Le fort et le château Saint-Louis (Québec)/08

Texte établi par Librairie Beauchemin, Limitée (p. 88-99).

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VIII


Les femmes au château sous le régime français. — Madame d’Ailleboust. — La marquise de Denonville et ses filles. — Élisabeth de Hallot d’Honville. — La marquise Philippe de Vaudreuil et ses filles. — Esther Wheelwright. — La marquise Pierre de Vaudreuil-Cavagnal.



La liste des femmes qui séjournèrent au fort Saint-Louis, sous le régime français, n’est pas très longue. Nous avons déjà nommé Madame d’Ailleboust, Madame la marquise de Brisay de Denonville et ses trois filles : Bénigne[1], Catherine et Marie-Anne[2], ainsi que Mademoiselle de Hallot d’Honville[3]. À ces noms il faut ajouter ceux de Madame la marquise Philippe de Vaudreuil et ses deux filles, Marie-Louise et Louise-Élisabeth, celui de Mademoiselle Esther Wheelwright et celui de la marquise Pierre de Vaudreuil-Cavagnal.

Les deux premières châtelaines du Fort Saint-Louis (Madame d’Ailleboust et la marquise de Denonville) étaient françaises ; les deux dernières (la marquise Philippe de Vaudreuil et sa belle-fille la marquise Pierre de Vaudreuil) étaient, l’une acadienne et l’autre canadienne.

Les deux premières habitèrent le premier château, au dix-septième siècle ; les deux dernières habitèrent le deuxième château, au dix-huitième siècle.


Louise-Élisabeth de Joybert, marquise de Vaudreuil, dont nous avons mentionné le nom au chapitre précédent, était fille de Pierre de Joybert de Marson, seigneur de Soulanges, et de Marie-Françoise Chartier de Lotbinière. Elle naquit à Gemseek, sur la rivière Saint-Jean, où commandait son père, le 18 août 1673, et fut ondoyée aussitôt par un chirurgien du nom de Lavergne. Elle fut baptisée soubs condition à Québec le 15 juin 1675, et eut pour parrain le comte de Frontenac et pour marraine Marie-Françoise d’Amours (femme de Louis-Théandre Chartier de Lotbinière), son aïeule.

Vers l’âge de treize ans, elle entra au pensionnat des Ursulines de Québec avec une des filles de la marquise de Denonville, Catherine de Brisay, qui n’était qu’une enfant. La marquise s’était prise d’affection pour la jeune Acadienne, dont toute la personne était extrêmement sympathique.

Mademoiselle de Joybert épousa le chevalier Philippe Rigaud de Vaudreuil le 21 novembre 1690. M. de Vaudreuil avait alors quarante-sept ans ; sa jeune femme en avait dix-sept.

Nous avons dit que Madame de Vaudreuil passa de longues années en Europe. Avant d’aller remplir à la cour de Versailles les importantes fonctions d’éducatrice des enfants de France, la marquise connut amplement les saintes joies et les nobles soucis de la maternité. Elle n’eut pas moins de douze enfants, dont trois — Philippe-Arnaud, né en 1705, Joseph-Hyacinthe, né en 1706, et Louise-Élisabeth, née en 1709, — virent le jour au château Saint-Louis.

Recommandée à la cour (probablement par sa vieille amie la marquise de Denonville), Madame de Vaudreuil dut quitter Québec pour se rendre à Versailles peu de temps après la naissance de sa dernière enfant, Louise-Élisabeth, baptisée à Québec le 12 septembre 1709. Elle avait été nommée sous-gouvernante des enfants de France l’année précédente (1708). Le navire qui devait la conduire en France partit de Québec dans l’automne de 1709 et fut pris par les Anglais ; toutefois, il n’arriva rien de fâcheux à Madame de Vaudreuil et aux personnes qui l’accompagnaient. Le commandant du vaisseau ennemi se montra plein de déférence, et les fit débarquer au Hâvre, où se trouvait M. de Champigny qui les reçut avec empressement.

Madame de Vaudreuil avait alors un peu plus de trente-six ans. Elle se rendit immédiatement à Versailles, et fut accueillie avec bonté par Madame de Maintenon, qui la présenta au roi. On lui confia aussitôt l’éducation du jeune duc d’Alençon, et le duc de Saint-Simon, qui n’était guère porté à flatter les gens, dit, dans ses Mémoires, qu’elle était bien au-dessus de son emploi. Refoulant au fond du cœur le chagrin qu’elle devait éprouver de ne pouvoir se consacrer à l’éducation de ses propres enfants au foyer domestique, et comprenant tout ce qu’il y avait d’important et d’auguste dans la mission qui lui était confiée, elle s’acquitta de sa lâche avec tant d’intelligence et de tact que, le jeune prince son élève étant mort, on la retint à la cour plusieurs années encore pour y élever les autres enfants du duc de Berry.

