’attachent aux rochers sur lesquels elles paroissent comme des écailles ; on les appelle aussi patelles, parce qu’elles ressemblent à un petit plat. Pl. XX. fig. 4.

Il y a quatre genres de lepas. Les lepas du premier genre sont percés au sommet ; ceux du second ont leur sommet entier. Les lepas du troisieme genre ont leur sommet allongé & recourbé : ceux du quatrieme genre sont pointus au sommet, & on trouve dans l’intérieur de la coquille une éminence triangulaire.

Tuyaux de mer ou dentales. Les tuyaux de mer ont aussi le nom de dentales, parce qu’ils ressemblent à une dent de chien. Pl. XX. fig. 5. Ce qui distingue les tuyaux de mer des vermisseaux de mer, c’est que les premiers sont solitaires, & que les autres sont toûjours réunis plusieurs ensemble.

Vermisseaux de mer. Les vermisseaux de mer sont ordinairement entrelacés les uns dans les autres ; ils s’attachent aux rochers & à la carenne des vaisseaux : on en trouve des groupes assez gros.

L’arrosoir ou le pinceau de mer (Pl. XX. fig. 6.) est un vermisseau de mer.

Nautiles. Ce mot vient du grec ; il signifie pilote. La forme de cette coquille (Pl. XX. fig. 7.) approche de celle d’un vaisseau, & le poisson semble la conduire sur la mer, comme un pilote conduiroit un navire. Quand ce poisson veut nager, il éleve deux especes de bras AA, qui soûtiennent une membrane legere B : cette membrane sert de voile. Il a d’autres bras ou longs appendices CC, qu’il plonge dans l’eau, & qui lui tiennent lieu d’avirons & de gouvernail pour diriger sa coquille. Il marche ainsi sans enfoncer dans la mer ; mais si-tôt qu’il veut se retirer au fond de l’eau, il rentre dans sa coquille, qui se trouve alors assez pesante pour couler à fond.

Les nautiles se divisent en deux genres : ceux du premier genre sont chambrés. Pl. XX. fig. 8. L’intérieur de ces nautiles est partagé en plusieurs chambres A, A, par des cloisons ou lames transversales B, B : on en compte quelquefois jusqu’à quarante. Il y a un petit tuyau CC qui regne tout le long de la coquille, & qui traverse toutes ces cloisons. Celles qui se trouvent du côté du bec sont les plus petites, & elles augmentent peu-à-peu jusqu’à l’ouverture de la coquille où est la plus grande chambre.

Les nautiles du second genre ne sont point chambrés, c’est-à-dire que l’animal en occupe tout l’intérieur, qui n’est point divisé en plusieurs loges par des cloisons comme l’intérieur des nautiles du premier genre.

Limaçons. Le nom de limaçon, en latin limax ; vient de limus, limon ; parce que les anciens croyoient que ces coquillages s’engendroient dans le limon, & qu’ils s’en nourrissoient. Leur bouche est ronde.

Premier genre : limaçons dont la pointe est courte, percés d’un ombilic, avec une cannelure à côté, qui est accompagnée d’une petite oreille.

Second genre : limaçons dont la pointe est courte, & dont l’ombilic n’est point accompagné de cannelures ni d’oreilles.

Troisieme genre : limaçons sans ombilic, & dont la pointe est courte.

Quatrieme genre : limaçons dont la pointe est courte, & dont le noyau est un peu élevé à l’ouverture de la coquille.

Cinquieme genre : limaçons dont la pointe n’est pas fort allongée, & dont l’ouverture est dentée.

Sixieme genre : limaçons lisses dont la pointe n’est pas fort allongée, & dont l’ouverture n’est pas dentée.

Septieme genre : limaçons cannelés dont la pointe n’est pas fort allongée. La scalata (Pl. XX. fig. 10.) est de ce genre.

Huitieme genre : limaçons cannelés dont la pointe est mince & fort allongée.

