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Revue du Pays de Caux N°1 janvier 1903/III

L’ÉVOLUTION DE LA DÉMOCRATIE



Il advient que de grands fleuves — la Seine, aux environs de Paris par exemple, — forment des boucles compliquées dont la raison géographique, pour certaine qu’elle soit, n’apparaît pas aux regards de l’homme. Pareils revirements se produisent dans le cours des événements : la cause en demeure sinon invisible, du moins malaisée à percevoir et les contemporains éprouvent de la surprise en notant le démenti donné par les faits à leurs pronostics les plus raisonnables.

Jusqu’ici, en regardant couler le fleuve Démocratie, nous jugions non sans raison que si, d’aventure, quelques barrages résistants surgissaient çà et là pour retarder et accidenter ses flots, ceux-ci n’en continueraient pas moins d’aller, balayant les privilèges et égalisant l’humanité, vers le gouvernement populaire par le nombre et l’élection. C’était très probable — et pourtant, ce n’était pas vrai : l’évolution du pouvoir démocratique s’accomplit tout au rebours de ce que nous avions prévu ; nous sommes à un tournant du fleuve : il a fait un coude brusque et paraît remonter vers sa source. Ayons la franchise de le constater.


Qu’est-ce qu’une démocratie ?

Une démocratie n’est point nécessairement une république ; ce serait en ramener la définition à celle d’une simple forme gouvernementale que de les confondre : une démocratie est, à proprement parler, un pays dans lequel prévaut la volonté nationale, c’est-à-dire dans lequel la majorité a organisé le gouvernement de son choix et participe à ce gouvernement soit directement, soit indirectement. L’inverse de la démocratie, ce n’est point la monarchie, c’est l’aristocratie, le régime dans lequel domine une minorité privilégiée. De sorte qu’une république peut être aristocratique et une démocratie monarchique. La république de Venise dans le passé, la monarchie Norvégienne dans le présent en sont de frappants exemples ; on pourrait en citer d’autres. Cela étant, si nous jetons les regards autour de nous, nous apercevons un certain nombre de démocraties, à côté de quelques États auxquels on ne saurait donner ce nom : ni l’Autriche-Hongrie, ni surtout la Russie parmi les grands États ne répondent aux caractéristiques démocratiques : la Turquie, moins encore ; il en est de même de la Bulgarie ; la Serbie, la Roumanie, l’Espagne, le Portugal sont peut être des démocraties de nom, elles ne le sont guère de fait. Par contre, l’Allemagne, l’Angleterre, la France, la Hollande, la Belgique, la Grèce, la Suisse, l’Italie, le Danemark, se réclament du principe démocratique plus ou moins développé. C’est à ces différents pays que nous songions en étudiant après Tocqueville les institutions Américaines et en supposant que toute cette portion du vieux monde s’engagerait peu à peu dans la voie tracée par le nouveau.


Césarisme ou Impérialisme ?

Il n’en est rien. Partout, le pouvoir personnel se consolide ou s’établit, non pas bien entendu selon la formule moscovite qui est celle de l’absolutisme pur et simple, mais selon cette formule Allemande qui fait vivre côte à côte un empereur indiscuté et un Reichstag élu au suffrage universel. On l’avait crue passagère. L’empire de Guillaume ier et de Bismarck pouvait passer pour l’établissement fondé par des conquérants et maintenu par eux. Mais l’empire de Guillaume ii est un système régulier et tranquille ; et la force qui le soutient n’a fait pourtant que s’accroître. Bien plus, les autres souverains fortifient leurs trônes par des méthodes identiques. Combien les temps sont changés ! Le parapluie de Louis Philippe n’aurait plus aujourd’hui le moindre succès et, loin de retarder, il précipiterait plutôt la chute de son possesseur. Le souverain d’il y a trente ans menait son phaëton, arborait la redingote et le chapeau de soie, se mêlait discrètement à ses sujets, trouvait habile de faire cesser l’étiquette au seuil de son palais ; on lui en savait gré ; on le jugeait homme d’esprit ; on lui pardonnait son titre. Désormais, c’est l’inverse ; on aime à le voir souvent à cheval, constamment en uniforme, toujours en représentation ; on ne lui pardonnerait pas d’oublier son rang. Et surtout ce qu’on attend de lui, c’est justement qu’il se mêle de tout ce dont auparavant on souhaitait qu’il ne s’occupât point. Son avis sur chaque question, sa présence en toute occasion, sa parole à tout propos, voilà ce que veulent ses sujets. Il tendait à devenir la machine à signer de son premier ministre et maintenant son premier ministre tend à n’être plus que son secrétaire général.

