Les Poètes du terroir T I/Champagne, notice

Champagne, noticeLibrairie Ch. Delagrave Tome premier (p. 517-524).

CHAMPAGNE

BRIE CHAMPENOISE, SÉNONAIS, REMOIS, BASSIGNY,
VALLAGE, PERTHOIS, RETHELOIS, ETC.


On a été injuste pour cette province. Parce qu’elle est enclose entre des voisines plus fortement caractérisées, ou l’a dépeinte maussade et pauvre, inculte, presque stérile. C’est une triste chute, écrit Michelet, que de tomber de la Bourgogne dans la Champagne, de voir, après ces riants coteaux, des plaines basses et crayeuses. Le cœur de la Champagne est un morceau de craie. Sans parler du désert de la Champagne pouilleuse, une triste mer de chaume étendue sur une immense plaine de plâtre, le pays est généralement plat, pàle, d’un prosaïsme désolant. »

Peut-être la connaît-on mal. En effet, on ne paraît guère se souvenir qu’à défaut de pittoresque, elle offre des aspects infiniment variés. Son sol a plus de ressources qu’on ne lui en reconnaît ; enfin sa situation topographique lui ménage une héroïque destinée. Ses points de contact avec l’Île-de-France, dont elle est le prolongement jusqu’à la frontière, l’ont pénétrée du sentiment de la nationalité. Elle fut la route et le champ de bataille de toutes les invasions dirigées contre le pays, et aussi, faut-il le dire, parfois le chemin de la conquète. Son action historique fut supérieure à son action morale. Composée de plusieurs territoires distincts, la Brie champenoise, le Sénonais, le Rémois, le Bassigny, le Vallage, le Perthois et le Rethelois, elle concourut ardemment à la formation de l’unité française. C’est chose vaine de rappeler ici qu’après l’envahissement des Romains, elle éprouva les excès d’Attila. La défaite des Barbares, en la délivrant de conquérants redoutables, lui imposa de nouveaux maîtres. Plus tard, sous la domination des comtes qui se succédèrent de Héribert à Henri III, quatorzième prince de cette dynastie, elle connut une période d’indépendance. Le régne de Thibault IV, surnommé le Prince aux chansons, lui procura un éclat sans pareil. Avec Thibault de Champagne commence sa destinée littéraire. Peu nous importe de savoir qu’en 1361 elle fut réunie solennellement à la couronne par le roi Jean. Bien avant cette victoire du prestige national, n’avait-elle point contribué à enrichir le patrimoine de beauté dont s’enorgueillirent deux siècles de notre histoire ? Ses écrivains, en prose et en vers, sont nombreux qui prêtèrent à la langue un esprit particulier qu’on retrouve sans peine dans tous ses monuments littéraires. C’est peut-être à la Champagne que nous sommes redevables de cette « malice gauloise » qui, pour se dissimuler sous le voile de la bonhomie, n’en est pas moins acerbe et pénétrante. C’est à coup sùr en Champagne que naquit le couplet gaillard, la chanson à boire, le vers railleur.

Thibault excella comme chansonnier populaire. Son art est gracieux, mais, il faut l’avouer, il ne dépasse pas les limites prescrites par l’usage des cours. C’est un amateur de noble allure, plutôt qu’un poète pénétré de la grandeur de sa mission. Son ouvre prépare l’œuvre à venir. Avec le « Sénonais » Rutebeuf, c’est tout autre chose. Une manière nouvelle s’offre à notre curiosité. Rutebeuf, ainsi que plusieurs de ses compatriotes, cultiva agréablement le conte et le fabliau galant. En même temps, ou peu après, Villehardouin, puis Joinville, dans le genre historique, Eustache Deschamps et ce mystérieux Clerc de Troyes, auteur du Roman du Renard contrefait, caractérisent le génie littéraire champenois. Une tradition s’établit qui se perpétuera au cours des âges. Sur ce sol qui verra l’apogée de la puissance royale et aussi sa décadence, il est curieux d’observer une sorte de parenté héréditaire entre des écrivains de ressources, d’origines et de fins différentes. Influence du terroir, dira-t-on. Disciple de Guillaume de Machault, Eustache Deschamps composa ses poèmes à l’ombre du trône, mais il se sou- vint de son pays natal et le célébra maintes fois, en rimes tou- chantes. Il est le premier écrivain de sa province qu’ait inquiété l’art local. Un jour de belle humeur, il écrivit ces vers savoureux :

