Le Procès des Thugs (Pont-Jest)/I/25

Lecomte (p. 192-200).


XXV

ONZE CADAVRES SOUS LES FLEURS.



En levant l’audience, sir Georges Monby n’avait pas indiqué l’heure de la reprise des débats, aussi la foule s’obstina-t-elle à stationner dans les environs du palais.

René de Pont-Jest - Le Procès des Thugs (illustrations).djvu
À un signal donné, chacun des soldats fut saisi.

On se demandait quels étaient ces hommes qui avaient été arrêtés et conduits au fort Saint-Georges.

Dans un autre quartier de la ville, il avait fallu l’intervention de la force armée pour repousser les centaines de curieux qui se pressaient autour de la maison de miss Trevor, près de l’esplanade.

Les versions les plus extraordinaire et les détails les plus exagérés circulaient dans les groupes. On assurait que miss Clara avait été poignardée par un de ces nombreux affiliés aux Thugs qu’on découvrait chaque jour.

Enfin, à trois heures, les portes du palais furent ouvertes et la cour reprit séance.

Le président ordonna aussitôt aux soldats d’amener miss Clara Trevor.

Après quelques minutes, qui semblèrent des siècles à l’impatience de l’auditoire, miss Clara parut. Elle était nu-tête, et ses beaux cheveux blonds tombaient en désordre. Sa pâleur était livide et sa physionomie tellement défaite qu’elle était méconnaissable. Ses vêtements étaient déchirés : il ne lui restait rien de son arrogance du matin.

Ce fut en tremblant qu’elle s’avança jusqu’aux pieds du tribunal.

— Vous avez failli être assassinée, miss, lui dit sir Monby ; vous devez la vie au courage d’un brave soldat anglais. Connaissez-vous l’homme qui a essayé de vous frapper ?

— C’est un des esclaves de Feringhea, répondit la jeune femme d’une voix éteinte. Il espérait que ma mort sauverait les secrets de son maître.

— Êtes-vous décidée enfin à parler ?

— Je dirai tout, oui, je veux tout dire ! Oh ! mais pas ici, mylord, je vous en prie ; si je parle ici, c’en est fait de moi, on me tuera !

— Si grands, si horribles que soient vos crimes, nul n’oserait ici arracher un cheveu de votre tête. Répondez donc sincèrement. Votre jardin a été fouillé, on y a retrouvé le corps de onze personnes dont la mort remonte à des époques plus ou moins éloignées.

À cette épouvantable révélation, des cris d’horreur s’élevèrent de tous côtés. Le tumulte était indomptable.

— Misérable femme, s’écria une voix dans l’auditoire, c’est donc toi qui as tué mon pauvre Edgard !

— Huissiers, ordonna l’honorable président, je vous ordonne de faire sortir les personnes assez hardies pour troubler la majesté de la justice.

— Mylord, je vous en conjure, grâce ! reprit Clara affolée, je ne puis parler ici. Ayez pitié d’une misérable. Je n’ai tué personne, moi.

— Il se peut, en effet que vous n’ayez jamais frappé personne vous-même, mais vous saviez, malheureuse, le sort qui attendait les infortunés qui s’éprenaient de votre beauté fatale.

— Oui, je le savais, mais, hélas ! que pouvais-je faire ? Je ne m’appartenais plus, j’agissais le couteau sous la gorge. Est-ce que Feringhea n’était pas toujours là, près de moi, comme un génie infernal, me demandant sans cesse des victimes, au nom de la déesse Kâly ?

— La pensée ne vous est donc jamais venue de vous adresser à la justice ?

— La justice ! mylord, elle me glaçait d’épouvante. N’étais-je pas liée à ces hommes par le sang versé ? N’avais-je pas commis un crime affreux en livrant Patrice ? D’ailleurs, mes moindres démarches étaient épiées. Je ne pouvais faire un pas sans être escortée de deux ou trois Thugs. J’étais devenue la proie de ces démons, leur chose, leur instrument, leur esclave !