Neuvieme genre. limaçons lisses dont la pointe est mince & fort allongée. Pl. XX. fig. 11.

Nerites. Le nom des nerites semble venir du dieu Nerée. Ces coquilles ressemblent beaucoup aux limaçons : ce qui les fait distinguer, c’est que le noyau des nerites n’est point du tout apparent à leur ouverture. Leur tour de spirales sont fort peu sensibles & en petit nombre ; leur pointe ne sort presque pas ; & dans quelques especes, elle n’est point du tout marquée.

Premier genre : nerites dentées dont la pointe est un peu saillante. La quenotte (Pl. XX. fig. 12. & 13.) est de ce genre.

Second genre : nerites dentées, cannelées, & dont la pointe est applatie.

Troisieme genre : nerites dentées, lisses, & dont la pointe est applatie.

Quatrieme genre : nerites dont le noyau est denté, & la levre allongée sans aucune dent.

Cinquieme genre : nerites lisses dont l’ouverture n’a aucune dent.

Sixieme genre : nerites hérissées de pointes, & dont l’ouverture n’a aucune dent.

Oreilles de mer. Ces coquilles sont appellées oreilles, parce qu’elles ressemblent en quelque façon à une oreille d’homme ; elles ont un rang de trous ronds, dont il y en a ordinairement six qui sont ouverts ; les autres sont fermés. Planche XXI. fig. 1. On a représenté des perles A qui tiennent à cette coquille. Cette classe n’est point divisée en genres.

Sabots. On appelle ces coquilles sabots. parce qu’elles ressemblent aux sabots ou aux toupies qui servent d’amusement aux enfans : elles ont une figure conique. Voyez Pl. XXI. fig. 2. un sabot posé sur sa base ; & fig. 3. la même coquille vûe par la base.

Premier genre : sabots dont la pointe est élevée, & la base un peu convexe.

Second genre : sabots dont la pointe est élevée, & dont la base est cave.

Sabots dont la base est plane. Voyez l’escalier ou cadran, Pl. XXI. fig. 4.

Troisieme genre : sabots percés d’un ombilic : leur pointe n’est pas fort élevée, & leur ouverture est garnie de dents.

Quatrieme genre : sabots en forme de limaçons percés d’un ombilic, & sans aucune dent à leur ouverture.

Cinquieme genre : sabots dont la pointe est courte, & dont le noyau est un peu élevé sans ombilic.

Sixieme genre : sabots dont le milieu de la base est calleux.

Septieme genre : sabots qui ont une dent à l’extrémité du noyau.

Porcelaines : elles ont à-peu-près une forme ovoïde. Pl. XXI. fig. 5. Leur ouverture (fig. 6.) est longue & étroite ; elle s’étend de l’un des bouts de la coquille jusqu’à l’autre : l’une des levres de l’ouverture, & souvent toutes les deux, sont garnies de dents. Gesner prétend qu’on a donné à ces coquilles le nom de porcelaines, parce que les Chinois de la province de Kiamsi s’en servent pour faire leur porcelaine. On les appelle aussi conques de Venus, parce qu’elles étoient autrefois consacrées à Venus. Il ne faut pas les confondre avec les coquilles de Venus, qui sont des pétoncles.

Premier genre : porcelaines d’une seule couleur, & dont l’ouverture est étroite & dentée.

Second genre : porcelaines parsemées de petites lignes qui suivent la longueur de la coquille, dont l’ouverture est étroite & dentée.

Troisieme genre : porcelaines peintes en ondes & dont l’ouverture est étroite & dentée.

Quatrieme genre : porcelaines entourées de bandes d’une seule couleur, & dont l’ouverture est étroite & dentée.

Cinquieme genre : porcelaines tachées & entourées de bandes, qui quelquefois sont aussi tachées : leur ouverture est étroite & dentée.