Veulz tu la congnoissance avoir
Des Champenoys, et leur nature ?
Plaines gens sont sans decepvoir
Qui ayment justice et droiture ;
Nulz d’eulz grant estat ne procure,
Et ne puevent souffrir dangier.
S’ils ont à boire et à mangier,
Contents sont de vivre en franchise
Et ne se scevent avancier :
Toutes gens n’ont pas ceste guise.
Bien veulent faire leur devoir
Envers chascune creature,
Servir, sans nullui decepvoir,
Tous ceuls qui ne leur font injure.

Mais qui mal leur fait, je vous jure
Qu’ilz veulent leurs forfaiz vengier,
Paine mettre à eulx revongier,
Soient séculier ou d’église,
Sanz la riote commencier :
Toutes gens n’ont pas ceste guise.
Et pour leurs fais ramentevoir,
Habiles sont à l’escripture
Les pluseurs, et à concepvoir,
Dont cinq d’iceulx mets en figure :
— Le Mangeur qui, par très grant cure,
Veut scolastique traictier ;
— Saincte More, — Ovide esclairer ;
— Vittry, — Machault de haulte emprise,
Poètes, que musique ot chier
Toutes gens n’ont pas ceste guise.

Princes, le cinq fait à prisier
Clamenges et auctorisier,
Que rethorique loue et prise
Et tout ly poete estrangier :
Cilz est de Langres tresorier.
Toutes gens n’ont pas cette guise.

Eustache Deschamps est un satirique de belle envolée. Moins profond, mais d’une ironie plus aiguë, d’une fantaisie sans cesse en éveil, apparaît le Clerc de Troyes. Son « roman » n’est en définitive qu’un recueil de récits facétieux, de fables, d’allégories et de proverbes ; mais quelle imagination et quel coloris en ces pages ! On ne s’étonne point qu’il ait fourni au bonhomme La Fontaine quelques motifs d’inspiration [1]. Sur ce texte, se clôt l’ère féconde d’une littérature provinciale. On trouvera bien encore, par la suite, quelques grandes figures, mais elles ne nous feront point oublier les fastes du passé. Prosper Tarbé, dans une excellente introduction à son Romancero, a donné une longue liste de poètes champenois qui se sont signalés après la Renaissance. On y lit les noms de Raoul de Navières, de Claude Colet, de François Angier, de Jacques Dorat. — qu’il ne faut pas confondre avec l’étoile de la Pléiade, — de Jean Morel, de Jean de Brie, de Pierre de Larivey, de René de la Chèze ; mais à côté de ceux-ci que de héros obscurs et dignes de l’ètre ! Les xve, xvie et xviie siècles peuvent néanmoins revendiquer pour quelques-uns de leurs enfants une place glorieuse au sommet du Parnasse. On connaît le chanoine de Reims, Guillaume Coquillart, homme grave et facétieux à la fois, né pour la chicane et le calembour, et ce caustique amer, Jean Passerat, l’un des concepteurs de la fameuse Satire Ménippée. Après eux, c’est le silence que seuls troubleront les éclats de la renommée du grand Fabuliste et les échos de la Muse insouciante de Maucroix.

