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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 138-139).


LEs Chevaux sont sujets à une infirmité que nous appelions Vertige, qui leur ôte tellement l’usage des sens qu’ils sont presque sans connaissance ; Ce mal les fait chanceler & : tomber, mesme se donner de la teste contre les murs.

Ce mal est causé par les vapeurs qui s’élevent des entrailles, qui sont chaudes, acres, & subtiles, qui empéchent les fonctions & troublent le cerveau peu ou beaucoup selon qu’elles sont plus ou moins acres, ou en moindre ou plus grande quantité.

Les causes de cette maladie, sont le travail dans les grandes chaleurs, les mauvaises odeurs dans les écuries, les longues courses, les piroüettes trop souvent reïterées, le trop manger ; & sur tout lors que dans les chaleurs l’estomac se trouve plein d’humeurs acres & chaudes, qui fermentent & bouillent hors de leur lieu naturel, par où toutes les digestions sont détraquées.

Les signes de cette maladie sont tres-faciles à remarquer, le Cheval chancelle comme s’il estoit yvre, il se donne de la teste contre la mangeoire, avec tant de violence, qu’à tous momens il est en danger de se tuer ; il se couche & se leve, mais avec plus de violence qu’aux tranchées, car il semble qu’il se veuille tuer contre les murailles, & contre les mangeoires, & qu’il a perdu absolument la veuë.

Pour donner remède à cette maladie, il faut saigner le Cheval des flancs & du plat des cuisses ; & ensuitte luy donner un lavement, avec deux pintes de vin émetique tiede, & un quarteron onguent populeum, puis vous le laisserez en repos quelque temps.

Il faut donner au Cheval qui a le vertige des lavements tres souvent, & après que ce premier aura esté rendu, c’est à dire un heure, ou deux apres, selon qu’il l’aura fatigué luy en donner un Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/153