« Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/614 » : différence entre les versions

m →‎Page non corrigée : corrige - nombreux mots grecs
grec transcrit, mais pas intégralement (manquent les vers)
Contenu (par transclusion) :Contenu (par transclusion) :
Ligne 1 : Ligne 1 :
sont ces vers, que Volaterran dit être dans le château, vis-à-vis le temple de Minerve.
sont ces vers, que Volaterran dit être dans le château, vis-à-vis le temple de Minerve.


{{grec|? ? Ἀσθῆναι Θησέως πρῶτον πόλις
{{grec|2 vers complets}}
? Ἀδριανοῦ, ? οὐδε Θησέως πόλις}}


C’est-à-dire, ''C’est ici Athènes, autrefois ville de Thésée, mais maintenant ville d’Adrien, & non pas de Thésée''.
C’est-à-dire, ''C’est ici Athènes, autrefois ville de Thésée, mais maintenant ville d’Adrien, & non pas de Thésée''.
Ligne 7 : Ligne 8 :
Le théâtre qui étoit pour les jeux publics, n’est pas loin de-là, & on y voit un chemin sous terre, par où se retiroient ceux qui avoient eu du désavantage, afin d’éviter la honte de se représenter aux Assistans.
Le théâtre qui étoit pour les jeux publics, n’est pas loin de-là, & on y voit un chemin sous terre, par où se retiroient ceux qui avoient eu du désavantage, afin d’éviter la honte de se représenter aux Assistans.


Le Lycée d’Aristote est à moitié ruiné, & il n’y en a plus que deux colonnes. De l’Académie de Platon, il ne reste qu’un tas de pierres qui en marque la place, & où sont aussi les ruines d’un temple que les Athéniens croient avoir été dédié à Arthémise ; & ils ne se méprennent pas tout-à-fait. Paufanias remarque qu’il y en avoit un en ce lieu consacré à l’amour ; & personne n’ignore que pour le conjugal nous n’en avons point de plus illustre exemple que cette Reine.
Le Lycée d’Aristote est à moitié ruiné, & il n’y en a plus que deux colonnes. De l’Académie de Platon, il ne reste qu’un tas de pierres qui en marque la place, & où sont aussi les ruines d’un temple que les Athéniens croient avoir été dédié à Arthémise ; & ils ne se méprennent pas tout-à-fait. Pausanias remarque qu’il y en avoit un en ce lieu consacré à l’amour ; & personne n’ignore que pour le conjugal nous n’en avons point de plus illustre exemple que cette Reine.


Il n’y a pas jusqu’au fleuve Hissus qui ne se ressente du dommage du temps, & de la tyrannie de l’Ottoman. Les Turcs en ont détourné les eaux, pour arroser leurs jardins, & on n’en voit plus que le lit.
Il n’y a pas jusqu’au fleuve Hissus qui ne se ressente du dommage du temps, & de la tyrannie de l’Ottoman. Les Turcs en ont détourné les eaux, pour arroser leurs jardins, & on n’en voit plus que le lit.
Ligne 15 : Ligne 16 :
Outre toutes ces choses, il reste encore dans la ville & aux environs beaucoup de bâtimens ruinés, de morceaux de figures : mais enfin, quoique ces marques de sa première grandeur rendent son état présent encore plus déplorable, elles ne laissent pas pourtant de donner encore de l’admiration à ceux qui les voient. {{sc|Duloir}}.
Outre toutes ces choses, il reste encore dans la ville & aux environs beaucoup de bâtimens ruinés, de morceaux de figures : mais enfin, quoique ces marques de sa première grandeur rendent son état présent encore plus déplorable, elles ne laissent pas pourtant de donner encore de l’admiration à ceux qui les voient. {{sc|Duloir}}.


