Le fort et le château Saint-Louis (Québec)/07

Texte établi par Librairie Beauchemin, Limitée (p. 75-87).
VII. — Louis-Hector de Callières, gouverneur-général…

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VII


Louis-Hector de Callières, gouverneur-général. — Sa mort au château, — Philippe de Vaudreuil, gouverneur-général. — Développements de la colonie. — L’expédition de l’amiral Walker. — Physionomie de Québec en 1720. — Population du Canada. — Documents relatifs au fort Saint-Louis. — Mort de Louis XIV. — L’organisation paroissiale. — Mort de Vaudreuil au château.



Àla mort du comte de Frontenac, deux personnages ayant de grands états de service furent indiqués pour lui succéder : le chevalier Louis-Hector de Callières et le chevalier Philippe Rigaud de Vaudreuil. Ce furent les amis du premier qui l’emportèrent. Le principal grief formulé contre M. de Vaudreuil était son mariage avec une Canadienne. Plus tard cette Canadienne recevait de la cour les plus grandes marques de confiance, et son fils, Canadien lui-même, devenait, pour son malheur, gouverneur-général du Canada.

M. de Callières ne gouverna la colonie que pendant cinq ans. Aidé du célèbre chef huron Kondiaronk (le Rat), il réussit à conclure avec les Iroquois un traité de paix qui


1700.

Extrait d’un plan de Québec envoyé avec une lettre de MM. de Callières et Champigny datée du 6 octobre 1700.


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16. Fort. — 17. Magasin à poudre. — 18. Logis de Mr le Gouverneur-général. — 19. Glacière. — 21. Petits corps de garde. — 23. Petite Batterie. — 40. Église et maison des Récollets. — P. Maison du Roi, qui servait autrefois de prison, dont le fond appartient aux héritiers de M. de Bécancour. — Q. Emplacement autrefois basti dont le propriétaire demande le remboursement ou l’agrément de réédifier de nouveau.
fut assez fidèlement observé. Il était estimé de tous et savait tenir ses administrés dans le devoir. Sa longue et active carrière militaire avait ruiné sa santé ; un vomissement de sang le prit dans la cathédrale, pendant la grand’messe, le jour de l’Ascension de l’année 1703, et il expira, neuf jours après, au château Saint-Louis.

Il fut enterré dans l’église des Récollets, à côté de Frontenac. Le Père Gelase, procureur des Récollets, prononça son oraison funèbre et lui donna « de très justes louanges. »

Philippe Rigaud de Vaudreuil, qui portait le titre de marquis depuis la mort de son père, tué à la bataille de Luzzara, en 1702, succéda an chevalier de Callières et gouverna la colonie pendant près de vingt-deux ans. Il eut à déployer beaucoup de tact et d’habileté pour maintenir la paix avec les Iroquois et régler les difficultés que suscitaient sans cesse, soit en Canada, soit en Acadie, les habitants de la Nouvelle-Angleterre. Il dut même, vers 1710, envoyer aux frontières des détachements de Canadiens et de Sauvages faire la guerre d’escarmouche afin de forcer les Bastonnais à rester dans leurs foyers.

La dernière expédition de Frontenac au pays des Iroquois (1696) et plus encore l’action bienfaisante des missionnaires, avaient rendu moins agressifs les farouches enfants de la forêt ; mais ce ne fut qu’après 1713 que la colonie put enfin respirer et se livrer avec sécurité aux arts de la paix.

Pendant toute la période comprise entre le traité d’Utrecht (signé le 11 avril 1713) et les années qui précédèrent immédiatement la guerre de Sept Ans (déclarée le 9 juin 1756), le Canada fit des progrès merveilleux.

La construction des navires avait déjà pris en 1720 des proportions considérables. Les habitants, protégés et encouragés par le marquis Philippe de Vaudreuil, par son successeur le marquis Charles de Beauharnois, et les intendants Bégon et Hocquart, s’employaient avec une ardeur nouvelle à défricher et cultiver le sol[1], à construire des voies de communication, à développer le commerce et l’industrie, pendant que le collège de Québec, le séminaire des Missions Étrangères et l’Hôpital-Général, à Québec, les Ursulines, à Québec et aux Trois-Rivières, le séminaire de Saint-Sulpice et le collège préparatoire des Jésuites à Montréal, les Pères et les Frères Récollets et les religieuses de la Congrégation Notre-Dame dans leurs multiples établissements[2], et plusieurs instituteurs laïques subventionnés par les Jésuites, les Sulpiciens ou les curés, répandaient les bienfaits d’une éducation en tous points égale à celle que l’on donnait en France dans les établissements similaires.

