Ouvrir le menu principal
Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 113-115).
◄  Essence de Viperes ⅩⅬⅢ : De la seconde espece de Tranchées. Huile carminative & purgative pour les Clysteres  ►


LEs Chevaux ont une espece de Tranchées causée par des ventositez ; c’est Ia plus ordinaire de toutes, les Chevaux qui ont le Ticq y sont forts sujets, car à force de ticquer ils s’amplissent le corps de vents, qui ensuitte leur causent des Tranchées ; Et presque toujours un simple lavement carminatif emportera ces sortes de Tranchées, si les Chevaux ne sont pas enflez.

Galien, qui est une des grandes lumieres de la Medecine, rapporte l’origine des vents qui s’engendrent dans le corps, à une mediocre chaleur qui est assez forte pour élever des vapeurs d’une humeur froide & visqueuse, mais qui n’est pas assez vigoureuse pour les dissiper apres les avoir élevez : car une pure froideur ne peut produire des ventofitez, dautant qu’elle n’a pas la vertu ny d’attenuer, ny de cuire, ny de dissoudre, & d’autre part une chaleur puissante agissant notablement par dessus la portée des humeurs, les attenuë beaucoup plus qu’il ne faut pour engendrer des vents, aussi il y a quelque apparence qu’ils sont engendrez d’une chaleur deffaillante, selon la doctrine de Galien.

Si ces vents sont en grande abondance, ils étendent par trop l’estomac & les intestins, & causent de grandes douleurs au Cheval, ils luy font enfler le corps comme s’il devoit crever, & c’est à cette enflure qu’on connoist plus particulierement que les tranchées sont causées par des vents, ayant cela de commun avec les Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/128 Chap.
ⅹⅼⅲ
.
onces huile laurier, & donnez le tout au Cheval.

Si le Cheval qui a des tranchées causées des vents ne guerit pas de ce lavement, il faudra une heure apres qu’il l’aura randu luy faire avaller avec la corne une livre d’huile d’olive mélée avec avec chopine d’eau de vie, & le promener au trot pendant un quart d’heure bien couvert, puis un autre quart d’heure au pas.

Lavement excellent pour faire sortir les vents.

Prenez cinq chopines de bierre deux onces scories de foye d’antimoine, mettez-les en poudre fine faites bouillir un moment à gros bouillons, puis adjoûtez trois ou quatre onces bonne huile laurier & donnez ce lavement tiede au Cheval, & reïterez de deux en deux heures jusque à guerison ; ce lavement est le meilleur remede qu’on puisse trouver.

Voicy la description d’une Huile specifique pour les tranchées causées des vents ; elle est bonne pour plusieurs autres maladies, car elle évacue les impuretez du bas ventre, & donne lieu aux autres de descendre ; ceux qui ont beaucoup de Chevaux peuvent tenir chez eux de cette huile, on la compose à peu de frais, elle est bonne pour porter à l’armée quand on a nombre de Chevaux, & elle se conserve long-temps.