Le trésor de Bigot/III

Édouard Garand (p. 10-14).

III

MARCEL MORIN, N. P.


Le notaire était dans son cabinet de travail, occupé avec un client. Le détective dut attendre plusieurs minutes qu’il utilisa à examiner minutieusement la pièce où il se trouvait en compagnie du curé. C’était un petit salon où chaque meuble, chaque bibelot respirait l’antiquité.

Le curé profita de l’attente, pour continuer son histoire commencée :

— Je n’ai pas encore pensé à vous dire, monsieur Laroche, déclara le prêtre, que le défunt Marcel Morin, dont la tombe a été si outrageusement violée, avait laissé une femme et un enfant à sa mort. La famille ne s’est pas éteinte. Aujourd’hui le chef de cette famille est le notaire Marcel Morin, chez qui nous sommes en ce moment.

— Je m’en doutais ; bien plus, j’en étais sûr, répondit le détective.

— Mais vous êtes donc devin, monsieur.

— Non, je suis simplement observateur.

D’ailleurs, avant de venir à St-Henri, j’avais consulté un almanach des adresses et je m’étais renseigné sur les noms des notables de cette paroisse. Je connaissais donc l’existence du notaire Marcel Morin. Quand vous m’avez parlé de l’inscription et donné le même nom gravé sur le monument, j’ai naturellement fait un rapprochement. Lorsque mon chien Café s’est arrêté devant cette maison, j’ai de suite supposé que c’était celle du notaire. Car le criminel a dû se renseigner ici.

— Votre raisonnement me semble juste, monsieur Laroche.

À ce moment, la porte s’ouvrit et une jeune fille de 20 ans peut-être entra en coup de vent.

— Bonjour, monsieur le curé, fit-elle.

Puis voyant le détective, un inconnu pour elle, la jeune fille allait s’éloigner quand le curé la rappela :

— Madeleine, dit-il, laisse-moi te présenter monsieur Laroche qui vient à ma demande enquêter sur l’attentât de cette nuit. Monsieur Laroche, mademoiselle Morin, la fille du notaire.

— Oh ! monsieur, s’écria la jeune fille, je suis bien contente que vous soyez venu. Quelle épouvantable affaire ! On essaie de nous voler notre trésor. Des bandits sont entrés en campagne. Mais je les avais précédés. Car moi aussi, je cherche le trésor.

Le curé était ébahi :

— Comment, toi, ma petite Madeleine, tu t’es mise à la recherche de ce trésor probablement inexistant ! C’est inconcevable. Tu ne m’avais pas dit cela !

— C’était mon secret. Personne ne le savait, car je ne l’avais même pas dit à papa, de peur qu’il ne rit de moi. Si maman avait vécu je lui aurais fait ma confidence, car je ne lui cachais rien ; mais pauvre maman, elle est morte depuis bientôt deux ans. Oui, je cherchais, je cherche et je chercherai le trésor. À présent que d’autres, des bandits, le cherchent aussi, je puis bien le dire. On ne rira plus de moi. Voulez-vous m’aider, monsieur Laroche ?

Jules regardait la jeune fille avec admiration. Elle parlait avec volubilité ; presque avec passion. Sa figure aux traits mignons et doux, se durcissait légèrement. C’était un mélange de délicatesse et de rudesse qui la faisait s’élever en ce moment à la hauteur de la pure beauté grecque. Ses yeux noirs étaient profonds. Ils invitaient le regard à s’y reposer et semblaient promettre des extases. Les cheveux de la jeune fille étaient coupés à la garçonne. Cependant les ciseaux du barbier n’avaient pas réussi à en faire disparaître la richesse. Madeleine était vêtue d’une robe blanche qui moulait ses formes naissantes.

— Monsieur Laroche, voulez-vous m’aider ? questionna-t-elle de nouveau.