Sixieme genre : porcelaines parsemées de points noirs, & dont l’ouverture est étroite & dentée.

Septieme genre : porcelaines parsemées de taches noires ou blanches, & dont l’ouverture est étroite & dentée.

Huitieme genre : porcelaines marquées de taches blanches, peintes en forme de reseau, & dont l’ouverture est étroite & dentée.

Neuvieme genre : porcelaines profondément cannelées, & dont l’ouverture est étroite & dentée.

Dixieme genre : porcelaines couvertes de tubercules ou de nœuds, & dont l’ouverture est étroite & dentée.

Onzieme genre : porcelaines dont l’ouverture est large & sans aucune dent, & dont la pointe n’est pas percée d’un ombilic.

Douzieme genre : porcelaines tournées en spirale dont la pointe est percée d’un ombilic, & dont l’ouverture est large & sans aucune dent.

Rouleaux & cornets. Lister range les rouleaux & les cornets dans la même classe, & il les appelle rhombi. D’autres auteurs leur ont donné le même nom. Il paroît qu’ils l’ont tiré de la figure de ces coquilles : mais elle approche si peu de celle du rhombe géométrique, qu’il seroit ridicule de leur donner en françois le nom de rhombe ; il vaut mieux diviser cette classe en rouleaux & en cornets. Cette division s’accorde avec la méthode de Lister, car il divise les rhombes en cylindriques & en pyramidaux ; les cylindriques sont les rouleaux, & les pyramidaux sont les cornets.

Rouleaux (Pl. XXI. fig. 7.). Premier genre : rouleaux épais d’une seule couleur, & dont le noyau est denté.

Second genre : rouleaux dentés & tachés.

Troisieme genre : rouleaux dentés & entourés de bandes.

Quatrieme genre : rouleaux dentés & peints en ondes.

Cinquieme genre : rouleaux dentés, & dont le dos est élevé.

Sixieme genre : rouleaux dont l’ouverture est étroite & sans aucune dent.

Septieme genre : rouleaux minces dont la pointe est saillante, & dont l’ouverture est large & sans aucune dent.

Huitieme genre : rouleaux dont la pointe est applatie, & dont l’ouverture est large & sans aucune dent.

Cornets, voyez Pl. XXI. fig. 8. le grand amiral, qui est une des plus recherchées de toutes les coquilles.

Premier genre : cornets d’une seule couleur.

Second genre : cornets cannelés.

Troisieme genre : cornets entourés de lignes marquées par des taches.

Quatrieme genre : cornets peints en ondes.

Cinquieme genre : cornets entourés de bandes.

Sixieme genre : cornets peints en réseaux.

Buccins. La classe des buccins est très-nombreuse, selon la méthode de Lister ; on y trouve des caracteres génériques qui pourroient faire des classes : car il y a des buccins qui sont si différens les uns des autres, que plusieurs auteurs en ont fait des classes sous les noms de murex, pourpre, &c.

Premier genre : buccins dont le noyau est dentelé, & dont la pointe rentre en-dedans, ou ne sort que très-peu. Les coquilles de ce genre sont appellées conques persiques : Aldrovande leur a donné ce nom, parce qu’on lui en avoit envoyé quelques-unes de Perse.

Second genre : buccins dont la pointe est un peu allongée, & dont le noyau est dentelé.

Troisieme genre : buccins dont le noyau est dentelé, & dont la pointe est fort longue & fort mince.

Quatrieme genre : buccins lisses dont la levre est échancrée. Le fuseau (Plan. XXI. fig. 9.) est de ce genre.

Cinquieme genre : buccins cannelés dont la levre est échancrée.

Sixieme genre : buccins raboteux & hérissés de pointes, & dont la levre est échancrée.

Septieme genre : buccins dont la levre est échancrée & prolongée en plusieurs pointes. Le scorpion (Pl. XXI. fig. 10.) est de ce genre.