Pendant quelque temps, un homme de loi distingué, M. Le Verrier, donna même quelques leçons de droit à Québec ; mais cet essai de création d’une faculté de droit n’eut pas de suite. Les lois du pays étaient la Coutume de Paris, les ordonnances royales enregistrées au Conseil Supérieur de Québec, et les édits et ordonnances de ce conseil.

Le siège de Québec de 1690 avait été une surprise ; il n’en fut pas de même des formidables préparatifs d’invasion de l’amiral sir Hovenden Walker, en 1711. Ils étaient connus depuis plusieurs mois à Québec, où il régnait à la fois une telle anxiété et une telle ardeur qu’on en était arrivé à désirer de voir paraître la flotte anglo-américaine. Des moyens de résistance, rendus inutiles par le désastre de l’Île-aux-Œufs[3] et l’anéantissement d’une partie de la flotte de Walker, avaient été organisés par le gouverneur-général, et, grâce à la générosité de ses habitants, la ville de Champlain put être considérée, en 1712, comme la place la plus forte, ou, plus exactement, la moins faible de l’Amérique du Nord[4].


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A. Le Fort. — B. Les Récollets. — C. Plateforme. — D. Les Jésuites. — E. La Cathédrale. — F. Le Séminaire. — G. L’Hôtel-Dieu. — H. L’évêché. — I. La Redoute. — K. Le magasin à poudre

C’était, à d’autres points de vue, une ville peu ordinaire que la jeune capitale au commencement du dix-huitième siècle. Le judicieux Père Charlevoix écrivait en 1720 : « On ne compte guère à Québec que sept mille âmes ; mais on y trouve un petit monde choisi où il ne manque rien de ce qui peut former une société agréable. Un gouverneur-général avec un état-major, de la noblesse, des officiers et des troupes : un intendant avec un Conseil supérieur et les juridictions subalternes ; un commissaire de marine, un grand prévôt, un grand voyer, et un grand maître des eaux et forêts dont la juridiction est assurément la plus étendue de l’univers ; des marchands aisés ou qui vivent comme s’ils l’étaient ; un évêque et un séminaire nombreux ; des Récollets et des Jésuites, trois communautés de filles bien composées, des cercles aussi brillants qu’il y en ait ailleurs : voilà, ce me semble, pour toutes sortes de personnes de quoi passer le temps fort agréablement.

« Ainsi fait-on, et chacun y contribue de son mieux. On joue, on fait des parties de promenades, l’été en calèche ou en canot, l’hiver on traîne sur la neige ou en patins sur la glace. On chasse beaucoup ; quantité de gentilshommes n’ont guère que cette ressource pour vivre à leur aise. Les nouvelles courantes se réduisent à bien peu de choses, parce que le pays n’en fournit presque point et que celles de l’Europe arrivent toutes à la fois, mais elles occupent une bonne partie de l’année ; en politique sur le passé, on conjecture sur l’avenir ; les sciences et les beaux-arts ont leur tour, et la conversation ne tombe point. Les Cana- diens, c’est-à-dire les créoles du Canada, respirent en naissant un air de liberté qui les rend fort agréables dans le commerce de la vie, et nulle part ailleurs on ne parle plus purement notre langue. On ne remarque ici aucun accent.