Le romantisme respectera cette torpeur, et c’est à peine si de nos jours il se trouvera quelque audacieux pour enfreindre la règle. L’action littéraire, semblable à toute action humaine, s’est déplacée sous la formidable poussée des événements. Les poètes champenois n’auront point cru trahir leurs ancêtres en se mélant à leurs frères de l’Île-de-France et en cueillant des lauriers sur un sol qui ne rappelle que médiocrement leur lieu d’origine. La Champagne, pendant les deux derniers siècles, ne présentera qu’un vaste théatre où se joueront les destinées de la nation. Elle aura non seulement précipité la ruine des Bourbons, en livrant son roi à la souveraineté du peuple, mais, par deux fois, elle assistera, impassible, à la déchéance de l’empire. Ses longues plaines verront, en moins de cent années, le retour de Varenne, la déroute de Waterloo et la triste et douloureuse équipée de Sedan. Quoi de surprenant après cela que ses Muses soient muettes ?

Nous avons fait allusion plus haut à la diversité du paysage champenois. Qu’il nous soit permis, sans rappeler toutefois les vertus de cette terre nombreuse en souvenirs et justement fière de ses crus et de ses coutumes, de dire les ressources des contrées qui l’ont créé. Au demeurant, rien n’est plus varié que ces petits pays de Brie champenoise, de Sénonais, de Bassigny et de Rethelois, ou Ardennes, lesquels s’étendent jusqu’aux confins du terroir wallon et de la Germanie, couvrant une immense superficie.

Michelet s’est plu à distinguer trois degrés du génie français dans la zone vineuse. Tandis qu’il reconnait la fougue et l’ivresse spirituelle du Midi, l’éloquence et la rhétorique bourguignonne, il admet la grâce et l’ironie champenoise. « C’est le deruier fruit, observe-t-il, de la France, et le plus délicat… Rien qu’un souffle, il est vrai, mais un souffle d’esprit. À peine doit-il quelque chose à la terre… »

Ailleurs il s’écrie : « Quand vous avez passé les blanches et blafardes campagnes qui s’étendent de Reims à Rethel, la Champagne est finie, les bois commencent : petits moutons des Ardennes. La craie a disparu ; le rouge mat de la tuile fait place au sombre éclat de l’ardoise ; les maisons s’enduisent de limaille de fer. Manufactures d’armes, tanneries, ardoisières, tout cela n’égaye pas le pays. Mais la race est distinguée par quelque chose d’intelligent, de sobre, d’économe ; la figure un peu sèche et taillée à vives arètes. Ce caractère de sécheresse et de sévérité n’est point particulier à la petite Genève de Sedan (l’esprit de Charleville et de Sedan ressemble plutôt à la Lorraine), il est partout le même. L’habitant est sérieux. L’esprit critique domine. C’est l’ordinaire chez les gens qui sentent qu’ils valent mieux que leur fortune. Le pays n’est pas riche, et l’ennemi est à deux pas ; cela donne à penser… »

Le vrai caractère de la province est entier dans ce contraste de deux tableaux, l’un uniforme et gris, l’autre accidenté, rude et chaud en couleur. « Pour que le dernier soit complet, représentez-vous l’immense et mystérieuse forèt d’Ardenne (Arduinn, la profonde), avec ses petits chènes et ses clairières, ses souvenirs légendaires ; des landes ou fagnes, couvertes de bruyères ; des vallées pittoresques, parmi lesquelles celle de la Meuse, bordée de rochers fantastiques ; noyez tout cela de brouillards : paysages à la Walter Scott, où les druides accomplirent leurs rites ésotériques et où les La Marck — les sangliers des Ardennes — commirent leurs déprédations et leurs crimes[2] ! »

Là, écrit M. André Donnay, un philologue qui connaît à fond l’Ardenne dialectale, résonnent des patois nombreux se rattachant à quatre dialectes : « Au sud-ouest, dialecte de l’Île-de-France ; à l’est et au centre, dialecte lorrain ; au nord-ouest, dialecte picard ; au nord (vallée de la Meuse en aval du Revin), dialecte wallon. Ce dernier, bien délimité, se distingue nettement des trois autres, lesquels, au contraire, présentent entre eux des zones de transition où il serait difficile de tracer une limite exacte [3]. »

