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Édition du Mercure de France (Tome premierp. 197-201).


LE SILENCE


À Charles-Henri Hirsch.



Timide fantôme en toile d’araignée, qui donc es-tu ?

Dut faire, le fantôme, un signe à quelque brise d’aventure, car je lus sur la nuque des luzernes :

— Je suis le Refuge des corps étourdis par la besogne de la Vie.

— Discret fantôme en toile d’araignée, qui donc es-tu ?

Dut faire, le fantôme, un signe à quelque rais de lune, car je lus sur la mare aux libellules :

— Je suis la Consolation des âmes frustrées par le salaire de la Vie.

— Étrange fantôme en toile d’araignée, qui donc es-tu ?

Dut faire, le fantôme, un signe à quelque chauve-souris, car je lus sur la sublime ardoise du sommeil :

— Je suis l’Excuse de la Mort et je me nomme le Silence.