Quand la reine Victoria monta sur le trône d’Angleterre, elle n’était pas très sûre de son droit divin ; elle sentait plus de force lui venir de la constitution que de la couronne, objet symbolique destiné, semblait-il, à être bientôt enfermé dans une vitrine de musée. Il y eut chez nos voisins, vers le milieu du siècle, des républicains ; mais peu, parce que ces gens pratiques estimaient que la république leur coûterait plus cher que la monarchie présente : le raisonnement était courant. Quand la reine est morte, elle était devenue impératrice des Indes et avait reçu à deux reprises, les acclamations enthousiastes de je ne sais combien de millions d’hommes empressés à louer la grandeur de son titre mieux encore que l’étendue de ses mérites personnels. Plus Édouard vii jette d’hermine et de pourpre sur ses épaules, plus il rehausse l’éclat de sa cour et plus il est populaire, non pas parmi la foule qui se presse pour le voir passer, mais parmi le peuple instruit et raisonnable qui lit avec ferveur dans les journaux le détail de ses moindres gestes. Victor Emmanuel iii s’est gagné sans doute beaucoup de sympathies par son libéralisme intelligent, mais les Italiens se réjouissent surtout de le voir jeune, actif, s’astreignant bien que peut-être son tempérament l’en écarte, à une discipline militaire et y astreignant son entourage. Les moindres souverains, les princes héritiers tiennent les yeux fixés sur Berlin, Londres ou Rome et imitent les attitudes qui y ont cours. Au même moment, on voit Christian ix maintenir plusieurs années au pouvoir des ministres que son parlement met obstinément en minorité, François Joseph recourir pour gouverner à un certain article 14 de la constitution qui permet le rétablissement momentané de l’autocratie, Léopold ii enfin recommander aux élus de la nation « moins de paroles et plus d’actes » sur un ton qu’il n’eût jamais osé employer au début de son règne. En d’autres temps le respect qu’eût toujours inspiré le caractère de la reine Marie Christine n’aurait pas suffi à pallier la fragilité de sa régence et le piteux régime qu’est la monarchie Portugaise se serait dès longtemps effondré de lui-même. On disait que la révolution Brésilienne allait être le prélude de nombreux cataclysmes royaux. Don Pedro, au contraire, paraît devoir clore la série des « rois en exil ». Et ces tendances à renforcer le pouvoir personnel ont passé les mers et transformé la présidence de la plus grande république de l’univers ; sûrement le chef d’État Américain n’a jamais été dépourvu d’action ; mais ni Washington, ni ses successeurs immédiats ne se sentirent poussés par l’opinion à faire usage de leurs prérogatives comme l’est le président Roosevelt, comme l’était même son prédécesseur Mac-Kinley dont la personnalité pourtant ne s’affirmait guère.

Est-ce le césarisme, tout cela ? Non pas. Certaines républiques voguent peut-être vers une sorte de césarisme civil inconnu du passé. Mais les monarchies demeurent résolument héréditaires et le principe héréditaire est contraire au césarisme. Le nouveau régime est un néo-impérialisme que nous comprendrons mieux en cherchant quelles sont les forces nationales, les passions populaires qui lui servent de base.


