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doctrine de la grâce ne se trouvât enveloppée dans cette condamnation, et furent d’avis d’envoyer au pape pour lui représenter les artifices et les mauvaises intentions de leurs adversaires. Cet avis l’ayant emporté, M. de Gondrin, archevêque de Sens, MM. de Châlons[1], d’Orléans[2], de Comminges[3], de Beauvais[4], d’Angers[5], et huit ou dix autres prélats, zélés défenseurs de la doctrine de la grâce efficace, députèrent à Rome trois ou quatre des plus habiles théologiens[6] attachés à cette doctrine, et les chargèrent d’une lettre pour le pape, où, après s’être plaints à Sa Sainteté qu’on eût voulu l’engager à décider sur des propositions faites à plaisir, et qui, étant énoncées en des termes ambigus, ne pouvaient produire d’elles-mêmes que des disputes pleines de chaleur dans la diversité des interprétations qu’on leur peut donner. Ils la suppliaient de vouloir examiner à fond cette affaire, de bien distinguer les différents sens des propositions, et d’observer, dans le jugement qu’elle en ferait, la forme légitime des jugements ecclésiastiques, qui consistait

  1. Félix Vialart de Herse.
  2. Alphonse d’Elbène.
  3. Gilbert de Choiseul.
  4. Nicolas Choart de Buzanval.
  5. Henri Arnauld.
  6. Ils étaient quatre, dont voici les noms : Noël de la Lane, Jacques Brousse, Louis de Saint-Amour et Louis Angran. V. le Journal de Saint-Amour, p. 164. Le P. Desmares et le docteur Nicolas Manessier se joignirent à eux en 1653.