« Page:Agoult - Histoire de la révolution de 1848, tome 2.djvu/421 » : différence entre les versions

m
(→‎Corrigée : Défi 5000)
 
 
État de la page (Qualité des pages)État de la page (Qualité des pages)
-
Page corrigée
+
Page validée
Contenu (par transclusion) :Contenu (par transclusion) :
Ligne 1 : Ligne 1 :
tribunaux d’exception, mais uniquement la prépondérance momentanée de l’autorité militaire sur l’autorité civile. M. Odilon Barrot fut éloquent et vrai ; il gagna sa cause devant la Cour et devant l’opinion publique.
tribunaux d’exception, mais uniquement la prépondérance momentanée de l’autorité militaire sur l’autorité civile. {{M.|Odilon}} Barrot fut éloquent et vrai ; il gagna sa cause devant la Cour et devant l’opinion publique.


Les républicains qui, en 1832, sous la monarchie, s’étaient fortement prononcés contre l’état de siège, ne pouvaient, sans la plus triste inconséquence, l’adopter sous la République. Aussi le projet de décret, lu par M. Pascal Duprat, le 24, à la reprise de la séance, fut-il d’abord mal {{corr|acueilli|accueilli}}. Plusieurs représentants protestèrent au nom des souvenirs de 1832. On hésitait beaucoup encore à prendre une mesure de cette gravité, qui paraissait à bien des consciences une violation manifeste du principe républicain. D’ailleurs, M. Pascal Duprat n’avait pas d’autorité dans la Chambre, et vraisemblablement sa proposition aurait été rejetée, si M. Bastide n’était monté à la tribune pour l’appuyer dans les termes les plus pressants. M. Bastide était très-ému ; il exhorta les représentants à ne pas perdre un temps précieux ; il les supplia de prendre une décision immédiate. « Citoyens, s’écria-t-il, au nom de la patrie, hâtons-nous ! Je vous conjure de mettre un terme à vos délibérations et de voter le plus tôt possible ; dans une heure peut-être l’Hôtel de Ville sera pris ! J’en reçois à l’instant des nouvelles. » Cet accent suppliant d’un homme qu’on connaissait incapable d’intrigue, la parole tremblante de ce cœur plein de fermeté, l’émotion de cette âme si calme, produisirent sur l’Assemblée une impression qui entraîna tout. L’état de siège fut voté par assis et levé.
Les républicains qui, en 1832, sous la monarchie, s’étaient fortement prononcés contre l’état de siége, ne pouvaient, sans la plus triste inconséquence, l’adopter sous la République. Aussi le projet de décret, lu par {{M.|Pascal}} Duprat, le 24, à la reprise de la séance, fut-il d’abord mal {{corr|acueilli|accueilli}}. Plusieurs représentants protestèrent au nom des souvenirs de 1832. On hésitait beaucoup encore à prendre une mesure de cette gravité, qui paraissait à bien des consciences une violation manifeste du principe républicain. D’ailleurs, {{M.|Pascal}} Duprat n’avait pas d’autorité dans la Chambre, et vraisemblablement sa proposition aurait été rejetée, si {{M.|Bastide}} n’était monté à la tribune pour l’appuyer dans les termes les plus pressants. {{M.|Bastide}} était très-ému ; il exhorta les représentants à ne pas perdre un temps précieux ; il les supplia de prendre une décision immédiate. « Citoyens, s’écria-t-il, au nom de la patrie, hâtons-nous ! Je vous conjure de mettre un terme à vos délibérations et de voter le plus tôt possible ; dans une heure peut-être l’Hôtel de Ville sera pris ! J’en reçois à l’instant des nouvelles. » Cet accent suppliant d’un homme qu’on connaissait incapable d’intrigue, la parole tremblante de ce cœur plein de fermeté, l’émotion de cette âme si calme, produisirent sur l’Assemblée une impression qui entraîna tout. L’état de siège fut voté par assis et levé.


Soixante représentants seulement, parmi lesquels MM. Odilon Barrot, Grévy et Considérant, votèrent contre<ref>« Donnez-nous la chose, mais pas le mot, disait à un représentant M. Odilon Barrot ; j'ai-voté contre en 1832, je ne saurais ainsi me contredire. »</ref>.
Soixante représentants seulement, parmi lesquels {{MM.|Odilon}} Barrot, Grévy et Considérant, votèrent contre<ref> « Donnez-nous la chose, mais pas le mot, disait à un représentant {{M.|Odilon}} Barrot ; j’ai-voté contre en 1832, je ne saurais ainsi me contredire. »</ref>.


Une heure après, la commission exécutive envoyait à l’Assemblée sa démission rédigée par M. de Lamartine et conçue en ces termes : « La commission du pouvoir {{tiret|exé|cutif}}
Une heure après, la commission exécutive envoyait à l’Assemblée sa démission rédigée par {{M.|de}} Lamartine et conçue en ces termes : « La commission du pouvoir {{tiret|exé|cutif}}