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Le Vent des vaisseauxÉditions E. Sansot (p. 19-20).

AUX MOUETTES


 
Je vous envie autant que je vous aime, oiseaux
Qui traversez sans moi tout l’infini des eaux.

Vous qui passez battant tout l’infini des ailes,
Rendez-moi, rendez-moi comme vous, infidèles !


Que je sois libre ainsi que vous dans le ciel clair,
Que mon domaine soit le règne de la mer !

Et partout subissant l’éternelle infortune
J’obéirai, muette, à l’ordre de la lune.

Dans une obéissance au regard somnolent
J’endurerai son règne intermittent et lent.

Mais mon sort est parmi les choses méprisées,
Et pourtant ! Et pourtant ! ― Ô mes ailes brisées ?