Ajontons que tous ces patois ardennais sont presque entièrement incultes et disparaissent devant les progrès de la langue classique. Ils n’ont fourni jusqu’à ce jour aucune production littéraire, sauf quelques chansons locales. Avons-nous donné en raccourci une image précise de ce que le pays entier, et en particulier la culture française, doivent à la Champagne ? Nous osons le croire, bien que l’étroitesse de notre cadre nous oblige à de nombreuses omissions. Aux poètes dont le choix s’impose et qu’on trouvera plus loin, joignons quelques noms épars. Tout d’abord ceux de quelques anciens : au XVIIe siècle, Nicolas Bergier et Edme Boursault ; au XVIIIe siècle, François Boutard, Simon de Bignicourt, Eustache Le Noble, N. de Nesles, A. Lainez, Vasselier (l’ami de Voltaire), Simon de Troyes, le pâtre Fiacre Bouillon ; enfin, parmi les contemporains, Charles des Guerrois, auteur des Poèmes de Champagne ; Albert Mérat et Paul Fort, évocateurs des sites de l’Île-de-France ; Alfred Droin, Clovis Michaux, Achille Magnier, F.-A. Dosseur, Lucien Morel-Paven [4]. Si nous mentionnons à leur suite Arsène Thévenot, J.-Paul de Lutel, Auguste de Vaucelles, Jules Mazé, Lucien Hubert [5], on ne pourra nous reprocher de méconnaître les plus modestes représentants de cet esprit champenois à la fois si subtil et si souple qu’il se prète à toutes les interprétations, épuise tous les genres, depuis la poésie galante et sentimentale jusqu’au simple jeu des proverbes et sentences, où excellent ses dons de concision et d’ironie.

Bibliographie. — Expilly, Dictionnaire géographique, histor.  et pol. de la France, etc. ; Paris, Desaint et Saillant, 1762, in-fol. — Bruzen de la Martinière, Grand Dictionnaire de Géographie historique, etc. ; 1728. — P.-J. Grosley : Ephémérides troyennes ; Troyes, veuve Lefèvre, 1757-1770, 12 vol. in-32. [Hédouin de Pons Ludon], Essai sur les grands hommes d’une partie de la Champagne ; Amsterdam-Paris, 1768, et Reims, 1770, in-8°. — Bouillot, Biographie ardennaise ou Histoire des Ardennais qui se sont fait remarquer par leurs écrits, etc. ; Paris, chez l’éditeur, 1830, 2 vol. in-8°. — Letillois de Mézières, Biographie générale des Champenois célèbres, etc. ; Paris, au bureau du Journal des Peintres, 1836, in-8°. — F.-A.-F. Arnaud, Voyage archéolog. et pittor. dans le départ. de l’Aube, etc. ; Troyes, L.-C. Cardon, 1837, in-8°. — E. Saubinet, Vocabulaire du bas langage rémois ; Reims, Brissard-Binet, 1845, in-12. — Pinon, Poètes champenois aux treizième, quatorzième, quinzième, seizième et dix-septième siècles ; Bulletin des travaux de l’Académie de Reims, 1846, IV, p. 142. — Aristide Guilbert, Histoire des villes de France ; Paris, Furne et Cie, 1848, III, in-8°. — Abbé Georges, Les Illustres Champenois [J. et N. Pithou, Passerat, Grosley, etc.] ; s. l., 1849, 4 vol. in-8°. — Prosper Tarbe, Recherches sur l’histoire du langage et du patois de Champagne ; Reims, 1851, 2 vol. in-8° ; Romancero de Champagne ; Reims, 1863-1864, 5 vol. in-8°. (Voyez en outre la Collection des poètes champenois antérieurs au seizième siècle, publiée par cet auteur, 24 vol. petit in-8°, comprenant les Œuvres de Thibaut de Champagne, etc.). — E. Galeron, Variétés rémoises, Reims, Brissard-Binet, 1855, in-12. — S. Lieutaud, Recherches sur les personnages nés en Champagne dont il existe des portraits, etc. ; Paris, Rapilly, 1856, in-8⁰. — A. Socard, Noëls et Cantiques imprimés à Troyes depuis le dix-septième siècle jusqu’à nos jours, avec des notes bibliogr., etc. ; Troyes, 1865, gr. in-8°[6] ; Biographie des personnes de Troyes et du départem. de l’Aube ; Troyes, Léop. Lacroix, 1882, in-8° (excellent travail). — Aug. Denis, Recherches bibliogr. en forme de dictionn. sur les auteurs… qui ont écrit sur l’anc. province de Ch. ; Chalons-sur-Marne et Paris, 1870, gr. in-8° ; Recherches bibliogr. et histor. sur les Almanachs de la Champagne et de la Brie ; Châlons-sur-Marne, 1880, in-8°. — L. Pigeotte, Catalogue d’ouvrages et pièces concernant Troyes, la Champagne méridionale et le dép. de l’Aube, proven. du cabinet du docteur Fr. Carteron ; Troyes, imprim. Bertrand Hu, 1875, in-8º. — A. Baudouin, Glossaire du patois de la forêt de Clairvaux ; Troyes, Lacroix, 1877, et Soc. académique de l’Hube, 1886, in-8°. — Albert Meyrac, Traditions, Coutumes, Légendes, Contes des Ardennes ; Charleville, imprim. du « Petit Ardennais », 1890, gr. in-8°. — Abbé Janel, Le Patois de Florent ; Châlons-sur-Marne, Martin, 1902, in-8°. Paul Despiques, Esthétique de la Champagne ; Paris, édit. de la Pensée, 1902, in-12. — Albert Grimaud, La Race et le Terroir ; Cahors, Petite Biblioth. provinciale, 1903, in-8°. — J. Michelet, Notre France ; 9e édit. ; Paris, Colin, 1907, in-18.

