L’Odyssée/Traduction Séguier/7

Traduction par Ulysse de Séguier.
Didot (p. 123-134).




CHANT VII



ULYSSE AU PALAIS D ALCINOÜS

Ainsi priait au bois le monarque sincère,
Et le char poussiéreux roulait vers la cité.
Quand l’infante eut rejoint le palais de son père,
Au porche elle fit halte : alors, de tout côté,
Ses frères d’accourir, des dieux image exquise.
Ils défont les mulets, rentrent l’habillement.
Nausicaa retourne à son appartement,
Où la vieille Épirote Euryméduse, acquise
De forbans autrefois, lui préparait du feu.
Du peuple Alcinoüs l’obtint en récompense,
Car il régnait sur tous, écouté comme un dieu ;
De sa fille aux bras blancs son lait nourrit l’enfance.
Elle alluma le feu, puis servit le souper.

Ulysse, se levant, gagne les murs ; Minerve
Dans un nuage épais accourt l’envelopper,
De peur qu’à son passage un Phéaque proterve
Ne l’outrage crûment, ne l’interroge à fond.
Comme il allait franchir l’enceinte bourdonnante,
La déesse aux yeux pers, sous la forme avenante

D’une vierge portant un vase d’or au front,
Se plante devant lui ; le héros l’interpelle :
« Mon enfant, voudrais-tu me conduire au logis
D’Alcinoüs, le roi de cette île modèle ?
J’arrive en étranger d’un très lointain pays,
Après mille revers ; aux champs ni dans la ville,
Pour lors je ne connais aucun des habitants. »

Incontinent Minerve aux regards éclatants :
« Oui, je vais t’indiquer le royal domicile,
Bon étranger ; il touche à mon toit patrien.
Mais viens silencieux, je tracerai la route.
Ne regarde personne et ne demande rien.
Des hôtes parmi nous, voilà ce qu’on redoute ;
Quiconque vient d’ailleurs sent des refus amers.
Nos gens n’aiment qu’à voir leur marine lancée
Sur le gouffre écumeux, puisque le Dieu des mers
Fait leurs vaisseaux plus prompts que l’aile ou la pensée.

Pallas-Minerve dit, et devance le preux ;
Lui, de l’Olympienne à l’instant suit les traces.
Nul ne le remarqua de ces marins Phéaces
Qu’en sa marche il frôlait. Minerve aux beaux cheveux
Ne le permettait point, divinité sereine,
Qui par goût le couvrait d’un céleste brouillard.
Ulysse contempla les ports, mainte carène,
L’agora des héros, enfin le long rempart
Fortifié de pieux et d’un aspect sublime.
Mais une fois rendus au superbe palais,
La dive aux clairs regards en ces termes s’exprime :
« Père étranger, voici le toit que tu voulais.
Tu trouveras les rois, d’essence Jovienne,

Assis à leur festin; entre, la force au cœur.
L’homme bien résolu, de quelque lieu qu’il vienne,
Des plus rudes travaux sort toujours le vainqueur.
À la reine, d’abord, vole sans préambule.
On la nomme Arêté ; le sang d’Alcinoüs
Par les mêmes aïeux dans ses veines circule.
Neptune procréa jadis Nausithoüs
Que conçut Péribée, adorable mortelle,
Et la plus jeune enfant du fier Eurymédon.
Des Géants celui-ci commanda la séquelle,
Mais la perdit, tombant lui-même chez Pluton.
Neptune a donc pour fils, de celle qu’il adore,
Le grand Nausithoüs, roi des Phéaciens.
Nausithoüs engendre Alcine et Rhexénore.
Phœbus à l’arc d’argent frappe, au milieu des siens,
Ce dernier sans garçon, ne laissant qu’une fille,
Arêté : pour compagne Alcinoüs la prend,
Et lui rend plus d’honneurs que jamais on n’en rend
Aux femmes gouvernant sous un chef de famille.
Ses enfants bien-aimés, comme son noble époux,
L’entourent maintenant d’un réseau de tendresse.
Son peuple, qui l’admire ainsi qu’une déesse,
La salue au dehors par les mots les plus doux.
Car la reine possède une sagesse égale,
Et partout sa bonté calme les différends.
Si son âme pour toi se révèle amicale,
Tu peux certe espérer de revoir tes parents,
Le sol de ta patrie et ta maison si chère. »