« On ne voit point en ce pays de personnes riches, et c’est bien dommage, car on y aime à se faire honneur de son bien, et personne ne s’amuse à thésauriser. On fait bonne chère si avec cela on peut avoir de quoi se bien mettre : sinon on se retranche sur la table pour être bien vêtu. Aussi faut-il avouer que les ajustements font bien à nos créoles. Tout est ici de belle taille, et le plus beau sang du monde dans les deux sexes ; l’esprit enjoué, les manières douces et polies sont communes à tous ; et la rusticité, soit dans le langage, soit dans les façons, n’est pas même connue dans les campagnes les plus écartées. »

En 1721, toute la population de la Nouvelle-France s’élevait à 25,000 âmes. Elle était de 50,000 âmes en 1744, et onze ans plus tard, immédiatement avant la guerre qui fut pour nous la lutte suprême, elle avait atteint le chiffre de 80,000 âmes, l’armée comprise. La population de la Nouvelle-Angleterre s’élevait alors à 1,200,000. Nous étions un contre quinze.




Reprenons le récit sommaire de quelques-uns des événements qui suivirent la signature du traité d’Utrecht.

M. de Vaudreuil passa en France en 1714, et en revint en 1716[5]. À son arrivée à Québec, il était tellement malade qu’il dut se faire transporter à l’Hôtel-Dieu, où il reçut les soins les plus empressés. Quelques semaines plus tard, il se rendait au Château Saint-Louis et il y annonçait officiellement la mort de Louis XIV et l’avènement an trône de son arrière-petit-fils Louis XV, de néfaste mémoire, alors âgé de moins de six ans.

Louis XIV avait vu disparaître de la scène du monde la plupart des hommes illustres et des brillants génies qui avaient jeté tant d’éclat sur son règne. Les années de malheur qui sanctifièrent sa vieillesse le firent grandir encore dans l’estime de ses contemporains et de la postérité ; il vit son royaume affaibli, mais ne perdit rien de sa sereine et incomparable majesté : « c’était une colonne restée debout au milieu des ruines. »

On lira sans doute avec intérêt les lignes suivantes, écrites ou dictées par une Canadienne, — la Mère Juchereau de Saint-Ignace, — en 1716, à l’occasion de la mort du grand roi :

« Les premiers vaisseaux qui arrivèrent en 1716 nous apprirent le décès du roi Louis XIV, mort à Versailles le 1er septembre 1715, âgé de 77 ans, après le plus beau, le plus glorieux et le plus long règne que l’on ait vu. Il était tombé malade le dix d’août ; sa maladie augmenta de telle sorte que, le 23, il demanda les Sacrements, qui lui furent administrés par M. le Cardinal de Rohan, grand aumônier de France ; il les reçut très dévotement, formant de fervents actes de foi, d’humilité, de contrition et de confiance. Ce Monarque ne parut jamais plus grand que lorsqu’on lui annonça le danger où il était ; bien loin de s’effrayer de ce qui alarmait tous ses sujets, il répondit qu’il y avait plus de dix ans qu’il pensait à mourir en Roi chrétien, et témoigna une fermeté et une conformité à la volonté de Dieu admirables pendant quelques jours. Il donna plusieurs ordres avec une parfaite tranquillité : ce grand Roi approchant de sa fin, fit appeler tous les Princes et toutes les Princesses du sang, leur parla d’une manière fort touchante, loua ce qu’il y avait remarqué de bon, et les exhorta à la vertu avec des termes si pressants, si tendres que chacun d’eux fondait en larmes ; on fit entrer la Duchesse de Ventadour, avec le Dauphin dont elle était gouvernante ; elle le plaça à genoux au pied du lit du Roi, qui lui donna sa bénédiction, et qui ensuite le fit asseoir sur son lit, et lui recommanda ses peuples avec beaucoup d’affection, et lui donna plusieurs avis pour les bien gouverner, et accompagna son discours de tout ce qui pouvait les graver dans le cœur et dans la mémoire de ce jeune Prince, qui aussi l’écouta avec une grande attention, et d’un air si touché que, quoiqu’il n’eût que cinq ans et demi, il montra que sa raison devançait son âge. Il regarda toujours fixement le Roi, et sans jeter aucun cri, les larmes tombaient de ses yeux. Après qu’il eut reçu les instructions nécessaires, on craignit que sa présence n’attendrit trop cet illustre mourant, qui paraissait seul paisible dans un temps où la consternation saisissait tous les assistants ; on remporta le Dauphin, et le Roi ne pensa plus qu’à mourir. Il s’entretint dans ces bons sentiments, et conserva une parfaite connaissance jusqu’à la nuit qui précéda son décès. Son corps fut exposé plusieurs jours avant d’être porté à Saint-Denis où il fut enterré : ses entrailles furent portées à Notre-Dame de Paris, et son cœur donné aux Jésuites de la Maison professe à qui Louis XIII avait aussi donné le sien. Dieu avait préparé à la mort ce grand Prince par des afflictions bien cuisantes, les dernières années de sa vie, d’autant plus sensibles qu’il n’avait eu que des succès et des prospérités jusqu’alors ; il vit mourir les plus fermes appuis de sa Couronne, l’espérance de la France et l’ornement de la Cour, Monseigneur le Dauphin son fils, un second Dauphin très vertueux, son petit-fils, avec la Dauphine son épouse, dont l’esprit agréable et brillant faisait ses délices, deux autres Princes, ses arrière-petit-fils, et M. le Duc de Berry. Ses armes qui, de tout temps, avaient été victorieuses, eurent le dessous en plusieurs occasions. Il perdit des batailles considérables, et après avoir été regardé comme le plus grand Roi du monde, qui avait toujours accordé la paix à ses ennemis aux conditions qu’il voulait, il se vit obligé, pour terminer une guerre qui accablait son peuple, de signer un traité désavantageux. Il est vrai que, dans ses malheurs, son courage ne fut point abattu. Il reçut ces adversités comme les châtiments de ses péchés, et avant qu’elles lui arrivassent, il avait paru les désirer, disant qu’il avait remarqué que tous les pécheurs à qui Dieu voulait faire miséricorde, passaient par des tribulations qu’il n’éprouvait point, et que cela lui donnait de la crainte. Mais dans la suite, il eut l’avantage d’être affligé et de profiter de ses peines. Ainsi il couronna ses glorieuses actions par la pratique de l’humilité, de la patience et de résignation ; et par là, il se rendit plus grand devant Dieu qu’il ne l’avait été devant les hommes. Jamais Prince ne fut plus digne de régner. Il avait reçu de Dieu des qualités toutes royales. Il méritait et s’attirait l’amour et le respect, non seulement de ses sujets, mais de tous les étrangers… Je ne crois pas qu’on me sache mauvais gré d’avoir rapporté un peu en détail les circonstances de la mort de Louis-le-Grand… L’estime que l’on conserve pour sa mémoire dans cette communauté, qu’il a honorée de ses bienfaits, me fait juger que l’on aura autant de plaisir d’en entendre parler que j’en ai de l’écrire. »

