Ouvrir le menu principal
Mauprat (RDDM)
◄  II
IV  ►



MAUPRAT.



TROISIÈME PARTIE.

[1]



XII.


Le vieux Bernard, fatigué d’avoir tant parlé, nous avait remis au lendemain. Sommé par nous, à l’heure dite, de tenir sa parole, il reprit son récit en ces termes ; Cette époque marqua dans ma vie une nouvelle phase. À Sainte-Sévère, j’avais été absorbé par mon amour et mes études. J’avais concentré sur ces deux points toute mon énergie. À peine arrivé à Paris, un épais rideau se leva devant mes yeux, et pendant plusieurs jours, à force de ne rien comprendre, je ne me sentis étonné de rien. J’attribuais à tous les acteurs qui paraissaient sur la scène une supériorité très exagérée ; mais je ne m’exagérais pas moins la facilité que j’aurais bientôt à égaler cette puissance idéale. Mon naturel entreprenant et présomptueux voyait partout un défi, et nulle part un obstacle.

Logé à un étage séparé, dans la maison qu’occupaient mon oncle et ma cousine, je passai désormais la plus grande partie de mon Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/331 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/332 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/333 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/334 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/335 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/336 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/337 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/338 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/339 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/340 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/341 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/342 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/343 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/344 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/345 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/346 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/347 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/348 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/349 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/350 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/351 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/352 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/353 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/354 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/355 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/356 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/357 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/358 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/359 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/360 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/361 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/362 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/363 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/364 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/365 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/366 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/367 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/368 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/369 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/370 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/371 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/372 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/373 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/374 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/375 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/376 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/377 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/378 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/379 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/380 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/381 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/382 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/383 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/384 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/385 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/386 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/387 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/388 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/389 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/390 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/391 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/392 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/393 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/394 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/395 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/396 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/397 388 REVUE DES DEUX MONDES.

— Je l’espère, parce que Dieu est bon et grand, parce que sa grâce est efficace, parce qu’elle touchera le cœur de quiconque daignera écouter le langage d’une ame vraiment repentante et fortement convaincue ; parce que mon salut éternel est dans les mains de ce jeune homme, et qu’il ne voudra pas se venger de moi au-delà de la tombe. D’ailleurs, il faut que je meure en paix avec ceux que j’ai offensés, il faut que je tombe aux pieds de Bernard Mauprat, et qu’il me remette mes péchés. Mes larmes le toucheront, ou si son ame impitoyable les méprise, j’aurai du moins accompli un impérieux devoir.

Voyant qu’il parlait avec la certitude d’être écouté de moi, je fus saisi de dégoût ; je crus voir la fraude et la lâcheté percer sous cette basse hypocrisie. Je m’éloignai et j’allai attendre l’abbé à quelque distance. Il vint bientôt me rejoindre ; l’entrevue s’était terminée par la promesse mutuelle de se revoir bientôt. L’abbé s’était engagé à me transmettre les paroles du trappiste, qui menaçait, du ton le plus doucereux du monde, de venir me trouver, si je me refusais à sa demande. Nous nous promîmes d’en conférer, l’abbé et moi, sans en informer le chevalier ni Edmée, afin de ne pas les inquiéter sans nécessité. Le trappiste avait été se loger à La Châtre, au couvent des carmes, ce qui avait mis l’abbé toutà-fait sur ses gardes, malgré son premier engouement pour le repentir du pécheur. Ces carmes l’avaient persécuté dans sa jeunesse, et le prieur avait fini par le forcer à se séculariser. Le prieur vivait encore, vieux, mais implacable, infirme, caché, mais ardent à la haine et à l’intrigue. L’abbé n’entendait pas son nom sans frémir, il m’engagea à me conduire prudemment dans toute cette affaire. Quoique Jean Mauprat soit sous le glaive des lois, me dit-il, et que vous soyez au faîte de l’honneur et de la prospérité, ne méprisez pas la faiblesse de votre ennemi. Qui sait ce que peuvent la ruse et la haine ? Elles peuvent prendre la place du juste et le jeter sur le fumier ; elles peuvent rejeter leur crime sur autrui, et souiller de leur ignominie la robe de l’innocence. Vous n’en avez peut-être pas fini avec les Mauprat ! Le pauvre abbé ne croyait pas dire si vrai. George Sand.

( La dernière partie au prochain numéro.)

  1. Voyez les livraisons du 1er et 13 avril.