Quelques Auteurs disent que cette ville fut fondée par un certain Osius ; d’autres disent par Acrisius : Pausanias écrit dans ses Attiques que ce fut par Actéus. mais le sentiment le plus commun est que Cécrops en fut le Fondateur vers l’an du monde 2496, & ; 1558 ans avant l’ère chrétienne ; que c’est pour cela qu’elle s’appela d’abord ''Cecropia'' ; qu’ensuite elle prit le nom de ''Mopsus'', & s’appela ''Mopsopia'', nom qu’elle changea encore en celui de '''Ionia''', ou ''Ionie'', qu’elle prit d’Ion fils de Xuthus. Enfin, elle prit celui d’''Athènes'', ou bien d’''Attea'', fille de Cranaüs, ou bien en l’honneur de Minerve, qu’on appelle en grec {{grec}}, ''Athène'', ou ''Athena''. La fable dit qu’il y eut une grande contestation entre Neptune & à Minerve qui des deux donneroit son nom à cette ville ; que pour la terminer, ils convinrent que celui qui produiroit la chose la plus utile au genre humain, l’emporteroit sur l’autre ; que Neptune frappant la terre de son trident en fit sortir un cheval ; que Minerve produisit un olivier & que la victoire lui fut adjugée. ''Voyez'' {{sc|Hyngin}}, ''Fabul. Poët. c. 164''.
Quelques Auteurs disent que cette ville fut fondée par un certain Osius ; d’autres disent par Acrisius : Pausanias écrit dans ses Attiques que ce fut par Actéus. mais le sentiment le plus commun est que Cécrops en fut le Fondateur vers l’an du monde 2496, & ; 1558 ans avant l’ère chrétienne ; que c’est pour cela qu’elle s’appela d’abord ''Cecropia'' ; qu’ensuite elle prit le nom de ''Mopsus'', & s’appela ''Mopsopia'', nom qu’elle changea encore en celui de '''Ionia''', ou ''Ionie'', qu’elle prit d’Ion fils de Xuthus. Enfin, elle prit celui d’''Athènes'', ou bien d’''Attea'', fille de Cranaüs, ou bien en l’honneur de Minerve, qu’on appelle en grec {{lang|grc|Ἀθήνη}}, ''Athène'', ou ''Athena''. La fable dit qu’il y eut une grande contestation entre Neptune & à Minerve qui des deux donneroit son nom à cette ville ; que pour la terminer, ils convinrent que celui qui produiroit la chose la plus utile au genre humain, l’emporteroit sur l’autre ; que Neptune frappant la terre de son trident en fit sortir un cheval ; que Minerve produisit un olivier & que la victoire lui fut adjugée. ''Voyez'' {{sc|Hyngin}}, ''Fabul. Poët. c. 164''.