Elle acquit auprès des puissants du jour une influence, dont elle se servit, pendant son séjour on France et plus tard, au bénéfice des membres de sa famille et de quelques autres personnes. Son esprit supérieur, ses solides principes, son instruction et les charmes de sa personne la firent apprécier hautement par l’entourage de Louis xiv, — entourage beaucoup plus sérieux que dans les premières années du règne de ce monarque[4].

On peut voir par un mémoire daté de Versailles et adressé au ministre en 1710, qu’au milieu des enchantements et des exigences de la cour, la vaillante marquise ne perdait pas de vue les affaires politiques de la Nouvelle-France[5].

En 1721, la marquise se trouvait à Montréal[6]. Elle posait, en 1723, la première pierre du Château Vaudreuil dont nous avons parlé au chapitre précédent. Une note de l’Album des souvenirs canadiens, du Commandeur Viger, se lit comme suit :

« Inscription trouvée le 15 mai 1806, sur la première pierre de l’angle sud-est de l’ancien Château Vaudreuil, à Montréal, employé comme premier Collège de cette ville, du 1er octobre 1773 an 6 juin 1803, (alors) qu’il fut détruit par le feu.


« Cette pierre * a esté posée * par * Dame * Lovise-Elisabeth * Jovabere * Femme * de * Havt * et puissant * Seignevr * Philippe de Rigavd * Chevalier * Marqvis * de Vavdrevil * Grand * Croix * de * St-Lovis * Govvernevr * Lievtenant * General * povr * le Roi * de tovtte * la * Novvelle * France * Septentrionale * En 1723 * le 15 May * — Sept Maison * appartien * a Monsievr * Le * Marqvis * de Vavdrevil * »


Madame Philippe de Vaudreuil atteignit l’âge de soixante-six ans et demi. « Elle fit son testament le 19 janvier 1740, et mourut à Paris peu de jours après, dans le même mois »[7].


Vers les premiers jours de l’automne de 1708, la sentinelle du fort Saint-Louis présentait les armes à un religieux de la Compagnie de Jésus, qui se dirigeait vers le château. Le Père Bigot, un des plus zélés missionnaires de l’Acadie, venait rendre compte au marquis de Vaudreuil de l’heureux résultat de démarches commencées depuis déjà plusieurs années pour tirer des mains des Abénaquis une jeune Anglaise, une enfant de onze ans, Esther Wheelwright, enlevée à ses parents dans une journée de carnage, et qui, depuis lors, avait partagé les misères d’une famille sauvage qui l’avait adoptée. Le missionnaire avait aperçu un jour sa blanche figure au milieu d’un groupe de petits Abénaquis, et avait fait connaître sa captivité à sa famille, qui habitait le voisinage de Boston.

M. de Vaudreuil s’était occupé activement du rachat de cette enfant. Il lui donna asile au château Saint-Louis et voulut la traiter comme un membre de sa famille. Madame de Vaudreuil la prit aussi en affection, et, comme elle comptait partir dans quelques mois pour la France, elle résolut de la placer chez les Ursulines avec sa fille, Marie-Louise de Rigaud, âgée de près de huit ans. Le journal ou registre des Ursulines du 18 janvier 1709, contient la note suivante : « Madame la Marquise nous a donné une petite Anglaise pour pensionnaire. Elle paiera 40 écus. »

Esther Wheelwright appartenait à une excellente famille et était admirablement douée, au physique et au moral. Elle se fit religieuse chez les Ursulines de Québec le 12 avril 1714, et prit le nom de Mère de l’Enfant-Jésus. Sa mère ne la revit jamais ; elle se déclara satisfaite de la savoir heureuse et se contenta de lui écrire des lettres pleines de tendresse et de lui envoyer de riches cadeaux.

M. de Vaudreuil, par égard pour la famille de la jeune fille, ne voulut pas d’abord prendre la responsabilité d’autoriser l’entrée en religion de Mademoiselle Wheelwright. Ne pouvant la confier à personne pour la conduire à Boston, il la garda auprès de lui, avec ses propres enfants, de 1710 à 1712, année de son entrée au noviciat.

