Les Dernières paroles ou le Dernier adieu de l’Accouchée


Les Dernières paroles ou le Dernier adieu de l’Accouchée



LES
DERNIÈRES PAROLLES
OU
LE DERNIER ADIEU DE L’ACCOUCHÉE
Ensemble ce qui s’est passé en la dernière visite
et quatriesme après-disnée des dames
et bourgeoises de Paris
1.

En vain vous auriez veu les commencemens des couches de l’accouchée et feuilleté ses premières et secondes2 visites, si par mesme moyen vous3 ne veniez à jetter les yeux sur le progrez, suitte et advancement d’icelles, et ce avec autant plus de desir que le sujet le semble requerir. C’est pourquoy, comme tesmoin occulaire de ce que j’ay veu, je vous traceray en ces lignes ce que j’en ay apris depuis peu4, esperant que, comme nostre puissance intellective n’a des bornes qu’en tant que les cognoissances qu’elle a sont dans la sphère d’activité de son esprit, et qu’elle peut encor s’estendre d’advantage, que par mesme moyen aussi je vous en feray voir d’autre, si l’occasion m’en donne le sujet. Ce que je fais icy, ce n’est qu’en forme d’arrière-faix.

Plusieurs s’arresteront icy sur ce mot d’arrière-faix, qui peut-estre, n’ayant jamais penetré dans les cabinets de la medecine, ignoreront de prime-abord ce que je veux entendre par la superficie de ce discours ; mais ayant visité le dedans et veu ce que j’y couche, ils verront qu’à juste tiltre je devois en ce lieu parler de l’arrière-faix de l’accouchée, puisque jusques icy on en avoit tant et tant fait de ceremonies.

L’arrière-faix, si nous nous voulons rapporter à madame Perrette, sage-femme du faux-bourg Sainct-Marceau, n’est autre chose qu’une superfluité de matière qui s’esvacuë hors de la matrice après l’enfantement, laquelle superfluité, comme elle est excrementielle, aussi estant retenuë dans les concavitez de la matrice et engluée dans les membranes qui se retrouvent là dedans, cela eut de beaucoup incommodé l’accouchée ; c’est pourquoy il la faut jetter dehors, afin qu’estant reintegrée dans sa première santé, que nous aussi ayons l’honneur d’assister au baptesme de son enfant, qui se fera à Sainct-Mederic, si messire Pierre s’y rencontre : car il est fort subjet à dire son breviaire et ses sept pseaumes pour madamoiselle de la Garde.

Et pour entrer en lice et mettre la lance de ce discours dans l’estrié d’une suitte admirable où je puisse courre la carrière de bien dire, et vous faire voir le fruict d’une nayfveté gaye et naturelle, vous devez sçavoir qu’ayant apperceu que tout le monde, tant fols que sages, avoient bandé le roüet de leurs inventions pour delascher quelque coup de mesdisance, et s’estoient appliquez à faire des discours ou plustost des mixtions pour faire quelque bouillon à l’accouchée, que je pouvois, sinon avec autant de rime, au moins avec autant de raison, aller voir madame l’accouchée, comme de fait mardy dernier je m’y acheminay avec bonne intention d’en tirer mes pièces aussi bien que les autres. Ce fut le matin que je fis ceste belle entreprise, croyant que je verrois madame l’accouchée en son pontificat ; mais ayant frappé à la porte, qui estoit entrebaillée, je fus tout estonné de la voir en la salle d’embas auprès du feu, qui s’amusoit à secher une coiffe à passement pour l’après-disnée, car j’ai sceu depuis que toute la matinée elles sont debout, et que l’après-disnée elles se couchent et s’accomodent, se peignans, frisans et encourtinans superbement dans leur lict.

À peine eus-je frappé qu’elle print la fuitte et gaigna au pied, de peur d’estre recogneuë, croyant infailliblement que ce fust quelque dame qui la vint voir. La servante, qui vint à la porte, me dit : Monsieur, madame est un peu indisposée pour l’heure ; s’il vous plaist, revenez après midy. Ceste responce me fit retirer aussi froidement que monsieur de la Garandine, qui, estant allé souper en ville, fut contrainct, à son retour, de coucher à la porte, sa femme s’estant r’enfermée avec un jeune advocat de la ruë S.-Denis. J’attendis pourtant que midy fust sonné5 afin d’entrer avec les autres, comme je fis insensiblement pourtant, car j’estois accommodé en apoticaire. De me mettre ny en la ruelle du lict ny au chevet, je n’eusse jamais voulu ; je pris un bout de la tapisserie et me cachay secrettement à l’endroit où je pouvois entendre quelque chose.

