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Le palais des thermes et l’hôtel de Cluny/Notes

NOTES.

Note A (Page 12).


L’usage des bains était pour les Romains une des premières nécessités de la vie. Indépendamment des édifices publics, où le peuple prenait le bain en commun, presque tous les citoyens riches avaient leurs Thermes particuliers : c’étaient, dans les premiers temps de la république, des bâtiments d’une construction simple, où l’on ne recherchait que la commodité ; mais, plus tard, lorsque les conquêtes eurent enrichi les Romains, ils se transformèrent en véritables palais, où brillait tout le luxe de l’architecture et des arts. Les Thermes d’Agrippa, de Néron, de Caracalla et de Dioclétien, surpassaient tous ceux de Rome, par leur étendue et leur magnificence. Ils contenaient plusieurs salles de bains, d’exercices et de jeux, des galeries, des portiques, des théâtres et d’immenses jardins.



Note B (Page 12).


Les restes de ce palais sont situés dans la rue de La Harpe. Avant 1819, on y entrait par la porte cochère d’une maison de cette rue, portant le n° 53, et connue sous le nom de la maison de la Croix-de-Fer. La salle des Thermes était alors une dépendance de cette maison, qui avait été affectée à la dotation de l’hospice de Charenton, par un décret de 1807, et que l’administration de cet hospice avait louée à un tonnelier : ainsi, l’antique palais des empereurs romains était métamorphosé en magasin de futailles.

M. Quatremère de Quincy, instruit de cet état de choses, en rendit compte à M. Decazes, Ministre de l’intérieur, et demanda que des mesures fussent prises pour conserver aux arts ce précieux monument. Le Ministre fit, à ce sujet, un rapport au Roi, et obtint l’autorisation de consacrer une somme de trente mille francs, par an, pendant cinq années, à l’acquisition et à la restauration de ce palais.

Une commission fut nommée pour surveiller les travaux. Elle fut composée de MM. Quatremère, secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts ; Gérard, premier peintre du Roi ; de Forbin, directeur des Musées royaux ; Fontaine, architecte ; Alexandre Lenoir, conservateur des Monumens de Saint-Denis, et ancien administrateur du Musée des Monumens français.

MM. Godde et Rohault, architectes, dressèrent les plans, et M. le comte de Chabrol, préfet de la Seine, fut chargé de diriger et de conduire toute l’opération.

M. Decazes, sur le rapport de la commission, décida, le 5 juin 1819 : 1° que la salle dite le Palais des Thermes, serait débarrassée des maisons qui en obstruaient les abords ; 2° que le terrain devenu libre serait clos de murs, élevés et décorés dans le style du monument même ; 3° que la salle resterait dans son état actuel, et qu’on y formerait un Musée au milieu duquel serait placée la statue de Julien ; 4° que ce Musée ne serait formé que d’antiquités, gauloises, et d’antiquités romaines trouvées en France. Le conservateur de ce Musée fut même nommé : c’était M. Auguis, aujourd’hui Député.

On se mit à l’œuvre pour réaliser ces projets. On acheta et on démolit la maison de la Croix-de-Fer ; on déblaya, on restaura, on ouvrit une entrée sur la rue de la Harpe ; on dépensa soixante mille francs. Mais, quand on en fut là, M. Decazes ayant quitté le portefeuille de l’intérieur (en 1820), on s’arrêta tout court, et toute l’affaire fut remise en question.

M. le baron Capelle, secrétaire général du ministère, fit une visite au monument ; il trouva, lui, que ces vieux restes avaient assez peu d’importance, et, d’après son avis, que partageait M. Hély d’Oisel, alors directeur des travaux publics, M. le comte Siméon, devenu Ministre, suspendit l’exécution du plan de son prédécesseur.



Note C (Page 16).


Le jardin que supportait la voûte de la salle des Thermes, a été détruit, lorsqu’en 1820, on éleva au-dessus de ces belles ruines une vaste toiture destinée à les protéger à l’avenir contre les ravages du temps (Voyez la note B). Bien qu’on ne puisse qu’applaudir à cette mesure, qui assure la conservation d’un des plus curieux monumens de notre capitale, il faut avouer que cet édifice a perdu, en partie, son aspect pittoresque, depuis qu’il n’est plus couronné, comme autrefois, de fleurs et de verdure. Ajoutez à cela que les prétendues restaurations de la salle des Thermes ont été exécutées avec fort peu de goût.



Note D (Page 18).


Ces souterrains qui, ainsi que l’a reconnu M. de Caylus, descendaient jusque sur les bords de la Seine, s’étendaient sous l’hôtel de Cluny : ils se prolongeaient même sous l’ancien couvent des Mathurins, comme on en a acquis la preuve en 1676. « Au mois d’août de cette année (porte une ancienne inscription), une ouverture s’étant faite au milieu de la cour des Mathurins, environ le milieu du ruisseau, plus près néanmoins de la cuisine que de la salle du jardin, l’on creusa et l’on aperçut une grande ouverture à peu près semblable aux trois arcades qui forment le présent escalier, dans laquelle un domestique de céans étant descendu par une entrée qui commençoit du côté de la salle, observa que c’était un grand trou qui prenait son origine sous le palais des Thermes, rue des Mathurins ; laquelle ouverture fut bouchée, etc. »

L’obscurité de cette rédaction n’empêche pas de reconnaître le fait principal. Il existait donc sous le monastère des Mathurins des constructions souterraines qui communiquaient à celles du palais des Thermes.[1]



Note E (Page 23).