Force, richesse et race

La démocratie nouvelle n’est pas moins différente dans son idéal que dans sa forme de la démocratie de la veille : au lieu de s’éprendre de plus en plus de paix, de modération, de liberté et de justice, elle a le culte de la force, de la richesse et de la race.

La force, elle est partout et désormais indiscutée. La conférence de La Haye n’a pu atteindre un résultat quelconque ou une apparence de résultat qu’à la condition d’écarter toute proposition de désarmement ; rien que d’en parler l’eût rendu impopulaire. Après 1870, les charges militaires apparaissaient aux yeux des nations Européennes comme une fâcheuse nécessité ; elles jugeaient l’état de paix armé indispensable mais en même temps elles le jugeaient néfaste ; depuis lors, les idées ont évolué ; beaucoup se sont pris à considérer que les sommes ainsi dépensées n’étaient point de l’argent perdu parce que le militarisme était producteur de force morale et contribuait directement de la sorte au bien et à la prospérité de la nation. Il n’est pas un seul pays qui depuis vingt ans ait réduit le moindre de ses effectifs ; la Suisse, elle-même, a développé ses institutions militaires et créé une armée dont on ne parle pas beaucoup mais qui n’en a pas moins une véritable valeur professionnelle : il suffit d’avoir suivi de loin les manifestations de l’esprit public aux États-Unis pendant la guerre avec l’Espagne pour se rendre compte à quel point elles étaient influencées par le culte de la force ; il suffit de lire les poèmes guerriers échappés à la plume de Rudyard Kippling ou bien les thèses philosophiques énoncées par Nietzche pour comprendre à quel point ce culte a imprégné les âmes Anglaises et Allemandes. On nous ripostera par l’âme Latine. Mais d’abord, y a-t-il une âme Latine ? L’Espagne cherche à tâtons sa voie : l’Italie s’est modelée beaucoup plus sur l’Allemagne que sur la France depuis qu’elle a réalisé son unité. En France même, il y a un courant inconscient en faveur des solutions par la force. Les mêmes députés qui s’indignaient qu’un pédagogue célèbre eut discouru devant ses élèves sur la nécessité de la force en ce monde disaient naguère au président du conseil : Vous avez la force, usez-en ! Ils auraient, en d’autres temps, proclamé leur bon droit et la supériorité de leurs doctrines : ils se réclament aujourd’hui de la puissance numérique de leur parti, de l’existence de la majorité comme de la loi suprême dont la décision demeure sans appel.

Voilà pour la force. L’argent domine à son tour et il s’est grandement ennobli, ce qui n’est pas étranger à l’accroissement de son pouvoir. Rappelez-vous ces silhouettes que précisément nous avons dressées devant vous, lecteurs ; rappelez-vous Cecil Rhodes, Carnegie, Nobel ; voilà des types absolument nouveaux, les civilisations antérieures n’en avaient pas produit de semblables.

De tels hommes ne peuvent pas ne pas surexciter les imaginations de leurs contemporains, et, par conséquent, agir sur leur temps ; l’idée de richesse vient ici appuyer et doubler l’idée de force ; cet argent en effet, représente une force. On s’en sert pour créer un empire, pour multiplier les fondations, pour instituer des prix destinés à récompenser le talent ou la vertu, et dont chacun représente une fortune. Remarquez combien l’évolution est complète. L’argent, il y a cinquante ans, procurait le plaisir ; il était synonyme de jouissance et c’est par là qu’il tendait de plus en plus à s’avilir ; mais le voici devenu rouage social d’une haute utilité ; il procure le moyen d’agir efficacement, puissamment. Le millionnaire devient le héros de l’époque… Nous n’apprécions pas, nous constatons. Et vous vous tromperiez grandement si vous ne voyiez rôder autour de lui que la vulgaire convoitise du partageux ; il y a aussi l’ambition de l’égaler et de parvenir au même sommet par la même route.

