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Insoluble, il ne le sera pas, si tout le monde fait son devoir, depuis le législateur jusqu’au contribuable, sans arrière-pensée, dans le seul intérêt de la France. Mais très difficile, nul doute qu’il ne le soit. Il l’est d’ores et déjà. Il l’est par son amplitude même, par l’énormité des charges nouvelles, — nous ne parlons ici que des dépenses normales et permanentes, à l’exclusion des dépenses de guerre, — à couvrir par des ressources ordinaires, c’est-à-dire par l’impôt : songez que l’intérêt annuel de la dette contractée en trois ans et demi, du 1{{er}} août 1914 au 31 janvier 1918, ne s’élève pas à moins de 4 069 millions. Il l’est aussi par sa complexité. S’il ne s’agissait que de prendre l’argent là où il y en a, au petit bonheur, comme le croupier ramasse les louis au râteau sur la table de jeu, ou comme le pacha oriental soutire à discrétion tributs et backchichs du Juif ou de l’Arménien, le fisc n’aurait pas grand’peine à prendre : seulement il tuerait le pays pour faire vivre l’Etatl’État. Autre est le problème, et autrement malaisé ; il s’agit de voir clair dans ses données, de mettre de la méthode dans sa solution, et d’« organiser » la fiscalité nouvelle.
 
Cette fiscalité nouvelle, il la faut prudente à la fois et hardie en ses conceptions ; respectueuse du crédit public, dont elle est le premier appui et doit se garder de compromettre les intérêts par de fausses manœuvres ; respectueuse aussi du droit individuel, c’est-à-dire loyale, et non point imbue de cet âpre esprit de vexation et d’injuste rigueur qui est le meilleur stimulant de la fraude. Il la faut d’esprit droit, orientée honnêtement vers ce qui est son objet propre, l’apport des ressources au Trésor, et non pas artificieusement détournée de ce but au profit de telles ou telles fins humanitaires ; moins que jamais la question financière peut être mêlée à la question sociale. Il la faut d’esprit pratique : le temps qui presse ne permet pas de négliger le bien pour le mieux, et de renoncer au possible en vue de la recherche d’un idéal qui aura toutes les vertus, sauf celle de l’être. Il la faut équitable enfin, autant qu’il est dans la nature des choses ; plus que personne nous rendons hommage au noble souci de la justice fiscale qui est l’honneur de notre pays, mais cette justice tributaire ne saurait nous faire oublier le
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