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Édition du Centenaire (p. 7-8).

PRÉAMBULE


L’admiration que la terre de France inspirait aux Anciens se révèle en ces paroles du géographe grec Strabon qui vivait aux temps d’Auguste et de Tibère : « Il semble qu’une Providence a élevé ces chaînes de montagnes, rapproché ces mers, tracé et dirigé le cours de tous ces fleuves pour faire un jour de la Gaule le lieu le plus florissant du monde » — paroles que Victor Duruy a magnifiquement paraphrasées dans son « Introduction générale à l’Histoire de France » en décrivant l’harmonie géographique du sol français.

Une harmonie similaire se révèle dans nos annales bien que l’on ait longtemps négligé de l’apercevoir et de la signaler. La faute en est sans doute à l’habitude persistante de repérer l’histoire d’après les règnes des souverains ou la succession des guerres, plaçant ainsi de niveau des hommes et des événements de valeur et de portée très inégales.

Si nous adoptons une méthode de repérage plus rationnelle — celle qui envisage les grandes périodes d’après leurs caractéristiques générales — la France historique se présente à nos yeux sous un aspect dont l’heureuse symétrie n’a été égalée par le passé d’aucun peuple.

Les deux mille cinq cents ans qui se sont écoulés depuis la fondation de Marseille (point de départ approximatif de nos connaissances précises) se divisent en effet de la façon la plus naturelle en trois périodes de cinq cents ana chacune et une période déjà presque millénaire. Ce sont d’abord les cinq siècles de lent développement celtique, compris entre l’installation des Grecs sur le littoral méditerranéen et l’apparition des légions romaines au delà des Alpes. Puis viennent cinq siècles de préceptorat romain auxquels succèdent cinq autres siècles de réaction et d’assimilation barbares de la monarchie franque à la monarchie capétienne. Enfin s’inaugure la période de civilisation française définie dont l’évolution se continue sans interruption jusqu’à nous.

Tel est le canevas clair et net au travers duquel le sort de la France et son rôle dans le monde se sont fixés et développés. La pédagogie aurait tort de ne point s’en servir, car il simplifie singulièrement sa tâche. Nous espérons contribuer à cette simplification par les rapides exposés contenus dans les pages qui suivent.