Or il est à remarquer que ce jour il n’y avoit que les bourgeoises qui faisoieut leurs visites : car, les jours precedens, les grandes dames et damoiselles y avoient passé. Madame la Bruyne, nouvellement erigée de tavernière en grand’ et superbe marchande, commence à dire :

— Comment ! ma cousine, n’avez-vous pas ouy parler de la drollerie qui s’est joüée dernièrement en un pelerinage qui se fit à Nostre-Dame-des-Vertus ?

— Aussi vray, ma cousine, respondit l’autre, voilà les premières nouvelles que j’aye encore ouy parler.

— C’est la plus plaisante tragedie que vous oüites jamais, dit une vieille de la ruë de la Harpe.

— Pour vous commencer ces discours, ma cousine, dit la première, vous devez sçavoir qu’aujourd’huy chacun en prend où il en peut attrapper. Deux jeunes dames que plusieurs cognoissent…

— Ne sont-elles pas de la paroisse Sainct-Germain ? dit une fille de chambre.

— Il n’importe de quel cartier elles soient : il ne les faut pas nommer. Elles alloient en fin l’autre jour en pelerinage à Nostre-Dame-des-Vertus, accompagnées de deux braves courtisans qui, dès longtemps ayant fait la partie, ne cherchoient que l’occasion de trouver un tripot afin d’achever le jeu en quatre ou cinq coups de grille6. Leurs maris, qu’on dit n’estre point de justice, car, s’ils eussent eu le droit, peut-estre qu’ils n’eussent point encouru l’affront qu’ils encoururent depuis, voulans joüer leur personnage en ceste tragedie, aussi bien que le sieur Darmingère en la ruë Sainct-Martin, où il pensa se rompre les hipocondrilles et le train de derrière, songèrent qu’en ce cas il se falloit desguiser, et que, pour ce faire, il n’estoit mal à propos de prendre l’habit de quelque moyne ou religieux. Les uns disent qu’ils prirent l’habit de capucin, les autres tiennent qu’ils estoient habillez en mathurins. Quoy que s’en soit, ils estoient desguisez, et soit de l’un, soit de l’autre habit, ils avoient de l’advantage : car s’ils estoient accommodez en capucins, ils eurent ceste prerogative qu’en alant ils portèrent la corne derrière à cause du capuchon, et en revenant ils en portoient deux sur le front ; s’ils estoient habillez en mathurins, c’est qu’ils commençoient desjà à se faire recevoir en la grande confrairie des fols, comme a fait depuis peu un passementier de la ruë Sainct-Denis. S’estant habillez, ils suivirent de loin nos pelerines, qui, estans arrivez au lieu, prirent la meilleure hostellerie. Nos religieux cependant vont à l’eglise, pour faire bonne mine, où tout le train arriva. Une, entre autres, de ces deux dames vint s’adresser à son mary : Avez-vous celebré, mon père ? Le mary, qui se renfonçoit dans son chapperon, lui respondit comme en reculant, peur d’estre cogneu : J’ay celebré dès le matin, Madame ; excusez-moy. On en demanda autant à l’autre ; mais on n’eut autre responce de luy sinon qu’il estoit indisposé. Cela les fit tourner d’autre costé. La messe dite, nos gens s’en retournent pour desjeuner. Ils demandèrent une chambre escartée ; on les conduit à la chambre la plus proche des tuilles. Comme ils estoient en bonne disposition, les religieux, qui s’estoient habillez pour entrer en la confrairie des cornards, qui est maintenant si peuplée à Paris, demandèrent chopine, afin de voir le succez des affaires. On les meine dans une petite estude qui respondoit sur les pelerins, où par un petit trou ils apperceurent de quels bois estoient faites les cornes qu’on leur alloit planter sur le front ; ce qu’ils virent grandement à contrecœur, et malgré eux, ainsi que monsieur Banville, qui eut l’autre jour un soufflet malgré luy dans le Palais. Cecy veu, ils s’en retournèrent ; mais le mal’heur en voulut que, les cornes leur commençant à croistre en la suture coronale, je veux dire cornale, ils ne peurent jamais remettre leurs chapperons dans la teste, ou, pour dire avec monsieur du Fresne, la teste dans leurs chapperons. Les pelerines revindrent après midy, où nos religieux leur vouloient donner l’absolution, comme de fait ils leur pardonnirent la coulpe, bien qu’à regret (car il est impossible de renfoncer les cornes qui ont commencé de paroistre) ; mais pour la peine ils se resolurent de leur faire porter7 en ce monde, afin de les descharger d’autant en purgatoire, si de fortune leur chemin s’adonnoit en ces cartiers-là : de façon que les pelerines furent espoussetées de la poudre que peut-estre elles avoient pris le long du chemin.

