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La france Foutue/Acte 1

.
La France foutue (vers 1800)
en Foutro-manie, l’an des fouteurs (À Barbe-en-Con) (p. 15-37).

LA FRANCE FOUTUE,

TRAGÉDIE.

ACTE PREMIER.


SCÈNE PREMIÈRE.

L’ANGLETERRE, LE DUC D’ORLÉANS,
FEMMES, PAGES.

(Ils font signe à leur suite de sortir.)

D’ORLÉANS.

De l’ancienne Albion, illustre maquerelle (1),
Croyez que d’Orléans vous restera fidèle.
À vous foutre, à jamais je borne mes plaisirs,
D’autres putains que vous n’allument mes désirs.
Je connais et la Prusse, et l’Espagne, et l’Empire ;
Mais près de leurs appas, je suis un vit de cire.
Feu[1] la Pologne aussi n’a pu me débaucher (2) :

Assez d’autres, sans moi, l’ont su gamaücher (3).
La sérieuse Hollande et la froide Suède,
Et la chaude Italie, où naquit Ganimède (4),
Ne pourront sur vos droits patiner mon engin.
Pour vous seule je bande, et je vous jure enfin
Que de nul de mes doigts branlant la Tartarie,
Je n’irai point en bougre enculer la Turquie (5).
De ces bordels vantés, qu’on renomme en tous lieux,
Le vôtre est préférable, et je m’y trouve mieux.
Après avoir foutu, sans gâter sa chemise,
L’on peut faire en pleine eau bidet dans la Tamise (6) :
Ou bien de toute part dans celles de la mer,
Laver couilles et cul l’été comme l’hiver.
Le Rhin, le Pô, le Bug, le Danube, le Tage,
Le Tibre, le Meler, n’ont point cet avantage (7).
Votre illustre bordel, qui n’a point son égal,
Aujourd’hui de l’Europe est le bordel central.


L’ANGLETERRE.

Grâce à mon greluchon j’ai fixé la fortune (8) :
Je ne crains pas du sort la rigueur importune ;
Il régit mon bordel, et lui seul, nuit et jour,
S’occupe du tribut de mes filles d’amour (9).
Et l’Écosse et l’Irlande, et d’autres concubines (10),

Qu’il fait foutre à son gré par de lubriques pines (11),
Mettent en mon pouvoir l’or de leurs coups de culs,
Fruit salutaire et sûr de ses heureux calculs.
La féconde Amérique, et l’Inde fastueuse,
Qu’à force de branler il rendit amoureuse (12),
Sont aussi des putains que je fais exploiter (13) ;
Ainsi dans mon bordel je puis donc les compter.
Leurs cons propres et beaux sont des trésors immenses,
Et qui pourraient eux seuls suffire à mes dépenses ;
Leur motte est rebondie, et le poil en est blond (14) :
Il faudrait un fier vit pour en trouver le fond !
Je sais qu’en mes états un convulsionnaire (15),
(Des trembleurs, vits molets, législateur sectaire (16),
Quand sous l’affreux Cromwel Charles fut immolé) (17),
Se grossit un parti dont il est enculé,
Veut à mon greluchon, dans toute circonstance,
Disputer en fouteur le droit de préséance :
Mais pour le faire taire, il me fout quelquefois (18).
Qu’est-ce qu’un coup de cul pour disposer d’un choix !…


D’ORLÉANS.

Vous êtes, je le sais, une bonne fouteuse ;
Adroite en vos desseins, et toujours fort heureuse.
En vain vous ne donnez jamais un coup de cul !

Vos ébats les plus vifs sont l’objet d’un calcul.
Vous avez su toujours joindre à la fouterie
La saine politique et la grande roûrie (19).
L’on admire par-tout votre tempérament ;
Mais chacun sait aussi, qu’aimant le changement,
Votre cœur déhonté se livre à des caprices :
Et vos goûts féminins sont autant d’injustices (20).


L’ANGLETERRE.