Ce canal avait 14 toises de largeur et séparait les deux prairies qu’on nomma dans la suite le petit et le grand Pré-aux-Clercs. Dans les titres des xii et xiiie siècles, il est mentionné sous le nom de Fossé, et plus généralement sous celui de Petite-Seine.

L’enclos du jardin des Thermes, soit qu’il ait changé de nom ou de maître, soit qu’il ait cessé d’être jardin pour recevoir une autre destination, a long-temps conservé son intégrité primitive. Sous la première race de nos Rois, Fortunat le désigne par ces mots : les Jardins de la reine Ultrogothe. Sous la troisième race, on le nomme Clos de Lias ou de Laas. Ce mot Lias ou Laas paraît dériver de notre article le, rendu par l’équivalent li ou la, et du mot as, par altération de l’expression latine arx, palais, citadelle[2] ; ainsi Clos de Lias signifierait le clos ou le jardin du palais, ou de la citadelle. C’est, en effet, sous cette dénomination d’arx, que le même poète Fortunat parle du palais des Thermes, dans ce vers (déjà cité) :

Dilige regnantem celsâ, Parisius, arce[3]

Ce qui prouve encore l’identité du jardin des Thermes et du clos de Lias, c’est que l’un et l’autre occupaient le même espace, et étaient compris dans les mêmes limites. Ce jardin, détérioré au xiie siècle, appartenait aux abbés de Saint-Germain-des-Prés. L’abbé Hugues v, en 1179, en aliéna plusieurs parties, à condition que des maisons y seraient construites. C’est ainsi, par exemple, que la rue Saint-André-des-Arcs, où se trouvait l’église du même nom, a été ouverte sur le clos de Lias. Ce surnom des-Arcs, donné à cette rue, vient évidemment encore du mot arx[4].



Note F (Page 24).


Un titre de l’an 1138, relatif à l’aumônerie de Saint-Benoît, porte qu’elle était contiguë au palais des Thermes, Juxtà locum qui dicitur Thermœ[5].

Un grand nombre de chartes du xiiie siècle parlent aussi de cet édifice, qu’ils nomment tantôt Palatium Thermarum, tantôt Palatium de Thermis, et même Palatium de Terminis. Mais, dit Piganiol de la Force, « il n’y a eu, que je sache, que Raoul de Presles, écrivain du xive siècle, qui ait suivi l’étymologie de Terminis, et qui ait cru que le nom de Termes fut donné à ce palais, parce que les Romains, tous les ans, à chaque terme, y recevoient les tributs qu’ils levoient sur les Parisiens. Ce sentiment n’a pas fait fortune, et ne mérite pas d’en faire[6] ».



Note G (Page 24).


Piganiol dit que le palais des Thermes était quelquefois nommé le vieux Palais, pour le distinguer du palais des comtes de Paris (aujourd’hui le palais de justice dans la Cité), qui était devenu le séjour des Rois, depuis que Hugues-Capet était monté sur le trône[7].



Note H (Page 24).


On lit dans les Essais historiques sur Paris, par Saint-Foix :

« Les bains de Dioclétien, à Rome, ne furent achevés qu’en 306. Ce palais (des Thermes) fut bâti sur le modèle de ces bains ; il est donc étonnant qu’on soutienne qu’il étoit bien plus ancien que l’empereur Julien, qui commandoit dans les Gaules, en 357. D’ailleurs, en le bâtissant, il fallut en même temps penser à y faire venir des eaux, et l’on trouva, en 1544, les restes d’un aqueduc qui avoit servi à y conduire celles d’Arcueil : or, l’on doit présumer que cet aqueduc, et par conséquent ce palais, n’étoient pas encore achevés du temps de Julien, puisqu’il dit, dans son Misopogon : « Les Parisiens n’ont point d’autre eau que celle de la Seine. » Mon opinion est que ce prince, en partant de Paris, donna ses ordres pour bâtir ce palais, afin de laisser un monument de sa magnificence, proche d’une ville qu’il chérissoit, et où il avoit été proclamé empereur ».

Il est difficile de se ranger à l’opinion de Saint-Foix, car tous les documens que l’histoire nous a transirais sur le séjour de Julien à Lutèce, semblent prouver que ce César fut proclamé Auguste au palais même des Thermes. L’opinion de Dulaure serait donc plus probable. Voici comment il s’exprime :