— C’était la conséquence de votre première faute ; il fallait tout dire pour expier ce crime odieux.

— Oui, mylord, oui, je suis une misérable créature ; mais vous ne sauriez imaginer un supplice aussi cruel que ma vie depuis trois ans. Et il me fallait paraître heureuse. Je devais sourire ou mourir ! Oh ! quelle existence ! Du sang, je voyais du sang partout ! Il y a longtemps que je ne dors plus. La nuit, il me semble entendre des râles d’agonie, je crois voir se lever ceux qui sont couchés sous la terre, dans mon jardin !

« Et nul moyen de résister. Celui que Feringhea me désignait, je devais l’inviter à souper. S’il venait… malheur à lui ! On mêlait aux vins une drogue étrange qui rend fou d’abord et qui bientôt endort d’un sommeil de plomb, et alors, oh ! alors…

À ce moment, la fièvre nerveuse qui soutenait miss Clara l’abandonna peu à peu ; elle éclata en sanglots et tomba à genoux en criant d’une voix déchirante :

— Grâce, mylords, faites-moi grâce !…

— Relevez-vous, miss Trevor, et achevez votre déposition.

— J’ai tout avoué, murmura la misérable toujours à genoux, je ne sais rien de plus, absolument rien : je dormais, moi aussi !

— Je dois affirmer à la cour, dit Bon Lantern, assis au banc des témoins, que condamnée à boire le même vin que ses victimes, comme elles, miss Clara était en léthargie lorsque les Étrangleurs arrivaient.

— Soit ! dit sir G. Monby, c’est elle en tout cas qui, sachant le départ de sir Harry Temple pour sa maison de campagne, a prévenu les Thugs qui ont ainsi dressé leur embuscade et massacré toute une famille.

— Je ne pouvais pas prévoir le sort réservé à sir Harry. Il m’avait avertie de son départ, j’en ai parlé sans intention mauvaise.

— Vous avez entendu, Feringhea, qu’avez-vous à répondre à cette déposition ?

— Rien, répondit avec hauteur Feringhea, sinon que je ne connais pas plus cette femme que cet homme, qui prétend avoir été le ketmagar (serviteur de table) chez Goulâb.

— Alors, comment a-t-on pu trouver chez miss Clara des objets reconnus pour vous appartenir, et, entre autres, ce poignard et ce sceau ?

Et un huissier, sur l’ordre du noble lord, présenta à Feringhea les pièces de conviction.

— Ces objets sont en effet à moi, dit Feringhea sans hésitation, je ne saurais dire non. Ils auront été cachés chez cette femme par les ennemis que je me suis faits par mes révélations.

— Vous mentez, Feringhea.

— Eh ! mylord, pourquoi mentirai-je ? qu’ai-je à craindre ou à espérer ? Je ne crains pas même la mort, bien que vous m’ayez promis la vie.

— Ce que vous espériez, je puis vous le dire. Vous espériez que l’exécrable association dont vous êtes de chef vous survivrait. Tombé aux mains de la justice anglaise, vous avez transmis à un autre votre terrible pouvoir. Il devait, cet autre, continuer vos forfaits, raviver les monstrueuses espérances de vos sectaires, renouer, enfin, tous les fils brisés de la société du Thugisme.

— Il ne reste plus de Thugs dans l’Inde, dit Feringhea avec emphase, Kâly n’a plus d’adorateurs ; la mystérieuse association est morte le jour où je me suis décidé à parler.

— Eh bien ! Feringhea, vous allez être confondu. Lieutenant Fraser, amenez devant nous les Thugs dont vous vous êtes emparés à la pagode de Serapour. Gardes, faites entrer les citoyens anglais arrêtés sur les indications de Bob Lantern.

Ces ordres furent exécutés immédiatement et l’auditoire épouvanté vit entrer trente Hindous, dont les mains étaient liées. Ils se rangèrent devant le tribunal.

Puis, par une autre porte, on introduisit un riche négociant anglais de Madras, sir Georges Gordon.