— Cela pourroit-il estre vray, ma cousine ?

— Chacun en va à la moustarde en nostre cartier, dit une drappière de la ruë Sainct-Honoré ; pour mon regard, il me souvient bien de leur avoir vendu de bonnes estoffes et trop relevées pour leur qualité.

— N’est-ce point une grande impudence (dit une autre) de madame Remonde, qui vendoit des confitures il n’y a que trois jours, et aujourd’huy, sous l’esperance d’une bonne succession, la voilà damoiselle, mariée à un homme de qualité, et porte les colets montez à quatre et cinq estages, les cotillons de satin à fleurs ! Pour moy, je ne sçay comment on tollère cela.

— Voilà comme va le temps d’aujourd’huy : on se plaist à braver et à piaffer par les ruës. Mais, à propos de succession, madame la Renardière est bien empeschée despuis deux jours : elle esperoit avoir toute la succession de sa sœur, qui despuis vingt ans a esté sterille ; elle n’a esté recherchée en mariage que sur ceste esperance, et sans cela elle eust esté bien empeschée de trouver seulement un huissier pour mary ; et aujourd’huy que sa sœur a fait un enfant, contre l’opinion de tout le monde, la voilà privée de quinze mille escus qu’elle pouvoit raisonnablement esperer.

— Il ne faut jamais conter sans son hoste, dit une bourgeoise du faux-bourg Sainct-Honoré : il y a de certains religieux auprès de nous, à qui un certain avoit donné et passé par bon contract tout son bien durant sa vie, qui pouvoit bien revenir à quarante mille escus ; ils seront bien empeschez de l’avoir, car les parens disent que la donation est nulle, et qu’on ne doit usurper ainsi le bien des mineurs au desadvantage de toute une famille ; comme de fait, à l’appetit d’un homme qui portera quelque affection particulière à un autre, doit-il pourtant priver ses enfans des biens et possessions qui leur sont deubs naturellement ? On ne les peut desheriter de la sorte, et en cecy l’arrest des berulistes y est formel ; de façon que je crois que lesdits religieux seront bien esloignez de leurs quarante mille escus.

— Madame a raison, dit l’accouchée ; moy qui ay sept enfans, si je voulois donner mon bien à quelque religion, ce seroit rendre ma famille pauvre et reduitte à mandier son pain ; c’est avoir peu de consideration pour des enfans.

— Les enfans en sont quelquefois cause, madame (dit une qui estoit au pied du lict) ; la pluspart d’aujourd’huy sont si orgueilleux, que, mesprisans le lieu d’où ils sont venus, s’accommodent en princes et grands seigneurs ; tel aujourd’huy n’a pas cinq sols vaillant, qui fera autant de parade comme s’il avoit de grands biens et possessions.

Une qui n’avoit parlé : Il ne faut, dit-elle, pas aller si loin : madame le Doux en peut porter tesmoignage. Voulez-vous voir chose plus poupine que sa fille ? Il n’y a que deux jours qu’elle estoit fille de chambre au logis de M. de Chevreuse, et maintenant elle porte autant d’atours que la plus grande dame de la cour ; mais pourtant elle a beau se parer, ny son masque ny ses perles ne luy blanchiront point le teint.

— Aujourd’huy, dit une marchande de perles, les damoiselles (à ce que je peux voir à la vente) observent que plus elles sont blanches, plus les perles qu’elles acheptent sont noires ; ou au contraire, si une dame est un peu brunette, elle marchandera des perles les plus blanches qu’on pourra trouver.