« Suivant la commune opinion, le césar Julien le fit construire pendant son séjour dans les Gaules, c’est-à-dire depuis les derniers mois de l’an 355, jusqu’au printemps de 361. En conséquence, on le nomme vulgairement le Palais de Julien, ou les Thermes de Julien. Il est certain que ce César a passé quatre ou cinq quartiers d’hiver à Paris, qu’il y habitait un palais considérable, et qui ne peut être différent de celui qu’on vient de décrire ; mais il ne s’ensuit pas qu’il l’eût fait construire. Julien, envoyé dans la Gaule pour en chasser des barbares qui la dévastaient depuis long-temps, employa les deux premières années de son séjour à composer des armées, à créer des finances, à faire une guerre continuelle ; et, les années suivantes, à réparer les maux innombrables que ces brigands y avaient causés. Ce n’est pas dans des temps de crise et de pénurie, que l’on pense à élever des palais. D’ailleurs, les goûts simples de ce prince, ses mœurs austères, son économie sévère, son éloignement pour le luxe et la magnificence, ne permettent pas de lui attribuer cette construction. Le palais des Thermes était construit avant l’arrivée de Julien dans les Gaules……

« La construction de cet édifice doit être attribuée à un souverain, qui pendant un long séjour dans ce pays, y aura joui du calme propre à cette entreprise. Constance-Chlore réunit ces convenances : durant quatorze ans consécutifs, depuis l’an 292 jusqu’en 306, il séjourna dans ces contrées. Collègue de Dioclétien, il y régna en souverain, d’abord en qualité de César, ensuite en celle d’Auguste. Aucun empereur, avant ou après celui-ci, n’a resté aussi long-temps dans les Gaules. Son règne fut paisible, et l’histoire, pendant sa durée, n’offre aucun événement capable de contrarier une telle construction…

« Ainsi ce ne peut être Julien, mais bien plutôt son grand-père Constance-Chlore, qui, vers la fin du iiie siècle, ou, plus tard, dans les premières années du ive, fit construire le palais des Thermes de Paris. »



Note I (Page 28).


Voici le passage où Grégoire de Tours rapporte cet horrible massacre : « Childebert envoya une personne de confiance à (son frère) Chlotaire, roi de Soissons, pour l’engager à venir le trouver afin de résoudre ensemble s’ils feroient mourir leurs neveux, ou s’ils se contenteraient de les dégrader en leur coupant les cheveux… Chlotaire ne tarda pas à se rendre à Paris… Us firent courir le bruit que le résultat de leur entrevue avoit été de faire proclamer rois les fils de Chlodomir, et envoyèrent les demander à Chlotide (leur aïeule) qui demeuroit dans la ville (dans la Cité) pour les élever sur le pavois. Cette bonne reine, transportée de joie, fit venir les petits princes, dont le plus âgé n’avait que dix ans, dans son appartement, et après avoir eu attention de les faire manger : Allez, mes enfans, leur dit-elle en les embrassant, allez trouver vos oncles ; si je puis vous voir sur le trône de votre père, j’oublierai que j’ai perdu ce cher fils… Chlotaire après les avoir poignardés de sa propre main, monta tranquillement à cheval pour retourner à Soissons : Childebert se retira dans le faubourg : In suburbana concessit. »

Néanmoins l’un des trois fils de Chlodomir échappa à la mort. Cet enfant, nommé Chlodoalde, vécut dans un cloître, et fut canonisé sous le nom de saint Cloud.

On vient de voir, dans le récit de Grégoire de Tours, que Childebert et Clotaire hésitaient entre la mort et la dégradation de leurs neveux. Ceci tient à un usage de ce temps. « Les Francs, dit Saint-Foix[8], se coupoient les cheveux tout autour de la tête, ne les conservant dans toute leur longueur que sur le sommet, où ils les renouaient et les rattachoient : il n’étoit permis qu’aux princes de la famille royale de porter leurs cheveux flottans sur leurs épaules, et sans être raccourcis autour de la tête ; les cheveux du peuple subjugué, des Gaulois, ne devoient pas passer le cou ; ainsi, la chevelure étant une marque distinctive entre les Francs et le peuple vaincu, couper les cheveux à un prince ou à un Franc, c’étoit non seulement le dégrader, le retrancher de sa famille, mais encore de la nation. »



Note J (Page 28).


Charlemagne demeura, sans aucun doute, au palais des Thermes ; mais il ne dut y faire que de courts séjours ; car on sait que dans l’intervalle de ses expéditions militaires, il habitait ordinairement Aix-la-Chapelle. C’est peut-être pendant sa résidence temporaire dans l’antique demeure des empereurs romains, qu’il surprit les amours de sa fille et d’Eginhard, son secrétaire et son ministre. « Ce fut pour ce prince un étrange spectacle, dit Mercier[9], lorsque levé de trop grand matin, se promenant dans sa chambre, et jetant les yeux sur une petite cour de son palais, il aperçut à travers les fenêtres, à la lueur du crépuscule, la princesse, sa seconde fille, les pieds dans la neige, et portant sur son dos le premier ministre. Près de succomber sous ce fardeau, elle le transportait courageusement à l’autre bout de la cour : ainsi on n’aurait pu découvrir sur la neige des pas d’homme, et le secret de leurs amours était gardé. Le sage empereur jugea que la sévérité ferait éclater la honte de sa fille, et content des longs services d’Eginhard, il ordonna le mariage des deux amans. Il sut, depuis, que c’était la princesse elle-même qui avait imaginé cet expédient, et qui avait forcé Eginhard d’y consentir. »[10]



Note K (Page 31).