— Persistez-vous toujours à nier ? demanda le président à Feringhea.

Celui ne répondit pas.

Jamais, depuis le commencement des débats, sa contenance n’avait exprimé une telle surexcitation. Il semblait atterré.

— Lequel de vous s’appelle Ressoul, dit sir Georges Monby, en s’adressant aux nouveaux prisonniers.

Un homme fort, grand, au teint brun, à la physionomie fière et intelligente, se détacha du groupe en répondant :

— Moi !

— Vous avez essayé, sur les ordres de Feringhea, lui dit le président, de reconstituer l’abominable association des Thugs ?

— Jamais, Saheb ! répondit cet homme ; j’étais à la pagode de Serapour, louant et priant Dieu, lorsque vos soldats en armes sont venus me saisir avec mes frères.

— Nous connaissons votre religion. Vous adorez la déesse Kâly, et vous pensez vous la rendre favorable en étranglant le plus de victimes possible.

— Non, Saheb.

— Il y a cependant un témoin qui l’affirme sous la foi du serment. Regardez là, de ce côté, vous verrez ce témoin.

Ressoul se retourna, son regard rencontra les yeux de Bob, et ne pouvant maîtriser sa surprise, il s’écria : Djamoû !

— Le seigneur Ressoul me reconnaît ? fit ironiquement l’Irlandais.

— J’ai vu parfois cet homme, dit Ressoul, en se remettant un peu, et il est possible que, pour de l’argent, il consente à porter contre moi un faux témoignage.

— Alors ce témoin nous trompe lorsqu’il prétend que vous aviez fait avec un des serviteurs de sir William Bentick un pacte affreux dont la vie de son enfant vous assurait l’exécution ?

— Il vous trompe, Saheb, affirma Ressoul, avec un calme admirable.

— Ce témoin assure que c’est vous qui, dans ces derniers temps, reteniez prisonnier l’enfant de Gilbert.

— Mensonge ! Calomnie !

— C’est ce que nous allons voir. Huissiers ! faites entrer le jeune Willy Patterson.

— Les huissiers obéirent et l’entrée de l’enfant du criminel et cependant si malheureux Gilbert, fut saluée par des acclamations frénétiques de la foule.

D’un même mouvement, chacun se dressa pour le mieux voir !

Ce fut une confusion générale ; et dans la mêlée, on entendit les cris de deux ou trois femmes sur le point d’être étouffées.

— Une chaise pour l’enfant ! une chaise, qu’on le voie ! Qu’il monte sur un tabouret ! criaient les curieux. Le lord président se rendit aux vœux de l’auditoire, et on apporta un banc sur lequel monta le petit Willy.

C’était un joli enfant de sept à huit ans, blond et rose, qui ne paraissait pas avoir souffert. Sa physionomie heureuse exprimait un immense ébahissement.

— Mon enfant, lui dit le président, il ne faut pas avoir peur. Voulez-vous répondre à mes questions ?

— Oui, mylord, fit Willy en souriant.

— Me reconnaissez-vous, Willy ! lui demanda en ce moment lord William Bentick.

— Oh ! certainement, mylord, je demeurai chez vous avec papa, dans une belle maison.

Puis, comme s’il fut pris tout à coup de quelque pressentiment, il ajouta d’une voix triste et regardant autour de lui.

— Où est-il donc, mon père ?

— Mon enfant, votre père est loin, bien loin ; il est allé faire un grand voyage, dit sir George Monby. Dites-moi, regrettiez-vous beaucoup la maison de Sa Seigneurie ?

— Beaucoup, mylord, beaucoup.

— Vous souvient-il du jour où des hommes vous ont emmené ?

— Certes, mylord : c’était après goûter ; je jouais seul dans le parc, un homme est venu à moi, il avait l’air bon. Il me demanda si je voulais des joujoux, je répondis : Oui ; il me dit de le suivre, je le suivis.