Voyez en outre : Jean Hubert, Géographie histor. des Ardennes, etc. ; Bourgeois-Jessaint, Descript. topogr. de la Marne, etc. ; Géronval, Lettres sur la Champagne, etc. ; L. Techener, Bibliographie champenoise, 1876-1882, etc. ; D. Behrens : Bibliogr. des patois gallo-romans, 2° édit., trad. par E. Rabiet, Berlin, W. Gronau, 1893, in-8° ; enfin la Revue d’Ardenne et d’Argonne, etc.


  1. On lui doit cette définition du caractère champenois au xixe siècle :

    En Picardie sont li bourdeur,
    Et en Champaigne li buveur :
    Et si sont li bon despancier,
    Et si sont bon convenancier.
    Telz n’a vaillant un angerin.
    Qui, chaseun jor, viaut boire vin,
    Et viaut suir la compaignie,
    Et tant boire que laingue lie :
    Ft quant ce vient aux cops donner,
    Ils se sevent bien remuer.

    (Roman du Renard contrefait,
    Bibl. Nat., ms. 7630.)
  2. Notre France.
  3. Albert Grimaud, La Race et le Terroir.
  4. Jean-Louis-Marie-Lucien Morel-Payen, né à Troyes, le 7 déc. 1868, conservateur de la bibliothèque de Troyes. Il a célèbré maintes fois sa province. Nous déplorons que l’exiguïté de notre cadre nous interdise de reproduire l’une de ces pièces curieuses : Le Loto des Charmilles, Ballades sur la vieille ville de Troyes, etc., extraites de recueils peu connus.
  5. On remarquera sans doute que nous nous sommes abstenu de faire figurer dans cette liste le trop fameux comte de Chevigné (1793-1876). Il n’était pas Champenois. Ses Contes rémois, qui n’offrent trop souvent qu’une pâle réminiscence de La Fontaine et des anciens conteurs français, n’ont de rémois que leur titre.
  6. Il n’est pas dans notre dessein de fournir ici une bibliographie des Noëls champenois. Néanmoins, nous citerons pour mémoire : La Grande Bible des Noëls tant vieils que nouveaux : Troyes, veuve Oudot, 1699, in-8° ; Grande Bible renouvelée de Noëls, etc. ; Troyes, P. Garnier, 1738, 3 vol. in-12, et Noëls en patois champenois ; Langres, Bonnin, 1747, in-8°.