Huitieme genre : buccins lisses ou très-peu raboteux, tournés de gauche à droite, & dont la pointe n’est pas fort allongée.

Neuvieme genre : buccins hérissés de pointes tournées de gauche à droite, & dont le milieu est enflé. La becassine épineuse (Planc. XXI. fig. 11.) est de ce genre.

Dixieme genre : buccins tournés de droite à gauche, & dont le milieu est enflé. Plan. XXI. fig. 12. On les appelle uniques, comme il a déjà été dit, parce que leur spirale est tournée différemment de celle du plus grand nombre des coquilles.

Onzieme genre : buccins lisses dont le bec & la pointe sont fort allongés.

Douzieme genre : buccins legerement cannelés, & dont le bec & la pointe sont fort allongés.

Treizieme genre : buccins entourés de larges cannelures, & dont la pointe & le bec sont fort allongés, & la levre mince.

Quatorzieme genre : buccins entourés de larges cannelures, & dont la pointe & le bec sont fort allongés, & dont la levre est doublée.

Quinzieme genre : buccins hérissés de pointes, & dont le bec & la pointe sont allongés. La chicorée (Pl. XXI. fig. 13.) est de ce genre.

Seizieme genre : buccins chargés de tubercules, & dont le bec n’est pas allongé, & la gouttiere du bec n’est pas courbée.

Dix-septieme genre : buccins cannelés dont le bec n’est pas allongé, & dont la gouttiere du bec n’est pas recourbée.

Dix-huitieme genre : buccins lisses dont la pointe est allongée, & dont le bec est court, & dont la gouttiere du bec est droite.

Dix-neuvieme genre : buccins minces dont la levre est écartée, le bec court, & la gouttiere du bec droite.

Vingtieme genre : buccins épais dont la levre est écartée, le bec court, & la gouttiere du bec droite.

Vingt-unieme genre : buccins applatis dont le bec est court, & dont la gouttiere du bec est droite.

Vingt-deuxieme genre : buccins cannelés, enflés, dont le bec est recourbé.

Vingt-troisieme genre : buccins lisses, enflés, & dont le bec est recourbé.

Vingt-quatrieme genre : buccins dont le bec est recourbé, & dont la pointe est fort allongée.

Selon l’ordre chronologique des différentes méthodes qui ont été faites pour la division des coquilles, il me paroît que celle de M. Tournefort doit suivre celle de Lister, quoiqu’elle n’ait été publiée qu’en 1742 par M. Gualtieri de Florence, dans le livre qui a pour titre : Index test. conch. &c. Cet ouvrage posthume a été tiré d’un manuscrit de M. de Tournefort : les coquilles y sont distribuées en trois classes générales, dont la premiere comprend les univalves ; la seconde, les bivalves ; & la troisieme, les multivalves. Les univalves sont soûdivisées en trois familles, qui renferment les univalves proprement dites, les univalves contournées en spirale, c’est-à-dire les turbinées, & les univalves faites en forme de tuyau. Il y a deux familles de bivalves : dans les unes les deux pieces ferment exactement de tous côtés ; dans les autres les deux pieces ne se touchent qu’en partie, & laissent une ouverture à chaque bout. Enfin les multivalves composent deux familles ; dans celles de la premiere, les différentes pieces sont articulées les unes avec les autres ; & dans celles de la seconde famille, elles sont simplement unies & adhérentes par des cartilages.

En 1705, Rumphius fit une distribution méthodique des coquilles dans son ouvrage qui a pour titre, Thesaurus cochlearum, concharum & conchiliorum musei amboinici, &c. & qui a été imprimé à Leyde.