L’année 1721, dit M. Garneau, vit naître en Canada une institution importante, les postes et messageries pour le transport des lettres et des voyageurs. « L’intendant Bégon accorda à M. Lanouiller le privilège de tenir les postes pendant vingt années entre Québec et Montréal ; il lui imposa en même temps un tarif gradué sur les distances. Le pays n’avait pas encore eu d’institutions postales : il n’a pas cessé d’en jouir depuis » [6].

De concert avec Monseigneur de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec, et avec le concours de l’intendant Bégon, M. de Vaudreuil s’occupa à fixer les bornes des circonscriptions ecclésiastiques de la colonie et à créer définitivement cette forte organisation paroissiale — religieuse et civile — qui a été le rempart par excellence de la nationalité franco-canadienne aux jours d’épreuve qui suivirent la capitulation de Montréal (8 septembre 1760) et la signature du traité de Paris (10 février 1763). Le pays, déjà partagé en trois gouvernements (Québec, Trois-Rivières et Montréal), fut subdivisé en quatre-vingt-deux paroisses, dont trente-quatre sur la rive droite du fleuve Saint-Laurent, et quarante-huit sur la rive gauche. Les dernières paroisses à l’est étaient Kamouraska et la Baie Saint-Paul : les dernières paroisses à l’ouest étaient l’Île du Pads et Châteauguay. Cette première érection civile des paroisses fut définitivement arrêtée par un décret du Conseil d’État enregistré à Québec en 1722.

En 1723, M. de Vaudreuil fit commencer à Montréal, sur un terrain maintenant occupé par la place Jacques-Cartier, un vaste château qui servit souvent de résidence aux gouverneurs généraux ses successeurs, sous le régime français, et fut occupé subséquemment par le premier collège de Montréal, du 1er octobre 1773 au 6 juin 1803, date de sa destruction par un incendie.