La jeune étrangère dont l’enfance avait été si tourmentée désirait ardemment vivre de la vie calme du cloître ; aussi fit-elle une religieuse modèle. Ses parents de la Nouvelle-Angleterre eurent à plusieurs reprises des rapports pleins de cordialité avec les Ursulines. Un de ses neveux vint même à Québec pour y voir sa légendaire parente. On lui donna la permission d’entrer dans le cloître, et la pauvre petite prisonnière des Abénaquis, devenue religieuse professe et captive volontaire, put s’enquérir à loisir de tout ce qui concernait sa famille.

On lit dans l’Histoire du Monastère des Ursulines de Québec, vol. iii, p. 46.

« Une autre fête, que les circonstances rendirent publique, fut celle du 12 avril 1764, jour où notre révérende Mère Supérieure, la Mère Esther Wheelwright de l’Enfant-Jésus, renouvelait ses vœux de cinquante ans de profession entre les mains de M. Briant, vicaire-général du diocèse vacant, et notre très-digne supérieur. Rien ne manqua à la solennité ; M. Resche, notre très digne confesseur, joua de l’orgue, et l’on chanta plusieurs motets pendant la sainte messe. M. Récher, de son côté, nous favorisa d’un très-beau sermon sur le bonheur de la vie religieuse. Le Te Deum se chanta à l’issue de la messe, et nous eûmes le soir la bénédiction du Saint-Sacrement… » (Vieux Récit.)

« Cette bien-aimée jubilaire était la première supérieure anglaise de notre maison, et, par une singulière coïncidence, elle entrait en charge au mois de décembre 1760, précisément à l’époque où la domination anglaise s’établissait en Canada. Cette vénérée et chère Mère, qui devait tant à l’hospitalité française, semblait dire que le mélange des deux races n’altèrerait jamais en rien la charité, et que si, d’un côté, le monastère restait toujours profondément français, il saurait, de l’autre, apprécier le mérite des filles d’Albion. »

La révérende Mère Esther Wheelwright de l’Enfant-Jésus vivait encore en 1775. Elle mourut au vieux monastère des Ursulines de Québec, le 28 novembre 1780, à 8 heures du soir. Elle avait alors 82 ans.

La quatrième châtelaine du fort Saint-Louis fut Madame la marquise Pierre de Vaudreuil-Cavagnal, née Fleury de la Gorgendière, femme du dernier gouverneur du Canada sous le régime français.

Elle était fille de Jacques-Alexis Fleury de la Gorgendière et de Dame Marguerite de Chavigny. Née le 10 janvier 1683, ondoyée par le Père Exupère, récollet, le 12 mars suivant, elle fut présentée à l’église paroissiale de Québec, pour les cérémonies du baptême, le 20 avril de la même année. À l’age de vingt-et-un ans (le 15 juin 1704), elle épousa, en premières noces, à Montréal, François Le Verrier, seigneur de Rousson, capitaine d’une compagnie du détachement de marine de la colonie, et en eut deux enfants : Louis, né le 7 avril 1705, qui embrassa la carrière militaire et suivit sa mère et le marquis de Vaudreuil en France après la conquête ; et Jacqueline-Marguerite, née le 1er juillet 1706, qui épousa Jean-Paschal Soumande le 3 septembre 1726[8].

François LeVerrier étant mort, à Québec, le 6 novembre 1732, sa veuve épousa le marquis Pierre de Vaudreuil-Cavagnal, (fils du marquis Philippe de Vaudreuil et d’Élisabeth de Joybert), qui devint gouverneur-général de la Nouvelle-France en 1755[9].

On connaît peu de chose de la vie intime de la marquise Pierre de Vaudreuil. Dans ses lettres confidentielles à Bourlamaque, le marquis de Montcalm mentionne quelquefois son nom. Le 3 mars 1758, il écrit :

« Les beaux jours occasionnent beaucoup de parties de campagne. M. et Mme de Vaudreuil y vont souvent. Le chevalier de Lévis en est quelquefois, et il a aussi les siennes ? »

Le 7 du même mois :

« Les beaux jours continuent ; la fonte des glaces me fait craindre l’interruption des parties de M. et Mme de Vaudreuil, qui vont visiter les notables de la côte comme Henri iv chez les notables bourgeois de Paris. »

Le 8 octobre 1758 :