Pallas à l’œil d’azur, cela dit, s’échappa
Vers les stériles flots, loin de l’aimable Schère,
Et, passant Marathon, dans Athènes campa,

Près de l’autel bâti par Érechtée. Ulysse
S’approche, l’air pensif, du logis souverain ;
Il songe avant d’entrer, debout au seuil d’airain.
Flamboyant de rayons, le pompeux édifice
Égalait en splendeur Phœbus ou Séléné.
Autour, et jusqu’au fond, des murs tout ahénides
S’étendaient, d’émail bleu leur faîte couronné.
Des portes d’or fermaient ces demeures solides.
Un chambranle argenté partait du seuil fulgent ;
Les anneaux étaient d’or, le linteau d’argyrose.
Aux deux côtés veillaient des chiens d’or et d’argent,
Que Vulcain fabriqua d’une main virtuose
Pour garder le palais du maître glorieux ;
Ils restaient immortels, francs de toute vieillesse.
Et, de l’entrée au bout, le long de chaque pièce,
S’alignaient des fauteuils, que maint tapis soyeux
Ornait de ses dessins, du sexe œuvre admirable.
C’est là que s’asseyaient pour boire, être nourris,
Les chefs Phéaciens, d’appétit mémorable.
Des Amours d’or massif sur des socles de prix,
Haussant entre leurs doigts des torches radieuses,
Éclairaient tous les soirs les soupeurs réunis.
La maison occupait cinquante travailleuses :
Les unes du froment broyaient les grains jaunis ;
D’autres tissaient la toile, agitaient des navettes,
Se mouvant à l’instar des feuilles du bouleau ;
L’huile semblait lustrer leurs étoffes coquettes.
Autant les Schériens savaient labourer l’eau
Mieux qu’aucune peuplade, autant chez eux les femmes
Excellaient aux tissus. La fille de Jupin.
Leur donna la sagesse et l’art d’ouvrer les trames.


Hors la cour, au palais attenait un jardin
Large de quatre arpents, clôturé d’aubépine.
Là des arbres poussaient mille jets vigoureux
Portant pomme dorée et grenade pourprine,
Et poire, verte olive, aubicon savoureux.
Nul rameau de ces fruits ne croissait économe,
Soit l’hiver, soit l’été ; le souffle du Zéphyr
Faisait naître les uns, les autres se mûrir :
D’où poire après la poire et pomme après la pomme,
Enfin figue sur figue et raisin sur raisin.
Car on voyait plus loin une vigne bénie
Dont les grappes séchaient en une aire aplanie,
Aux rayons du soleil, ou qu’un pressoir voisin
Recevait des paniers ; bourgeons drus et prospères
Aux raisins déjà noirs succédaient constamment.
La suite du terrain de plantes potagères
Offrait, toute l’année, un vaste assortiment.
Deux sources jaillissaient de ce milieu fertile :
L’une arrosait l’enclos, l’autre, courant dehors
Sous la porte d’entrée, alimentait la ville.
D’Alcine, grâce aux dieux, tels étaient les trésors.

