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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 432-433).
◄  Pour le Farcin inveteré ⅭⅩⅬⅦ : Pour le Farcin qui vient à la teste des Chevaux. Pour resoudre & dissiper les grosseurs & enflures causées du Farcin  ►


CEtte recepte est de celles contre qui j’ay parlé au commencement de ce Traité du Farcin ; mais je ne l’ordonne que pour le Farcin qui vient à la teste, qui est le plus facile à guerir de tous les Farcins ; vous pouvez vous servir de ce remede dans l’assurance qu’il ne produira pas les étranges effets que j’ay veu souvent, par les receptes qui entrent dans les oreilles, où l’on met des liqueurs ou plûtost des caustics si violents qu’ils offencent le cerveau des Chevaux, en sorte qu’ils demeurent torticolis, d’autres ont toûjours une oreille qui panche en bas ; & j’ay veu un Cheval qu’on avoit traité du Farcin avec un remede dans les oreilles, qui ne pouvoit marcher trois pas sans tomber comme étourdy, & il fut plus de six mois à revenir, comme il estoit avant l’application du remede.

Prenez un demy verre de jus d’absynthe, dans lequel vous mettrez une once d’alun brûlé en poudre, du sel commun en poudre deux dragmes, de l’esprit de vitriol un scrupule, mettez le tout dans une fiole, & gardez le marc de l’absynthe à part.

Bridez le Cheval à minuit, à six heures du matin sans le débrider, mettez un peu de ce qui est dans la fiole dans l’oreille, & broyez fort l’oreille pour le faire penetrer dedans ; puis mettez, encore autant, & broyez de mesme, & continüez jusqu’à ce Chap.
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que vous ayez mis la moitié de la fiole : prenez en suite du marc reservé, & en bouchez l’oreille, & la liez en sorte que l’air n’y penetre pas, faites-en autant à l’autre oreille, & le laissez bridé jusqu’à midy.

Il y en a qui observent d’y mettre un cordon de foye verte, mais la bleue ou la jaune sont aussi bonnes.

A midy il faut débrider le Cheval, & luy donner du son moüillé, du foin, & à boire, le laissant manger jusqu’à minuit, qu’il le faut rebrider, & le tenir ainsi jusqu’à six heures du matin, qu’il le faut saigner des deux veines du col, & luy tirer trois livres de sang de chaque costé ; & le laisser ensuite bridé jusqu’à midy.

Pour lors il faut couper les cordons de foye qui entourent l’oreille, & sans autre chose le Farcin guerira.

Cette recepte est particuliere pour le Farcin qui vient à la teste ; elle guerit aussi celuy qui vient au dedans du cuir, & ne tient point au corps, & qui naist seulement devant la poitrine : Ce n’est pas qu’elle n’ait guery des farcins au train de derrière ; mais comme j’en ay manqué quelques-uns, je vous la donne pour assurée au farcin qui vient à la teste & aux épaules, sans estre garand du reste.

L’inconvenient de cette recepte est, qu’il reste pour toûjours une marque blanche à chaque oreille à l’endroit où la ligature a serré. Quelques-uns cousent les oreilles tout le long, pour éviter la marque, mais j’ay veu des oreilles toutes dentelées & écaillées par cette couture, ce qui estoit encore plus difforme que les marques blanches de la ligature ; aux Chevaux blancs on ne l’apprehende point : s’il y a quelques bouttons dont la chair soit vilaine, ou qui soient gros & ne se percent pas d’eux-mesmes, percez-les avec la lancette quand ils seront meurs, c’est à dire, quand la matiere y sera, puis les frottez avec de l’onguent de Portugal, tous les jours jusqu’à ce qu’ils soient secs.