Alcuin (Flaccus-Albinus) était diacre de l’église d’York. Appelé en France par Charlemagne, il fonda, sous les auspices de ce monarque, plusieurs écoles à Paris, Tours, Aix-la-Chapelle, et fit renaître les arts dans son empire. Charlemagne l’employa dans plusieurs négociations, le combla de richesses, et lui donna plusieurs abbayes qui le rendaient maître de vingt mille esclaves. Alcuin mourut en 804, âgé de 70 ans. Il était le résumé vivant de toutes les connaissances de son siècle : il excellait surtout dans la calligraphie. On pense qu’il avait au palais des Thermes un atelier, où il faisait copier des manuscrits[11].

Il existe encore aujourd’hui une Histoire de l’ancien et du nouveau Testament, copiée entièrement de sa main. C’est vers l’an 778, qu’Alcuin, entreprenant une révision de la version latine des Saintes-Écritures, par saint Jérôme, commença ce manuscrit, qui fut terminé par lui en 800. Ce livre précieux a appartenu à Charlemagne, puis à Lothaire Ier, petit-fils de ce prince, qui le déposa dans le monastère de Prum, en Lorraine, lorsqu’ayant perdu sa couronne, il s’y fit moine. En 1576, le couvent fut dissous, et les moines Bénédictins conservèrent cette Bible avec une religieuse vénération, l’emportant avec eux à Grand-Vat, près de Bâle. Elle y resta jusqu’à l’occupation du territoire épiscopal de Bâle par les troupes françaises, en 1793, époque où toutes les propriétés de l’abbaye furent séquestrées. Depuis, elle passa en plusieurs mains, et vient d’être vendue tout récemment en Angleterre à un M. Giordet, moyennant la somme de 1,500 liv. sterl. (37,500 fr.). C’est un magnifique volume in-folio, relié en velours et écrit sur deux colonnes. Il contient 449 feuilles de vélin, et est orné d’un riche frontispice en or et en couleur, et de quatre grandes peintures, qui montrent l’état de l’art à cette époque reculée. On y remarque de plus, trente-quatre grandes lettres initiales, dorées et coloriées, qui contiennent des sceaux, des emblèmes, des devises et des figures historiques. Cette Bible est, à ce qu’on assure, dans un parfait état de conservation. Voici son titre : « Biblia Sacra latina ex versione sancti Hieronymi, codex membranaceus, seculi viii, scriptus manu celeberrimi Alcuini, venerabilis Bedae discipuli, et Carolo Magno donatus, die quâ Romæ coronatus fuit. »



Note L (Page 37).


On ne peut préciser la date de cette acquisition. Mais voici un passage de Piganiol, qui l’indique le plus exactement possible : je le cite tout entier, parce qu’il contient en outre quelques détails qui ne sont pas tout-à-fait étrangers à cette Notice : « Cet hôtel (de Cluny) est situé auprès de l’église[12] et dans la rue des Mathurins. Sanval s’est trompé lorsqu’il a dit que les abbés de Cluny avoient choisi le collège de ce nom pour y faire leur demeure, lorsque leurs affaires les obligeoient de venir à Paris, jusqu’à ce que l’abbé Pierre de Chaslus eût acheté le palais des Thermes, que, depuis cet achat, on a nommé l’hôtel de Cluny. Ce savant homme ignoroit sans doute qu’avant que Pierre de Chaslus eût acheté le palais des Thermes, les abbés de Cluny faisoient leur demeure, lorsqu’ils étoient à Paris, dans un hôtel qui est assez près de la boucherie Saint-Germain-des-Prés, et qui avoit été acquis par l’abbé Bertrand, premier du nom, sur la fin du xiiie siècle, ou au commencement du xive. Il y avoit fort peu de temps que Pierre de Chaslus l’avoit augmenté de nouveaux bâtimens, lorsque l’université entreprit de le troubler dans sa possession, sans qu’on sache positivement pour quel sujet. Quoiqu’il en soit, deux huissiers du parlement, par ordre des présidens, allèrent le dimanche d’après la Saint-Martin d’été de l’an 1334, signifier à l’assemblée générale de l’université qui se tenoit aux Mathurins, que l’abbé de Cluny et tout l’ordre avec ses biens et ses dépendances, en quelque endroit du royaume qu’ils fussent, étoient sous la protection du roi, tant par privilège spécial qu’à cause que l’abbé de Cluny étoit du conseil du roi. Comme je n’ai pu découvrir la date de l’acquisition du palais des Thermes par Pierre de Chaslus, j’ai rapporté ce trait d’histoire pour aller au plus près du temps où elle a été faite. Il est constant que Pierre de Chaslus ne fut fait abbé de Cluny qu’en 1322, et qu’il cessa de l’être en 1342, par sa promotion à l’évêché de Valence ; or, par l’histoire que j’ai rapportée, il faisoit encore son séjour l’an 1334, en l’hôtel qui étoit auprès de la boucherie St-Germain-des-Prés ; donc, il n’a acquis le palais des Thermes que dans l’espace de temps qui s’est écoulé depuis le mois de juillet 1334 jusqu’en 1342, qu’Itier de Mirmande, surnommé le Docteur solennel, lui succéda au gouvernement de l’ordre de Cluny. Ainsi, au défaut de la date de l’acquisition du palais des Thermes, nous sommes sûrs du moins d’y toucher de bien près, puisqu’il ne s’agit tout au plus que de huit ans[13]. »

Le collège de Cluny (fondé en 1269 par l’abbé Yves de Vergy) se trouvant situé auprès de l’emplacement actuel de la Sorbonne, il est probable que ce fut la convenance du voisinage qui détermina Pierre de Chaslus à faire l’acquisition du palais des Thermes.