Langius publia à Lucerne en 1722 un livre intitulé, Methodus nova & facilis test. mar. in class. &c. distribuendi. Cet auteur ne traite que des coquilles de mer, & il les divise en trois classes générales, dont la premiere renferme les coquilles univalves, qui ne sont point turbinées ; les turbinées sont dans la seconde classe, & les bivalves dans la troisieme. Langius soûdivise la premiere classe en deux autres, dont les caracteres sont fondés sur la différence qui se trouve entre les coquilles univalves qui ne sont pas turbinées ni contournées en spirale à l’intérieur, & celles qui sans être turbinées sont cependant contournées en spirale à l’intérieur, mais de façon qu’il n’en paroît aucun vestige à l’extérieur. Les premieres sont les patelles, les glands de mer, les tuyaux de mer, &c. Les secondes sont les nautiles, les porcelaines, les cornes d’Ammon, &c. Les turbinées sont divisées en six classes : la premiere renferme celles que l’auteur désigne par leur longueur, cochleæ longæ ; leur bouche est fort allongée : celles de la seconde classe ont aussi la bouche allongée, mais elle est terminée par une gouttiere, cochleæ canaliculatæ : les coquilles de la troisieme classe portent le nom de buccins ; leur bouche & leur pointe sont allongées, & elles sont fort grosses à l’endroit du premier tour du spirale : celles de la quatrieme ne different des buccins qu’en ce qu’elles ne sont pas si grosses dans le premier tour de spirale : la cinquieme classe comprend les coquilles qui ne sont allongées que par la pointe : enfin celles de la sixieme classe ne sont allongées ni par un bout ni par l’autre ; elles sont au contraire si raccourcies, que l’auteur les appelle conchæ breviores. Il distingue trois sortes de coquilles bivalves : les premieres ont les deux pieces semblables, & aussi longues d’un côté de la charniere que de l’autre : dans les secondes, les deux pieces sont semblables, mais plus longues d’un côté de la charniere que de l’autre : les troisiemes sont composées de deux pieces, qui ne sont point semblables l’une à l’autre ; elles portent dans cette méthode le nom d’anomales.

Il y a une dissertation de M. Hebenstreit, publiée à Leipsic en 1728, sur la distribution méthodique des coquilles ; il a tâché de faire accorder les caracteres de sa méthode avec ceux des animaux qui sont renfermés dans les coquilles, & il les divise en neuf classes, dont voici la suite. 1°. Les coquilles univalves irrégulieres, ce sont les glands de mer & les vermisseaux de mer. Cet auteur prétend que le gland de mer doit être regardé comme univalve, parce que toutes ses différentes pieces sont réunies en une seule par le bas. 2°. Les univalves régulieres, qui ne sont point contournées en spirale. 3°. Les univalves régulieres contournées en spirale dans toute leur longueur. 4°. Celles qui ne sont contournées en spirale que vers la pointe, qui ont la bouche étendue d’un bout à l’autre, & qui forment une spirale irréguliere. 5°. Celles qui ne différent des précédentes que par la position de la spirale, qui tourne autour du centre. 6°. Les coquilles dans lesquelles il n’y a qu’un tour de spirale fort court, ce sont les oreilles de mer. 7°. Les bivalves, dont les deux pieces sont jointes par une charniere au-delà de laquelle elles ne débordent pas. 8°. Celles dont les deux pieces débordent au-delà de leur charniere. 9°. Les bivalves, dont les deux pieces sont jointes par une large articulation ; telles sont les peignes & les huîtres.