— Oui, certes ! répondit le détective sortant d’un rêve. Puisque vous connaissez déjà le problème, mademoiselle, nous enquêterons tous deux et nous tâcherons de le solutionner ensemble.

La jeune fille rougit de plaisir.

À ce moment, le notaire Morin sortait de son cabinet de travail, allant reconduire son client à la porte.

— Messieurs, dit-il, je suis à vous.

Le curé et le détective pénétrèrent dans le cabinet de travail. La jeune fille allait s’éloigner quand Jules lui dit :

— Venez avec nous, mademoiselle. Puisque nous faisons l’enquête ensemble, il est nécessaire que vous soyez présente.

Madeleine ne se fit pas prier pour accepter. Le notaire revenait.

— C’est au sujet de l’attentat de cette nuit que vous venez me voir, monsieur le curé ? questionna-t-il.

— Oui, et je vous amène monsieur Jules Laroche, le détective fameux.

Le notaire aperçut alors sa fille :

— Madeleine, dit-il sévèrement, tu es indiscrète. Retire-toi.

— Mais non, fit Jules, elle peut, elle doit rester, puisque je me l’associe pour la durée de l’enquête.

— Mais en quoi cette enfant peut-elle vous être utile ?

Madeleine se fâcha :

— Il y a belle lurette que je ne suis plus une enfant, dit-elle. D’ailleurs, depuis deux mois, je cherche le trésor, moi aussi.

— Toi !

Le notaire était stupéfait.

— Oui, je le cherchais, à ton insu. Tu ne serres pas bien tes papiers, papa. J’ai trouvé dans tes paperasses deux lettres fort intéressantes.

— Comment ! tu as fouillé dans mon coffre-fort !

Madeleine éclata d’un petit rire argentin :

— Oh ! je connais la combinaison, dit-elle.

Le vieux notaire poussa un soupir, s’épongea le front :

— Ah ! les enfants ! les enfants modernes, quelle engeance !

Puis s’adressant au détective, il déclara :

— Je gardais, dit-il, ce secret bien enfoui au fond de ma conscience. Depuis ma prime jeunesse, je connais cette histoire de trésor. Elle a été une source de malheurs pour notre famille depuis la mort de mon ancêtre, le premier Marcel Morin. Je me rappelle encore avoir vu mon arrière grand-père creuser des trous partout sur sa terre, à la recherche du trésor. Mes aïeux ont toujours négligé leurs travaux des champs pour ce mirage trompeur : le trésor de Bigot. L’ombre de ce traître a plané constamment sur notre famille et lui a porté malheur.

C’est pourquoi quand je fus admis à la pratique du notariat, je jurai de me consacrer entièrement, exclusivement à ma profession et de ne pas perdre mon temps et mon argent à la recherche de ce vain trésor. Ma femme ne connaissait pas un seul mot de l’histoire. Personne d’autre ne le savait, car mes aïeux avaient bien jalousement gardé le secret dans la famille. Figurez-vous l’étonnement qui vient de m’envahir quand j’ai appris que ma fille savait tout.

Jules Laroche demanda alors :

— Connaissez-vous, monsieur Morin, l’origine de cette fable de trésor ?

Le vieux notaire se recueillit :