L’indulgente nature, en nous formant des goûts,
N’en fixa point le choix, et nous les donna tous.
Heureux qui les possède ! heureux qui s’évertue !…
Quant à moi, par des vits, lasse d’être foutue,
Je changeai quelquefois mes lubriques plaisirs,
Et je devins incube[2] à force de desirs.
Stuard, Anne d’Écosse, Elisabeth de même (21),
Toutes trois, de mon con, d’une vigueur extrême,
Branlèrent tour-à-tour le brûlant clitoris.
Et leurs doigts vigilans me servirent de vits.
À ces goûts sensuels qui pourrait contredire ?
Suis-je seule en Europe ? Or, qu’en prétend-on dire ?
Et Bude, et Pétersbourg, sans manquer à leur foi (22),

Ne se sont-elles pas fait branler comme moi ?
Si Thérèse, à son gré, caressa la Hongrie (23),
Si Catherine, enfin, a branlé la Russie (24),
Comme elles, à London[3], je me suis fait branler ;
Ce sont mes goûts, Seigneur : le vôtre est d’enculer,
Ou bien, foutant parfois un con qui vous chatouille,
De varier souvent le plaisir de la couille.
Vous ne m’entendrez point, blâmant d’heureux excès,
À l’indompté fouteur intenter un procès :
Si la nature avare en ses dons précieux,
Par quelqu’autre moyen nous privait d’être heureux,
Je voudrais inventer ce moyen délectable,
Qui rendrait le plaisir encor plus agréable (25) :
Mais brisons là-dessus, ne parlons plus d’amour ;
Pour un autre sujet je viens à cette cour.


D’ORLÉANS.

Qui vous amène ?


L’ANGLETERRE.

Qui vous amène ?Vous ; nos intérêts, la gloire :
Ce jour doit être heureux par plus d’une victoire.

Nous devons l’un et l’autre, unis par des sermens,
Nous livrer tous les deux à nos ressentimens.
Je ne puis quant à moi songer à me contraindre.
De la France, Seigneur, nous avons à nous plaindre :
Vous, de sa cruauté, d’un amour malheureux,
De l’outrage secret qu’elle fait à vos feux (26).
Moi, je viens près de vous punir sa perfidie,
Et me venger enfin de la Pensylvanie (27).
Qu’avait-elle besoin, par de puissans secours,
De venir se mêler de mes filles d’amours ?
À ses chastes désirs que faisait ma querelle (28) ?
Pourquoi donc sans profit aider une rebelle,
Et donner aux fouteurs déjà présomptueux
L’exemple virulent[4] de vils séditieux ?
Pour l’honneur des bordels, entrez dans ma vengeance :
Nous pouvons, vous et moi, nous venger de la France.
Elle a par des refus outragé votre cœur,
De votre vit bandant dédaigné la roideur ;
Elle vous a bravé, rejeté votre hommage :
Pour d’autres que pour vous, gardant son pucelage,
La lassive pucelle, au mépris de vos droits,
Sans vous rien accorder, veut vous donner des lois.

Après tant de dédains, qu’en pouvez-vous attendre ?
La coquette veut plaire, et ne veut pas se rendre.
Il faut vous en venger, et m’en vengeant aussi…


D’ORLÉANS.

Que faut-il faire ?


L’ANGLETERRE.

Que faut-il faire ?Il faut…


D’ORLÉANS.

Que faut-il faire ?Il faut…Quoi ?…


L’ANGLETERRE.

Que faut-il faire ?Il fautQuoiLa foutre aujourd’hui,


D’ORLÉANS.

Comment ? et dans quel lieu ? quand ?


L’ANGLETERRE, (l’interrompant).

Comment ? et dans quelQuand ? dans quel lieu, Prince ?
Vous me parlez, hélas ! en fouteur de province.
Rome le fut dans Rome, et la France en ce jour (29),
Doit l’être dans Paris, au milieu de sa cour.

En quittant le bordel de la Grande-Bretagne (30),
Viens-je ici, seulement, pour sabler le champagne !
Tout en m’y faisant foutre, admirer vos badauts,
Toujours vains et légers, toujours originaux ?
Londres a du bon vin, vous m’y foutez de même :
Et les parisiens, galantins à l’extrême,
Ne peuvent un moment faire battre mon cœur.
De la mer, c’est à vous d’affronter la fureur ;
L’on doit tout à mon sexe, et sur ce je me fonde :
Un fouteur quand il bande irait au bout du monde ;
Et si venant ici, je n’y venais enfin
Que pour y patiner votre royal engin,
Certes, j’ignorerais jusqu’où va ma puissance ;
Non, Seigneur ; mais je viens bordéliser la France ;
Et liés tous les deux d’un commun intérêt,
En faire une putain, de pucelle qu’elle est.


D’ORLÉANS.

Vous m’animez, Madame, et je sens que la haine
Fait place à mon amour.


L’ANGLETERRE.

Fait place à mon amour.Il faut briser la chaîne
Qui tient honteusement tous les fauteurs français,
Et le faire imiter le sodomiste anglais (31).


D’ORLÉANS.

Mais comment leur donner ce goût d’anglomanie ?
L’anglaise est, disent-ils, de mince fouterie.
Son con, percé trop bas, touche son fondement,
Et tranquille fouteuse est sans tempérament (32).


