Poèmes incongrus/Le grand Métingue du Métropolitain

Mac-Nab ()
Poèmes Incongrus : suite aux Poèmes mobiles
Texte établi par Avec une Préface de Voltaire, Léon Vanier, bibliopole (p. 19-21).

LE GRAND MÉTINGUE
DU MÉTROPOLITAIN


C’était hier samedi jour de paye
Et le soleil se levait sur nos fronts ;
J’avais déjà vidé plus d’un’ bouteille
Si bien qu’jamais j’m’avais trouvé si rond.
V’là la bourgeois’ qui rapplique devant l’zingue :
« Brigand, qu’ell’ dit, t’as donc lâché l’turbin ! »

Oui que j’réponds, car je vais au métingue
Au grand métingu’ du Métropolitain !

bis.


Les citoyens dans un élan sublime,
Étaient venus guidés par la raison.
À la porte, on donnait vingt-cinq centimes,
Pour soutenir les grèves de Vierzon.
Bref, à part quat’ municipaux qui chlingue
Et trois sergots déguisés en pékins,

J’ai jamais vu de plus chouette métingue
Que le métingu’ du Métropolitain !

bis.


Y avait Basly, le mineur indomptable,
Camélinat, l’orgueille du pays…
Ils sont grimpés tous deux sur un’ table.
Pour mettre la question sur le tapis.
Mais tout à coup on entend du bastringue,
C’est un mouchard qui veut faire le malin,

Il est venu pour troubler le métingue,
Le grand métingu’ du Métropolitain :

bis.


Moi j’tomb’ dessus, et pendant qu’il proteste,
D’un grand coup d’poing j’y renfonc’ son chapeau ;
Il déguerpit sans demander son reste,
En faisant signe aux quat’ municipaux ;
À la faveur de c’que j’étais brind’zingue
On m’a conduit jusqu’au poste voisin…

Et c’est comm’ ça qu’a fini le métingue,
Le grand métingu’ du Metropolitain !

bis.


Peuple français, la Bastille est détruite,
Il y a z’encore des cachots pour tes fils !…
Souviens-toi des géants de quarante-huite
Qu’étaient plus grands qu’ceuss’d’aujour d’aujourd’hui
Car c’est toujours l’pauvre ouverrier qui trinque,
Mém’ qu’on le fourre au violon pour un rien…

C’était tout de même un bien chouette métingue
Que le métingu’ du Métropolitain !

bis.