Le noble et sage Ulysse admirait, bouche bée.
Quand son cœur eut joui de ce tableau serein,
Du palais il franchit le seuil d’une enjambée.
Il vit les chefs, les rois, faisant, la coupe en main,
D’amples libations au subtil Argicide
Qu’on fêtait le dernier, à l’heure du chevet.
Mais, traversant les cours, le héros intrépide,
Ceint de l’épais brouillard dont Pallas le revêt,
Vole auprès d’Arêté, du magnanime Alcine.
Et le preux de la reine embrassa les genoux ;

Alors s’évapora l’enveloppe divine.
À cet étrange aspect, les princes furent tous
Étonnés et sans voix ; mais aussitôt Ulysse :
« Arêté, qu’engendra l’immortel Rhexénor,
Dans mes maux je t’invoque, et je supplie encor
Ton époux et ces chefs. Que le ciel embellisse
Leur vie, et que chacun puisse transmettre aux siens
Sa maison, son avoir, ses dignités entières !
Quant à moi, dépêchez mon retour dans mes terres,
Car depuis bien longtemps je souffre loin des miens. »

Il dit, et va s’asseoir près du feu, dans la cendre
Du foyer ; les oyants restent silencieux.
Le héros Échénée enfin se fait entendre ;
Des Phéaques sujets il était le plus vieux.
Orateur excellent, savant incomparable,
Son âge lui dicta ce tendre plaidoyer :
« Alcinoüs, il n’est ni beau ni convenable
Qu’un hôte s’accroupisse aux cendres du foyer.
Nous guettons anxieux ce que tu vas résoudre.
Pourvois donc l’étranger d’un siège aux clous d’argent ;
Que, par tes serviteurs le vin se mélangeant,
Également l’on boive à Jupin darde-foudre,
Qui protège les pas des visiteurs sacrés.
Et que pour celui-ci ta prome aille à l’office. »
Le sire Alcinoüs, à ces mots inspirés,
Prend vite par la main l’illustre et sage Ulysse,
Le relève, et l’assied sur un trône éclatant,
À la place d’honneur du preux Laodamante,
Le plus cher de ses fils, son fidèle assistant.
Dans un bassin d’argyre ensuite une servante
Répand, d’un cruchon d’or, l’eau des ablutions,

Et roule devant l’hôte une table polie.
De pain, de mets divers, l’intendante accomplie
La charge, en recourant à ses provisions.
L’ingénieux guerrier mange et se désaltère.
Soudain à son héraut le sire Alcinoüs :
 « Mêle un cratère, et verse à tous, Pontonoüs,
Afin que nous buvions au Dieu darde-tonnerre
Qui protège les pas des nobles suppliants. »
Il dit ; Pontonoüs mélange un vin suave
Et pour chacun remplit les calices brillants.
Lorsqu’on eut fêté Zeus, puis rebu sans entrave,
Alcinoüs ainsi harangua ses suppôts :
 « Oyez, chefs et régents des provinces de Schère,
Ce que présentement mon esprit me suggère.
Le repas est fini, songez tous au repos.
Au jour, nous convierons un surcroît de gérontes ;
Ce palais choiera l’hôte, et l’on sacrifiera
Pompeusement aux dieux ; ensuite on causera
Du départ, pour qu’exempt de tracas et de hontes,
L’étranger, par nos soins, dans son pays natal
Retourne promptement, en dépit des distances.
Il n’éprouvera plus ni troubles ni souffrances
Jusqu’au bord qui l’attend ; et là son lin fatal,
Se déroulant au gré des lourdes Filandières,
Durera tout le temps marqué dès son berceau.
Si c’est un Immortel venu des hautes sphères,
Les dieux auront formé quelque projet nouveau.
Car ils nous ont souvent montré leur doux visage,
Quand le sang de nos bœufs rougissait leurs autels ;
Et même à nos banquets ils vinrent fraternels.
Qu’un Phéace isolé les rencontre en voyage,

Ils ne se cachent pas : nous sommes leurs parents,
Tout comme le Cyclope et la horde Géante. »