Le marquis Philippe Rigaud de Vaudreuil, « le bien-aimé du peuple, » expira au château Saint-Louis, le 10 octobre 1725, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Sa femme — Louise-Élisabeth de Joybert — fut le soutien et le conseil de sa vieillesse. Séparée de lui pendant de longues années, qu’elle passa en France, elle n’oublia jamais ni sa famille, ni sa patrie, et porta toujours dignement le nom de cet homme illustre.

Les cendres du marquis de Vaudreuil — nous l’avons déjà dit — furent déposées dans l’église des Récollets, voisine du château, et reposent maintenant dans la basilique Notre-Dame de Québec.


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  1. On a reproché aux Canadiens d’avoir défriché trop complètement leurs terres. On oublie qu’autrefois chaque buisson pouvait recéler un Iroquois, chaque arbre cacher un ennemi. Aujourd’hui c’est bien différent, et l’on commence à comprendre qu’un certain reboisement est devenu nécessaire.
  2. Les premiers pensionnats des religieuses de la Congrégation Notre-Dame furent ceux de Montréal (fondé en 1657), de Oka (fondé en 1676), de la Sainte-Famille, Île d’Orléans (fondé en 1685), de la Pointe-aux-Trembles, district de Québec (fondé en 1685), de la Pointe-aux-Trembles, district de Montréal (fondé en 1690), de Saint-François, rivière du Sud (fondé en 1703), de Boucherville (fondé en 1703) et de Laprairie (fondé en 1705).
  3. — 22 août 1711. Ce désastre fut connu dans la Nouvelle-Angleterre, et même en France, avant que la nouvelle n’en parvînt à Québec. À cette occasion, l’église de la basse ville de Québec, construite en 1688, et dédiée en 1690 à Notre-Dame de la Victoire, reçut le nom de Notre-Dame des Victoires et l’on érigea à Montréal une petite chapelle qui fut appelée Notre-Dame de la Victoire, sur le côté ouest du passage qui conduit actuellement de la rue Notre-Dame à la chapelle de Notre-Dame de Pitié.

    On lit dans l’Annuaire de Ville-Marie de M. Huguet-Latour : « Chapelle de Notre-Dame de la Victoire. — Les Sieurs de la Congrégation en firent poser la première pierre en l’année 1718 (sur un emplacement qu’elles avaient donné dans leur enclos proche de l’église), et ce, en exécution d’un vœu qu’avaient fait, en l’année 1711. les Demoiselles de la Congrégation externe et d’autres personnes, de bâtir, en l’honneur de la Mère de Dieu, une chapelle sous le nom de Notre-Dame de la Victoire.

    « Réduite en cendres le 11 avril 1768, elle fut rebâtie la même année, et la première messe y fut dite le 7 décembre 1768.

    « Cette chapelle servit de lieu de réunion aux Congréganistes de Notre-Dame de la Victoire, jusqu’au 14 octobre 1860, auquel jour ils fixèrent leur lieu de réunion à la chapelle de Notre-Dame de Pitié. »

  4. « On avait commencé, vers 1702, à fortifier cette ville sur les plans de M. Levasseur. Plus tard, en 1711 ou 1712, on avait jeté les fondements de deux tours, près des bastions Saint-Jean et du Palais, et élevé un mur derrière l’Hôtel-Dieu, sur la côte du Palais, d’après les plans de M. de Beaucourt. Mais tous ces plans étaient défectueux, et les travaux avaient été suspendus. M. de Vaudreuil recommanda au régent, en 1716. de fortifier Québec, car, cette ville prise, le Canada était perdu. Après quelques délais, les travaux furent continués, en 1720. sur des plans donnés par M. Chaussegros de Léry, ingénieur, et approuvés par le ministère de la guerre. — F.-X. Garneau, Histoire du Canada.
  5. Ce fut M. Claude de Ramezay, gouverneur de Montréal, qui remplit les fonctions de gouverneur-général pendant l’absence de M. de Vaudreuil.
  6. On peut aujourd’hui envoyer une lettre d’une once de Halifax à Victoria — distance de douze cents lieues — pour la très minime somme de deux sous.