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« Tout le monde sait ce que vaut une Anglaise ; c’est un type très haut de la beauté et des qualités d’âme féminines. Notre femme Russe est loin de l’égaler. »
 
   
 
« Tout le monde sait ce que vaut une Anglaise : c’est un type très haut de la beauté et des qualités d’âme féminines. Notre femme Russe est loin de l’égaler. »
Ce n’est pas mon avis.
 
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Ce n’est pas mon avis.
   
 
— Il se peut que l’auteur de la brochure ne soit pas marié et n’ait pu encore prendre connaissance de toutes les vertus de la femme russe.
 
— Il se peut que l’auteur de la brochure ne soit pas marié et n’ait pu encore prendre connaissance de toutes les vertus de la femme russe.
   
 
— Quoique vous le disiez en vous raillant, vous avez raison. Les Russes n’ont pas à renier leurs femmes. En quoi notre femme russe est-elle inférieure à une autre ? Je ne vous parlerai pas du type idéal imaginé par Tourguénev ou par Tolstoï, bien que ce type même soit une grande preuve. Si cet idéal est réalisé dans une œuvre d’art, c’est qu’il correspond à quelque chose de déjà existant dans la nature. Il doit y avoir de telles femmes dans la réalité. Je ne parlerai pas davantage des femmes des Decembristes, ni d’autres exemples plus ou moins célèbres. Mais moi qui ai vécu avec le peuple russe, je ne suis pas sans connaître bien des traits à l’honneur de la femme russe. Et dans quels milieux, dans quels antres horribles, dans quels repaires de vice se cachait parfois la beauté morale ! Je ne veux pas établir de comparaison, ni mettre à toute force les femmes de notre pays au-dessus de toutes celles de l’Europe. Je dirai seulement ceci : Il me semble que les hommes de toute nationalité devraient aimer par-dessus tout les femmes de chez eux. Si des hommes commencent à préférer les femmes de l’étranger à celles de leur propre milieu, je crois que leur peuple n’est pas loin de sa décomposition et de sa fin. Dans ces derniers cent ans, il s’est passé, chez nous, une chose analogue. La Russie cultivée a semblé rompre avec le peuple. Mais j’en reviens aux femmes. Nous subissons facilement le charme des Polonaises, des Françaises, voire des Allemandes. Voici un écrivain qui donne la palme aux Anglaises. Ces symptômes ne me rassurent aucunement. Il y a comme une nouvelle rupture avec notre nationalité ou tout au moins l’indice d’un goût d’amateur de sérails. Il faut revenir à la femme russe, rapprendre à la bien connaître si nous ne la comprenons plus.
— Quoique vous le disiez eu vous raillant, vous avez raison. Les Russes n’ont pas à renier leurs femmes. En quoi notre femme russe est-elle inférieure à une autre ? Je ne vous parlerai pas du type idéal imaginé par Tourguénev
 
ou par Tolstoï, bien que ce type, même, soit une grande preuve. Si cet idéal est réalisé dans une œuvre d’art, c’est qu’il correspond à quelque chose de déjà existant dans la nature. Il doit y avoir de telles femmes dans la réalité. Je ne parlerai pas davantage des femmes des
 
Descembristes, ni d’autres exemples plus ou moins célèbres. Mais moi qui ai vécu avec le peuple russe, je ne suis pas sans connaître bien des traits à l’honneur de la femme, russe. Et dans quels milieux, dans quels antres horribles, dans quels repaires de vice se cachait parfois la beauté morale ! Je ne veux pas établir de comparaison, ni mettre à toute force les femmes de notre pays au-dessus de toutes celles de l’Europe. Je dirai seulement ceci : Il me semble que les hommes de toute nationalité devraient aimer par dessus tout les femmes de chez eux. Si des hommes commencent à préférer les femmes de l’étranger à celles de leur propre milieu, je crois que leur peuple n’est pas loin de sa décomposition et de sa fin. Dans ces derniers cent ans, il s’est passé chez nous, une chose analogue. La Russie cultivée a semblé rompre avec le peuple. Mais j’en reviens aux femmes. Nous subissons facilement le charme des Polonaises, des Françaises, voire, des Allemandes. Voici un écrivain qui donne la palme aux Ang1aises. Ces symptômes, ne me rassurent aucunement. Il y à la comme une nouvelle rupture avec notre nationalité ou tout au moins l’indice d’un goût d’amateur de sérails. Il faut revenir à la femme russe, rapprendre a la bien connaître si nous ne la comprenons plus.
 
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