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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/432

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le quart livre.


paeslon plein de laict chaud. Vous, dist Pantagruel, l’avez ouy dire : aussi avoient ceulx qui vous l’ont raconté. Mais tel remède ne feut oncques veu ne leu. Hippocrates lib. 5. Epid. escript le cas estre de son temps advenu : & le patient subit estre mort par spasme & convulsion.

Oultre plus, disoit le Potestat, tous les Renards du pays luy entroient en gueule poursuyvans les gelines, & trespassoit à tous momens, ne feust que par le conseil d’un Badin enchanteur, à l’heure du paroxysme il escorchoit un Renard pour antidote & contrepoison.

Depuys eut meilleur advis, & y remedie moyennant un clystère qu’on luy baille faict d’une decoction de grains de bled & de millet, es quelz accourent les poulles, ensemble de fayes d’oysons es quelz accourent les Renards. Aussi des pillules qu’il prent par la bouche, composées de levriers & de chiens terriers. Voyez là nostre malheur.

N’ayez paour gens de bien (dist Pantagruel) desormais. Ce grand Bringuenarilles avalleur de moulins à vent est mort. Ie le vous asceure. Et mourut suffocqué & estranglé mangeant un coin de beurre frays à la gueule d’un four chault par l’ordonnance des Medicins.