Phurnutus dit qu’il est bien difficile de trouver l’étymologie du mot ''Athène'', que porte Minerve, & qu’elle donna à ''Athènes''. Platon en dit autant dans son Cratyle, ''p. 407'', de l’édition d’Etienne. Il ne laisse pas que de chercher cette étymologie ; & il lui semble que les Anciens avoient eu de Minerve la même idée qu’en avoient les interprètes d’Homère, qui disoient que ce Poëte l’avoit prise pour l’esprit & la pensée ; qu’ainsi il croit que celui qui avoit le premier donné le nom {{grec}}, ''Athène'', à cette Déesse, avoit voulu exprimer la même chose ; mais d’une manière plus noble encore, en disant qu’elle étoit la pensée de Dieu, la pensée divine ; ensorte qu’{{grec}}, ''Athène'', n’est autre chose que {{grec}}, d’où en changeant l’{{grec}} en {{lang|grc|α}}, selon un dialecte étranger, c’est-à-dire, le dorique ou l’éolique & retranchant la terminaison de {{grec}}, s’est fait {{grec}}, puis {{grec}}. il ajoute qu’on pourroit dire encore qu’on a voulu la nommer {{grec}}, composé de {{grec}}, ''la prudence dans les mœurs'', ce qui convient parfaitement bien à cette Déesse, & que d’{{grec}}, en adoucissant la prononciation, on a fait {{grec}}. Ainsi l’explique ce Philosophe à l’endroit que j’ai indiqué. D’autres disent que ''Athena'' s’est dit pour ''Athrena'', {{grec}}, c’est-à-dire, du verbe {{grec}}, qui signifie ''voir'', & qu’elle a été ainsi nommée, parce que Minerve est la prudence. D’autres dérivent ce nom de l’{{lang|grc|α}} privatif, & du verbe {{grec}}, ''allaiter'', & veulent que {{grec}}, ait été dit pour {{grec}}, c’est-à-dire, qui n’a point été allaitée, qui n’a point tété, qui n’a point été en nourrice, parce qu’en effet Pallas n’ayant point été enfant, mais étant sortie du cerveau de Jupiter en âge parfait, elle ne fut point allaitée. Vossius, ''Lib. II, de Idol. c. 42'', dit qu’il ne doute nullement que ce nom ne vienne de l’Orient, ou pour le moins de l’Egypte : il croit qu’on le peut tirer du mot hébreu {{hébreu}} ''Ethan'', qu, signifie ''fort, robuste'', & selon lui encore, ''perennis'', perpétuel, éternel. Il aime mieux néanmoins le faire venir du Chaldéen {{hébreu}}, ''tena'', si usité parmi les Thalmudistes, & qui est la même chose que l’Hébreu {{hébreu}}, qu’il interprète, ''penser, méditer, étudier, enseigner'', d’où vient ''Tanaïm'', qui signifie ''Docteurs''. Ainsi Minerve, au sentiment de cet Auteur, a été appelée {{grec}}, ''Athène'', parce qu’elle préside à la doctrine, aux études & aux sciences. L’{{lang|grc|α}} du commencement est l’article, dont on a seulement changé l’aspiration, comme il est arrivé en beaucoup d’autres noms. Quoiqu’il en soit, la ville d’Athènes prit ce nom, lorsqu’Amphictyon, son troisième Roi, l’eut consacrée à Minerve.
Phurnutus dit qu’il est bien difficile de trouver l’étymologie du mot ''Athène'', que porte Minerve, & qu’elle donna à ''Athènes''. Platon en dit autant dans son Cratyle, ''p. 407'', de l’édition d’Etienne. Il ne laisse pas que de chercher cette étymologie ; & il lui semble que les Anciens avoient eu de Minerve la même idée qu’en avoient les interprètes d’Homère, qui disoient que ce Poëte l’avoit prise pour l’esprit & la pensée ; qu’ainsi il croit que celui qui avoit le premier donné le nom {{lang|grc|Ἀθήνη}}, ''Athène'', à cette Déesse, avoit voulu exprimer la même chose ; mais d’une manière plus noble encore, en disant qu’elle étoit la pensée de Dieu, la pensée divine ; ensorte qu’{{lang|grc|Ἀθήνη}}, ''Athène'', n’est autre chose que {{lang|grc|ἡ θεοῦ νόησις}}, d’où en changeant l’{{lang|grc|ή}} en {{lang|grc|α}}, selon un dialecte étranger, c’est-à-dire, le dorique ou l’éolique & retranchant la terminaison de {{lang|grc|νόησις}}, s’est fait {{lang|grc|Θεονόη}}, puis {{lang|grc|Ἀθήνη}}. il ajoute qu’on pourroit dire encore qu’on a voulu la nommer {{lang|grc|Ἠθονόη}}, composé de {{lang|grc|νόησις ἐν τῷ ἤθει}}, ''la prudence dans les mœurs'', ce qui convient parfaitement bien à cette Déesse, & que d’{{lang|grc|Ἠθονόη}}, en adoucissant la prononciation, on a fait {{lang|grc|Ἀθήνη}}. Ainsi l’explique ce Philosophe à l’endroit que j’ai indiqué. D’autres disent que ''Athena'' s’est dit pour ''Athrena'', {{lang|grc|ἀπὸ τοῦ ἀθρεῖν}}, c’est-à-dire, du verbe {{lang|grc|ἀθρεῖν}}, qui signifie ''voir'', & qu’elle a été ainsi nommée, parce que Minerve est la prudence. D’autres dérivent ce nom de l’{{lang|grc|α}} privatif, & du verbe {{lang|grc|θηλάζειν}}, ''allaiter'', & veulent que {{lang|grc|Ἀθήνη}}, ait été dit pour {{lang|grc|{{corr|Ἀθήνη|Ἀθήλη}}}}, c’est-à-dire, qui n’a point été allaitée, qui n’a point tété, qui n’a point été en nourrice, parce qu’en effet Pallas n’ayant point été enfant, mais étant sortie du cerveau de Jupiter en âge parfait, elle ne fut point allaitée. Vossius, ''Lib. II, de Idol. c. 42'', dit qu’il ne doute nullement que ce nom ne vienne de l’Orient, ou pour le moins de l’Egypte : il croit qu’on le peut tirer du mot hébreu {{hébreu}} ''Ethan'', qu, signifie ''fort, robuste'', & selon lui encore, ''perennis'', perpétuel, éternel. Il aime mieux néanmoins le faire venir du Chaldéen {{hébreu}}, ''tena'', si usité parmi les Thalmudistes, & qui est la même chose que l’Hébreu {{hébreu}}, qu’il interprète, ''penser, méditer, étudier, enseigner'', d’où vient ''Tanaïm'', qui signifie ''Docteurs''. Ainsi Minerve, au sentiment de cet Auteur, a été appelée {{lang|grc|Ἀθήνη}}, ''Athène'', parce qu’elle préside à la doctrine, aux études & aux sciences. L’{{lang|grc|α}} du commencement est l’article, dont on a seulement changé l’aspiration, comme il est arrivé en beaucoup d’autres noms. Quoiqu’il en soit, la ville d’Athènes prit ce nom, lorsqu’Amphictyon, son troisième Roi, l’eut consacrée à Minerve.