— Voyez-vous plus grande superbe et arrogance que celle de madame Clairmonde, qui depuis un mois s’est faite damoiselle, aux despens de son mary, qui porte les cornes ? dit une de son quartier. Depuis qu’elle a commencé à porter le masque, elle en est si orgueilleuse, que, mesme à l’eglise, elle ne le deferoit point pour tout le monde. Cela est intollerable et insupportable.

— Je vous asseure qu’elle le fait à cause de sa laideur, dit une autre qui est sa voisine.

— Pour mon regard, dit une jeune esventée qui aime le haut goust, je ne trouve pas trop mal à propos si madame dont vous parlez s’accommode bien : il y en a bien d’autres qu’elle entre nous autres procureuses du Chastellet (elle ne demeure pas loin de là sans doute) ; nous plumons la poulle du villageois. Il ne nous en chaut de tous les bruits qu’on fait courir de nous ; pourveu que nous ayons de quoy faire gargoter la marmite, c’est le principal. Je ne sçay pas comme se manient et gouvernent les autres de nostre qualité ; mais pour mon mary, c’est le plus heureux homme du monde : tantost on luy fera present d’un lièvre, tantost d’une couple de perdris, tantost d’un pasté de venaison ; il ne faut pas mentir, que cela nous accommode grandement bien.

Une veufve, qui estoit près de la porte, interrompant son discours, va dire : Je ne sçay pas comment toutes ces affaires se prattiquent ; mais on me dit l’autre jour qu’on avoit joué un plaisant trait à un procureur de vostre cartier. Chacun commençoit à dresser les oreilles pour ouyr ce traict. C’est, dit-elle, qu’on luy envoya un fort beau pasté en forme de venaison ; mais quand on vint à l’ouvrir, on trouva qu’il n’y avoit que deux cornes dedans : c’estoit une viande de dure digestion.

— Ce ne fust pas à nous à qui ce present fut donné, repliqua l’autre : c’est à nostre voisin (comme si on ignoroit qu’elle a enchroniqué son mary elle-mesme au rang des cornarts !). Mon mary sçait mieux que c’est de vivre que cela ; il a des affaires pour les marguilliers de Baignolet et pour les manans de Ville-Juif, qui ne sont point ingrats, car mon mary emporte tousjours plume ou aisle.

Une autre qui avoit autrefois esté fiancée à son mary, et qui le cognoissoit, va dire : C’est donc la cause pourquoy on appelle les procureurs volleurs et larrons, Madame, puis que, à tort ou à droit, ils prennent des deux mains ?

— Vous n’y estes pas, ce fit une esveillée : la raison pourquoy on dit que les procureurs sont volleurs, c’est qu’ils n’ont qu’une plume, et si pourtant ils volent mieux que pas un oyseau qui soit en l’air.

[— Ô la grosse invention ! va dire une autre ; mais prendriez-vous le mary de madame pour un de ces gens-là ? Vrayement il en est bien esloigné ; s’il a des commoditez, elles ne viennent pas de là. Ne cognoit-on pas son père, homme riche et opulent ?

— Ouy, du bien et de l’argent qu’il a presté]8 à usure, dit une des voisines.