Note M (Page 37).


L’ordre de Cluny (première branche de celui de Saint-Benoît), remontait au commencement du xe siècle : il dut sa fondation à Guillaume-le-Pieux, duc d’Aquitaine, qui, en 910, fit bâtir aux environs de Mâcon l’abbaye de Cluny. Louis IV, dit d’Outre-mer, confirma cette fondation, l’an 939, et sept ans après, le pape Agapet II déclara l’abbaye de Cluny, et tous les monastères de sa dépendance, exempts de toute sorte de juridictions des Ordinaires, et voulut qu’ils relevassent immédiatement du Saint-Siège (l’an 946).

Bernon, premier abbé de Cluny, n’eut d’abord sous ses ordres que douze religieux ; mais ce nombre fut presque aussitôt dépassé, et s’augmenta considérablement sous ses successeurs saint Odon (en 927), saint Mayeul (en 948), saint Odillon (en 974), et saint Hugues (en 1049). La prospérité de l’ordre s’accrut de jour en jour ; et au xiie siècle, il était devenu si florissant et si célèbre, qu’il comptait près de deux mille monastères répandus en France, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en Espagne et jusques dans l’Orient.

L’abbaye de Cluny a donné à l’Église les souverains pontifes Urbain II, Grégoire VII, et Paschal II, ainsi que plusieurs cardinaux, archevêques et évêques. Les prélats les plus éminens se sont honorés du titre d’Abbés de Cluny ; parmi les plus illustres, on cite les cardinaux Jean et Charles de Lorraine ; dom Claude de Guise (bâtard de la maison de Lorraine) ; le cardinal de Guise, Louis de Lorraine ; le cardinal Armand-Jean Duplessis de Richelieu, ministre d’État ; Armand de Bourbon, prince de Conti ; le cardinal Jules Mazarin ; le cardinal Renaud d’Est ; Emmanuel-Théodose de la Tour d’Auvergne, cardinal de Bouillon, grand aumônier de France ; le cardinal de Larochefoucault, archevêque de Rouen, etc.

Les papes et les rois se plurent souvent à donner à cette abbaye des témoignages éclatans de leur affection et de leur estime : c’est ainsi que le pape Calixte II ordonna que l’abbé de Cluny aurait toujours le titre de cardinal ; c’est encore ainsi que l’abbé de Cluny avait entrée, séance et voix délibérative à la grand’chambre du parlement, en qualité de conseiller d’honneur né[14].

Un ordre si favorisé et si répandu devoit posséder d’immenses richesses. En effet, si nous ajoutons foi à l’Histoire des Ordres monastiques, « il étoit en possession d’un des plus beaux et des plus riches trésors de France. Ce trésor fut pillé jusqu’à trois fois, du temps des guerres des calvinistes, qui brûlèrent quantité de saintes reliques, et emportèrent plusieurs châsses de vermeil, un grand nombre de calices, de vases d’or et d’argent, et une infinité d’ornemens en broderie ; de sorte que l’inventaire dressé du dernier pillage qu’ils firent au château de Hourdon, où l’on avoit porté ce qu’il y avoit de plus précieux dans l’abbaye, monte au moins à deux millions de livres. La bibliothèque ne fut pas exempte de la fureur de ces hérétiques, qui la brûlèrent. Elle étoit curieuse en manuscrits ; il y en avoit plus de mille huit cents, presque tous du travail des religieux, qui s’occupoient anciennement à copier les ouvrages des Pères et des autres. »[15]

La même histoire nous fournit un document curieux sur la grandeur et la magnificence de l’abbaye. On y lit :

« En 1245, le pape Innocent IV, après la célébration du premier concile général de Lyon, alla à Cluny, accompagné des patriarches d’Antioche et de Constantinople, de douze cardinaux, de trois archevêques, de quinze évêques, et de plusieurs abbés. Le roi Saint-Louis, la reine sa mère, son frère, le duc d’Artois et sa sœur, l’empereur de Constantinople, les fils des rois d’Aragon et de Castille, le duc de Bourgogne, six comtes, et quantité d’autres seigneurs, s’y trouvèrent dans le même temps, et tous avec une suite fort nombreuse, sans que les religieux quittassent aucun des lieux réguliers ; ce qui est une marque de la grandeur et de la magnificence de ses anciens bâtimens, qui, quoique ruinés en partie par les calvinistes, en 1562, ne laissent pas d’avoir encore une si grande étendue, que l’on ne peut s’empêcher de les admirer. Son église, qui est sans contredit une des plus grandes du royaume, a 510 pieds de longueur, 120 de largeur, et l’on y entre par un vestibule qui a 110 pieds de longueur, et 81 de largeur. Cette église est bâtie en forme de croix patriarchale »[16]

L’abbaye de Cluny a été détruite à la révolution de 1793 ; il n’en existe plus aujourd’hui que le couvent, occupé en partie par le collège de la petite ville de Cluny (Saône-et-Loire).