Platon, dans son ''Critias'', décrit ce qu’étoit ''Athènes'' dans ces commencemens. ''Athènes'' dans sa naissance eut des Rois ; mais ils n’en avoient que le nom : toute leur puissance, presque restreinte au commandement des armées, s’évanouissoit dans la paix. {{sc|Tourreil}}. Codrus, contemporain de Saül, fut le dernier. Ses enfans, Médon & Nilée, disputerent le Royaume entre eux. Les Athéniens en prirent occasion d’abolir la royauté, & déclarèrent Jupiter seul Roi d’''Athènes''. A la place des Rois, ils créèrent sous le nom d’''Archontes'' des Gouverneurs perpétuels ; ils en réduisirent ensuite l’administration à dix ans, & puis à un an. Une puissance aussi limitée que celle-là, contenoit mal des esprits si pointilleux & si remuans. ''Athènes'' demeura ainsi longtemps hors d’état de s’accroître, trop heureuse de se conserver au milieu des longues & fréquentes dissenssions qui la déchiroient. Elle apprit enfin que la véritable liberté consiste à dépendre delà justice & de la raison. {{sc|Id}}.
Platon, dans son ''Critias'', décrit ce qu’étoit ''Athènes'' dans ces commencemens. ''Athènes'' dans sa naissance eut des Rois ; mais ils n’en avoient que le nom : toute leur puissance, presque restreinte au commandement des armées, s’évanouissoit dans la paix. {{sc|Tourreil}}. Codrus, contemporain de Saül, fut le dernier. Ses enfans, Médon & Nilée, disputerent le Royaume entre eux. Les Athéniens en prirent occasion d’abolir la royauté, & déclarèrent Jupiter seul Roi d’''Athènes''. A la place des Rois, ils créèrent sous le nom d’''Archontes'' des Gouverneurs perpétuels ; ils en réduisirent ensuite l’administration à dix ans, & puis à un an. Une puissance aussi limitée que celle-là, contenoit mal des esprits si pointilleux & si remuans. ''Athènes'' demeura ainsi longtemps hors d’état de s’accroître, trop heureuse de se conserver au milieu des longues & fréquentes dissenssions qui la déchiroient. Elle apprit enfin que la véritable liberté consiste à dépendre delà justice & de la raison. {{sc|Id}}.