L’ANGLETERRE.

Le volage français sait-il bien ce qu’il aime ?




SCÈNE II.

L’ANGLETERRE, LE DUC D’ORLÉANS,
UN PAGE.


LE PAGE.

Le comte de Puisaye arrive à l’instant même ;
Et demande, Madame, à vous parler.


L’ANGLETERRE, (à d’Orléans).

Et demande, Madame, à vous parlerIl vient
Sans doute de chez George, et de quelqu’entretien
Il m’apporte en secret la flatteuse nouvelle.


D’ORLÉANS, (Il fait signe au page de faire entrer).

Je vous laisse avec lui.


L’ANGLETERRE.

Je vous laisse avec luiSongez à la pucelle,
Faites des partisans, ordonnez, attroupez,
Veillez, persuadez, séduisez, corrompez ;
Et ne négligez rien.


D’ORLÉANS.

Et ne négligez rienÀ vous servir, Madame,
Je mets tout mon bonheur.

Je mets tout mon bonheur(Il sort.)

L’ANGLETERRE, (Seule).

Je mets tout mon bonheurÀ lui donner une ame
Ai-je enfin réussi ?… Vas, si de mon projet
Je t’ai communiqué le plan et le secret,
C’est que seul, dans ces lieux, tu nâquis pour le crime.
Mais Omar, à Paris, tu seras ma victime (33) :
Monstre, tu périras !




SCÈNE III.

L’ANGLETERRE, LE COMTE DE PUISAYE.


PUISAYE.

Monstre, tu périrasLe dernier arrêté,
Madame, à vos désirs étant exécuté,
Berlin, Vienne et Madrid, savent par des missives (34)
De vos vastes desseins les grandes tentatives ;
L’on vient de recevoir par tous vos envoyés,
L’aveu sûr et secret de vos trois conviés :
Et le roi des Romains, et de Prusse, et d’Espagne (35),
Pour se rendre en ces lieux se sont mis en campagne ;
Ils doivent près de vous arriver en ce jour.


L’ANGLETERRE.

Comte, je les attends.


PUISAYE.

Comte, je les attendsÀ vous faire la cour
Ils semblent empressés.


L’ANGLETERRE.

Ils semblent empressésMoi, je les en dispense.


PUISAYE.

Que prétendez-vous donc ?


L’ANGLETERRE.

Que prétendez-vous doncFaire foutre la France.
Ces princes, je le sais, tous les trois preux bandeurs,
Sont de ce continent les plus vaillans fouteurs (36).
Aux faveurs de la France ils ont droit de prétendre (37) :
C’est pour elle qu’ici, tous trois, je les fais rendre.


PUISAYE.

Vous m’étonnez !


L’ANGLETERRE.

Vous m’étonnezPuisaye ! évitez un malheur ;
Mon secret est à vous : il y va de l’honneur,
Il y va de la vie ou de votre fortune.


PUISAYE.

Madame, dès long-tems notre cause est commune (38).
J’ai dans votre bordel voyagé mainte fois,
Et j’ai su distinguer vos sujets et vos lois.
Tous nos jeunes seigneurs atteints d’anglomanie,
De penser à l’anglaise ont aussi la manie,

Et sont de tous vos goûts copistes à Paris.
Ils ont même apporté les défauts du pays ;
Et le code anglican dont ils ont fait lecture,
En France est à la mode, autant que la parure (39).
Pour moi, dans tous les tems, quoique mince fouteur,
Je suis de vos appas le zélé serviteur,
Mais le duc d’Orléans…


L’ANGLETERRE.

Mais le duc d’OrléansEst dans la confidence.
Il se charge aujourd’hui de me livrer la France.
Ici, dans ce palais, ou plutôt, ce bordel,
Je veux au dieu Priape élever un autel.
Sur ce lit de repos, où le duc s’évertue,
Comme Philadelphie, elle sera foutue (40).
Comme elle dès ce jour… Quelqu’un vient, laissez-nous.
Échauffé du voyage allez foutre dix coups,
Ou faites-vous branler, crainte de la vérole.
Voyez aussi le duc : comptez sur ma parole.

Voyez aussi le duc : compte(Il sort.)





SCÈNE IV.

FRANÇOIS II, FRÉDÉRIC III, CHARLES IV,
L’ANGLETERRE, écuyers, pages du
duc
.

(Les rois font signe à leur suite de sortir.)

L’ANGLETERRE.

