Marie-Claire/34

Eugène Fasquelle (p. 130).



Le soir, pendant la veillée, les chiens ne cessèrent d’aboyer avec fureur. Martine paraissait inquiète. Elle écouta les chiens, puis elle dit en se tournant vers le fermier :

— J’ai bien peur que ce temps-là nous amène des loups.

Le fermier se leva pour parler aux chiens, et il s’en alla faire le tour des étables avec sa lanterne.

Pendant les huit jours que dura la neige, il vint des centaines de corbeaux dans la ferme. Ils avaient si faim que rien ne pouvait les effrayer. Ils entraient dans les écuries et dans la grange, et ils dévastaient les meules de blé. Le fermier en tua beaucoup. On en mit cuire quelques-uns avec le lard et les choux. Tout le monde trouva que c’était très bon ; mais les chiens n’en voulurent jamais manger.