— Dans ma famille, dit-il, on l’a toujours racontée de la façon suivante : Marcel Morin était garde au Château St-Louis pendant les derniers temps du régime français en Nouvelle-France. Il était dans les bonnes grâces de François Bigot et passait pour un de ses plus dévoués serviteurs. Tous les jours, on pouvait le voir au Palais de l’Intendance. Mais Marcel Morin était un honnête homme. Un jour, il s’aperçut que François Bigot était traître à son pays, qu’il volait l’argent du trésor public pour s’enrichir aux dépens du peuple de la Nouvelle-France. Il ne dit rien et continua son service comme par le passé, se promettant bien cependant de déjouer les desseins de Bigot, le jour où il le pourrait. Ce jour vint. C’était pendant le siège de Québec par le général Wolfe. Bigot voyait la fin venir. Il avait dans son Palais de l’Intendance une grosse fortune en or et en diamants. Cette fortune, il décida de la sauver du naufrage. Marcel Morin lui semblait son plus fidèle serviteur. Il le fit venir : « Marcel, dit-il, je te confie ma fortune. Mets-la en lieu sûr. Dans quelques semaines Québec aura succombé. Je retournerai en France. Tu viendras m’y rejoindre avec l’or et les diamants. » Marcel Morin partit. Deux autres gardes du Château St-Louis l’accompagnaient. Ils réussirent à traverser le fleuve en haut de Québec à l’insu des anglais et revinrent sur leurs pas jusqu’à l’endroit où se trouve sis maintenant le village de St-Henri. Ils furent alors attaqués par trois éclaireurs de l’armée anglaise. Les deux compagnons de mon ancêtre furent tués, de même que les trois anglais. Seul, mon aïeul survécut. Il enfouit le trésor dans un endroit inconnu et resta caché dans les bois jusqu’après la prise de Québec. Il garda jalousement son secret ne voulant pas qu’il tombât aux mains de Bigot, le traître. Il le garda encore plus frileusement après la conquête, car il ne voulait pas que l’or de la Nouvelle-France allât enrichir le tyran anglais. Il fit venir sa femme et ses enfants près de lui, se bâtit une maisonnette et y vécut quelques mois jusqu’à ce qu’il mourût presque subitement d’un mal inconnu. Avant sa mort, il essaya de révéler à sa femme le secret du trésor, mais il lui fut impossible de parler. Sa langue était paralysée. Auparavant il n’avait jamais parlé de son secret à âme qui vive. Souvent il disait à sa femme et à ses enfants que le jour où un grand canadien-français se lèverait pour dompter l’anglais, il irait lui porter le trésor de la patrie. Mais son secret mourut avec lui. Cependant non, je me trompe, car il y a les lettres dont Madeleine vous a parlé.

Le vieux notaire se leva et se dirigea vers son coffre-fort.

Il en sortit deux vieux parchemins qui tombaient presque en morceaux.

Jules Laroche prit celui que lui tendait le notaire avec soin et le lut attentivement.

C’est écrit, naturellement, en vieux français, dit-il. Laissez-moi le traduire en français moderne.

Le détective lut alors :

« Je soussigné, Marcel Morin,
ai reçu aujourd’hui du sieur
François Bigot, Intendant Général
de la Nouvelle-France, la somme
de…

À cet endroit l’écriture avait été effacée par le temps. Le détective continua :

… la somme de… en or et en
diamants. Je m’engage à remettre
cette somme au Sieur François Bigot
quand il me la demandera.
xxxxxSigné, Marcel Morin. »
______________(Copie)

S’adressant au notaire, le détective déclara :

— Il fallait en effet que le rusé Bigot eût une confiance illimitée en votre aïeul pour laisser en sa possession un billet aussi compromettant. Mais vous remarquerez, fit le notaire, que la signature de Bigot n’y apparaît pas.

— C’est vrai. Ainsi le papier avait beaucoup moins d’importance aux yeux de Bigot.

Le notaire tendit le second bout de parchemin au détective qui lut :

« Le soleil se lève, je sors de ma
maison, je fais 512 pas vers la rivière.
Je m’arrête et regarde. Le soleil donne
sur la fosse du noyé. Je fais 21 pas,
le soleil dans le dos. Ici est le salut
de la Nouvelle-France.
-----------« Marcel Morin ».

— Voulez-vous me donner un bout de papier et un crayon, demanda le détective.

Il alla s’asseoir au pupitre du notaire et transcrivit mot pour mot ce qui était écrit sur le bout de parchemin. Puis il plia soigneusement le papier et le mit dans la poche de son veston.