La progression de l’idée de race est moins aisée à expliquer car c’est là un sentiment primitif que la civilisation devrait atténuer et tendre à diminuer. Ce sont les peuples naissants qui se resserrent en quelque sorte autour de leur type ethnique comme autour d’une forteresse centrale et en défendent l’intégrité comme leur bien le plus précieux. Ce sont eux qui voient dans l’étranger un dangereux barbare, un animal nécessairement ennemi : impressions simples et claires qui caractérisent l’aube de la vie sociale et que la complexité des âges de science et de progrès devrait faire évanouir… et c’est bien ainsi que les choses se passeraient en somme, si avec les idées ne montait le nombre, si en même temps que les cerveaux s’éclairent, ils n’allaient pas se multipliant. Voyez donc combien sont accueillants et tolérants les peuples civilisés quand ils ne se sentent pas à l’étroit sur leur domaine ; les Américains ont de tout temps étalé un naïf orgueil ; leur sol n’en était pas moins bien encore le plus hospitalier du monde et cette hospitalité si large contribuait encore à les rendre fiers d’eux mêmes. C’est à peine s’il éprouvent aujourd’hui la notion lointaine d’un encombrement possible, et déjà tout change ; ils élèvent des barrières, creusent des fossés ; ils repoussent les émigrants pauvres, ils refusent les Chinois ; ils étendent le régime protectionniste à la population même. Et voilà peut-être un de ces phénomènes auxquels songeait dernièrement Herbert Spencer en prophétisant la « rébarbarisation du monde ». Il est certain que l’internationalisme avec tout ce qu’il comporte de progrès matériels et moraux a pour revers de sa médaille l’exaspération du nationalisme ; les rivalités ne sont plus basées sur la haine de l’étranger comme avant-hier, ni sur les ambitions dynastiques des souverains comme hier, mais bien sur l’appétit des multitudes : chaque gouvernement traîne après soi des masses toujours plus compactes à l’entretien desquelles il doit pourvoir… et c’est pour cela désormais qu’on fera la guerre.

De tous les côtés les races se rejoignent : la seconde moitié du xixe siècle avait vu se réaliser l’unité Allemande et l’unité Italienne : mais c’étaient là des unités politiques plutôt qu’ethniques ; de nos jours le caractère ethnique est bien plus apparent et plus tranché. Les germanophiles d’Autriche ne se demandent pas s’ils n’auraient point intérêt à accepter le fédéralisme plutôt qu’à se réunir à l’Allemagne ; les Italiens du Tyrol et du Trentin n’examinent pas ce qu’ils peuvent perdre à se joindre à l’Italie ; les Crétois ne pèsent pas le pour et le contre de leur annexion à la Grèce. Les uns et les autres obéissent à des instincts irraisonnés et supérieurs à l’intérêt. Le rapprochement des Anglo-Saxons a surpris tous ceux qui croyaient les oppositions commerciales plus fortes que les liens du sang ; le rapprochement de l’Espagne et de ses anciennes colonies d’Amérique s’opère sans qu’on y soit poussé, de part et d’autre, par l’espérance de grands profits matériels. Et malgré des querelles intestines déjà anciennes, il existe désormais un scandinavisme ambitieux et agissant. La plus extraordinaire est encore la Pologne, martyrisée à tant de reprises, coupée en trois depuis plus d’un siècle et plus Polonaise qu’elle ne fut jamais.


Hasard ou Providence ?

