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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 367-368).
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UN jeune Cheval ayant le flanc si oppressé, qu’on le jugeoit poussif & entiérement perdu, guerit parfaitement par le remede suivant.

Mettez dans un pot trois pintes d’eau, avec chardon-benit, & pulmonaria quercina coupez menu, de chacun une poignée, du guy de chesne concassé une once, racine d’althea concassée demie once, autant d’enula-campana, & deux poignées d’hysope : faites cuire le tout environ deux heures ; puis l’exprimez, & adjoûtez une demie once de suc de regalisse, & une once de regalisse pilée, anis & fenoüil de chacun demie once, le tout bien pulverisé, un scrupule de saffran, une demie livre de miel écumé, & une pinte de vin blanc, le tout bien mélé ensemble, donnez-le en deux fois un peu tiede au Cheval, l’ayant tenu bridé six heures avant la prise, & le promenant une bonne heure apres, puis le laissez quatre heures bridé.

Il faut donner de cette décoction quatre jours consecutifs au Cheval, & le laisser reposer ensuite trois jours, au bout desquels il faut luy donner encore quatre prises consecutives : ce remede le soulagera beaucoup, ou le guerira, s’il est jeune.

Poudre pour la Courbatture.

Si le remede precedent n’a pas guery le Cheval, vous pouvez luy donner le remede qui évacuë & purge les Chevaux Courbattus cy-devant décrit, observant toutes les circonstances que j’ay marqué avant de le luy donner : en suite vous luy ferez prandre la poudre suivante, qu’on peut donner aussi sans faire preceder aucune évacüation & elle reüssit assez bien.

Prenez trois livres de graine de lin séchée au four, comme nous avons déja dit dans une autre recepte, estant pulverisée, adjoûtez-y de la gentiane trois onces, fenu-grec deux onces, enula-campana une once & demie, sauge & hysope de chacune trois onces, soulfre, demie livre, mettez le tout en poudre, & la mélez pour en donner au Cheval une couple de cueillerées le matin dans du son, laissez le bridé une heure & demie apres, & continuez jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de poudre : si le Cheval n’est pas guery, donnez-luy un lavement, comme nous avons dit, qui ne le Chap.
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guerira pas non plus, mais qui luy donnera du soulagement s’il est souvent reïteré ; & laissez agir la nature, qui par un regime bien reglé rétablira le Cheval.

Pour un Cheval Courbattu fort malade.

La plus dangereuse Courbatture, est lorsque la fiévre s’y méle ; ce qui se fait avec beaucoup de tourment, & le mal presse si fort qu’on ne peut avoir le temps de luy faire les remedes precedens.

Il faut commencer par l’un de ces deux lavements : prenez les herbes émoliantes, hachez-les, faites une décoction & laissez la refroidir, & la passez en suite, ajoûtez demie livre de miel, & donnez le tout tiede au Cheval : vous pouvez en donner un le matin & l’autre au soir si vous le jugez à propos.

Autre.

Faites boüillir une once Crocus Metallorum en poudre fine dans cinq chopines de bierre pandant un demy quart d’heure, laissez rasseoir, versez par inclination, & coulez au travers d’un double linge, adjoustez y un quarteron de beurre, donnez le tout tiede au Cheval, & le lendemain le remede suivant.