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{{TitrePoeme|[[ChantsCatégorie:Chansons révolutionnaires]]|Eugène Pottier|Jules Vallès}}
 
 
 
<poem>
 
 
 
Paris vient de lui dire : Adieu !
Le Paris des grandes journées,
Avec la parole de feu
Qui sort des foules spontanées,
Et cent mille hommes réveillés
Accompagnent au cimetière
Le candidat de la misère,
Le député des fusillés.
 
D’idéal n’ayant pas changé,
La masse qui se retrouve une,
Fait la conduite à l’Insurgé,
Aux cris de : vive la Commune !
Les drapeaux rouges déployés,
Font un triomphe populaire
Au candidat de la misère,
Au député des fusillés.
 
Car vous aimez les tâcherons
De l’idée et ceux qui la sèment,
Vous les blouses ; les bourgerons,
Vous aimez les vrais qui vous aiment
Dans votre geôle, verrouillés,
Vous receviez espoir, lumière,
Du candidat de la misère,
Du député des fusillés.
 
Votre député le voici,
Fronts ouverts par les mitrailleuses,
Fédérés hachés sans merci,
Ambulancières pétroleuses.
Voici, vaincus, foulés aux pieds,
Voici, Varlin, Duval, Minière,
Le candidat de la misère,
Le député des fusillés.
 
Et vous les petits cœurs brisés,
A Vingtras formez un cortège,
Venez, vous, les martyrisés
De la famille et du collège !
Jusqu’au sang il les a fouaillés
Vos tyrans : le cuistre et le père,
Ce candidat de la misère,
Ce député des fusillés.
 
Creusant à vif, palpant à nu,
Ce robuste en littérature
S’est assis sur le convenu
Et pour calqué a pris la nature.
Sanglots navrants, rires mouillés,
Il vécut tout : joie et colère,
Ce candidat de la misère,
Ce député des fusillés.
 
Malgré Bismarck et ses valets,
L’Internationale existe
Et l’Allemagne offre à Vallès
Sa couronne socialiste.
A vous, bourgeois entripaillés,
A vous seuls il faisait là guerre,
Le candidat de la misère,
Le député des fusillés.
 
Il vient le jour de l’action,
Où la féroce Bourgeoisie
Entendra, Révolution,
Crépiter, ton vaste incendie ;
Allumé par vous, dépouillés,
Qu’il soit le bûcher funéraire
Du candidat de la misère,
Du député des fusillés.
 
 
 
<small>Paris, février 1885.</small>
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