Note N (Page 41).


Il y a quinze ans, environ, un Anglais offrit à M. Le Prieur, propriétaire de l’Hôtel de Cluny[17], d’acheter la chapelle pour la transporter en Angleterre. La somme proposée était considérable ; néanmoins M. Le Prieur la refusa, en disant : « Quoique je me sois occupé, toute ma vie, de commerce, et que votre offre doive plaire à un homme qui, comme moi, se connaît fort peu en architecture, si ma chapelle est aussi belle que vous le dites, je veux qu’elle reste en France. »



Note O (Page 42).


Les anciens vitraux ont été en partie brisés, en partie transportés aux Petits-Augustins. Pendant la Terreur, le vandalisme révolutionnaire a mutilé et détruit les groupes de figures et les statues des Saints. La chapelle elle-même faillit tomber sous les coups d’un maçon, chef de section, qui demeurait à l’hôtel de Cluny.

Aujourd’hui cette chapelle a recouvré une partie de son ancienne splendeur, grâce à la belle collection que M. Dusommerard possède dans les appartemens du premier étage de cet hôtel. De riches vitraux, replacés aux ogives des fenêtres, ont rendu au sanctuaire son obscurité mystérieuse ; des armoires, des stalles et des lutrins artistement sculptés, des figurines et des tableaux représentant divers sujets sacrés, des ostensoirs, des missels, des crosses d’évêque, des chasubles, en un mot, des ornemens de toute espèce, meublent le gothique oratoire des abbés de Cluny. On a même retrouvé, sous le badigeon, et ravivé, comme aux premiers temps de la construction de l’hôtel, les belles peintures à fresque du xvie siècle, qui décoraient le pourtour de l’autel.



Note P (Page 44).


On lit aussi dans Piganiol : « On montre dans la cour de cet hôtel le diamètre de la cloche appelée Georges d’Amboise, qui est dans une des tours de la cathédrale de Rouen, et qui est tracé sur la muraille de cette cour, où l’on assure qu’elle a été jetée en fonte »[18]. Cette fameuse cloche n’existe plus depuis long-temps : on l’a fondu pendant la révolution pour en faire des canons.



Note Q (Page 45).


Ce fait historique est rapporté par plusieurs historiens ; mais aucun d’eux ne dit que le dénoûment ait eu lieu à l’hôtel de Cluny : c’est de M. Dusommerard que je tiens cette circonstance, mentionnée aussi dans sa Notice. Il l’a puisée, dit-il, dans une chronique anglaise ; mais il ajoute qu’il est réduit à citer de mémoire, n’ayant pu retrouver le numéro du Magazine, où il a lu cette chronique, avant qu’elle eût pour lui un intérêt de localité. Du reste, le travail de M. Dusommerard est si consciencieux, que j’ai pu m’autoriser de son témoignage pour placer le lieu de la scène à l’hôtel de Cluny. Il y a plus, c’est que cette assertion se trouve confirmée par une ancienne tradition, qui, jusqu’à nos jours, a sans cesse désigné sous le nom de Chambre de la reine Blanche, une salle située au premier étage, sur le jardin et à côté de la chapelle. Cette désignation doit évidemment venir du séjour qu’y a fait la veuve de Louis xii, car on n’ignore pas qu’à cette époque le peuple appelait souvent reines blanches les veuves des rois, parce qu’elles avaient coutume de porter le deuil en blanc.



Note R (Page 50).


« Cette aventure fut publiée par toute l’Europe, dit Le Laboureur[19], et les huguenots ne l’oublièrent pas dans leurs libelles, et principalement dans une plainte qu’ils font faire au cardinal du peu de secours qu’on lui prêtoit pour l’exécution de ses desseins, où il parle ainsi :

Mesmes Paris entier, duquel le compérage
Envers mon frère et moy obligeoit le courage,
Me délaisse du tout. Je le puis voir ainsi,
Quant près saint Innocent me fit Montmorency,
Descendre de vitesse et gagner une porte,
Ma garde désarma, et mit à pied ; de sorte
Qu’elle ainsi mise en blanc grand déshonneur en a
Et………………………………………………………
Ah ! que j’ay de dépit qu’en abaissant ma corne
Il me fit en public recevoir telle escorne,
Sans que de se mouvoir nul homme fit semblant
En toute la cité, et que d’un cœur tremblant,
À lui le lendemain j’envoyai me soumettre,
Le requérant vouloir octroyer et permettre

Me retirer armé, de crainte des mutins
Ce que de luy encor tout brave je n’obtins,
Ains m’en allay de nuit ; emmenant un bon nombre
Des miens ; si qu’en fuyant avois peur de mon ombre.
Oh ! quel estois-je lors, ô combien différent
Estoit Charles nouveau, de ce Charles parent
De l’épouse à François ! Oh ! que cette nuit coye
Différoit du plein jour auquel remply de joie
Je condamnay en roy, inique et déloyal,
À la cruelle mort, le juste sang royal. »



Note S (Page 53).