Le noble Ulysse alors, de sa voix bienséante :
 « Alcinoüs, conçois des pensers différents.
Je ne ressemble point aux habitants célestes
Ni de corps ni d’esprit, mais aux mortels bornés.
Compare-moi plutôt, vu mes chances funestes,
Aux hommes que tu sais les plus infortunés.
Sûrement je pourrais narrer les maux sans nombre
Que j’ai tous endurés par le vouloir des Dieux.
Mais laissez-moi souper, malgré ma douleur sombre.
Rien n’est plus importun que ce ventre odieux
Dont la nécessité nous rappelle à nous-même,
Quel que soit le chagrin qu’on porte au fond du cœur.
Ainsi j’ai l’âme en deuil, et ce tyran moqueur
Me fait boire et manger ; de ma misère extrême
II m’enjoint l’oubliance, et veut être rempli.
Cependant songez bien, quand reviendra l’Aurore,
À rapatrier vite un humain affaibli
Par tant de coups : avant sa fin, qu’il puisse encore
Voir sa terre, ses gens, son château crénelé. »

Il dit ; l’on bat des mains, on se fait la promesse
De hâter son retour, car il a bien parlé.
Toute libation, toute rasade cesse,
Et chacun pour dormir regagne ses lambris.
L’auguste suppliant demeura dans la salle
Avec le noble Alcine et l’épouse royale.
Les serves du festin ôtèrent les débris.
Or, la blanche Arêté prit d’abord la parole,
Car elle reconnut le manteau, le chiton,

Ornementés par elle et sa troupe amphipole.
Donc, la reine entreprit Ulysse sur ce ton :
« Je t’interrogerai, mon hôte, la première.
Quel es-tu ? D’où sors-tu ? Qui te vêtit ainsi ?
N’as-tu pas dit qu’errant des mers tu vins ici ? »

Ulysse lui répond de cette humble manière :
« Il serait difficile, ô Reine, de conter
Tous mes maux, tant l’Olympe incessamment m’afflige.
Mais tu veux les savoir, je vais te contenter.
Au loin, en pleine mer, s’élève une île, Ogyge,
Où la fille d’Atlas, l’étrange Calypso,
Redoutable déesse aux longs cheveux, réside,
Fuyant tout nœud mortel, tout céleste réseau.
Las ! moi seul, vers sa grotte un démon fut mon guide,
Après que, foudroyant mon navire léger,
Jupin l’eut entr’ouvert au creux de l’onde rogue.
Mes vaillants compagnons ne purent surnager.
Cramponné fortement à ma quille, je vogue,
Moi, neuf jours ; dans l’horreur de la dixième nuit,
Les dieux vont me poussant sur Ogyge, où réside
La nymphe redoutable aux longs cheveux : candide,
Elle me secourut, m’hébergea, me promit
D’un éternel printemps les immuables charmes.
Mais onc elle ne put me prendre à cet appeau.
Je restai là sept ans, toujours mouillant de larmes
Les habits somptueux dont m’ornait Calypso.
L’an huitième déjà voyait durer sa flamme,
Quand la dive soudain me pressa de partir,
Soit que Zeus l’ordonnât, soit qu’eut changé son âme.
Un radeau m’emporta, qu’elle eut soin d’assortir
De tout, pain blanc, vin pur, hardes ambroisiennes ;