M. Breyn, dans une dissertation latine imprimée à Dantzick en 1732, a donné une méthode pour la distribution des coquilles ; il les divise en deux classes générales, dont la premiere comprend celles qui sont faites en forme de tuyaux, & la seconde celles qui ont la figure d’un vase. La premiere classe est divisée en deux branches ; les coquilles qui forment la premiere sont celles qui n’ont qu’une seule cavité, qui s’étend en ligne droite ou courbée irrégulierement, comme les dentales, les antales, les tubes vermiculaires, &c. ou contournées en spirale réguliere, comme les nautiles papiracées, les nérites, les limas, les buccins, les porcelaines, & en un mot toutes les turbinées. La seconde branche est composée des coquilles dont l’intérieur est divisé en plusieurs cellules, comme les nautiles chambrés, les cornes d’Ammon, &c. La seconde classe est aussi divisée en deux parties ; les coquilles de la premiere partie sont appellées simples, parce qu’elles n’ont qu’une seule piece, telles sont les patelles. Les coquilles de la seconde partie de cette division ont plusieurs pieces : il y en a de quatre sortes : 1°. les coquilles bivalves : 2°. celles qui ont deux pieces principales & quelques autres plus petites, comme les pholades, les conques anatiferes : 3°. les coquilles qui ont une piece principale & d’autres plus petites, comme le gland de mer : 4°. celles qui sont formées de façon qu’elles n’ont que deux ouvertures, dont l’une est la bouche & l’autre l’anus, & qui sont hérissées de piquans de matiere testacée ; ce sont les oursins.

M. Linnæus, dans son ouvrage intitulé systema naturæ, imprimé à Leyde in-fol. en 1735, & dont il y a eu depuis plusieurs éditions, met les coquillages au rang des vers. Dans les dernieres éditions, dont la plus récente est de 1748, il les divise en neuf ou dix classes. La premiere comprend les pateles ; la seconde les turbinées, telles que les volutes ou cornets, les buccins, les casques, les pourpres, les lambis, les nérites, les sabots, &c. la troisieme les porcelaines ; la quatrieme les oreilles de mer ; la cinquieme les dentales, les vers à tuyaux, l’arrosoir, l’orgue de mer ; la sixieme les nautiles, &c. la septieme les moules, les dails ou pholades, les coutellieres, les tellines ou tenilles, les cames lavignons ou palourdes, les huîtres, les cœurs de bœuf, les jamboneaux, les pinnes marines, les petoncles ou sourdons, &c. la huitieme les glands de mer, les bernacles, &c. la neuvieme les oursins ; enfin le microscome est dans la dixieme classe. Syst. nat. &c. Parisiis, 1744.

M. Gualteri, dont nous avons déjà cité le nom & l’ouvrage sur la division des coquilles, & l’auteur de l’histoire naturelle éclaircie dans deux de ses principales parties, la Lithologie & la Conchyliologie, ont publié en 1742 chacun une méthode pour la distribution des coquilles. Dans celle de M. Gualteri elles sont divisées en cinq classes générales ; la premiere comprend celles qui ne sont pas de mer ; cette classe est sous-divisée en deux branches, dont l’une s’étend à toutes les coquilles de terre, & l’autre aux coquilles d’eau douce : l’auteur distingue deux sortes de coquilles de terre, qui toutes sont turbinées ; les unes sont applaties & les autres allongées. Il établit trois sortes de coquilles d’eau douce, savoir, les coquilles qui ne sont pas turbinées, celles qui le sont, & les coquilles bivalves. La seconde classe renferme les coquilles de mer qui ne sont pas turbinées, elles sont sous-divisées en coquilles simples & en coquilles dont la structure intérieure est cachée : les premieres sont en forme de petit plat, comme les patelles, ou en forme de tuyaux divisés en plusieurs cellules ; les autres sont aussi en forme de vase comme les porcelaines, ou en forme de tuyaux divisés en plusieurs loges, comme les nautiles, les cornes d’Ammon, &c. La troisieme classe comprend les turbinées de mer, qui sont soûdivisées dans cette méthode comme dans celle de Langius, que j’ai rapportée plus haut. Les bivalves de mer font dans la quatrieme classe, & les caracteres de leur soûdivision sont les mêmes que dans la méthode de Langius. La cinquieme classe de M. Gualteri renferme les coquilles de mer composées de plusieurs pieces ; il les distingue en trois sortes, parce que les différentes pieces sont articulées par des cartilages, comme dans les pholades, &c. ou par des sutures écailleuses, comme dans les glands de mer ; ou enfin par des vraies sutures, comme dans les oursins.