L’abbaye de Port-Royal (de l’ordre de Cîteaux), située près de Chevreuse, fut fondée en 1204 par l’évêque de Paris, Eudes de Sully, de la maison des comtes de Champagne et proche parent de Philippe-Auguste. Ce monastère, pauvre d’abord, ne tarda pas à acquérir de grands biens et de nombreux privilèges.

Sur la fin du xvie siècle, il était tombé, comme beaucoup d’autres, dans un grand relâchement. On n’y observait plus la règle de Saint-Benoît, et l’esprit du temps en avait entièrement banni la régularité, lorsqu’enfin, dans les premières années du siècle suivant, Marie-Angélique Arnaud entreprit d’y introduire la réforme. Cette zélée religieuse était née en 1591 : elle prit l’habit en 1599, à l’abbaye de Saint-Antoine de Paris, et fit profession à Maubuisson le 29 octobre 1600. Elle n’avait pas encore onze ans accomplis, quand, par un abus assez commun dans ce temps-là, elle fut nommée abbesse de Port-Royal, et c’est à l’âge de dix-sept ans seulement qu’elle commença à rétablir la règle dans son abbaye. Peu de temps après, elle se transporta dans plusieurs autres monastères qu’elle réforma pareillement. Enfin, après avoir édifié tout le monde par sa sagesse et sa piété, elle donna encore un exemple éclatant de son humilité et de son désintéressement, en introduisant au couvent de Port-Royal l’élection triennale des abbesses, et en se démettant elle-même de son titre en 1630.

Il serait trop long de parler ici des querelles théologiques que les Jésuites suscitèrent si long-temps contre Port-Royal, et pendant lesquelles l’abbaye fut défendue avec tant de génie par Pascal et le célèbre Arnaud[20]. Mais on n’oubliera pas que l’abbesse Marie-Angélique lutta sans cesse avec courage contre toutes les persécutions. Son dévouement et sa fermeté ne s’éteignirent qu’avec sa vie. Cette illustre abbesse mourut le 6 août 1661, âgée de soixante-dix ans.

L’abbaye de Port-Royal des Champs, subsista jusqu’au mois d’octobre 1709, époque à laquelle ce monastère fut démoli, et les religieuses dispersées et réparties dans plusieurs couvens du royaume. Quant à l’abbaye de Port-Royal de Paris, on la supprima en 1790, et l’on convertit ses bâtimens pendant la session de la convention nationale, en prison révolutionnaire. En 1801, on y plaça l’institution de la Maternité, et en 1804, l’hospice de l’Accouchement[21].



Note T (Page 57).


Delisle (Joseph-Nicolas) né à Paris en 1688, se consacra dès sa jeunesse à l’étude des mathématiques et de l’astronomie, et l’éclipse totale de soleil du 12 mars 1706 lui fournit l’occasion d’approfondir plus spécialement cette dernière science. L’Académie des Sciences lui conféra une place d’élève en 1714, et cette distinction fut pour lui un encouragement à de nouvelles observations, dont plusieurs très-importantes sont consignées dans les Mémoires de cette académie. Il fit en 1724 le voyage d’Angleterre et fut fort bien accueilli par Newton et Halley. Appelé en Russie par l’impératrice Catherine II en 1727, pour y former une école d’astronomie, il établit dans ce pays un bel observatoire, se livra à de grands travaux tant en astronomie qu’en géographie, les continua à son retour à Paris, où il était lecteur au collège de France, et où il eut entre autres élèves distingués Lalande et Messier. Delisle mourut en 1768. On a de lui plusieurs ouvrages, et il a laissé des porte-feuilles remplis d’observations, de notes, etc., et qui, achetés par le roi, ont été placés dans le dépôt des plans et des journaux de la marine, à Paris.



Note U (Page 57).


Lalande (Joseph Jérôme Lefrançais de), né en 1732 à Bourg-en-Bresse, fut placé de bonne heure dans un couvent de jésuites, et s’y fit remarquer par une dévotion méticuleuse. À l’âge de dix ans, il composait des romans et de petits drames mystiques. Parvenu en rhétorique, il se passionna pour l’éloquence, et voulut être avocat ; mais quand le P. Béraud lui eut fait observer à Lyon la grande éclipse de 1748, il n’hésita plus ; il se sentit astronome ; et pour se vouer plus facilement à cette carrière, il résolut de se faire jésuite ; toutefois ses parens l’envoyèrent à Paris, où il se fit recevoir avocat pour leur complaire. Ce fut durant les premiers temps de son séjour dans la capitale, que, travaillant chez un procureur qui demeurait à l’hôtel de Cluny, il fit la connaissance de Delisle, et fit ses premiers essais en astronomie dans l’observatoire de ce savant. Admis dès-lors dans l’intimité de plusieurs astronomes distingués, il ne tarda pas à faire tous les progrès qu’on avait droit d’attendre d’un tel élève, dirigé par de tels maîtres. Envoyé à Berlin pour une observation qui devait déterminer la distance de la lune à la terre, Lalande fut reçu membre de l’Académie des Sciences à son retour, en 1753. Onze ans plus tard, il succéda à Delisle dans la chaire d’astronomie au collège de France, et non content d’en remplir avec assiduité les fonctions pendant quarante-six ans, il fit de sa maison une sorte d’école pour la science : il y logeait et nourrissait plusieurs jeunes gens peu aisés, mais doués d’heureuses dispositions. Cette noble conduite lui ayant valu une pension de 1000 francs, qu’il n’avait pas sollicitée, il la consacra aussitôt à l’éducation d’un nouvel élève. D’autres astronomes ont brillé d’un éclat plus vif, d’autres ont fait des découvertes plus nombreuses et plus importantes ; il n’en est pas qui ait, autant que Lalande, contribué à répandre le goût et la connaissance de l’astronomie ; et presque tous les savans en ce genre que, depuis, la France a possédés, se sont formés à ses leçons, ou à la lecture de ses ouvrages. Lalande mourut à Paris en 1807.