Puis elle fit souffler un vent propice et doux.
Dix-sept jours je croisai les vagues sans à coups ;
Au dix-huitième enfin vos cimes Schériennes
M’apparurent : mon cœur bondit avec transport.
Hélas ! je devais voir s’accroître ma misère,
Par le veuil de Neptune, ébranleur de la terre,
Qui, les vents excités, me disputa le port
Et souleva la mer immense ; un tel orage
M’empêcha de guider mon esquif sagement.
Sa fureur le rompit bientôt ; lors à la nage
Je traversai le gouffre amer, jusqu’au moment
Où l’onde et l’air chez vous me mirent d’aventure.
Au sortir de l’abîme, une lame, d’un choc,
M’eût jeté pantelant contre quelque affreux roc.
Mais je rétrogradai, j’atteignis l’embouchure
D’un fleuve ; cet endroit me parut excellent,
Libre d’écueils pointus, de tourmente marine.
J’abordai moitié mort ; survint la nuit divine.
Délaissant le cours d’eau de Jupin ruisselant,
J’allai dans un bosquet sur des feuilles m’étendre ;
Un dieu sous ses pavots me tint vite engourdi.
Je dormis enfeuillé, bien triste en mon cœur tendre,
La nuit et le matin, même l’après-midi.
Vers le soir, je rouvris mes paupières pesantes,
Et j’aperçus ta fille, une divinité,
Se mêlant sur la grève aux jeux de ses suivantes.
Je l’implore, et lui trouve un esprit de bonté,
Tel qu’on ne l’attend pas d’une enfant de son âge,
Car toujours la jeunesse agit imprudemment.
Elle m’offre aussitôt le pain et le breuvage,
Me baigne, me fournit ce riche vêtement.
C’est tout et j’ai dit vrai, quelque deuil qui m’oppresse. »

Alcinoûs prenant la parole à son tour :
« Noble étranger, ma fille a manqué de sagesse ;
Elle aurait dû te joindre à ses femmes d’atour
Et t’amener ici, t’ayant vu la première. »


Ulysse répliqua, d’un verbe étudié :
« Héros, ne gronde point ta fille hospitalière.
De suivre son cortège elle m’a bien prié ;
Mais je n’ai pas voulu, par convenance pure.
J’ai craint qu’à mon aspect ton cœur ne s’irritât ;
En effet soupçonneuse est l’humaine nature. »
Immédiatement l’aimable potentat :
« Cher hôte, ne crois pas que mon cœur se colère
Sans motif ; je professe avant tout l’équité.
Ô père Zeus ! Pallas ! Apollon tutélaire !
Si, tel que je te vois, si, comme moi capté,
Tu convoitais ma fille et devenais mon gendre,
Va, je te donnerais une maison, des biens
Auprès de nous ; mais nul de nos Phéaciens
N’enchaînera tes pieds : Zeus blâmerait l’esclandre.
Demain donc, souviens-t’en, j’aurai soin de régler
Ton départ ; d’ici là presse gaîment ta couche.
Mes gens fendront le flot, jusqu’à ce que l’on touche
À ta ville, à ton sol, où tu voudras cingler,
Fût-ce même une terre au delà de l’Eubée.
Et c’est loin, disent ceux qui connurent ces eaux,
Quand le blond Rhadamanthe alla sur leurs vaisseaux
Visiter Tityus, sorti des flancs de Gée.
Ils se rendirent là, naviguant environ
Douze heures, et chez eux rentrèrent le soir même.
Tu verras de mes nefs la diligence extrême,
Et combien nos marins sont forts à l’aviron. »

Ce discours réjouit le patient Ulysse
Qui s’écria soudain du ton le plus fervent :
« Auguste roi des dieux, fais qu’Alcine accomplisse
Tout ce qu’il dit : Son nom sera prôné souvent
Dans l’univers, et moi, je reverrai ma plage. »
Tels étaient les propos qu’il leur plut d’échanger.
Mais Arêté commande à son preste entourage
De tendre au péristyle un lit pour l’étranger,
D’y placer draps de pourpre, épaisses couvertures,
Et toisons qui du froid puissent le garantir.
Une torche à la main, les femmes de sortir.
Après avoir posé les molles garnitures,
Leur groupe aborde Ulysse et lui dit vivement :
« Voyageur, lève-toi suis-nous, ta couche est prête. »
Il les suit, de dormir se faisant une fête.
C’est ainsi que le preux reposa doucement
En un superbe lit, sous le sonnant portique.
Alcine s’enferma dans son haut bâtiment
La reine à ses côtés mit son coussin pudique.