L’auteur de la Conchyliologie dont il a déjà été fait mention, distribue les coquilles en trois classes : la premiere renferme les coquilles de mer ; elles y sont divisées en coquilles univalves, coquilles bivalves, & coquilles à plusieurs pieces. Il y a quinze familles de coquilles univalves ; savoir, les patelles, les oreilles de mer, les tuyaux de mer, les vaisseaux ou nautiles, les limaçons à bouche ronde, les limaçons à bouche demi-ronde, les limaçons à bouche applatie, les trompes, c’est-à-dire les buccins, les vis, les cornets, les rouleaux, les rochers, les pourpres, les tonnes & les porcelaines. Les familles des coquilles bivalves sont au nombre de six ; savoir les huîtres, les cames, les moules, les cœurs, les peignes & les manches de couteaux. Enfin les coquilles à plusieurs pieces forment aussi six familles, savoir les oursins ou boutons, les vermisseaux de mer, les glands de mer, les poussepiés, les conques anatiferes, & les pholades. La seconde classe, qui est celle des coquilles d’eau douce, renferme huit familles d’univalves & trois de bivalves. Les univalves sont les patelles, les nérites, les petits sabots, les vis, les buccins, les conques sphériques ou tonnes, & les cornes d’Ammon. Les bivalves sont les cames, les moules, & les peignes. Dans la troisieme classe les coquilles terrestres sont divisées en coquillages vivans & en coquillages morts ; il ne doit être question ici que des premiers ; car quoiqu’on trouve les autres, c’est-à-dire les coquilles fossiles ou pétrifiées sur la terre & dans ses entrailles, elles ne doivent pas toutes être regardées pour cette raison comme des coquilles terrestres, puisque la plûpart viennent originairement de la mer. Les vraies coquilles de terre sont divisées par l’auteur de la Conchyliologie, &c. en cinq familles, qui sont les patelles, les limaçons, les buccins, les vis, & les conques sphériques ou tonnes.

Voilà les principales méthodes qui ont été faites pour la distribution des coquilles en classes, genres, familles, &c. Je n’ai pû rapporter que les principales branches de chacune de ces méthodes ; mais on peut juger sur cet exposé, que les principaux caracteres de la distribution méthodique en ce genre sont ceux que rapporte Aristote, lorsqu’il divise les coquilles en univalves, bivalves, & turbinées. C’est sur les principes de ce grand naturaliste, que les méthodistes dont je viens de faire mention ont établi leur méthode ; chacun a modifié à son gré les détails des soûdivisions : on pourra les varier encore de bien des façons, mais quelque méthode que l’on employe, l’art de l’auteur ne pourra jamais suppléer aux représentations. Ainsi l’ouvrage qui contiendra le plus grand nombre de figures sera toûjours préférable, d’autant plus que chaque coquille y est représentée en entier ; car heureusement les méthodistes n’ont pas encore imaginé pour les coquilles, comme pour les plantes, de ne représenter dans les figures qu’une partie de l’objet ; par exemple, des pistils, des étamines au lieu de la plante entiere. Voy. Méthode. (I)

* Coquille, (Matiere med.) toutes les coquilles sont alkalines, terreuses ou absorbantes. Voy. Calcaire, Cendres & Chaux. Les seules dont on fasse usage en Pharmacie, sont la nacre de perle, mater perlarum, & l’écaille d’huître. Voyez Nacre, Huître.

Coquille de S. Jacques. Voyez Peigne.

Coquille, en Anatomie, nom de quelques os situés dans les fosses nazales, à cause qu’ils ressemblent à des coquillages. Voyez Nez.

On les appelle aussi cornets. Voy. Cornets. (L)

* Coquille, s. f. (Hist. anc.) instrumens de Musique faits de coquille. On en voit dans les anciens monumens. Ils sont tournés en spirale, & se terminent en pointe.

