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jours de traversée, elle arriva à Stromness, en Ecosse. De là le capitaine Ross et son équipage se rendirent à Londres, où leur arrivée produisit cette sensation dont tous les journaux ont parlé dans le temps.
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jours de traversée, elle arriva à Stromness, en Écosse. De là le capitaine Ross et son équipage se rendirent à Londres, où leur arrivée produisit cette sensation dont tous les journaux ont parlé dans le temps.
   
Les résultats de ce voyage peuvent se résumer ainsi en peu de mots. Depuis la découverte du ''détroit de l’Hécla et du Fury'', faite par Parry dans son second voyage, la presqu’île Melville était regardée comme la limite la plus boréale du continent américain, qui était par conséquent censé se terminer par 70° lat. N. La reconnaissance de la péninsule de Boothia et de l’isthme de même nom étend cette limite jusque par le 74°, et ce qui est encore plus important, tout porte à croire qu’à l’ouest de cet isthme la côte va rejoindre, sans accidens remarquables, le cap Turnagain. Ainsi que nous l’avons déjà dit, si le faible espace de deux cent vingt-deux milles, qui se trouve encore inexploré, entre ce cap et la limite atteinte par l’expédition, était relevé, toute la côte boréale de l’Amérique serait connue. La passe du Prince-Régent, qui, selon toutes les probabilités admises dans ces derniers temps, devait offrir un passage, perd également son importance, et il reste démontré que la route suivie par Parry, lors de son premier voyage, est la seule qui puisse conduire au but désiré, si tant est que ce but soit jamais l’objet de nouvelles expéditions. Le champ des conjectures relatives au passage se trouve donc considérablement rétréci, et à défaut de tous les résultats ci-dessus, la reconnaissance de près de deux cents lieues de côtes et d’un grand nombre d’îles, de lacs, de rivières, serait une acquisition géographique assez importante pour assigner une place éminente à l’entreprise du capitaine Ross, sans parler de la détermination du pôle magnétique, et des observations météorologiques de toute espèce que lui doit le monde savant.
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Les résultats de ce voyage peuvent se résumer ainsi en peu de mots. Depuis la découverte du ''détroit de l’Hécla et du Fury'', faite par Parry dans son second voyage, la presqu’île Melville était regardée comme la limite la plus boréale du continent américain, qui était par conséquent censé se terminer par {{angle|70}} {{abr|lat.|latitude}}{{lié}}{{abr|N.|Nord}} La reconnaissance de la péninsule de Boothia et de l’isthme de même nom étend cette limite jusque par le {{angle|74}}, et ce qui est encore plus important, tout porte à croire qu’à l’ouest de cet isthme la côte va rejoindre, sans accidens remarquables, le cap Turnagain. Ainsi que nous l’avons déjà dit, si le faible espace de deux cent vingt-deux milles, qui se trouve encore inexploré, entre ce cap et la limite atteinte par l’expédition, était relevé, toute la côte boréale de l’Amérique serait connue. La passe du Prince-Régent, qui, selon toutes les probabilités admises dans ces derniers temps, devait offrir un passage, perd également son importance, et il reste démontré que la route suivie par Parry, lors de son premier voyage, est la seule qui puisse conduire au but désiré, si tant est que ce but soit jamais l’objet de nouvelles expéditions. Le champ des conjectures relatives au passage se trouve donc considérablement rétréci, et à défaut de tous les résultats ci-dessus, la reconnaissance de près de deux cents lieues de côtes et d’un grand nombre d’îles, de lacs, de rivières, serait une acquisition géographique assez importante pour assigner une place éminente à l’entreprise du capitaine Ross, sans parler de la détermination du pôle magnétique, et des observations météorologiques de toute espèce que lui doit le monde savant.
   
 
Quant au courage et à l’esprit d’enthousiasme déployés dans le cours de l’entreprise, ce sont choses trop vulgaires dans la marine anglaise comme dans la nôtre, pour qu’il soit nécessaire de s’y arrêter. Une circonstance qui mérite d’être connue, a néanmoins signalé cette expédition. Tous les officiers du ''Victory'', depuis le capitaine jusqu’au chirurgien inclusivement, servaient sans appointemens, mus par le seul désir de la gloire, et s’en remettant à leur pays pour les récompenser de leurs travaux à leur retour. L’Angleterre, il faut le dire, n’a jamais trompé, à l’égard des siens, les nobles attentes de ce genre. Aussitôt après le retour de l’expédition, une justice généreuse a été rendue à chacun, et le public, continuant ce qu’avait commencé le gouvernement, a entouré d’une vive sympathie la relation du capitaine Ross.
 
Quant au courage et à l’esprit d’enthousiasme déployés dans le cours de l’entreprise, ce sont choses trop vulgaires dans la marine anglaise comme dans la nôtre, pour qu’il soit nécessaire de s’y arrêter. Une circonstance qui mérite d’être connue, a néanmoins signalé cette expédition. Tous les officiers du ''Victory'', depuis le capitaine jusqu’au chirurgien inclusivement, servaient sans appointemens, mus par le seul désir de la gloire, et s’en remettant à leur pays pour les récompenser de leurs travaux à leur retour. L’Angleterre, il faut le dire, n’a jamais trompé, à l’égard des siens, les nobles attentes de ce genre. Aussitôt après le retour de l’expédition, une justice généreuse a été rendue à chacun, et le public, continuant ce qu’avait commencé le gouvernement, a entouré d’une vive sympathie la relation du capitaine Ross.
   
   
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TH. LACORDAIRE.
 
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