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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 396-398).
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LA fiévre des Chevaux, est une chaleur étrangere & extra-ordinaire dans tout le corps, qui vient d’une ébulition ou fermentation violente des humeurs, cette chaleur est contraire & opposée à la chaleur naturelle, qui est affoiblie & hors d’état de faire ses fonctions ; je ne puis pas mieux la comparer qu’au vin qui bout dans le tonneau : cette liqueur s’agite, se remuë, s’échauffe, s’étend, en un mot se fermente, & si elle n’a pas assez d’espace, rompt tout ce qui luy fait obstacle, elle remplit tout de fumées & de vapeurs ; elle est trouble & confuse, sans y pouvoir discerner la moindre goutte de vin ; mais apres ce desordre tout ce qu'il y a d’impur se separe, la lie va au fonds, une certaine crasse flotte dessus, & tout autour du vin il s’y fait une croûte qui s’attache au vaisseau ; voila l’idée & l’image de la fiévre. Lors que le sang vient à boüillir & fermenter extraordinairemcnt, par quelque cause que ce foit, il s’agite avec déreglement, il s’enfle & se dégorge souvent des vaisseaux qui ne peuvent le contenir, il s’échauffe sensiblement, il remplit tout le corps de fumées & de vapeurs, d’où vient l’étourdissement de teste ; il est si confus qu’on ne tire souvent que de la bouë au lieu de sang, & si la nature en est maistresse, elle separe le mauvais d’avec le bon, & le rejette comme Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/411 Chap.
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leur boire ne trouble point le cerveau, & leur exercice contribuë à leur bonne santé.

Fiévre pestilentielle.

La troisiéme espece de fiévre est la pestilentielle, qui fait bien du ravage en peu de temps : elle abat les forces en un moment, & le mal ne trouvant point de resistance, n’est pas de longue durée : Elle vient ou par morsure, ou piqueure de beste veneneuse, ou pour avoir pris des alimens empoisonnez, ou par l’infection de l’air, qui est quelquefois si grande qu’on voit mourir tous les Chevaux d’une écurie.