— Ayez l’obligeance, dit-il, de ne mentionner à personne le fait que j’ai une copie de ce parchemin.

— Vous prenez donc cette histoire de trésor au sérieux ! dit le notaire.

— Certes ! Avez-vous un revolver dans votre maison, monsieur Morin ?

— Mais non.

— Tiens, voici le mien. Tenez-le constamment chargé, et à portée de votre main. Il vous sauvera peut-être la vie.

Le vieux notaire prit l’arme en tremblant. Il regardait Jules Laroche avec des yeux craintifs.

Madeleine était très pâle.

Le bon vieux curé ne semblait pas à son aise sur sa chaise.

Le détective reprit :

— Évidemment Marcel Morin, sur le second bout de parchemin, écrit pour lui-même des indications qui lui auraient permis de retrouver facilement le trésor si sa mémoire avait fait défaut. En même temps, il voulait que les termes mystérieux de sa missive fussent absolument incompréhensibles à tout autre. Ainsi le secret du trésor était bien gardé. Il sera donc excessivement difficile de retrouver l’or et les diamants. Mais, mademoiselle Madeleine et moi, nous les retrouverons.

La jeune fille sourit de contentement à ces paroles.

Le détective continua :

— Notre enquête, dit-il, doit rester secrète. Un fou s’est échappé hier de l’asile de Beauport. Vous direz, monsieur le curé, que l’attentat d’hier est sans doute l’œuvre de ce maniaque.

Après quelques instants de réflexion, Jules poursuivit encore :

— Je me demande, murmura-t-il, comment il se fait que le quêteux ait connu l’existence de l’inscription sur le monument. Car enfin, pour s’intéresser à la lire, à la copier, comme il l’a fait sans doute, il fallait qu’il en connût l’existence.

— Mais je la sais moi-même par cœur l’inscription de ce monument, s’écria alors Madeleine. Et elle récita :

xxxxxxxx« Ci-gît :
xxxx« Marcel Morin,
« Garde du Château St-Louis,
« Mort le 28 septembre 1761,
« Emportant dans sa tombe le
« Secret du trésor de François Bigot,
« intendant de la Nouvelle-France. »

— Où as-tu lu cette inscription ? questionna le curé au comble de l’étonnement.

— Mais sur le monument, dans votre chambre à tout mettre. Un matin, je suis allée au presbytère pour emprunter une douzaine d’œufs de Mélanie. Votre servante était dans cette chambre. J’allai l’y trouver et je vis le petit monument, voilà !

Jules Laroche contemplait Madeleine avec admiration. Elle était bien le type de la jeune fille moderne que sa très grande pureté n’empêche pas d’être débrouillarde.

— Où allons-nous ! Seigneur ! Où allons-nous ! s’exclama le curé. Voilà les jeunes filles qui se mêlent de trésors, de crimes, d’attentats sacrilèges. Ah !…

— Mademoiselle, interrogea le détective, avez-vous parlé à quelqu’un de votre découverte ?

— Oui, mais à une seule personne, mon ami Jean.

— Qui est-ce Jean ?

Le curé répliqua :

— C’est un jeune étudiant en médecine. Son père est le médecin de la paroisse.

— Son nom de famille ?

— Labranche.

Le détective demanda alors aux autres occupants de la pièce de le laisser seul avec la jeune fille. Quand tout le monde se fut retiré, il dit à Madeleine :

— Mademoiselle, vous m’avez déclaré tout à l’heure que vous étiez à la recherche du trésor. Avez-vous fait des découvertes intéressantes ?

— Non, mais je suis sur le point d’en faire une.

— Ah !

— Oui, dans quelques heures je saurai où se trouve la fosse du noyé dont parle mon aïeul sur son second bout de parchemin.

— Comment le saurez-vous ?

— Le père Latulippe, un vieux de 101 ans, va me le dire. Je suis allée le voir. Il dit qu’il se souvient de cette histoire de la fosse du noyé et qu’il va me conduire à l’endroit où est supposée être cette fosse.

