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Mauprat (RDDM)
◄  III

MAUPRAT.

DERNIERE PARTIE.*

XIX.

Après avoir réfléchi mûrement sur les intentions probables du trappiste, je crus devoir accorder l’entrevue demandée. Ce n’était pas moi que Jean Mauprat pouvait espérer d’abuser par ses artifices, et je voulus faire ce qui dépendait de moi pour éviter qu’il vînt tourmenter de ses intrigues les derniers jours de mon grand-oncle. Je me rendis donc, dès le lendemain, à la ville, vers la fin des vêpres, et je sonnai, non sans émotion, à la porte des carmes. La retraite choisie par le trappiste était une de ces innombrables communautés mendiantes que la France nourrissait ; celle-là, quoique soumise à une règle austère, était riche et adonnée au plaisir. A cette époque sceptique, le petit nombre des moines n’étant plus en rapport avec l’étendue et la richesse des établissemens fondés pour eux, les religieux errant dans les vastes abbayes au fond des provinces, au sein du luxe, débarrassés du {i} Voyez les livraisons des 1er avril, IS avril et le’mai, TOME X. — 1" JUIN 1837. 37 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/572 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/573 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/574 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/575 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/576 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/577 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/578 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/579 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/580 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/581 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/582 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/583 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/584 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/585 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/586 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/587 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/588 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/589 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/590 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/591 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/592 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/593 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/594 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/595 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/596 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/597 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/598 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/599 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/600 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/601 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/602 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/603 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/604 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/605 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/606 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/607 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/608 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/609 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/610 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/611 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/612 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/613 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/614 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/615 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/616 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/617 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/618 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/619 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/620 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/621 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/622 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/623 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/624 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/625 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/626 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/627 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/628 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/629 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/630 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/631 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/632 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/633 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/634 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/635 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/636 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/637 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/638 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/639 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/640 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/641 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/642 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/643 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/644 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/645 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/646 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/647 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/648 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/649 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/650 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/651 Page:Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 10.djvu/652 MATJPRAT. 643

que. Elle resta fidèle à ses théories d’égalité absolue. Au temps où les actes de la Montagne irritaient et désespéraient l’abbé, elle lui fît généreusement le sacrifice de ses élans patriotiques, et eut la délicatesse de ne jamais prononcer devant lui certains noms qui le faisaient frémir, et qu’elle vénérait avec une force de persuasion que je n’ai jamais vue chez aucune femme. Pour moi, je puis dire que mon éducation fut faite par elle : pendant tout le cours de ma vie, je m’abandonnai entièrement à sa raison et à sa droiture ; quand le désir déjouer un rôle populaire vint tenter mon enthousiasme, elle m’arrêta, en me représentant que mon nom paralyserait toute mon influence sur une classe qui se méfierait de moi et qui me croirait désireux de m’appuyer sur elle pour réhabiliter mon patriciat. Quand l’ennemi fut aux portes de la France, elle m’envoya servir en qualité de volontaire ; quand la carrière militaire devint un moyen d’ambition, et que la république fut anéantie, elle me rappela et me dit : ce Tu ne me quitteras plus. »

Patience joua un grand rôle dans la révolution. ïï fut nommé à l’unanimité juge de son district. Son intégrité, son impartialité entre le château et la chaumière, sa fermeté et sa sagesse, ont laissé des souvenirs ineffaçables dans la Varenne. J’eus occasion, à la guerre, de sauver les jours de M. de Lamarche et de l’aider à passer en pays étranger. Voilà, je crois, dit le vieux Mauprat, tous les évènemens de ma vie où Edmée joue un rôle. Le reste ne vaut pas la peine d’être raconté. S’il y a quelque chose de bon et d’utile dans ce récit, profitez-en, jeunes gens. Souhaitez d’avoir un conseiller franc, un ami sévère, et n’aimez pas celui qui vous flatte, mais celui qui vous corrige. Ne croyez pas trop à la phrénologie, car j’ai la bosse du meurtre très développée, et, comme disait Edmée dans ses jours de gaîté mélancohque, on tue de naissance dans notre famille. Ne croyez pas à la fatalité, ou du moins n’exhortez personne à s’y abandonner. Voilà la morale de mon histoire. Ainsi disant, le vieux Bernard nous donna un bon souper, et nous renvoya chez nous— en nous remerciant de la complaisance que nous avions mise à l’écouter. Puisses-tu, cher lecteur, ne t’être pas repenti de la tienne !

George Sand.

42.