Fouteurs déterminés, illustres potentats ;
Légitimes fouteurs, qui foutez vos états ;
Rois, princes souverains de la foutromanie :
Vous, qui de vos bordels laissant la fouterie,
Venez tout en foutant, pour foutre en cette cour :
De cons déjà foutus, qu’on fout sur le retour,
Je ne vous offre point le plaisir infidèle :
Je veux vous faire foutre une jeune pucelle.
Déjà pour ses appas dirigeant vos ardeurs,
Vous voudriez tous trois partager ses faveurs :
Déjà pour l’amour d’elle échauffant votre tête,
Vous brûlez tous les trois d’en faire la conquête.
À son intention vous vous êtes branlés (41) ;
Mais ici ? dans ce jour, tous trois la fouterez.


FRANÇOIS II.

Madame, à vos désirs sans nulle résistance,
Venus incognito, tous trois nous rendre en France ;
À peine en ce palais introduits près de vous.
Nous ne pouvions manquer à votre rendez-vous.
Cependant, étonnés du choix de cet asyle,
Nous croyons que par vous appelés dans votre île,
Nous eussions dû traiter dans votre cabinet (42).


L’ANGLETERRE.

Une affaire de cul se traite au cabaret,
Comme dans les palais ou sous, un toît rustique.
L’Angleterre à Paris n’est pas moins politique.
Qu’importe à des fouteurs le lieu que l’on choisit ?
Pour bien foutre, faut-il foutre sur un bon lit,
Dont la molle épaisseur foulant sous chaque fesse,
Dérobe au vrai paillard le cul de sa maîtresse ?
La belle qu’aujourd’ui vous fouterez tous trois,
Dont les fermes tetons, arrondis pour des rois,
Dont le cul pomme[5] et dur dénote une fouteuse,
Dont le con potelé, la main voluptueuse,
Dont l’œil étincelant de lubriques désirs,

Promet à son fouteur d’indiscibles plaisirs,
Ne peut que dans Paris perdre son pucelage :
Aviez-vous donc besoin d’aborder mon rivage ?
Et quand dans ce palais je vous ai fait venir,
Ce n’est point pour me foutre, il faut en convenir,
Mais foutre une beauté…


FRÉDÉRIC.

Mais foutre une beautéQu’elle est-elle ?


L’ANGLETERRE.

Mais foutre une beautéQu’elle est-elleLa France.


(Les trois rois font un signe de surprise).

CHARLES.

Ma cousine !!! Un Bourbon…


L’ANGLETERRE.

Ma cousine !!! Un BourbonQue fait cette alliance ?
Foutez votre cousine, et devenez heureux.
Dans nos plaisirs, Seigneur, soyons moins scrupuleux :
Laissons ces préjugés aux fouteurs ordinaires,
Des sottises d’autrui complices tributaires.
Foutez, foutez toujours, agissez en fouteur ;

N’avez-vous pas les droits de grand inquisiteur (43) ?
Pourquoi ne pas prétendre aux faveurs de la France ?
Vouiez-vous pour la foutre attendre une dispense ?
Le bougre qui commande aux bardaches romains (44)
Peut enculer le peuple, et non les souverains.
Je ne crois point au pape ; et sa triple couronne (45)
Ne vaut pas le bonheur qu’un coup de cul nous donne.


FRANÇOIS.

C’est violer les droits de l’hospitalité.


L’ANGLETERRE.

Prince, je vous croyais un fouteur effronté ;
Je vous croyais enfin un vit à toute épreuve ;
De ce foutre royal, dont notre con s’abreuve :
Je ne m’attendois point à vous voir balancer
Un instant de bonheur.


FRANÇOIS.

Un instant de bonheurIl faut pour la baiser
En obtenir l’aveu.


L’ANGLETERRE.

En obtenir l’aveuNe songez qu’à la foutre.


FRANÇOIS.

Aux égards qu’on se doit, on ne peut passer outre,
« Et la cour de Louis est l’asyle des rois » (46).


L’ANGLETERRE.

La France hospitalière avait un autre choix.
Si Jacques, Stanislas, furent reçus en France (47),
La France leur devait une entière assistance.
L’orgueilleuse pucelle en a fait des sujets ;
Ne devait elle pas seconder leurs projets ?
Leur donner des secours n’était pas difficile !
Trente mille fouteurs valaient mieux qu’un asyle,
Elle devait punir de forcenés ingrats :
L’exemple peut gagner et perdre nos états.
Il faudrait moins d’orgueil et plus de politique :
Autant il vaudrait être une garce publique (48),
Que tout mauvais fouteur a droit de foutrailler.
Princes, craignons toujours de nous encanailler.


