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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 121-124).
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COmme il est tres-mal aisé de discerner si promptement d’où viennent les Tranchées aux Chevaux dans le temps de Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/136 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/137 Chap.
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ront icy un beau remede pour toutes les tranchées, mais il faut estre curieux, & demy sçavant pour prendre le soin de le preparer.

Prenez de l’esprit de nitre environ demie livre, autant d’excellent esprit de vin, versez l’esprit de nitre sur celuy de vin goute à goute pour éviter la grande ébullition, laquelle ceslée mettez le tout dans une cucurbite au feu de fable, distiller à feu moderé, avec son chapiteau & recipiant, cohobez par quatre fois, c’est à dire redistillez ce qui sera passé dans le recipiant jusques à quatre fois, & les deux esprits seront unis, si vous en goûtez, ils auront perdu leur acidité & seront doux.

Quand vous aurez un Cheval fort malade des tranchées, donnez-luy dans du vin blanc en mesme temps un gros & demy, ou deux, de cét esprit de nitre dulcifié, & une once & demie ou deux dans un lavement ordinaire, assurément le Cheval sera bien-tost quitte des tranchées : ce remede ne coûte gueres, il se conserve long-temps, & le moindre Apoticaire qui aura quelque teinture de Chimie le pourra preparer.

Autre pour les Tranchées.

Si vous avez essayé des remèdes, par exemple, la saignée, les lavemens, la theriaque, ou l’orvietan, & autres, & que vostre Cheval ne soit pas guery, donnez-luy deux pilulles puantes avec chopine de vin, & une heure apres, un lavement : si pour cette prise il n’est pas guery, donnez encore deux pilulles avec chopine de vin, & s’il est besoin une troisieme prise, observant le mesme intervalle que de la premiere, à la seconde ; nottez qu’il ne faut pas commencer par ce remede, car j’en ay veu mesarriver, mais on s’en sert quand quelques-uns de ceux que j’ay enseigné, n’ont pas reüssi.