Madame de Vaudreuil disait ce matin : M. le général, les Anglais disent bien que vous êtes un grand général. Le P. Floquet : Tout est dû à votre prudence et à votre bonheur. Rigaud pleurait de joie et de chagrin de la perte de ses Sauvages. Saint-Sauveur disait sa phrase favorite : Rogers est tué, c’est complet, habit, veste et culotte. »

Le 9 décembre de la même année :

« Comme on écrit beaucoup de Montréal à Québec, j’aime mieux vous dire que, hier matin, à l’occasion de l’officier de milice qui disait que l’on était consterné, lorsque je faisais le siège du fort Guillaume-Henry, et que Webb avait grand’peur ; qu’il n’y avait, personne à Orange et New-York, et que l’on aurait pris avec facilité Lydins, M. le Marquis de Vaudreuil rabâcha, beaucoup sur cela, moi présent. À la fin, avec beaucoup de modération (car les assistants et le chevalier de Montreuil l’assurent), je lui dis mes raison, pour n’y avoir pas marché, qu’il ne fallait pas se repaître de chimères. »

« J’interpellai M. Le Mercier, qui fut de mon avis et défila, et n’osa plus rester davantage ; et je conclus par lui dire modestement que je faisais de mon mieux à la guerre, suivant mes faibles lumières ; que, quand on n’était pas content de ses seconds, il fallait faire campagne en personne pour exécuter ses propres idées. Les larmes lui en vinrent aux yeux, et il mâcha entre ses dents que cela pourrait être. La conversation finit de ma part : — J’en serai comblé, et je servirai volontiers. »

« Madame de Vaudreuil voulut s’y mêler : — Madame, permettez que, sans sortir du respect qui vous est dû, j’aie l’honneur de vous dire que les dames ne doivent pas parler guerre. Elle voulut continuer : — Madame, sans sortir du respect qui vous est dû, permettez que j’aie l’honneur de vous dire que si Madame de Montcalm était ici et qu’elle nous entendît parler guerre avec M. le Marquis de Vaudreuil, elle garderait silence. »

« Cette scène, devant huit officiers, dont trois de la colonie, sera brodée, rebrodée ; la voilà telle. Je lui parlai des vivres et je lui dis : M. l’intendant, qui est l’homme du Roi, comme vous, Monsieur[10] et qui, sur cette partie, doit être instruit, m’a écrit, dans le temps, qu’il n’avait pas de quoi nourrir l’armée passé le dernier août. Nous étions au 9. Quoique sûrement Le Mercier le lui écrira, car il a dû entendre cette phrase avant d’avoir défilé, vous pouvez lui dire comme de vous-même, avec confidence, si vous le jugez à propos, sinon mot. »

« Le chevalier de Levis, qui entra, ne se serait pas douté de la conversation, vu mon air tranquille, et j’y fus le soir à mon ordinaire ; et ce matin, je porte un bel œillet, qu’on m’envoie dans le moment, à Madame de Vaudreuil ; mais c’est odieux. »

Le 8 mars 1759 :

« L’histoire de mon empoisonnement s’est renouvelée dans le gouvernement de Montréal, il y a quinze jours, et a été à M. et Mme de Vaudreuil. Elle en a bien rabâché, et le peuple disait : On veut donc vendre le pays ! Au reste, je n’aime pas ces bruits. Ne parlez jamais de crime aux hommes. »

Le 25 juin 1759 (à l’arrivée de la flotte de Wolfe) :

« Madame de Vaudreuil doit partir cette semaine pour Montréal ; mais M. le Marquis nous reste. »

Dans toute cette correspondance intime, Montcalm répète souvent : Brûlez cette lettre, — brûlez toutes mes lettres. Cela fait rêver. Comme l’a dit avec autant d’esprit que de justesse M. Joseph-Edmond Roy, « la postérité est une grande décacheteuse de lettres » : toutes celles dont nous venons de donner des extraits, ainsi que beaucoup d’autres adressées par Montcalm à Bourlamaque, sont devenues la propriété de sir Thomas Philipps : M. Francis Parkman possédait une copie manuscrite de toute la collection, et celle-ci a été imprimée et publiée, en 1891, par le gouvernement de Québec. La lettre du 9 décembre 1758, où il est question d’un dialogue assez vif entre Montcalm et Madame de Vaudreuil, suivi de l’envoi d’un œillet par le général à la marquise, a aussi été rééditée par M. l’abbé H.-R. Casgrain dans son ouvrage intitulé : Montcalm et Lévis[11]. Après tant de publicité, personne n’aura de scrupules à la reproduire, malgré la recommandation de celui qui l’écrivait : Brûlez celle lettre. — brûlez toutes mes lettres.