Note V (Page 57).


Messier (Charles), né en 1750 à Badonviller en Lorraine, n’avait, lorsqu’il vint à Paris en 1751, d’autre recommandation qu’une écriture nette et bien lisible, et quelque habitude du dessin ; il entra chez Delisle pour tenir ses registres d’observations et fut formé par Libour, secrétaire de ce célèbre astronome, aux observations journalières de l’astronomie, à celles des éclipses et à la recherche des comètes. Nommé plus tard par le crédit de Delisle, commis du dépôt des cartes de la marine, avec des appointemens de 500 francs par année, il reçut en outre de son protecteur le logement et la table. Celui-ci, qui croyait avoir suffisamment payé les travaux de son élève, garda pour lui les observations que Messier fit sur les comètes de 1758, 1759 et 1760.

Lorsque le vieil astronome abandonna la science pour la dévotion, Messier, devenu plus libre, s’occupa de ses recherches favorites avec plus d’ardeur et de succès ; et, pendant quinze ans, presque toutes les comètes qui furent découvertes, le furent par lui seul.

Il fut élu successivement aux académies de Berlin et de Pétersbourg, et en 1770, à celle de Paris ; déjà depuis quelque temps son titre de commis avait été changé en celui d’astronome de la marine.

Cependant les blessures les plus graves, causées par une chute terrible, vinrent interrompre ses travaux pendant plus d’un an. Devenu académicien pensionnaire à son tour, il vit supprimer quelques jours après, l’académie, sa pension et le traitement qu’il recevait de la marine. Malgré les embarras de sa position, il continua ses travaux, que l’Institut, le bureau des Longitudes, et la Légion-d’Honneur récompensèrent enfin sous un régime meilleur. Il vit des jours heureux dans une vieillesse qui fut longtemps sans infirmités, et mourut en 1817.

Lalande avait consacré, à la mémoire de cet infatigable observateur, une nouvelle constellation, sous le nom du Messier ou Garde-Moisson, qu’il forma de quelques étoiles éparses entre Céphée, Cassiopée et la Girafe.




  1. Dulaure, Histoire de Paris, T. 1er, pag. 118.
  2. Ducange offre des exemples de cette altération en France. Voyez son Glossaire, au mot as.
  3. Fortunati carmina, lib. 6, carmen 4.
  4. Dulaure, Histoire de Paris, T. 1er, pag. 127. — Recherches critiques sur Paris, par Jaillot, T. 5, Saint André, pag. 4, 7, 10, 11, 93, 120. — Histoire de Paris, par Félibien, T. 3, pag. 207.
  5. Histoire de Paris, par Félibien, Preuves, T. 3, pag. 91.
  6. Piganiol, Description historique de la ville de Paris, T. 6, pag. 310.
  7. Piganiol. Ibidem.
  8. Essais historiques sur Paris, T. 1er, pag. 10, note. — Ibidem, T. 2, pag. 70 et suivantes.
  9. Voyez le Tableau de Paris.
  10. Voyez ce récit dans la Chronique du monastère de Lauresheim.

    M. Guizot, dans son Histoire de la Civilisation en France (T. 6, pag. 408 et suiv.), révoque en doute le mariage d’Eginhard avec une des filles de Charlemagne.

  11. Voir Histoire de la Civilisation en France, par M. Guizot, T. 2, pag. 348 et suiv.
  12. Elle n’existe plus aujourd’hui.
  13. Piganiol, Description historique de Paris, T. 6, pag. 304 et suivantes.
  14. Piganiol, Description historique de Paris, T. 1er p. 105.
  15. Histoire des Ordres monastiques et militaires, par le P. Hélyot, T. 5,4e partie, chap. 18.
  16. Histoire des Ordres monastiques et militaires, par le P. Helyot, T. 6, 4e partie, chap. 18.
  17. Cet hôtel appartient aujourd’hui à sa veuve.
  18. Piganiol, Description de Paris, T. 6, pag. 308.
  19. Additions aux Mémoires de Castelnau, T. 2, p. 377 et suivantes.
  20. Voir l’Abrégé de l’Hist. de Port-Royal, par Racine.
  21. Dulaure, Histoire de Paris, T. 5, pag. 398 et 399.