FRÉDÉRIC.

Je suis, je vous l’avoue, amoureux de la France !
Mais s’il faut pour la foutre user de violence,
Je crains…


L’ANGLETERRE.

Je crainsJ’ai tout prévu.


FRÉDÉRIC.

Je crainsJ’ai tout prévuAutant de voluptés
Nous coûteront, je crois, bien des difficultés (49).


L’ANGLETERRE.

N’a-t-on pas bien foutu la pucelle Pologne (50) ?
Cet autre pucelage est la même besogne.
S’il faut de la pommade, on en aura, Seigneur ;
Tout sera préparé, bidet, éponge, odeur ;
Et ne négligeant rien, vous aurez du concombre (51).


CHARLES.

Des royales putains c’est augmenter le nombre ;
Mais qui la livrera ?


L’ANGLETERRE.

Mais qui la livreraLe héros de Ouessant (52) !
De mes projets de cul il est le confident.
Il travaille pour nous, et j’attends sa réponse ;
Mais je le vois venir : Princes, je vous l’annonce.



SCÈNE V.

Les mêmes, LE DUC, UN PAGE.

(Le Page le devance, et sort dès que le Duc est en scène.)

L’ANGLETERRE.

Seigneur, j’ai cru devoir vous donner trois rivaux :
Vous savez qu’au bordel les fouteurs sont égaux (53).
L’on y confond les rangs ; et pour vous mettre à l’aise,
Le premier qui fourbit est le moins bande-à-l’aise,
Qu’il soit sujet ou roi, grand, petit, riche ou non,
Quand son nerveux priape a fait bander un con,
Princes des autres vits il a la préférence.


D’ORLÉANS, (aux Princes).

Je ne dispute en rien votre prééminence.
Prince d’un sang royal, comme vous j’ai des droits ;
Mais je sais cependant ce qu’on doit à des rois.
Je ne jalouse point votre foutante envie,
Tout mortel aime à foutre une femme jolie.
Je sais qu’à foutre un con l’on trouve des appas ;
Sans un con il n’est point de bonheur ici-bas :

Et puisque tous les trois vous bandez pour la France,
Sous une heure au plus tard, étant en ma puissance.
Nous devons tous compter sur les mêmes plaisirs.
Ici, dans mon palais, unissant nos désirs,
Nous pourrons dans ses bras dès ce soir nous ébatre,
Et bandant tour-à-tour, la foutre tous les quatre.


L’ANGLETERRE.

La victoire est à nous.


FRANÇOIS.

La victoire est à nousD’en entendre parler


FRÉDÉRIC.

Je vais en attendant…


L’ANGLETERRE.

Je vais en attendantOù ?


FRÉDÉRIC.

Je vais en attendantOùMe faire branler.


FRANÇOIS.

Allons.


CHARLES.

AllonsMoi, je-vous suis.


L’ANGLETERRE.

AllonsMoi, je-vous suisN’ai-je pas mes branleuses ?

Princes, disposez-en : leurs mains voluptueuses,
Si vous le permettez, provoquant les plaisirs,
Vous feront décharger au gré de vos désirs.
À Saint-James souvent elles ont branlé George.
Vous pourrez patiner une superbe gorge,
Un cul d’albâtre, un con où se niche l’amour ;
Une chûte de reins, cambrée et faite au tour.
Avec leurs doigts rosés dont le toucher chatouille,
Elles vous masseront tendrement chaque couille (54) :
Et du parfait bonheur ayant le postillon,
Vous rendrez sous leurs doigts le foutre à gros bouillon.
Les voici toutes cinq.

(Elle fait signe à ses femmes d’approcher.)





SCÈNE VI.

L’ANGLETERRE, FRANÇOIS FRÉDÉRIC,
CHARLES, LE DUC D’ORLÉANS,
FEMMES.


D’ORLÉANS.

FEMMESPrenons-en chacun une.


L’ANGLETERRE.

Moi, je veux être aussi de la fête commune,
Et me faisant branler, décharger pour vous trois.


(Elle va avec une de ses branleuses sur le lit de repos.)

D’ORLÉANS, (deux branleuses.)

Vous, Mesdames, songez que vous branlez des rois (55).


FIN DU PREMIER ACTE.



  1. L’académie dit feue la reine ; Gombaud, Patru,
    Chapelain, le père Bouhours, disent feu, etc.
  2. Tribade, celle qui aime les femmes.
  3. L’on écrit Loundoun, et prononce London.
  4. La révolte d’un pays ressemble à un corps vérolé.
  5. Qualité et forme d’un beau cul.