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« Le moment était venu néanmoins de leur faire les questions qui nous intéressaient principalement et leurs réponses, mélangées de bonnes et de mauvaises nouvelles, furent les suivantes. Ils connaissaient Igloolik, l’île de l’hiver, Repulse-Bay, et avaient quitté Ackoolee, point opposé au précédent, seulement depuis treize jours, afin de se rapprocher de l’eau qui se trouvait, à ce qu’ils nous apprirent, à quelque distance au nord. Ils ajoutèrent que la terre à l’est était une île nommé Kajaktagavik, qu’ils étaient venus le long de la côte à l’ouest de cette île, et que la côte en question présentait plusieurs grandes rivières ; mais nous ne pûmes savoir d’eux s’il y avait un passage au nord de cette île ou de l’endroit qui était en ce moment en vue. Ceci nous contraria d’une manière toute particulière, car c’était dans cette direction que nous avions l’espoir d’avancer plus loin, et nous ne pouvions douter que la terre à l’est ne fût le continent américain.
 
« Le moment était venu néanmoins de leur faire les questions qui nous intéressaient principalement et leurs réponses, mélangées de bonnes et de mauvaises nouvelles, furent les suivantes. Ils connaissaient Igloolik, l’île de l’hiver, Repulse-Bay, et avaient quitté Ackoolee, point opposé au précédent, seulement depuis treize jours, afin de se rapprocher de l’eau qui se trouvait, à ce qu’ils nous apprirent, à quelque distance au nord. Ils ajoutèrent que la terre à l’est était une île nommé Kajaktagavik, qu’ils étaient venus le long de la côte à l’ouest de cette île, et que la côte en question présentait plusieurs grandes rivières ; mais nous ne pûmes savoir d’eux s’il y avait un passage au nord de cette île ou de l’endroit qui était en ce moment en vue. Ceci nous contraria d’une manière toute particulière, car c’était dans cette direction que nous avions l’espoir d’avancer plus loin, et nous ne pouvions douter que la terre à l’est ne fût le continent américain.
   
« Les naturels nous dirent encore qu’au sud les bœufs musqués abondaient sur les collines, et que les rennes venaient tous par ce chemin en avril. Une peau de glouton qu’ils nous vendirent témoignait aussi de l’existence de cet animal dans le pays. Leur manière de chasser le renne est exactement la même que celle adoptée parles autres tribus d’Esquimaux, et comme elle a été souvent décrite, il suffit ici de dire qu’elle consiste à imiter la forme de l’animal : deux chasseurs se réunissent pour cela, le premier porte sur ses épaules une tête de renne armée de ses cornes, et ils parviennent ainsi jusqu’au milieu d’une troupe de ces animaux, sans éveiller même leurs soupçons.
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« Les naturels nous dirent encore qu’au sud les bœufs musqués abondaient sur les collines, et que les rennes venaient tous par ce chemin en avril. Une peau de glouton qu’ils nous vendirent témoignait aussi de l’existence de cet animal dans le pays. Leur manière de chasser le renne est exactement la même que celle adoptée par les autres tribus d’Esquimaux, et comme elle a été souvent décrite, il suffit ici de dire qu’elle consiste à imiter la forme de l’animal : deux chasseurs se réunissent pour cela, le premier porte sur ses épaules une tête de renne armée de ses cornes, et ils parviennent ainsi jusqu’au milieu d’une troupe de ces animaux, sans éveiller même leurs soupçons.
   
 
« Nous étant mis en devoir de dessiner le village, les naturels en parurent vivement inquiets ; mais lorsque nous leur eûmes expliqué ce dont il s’agissait, ils reprirent à l’instant leur gaieté, et se montrèrent charmés de la fidélité du dessin : chacun d’eux reconnut à l’instant sa maison. Lorsque le moment de retourner à bord fut venu, beaucoup d’entre eux s’offrirent pour nous accompagner, et nous prîmes congé des femmes et des enfans, en engageant l’individu qui avait perdu la jambe à venir nous voir le lendemain, afin que notre chirurgien l’examinât. Les hommes, au nombre de huit, vinrent avec nous au navire ; six d’entre eux furent confiés aux soins de l’équipage, et nous fîmes entrer, les deux autres dans notre cabane où le dîner était servi. La vue des couteaux, des assiettes
 
« Nous étant mis en devoir de dessiner le village, les naturels en parurent vivement inquiets ; mais lorsque nous leur eûmes expliqué ce dont il s’agissait, ils reprirent à l’instant leur gaieté, et se montrèrent charmés de la fidélité du dessin : chacun d’eux reconnut à l’instant sa maison. Lorsque le moment de retourner à bord fut venu, beaucoup d’entre eux s’offrirent pour nous accompagner, et nous prîmes congé des femmes et des enfans, en engageant l’individu qui avait perdu la jambe à venir nous voir le lendemain, afin que notre chirurgien l’examinât. Les hommes, au nombre de huit, vinrent avec nous au navire ; six d’entre eux furent confiés aux soins de l’équipage, et nous fîmes entrer, les deux autres dans notre cabane où le dîner était servi. La vue des couteaux, des assiettes
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