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ces autres personnes, dis-je en lui 1 désignant les amants de Clinias. » Déjà en effet ils faisaient cercle autour de nous. Car Ctésippe s'était trouvé assis loin de Clinias, et, me sem- bla-t-il, comme Euthydème, en causant avec moi, se trouvait

C penché en avant, avec Clinias entre nous, il masquait la vue à Ctésippe. Désireux de contempler son bien-aimé, et en même temps curieux d'entendre, Ctésippe avait donc sauté sur ses pieds, et le premier s'était approché juste en face de nous ; les autres, en le voyant, firent de même et nous entou- rèrent, les amants de Clinias avec les disciples d'Euthydème et de Dionysodore. C'est eux que je désignai à Euthy- dème, en lui disant que tous étaient prêts à s'instruire.

d Ctésippe m'approuva avec le plus grand empressement, les autres aussi, et tous ensemble invitèrent les deux frères à exhiber 2 la valeur de leur savoir.

Je repris alors : « Euthydème et Diony- Invitation sodore, je vous en prie instamment ;

aux sophistes. d ' une mani fre ou d'une autre faites- leur ce plaisir, et, pour l'amour de moi, montrez-nous votre savoir-faire. Nous en découvrir la plus grande part ne serait évidemment pas une petite affaire, mais répondez-moi sur ce point: celui qui est déjà convaincu de la nécessité de prendre vos leçons est-il le seul dont vous e pourriez faire un homme de bien ? ou en est-il de même pour qui n'en est pas encore persuadé, faute de croire en général que cet objet, la vertu 3 , peut s'apprendre, ou que vous l'enseignez tous deux? Voyons, un homme ainsi fait, le même art se charge-t-il de le persuader que la vertu s'en- seigne, et que vous êtes les maîtres les plus capables de l'en instruire, ou est-ce un autre art ? »

« C'est ce même art, Socrate »> répondit Dionysodore.

d'une faute. Socrate affecte de traiter comme des dieux ces hommes supérieurs ; 20,3 a, il les invoquera comme les Dioscures. i . A Euthydème ; voir plus bas.

2. 'Et:!û*sixvu<j6ou : donner une conférence, prononcer un dis- cours d'apparat (h:io*ei£tç). Cf. Hipp. maj. 286 b, Lâches, i83 b.

3. L'expression t6 Tzparfaa X7jv àps-riv a paru suspecte ; la première impression est que ttjv ipexrjv est une glose destinée à expliquer -0 -payu-a. On peut néanmoins défendre le texte en s'appuyant sur Protagoras, 327 a : toutou tou ^pa-ftiaTo;, tt^ àpsTij;, cet objet, je

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