[— Est-il seul qui preste à usure ? va faire une autre de]9 la ruë de S.-Anthoine. C’est en nostre cartier où sont les gros usuriers10 ; il y en a trois qui sont en chambre garnie, qui sont de Rennes en Bretaigne, et qui ne se communiquent qu’avec beaucoup de difficultez ; l’un est rousseau et les deux autres noiraux ; mais ce sont les gens les mieux entendus qui se puissent remarquer. M. Gratiano, Italien, et M. de la Verdure, les cognoissent bien : ce sont leurs partisans, tout passe par leurs mains ; mais s’il faut faire quelque chose d’importance, attrapper quelques jeunes gens, les suborner et seduire, ce sont ces Messieurs ; s’il faut bailler cent escus pour en avoir cinquante au bout de trois mois, ils y sont les premiers ; il n’en faut demander advis qu’à M. de la Tour, ce fermier tant renommé, qui a esté englué assez bien depuis quinze jours11 en çà, qu’il alla emprunter de l’argent à ces maistres affronteurs pour marier sa fille. — Une vieille de la ruë Sainct-Victor, y voulant mettre son nez : Ne sont-ce pas, dit-elle, ces receleurs de la jeunesse, qui prestent de l’argent à rendre prebstre, mort ou marié ? Il y en eut un de nostre quartier, l’autre jour, le plus vilainement affronté du monde ; il n’y a point de danger de dire son nom : c’est M. de la Croisette ; il avoit preste à diverses fois quinze cens livres à un jeune advocat de la ruë Sainct-Jacques, le père duquel est mort depuis six mois, esperant retirer au double quand il se marieroit. Or il est arrivé que ledit advocat est mort ces jours passez, de façon que mon drolle vint à faire sceller un coffre ; mais, soit que les parens eussent soustrait ce qu’il y avoit, soit que les sergens eussent quelque intelligence là-dessous, quand on vint à ouvrir le coffre pour faire l’inventaire de l’argenterie, meubles, chaisnes et joyaux qu’on croyoit estre là-dedans, on n’y trouva que des pierres. — C’est la façon de Ulespiègle12, dit une qui avoit leu les romans. Sur ce mot, on couppa le discours pour entretenir madame l’accouchée de tout ce qui s’estoit passé en ses dernières visites. Pour l’heure, dit-elle, je me porte bien ; je voudrois qu’il me fust permis de sortir, je serois bien ayse de prendre l’air : aussi y a-il long-temps que je suis icy renfermée13. Comme de fait, je ne sçay comme penser que cela se soit fait de demeurer si long-temps en couche, veu que les premières visites se firent l’après-disnée du vingt et quatriesme d’avril, et nous y sommes encor. Toutesfois, c’est peut-estre à la mode des Hebrieux, qui devoient estre en leurs couches, quand elles s’estoient deschargées d’une fille, l’espace de quatre-vingts jours ; encore seroit-ce davantage despuis le temps.

L’accouchée, estant battuë de tant et tant de discours et rapports qu’on luy venoit faire de jours à autre, pria sa mère de congedier la compagnie, et de ne prendre en mauvaise part tout ce qui avoit esté dit chez elle. Sur cet adieu, toutes les bourgeoises prirent congé d’elle, avec toutes sortes de reverence et de courtoisie, et moy particulierement, qui sortis le dernier, et eus le bonheur14 de voir l’enfant dont est question et du quel on attent le baptesme. De vous dire en ce lieu si c’est un masle ou une femelle, ce seroit trop entreprendre ; j’ayme mieux attendre à la première occasion.



1. Var. Dans le Recueil général, cette partie est intitulée : La septiesme journée et visitation de l’Accouchée.

2. Var. Rec. gén. : ij, iij, iiij, v et vj.

3. Var. Rec. gén. : ne voyez la septiesme, et…

4. Var. Rec. gén. : ne cette septiesme.

5. Dans le Recueil général, ce qui termine cet alinéa est remplacé par : et alors, saluant l’accouchée, je luy demanday le mesme privilége du passé, et, en obtenant franchement la prerogative, je me retirai dans mon oratoire accoustumé, derrière le chevet du lict.

6. Terme de jeu de paume ou tripot.

7. Var. Rec. gén. : les porter.

8. Ce qui est renfermé entre crochets est remplacé, dans le Recueil général, par : Il y en a assez qui prestent argent.

9. Le passage entre crochets est remplacé, dans le Recueil général, par le mot : en.

10. La plupart des gens de finance logeoient alors au Marais. V. Catal. des partisans, etc., dans le Recueil des Mazarinades, t. 1, p. 113, etc.

11. Var. Le Recueil général dit huit mois.

12. Le curieux livre qui a pour titre : Ulenspiegel, de sa vie, de ses œuvres, etc., étoit depuis près d’un siècle populaire en France, où le mot espiègle, qui nous en est resté, commençoit même à être déjà en cours. La première traduction faite sur l’original, écrit en bas allemand vers 1483, avoit paru à Paris en 1532, pet. in-4. Depuis, les éditions s’en étoient succédé à Lyon, à Paris, à Orléans, etc., et, pour connoître l’Espiègle, il n’étoit pas besoin d’être grand lecteur de romans.

13. Tout ce qui suit, jusqu’à l’alinéa, manque au Rec. gén.

14. Var. Ce qui suit est remplacé dans le Recueil général par : que de baiser l’Accouchée en prenant congé d’elle jusques au revoir.