— Ainsi, mon ami, vous avez suivi l’homme qui vous promettait des joujoux ? Que se passa-t-il ensuite entre vous et lui ? Vous en souvenez-vous ?

— Oui, mylord, mais il s’était moqué de moi. Il n’avait rien à me donner. Je me suis mis à pleurer, je lui demandais de me reconduire au palais ; mais l’homme n’a pas voulu me laisser partir. Il m’a promis que je reverrai mon père. Le même soir, en effet, je l’ai revu, mais pas bien longtemps. Oh ! mylord, comme il était triste ! il me serrait dans ses bras à m’étouffer, il pleurait de grosses larmes et disait : « Laissez-le-moi, laissez-le-moi ! » Puis des hommes sont venus, qui m’ont fait mal en m’arrachant de ses bras et m’ont emporté, malgré mes cris, car je criais de toutes mes forces.

— Savez-vous, mon enfant, où ces hommes vous ont emporté ?

— Hélas ! non, mylord.

— Était-ce loin de Madras ?

— Pour cela, oui, mylord ; c’était dans une campagne, au milieu d’un grand bois où il faisait sombre ; j’avais bien peur ; on me laissa tout seul dans une vilaine cabane, où se trouvait une vieille femme qui me regardait avec des yeux terribles et dont les caresses m’épouvantaient.

— Vous n’êtes pas toujours resté là ?

— Non. Un matin, il arriva des hommes qui me regardèrent attentivement, et qui me dirent : « L’enfant dépérit. » Alors ils accablèrent la vieille femme de coups. Puis l’un d’eux me prit avec lui sur son cheval, et on me conduisit dans un endroit où il faisait très-sombre. Je ne pouvais plus distinguer le jour de la nuit. De temps à autre, cependant, on me faisait promener dans un grand jardin.

— Et que vous disait-on, pour expliquer cette conduite à votre égard ?

— Rien, mylord, sinon que papa viendrait me voir si j’étais bien sage. En effet, il venait me voir assez souvent.

À ce détail naïvement donné par Willy, un long frémissement courut dans l’auditoire, car on se rappelait à quel prix Gilbert revoyait son enfant.

— Qui prenait soin de vous dans votre prison ?

— Un vieillard, qui m’apportait à manger et m’accompagnait quand je me promenais ; puis un autre homme qui avait un visage de bronze. Ce dernier venait rarement ; je voyais bien qu’il était le maître, car il parlait haut et se fâchait, comme j’avais entendu mylord le faire quand il était mécontent de ses domestiques.

— Écoutez-moi bien, mon enfant, et réfléchissez avant de me répondre. S’il vous arrivait de rencontrer ces hommes, les reconnaîtriez-vous ?

— Certainement, mylord.

— Alors, regardez bien ces hommes qui sont rangés là. Apercevez-vous ceux dont vous nous parlez ?

L’enfant descendit du banc sur lequel il était monté, et examina l’un après l’autre les prisonniers faits à la pagode de Serapour. L’émotion de l’assistance était indescriptible ; le silence y était profond.

Tout à coup Willy le rompit en montrant du doigt un vieil Hindou et en s’écriant :

— Voilà celui qui m’apportait à manger.

— C’est bien, mon ami, dit sir George Monby ; cherchez l’autre, maintenant, celui qui vous semblait être le maître.

Willy fit un pas vers Ressoul, et dit sans hésitation :

— L’autre, le maître… le voici !

Un soupir de satisfaction s’échappa de toutes les poitrines. Le témoignage si net et si précis du fils de Gilbert levait tous les doutes.

— Vous avez entendu ; entrerez-vous dans la voie des aveux ? demanda le président à Ressoul.

— Ceux qui ont payé un faux témoin ont pu faire la leçon à un enfant, qui ne comprend rien aux paroles qu’il répète, répondit l’Hindou avec impassibilité.

— Il vous faut, pour parler, des charges plus fortes ? Soit ! Huissiers, introduisez sir Harry Temple.