Cette évolution de la démocratie est-elle un fait providentiel ? Et par providentiel nous entendons ici non point une intervention de la volonté divine, ce qui est le sens religieux, mais une de ces fatalités historiques qui résultent d’un ensemble de circonstances et de faits tendant manifestement au même but. On ne peut pas le prétendre. L’évolution que nous examinons n’est pas logique ; elle n’était pas nécessaire ; elle découle directement de l’institution en 1866 d’un germanisme impérial qui aurait pu ne pas naître. L’unité de l’Allemagne, œuvre fatale et nécessaire, pouvait fort bien s’opérer pacifiquement et libéralement au lieu de s’opérer par le sang et la bataille ; la meilleure preuve en est que ce résultat faillit être atteint en 1848 et que le refus du roi de Prusse d’accepter la couronne impériale que les Allemands lui offraient alors, fit seul échouer un plan à la fois grandiose et paisible. Si l’entreprise du parlement de Francfort avait abouti, toute l’histoire ultérieure de l’Europe, toute la physionomie de la seconde partie du xixe siècle et des débuts du xxe s’en fussent trouvées modifiées ; le monde auquel on n’eut point imposé le revêtissement d’armures qui l’a si complètement transformé, s’orientait dans une

voie différente…

Combien cela durera-t-il ?

Rien n’est éternel ici-bas et on pourrait même ajouter que de notre temps rien n’est durable : de telles situations pourtant dépassent notre horizon. On peut provoquer par un effort collectif, par la collaboration d’une quantité de volontés humaines, la cessation d’un état de choses matériel, la révision d’un traité, la substitution d’une politique à une autre. Mais lorsqu’il s’agit des idées dominantes d’une époque, l’action des individus sur leurs évolutions est extrêmement lente, si lente même que, le plus souvent, les contemporains ne la perçoivent pas. La philosophie actuelle de la démocratie, si l’on peut ainsi parler, est trop générale et trop complète pour être passagère. Elle passera, mais d’abord qu’il faut qu’elle s’use et venant de se former, elle n’est point près de s’user ; nous assisterons à l’épanouissement complet des notions et des passions qui l’alimentent. Puis ces notions et ces passions s’exagèreront ; après viendra l’usure. Cela regarde nos enfants : pour nous, il est certain que nous sommes condamnés à vivre dans cette atmosphère de force, de richesse et de race, que cela nous plaise ou non. Les violents s’irriteront en vain, et les sots se lamenteront. Une fois constaté, le fait contre lequel on ne peut rien, le mieux est d’en tirer le meilleur parti, make the best of it comme disent les Anglais en une formule d’une géniale virilité ; après tout, montrez-vous, quand il pleut, le poing aux nuages et injuriez-vous l’eau qui tombe ? Vous prenez votre parapluie, tout bonnement.


Le rôle de la démocratie française

La France moderne n’est pas toujours bien partagée sous le rapport des tâches qui lui incombent : ce sont souvent les plus ingrates et les plus délicates en même temps que les plus méritoires. Notre démocratie est vouée à l’équilibre ; des devoirs contradictoires pèsent sur elle ; elle est prise entre le double souci d’irrésistibles aspirations et d’hérédités obligatoires. Elle est anxieuse de paix, de partage et d’internationalisme en un temps où il lui est défendu, sous peine de périr, de poursuivre le désarmement, le collectivisme et la fraternité des peuples. Elle voudrait prouver au monde ses instincts généreux, son esprit de solidarité et elle sent la nécessité de lui montrer des soldats et des capitaux. À vrai dire, rien n’est plus fécond pour une nation comme pour un individu que ce mélange des choses de l’esprit avec celle du corps, des progrès matériels avec les progrès intellectuels, des efforts musculaires avec les efforts cérébraux. Mais il faut que des alternances si contraires soient réglées avec une justesse et une sûreté bien difficiles à atteindre. La mesure, en un mot, est indispensable et si l’homme le mieux doué et le plus droit éprouve tant de peine à réaliser la mesure en toutes choses, combien l’être tumultueux et complexe qu’est une nation doit-il s’y sentir malhabile !

La mesure, voilà aujourd’hui ce qu’il nous faut avant tout, étant donné l’état du monde et l’atmosphère ambiante. Et dans ce mariage de raison des idées généreuses avec les armes perfectionnées, dans cette collaboration nécessaire du capitalisme avec le désintéressement, nous trouverons, si nous savons y atteindre et nous y tenir, le gage d’un magnifique avenir, digne de tout ce que notre passé contient de lumière et de grandeur.


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