Coquille, du latin cochlea, en Architecture, c’est un ornement de sculpture imité des conques marines, & qui se met au cul-de-four d’une niche.

Coquille double, est celle qui a deux ou trois levres, comme il s’en voit une de Michel Ange à l’escalier du capitole.

Coquille, est un petit ornement qu’on taille sur le contour d’un quart de rond.

Coquille d’escalier, est le dessous de marches, qui tournent en limaçon, & portent leur délardement. C’est aussi dans un escalier de bois, rond ou quarré, le dessous de marches délardées, lattées, & ravalées de plâtre.

Les ouvriers appellent coquilles, deux morceaux de métal pareils forgés ou aboutis en relief, pour être soudés ensemble, comme les deux moitiés d’une boule ou d’une fleur-de-lys, & d’autres ornemens à deux paremens & isolés.

Coquille de trompe. Voyez Trompe.

Coquille de bassin. Voyez l’article Bassin en coquille. (P)

Coquilles à boulet, (Art milit. Artillerie.) sont, dans l’Artillerie, les moules dont on se sert pour faire les boulets. Il y a de ces coquilles qui sont de fonte & d’autres de fer. Pour faire un boulet il faut deux coquilles, qui se joignent & se serrent ensemble : quand on y coule le fer, cette jointure, qui n’est jamais assez exactement fermée pour qu’il n’en sorte point un peu de métal, en laisse sortir quelques parties qu’on appelle les barbes du boulet. On les casse ensuite pour le rendre rond. Voyez Boulet. (Q)

Coquille, est une ustensile de cuivre, dont les Diamantaires se servent pour mettre les diamans en soudure. Il ressemble à un de à coudre un peu évasé, & se termine par une queue de cuivre que l’on plie du côté que l’on veut tailler ou polir le diamant. Voyez Pl. prem. du Diamantaire, fig. 7. Q M est une coquille seule dont le manche est ôté ; O une coquille posée sur un tas percé, dont on fait sortir au moyen du poinçon N, le reste du manche qui est rompu pour en mettre un autre ; P est le tas percé.

Coquille, s. m. (Peintre éventailliste.) petites coquilles de moules de riviere, dans lesquelles on fixe par le moyen d’une gomme, de l’or, de l’argent ou autre métal moulu & reduit en poudre, à l’usage des Peintres, des Eventaillistes. On couvre la coquille d’un papier qu’on lie dessus, afin de garantir la matiere qui y est contenue, de la poussiere & autres ordures.

Coquille, terme de Charron, c’est une planche sculptée en coquille, qui sert pour appuyer les piés du cocher. Voyez la figure dans les Planc. du Sellier.

Coquille, en terme de Fourbisseur. Voy. Plaque.

Coquille, (Jardinage.) est un ornement qui imite les conques marines, dont on se sert dans les compartimens des parterres pour en orner la naissance ou le milieu. On le peut placer aussi sur les côtés, & généralement par-tout.

Il y a des coquilles à doubles levres, & dont les côtes sont très-différentes. On en peut faire de broderie, de gazon, de statissée, ou de marguerites. (K)

Coquille, terme d’Imprimerie, c’est une lettre déplacée de son cassetin, & mêlée parmi d’autres lettres de la même casse : ce mêlange repété brouille le caractere, & charge une épreuve de nombre de lettres pour d’autres, que l’on appelle des coquilles.

Coquille, en terme de Marchand de modes, c’est un demi-cercle tant soit peu plissé, formé seul d’une bande d’étoffe découpée, ou de reseau d’or ou d’argent. Les coquilles sont d’usage dans les garnitures des robes, dans les barbes, &c. Voyez ces mots.

Coquille, (Rubanier.) se dit de certains agrémens qui se font sur les lisieres des galons, & qui imitent à-peu-près les coquilles.