— Bien, très bien, tout ça ! Vous avez fait de la bonne besogne.

Jules regardait la jeune fille avec une insistance presque impolie. Il ne pouvait détacher son regard de cette jolie vision. Madeleine était si différente des filles qu’il avait connues jusqu’alors à Québec. Il faut dire aussi que le jeune détective prêtait peu d’attention au sexe féminin, attiré exclusivement par sa passionnante profession. Madeleine lui apparaissait sous un jour qui lui plaisait, lui plaisait beaucoup.

— Mademoiselle, demanda-t-il, qui est-ce que ce monsieur l’apprenti docteur Labranche ?

— C’est un charmant garçon à qui j’ai confié mon secret et qui m’a aidée jusqu’à ce jour. Mais vous êtes bien plus fort que lui.

— Son père est-il riche ?

— Non, monsieur. Mais cela n’empêche pas mon ami Jean de rouler la grosse et luxueuse automobile. Il dit qu’il joue à la Bourse et fait toujours de bonnes affaires.

— Sait-il que le père Latulippe connait l’endroit où se trouve la fosse du noyé ?

— Non, je ne le lui ai pas encore dit ; car je n’ai fait cette découverte que ce matin après son départ.

— Ah ! il est venu ici ce matin.

— Oui, et il était tout sale. Il m’a dit que son automobile était tombée dans le fossé et qu’il s’était sali à la remettre sur la route. Il s’est même débarbouillé ici.

— Mais pourquoi n’est-il pas allé chez lui ?

— Parce que son père ne demeure pas au village en été. Il a un chalet sur le bord de la rivière Etchemin.

— Quand il est venu, avait-on découvert l’attentat sacrilège au cimetière ?

— Non, il n’était que six heures du matin. Je me lève de bonne heure, vous savez. J’étais à travailler dans notre petit jardin quand il me cria de la route.

Jules Laroche se dirigea vers la fenêtre ouverte et héla son secrétaire et factotum Champlain-Tricentenaire qui faisait les cent pas sur la route en l’attendant.

Champlain pénétra dans la pièce où se trouvaient Madeleine et le jeune détective :

— Tricentenaire, dit Jules, va préparer l’auto. Dans cinq minutes, nous retournons à Québec.

Quand Champlain fut sorti, Jules Laroche se tourna vers la jeune file pour lui adresser la parole, mais elle l’interrompit :

— Qui est ce jeune homme ? questionna-t-elle.

— C’est Champlain-Tricentenaire Lacerte, mon secrétaire.

La jeune fille éclata de rire :

— Champlain-Tricentenaire ! quel nom baroque ! dit-elle, riant toujours.

Puis elle se fit sérieuse :

— Votre secrétaire ressemble étrangement à un mendiant que nous avons hébergé une nuit la semaine dernière, je crois.

— Ah ! ça, les mendiants ont-ils élu St-Henri comme lieu de prédilection ! Dans la même semaine, des mendiants couchent chez le curé, chez le notaire… Mais vous dites qu’il ressemblait à Champlain. Ah ! ça, est-ce que par hasard ?…

Le détective s’interrompit et pensa : Ce mendiant, serait-ce le père de Tricentenaire ? Celui-ci serait-il mêlé à l’attentat sacrilège ? Ce gueux convoite-t-il les millions de Bigot ? Autant de questions auxquelles il était difficile d’apporter une réponse.

— Mademoiselle, dit Jules Laroche, demain matin, à 9 heures, je serai ici et je compte sur votre présence pour m’accompagner chez le père Latulippe.

— J’y serai, monsieur, j’y serai, fit la jeune fille rayonnante de plaisir et d’orgueil.

L’automobile était à la porte. Deux minutes après, elle filait vers Québec emportant le détective perplexe et le maintenant louche Tricentenaire.