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Le Vent des vaisseauxÉditions E. Sansot (p. 17-18).

ESSOR D’UNE MOUETTE


 
Aidez-moi dans ma fuite, ô les beaux vents fidèles !
Car je sens remuer en moi mes longues ailes !
Et sans craindre l’effroi des espaces amers,
J’obéis à l’appel impérieux des mers !

Je ne sais où j’irai, ni quel souffle m’emporte…
Mais je ne reviendrai que triomphante ou morte,
Je n’obéis qu’à vous, à votre étrange loi.
Me voici prête pour la fuite… Portez-moi !


J’ignore où j’errerai, mais j’ai l’amour de vous
Ô despotiques vents divinement jaloux !
Je n’ai pu qu’entrevoir la lueur de vos faces
Mais mon cœur est saisi par vos griffes tenaces.

Ô vous qui demeurez mon amour éternel,
Emportez-moi dans le ciel ouvert ! Dans le ciel !