L’infortuné gentleman parut presque aussitôt. Une haine terrible contractait ses traits. On devinait combien il se faisait violence pour ne point s’élancer sur Ressoul.

— Les morts reviennent donc ? s’écria le misérable épouvanté.

— Non, les morts ne reviennent pas, répondit le président, mais Dieu permet que le poignard des assassins se trompe. Vous avez ordonné la mort de sir Harry Temple, mais il a été sauvé grâce à la généreuse intervention du courageux Bob.

— C’est lui, le misérable, affirma sir Harry, en montrant Ressoul, je le reconnais ; c’est lui qui a mis le poignard dans ma main, ce jour maudit où j’ai frappé mon frère. Vingt fois, aux heures d’orgie, je l’ai aperçu par la crevasse de mon cachot. C’est lui qui est le chef !

— Qu’avez-vous à répondre, Ressoul ?

— Eh bien ! oui, j’étais le chef, oui, j’avais accepté la terrible mission de Feringhea. Je l’avoue ! Je suis en votre pouvoir, qu’importe ? Vous ne verrez Ressoul ni trembler ni pâlir. Apprêtez pour moi les plus horribles supplices, je chanterai sous le fer du bourreau. Kâly, l’implacable déesse, a pour ses fidèles adorateurs des récompenses divines, elle tient en réserve des félicités inouïes. Faites-moi mourir, notre association n’en vivra pas moins. Anglais ! vous n’en aurez jamais fini avec les Thugs, ils renaîtront du sang que vous verserez. Tant qu’un Anglais souillera par sa présence la terre bénie de Kâly, la déesse de l’amour et de la mort, il se trouvera un Thug pour rouler autour de son cou le mouchoir sacré. J’ai dit ! Ma bouche ne s’ouvrira plus pour de vaines paroles.

— Vaines, en effet ! Vos menaces, Ressoul, ne sauraient désormais effrayer personne. Le jour de la justice est enfin venu. À ce moment même, un détachement de soldats anglais cerne vos derniers complices réfugiés dans les forêts et dans les pagodes de Goudjeveram.

— Kâly saura punir les traîtres ; quant à moi, je ne crains pas la mort, j’irai au supplice en chantant les louanges de Kâly et en maudissant l’Angleterre !

Mille cris de colère répondirent à ces derniers mots du misérable, mais une voix couvrit aussitôt celle de la foule :

— Un riche citoyen anglais, disait-elle, serait heureux d’adopter l’enfant de Gilbert.

— Je remercie l’honorable gentleman qui vient de prendre la parole pour une offre généreuse, dit lord William Bentick, lorsque le silence se fut rétabli, mais Willy est le fils d’un serviteur qui me fut longtemps dévoué ; il sera élevé dans ma maison.

Des bravos enthousiastes saluent cette déclaration, et de toutes parts éclatent les cris de : Vive lord Bentick ! vive le magnanime soutient de la puissance anglaise !

C’est qu’il n’était pas un des assistants qui ne rendît justice aux qualités du noble lord, qui n’admirât ses efforts, sa persévérance et son habileté.

Lord William Bentick, très-ému de cette flatteuse démonstration, salua la foule et fit un signe à sir Georges Monby, qui reprit la parole en disant :

— La lassitude de MM. les juges me fait un devoir de suspendre cette longue séance. Ce soir, à neuf heures, nous reprendrons les débats par l’interrogatoire de cet Anglais, indigne de ce nom, qui n’a pas craint de se déshonorer en s’associant aux forfaits des Thugs. Du reste, MM. les juges sont prévenus que le procès touche à sa fin, et qu’il ne donnera plus guère que quatre ou cinq audiences.

La foule se retira vivement impressionnée, et presque aussitôt on entendit au dehors comme un bruit de bataille.

Vingt gentlemen au moins se disputaient l’honneur d’offrir à dîner à Bob Lantern, qu’on emportait en triomphe.

Le brave Irlandais se laissait faire assez volontiers, convaincu du reste que cette ovation populaire lui était bien due.