Les Hospitalières de Québec ont conservé une lettre de la marquise de Vaudreuil-Cavagnal. Elle est signée : Fleury Vaudreuil.

Ainsi qu’on l’a vu plus haut, ce fut vers la fin du mois de juin 1759 que la dernière châtelaine du fort Saint-Louis sous le régime français quitta le château pour n’y plus revenir. Nous la retrouvons au mois d’octobre de l’année suivante, sur le pont du navire l’Aventure, avec son noble époux, le marquis de Vaudreuil, M. de Rigaud et plusieurs des principaux acteurs du grand drame dont les péripéties venaient de se dérouler sur les rives du Saint-Laurent. Lorsque le vaisseau qui devait la conduire en France quitta la rade de Québec, le 18 octobre 1760, elle sentit sans doute son cœur se gonfler en disant un suprême adieu au pays qui l’avait vue naître, à la ville qu’elle avait habitée en quasi souveraine, à l’historique château Saint-Louis, toujours debout sur son rocher, drapé dans la majesté de ses souvenirs, le flanc blessé par les obus et — spectacle étrange — le front paré des couleurs victorieuses de l’Angleterre.


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  1. Mère Bénigne-Thérèse de Jésus, religieuse carmélite, morte à Chartres, en France, le 6 août 1744, à l’âge de 73 ans, après 51 ans et six mois de vie religieuse.
  2. Née au château Saint-Louis, à Québec, et morte religieuse en France. Elle était abbesse des Bernardines de Notre-Dame de l’Eau, près Chartres. L’abbaye des Bernardines de l’Eau fut fondée en 1226.
  3. Fille de Messire Louis de Hallot d’Honville et de Marthe Leconte, — née le 27 mai 1658, à Boisville, Beauce, en France, morte religieuse à l’Hôtel-Dieu de Québec, le 15 avril 1713.
  4. Après bien des alternatives de chutes et de relèvements, Louis xiv s’était définitivement « converti » à l’âge de quarante ans.
  5. Collection de manuscrits relatifs à la Nouvelle-France (Québec, 1884), vol. II, page 512.
  6. Voir le volume de documents historiques publié par le gouvernement de Québec en 1893, page 184.
  7. D’Hozier, Armorial de France, volume vi, page 363.
  8. De ce dernier mariage naquit Anne-Marguerite Soumande, qui épousa en premières noces Joseph Coulon de Jumonville (11 octobre 1745) et en deuxièmes noces Pierre Bachoie de Barante (15 décembre 1755), deux militaires.

    Le marquis et la marquise Pierre de Vaudreuil furent présents au mariage de Pierre Bachoie de Barante avec la jeune veuve de Jumonville, née Soumande, petite-fille de la marquise, et ils signèrent à l’acte qui en fut dressé aux registres de la paroisse Notre-Dame de Montréal. On lit dans cet acte, portant la date du 15 décembre 1755, que le mariage fut célébré à Montréal, « en présence de haut et puissant seigneur Pierre de Rigaut, écuyer, seigneur de Vaudreuil et autres lieux, gouverneur-général de toute la Nouvelle-France, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, de Dame Charlotte de Fleury de la Gorgendière, épouse du dit Seigneur de Vaudreuil, ayeule de l’épouse »… La signature de la marquise, au bas de cet acte, se lit : Fleury Vaudreuil.

  9. François-Pierre Rigaud de Vaudreuil, connu sous le nom de « monsieur de Rigaud, » frère du dernier gouverneur de la Nouvelle-France, épousa, le 2 mai 1733, demoiselle Louise Fleury de la Gorgendière, fille de Joseph Fleury de la Gorgendière, sieur d’Eschambault, et de Claire Jolliet, et nièce de la marquise de Vaudreuil-Cavagnal. Les deux frères épousèrent donc la tante et la nièce. Pierre et François-Pierre de Vaudreuil furent tous deux gouverneurs des Trois-Rivières, mais le premier seulement devint gouverneur-général du Canada.
  10. Dans l’exercice de ses fonctions d’intendant de justice, police et finances. M. Bigot relevait en effet directement de l’autorité royale. — E. G.
  11. — 2 vol. in-8. L.-J. Demers et Frère, éditeurs, Québec. 1891.