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Calmann Lévy (p. 212-213).



SCÈNE XIV


Dans l’escalier du château de Noirac


JENNY, FLORENCE.

FLORENCE, tressaillant. — Quoi ! c’est vous, mademoiselle Jenny ? Je vous prenais pour une statue. Que faisiez-vous donc là, appuyée contre la rampe ?

JENNY, troublée. — Mon Dieu, je pensais, je ne sais à quoi. Je ne vous ai pas entendu venir. Madame me demande, sans doute !

FLORENCE. — Madame est fort préoccupée aussi. Que craignez-vous donc encore toutes les deux ? Dites, Jenny, que puis-je faire maintenant pour que vous soyez contente de moi, vous ?

JENNY. — Moi ? rien ! je suis contente, et je vous remercie.

FLORENCE. — C’est moi qui vous remercie d’être contente, Jenny ! Allons… voilà minuit qui sonne !…

JENNY, tressaillant. — Ah ! oui, minuit ! Adieu, Florence !

FLORENCE. — C’est bonsoir que vous voulez dire ?

JENNY. — N’est-ce pas la même chose ?

FLORENCE. — Non vous m’avez dit cet adieu-là comme si nous ne devions pas nous revoir avec plaisir demain matin.

JENNY. — Allons, monsieur Florence, on vous attend, vous le savez bien.

FLORENCE. — Ah ! et comment savez-vous ?

JENNY. — Parce que je viens de la voir. Mais je crois que madame sonne ! Adieu !

FLORENCE. — Encore adieu ? (Jenny s’éloigne.) Qu’a-t-elle donc contre moi ?