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AnthologieÉditions Paul Roubaud (p. 57).

Septime Sévère.

Après l’assassinat de Commode, deux empereurs furent élus à Rome et successivement assassinés au bout de quelques mois. Aux frontières, les armées révoltées s’étaient donné des souverains de leur choix ; l’un en Bretagne, l’autre en Syrie, le troisième en Illyrie. Celui-là, Septime Sévère, n’eut point de peine à mater ses concurrents. C’était un africain, actif et dur, cultivé mais ne concevant point l’empire comme la « chose » de Rome. Les Romains raillèrent son « accent punique » comme ils avaient raillé les façons bourgeoises de Vespasien. Il leur donna un peu raison en élevant des statues à Annibal, son concitoyen, qu’il considérait comme entré rétrospectivement dans le Panthéon de l’empire. Il licencia la garde prétorienne composée de Romains et d’Italiens et la reconstitua avec des soldats d’élite choisis indistinctement dans toutes les provinces et même chez les barbares. Sa femme Julia Domna était syrienne, fille d’un de ces prêtres du Soleil qui représentaient une aristocratie très ancienne et affinée mais volontiers corrompue ; femme supérieure, au reste, par l’intelligence et le caractère mais qui contribua à préparer l’« orientalisation » de l’empire. Septime Sévère, premier des empereurs absolus, mourut après dix-huit ans de règne (193-211) à York en Angleterre, au cours d’une expédition pour la défense des frontières. Il laissait le trône à son fils Caracalla. Le mauvais sort qui avait donné pour fils à Vespasien un Domitien et à Marc Aurèle un Commode s’acharnait sur l’empire.